Un renard qui pond des oeufs ? [Werner Gitt]

Le grand passe-temps des évolutionnistes consiste à dessiner « l’arbre généalogique » du vivant, travail de Sysyphe si l’en est : ces reconstitutions varient d’un auteur à l’autre, preuve de leur caractère artificiel. L’ornithorynque, mammifère sans mamelles et carnassier muni d’un gésier, montre bien comment les voies de Dieu ne sont pas nos voies et comment chaque être vivant a bien été créé pour lui-même, « selon son type propre » dit la Genèse, et non par une erreur de copie.

Ornithorynque

Figurez-vous qu’il existe un renard d’une espèce particulière : passant sa queue entre les pattes, il la plaque contre son ventre. Il transporte ainsi dans son terrier de l’herbe et du feuillage. Il se sert de ces matériaux pour façonner un nid profond et douillet dans lequel la femelle pondra ses oeufs.

Que pensez-vous d’une espèce de renard qui, chaque jour pendant des heures, plonge au fond du ruisseau, fermant hermétiquement ses yeux, son nez et ses oreilles pour capturer sa nourriture ?
Cela vous paraît-il totalement absurde ? Moi pas ! Toutefois, je ne suis pas un vrai renard. Mon pelage est aussi beau et soyeux que le sien, mais la taille ne colle pas tout à fait. Je suis nettement plus petit : un demi-mètre à peine, du museau à l’extrémité de la queue. Tout comme le vrai renard, je creuse des terriers, mais toujours dans la berge du ruisseau. J’y passe presque toute la journée à dormir. Rares sont les moments où je me prélasse au soleil tout en faisant ma toilette. A l’aide de ma griffe postérieure, je peigne soigneusement ma fourrure. Je ne ressemble donc au renard que de loin.
L’original ? Un bâtard !

En revanche, je présente des éléments de ressemblance avec de nombreux animaux différents. Mais n’allez pas pour autant chercher des liens de parentés, s’il vous plaît !

Ma queue ressemble à celle du castor. Mon mari porte un ergot venimeux à sa patte postérieure, qui fait penser à une vipère. Nos doigts de pieds palmés pourraient être un héritage de la grenouille et le canard aurait pu nous léguer son bec. En fait, ce dernier constitue l’un de nos organes les plus importants, pas seulement pour capturer notre nourriture. Grâce à lui, je porte le nom d’ornythorinque (je fais partie des mammifères ovipares). En effets, je ponds des oeufs comme un oiseau, mais j’allaite mon petit comme un chat, je nage comme un poisson et je creuse comme une taupe.

Pas d’arbre généalogique.

Vous avez raison ! En m’examinant de plus près, il y a effectivement de quoi être dérouté. Où est notre place ? Parmi les poissons, les oiseaux, les mammifères ou les reptiles ? En fin de compte, nous présentons des éléments communs à chacun de ces groupes.

Certains scientifiques prétendent que nous sommes une forme transitoire -et inachevée- entre les reptiles et les mammifères, vieille de 150 millions d’années. Pour mon âge, je suis plutôt moderne, non ?

Les zoologues qui se sont penchés sur mon cas étaient fort surpris de mon équipement « dernier cri » et de mes excellentes capacités. N’y trouvant aucune explication satisfaisante, surtout pour une bête aussi « âgée », ils ont cherché en vain une branche de l’arbre phylogénique pour m’y accrocher. Cela m’importe fort peu, je ne fais partie d’aucun arbre généalogique.
En revanche, je me considère comme le chef-d’oeuvre d’un artiste extrêmement riche en imagination : Dieu ! Je suis loin cependant d’être unique parmi Ses oeuvres remarquables. Vous aussi, cher lecteur, Il vous a façonné de Ses propres mains…
Inconnus en Europe.

Nous étions totalement inconnus en Europe jusqu’au 19ème siècle. Au moment où les premières nouvelles de notre découverte commençaient à se frayer un passage, les scientifiques refusaient de croire à l’existence d’une telle originalité.

