Revue du CEP numéro 81

Sommaire de la revue du CEP N° 81

4ème Trimestre 2017

Table des matières

Le « scientifiquement correct » Dominique Tassot 2

SCIENCE ET TECHNIQUE 6

Le réchauffement climatique est-il d’origine humaine ? Les contre-arguments astronomiques Christian Marchal 6

Pour en finir avec le « mythe » de la licorne Claude Timmerman 13

HISTOIRE 27

Le secret de Nagasaki Claude Eon 27

SOCIÉTÉ 33

Sur les erreurs de la Russie Anca-Maria Cernea 33

REGARD SUR LA CRÉATION 44

Les nids des oiseaux Dr Louis Murat 44

COURRIER DES LECTEURS 49

poeme 50

Delenda est Russia (série Géopoésie) Michel Vienne 50

Bulletin d’adhésion et d’abonnement 50

Le « scientifiquement correct »
Dominique Tassot

Présentation : Quiconque compare les discours politiques contemporains à ceux qui se prononçaient il y a un siècle (voire même un demi-siècle) sera frappé par l’appauvrissement du langage et surtout par le rétrécissement des idées à un très petit nombre de formules invocatoires balisant les étroites limites hors desquelles il y aurait péril à s’aventurer. Or la science est une activité humaine, soumise – à ce titre – aux mêmes règles tacites. On ne sera donc pas surpris de voir émerger un « scientifiquement correct », signalant que la science, elle aussi, est la proie d’idéologies ou, plus exactement, de mécanismes idéocratiques capables, à moyen terme, de la stériliser.

Il est souvent question aujourd’hui d’un « politiquement correct ». On pourrait le rapprocher de ce qu’Annie Kriegel, ayant connu de l’intérieur le parti communiste, appelait déjà la « pensée unique », héritée des procédés marxistes : il faut adhérer à la ligne du parti, afin de réunir toutes les énergies pour la lutte révolutionnaire. Ceux qui pensent différemment, les

« déviationnistes », doivent donc être combattus, mis en minorité, voire liquidés. Ce fut déjà le mécanisme mis en œuvre par la Terreur, entre 1792 et 1794 : l’envoi à l’échafaud de tous ceux qui n’étaient « pas assez révolutionnaires ». Alors l’ennemi du peuple n’est plus seulement celui qui, de par son origine sociale, peut être soupçonné de regretter l’ancien Régime, mais le « tiède », c’est-àdire tout être qui, à côté ou en marge de la Révolution, conserve des préoccupations humaines : ses liens familiaux ou ses amis, ses centres d’intérêt personnels. Dans l’univers totalitaire, tout homme qui réfléchit est un « traître » potentiel. On connaît la formule : « La Révolution n’a pas besoin de savants ! » Mais on pourrait l’étendre : la Révolution n’a pas besoin des gens qui pensent, car toute pensée est d’abord personnelle avant d’être transmise, voire imposée. La « pensée collective » n’est qu’un mythe maoïste.

Nous pouvons donc nous étonner que les procédés de la pensée totalitaire puissent s’appliquer à la science, activité sans lien direct avec le pouvoir politique ou la conquête de l’État, activité – surtout – qui requiert un esprit inventif, subordonné aux seuls faits, soucieux de son ajustement au réel, à mille lieux donc de se voir dicter ses résultats par les rapports de forces du moment ou les considérations électorales.

Cependant la science est, elle aussi, une activité humaine avant de devenir une page de manuel scolaire. À ce titre, elle est sujette à toutes sortes de vicissitudes, et l’ambition ou l’intérêt peuvent s’y nicher avec la même facilité que la noble passion pour la vérité.

Un livre au titre évocateur : Savants maudits, chercheurs exclus, décrivait naguère nombre de cas plus ou moins célèbres d’hommes de science dont la personne et les découvertes furent écartées. L’existence de semblables cas prouve l’exercice d’un certain pouvoir au sein des milieux scientifiques, donc l’existence d’une « ligne » dont il serait nuisible de s’écarter. Mais le « scientifiquement correct » diffère grandement, par sa diversité, d’un « politiquement correct », qui résulte simplement d’un mélange de civilisations. Toutes les civilisations, toutes les sociétés, toutes les organisations humaines peuvent connaître des « tyrans », des hommes imbus d’eux-mêmes, attachés au pouvoir personnel et qui utilisent leur position pour s’appuyer sur des âmes serviles en nuisant à ceux qui leur déplaisent ou qui s’opposent à leurs desseins. Mais la civilisation dite « latine »[1], legs de l’Antiquité gréco-romaine entièrement remanié par l’Église, a pour trait particulier le personnalisme : autonomie de la famille nucléaire (un homme, une femme et leurs enfants), rémunération au mérite, droit privé autonome (distinct du droit public régissant l’État), principe de subsidiarité, etc. Dans une telle civilisation, exprimer une opinion divergente, y compris au Conseil du roi, n’est pas un crime mais l’exercice consciencieux de la citoyenneté : l’opposition est considérée, si elle est fondée, comme une réaction saine. Ce sera, au parlement britannique, « l’opposition de Sa Majesté », regroupant des gens qui ne cessent pas d’être fréquentables, qui même – au fond – auront peut-être raison un jour.

Le fonctionnement politique des révolutionnaires de 1792 ou des partis marxistes fut profondément étranger à notre civilisation latine, et l’existence, de nos jours encore, d’un « politiquement correct » montre simplement l’influence puissante, dans nos sociétés, de réflexes hérités d’une autre civilisation.

En revanche, l’exclusion d’un chercheur dissident procède de causes multiples, souvent anciennes, mais dont la puissance est aujourd’hui exacerbée par les outils d’influence mentale mis en place par le « politiquement correct ». Quand il s’agit de reconnaître une vérité objective, ce qui est l’ambition légitime de tout homme de science, il est presque inévitable que, si les uns ont raison, ceux qui les contredisent aient tort. La reconnaissance d’une idée nouvelle, en sciences, a toujours été freinée par les réflexes grégaires des savants en position établie. Leibniz notait déjà que ce sont souvent des « amateurs » qui proposent des idées nouvelles. On sait que la dérive des continents, exposée et publiée par Wegener dès 1915, n’a été reconnue que dans les années 1960 parce que Wegener n’était pas géographe mais météorologiste. Le cas de Guy Berthault est similaire : ses expériences n’ont pu être publiées que lorsqu’un membre de l’Académie s’en fit le porteparole.

Les réviseurs anonymes, dans les grandes revues savantes, ont le rôle du « chien de garde » qui, si justifié soit-il en théorie, peut s’exercer en pratique de manière abusive ou intéressée – par exemple en bloquant une publication pour assurer l’antériorité à un collègue[2]. Un chercheur peut aussi être « mis au placard » et privé de ses moyens de recherche par un chef de service. Tel fut le cas de Marie-Claire van Oosterwyck-Gastuche, au Musée de l’Afrique à Bruxelles. Les résultats d’une étude – étude que le supérieur de notre amie chimiste avait lui-même demandée pour expliquer les aberrations de certaines mesures – montraient l’inconsistance des datations de sols africains qui faisaient toute la notoriété internationale de ce chef.

Ce dernier aurait pu alors décider de revoir son approche et se mettre à travailler autrement : il préféra fermer le laboratoire et laisser la chimiste sans mission durant trois années, ne sachant comment gérer le cas[3].

Ajoutons que nombre de scientifiques de valeur sont

« invivables », obnubilés qu’ils sont par leurs recherches et parfois imbus d’eux-mêmes. On sait ainsi que Galilée, monomaniaque, a fini par se rendre insupportable même auprès de ses protecteurs. Il serait facile de donner des noms contemporains. Mais de tels cas relèvent de réflexes sociologiques communs pour écarter ceux qui dérangent. Nous réserverons donc l’usage de l’expression « scientifiquement correct » aux thèses qui débordent les cas individuels et mettent en jeu une dynamique collective.

Le cas de Richard von Sternberg est ici exemplaire. Brillant scientifique, titulaire de deux doctorats, travaillant à la célèbre Smithsonian Institution de Washington et au National Center for Biotechnology Information, il s’était vu confier la direction de la revue Proceedings of the Biological Society of Washington. En 2004, cette revue publia un article proposé par Stephen C. Meyer, qui était le directeur du Discovery Institute, un organisme connu pour promouvoir l’Intelligent Design4. Ainsi put-on soupçonner qu’une pensée non-darwinienne s’était immiscée dans une revue savante à comité de lecture. Il n’en fallut pas plus pour déclencher une « affaire Sternberg » : la situation devint si intenable que ce scientifique dut démissionner de la Smithsonian Institution.

Richard von Sternberg ne s’opposait pas à l’évolutionnisme ni aux datations longues, mais ses recherches lui avaient montré l’insuffisance de la théorie darwinienne. Rien de plus, mais ce fut assez pour interrompre brutalement sa carrière. Aucun argument de fond ne lui fut d’ailleurs opposé ; ni la valeur ni l’érudition de cet homme de science ne furent mises en cause.

Certes, ce cas fut reconnu en 2006, par un rapport du Congrès américain, comme un cas de « harcèlement »5 mais il était ainsi démontré qu’une déviance – même minime et fondée – par rapport à la doctrine darwinienne sera considérée comme intolérable et entraînera l’exclusion. Ne pourra être réputé « scientifique », et jouir ainsi de l’autorité intellectuelle de la science, un chercheur refusant, fût-ce hypocritement, de hurler avec les loups darwiniens. Tel est bien le « scientifiquement correct » : un enjeu idéologique (et non de simple science), donc un danger, est tapi derrière l’idée déviante.

Notons au passage que Richard Sternberg est devenu chercheur au Discovery Institute. Mais en gagnant ainsi sa liberté d’écrire et de penser, il a perdu l’accès aux laboratoires publics et doit se cantonner à des recherches bibliographiques exploitant les travaux d’autrui6.

L’évolutionnisme darwinien est donc bien une idéologie : il se défend comme le ferait une idéologie politique. Remettre en cause l’évolutionnisme, c’est aussi, fût-ce inconsciemment, remettre en cause le transhumanisme [l’homme cherchant à piloter sa propre évolution] ou encore l’idéologie du genre [l’homme refusant d’accepter le fait de nature le plus flagrant] et donc deux des opérations de propagande du « politiquement correct ». L’idée évolutionniste imprègne à ce point les esprits qu’elle s’incorpore spontanément à leur vision du monde. En 1993, nous avons pu entendre, lors d’une conférence à la Faculté de médecine de Paris, le célèbre professeur Seignalet expliquer sérieusement que, puisque les céréales apparurent qu’au Néolithique (35 000 ans), notre estomac « n’avait pas encore eu le temps de s’adapter aux céréales » !

  1. United States House of Representatives Committee On Government

Reform (2006-12-11), Intolerance And The Politicization Of Science At The

Smithsonian. Smithsonian’s Top Officials Permit The Demotion And Harassment Of Scientist Skeptical Of Darwinian Evolution Staff Report

Prepared For The Hon. Mark Souder Chairman, Subcommittee On Criminal Justice, Drug Policy And Human Resources. À noter que ce rapport n’est plus affiché en ligne depuis le 6 mai 2007.

  1. Pour connaître sa pensée, relire son art. : « Pourquoi les catholiques ne doivent pas transiger sur la prétendue nature scientifique de la théorie de Darwin » traduit et publié dans Le Cep n° 41, novembre 2007, p. 24-31.

De là un régime à base de viandes et de crudités qu’il prescrivait dans les maladies auto-immunes. La question n’est pas ici de contester le « régime Seignalet », qui rend sans doute service à nombre de patients, mais de dénoncer l’intrusion de l’idéologie dominante dans un domaine où les résultats thérapeutiques obtenus devraient suffire comme justification[4]. Ajoutons que, si l’argument était valide, le régime devrait valoir pour tous et non pour les seuls cas d’auto-immunité.

Nous assistons aussi, avec ces raisonnements approximatifs, à la diffusion du « scientifiquement correct » dans le grand public. La thèse d’un réchauffement climatique dû à l’activité humaine en fournit un cas d’école. Toutes les manœuvres seront jugées bonnes, qui font avancer l’idée, à commencer par la manipulation statistique des données : d’autorité, dans les textes publiés par le GIEC (ceux qui sont remis aux journalistes et aux politiques), furent exclues les mesures faites après l’an 2000, de manière à pouvoir masquer l’actuel renversement de tendance. Des mots d’ordre furent lancés contre les « climatosceptiques ». Surtout la thèse est présentée aux agronomes ou aux urbanistes comme s’il s’agissait d’une loi certaine, comme s’il était légitime d’extrapoler un petit segment sur une courbe représentant un phénomène qui peut n’être qu’une fluctuation périodique séculaire. Ici, la science est manifestement instrumentalisée au service d’intérêts qui lui sont étrangers[5].

Mais la chose n’est possible que parce que des scientifiques s’y prêtent. Nous touchons ici ce que dénonçait déjà William R. Thompson en 1956 dans sa Préface à la réédition du célèbre livre de Darwin : « le déclin de l’honnêteté scientifique »[6].

À l’image des journalistes qui se prêtent au « politiquement correct », qui se font les procureurs de la « pensée unique », des hommes de science en petit nombre, devenus la coqueluche des médias, monopolisent les temps d’antenne pour asséner, avec l’autorité abusive dont on les dote, la vérité du jour.

Qu’il puisse exister des campagnes de presse destinées à imposer une prétendue vérité scientifique est déjà, en soi, une anomalie. Il n’y a pas de budget publicitaire pour le théorème d’Archimède, démontrable et vérifiable hic et nunc, et la propagande ne peut ni le changer ni en accroître la crédibilité. Or de telles campagnes – inévitablement, puisqu’elles persuadent à tort – font usage de subterfuges. On le voit encore avec l’actuelle campagne contre l’homéopathie, qui se déploie dans plusieurs pays d’Europe. Elle s’appuie notamment sur une étude australienne publiée en 2015 par le National Health and Medical Research Council (NHMRC)10, étude qui prétend faire la synthèse de multiples études antérieures (ce qu’on appelle une « métaanalyse »). Or les règles les plus élémentaires de la démarche scientifique s’y trouvent allègrement violées, mais pour le découvrir il a fallu un examen poussé par le Dr Alex Tournier (directeur de l’Institut de Recherche sur l’Homéopathie, HRI), en liaison avec l’Association australienne d’Homéopathie. Ainsi le rapport se présente comme « une évaluation rigoureuse portant sur 1 800 études », chiffre impressionnant ! En réalité, ne furent retenues que 176 études. Puis le NHMRC a décidé que, pour qu’un essai clinique fût réputé « fiable », il fallait qu’il portât sur au moins 150 patients. Or le NHMRC conduit couramment des essais avec moins de 150 patients. En appliquant cette règle arbitraire, 171 études furent écartées comme douteuses, ne laissant que 5 études considérées comme fiables. En outre, le Pr Peter Brooks, directeur du comité réalisant l’étude, n’avait pas jugé utile de signaler qu’il était membre du « groupe de pression » (lobby) antihoméopathie « les Amis de la Science en Médecine ». Or le NHRMC est un organisme officiel rattaché au gouvernement.

membre de la Royal Society et biologiste-en-chef du Commonwealth, ce qui donne d’autant plus de force à ce texte remarquable. 10 Consultable sur le site du NHMRC : nhmrc.gov.au

Il est clair que toutes ces entorses à la procédure ne sont pas dictées par la rigueur scientifique, mais veulent aboutir à un résultat prédéterminé par un mot d’ordre ; malheureusement, des hommes de science se prêtent à cette comédie.

Presque tous les chercheurs, il est vrai, sont aujourd’hui des salariés ; des préoccupations matérielles les influencent. On pourrait objecter que les universitaires, rémunérés par l’État, insensibles donc aux pressions financières directes, ont pour mission naturelle de rétablir la vérité. Ils devraient donc former un contre-pouvoir s’opposant à la diffusion d’erreurs. Et il est vrai que de tels hommes existent : on les retrouve, quoiqu’en petit nombre, parmi les « lanceurs d’alertes » et les scientifiques dissidents. Un exemple vient d’en être donné par le Pr Joyeux, contestant une pratique vaccinale qui, en imposant dans les faits des vaccins facultatifs, piétine la responsabilité du médecin et méconnaît le « consentement éclairé » du patient, pourtant requis par la loi[7].

Il faut donc à l’intelligentsia autant de courage pour affronter le scientifiquement correct qu’il en faut au citoyen pour s’opposer au politiquement correct. En réalité, il en faut même plus, car les scientifiques qualifiés sont en petit nombre et peuvent difficilement se regrouper et s’entraider comme le font les citoyens au sein de multiples associations. Or le goût du vrai est le premier moteur de la réflexion et de la pensée. On assiste ainsi à la déliquescence de la science, au règne de l’opinion – et d’une opinion dictatoriale – dans un domaine où elle n’aurait pas lieu d’être. Mais à quelque chose malheur est bon : nous découvrons ainsi que la vertu – fûtelle d’un autre ordre – est nécessaire à la science. Celle-ci ne se maintiendra au service de la vérité que dans des esprits libres, et la liberté se paye, parfois très cher. Dieu est vérité : se soumettre aux idéeologies du jour est comme jadis sacrifier aux idoles, mais le choix est clair ; le psalmiste nous en avertit en effet : « Dieu de vérité, tu détestes ceux qui servent de vaines idoles » (Ps 31, 6).

*************************************

SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence. »

(Bossuet)

Le réchauffement climatique est-il d’origine humaine ?
Les contre-arguments astronomiques
Christian Marchal[8]

Présentation : Le réchauffement climatique est indéniable sur la période 1975-2003, mais est-il important, durable et dangereux ou bien faible et transitoire ? Est-il d’origine humaine comme le disent les écologistes du GIEC, ou bien une conséquence des variations de l’activité solaire comme le pensent beaucoup d’astronomes et de très nombreux scientifiques ? Le gaz carbonique n’est pas un polluant ; c’est un gaz vital, le principal aliment des plantes et son effet de serre est pratiquement saturé (et donc largement exagéré). Depuis 2003, la température moyenne mondiale est stagnante ou même légèrement décroissante. Quatre arguments astronomiques simples sont présentés et discutés. Il semble que nous allons atteindre une période plus froide.

Ayant eu récemment l’occasion de présenter le réchauffement climatique lors d’un exposé à l’Observatoire de Paris, je me suis rendu compte du scepticisme que soulevait, non la thèse du réchauffement lui-même, indéniable sur l’intervalle 1975-2003, mais l’idée que ce réchauffement serait dû à l’activité humaine.

Parmi les contre-arguments que présentent mes collègues astronomes et astrophysiciens, j’en retiendrai quatre principaux qui me semblent les plus évidents.

  1. L’analyse des variations de la température et de la concentration du CO2 dans les paléoclimats depuis 700 000 ans.
  2. Le récent réchauffement de la planète Mars et de plusieurs satellites de Jupiter et de Neptune.
  3. La comparaison de « l’effet de serre » du gaz carbonique avec celui de l’ozone et celui de la vapeur d’eau.
  4. La corrélation remarquable entre la température moyenne terrestre et la longueur des cycles des taches solaires.

1. L’analyse des variations de la température et de la concentration du CO2 dans les paléoclimats depuis 700 000 ans.

L’idée d’analyser les bulles d’air emprisonnées dans les grands glaciers, en particulier ceux de l’Antarctique, est due au Français Claude Lorius et permet de retrouver nombre d’indications sur les climats du passé. Ce procédé s’est révélé bien plus fécond et bien plus précis que tous les procédés antérieurs.

C’est ainsi que les forages de l’Antarctique permettent des mesures jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années dans le passé (figure 1). La courbe à mi-hauteur est celle de la température et elle montre une corrélation frappante avec les courbes de concentration du CO2 (courbe d’en haut) et du méthane (courbe d’en bas). On y lit aisément les cycles astronomiques de Milankovitch et les glaciations correspondantes du quaternaire, on peut même en déduire que la corrélation est d’environ 1°C pour 10 ppm de CO2.

Arrivé à ce point deux hypothèses sont en présence :

L’hypothèse A, celle des écologistes du GIEC : cette corrélation est due à un effet de serre : quand la concentration de CO2 augmente, l’effet de serre en fait autant et la température augmente à son tour.

L’hypothèse B, opposée : cette corrélation est due au dégazage de l’océan quand la température augmente : l’océan contient cinquante fois plus de CO2 que l’atmosphère. L’eau, en effet dissout mieux les solides et moins bien les gaz quand elle est chaude.

11

Âge (en années conventionnelles)

Figure 1. La concentration du CO2 atmosphérique (courbe du haut) et celle du méthane (courbe du bas), ainsi que les variations de la température (courbe centrale) pendant les dernières 700 000 années[9].

Comment départager ces deux hypothèses ?

Un moyen simple est d’examiner les trois courbes de très près afin de voir quelle est celle qui entraîne les deux autres.

Cet examen montre que presque toujours les variations de la température précèdent celles des deux concentrations. L’avance est indéniable, elle est habituellement de un à trois siècles et va jusqu’à huit siècles, ce qui évidemment se voit peu dans une figure étendue sur 700 000 ans. Il y a pourtant un cas où les variations de la température et celle de la concentration du gaz carbonique sont concomitantes, ainsi que l’a montré une étude récente du Laboratoire de Glaciologie et de Géophysique de l’Environnement (Grenoble) : le cas de la fin de la dernière glaciation essentiellement au voisinage de l’an -13 000. Cependant cette époque correspond parfaitement à une période chaude des cycles de Milankovitch – fort ensoleillement de l’Arctique – et confirme l’origine astronomique des variations de température.

Mais alors cette concomitance ? Mystère ! Faut-il admettre des éruptions volcaniques importantes dans l’Antarctique à ce moment ? On ne va tout de même pas supposer que nos ancêtres auraient pris à cette époque l’habitude de mettre le feu aux forêts !

On peut donc raisonnablement conclure que l’hypothèse B, l’hypothèse du dégazage du CO2, conséquence des élévations de température, est la bonne. Le gaz carbonique n’est qu’un gaz à faible effet de serre (ce que nous allons voir de plus près dans le troisième contre-argument).

Après avoir longuement privilégié l’hypothèse A et systématiquement ignoré l’autre, les écologistes du GIEC essaient aujourd’hui de « botter en touche », ils proclament que ce premier test n’en est pas vraiment un, la température déduite des analyses étant « locale » et non globale.

Bien entendu, dans les circonstances actuelles, les émissions anthropiques de CO2 ont fait augmenter sa concentration dans des proportions qui n’ont plus rien à voir avec l’élévation de température. Mais cela ne change évidemment pas les propriétés de ce gaz.

2. Le réchauffement récent de la planète Mars et de plusieurs satellites de Jupiter et de Neptune.

Ce deuxième argument est délicat car les effets sont souvent petits : une élévation de 1 à 2 degrés des températures des satellites galiléens de Jupiter (sauf Io) et de Triton, le grand satellite de Neptune, une diminution lente de la calotte polaire australe de Mars (près de 20 % entre 1985 et 2005), mais pratiquement pas de diminution de la calotte boréale…

C’est évidemment la concomitance de ces divers effets qui suggère une origine commune liée à l’activité solaire, activité qui bien sûr affecte aussi la Terre.

Figure 2. Un aspect récent de la calotte polaire australe de la planète Mars.