Craignant de tomber dans un piège, ils avaient plutôt tendance à soupçonner une supercherie : usant d’une grande habileté, quelqu’un aurait fixé au torse du castor un bec en cuir et des pattes palmées.
Nous existons cependant réellement. Nous sommes originaires de l’est australien. Nous nous plaisons dans les lagunes et le long des cours d’eau non pollués. Quiconque désirait m’observer devait nécessairement me suivre de nuit, dans l’eau, où je pêchais les yeux fermés. S’il avait la chance de me découvrir, il pouvait me voir contourner avec agilité le moindre obstacle, foncer droit sur les crevettes et autres invertébrés que j’emmagasinais dans les abajoues, remonter à la surface, puis vider petit à petit le contenu de ces poches dans mon bec pour le déguster tranquillement. De cette manière, je suis capable d’engloutir quotidiennement l’équivalent de la moitié de mon poids. Pouvez-vous vous représenter la ration correspondante qu’il vous faudrait absorber chaque jour ?

Un bec fascinant.

Finalement, un chercheur eut l’idée d’examiner mon bec de plus près. Il dut constater que sa surface molle est piquetée de milliers de trous microscopiques. Dans chacun de ces orifices, mon Créateur a incorporé un minuscule clapet connecté à une terminaison nerveuse très sensible.

Ainsi, les excitations tactiles sont instantanément transmises au cerveau et je peux mieux réagir aux stimulations optiques, auditives ou émanant d’une autre partie de mon corps. Mais si, pour repérer les obstacles sous l’eau, je n’étais pourvu que de ces organes sensoriels (appelés « récepteurs mécaniques » par vos savants), il me faudrait nécessairement d’abord heurter ceux-ci avant de pouvoir réagir.

A grand-peine les chercheurs ont fini par découvrir la piste de ce mystère du Créateur.

Entre les récepteurs sensoriels, la partie supérieure de mon bec est parsemée d’innombrables récepteurs identiques qui réagissent aux excitations électriques. Merveilleuse invention de mon Maître ! Ces détecteurs, qui dépendent de certaines glandes secrétant un mucus, ne peuvent fonctionner que sous l’eau.

Des terminaisons nerveuses spéciales, réagissant également à de faibles courants électriques, complètent ce système de détection. Franchement, pouvez-vous croire sans parti pris que de telles « finesses » soient le résultat du hasard et de la nécessité, de mutation et de sélection, ou de quelque autre mot savant suggérant la formation autonome de toutes choses ?
Or, d’après mes observations, le hasard n’aboutit à rien de significatif ; la mutation produit presque exclusivement des choses néfastes pour l’organisme. Quant à la sélection, de toute façon elle ne fait son choix que sur la matière existante. Par conséquent, elle ne produit absolument rien de neuf.
Pendant la nage, je balance mon bec de-ci, de-là, au rythme de 2-3 fois par seconde. Je capte ainsi les moindres impulsions émises par les crevettes ou autres petites bêtes et fonce aussitôt sur mes victimes.

Une combinaison thermo-isolante pour la plongée.

Ma capacité d’auto-régulation de la température corporelle constitue une autre particularité spécifique. Même en hiver, je dois me nourrir. Cela nécessite des plongées quotidiennes de plusieurs heures dans l’eau glacée. Aucun animal ne tiendrait le coup si longtemps. Mais mon Créateur m’a équipé d’une combinaison de plongée poilue, spécialement conçue, isolant mieux du froid que la fourrure de l’ours polaire. En outre, je puis modifier considérablement mes réserves énergétiques. Même après un séjour de plusieurs heures dans l’eau glacée approchant 0°C, la température de mon corps se maintient à 32°C.

Un venin dangereux.

Le Créateur a muni les pattes postérieures de chaque ornithorynque mâle d’un grand ergot creux, long de 1,5 centimètre, contenant un puissant venin. Faites la liste de tous les mammifères ! Vous n’y trouverez aucune espèce possédant une telle seringue à poison. Une glande, située dans le muscle de la cuisse, sécrète la toxine. Vos savants n’ont pas encore découvert la raison d’être de tout ce dispositif. Ces griffes acérées, dirigées vers l’intérieur, servent d’arme à mon partenaire au cours des luttes territoriales avec ses compagnons.