Il faut comprendre que ce ne sont pas les variations de la puissance radiative du Soleil qui sont en jeu (0,1% sur la période 1985-2005 considérée), mais les variations beaucoup plus importantes de son magnétisme. Celui-ci affecte profondément les atmosphères des satellites et celles des planètes comme Mars et la Terre (mais bien sûr pas celles des planètes géantes, bien protégées par leur puissant champ magnétique). Ceci explique que l’on ne constate rien sur les corps sans atmosphère comme la Lune ou Mercure.

Mais quid de la différence entre les deux pôles de Mars ?

L’excentricité de l’orbite martienne est élevée : 9,3% (pour la Terre 1,6% seulement) et le solstice d’été austral est très proche du périhélie, le point de l’orbite le plus proche du Soleil. En conséquence l’été austral est bien plus chaud que l’été boréal ; le rayonnement solaire maximum y est de 715 watts/m² au lieu du minimum de 492 watts/m².

Il n’est donc pas étonnant que la calotte polaire australe soit bien plus sensible que l’autre aux variations du Soleil.

Cependant il faut reconnaître que, malgré les concomitances, cet argument rencontre de fortes oppositions et son étude complète est difficile. Il convient donc de l’étudier encore.

3. La comparaison de « l’effet de serre » du gaz carbonique avec celui de l’ozone et celui de la vapeur d’eau.

Les astronomes ont l’habitude d’étudier les spectres des étoiles et des planètes ; les raies et les bandes d’émission et d’absorption correspondantes leur fournissent de très nombreux renseignements sur l’atmosphère et la composition chimique des corps examinés.

Les bandes d’absorption en fonction de la longueur d’onde sont présentées dans la figure 3 pour la vapeur d’eau, le gaz carbonique et l’ozone.

Figure 3. Les bandes d’absorption de la vapeur d’eau, du gaz carbonique et de l’ozone en fonction de la longueur d’onde (de 0,2 microns à 50 microns selon l’échelle centrale).

L’ozone est connu pour absorber les ultra-violets et nous protéger ainsi de ces rayons dangereux (absorption correspondant à la zone ombrée, en bas à gauche, de longueur d’onde inférieure à 0,4 microns). La lutte efficace contre le « trou d’ozone » est à mettre à l’actif des préoccupations écologiques.

La vapeur d’eau est visiblement un gaz à effet de serre bien plus efficace que le gaz carbonique. Certains lui confèrent un coefficient d’efficacité de 8 par rapport au gaz carbonique, mais il suffit de retenir un coefficient d’efficacité de 2 ou 3 pour comprendre la suite.

En effet la vapeur d’eau est bien plus abondante que le gaz carbonique dans l’atmosphère terrestre : vingt à quarante fois plus abondante selon les saisons dans les premiers kilomètres de l’atmosphère (mais moins en grande altitude). En conséquence, sur les 33°C d’effet de serre classique de l’atmosphère terrestre il y en a au moins 32 qui sont dus à la vapeur d’eau…Un doublement de la quantité de gaz carbonique dans l’atmosphère n’entraînerait au plus qu’une augmentation de température de 1°C.

Certes l’analyse complète des échanges de chaleur Soleil, sol terrestre, océan, atmosphère, espace est un travail très difficile qui doit tenir compte des différentes absorptions, des mouvements de l’atmosphère et des océans, des nuages, de l’évaporation et de la condensation de l’eau…

En fait Richard Lindzen (référence 4), titulaire de la prestigieuse chaire de météorologie au MIT, estime que l’augmentation de température liée à un doublement de la concentration de CO2 serait de 0,24°C seulement, en raison des nombreuses rétroactions négatives qu’entraînerait une augmentation de la température. En particulier une formation plus abondante de nuages qui ferait augmenter l’albédo de la Terre (c’est-à-dire la part du rayonnement solaire que notre planète réfléchit ou diffuse directement dans l’espace).

Si l’on se rappelle que les publications du GIEC parlent d’une augmentation de 2 à 4°C pour le seul 21e siècle, et parfois bien plus, on comprendra que les astronomes, eux, remettent en question le quasi-dogme de la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, réchauffement pour eux d’origine solaire et qui a d’ailleurs tendance à stagner depuis la canicule de 2003.

4. La corrélation température-durée des cycles solaires.

Les taches solaires sont un phénomène transitoire impressionnant connu des Chinois depuis très longtemps et étudié en détail depuis plus de trois siècles. La grande tache de la figure 4 a plus de dix fois la taille de la Terre.

Figure 4. Le Soleil avec ses taches, la température moyenne mondiale de 1750 à 2000, la durée des cycles solaires sur le même intervalle et la corrélation des deux phénomènes (l’échelle des durées est renversée pour souligner la corrélation).

Les taches solaires ont une durée de plusieurs jours à quelques mois et ont mis en évidence la rotation non uniforme du Soleil (période 25 jours à l’équateur et 34 jours près des pôles). Leur nombre varie beaucoup selon une période, variable, d’en moyenne onze ans, avec quasi disparition des taches en début et en fin de période. Les polarisations étant renversées d’une période à la suivante, on considère qu’un cycle comprend deux périodes et les demi-cycles (autrefois appelés simplement cycles) sont numérotés à partir de 1750.

Un cycle peut durer de 18 ans (Soleil très actif, très nombreuses taches) à 26 ans (Soleil calme, peu de taches). Les cycles courts correspondent aux périodes de réchauffement ou aux périodes chaudes et les cycles longs aux périodes de refroidissement ou aux périodes froides. Cette correspondance avait déjà été remarquée il y a deux siècles par l’astronome William Herschel (qui découvrit la planète Uranus et les rayons infrarouges).

Bien entendu, Herschel ne disposait pas des températures aussi avait-il choisi le prix du blé à Londres comme marqueur de l’activité solaire. C’était un excellent choix, mais qui entraîna l’incrédulité et l’hilarité des académiciens londoniens…

Le demi-cycle numéro 22 était court : 10,1 années seulement de 1986 à 1996, il suivait le demi-cycle 21, court lui aussi et correspondant tous deux à la dernière période de réchauffement, mais le demi-cycle 23 est long : 12 ans jusqu’à fin 2008, il correspond à la période actuelle de stagnation des températures (2003 n’a eu que 0,01°C de plus que 1998). Le demi-cycle numéro 24 commence en fin 2008 et il est difficile de dire combien il va durer, mais il a peu de taches, environ deux fois moins que lors d’un demi-cycle moyen. Cela présage donc un demi-cycle long et un refroidissement prochain dont les signes avant-coureurs pourraient être les hivers très froids de la Russie et de l’Amérique du Nord depuis 2010 (jusqu’à 10°C au dessous des hivers moyens habituels).

Cette corrélation température-durée des cycles solaires ne fait plus de doute mais reste inexpliquée, elle est bien sûr liée aux puissants phénomènes électromagnétiques du Soleil dont les taches constituent un paroxysme. Il y a sans doute un très grand intérêt à approfondir l’étude de cette question.

_____

Conclusion

L’idée du réchauffement climatique d’origine humaine a pour elle un élément inconscient important : elle flatte notre égo. Nous sommes puissants : nous avons détraqué le climat ; nous sommes intelligents : nous en avons pris conscience ; nous sommes vertueux : nous allons réparer dès que les sceptiques auront été réduits au silence !

Cette situation détermine des conduites qui sont à l’opposé de l’éthique scientifique. Passons sur cette énormité que l’on nous oppose parfois : « Si la calotte australe de Mars fond, c’est parce que la Terre est plus chaude ! » la Terre pourrait bien être 100°C plus chaude, cela ne changerait pas d’un millième de degré la température de Mars !

Il suffit de rappeler les avatars de la courbe des températures « en crosse de hockey », exposée triomphalement par les écologistes les plus enthousiastes comme un argument décisif dans le troisième rapport du GIEC (2001), mais finalement reconnue comme une manipulation et discrètement retirée du quatrième rapport (2007)… Pour prendre un petit exemple récent, on proclame urbi et orbi que la banquise arctique est plus petite en l’année 2012 que pendant les années précédentes, mais il faut aller consulter les publications du US National Snow and Ice Data Center pour apprendre qu’à l’autre bout de la Terre la banquise antarctique est passée par un maximum historique cette même année ! (Ajoutons que, même pour la banquise arctique, le réchauffement n’est pas évident : son minimum estival de 2013 est plus de 30 % plus étendu que celui de 2012, plus de 5 millions de km² au lieu de 3,5 millions…).

Bien entendu les astronomes qui soutiennent l’idée du réchauffement climatique d’origine solaire sont dans une situation plus difficile. Sommes-nous vraiment quantité négligeable à ce point ? Notre seule possibilité est-elle vraiment de nous adapter en attendant que cela passe ? Pouvons-nous faire autre chose que reboiser les forêts tropicales, isoler nos habitations, mettre des chauffe-eaux solaires sur nos toits et améliorer localement la pollution des villes comme le « Clean air act » londonien qui a sauvé la grande métropole des attaques du smog ? La lutte contre le CO2, les très coûteuses et peu utiles éoliennes, la taxe carbone ont-elles un sens ?

Il faut rappeler que les phénomènes naturels sont souvent sans commune mesure avec nos possibilités. La part de l’énergie solaire qui tombe sur Terre représente dix mille fois l’énergie que nous fabriquons dans nos centrales et nos barrages et que nous utilisons pour nos besoins (et seul un demi-milliardième de l’énergie solaire totale tombe sur Terre…). Pour nous en tenir aux phénomènes terrestres, quand au printemps 2010 le volcan islandais Eyjafjöll entra en éruption, il déversa dans l’atmosphère une énergie égale à une bombe d’Hiroshima toutes les dix-sept secondes… et cette phase principale de son éruption dura 15 jours !

Ajoutons que parmi les cendres ainsi projetées – qui cloueront au sol l’aviation européenne – il y a plus de dix fois la quantité de matériaux radioactifs que n’en ont pu produire les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima réunies… mais répandus sur les vastes espaces de l’Europe et l’Atlantique ces matériaux n’y ont représenté qu’un tout petit pourcentage de la radioactivité naturelle.

Ajoutons que les vulcanologues ont considéré cette éruption comme « moyenne », celle du Pinatubo (1991) était cent fois plus puissante et celle du Tambora (1815) mille fois plus… Que penserions-nous si mille Eyjafjöll entraient en éruption en même temps ? Et ne parlons pas des tsunamis, des cyclones, des tremblements de terre, des chutes de grosses météorites… L’énergie et la puissance nécessaires à la circulation habituelle et au renouvellement des eaux d’un grand fleuve comme l’Amazone ou le Yang-Tseu-Kiang dépassent très largement ce que l’humanité produit et utilise pour ses besoins.

Pour terminer, rappelons que le gaz carbonique n’est pas un polluant : c’est un gaz vital, le principal aliment des plantes et on en fournit aux serres quand on veut que les plantes y poussent plus vite. Il ne faut pas le confondre avec le monoxyde de carbone (CO), gaz très dangereux mais heureusement instable ( 2CO + O2 donne 2CO2 ).

______

Il y a désormais une avalanche de faits qui mettent en question les travaux du GIEC non seulement chez les géologues et les géophysiciens (en France Claude Allègre – référence 1 – et Vincent Courtillot, président de l’Institut de Physique du Globe) , mais aussi chez les mathématiciens qui dénoncent le manque de sérieux des méthodes mathématiques utilisées (référence 2-3), chez les météorologues (référence 4), chez les physiciens (référence 5) et même chez les astronomes qui pensent avoir trouvé la raison de la corrélation entre taches solaires et température et qui ont reconnu que l’effet de serre du gaz carbonique atmosphérique était pratiquement saturé (référence 67) , l’augmentation de sa teneur ne peut donc plus contribuer à réchauffer l’atmosphère.