Il s’agit là d’un venin très puissant. Un chien, blessé par un tel coup de griffe, meurt en très peu de temps par arrêt respiratoire et cardiaque.

J’ai entendu parler d’un chercheur qui voulait tester ce poison sur lui-même. Il s’est injecté dans l’avant-bras l’infime dose de 0,05 millilitres (1 ml = 1 cm3). Plus tard, il s’est plaint de douleurs fulgurantes.
La queue, les pieds : quoi de particulier ?

Tout comme le Créateur a pourvu de bosses le chameau, Il me fit cadeau d’une queue plate.

Cet entrepôt de graisse constitue une excellente citerne de carburant. En outre, cette queue me sert de gouvernail pour la nage et les plongées. Dans ma vie terrestre, enfin, elle remplit la fonction d’un excellent moyen de transport. Je la ramène entre mes pattes, je la plaque contre mon ventre et, de cette manière, je transporte toutes sortes de matériaux utiles pour la construction de mon terrier.

Les pieds palmés ne sont pas vraiment particuliers, bien des animaux vivant à terre et même certains oiseaux en sont pourvus. Pourtant, en ce qui me concerne, ce dispositif constitue un raffinement spécial. A terre, les palmes seraient un handicap pour la course, mais je peux les rabattre vers l’intérieur. Les griffes de mes pieds, mises ainsi à découvert, me permettent de courir, grimper et creuser au mieux. En effet, j’ai l’habitude de construire ma demeure dans les berges abruptes. Je veille particulièrement à la dimension de mes galeries d’entrée : elles doivent être assez étroites afin d’exercer une pression sur mon corps, expulsant ainsi l’eau de ma fourrure lorsque je pénètre chez moi. Avouez ! Ce dispositif n’est-il pas des plus pratiques ?

Ponte des oeufs, allaitement des bébés.

Un rituel spécial marque le temps de nos amours. Très doucement, le mâle saisit la queue de la femelle avec son bec. Nous nageons ainsi en tandem, décrivant des cercles, pendant plusieurs jours. C’est notre parade nuptiale.

Pendant ce temps, quelques oeufs, dont la dimension ne dépasse guère 4 millimètres, se déplacent dans mon oviducte (trompe utérine) gauche. Là, ils sont fécondés par les spermatozoïdes de mon partenaire et reçoivent une première enveloppe protectrice molle. Trois oeufs tout au plus continuent leur voyage pour aboutir dans mon utérus. Ils sont alors emmaillotés d’un deuxième tégument. Dès qu’ils atteignent la taille 12 millimètres, ils sont recouverts d’une troisième et dernière protection. Durant les premiers temps, mes petits sont nourris à travers ces étonnantes enveloppes, sans cordon ombilical. Aucun orifice spécial n’est prévu pour la ponte. Les deux ou trois oeufs sont évacués par le cloaque, cavité réservée aux excréments, ce qui explique l’indispensable triple « blindage ». Les oeufs gluants atterrissent sur mon ventre. Je les recouvre aussitôt de ma queue chauffante, c’est ainsi que j’assure la couvée de mes petits.

Entre-temps, le Créateur a fait croître sur la mâchoire supérieure des bébés une minuscule dent pointue qui leur permet de déchirer l’enveloppe molle, dont la consistance évoque celle du caoutchouc.

Ma queue les maintient toujours sur mon ventre. Deux jours encore et je peux les allaiter. Mais, figurez-vous, je suis dépourvue de tétines ! Les canaux lactifères aboutissent aux pores de la peau de mon ventre et mes petits sirotent le lait qui suinte sur ma fourrure. Mon lait présente du reste une teneur en fer étonnamment élevée : la proportion en est 60 fois supérieure à celle du lait de vache. Mon Créateur l’a fait ainsi pour une raison bien précise. En effet, le foie des bébés est encore trop petit pour emmagasiner une réserve suffisante de fer. Ces étranges particularités devraient vous persuader que je ne suis pas un animal primitif, dépassé par le temps. Mon Créateur m’a parfaitement équipé pour vivre dans ces régions de la côte est de l’Australie où j’aime tant demeurer.