On a même vu durant l’hiver 2013-2014, particulièrement dur en Amérique du Nord et en Russie – mais doux en France – le canadien Patrick Moore, ancien président de Greenpeace (mais qui en a démissionné en 1986 pour protester contre la politisation de cette association) venir témoigner devant les sénateurs américains : « Il n’y a aucune preuve que l’homme soit responsable du réchauffement climatique ! » (référence 8). Alors, la taxe carbone a-t-elle un sens ? La séquestration du gaz carbonique est-elle autre chose qu’une erreur funeste qui prive les plantes de leur nourriture ?

L’un après l’autre les États américains du Middle West et du Far West abandonnent la production d’électricité par éolienne – elles coûtent beaucoup plus cher qu’elles ne rapportent et tuent de très nombreux oiseaux migrateurs – et plus de dix mille éoliennes, désormais sans but, rouillent dans les « Wind Farms » des grandes plaines et des Montagnes Rocheuses…

Plusieurs centaines d’articles scientifiques « climatosceptiques » peuvent être trouvés à l’adresse http://www.populartechnology.net/2009/10/peer-reviewed-paperssupporting.html

__________

Pour quelle raison ?

Il est bien entendu difficile de savoir pour quelles raisons profondes les fondateurs du GIEC se sont lancés dans cette entreprise, mais l’on peut tout de même hasarder une hypothèse en les supposant intelligents, compétents et sincèrement désireux d’être utiles à l’humanité.

Ces trois hommes, le suédois Bert Bolin (1925-2007), le canadien Maurice Strong (1929-2015) et l’américain James Hansen (1941- ) ont connu la seconde guerre mondiale avec toutes ses horreurs, puis la guerre froide, laquelle n’était pas froide partout et a tout de même fait des millions de morts, et l’équilibre de la terreur, qui nous a certes donné quarante-cinq ans d’une paix bancale et fiévreuse, mais qui était une abomination épouvantable qu’il eut été fou de prolonger.

Or, quelques mois seulement avant la création du GIEC, le 21 septembre 1987, eut lieu la 42e assemblée générale des Nations Unies. Le Président Reagan y fit un discours dans lequel il dit notamment : « Dans notre obsession des antagonismes du moment, nous oublions souvent l’ampleur de tout ce qui unit tous les membres de l’humanité. Peut-être avons-nous besoin d’une menace universelle pour nous faire reconnaître ce lieu commun… ».

Alors ? Quelle menace universelle ? Le climat ! La température moyenne du globe augmentait depuis 1975 et elle allait encore augmenter pendant une quinzaine d’années jusqu’au maximum de 2003. Arguer du danger du réchauffement climatique et l’attribuer à l’action de l’homme pouvait être vu comme un moyen d’unifier l’humanité, et certes il y avait urgence…

L’idéal des scientifiques n’est ni la Beauté, ni la Justice, ni l’Harmonie, c’est la Vérité, mais l’idéal des hommes politiques (pas les carriéristes, les vrais : Clémenceau, De Gaulle, Churchill, Lénine[10]…), l’idéal des hommes politiques c’est l’Action, et, en bons hommes politiques qu’ils étaient, les trois fondateurs du GIEC ont aussitôt dogmatisé cette hypothèse du réchauffement climatique anthropique qui était douteuse à l’époque et qui se révèle fausse aujourd’hui…

________

Bibliographie[11]

1. Claude Allègre. Ma vérité sur la planète Edition Plon (2007) 2. Bernard Beauzamy. Le réchauffement climatique : mystifications et falsifications Société de calcul mathématique. S.A. (2006).

22

  1. Benoît Rittaud. Le mythe climatique, Paris, Le Seuil, 2010, 206 p.
  2. Richard S. Lindzen.

http://www-eaps.mit.edu/faculty/lindzen/htm (puis cliquer sur Lindzen MIT, puis sur publications).

  1. François Gervais. L’innocence du carbone. L’effet de serre remis en question. Edition Albin Michel, 2013, 315 p. 6. C. Boulet, D. Robert, J. Michel, Colisional effects on molecular spectra, Elsevier, 2008, 411 p.
  2. Ferenc Miskolczi.

. http://www.pensee-unique.fr/effetdeserre.html

  1. Patrick Moore. http://www.express.be/joker/fr/platdujour/undes-fondateurs-de-greenpeace-il-ny-a-aucune-preuve-quelhomme-est-responsable-du-rechauffementclimatique/203042.htm
  2. Marcel Leroux (1938-2008), Global Warming : Myth or Reality ? The erring ways of climatology, Springer Verlag, 2005, 510 p. (ISBN 3-540-23909-X).

Pour en finir avec le « mythe » de la licorne
Claude Timmerman

( On fabrique des licornes domestiques, et on a encore tué une, sauvage, en août 2014! )

Présentation : La licorne, animal muni d’une seule corne frontale, est attestée part nombres de récits antiques et son évocation dans la Bible lui a valu sa place dans la symbolique et la mystique chrétienne. Or elle passe pour un animal fabuleux. Il était donc opportun de compléter l’article donné dans Le Cep n° 79 par une étude zoologique. Deux pistes s’écartent facilement : celle d’une dent frontale (ce qui élimine « l’ivoire » de licorne) et celle du Rhinocéros dont la « corne » est une excroissance dermique. En revanche, les bovidés et les cervidés peuvent ne présenter qu’une seule corne, soit que le bouton germinatif osseux (qui apparaît peu après la naissance) manque d’un côté, soit que les deux boutons se présentent réunis au centre du crâne. Il existe donc bien d’authentiques licornes : elles sont même prisées des éleveurs car cette particularité rare en fait des chefs de troupeaux redoutables.

La licorne fait partie de ces « animaux fabuleux » qui hantent l’imaginaire populaire et émaillent les récits depuis la plus haute antiquité.

Très présente dans la littérature du Moyen Âge, immortalisée dans l’iconographie par les célèbres ensembles de tapisseries dits de « La chasse à la licorne » et de « La dame à la licorne », tissés sur les métiers des Flandres durant la seconde moitié du XVe siècle, la licorne tient une place de choix dans les divers bestiaires connus qui parsèment la littérature et les basreliefs depuis l’antiquité babylonienne et chinoise.

Des descriptions graphiques ou scripturales qui reprennent évidemment, par besoin d’analogie pour la compréhension, des comparaisons avec des animaux existants, ce qui laisse une large part à l’interprétation personnelle des rédacteurs…Et des lecteurs ultérieurement.

Sur les animaux auxquels se rattachent symbolique, mystique, ésotérisme, etc. Le Cep a récemment consacré un important article, qui appelle des commentaires et demande quelques précisions zoologiques sur ces animaux dont la seule

caractéristique commune semble être l’existence d’un unique appendice frontal de grande dimension[12].

Les diverses descriptions qui sont y recensées présentent globalement les caractéristiques suivantes :

  • Une allure générale d’Équidé ou de Cervidé
  • Un corps de Cervidé (de plus ou moins grande taille, du cerf au chevreuil)
  • Des pieds à sabots « divisés » ou non…
  • Un appendice frontal de plus ou moins grande taille désigné comme « corne ».

À cela s’ajoute l’existence éventuelle d’une toison laineuse, présente dans certaines descriptions.

(Ci-dessous une enluminure du Hainaut de 1285, où la licorne est figurée avec un corps de mouton.)

Il n’y aurait donc pas, d’après les descriptions, UNE espèce « licorne » mais DES animaux, zoologiquement divers, reliés artificiellement du fait de ce seul caractère commun : la « corne [13]» unique.

Mais tous cependant, présentant des sabots, se rattacheraient finalement aux Mammifères Ongulés.

Une équivoque qu’illustre parfaitement la terminologie d‘« unicorne » considérée par beaucoup comme synonyme de licorne.

Pout la commodité de l’exposé nous n’évoquerons pas dans un premier temps les licornes d’Extrême-Orient mais le lecteur comprendra finalement qu’elles s’inscrivent pleinement dans notre propos ! Nous pouvons en première approximation regrouper tous ces animaux, suivant la classification simplifiée, en :

  • animaux à un nombre impair de doigts, 1 ou 3 – dits Mésaxoniens ou Périssodactyles.
  • animaux à nombre pair de doigts, 2 ou 4 (généralement 2 en appui) – dits Paraxoniens ou Artiodactyles.

C’est sur cette base que nous allons pouvoir raisonner pour mettre en adéquation mythe et réalité.

Il importe alors de s’interroger sur deux points clefs de nos descriptions :

  • la nature possible de la « corne » décrite ;
  • le nombre réel de doigts des membres de l’animal.

Ces deux éléments devraient suffire à préciser la position zoologique de ces animaux, car nous verrons qu’ils sont directement liés.

I. La dent du narval

Les représentations classiques de la licorne montrent très souvent une « corne »

frontale implantée sur le haut du crâne au niveau de la ligne des orifices auriculaires (attaches des oreilles

externes)

La « corne » présente la couleur, la forme et la spiralisation caractéristique de la dent de narval (Cétacé marin).

C’est donc une formation en ivoire, ce que l’on appelle communément une « défense » telle qu’on en trouve chez d’autres Mammifères comme les morses ou les Proboscidiens (Éléphants).

Zoologiquement, il s’agit de l’incisive médiane supérieure gauche de l’animal qui atteint souvent plus de 1,5 m et dont l’hypertrophie peut exceptionnellement dépasser 2,5 m !

On observe d’ailleurs assez souvent la croissance, plus limitée, de l’incisive supérieure droite symétrique.

Dans de très rares cas, on a même affaire à des animaux aux deux incisives quasi symétriques (ce qui leur dénie alors forcément leur nom de « Licorne de mer » !). Ce sont ces incisives de narval qui ont classiquement servi de modèle à la majorité des représentations de la « corne » des licornes terrestres.

La question à se poser est alors de savoir si la disposition d’implantation « au milieu du crâne » telle que représentée chez les licornes terrestres, est imaginable concernant une dent.

L’anatomie comparée des Mammifères, même si certains par ignorance remettent stérilement en cause ses constats, nous montre qu’à la différence des Vertébrés dits inférieurs, les dents des

Mammifères sont exclusivement cantonnées aux os maxillaires (pour les dents du haut) et à la mandibule (pour les dents du bas).

Ceci ne souffre aucune exception et se justifie clairement pour des raisons

cytologiques et embryologiques que nous ne développerons pas ici pour ne pas alourdir l’exposé[14].

Il s’en suit que l’on ne peut observer de dent « sur un crâne » ! crâne » !

Les défenses classiquement connues sont toutes des incisives ou des canines hypertrophiées, dont le développement et la croissance modifient d’ailleurs la structure crâniale de façon plus ou moins significative, et qui se développent toujours à l’extérieur de celui-ci.

On connaît de rarissimes cas anormaux de croissance inversée comme celui, célèbre, de certains éléphants d’Asie où le germe dentaire orienté vers l’arrière conduit au développement de défenses dirigées vers le corps ! (Ce qui évidemment pose question quant au devenir de l’animal si la croissance se poursuit jusqu’au ventre et aux membres. Il est évident qu’alors l’existence

même de l’animal sera menacée, mais c’est une autre question…)

Le seul cas connu où des dents apparaissent « sortir du crâne » s’observe chez le babiroussa, un porc sauvage des Célèbes dont la canine supérieure traverse l’os dentaire vers le haut et semble « pousser au milieu du groin ».

-Biologie animale – Les Cordés, anatomie comparée des Vertébrés, t. 3, A.

BEAUMONT et P. CASSIER, Paris, Dunod Université, 1987. Des ouvrages, certes aujourd’hui un peu anciens mais qui font toujours autorité et qui datent d’une époque où la rigueur de l’analyse n’était pas systémiquement manipulée pour s’inscrire dans une vision doctrinale et justifier certains récents délires évolutionnistes.

Mais seul l’os dentaire est en cause : la boîte crânienne n’est pas impliquée et le palais n’est pas traversé. Ce qui se voit très clairement sur le squelette.

L’idée d’une dent implantée en arrière de la ligne des yeux, « traversant » la boîte crânienne est donc une fiction ! L’ivoire de licorne est donc un mythe, même si la préciosité associée à la défense de narval a conduit à de remarquables œuvres d’art (trône, crosses d’évêques, pieds de ciboires, de calices, de coupes, ostensoirs, sceptres, cannes, etc.)

[Une dent de narval figure même parmi les « objets inaliénables de la maison de Habsbourg » : une « corne de licorne » connue sous le nom de Ainkhürn, offerte par le roi de Pologne Sigismond

II à l’empereur Ferdinand Ier en 1540.]

II. Périssodactyles : les Rhinocérotidae

L’une des hypothèses majeures concernant l’appartenance zoologique des licornes concerne les Rhinocéridés, une hypothèse qui repose essentiellement sur l’existence d’une « corne » nasale unique implantée dans le plan médian, voire deux « cornes » alignées dans ce même plan chez, par exemple, les rhinocéros africains…

U

N

Cette hypothèse a été remise au goût du jour au début du XXe siècle avec les travaux paléontologiques pratiqués sur un groupe de fossiles de Rhinocéridés (Rhinocerotidae) laineux, découverts en Sibérie, Chine et Asie centrale : les Elamosthérium. (Ce groupe suscite aujourd’hui un engouement médiatique délirant et des supputations stupides depuis que de récentes réévaluations de datation ramèneraient son extinction à – 26 000 ans. Tout ce tapage parce qu’il aurait été « contemporain de l’homme », au paléolithique, ce qui n’a vraiment aucune

importance zoologique !)

Les représentations, glabres au début du XXe siècle mais aujourd’hui devenues velues, varient notablement au gré de la fantaisie des auteurs.

En fait, ce qu’il importe de savoir c’est que l’Elasmothérium est un Rhinocéridé typique, aux membres à trois doigts, d’une hauteur de 2 m environ pour un poids de 4 à 5 tonnes. Cela est avéré ; le reste n’est que fantasme ou littérature…

Il est doté d’une « corne » massive unique en position ligne des yeux dont aucun exemplaire n’a été retrouvé, ce qui est prévisible si on admet en bonne logique que cet appendice est de même nature que ceux que l’on rencontre chez les Rhinocéros actuels : de la kératine pratiquement jamais fossilisée.

Un appendice nasal qui n’est pas une corne !

La ou les « cornes nasales » des Rhinocéros ne résultent pas d’une structure homologue aux cornes d’autres mammifères que nous allons voir ensuite. Ces « cornes », qui existent toujours chez les deux sexes, sont constituées de l’agglomération de longues fibres de kératine insérées dans une gangue de kératine amorphe. On parle souvent sous forme imagée de « poils agglomérés ».

C’est donc une formation dermique sans lien avec le squelette sous-jacent auquel elle n’est solidarisée que par la peau et le tissu conjonctif sous-jacent.

C’est flagrant si on se réfère au célèbre squelette d’un spécimen femelle de rhinocéros blanc (Ceratotherium simum) rapporté par l’explorateur Adulphe Delegorgue en 1844 : pour la mise en valeur des « cornes » et la beauté de la présentation, les taxidermistes du temps ont poli les « cornes » et les ont débarrassées des fibrilles kératinisées périphériques basales ! Les « cornes » apparaissent ainsi « posées », totalement désolidarisées du squelette. (Ce squelette fut acquis par le Muséum national d’histoire naturelle de Paris en 1846 ; il est exposé aujourd’hui à la galerie d’Anatomie comparée.)

Cette « corne » – qui est donc anatomiquement une

« stucture fibreuse de type poil » – se présente sous forme d’une plaque kératinisée pseudo-circulaire (plus ou moins recouverte secondairement par l’épiderme au fil de sa croissance) qui développe une excroissance en son milieu. [voir photo ci-dessus] Le diamètre du fût ainsi constitué n’excèdera pas la moitié de celui de la plaque-assise kératinisée d’où il émerge, s’amincissant vers le haut. (C’est en négligeant cette réalité anatomique que l’on voit aujourd’hui des descriptions et pire, des représentations, d’Elasmothérium auxquelles on attribue « une corne dont le diamètre est celui d’un torse d’homme » (sic) !

En fait, si l’on tient compte du diamètre de base de la plaque socle, qui ne peut évidemment excéder la largeur du chanfrein, le fût de la corne d’Elasmothérium ne devrait pas excéder un diamètre de 40 cm vers la base pour une longueur atteignant moins de 2 m… (Ce qui n’est déjà pas si mal !)

La croissance de cette « corne » est continue tout au long de la vie du rhinocéros, de l’ordre de 5 à 7 cm par an. (Le record mondial répertorié de longueur est une « corne » de 1,58 m de long !)

Les rhinocéros unicornes indiens, unicornes, sont à l’origine de la fameuse description de « l’enclos des licornes » dans le Devisement du monde de Marco Polo, rédigé en 1298.

Ils ont longtemps nourri un certain imaginaire de la licorne, même si la corne en position nasale ne correspondait pas franchement avec le mythe de la corne en position frontale.

Plus de deux siècles plus

tard, le premier rhinocéros indien vivant vu en Occident, débarqué

à Lisbonne en 1515, conduira à des descriptions parfois assez précises qui amèneront Albrecht Dürer – qui ne vit jamais l’animal de ses propres yeux – à sa célèbre gravure sur bois que l’on peut comparer aujourd’hui avec profit à une photo de l’animal.

Les rhinocéros bicornes africains ne sont pas en reste et seront même à l’origine de représentations de licornes « à deux cornes » mais qui conserveront toujours des membres à trois doigts…

Nous sommes donc toujours loin des descriptions récurrentes de pieds à « sabot fendus »… Nous sommes loin aussi d’un corps d’Équidé ou de Cervidé.

Qu’on le veuille ou non, si on s’en tient aux descriptions, les Rhinocéridés ne sauraient sérieusement prétendre être à l’origine des licornes !

III. Artiodactyles à cornes vraies : les Bovidae

a) La corne

La corne est une structure complexe formée autour du cornillon, excroissance osseuse latérale de l’os frontal, issue d’un bouton germinatif qui s’extériorise environ dix jours après la naissance du veau. C’est donc une partie intégrante, bilatérale, du squelette crânial.

L’os qui compose le cornillon, est alvéolaire : c’est un os pneumatique, percé en son centre d’un sinus qui communique avec le système des sinus frontaux. Sur le cornillon, les couches épithéliales germinatives secrètent un revêtement kératinisé en étui : la corne proprement dite. Elle s’accroit depuis sa base par anneaux successifs qui permettent de repérer l’âge de l’animal. Elle est évidemment persistante.

Le cornillon est susceptible de fossilisation comme tous les os et se retrouvera donc lors des fouilles paléontologiques. L’écornage des Bovidés conduit à une modification notable de la morphologie latérale crânienne qui va transformer le crâne dont le diamètre temporal se trouvera notablement réduit.

La comparaison de deux demi crânes sensiblement de même âge et de même taille montre, côté écorné, la spectaculaire modification induite.

(D’après Demeter – groupement suisse élevant des bovins)

On comprend que la disparition d’un cornillon latéral provoque un remaniement de la paroi de l’os frontal et du réseau de sinus qui s’y trouve et conduit morphologiquement à un os géométriquement comparable à celui des Cervidés…

Un élément essentiel pour comprendre la transition morphologique chez les Bovidés depuis deux cornillons issus de boutons germinatifs latéraux, à un seul cornillon central, cas prévisible de l’animal unicorne.

b) L’équivoque dagorne

Selon l’abbé Prévost, en 1767 : « la dagorne est une vache qui n’a qu’une corne – qu’elle l’ait perdue naturellement ou qu’on la lui ait coupée. »

On constate ainsi qu’il existe donc une équivoque très ancienne dans la terminologie descriptive, entre le bovin unicorne latéral suite à accident et l’éventuelle licorne bovine à potentielle corne centrale. On ne saurait négliger ce problème descriptif qui rejoint l’équivoque antique du bas-relief, toujours gravé de profil, particulièrement ceux où sont figurées des « licornes ».

Il ne s’agit pas ici de nier l’existence de licornes (unicornes frontales vraies) mais de comprendre qu’une indiscutable confusion s’est créée dès l’origine de la mention, littéraire comme graphique, des unicornes : licorne ou unicorne latérale ? De ce fait certains témoignages sont à prendre avec prudence, sinon circonspection.

Ainsi le grand orientaliste Étienne Marc Quatremer notait en 1845 : « Les vaches unicornes apparaissent dès 1525 dans les récits du voyageur Varthema. Il les situe sur la côte de Zeïla et leur donne des cornes rouges. »

Au début du XIXe siècle la dagorne est bien toujours considérée aussi dans la littérature comme unicorne latérale :

« D’une vache en jouant ayant rompu la corne Le berger l’en priait de n’en rien dire. – Hélas ! Et quand je m’en tairais, lui répond la dagorne, Mon front déshonoré ne le dirait-il pas ? [15]»

Notons enfin que la littérature regorge de récits de combats animaux où le vainqueur est un unicorne latéral capable d’utiliser sa seule corne comme une arme, bien plus redoutable que la paire dont il disposait à l’origine.

Les bovidés ont d’ailleurs toujours une corne maitresse dont ils usent préférentiellement pour tel ou tel mouvement. Ceci repose sur de simples observations comportementales.

C’est par exemple le but du préambule du premier tercio de la corrida, que de tester, à travers des passes de cape, quelle est la corne maîtresse de l’animal, qualifié alors de « droitier » ou de « gaucher ».

D’un point de vue morphologique enfin, il existe une corrélation certaine entre la forme du corps et la taille des cornes : plus le corps est élancé plus les cornes sont imposantes ; inversement, plus le corps est trapu, moins les cornes sont développées. Il suffit pour s’en persuader de comparer par exemple un bœuf Watusi et un taureau charolais…

(On comprend de ce fait qu’un corps de bovidé en mouvement, s’il est svelte, puisse se confondre avec un corps de cervidé pour un observateur lointain non averti… Une grande antilope à crinière a d’ailleurs été dénommée « antilope-cheval » à cause de la morphologie de son corps : l’hippotrague !)

c) Des licornes domestiques ?

Dans son ouvrage Histoire naturelle des Licornes, le Pr Chris Lavers[16] note :

« Pourtant, des expériences faites sur du bétail afin de manipuler les cornes pour qu’elles n’en forment plus qu’une, tendent à montrer que c’est le fait de n’avoir qu’une corne frontale qui donne à l’animal plus de leadership. En effet une corne frontale, rend l’animal qui charge beaucoup plus redoutable que s’il en avait deux. Il peut s’en servir pour soulever des barrières et s’imposer au reste du troupeau. C’est la corne unique qui fait qu’il devient le chef, et pas l’inverse ! »

Il fait référence ici à des techniques déjà évoquées plus de deux siècles plus tôt par le naturaliste français François Le Vaillant, découvertes lors de son périple en Afrique du Sud6 où on cherchait à produire des taureaux unicornes pour en faire des chefs de troupeaux.

La qualité de l’unicorne était donc reconnue et déjà recherchée des éleveurs en Afrique, ce qui nous conduit à considérer autrement les récits des observations de licornes faites en Afrique de l’Est, historiquement déjà connue pour sa pratique de l’élevage essentiellement bovin ou caprin.

d) Les travaux de Franklin Dove7, expériences et théorie.

Dove a connaissance des récits de Vaillant sur la « manipulation des cornes » en élevage en Afrique du Sud et également de descriptions sur la présence de moutons « manipulés » devenus unicornes, fréquemment employés comme chefs de troupeaux au Népal…

  1. François Le Vaillant (1753-1824), naturaliste, est envoyé en exploration par la Compagnie néerlandaise des Indes Occidentales en Afrique du Sud. Dans les années 1780-1785, il découvrit nombre d’espèces d’oiseaux – notamment de perroquets – et est à l’origine des appellations de l’aigle « bateleur » et de l’aigle pêcheur africain dit « vocifer ».

Il décrira également la vie, les mœurs et les techniques des populations indigènes locales, notamment durant son second périple. Voyage de M. Le Vaillant dans l’Intérieur de l’Afrique par Le Cap de Bonne Espérance, dans Les années 1783, 84 & 85, Paris, Leroy, 1790, 2 volumes. Second voyage dans l’intérieur de l’Afrique, par le Cap de Bonne-Espérance, dans les années 1783, 84 & 85. Paris, H.J. Jansen et Comp., An III (1795), 3 volumes.

  1. William Franklin DOVE (1897-1972), biologiste américain, chercheur à l’université du Maine, s’est spécialisé dans l’étude de la sélection des animaux d’élevage, et de l’amélioration de la nutrition animale.

Son nom est resté attaché à sa théorie sur l’origine et la migration des disques germinatifs des cornes, et ses travaux sur la création expérimentale des licornes bovines :

“The Physiology of Horn Growth” in The Journal of Experimental Zoology (Jan 1935, Vol 69, No 3)

“Artificial Production of the Fabulous Unicorn” in Scientific Monthly (May 1936, Volume 42, p. 431-436).

Anatomiquement il constate que la corne résulte du développement d’un disque germinatif, ce dernier résultant de la présence d’un bourgeon initial. C’est la destruction de ce bourgeon (en général par brûlage) qui provoque l’écornage. Il procède d’abord au prélèvement de ces bourgeons, en les décollant bien à plat de l’os sous-jacent, et les réimplante en zone périostique, ailleurs sur l’os frontal. Il constate alors le développement de nouveaux disques germinatifs générateurs de futurs cornillons et donc des cornes qui y seront liés.

Il émet alors l’hypothèse que, puisqu’ils sont transportables de la sorte, et ré-implantables sur l’os, sans greffe inclusive proprement dite, ces bourgeons germinatifs ne sont pas de nature proprement osseuse mais qu’interagissant avec l’os support sous-jacent, ils induisent la formation du cornillon.

Ceci est évidemment vrai en position frontale médiane.

Dove se propose alors de réaliser une « licorne » en implantant côte à côte les deux bourgeons prélevés. Il constate que les deux bourgeons vont fusionner, produisant un seul disque germinatif mais plus important, générateur d’une corne unique qui sera plus massive que les cornes originellement produites naturellement par chacun des bourgeons germinatifs. Il poursuit ses expérimentations sur des chèvres et des moutons avec des

résultats toujours positifs

Unibull

En mars 1933, Dove réalise une opération déterminante à laquelle son nom restera attaché : sur un veau Airshire d’un jour, il prélève les deux bourgeons germinatifs et les réimplante côte à côte sur l’os frontal, dans le plan médian au-dessus de la ligne des yeux. Il se contente de rectifier leur forme subcirculaire au niveau de la tangence pour accroître la zone de contact entre les deux…

Il observe effectivement le développement d’un disque embryonnaire sur le périoste sous-jacent, très large, qui induira un important cornillon et donnera effectivement naissance à une corne massive parfaitement constituée résultant de la « fusion » des deux cornes par la conjonction des deux amas germinatifs initiaux. C’est un plein succès connu sous de nom d’Unibull, le taureau-licorne !

Un animal parfaitement viable à l’activité tout à fait normale, qui sera connu dans tous les USA et qui vivra son existence de bovin avec toutes les particularités comportementales de leader exposées ci-dessus par Lavers.

Théorie

En mai 1936, Dove expose officiellement sa théorie à l’Université du Maine : « Les bourgeons germinatifs des cornes ne sont pas de nature proprement osseuse, mais leur présence sur toute zone périostique va induire un cornillon et la corne associée, en une réaction complexe avec l’os sous-jacent. Ces bourgeons sont susceptibles de répartition aléatoire, bien que soumis comme le reste de la structure crâniale où ils se trouvent au déterminisme de l’architecture de l’animal. En particulier, si pour un motif quelconque ces deux bourgeons exceptionnellement ne se séparaient pas au stade embryonnaire suivant le plan bilatéral classique de l’organisme, ou bien s’ils restaient accolés accidentellement dans le plan médian une fois séparés, sans migrer vers les zones temporales, ils induiraient

par fusion une corne unique massive en position frontale. »

Cette théorie, jamais réfutée à ce jour, s’applique à priori au mécanisme d’apparition et de croissance des cornes de tous les animaux qui en sont pourvus. Cela intéresse donc tous les Bovidae sauvages, en particuliers gazelles et antilopes, inexistantes en Europe occidentale mais fréquentes en Orient, Afrique ou Asie, susceptibles de développer exceptionnellement des spécimens de « licorne ».

Une réalité à rapprocher des témoignages rapportés par les descriptions de licorne tant en Europe de l’Est qu’en Asie, à prendre en compte en particulier pour les licornes chinoises !

Pour être complet, nous mentionnerons l’existence dans la ménagerie du cirque Barnum d’une « harde de licornes » : des chèvres opérées suivant la technique élaborée par Dove. Des animaux qui furent interdits finalement d’exposition au milieu des années 80, à la suite de l’intervention d’instances de protection animale arguant de ce que l’opération de ces chevreaux pour les

rendre unicorne s’apparentait à de la maltraitance…

IV. Les Artiodactyles à « bois » : les Cervidae

a) Les espèces concernées

Les Cervidae sont les représentants les plus importants de la faune sauvage artiodactyle européenne qui ne compte guère que quelques espèces surtout montagnardes de petits Bovidae (chamois, mouflons, bouquetins, chèvres diverses).

Si le nombre d’espèces présentes est assez limité, leurs populations ont toujours été importantes et les Cervidae ont évidemment – au-delà de l’art cynégétique, notamment la vènerie – largement été évoquées dans l’iconographie et la littérature notamment du monde chrétien médiéval : essentiellement cerfs et chevreuils.

Des populations résiduelles d’élans ont survécu jusqu’au Moyen Âge, au moins dans les plaines humides en France, en Belgique, mais aussi en Suisse et en Allemagne, avant que la chasse (pour la viande et les trophées) ne les élimine de ces contrées. L’élan est attesté par des textes ou des fossiles récents en France à l’époque gauloise jusqu’à l’an 250. Il subsiste en Alsace au moins jusqu’au IXe siècle.

Un texte mentionne un élan tué en 764 par deux seigneurs de la suite de Pépin le Bref à Nordlingen (Bavière).

Il est signalé comme encore commun en Suisse jusque vers l’an mille. Dans le Comté de Flandre où les zones humides étaient encore nombreuses avant les grands drainages médiévaux, les derniers élans auraient été tués vers l’an 900.

On ne peut donc exclure l’élan de la mythologie de la licorne. Pas plus que les daims originaires d’Asie mineure, connus et importés en Occident dès l’antiquité gréco-romaine. (Néanmoins la présence de palmure sur les bois des élans et des daims semblerait les rendre moins susceptibles de donner naissance à des licornes.)

En revanche, les rennes strictement nordiques seraient à exclure ici de notre propos, de même que la multitude des Cervidae asiatiques auxquels notre analyse pourra ensuite évidemment s’étendre.

b) Le « bois »

Le bois est caractéristique des Cervidae et n’est porté que par les mâles (sauf chez les rennes). C’est donc aussi un caractère sexuel secondaire pour lequel les hormones (notamment la testostérone) jouent un rôle déterminant. Nous évoquerons ici brièvement le cas du cerf, le plus emblématique et aussi le plus étudié.

La vènerie a, au fil des siècles, développé un vocabulaire spécifique que nous limiterons ici à ses termes les plus courants indispensables à la compréhension du processus de croissance et renouvellement des bois.

Tout comme chez les Bovidae, le « bois » est issu d’un organite osseux implanté sur l’os frontal : le pivot. Ce pivot provient également d’un bourgeon germinatif.

La différence d’avec le cornillon des Bovidae en est que ce pivot, structure osseuse frontale permanente, va avoir une taille très limitée et produira le « bois », caduque et renouvelé annuellement, qu’il va sécréter et nourrir grâce à une très riche vascularisation qui se poursuit extérieurement dans le velours, tissu cutané qui entoure l’os spongieux secrété et qui se dessèchera et desquamera en lambeaux plus ou moins sanguinolents visibles en fin de croissance.

La rapidité de

la pousse osseuse

des « bois » (en trois

mois en moyenne)

chez les Cervidés,

est sans égale dans

le

règne

animal.

Ainsi le « bois » des

Cervidae

est

anatomiquement un

os véritable!

Les bois d’un cerf adulte vont peser entre deux et trois kilos : il s’ensuit une déperdition considérable de calcium pour l’animal – qui le puise dans son squelette – lors de la calcification des bois, ce qui occasionne quasiment un syndrome d’ostéoporose. Le cerf devra donc compenser cette perte par l’alimentation, après chaque repousse des bois !

Corne et bois ne sont donc ni histologiquement ni anatomiquement comparables.

Si la corne est un étui kératinisé permanent qui enveloppe le cornillon fait d’un os pneumatique (ou alvéolaire), le bois est un os spongieux, caduque, ramifié et calcifié en fin de croissance, qui pousse sur le pivot (p) de l’os frontal.

Sur le bois, caduc, on distingue à la base la meule (c) entourée d’excroissances dont la taille augmente avec

l’âge de l’animal : les pierrures. Au-dessus, la hampe (b) ou merrain entouré des perlures (d’autant plus grosses que le bois poussé cette année-là est plus important), portera les andouillers et/ou cors et se terminera ramifié en empaumure. Cette croissance, son arrêt, la chute des bois sont sous l’influence des variations cycliques de sécrétion de testostérone.

Ce qu’il importe se savoir ici est que tant que l’os est en croissance et recouvert du velours qui le nourrit, il reste relativement mou et fragile ; il est donc susceptible d’accidents, de heurts notamment aux branches, susceptibles d’altérer sa croissance et son développement, voire de le supprimer complètement. Il en résulte alors une ramure asymétrique nommée « tête bizarde », si fréquente que la vénerie lui a décernée une sonnerie de trompe spéciale.

Mais tant que le pivot n’est pas altéré, la repousse pourra s’effectuer normalement l’année suivante.

Si le pivot est accidenté, on pourra même avoir un animal portant un seul bois, ce qui n’est pas sans rappeler les dagornes précédemment évoquées….

Cette situation s’observe également chez le chevreuil bien que les bois n’étant pas aussi ramifiés, cela soit moins spectaculaire.

On remarquera sur la photo ci-

contre que la tête est « amputée »

de

son

pivot

gauche :

le

chevreuil était donc condamné à

rester unicorne !

Si nous avons évoqué ici largement la question de l’asymétrie de la ramure par altération accidentelle du velours ou du pivot, la question de l’unicorne frontale reste posée.

Autrement dit, à l’image de la non-séparation ou nondissémination frontale des bourgeons germinatifs générateurs des cornillons, peut-on imaginer, en suivant la théorie de Dove, la non-séparation des bourgeons germinatifs des pivots ?

La réponse est affirmative !

c) Le chevreuil « Licorne » de Prato

« Licorne » est photographié ici en 2008, à un an. C’est un chevreuil, « unicorne » centrale, né au parc naturel du Prato (Toscane).

Sa mère avait été heurtée par une voiture dans le parc pendant la gestation. Cela ne l’a pas empêchée de donner naissance à deux faons parfaitement bien portants. (À la différence des cerfs où les biches n’ont qu’un faon par portée, les chevreuils en ont classiquement deux, parfois trois…) « Licorne » a donc un frère : il est tout à fait normal, et sa ramure présente deux bois bien symétriques.

Les spécialistes s’interrogent sur cette anomalie tout en soulignant que les chevreuils unicornes ne sont pas rares, mais pratiquement toujours en position latérales :

ces têtes bizarres liées à un accident de ramure déjà évoquées.

Il est certain que « Licorne », vivant en parc naturel, très surveillé, permettra des analyses, entre autres génétiques, intéressantes qui pourraient éclairer la question. Cependant la normalité de son frère ne présage pas de découverte fructueuse dans ce domaine.

Il est clair que nous avons probablement ici un de ces cas rarissimes de fusion des bourgeons des pivots…

Cela est-il dû au choc reçu par sa mère? Nous ne le saurons sans doute jamais, mais cela prouve que de tels animaux

existent bel et bien…

d) La licorne de Slovénie

Le trophée ci-contre provient d’un chevreuil malencontreusement tué en Slovénie au mois d’août 2014.

On remarquera le fort développement du bois unique central, déjà âgé, la présence d’un très gros pivot qui a permis le développement d’une meule unique à grosses pierrures qui recouvre tout l’os frontal.

La scientifique slovène Boštjan Pokorny a authentifié la pièce comme étant bien un crâne de chevreuil âgé à ramure aberrante.

Selon elle : « La déformation du « chevreuil-licorne » n’avait en rien entravé sa croissance. En effet, l’animal était déjà âgé, et même plus lourd que la moyenne, quand le chasseur l’a tué. »

Kip Adams, directeur de la QDMA (organisme canadien de gestion raisonnée des populations de cervidés) et l’un des meilleurs spécialistes du chevreuil n’a pas hésité à dire :

« Dans le cas de cet étrange mâle, les deux pédicules[17], qui devraient être séparés, ont grandi ensemble en un grand pédicule »

C’est mot pour mot ce qu’aurait dit Franklin Dove : près de 80 ans après l’énoncé de sa théorie ; c’est la justification physique appliquée aux Cervidae…

Une rapide enquête conduit d’ailleurs à constater que ce cas n’est pas du tout unique, précisément dans les forêts slovènes.

Faut-il en déduire qu’un phénomène de dérive génétique est possible dans cette région? La question reste ouverte…

En guise de conclusion…

Parvenus au terme de notre enquête, nous pouvons affirmer que les licornes existent et ont toujours existé. La plupart des récits et représentations permettent de cliver très clairement ces animaux en deux types suivant la taille, qui correspondent tout à fait aux situations évoquées tant en Europe qu’en Asie:

  • Grandes licornes au corps assimilé à « un cheval à tête de cerf » dont les grands Cervidés et les antilopes pourraient être à l’origine.
  • Petites licornes au corps assimilé à un âne ou une chèvre, dont les chevreuils et autres cervidés de petite taille, ou les gazelles, pourraient être à l’origine, comme les ovins

et caprins sauvages…

Si le narval n’est pas en cause, sa dent a enflammé l’imagination des peuples et a contribué à matérialiser le caractère fabuleux de ces animaux.

Pour ceux qui resteraient convaincus de la participation des Rhinoceridae à cette histoire, je les renvoie aux recommandations de sainte Hildegarde de Bingen à propos des vertus curatives de la licorne. Dans son ouvrage Physica, sive Subtilitatum diversarum naturarum creaturarum libri novem, sive Liber simplicis medicinae (1151-1158), elle recommande l’usage de la peau de licorne pour lutter contre fièvre et peste :

« …il te faut faire une ceinture de sa peau, t’en ceindre à même la peau et aucune peste et aucune fièvre ne pourra t’affecter. Fais aussi des chaussures avec sa peau et porte-les : tu auras toujours les pieds sains… »

Si le façonnage de la peau de cervidé ou de bovidé ne pose guère de problème, on imaginera volontiers les difficultés insurmontables liées à la mise en forme d’une peau de pachyderme de près de 2 cm d’épaisseur en chaussures, surtout génératrices alors d’ampoules pour celui qui s’aventurerait à essayer de les porter !…

*

* *

HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées, il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies »

(Marcel François).

Le secret de Nagasaki
Claude Eon

Présentation : On sait qu’après la dernière guerre, le savoir-faire astronautique allemand émigra outre-atlantique ; on ignore que le savoir-faire nucléaire japonais fut capté par le camp sino-soviétique. C’est ainsi que les installations nucléaires de la Corée du Nord (qui font aujourd’hui l’actualité) remontent à la décision prise à Tokyo, le 17 décembre 1941, de fabriquer la bombe atomique japonaise. La principale source d’uranium disponible était à Konan, en Corée (alors colonie japonaise). Un barrage fut aussitôt construit sur la Chosin pour alimenter les ateliers en électricité. De leur côté, les Américains furent prêts en 1945 et choisirent 4 objectifs. Nagasaki ne figurait pas dans la liste. Lorsque le Bock’scar décolla avec la bombe Fat Man à son bord, seul le Commander Ashworth savait quelle était la véritable cible et c’est lui qui, à l’encontre des consignes officielles, ordonna au navigateur de se dérouter vers le haut-lieu du catholicisme au Japon puis, sur place, de viser la cathédrale et non les chantiers navals de Mitsubishi, distants de 5 kilomètres. Mais pourquoi ?

Un des épisodes les moins connus de la seconde guerre mondiale concerne le programme japonais de bombe atomique[18]. La raison en est que les promoteurs du Nouvel Ordre Mondial, que nous appellerons la Fraternité de la Mort, ont tout fait pour dissimuler et détruire les preuves du programme japonais de fabrication d’une bombe atomique. Au Japon, à ce jour, il existe très peu d’informations publiques sur cet aspect de la guerre.

Dans son livre America’s Secret Establishment: An Introduction to the Order of Skull & Bones, Antony Sutton explique que les membres de cette société secrète se désignent

eux-mêmes « The Brotherhood of Death« , la Fraternité de la Mort. En réalité cette appellation convient non seulement à l’Ordre des Skull & Bones mais à toutes les organisations maçonniques qui œuvrent pour le Nouvel Ordre Mondial (NOM) et qui ont joué un rôle déterminant dans l’affaire de la bombe atomique japonaise. L’agenda de la Fraternité de la Mort se résume en quatre points:

  1. Supprimer les souverainetés nationales et établir un gouvernement mondial;
  2. Contrôler l’émission monétaire;
  3. Abolir la famille en supprimant le mariage et en affaiblissant l’influence des parents sur leurs enfants;
  4. Détruire le christianisme et convertir l’humanité à une religion luciférienne.

Si le lecteur doute de la possibilité de cacher au public une affaire aussi énorme, rappelons les conclusions de la Commission Reece[19] de 1954 sur les Fondations exonérées d’impôt. La Commission parlementaire conclut que la Fondation Rockefeller s’est associée à la Fondation Carnegie pour la Paix Internationale pour réécrire l’Histoire à la demande d’une puissante cabale bancaire cherchant à contrôler l’éducation des étudiants américains en leur faisant avaler une version présélectionnée des événements historiques, contribuant ainsi à conditionner les étudiants à accepter un gouvernement mondial.

La date officielle du début du programme de bombe atomique japonaise est le 17 Décembre 1941. Mais l’idée d’une bombe atomique japonaise remonte à 1934, lorsque le Professeur Hikosaka Tadayoshi de l’Université Tohoku publia sa « théorie de physique atomique » expliquant la possibilité de créer une bombe atomique. Le 17 Décembre 1941 une réunion des six principales autorités en recherche physique eut lieu sous la présidence du Dr Yogi Itoh. Celui-ci déclara: « La Marine Impériale vous a appelés parce que vous êtes les spécialistes de la nation les plus avancés dans le domaine de la recherche physique. Nous sommes ici parce que la Marine souhaite développer pour la nation l’usage de l’énergie atomique. » Itoh expliqua que le projet d’une bombe atomique pour attaquer et gagner la guerre contre les USA était approuvé. Après avoir répondu à quelques questions sur l’énormité du projet et son coût, le Dr. Itoh déclara : « Non seulement la Marine est prête; nous avons choisi le nom du projet. Nous voulons que vous sachiez que nous considérons qu’il s’agit de l’effort de recherche prioritaire de la Marine. Nous l’appelons le Projet A. »

Le Projet A, en réalité, fut scindé en deux programmes atomiques, appelés Ni-Go et F-Go. Yoshio Nishina travailla sur le Ni-Go à l’Institut de Recherche Physique et Chimique connu sous le nom de RIKEN, créé en 1917. Bunsaku Arakatsu dirigea le projet F-Go à l’Université impériale de Kyoto. Son équipe comprenait Hideki Yukawa, futur Prix Nobel de Physique 1949. Le 1er Octobre 1942, fut confiée au Dr. Nishina la tâche de produire de l’uranium enrichi par distillation d’hexafluorure d’uranium. Le Japon disposait déjà du matériel lourd nécessaire: un cyclotron de 80 t à l’Université d’Osaka. Le Dr Nishina avait créé en 1936 un cyclotron de 26 pouces et un autre de 60 pouces pesant 220 t en 1937. Un autre cyclotron avait été acheté en 1938 à l’Université de Californie (Berkeley).

Le projet atomique avait besoin d’uranium. Or, la principale source se trouvait en Corée du Nord et c’est pourquoi les installations de fabrication de la bombe furent situées au nord de la Corée dans la région de Konan et non au Japon. Les Japonais construisirent d’imposantes installations hydroélectriques sur la rivière Chosin, au nord de Konan, pour alimenter les ateliers de

fabrication. Accessoirement, le choix de la Corée préservait le Japon des radiations lors des essais d’explosion. Rappelons que depuis 1905 la Corée était pratiquement une colonie japonaise. Cette année-là le Secrétaire à la Guerre américain (et futur Président) William Taft rencontra secrètement le Ministre des Affaires Étrangères japonais. Taft représentait officiellement les USA, mais en fait, en tant que membre des Skull & Bones, il agissait au nom de la Fraternité de la Mort. Taft offrait le soutien à l’occupation de la Corée par le Japon en retour du soutien de Tokyo pour la domination coloniale des USA sur les Philippines. Cet accord de 1905 fut codifié dans le Traité de Portsmouth (New Hampshire).

Les installations du projet F-Go de Konan étaient dissimulées dans une colline que les Américains tentèrent en vain d’occuper pendant la guerre de Corée. La bataille dite de « Frozen Chosin », du 27 Novembre au 13 Décembre 1950, fut un cuisant échec américain. Les prisonniers de guerre américains capturés à cette occasion et qui avaient donc connaissance des installations secrètes, ne furent pas libérés après l’accord de Panmunjom de 1953. On leur tira une balle dans la tête et leurs crânes et os (skulls

& bones) sont conservés encore aujourd’hui en Corée du Nord.[20] Ceci permet de comprendre l’origine de la capacité de nuisance nucléaire de la Corée du Nord actuelle.

La décision de déplacer en Corée le programme atomique fut également influencée par les ravages des B-29 sur les villes japonaises. Selon une source japonaise : « Le B-29 obligea notre projet, commencé à Nagoya, à se déplacer en Corée. Nous avons perdu trois mois dans le transfert. » Cette source considère que le B-29 fut la principale arme responsable de la défaite du Japon. Le

B-29 fut aussi l’arme la plus onéreuse de toute la guerre pour les Américains : son coût de production se situe entre 3 et 3,7 milliards de dollars alors que le coût du Projet Manhattan fut d’environ 2 milliards.

La division de la Corée.

L’idée d’utiliser la Corée comme zone tampon entre le Japon et la Russie avait déjà été débattue en 1894 lorsqu’une délégation japonaise assista aux cérémonies du couronnement de Nicolas II. En 1896, le principe d’une division de la Corée fut considéré mais non concrétisé dans l’Accord Yamagata-Lobanov signé à Saint-Pétersbourg le 9 juin. Contrairement à ce que rapportent plusieurs historiens, la Conférence de Yalta (4-11 février 1945) n’a pas abordé la question de la Corée. La division résulte de l’Ordre Général N° 1 préparé par les Chefs d’État-Major américains et approuvé par le Président Truman le 17 Août 1945. Une de ses clauses stipulait : « Le commandement supérieur japonais et toutes les forces de terre, air, mer et auxiliaires situées en Mandchourie, en Corée au nord du 38e parallèle et à Karafuto [Sakhaline du sud], se rendront au Commandant en chef des forces soviétiques de l’Extrême Orient. » Cette décision américaine fut entérinée par le Traité de San Francisco du 28 avril 1952, traité de paix avec le Japon, signé sans un seul représentant de la Corée pourtant très concernée, alors qu’il y avait 48 autres délégations signataires. Il est vrai que la décision américaine de diviser la Corée s’est faite contre la volonté de la grande majorité du peuple coréen…

La Fraternité de la Mort voulait cette division de la Corée pour des raisons précises. La première était de réduire l’influence du christianisme en Corée. En divisant ce pays, le christianisme, qui était concentré à Pyongyang, devenait plus facile à persécuter. La persécution n’a, en effet, jamais cessé en Corée du nord. Les trois générations des Kims ont tout fait pour effacer toute trace de christianisme.

La seconde raison était de contribuer à la création de la guerre froide, ce qui n’était possible que si l’Union Soviétique possédait la bombe atomique. Harry Hopkins, principal conseiller diplomatique de Roosevelt et chargé des relations avec les soviétiques pendant la guerre, avait fourni aux Soviétiques toutes les informations techniques nécessaires.[21]

Malgré tout, Staline n’était pas entièrement convaincu que les Américains lui avaient bien donné tout ce qu’il fallait pour construire sa bombe atomique. Aussi, bien que le programme atomique japonais fût en retard par rapport au projet Manhattan, il avait une grande valeur pour les Soviétiques. La région de Konan devint ainsi une zone très protégée dès que les Russes purent l’occuper. Ils ne permirent pas aux Américains d’entrer dans les installations de la colline. Le 29 août 1945 les Russes abattirent un B-29 américain qui survolait la zone de Konan dans le but de parachuter des vivres et des médicaments à un camp de prisonniers situé dans cette zone.

La troisième raison était de maintenir à un niveau élevé les dépenses militaires en organisant un conflit limité en Corée après la fin de la deuxième guerre mondiale. Ce conflit, dont les origines sont floues, eut bien lieu du 25 juin 1950 au 27 juillet 1953. Il devait se terminer sans victoire américaine afin que les secrets au nord du 38e parallèle demeurent effectivement secrets.

La quatrième raison était qu’une Corée divisée serait un bon catalyseur en Asie pour une troisième guerre mondiale. Les évènements actuels (août/septembre 2017) montrent la tragique possibilité de cette éventualité.

Pourquoi Nagasaki ?

Peu de gens savent qu’en 1945 la ville de Nagasaki était le centre du christianisme au Japon. Notre-Dame-de-la-Conception était la plus grande cathédrale catholique d’Extrême-Orient. La première cathédrale de Nagasaki avait été construite en 1569. Témoignage du succès du catholicisme, dès 1580 Nagasaki était connue sous le nom de « petite Rome » et les alentours de la cathédrale étaient nommés « le Vatican japonais ». La ville ne put échapper aux persécutions qui marquèrent la fin du 16e siècle. En 1587 Toyotomi Hideyoshi ordonna l’expulsion de tous les missionnaires. En 1596, apprenant que des Franciscains, supposés être l’avant-garde d’une invasion du Japon, se trouvaient à bord d’un navire qui venait de faire naufrage, Hideyoshi ordonna la crucifixion de 26 catholiques à Nagasaki le 5 Février 1597.

On estime à plus de 200 000 le nombre de martyrs pour l’ensemble du Japon. En 1945 la population catholique de Nagasaki était estimée à 50 000 fidèles.

En 1859, Thomas Glover (1838-1911), un franc-maçon d’Aberdeen, fut envoyé au Japon par la Fraternité de la Mort pour combattre le christianisme et vendre des armes. Représentant de la célèbre firme Jardine, Matheson et Cie, elle-même agent des Rothschild, Glover ne perdit pas de temps pour créer une loge maçonnique à Nagasaki. Il créa aussi une brasserie (qui existe toujours sous le nom de Kirin Brewery Cy) et aida Yataro Iwasaki, le fondateur de Mitsubishi. Ceci explique sans doute pourquoi la bombe de Nagasaki épargna les chantiers navals de Mitsubishi. La puissante grue érigée en 1909 sur le chantier existe toujours. Les francs-maçons furent expulsés de Nagasaki en 1926 et chassés du Japon dans les années 1930. Une plaque dans les Nagasaki Glover Gardens confirme que Thomas Glover était venu au Japon pour y apporter l’illuminisme. L’illuminisme est le nom de la religion de la Fraternité de la Mort.

Malgré, ou à cause des persécutions, les différentes formes de christianisme ont beaucoup prospéré au Japon au cours du 19e siècle. En 1873, le christianisme était devenu si populaire que tous les signes de bannissement de la religion furent retirés et que le calendrier grégorien fut adopté. Les Japonais mesureraient désormais le temps à partir de Jésus-Christ et non plus de l’avènement du nouvel empereur. Le Japon devint connu comme le pays de la liberté religieuse. Comme l’écrit un historien : « La vérité est que le Japon signifie liberté religieuse. Au Japon un homme peut être bouddhiste, chrétien ou même juif, sans en souffrir. C’est un principe gravé dans sa Constitution; et sa pratique est en accord avec ce principe. »

Le 15 avril 1935, fut signé par Roosevelt et H. Wallace le Roerich Peace Pact à Washington. Nicolas Roerich (1874-1947) était un franc-maçon mystique à qui l’on doit la présence de « l’œil-qui-voit-tout » sur le billet de 1 dollar. Il réussit à convaincre Henry Wallace, alors secrétaire d’État à l’Agriculture, qu’il fallait protéger les sites religieux et culturels, tenus pour plus importants que les objectifs militaires.

Le Roerich Pact voulait surtout protéger les sites culturels et religieux de la Fraternité : il demande explicitement que la protection du centre important d’une grande religion l’emporte sur toute nécessité militaire. La signature de ce Pacte signifiait que les USA devaient reconnaître Nagasaki comme centre religieux important et qu’il ne devait pas être bombardé. Par la suite ce traité a été ratifié par dix pays et signé par onze États du continent américain. Il est toujours en vigueur, la Convention de la Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé (signée en 1954) ne l’ayant pas remplacé.

Le Target Committee meeting des 10 et 11 mai 1945 détermina le choix des cibles atomiques prioritaires : a. Kyoto, b. Hiroshima, c. Yokohama, d. L’arsenal de Kokura. Nagasaki ne figurait nullement sur cette liste. Pourquoi donc cette ville fut elle prise comme cible le 9 août 1945 ? À partir des livres écrits par les principaux acteurs de ce drame, il est possible de reconstituer la suite des évènements. L’Histoire doit retenir leurs noms : Commander [capitaine de frégate] Ashworth, responsable de l’arme atomique et la plus haute autorité à bord de l’avion, Major Charles Sweeney, pilote, 1er lieutenant Charles Albury, co-pilote, capitaine Kermit Beahan, bombardier, et 8 autres personnes.

Le premier point à noter est que Kyoto, premier choix du Comité des cibles, fut sorti de la liste sur ordre du ministre de la Guerre Henry Stimson (1867-1950) membre des Skull & Bones, dont toute la carrière manifeste un dévouement sans faille à la Fraternité. Stimson savait que Kyoto avait une grande signification religieuse pour beaucoup de Japonais et les croyances non chrétiennes étaient nécessaires pour empêcher le christianisme de prospérer. Il remplaça donc Kyoto par…Nagasaki dont il n’ignorait évidemment pas que c’était la ville catholique par excellence au Japon. Manifestement le Roerich Pact était à géométrie variable !

La première bombe ayant frappé Hiroshima le 6 août avait, comme objectif secondaire Kokura (en cas d’impossibilité d’atteindre Hiroshima). Kokura aurait donc dû être l’objectif prioritaire de la seconde bombe appelée Fat Man.

La version officielle a longtemps prétendu que Kokura était bien l’objectif de la seconde bombe, mais que les conditions météorologiques sur Kokura avaient contraint l’avion à se dérouter sur Nagasaki. La vérité est que la visibilité sur Kokura était excellente ainsi que l’a confirmé l’équipage de l’avion météo qui précédait le porteur de Fat Man. À la suite de publications de livres dénonçant le mensonge de la mauvaise visibilité sur Kokura, la version officielle fut modifiée près de 69 ans plus tard. Un ouvrier, Satoru Miyashiro, brûlait du bitume dans sa cour à

Yahata et c’est lui qui fut responsable de la mauvaise visibilité sur Kokura ! Le Mainichi Shimbun du 26 Juillet 2014 publia donc enfin la raison du détournement de l’avion sur Nagasaki: « Steel mill worker reveals blocking view of U.S. aircraft on day of Nagasaki atomic bombing »[22]. Satoru, âgé de 85 ans, avait ce jourlà brûlé du bitume depuis 7 heures 48 du matin. Et si Satoru a gardé pour lui cette explication lumineuse (ou fumeuse) pendant si longtemps, c’était pour « protéger les sentiments des habitants de Nagasaki » et leur éviter de connaitre cette triste vérité. Pour défendre ses agissements coupables, la Fraternité ne recule manifestement pas devant les « explications » les plus ridicules.

Pour camoufler le but anti-chrétien de la bombe, la Fraternité de la Mort mit en avant la bénédiction de Fat Man par un prêtre catholique et par un pasteur protestant. Le ministre luthérien avait dit : « Je bénis les hommes et leurs avions qui s’envolent pour tuer et être tués. Je pardonne leurs actions par mes bénédictions. » Pour la Fraternité ces bénédictions étaient importantes. En effet, dans son système de croyance, les sacrifices humains sont source de pouvoir : celui que donne Satan à ses adorateurs. La taille du sacrifice humain produit par la bombe atomique devait être soigneusement dissimulée ; il fallait donc convaincre les chefs religieux de ne pas s’opposer publiquement à l’utilisation d’une telle bombe.

Lorsque le Bocks’car – nom de l’avion – décolla, le pilote, le Major Sweeney ignorait que Nagasaki était l’objectif.

Le New York Times du 8 décembre 2005, dans sa notice nécrologique sur l’amiral Ashworth, a donné le récit suivant tiré de son autobiographie : « Nous volâmes vers le point de rendez-vous, où nous devions retrouver deux autres avions, l’un avec des instruments pour mesurer l’explosion, un autre avec des observateurs. Celui-ci n’apparut pas. Nous avons tourné en rond et, après environ 35 minutes, je dis à Sweeney, “Au diable! Dirigeons-nous vers le premier objectif !”. L’objectif était Kokura, mais le bombardier ne pouvait pas le voir car la zone était nuageuse. Alors, le navigateur nous conduisit à Nagasaki [mon soulignement]. Selon le rapport que nous avions reçu la zone était claire, mais nous avons observé une couverture nuageuse. A ce moment-là nous avions utilisé presque une heure de carburant au point de rendez-vous, et l’ingénieur était vraiment en sueur. Ça allait être ric-rac. J’allai trouver Sweeney et lui dis : “ Nous allons pouvoir faire un passage sur cette cible…si nous avons de la chance ”. Je lui dis de se préparer à utiliser le radar. Ceci était en violation des ordres que nous avions nous interdisant de bombarder sans avoir une vue directe de la cible. Nous faisions notre approche au radar et étions prêts à lâcher la bombe lorsque Beahan s’écria “ J’ai la cible ! ” [parlant de Kermit Beahan, le bombardier]. Comme nous étions au-dessus de Nagasaki, Beahan avait regardé la couche et vu qu’il y avait des trous. Il régla le collimateur de son télescope et lâcha la bombe. » Il était 11 heures 01 du matin. Fat Man explosa à 11heures 02 à quelques mètres de la cathédrale, en plein centre de Nagasaki, tuant 73 884 personnes.

Il ressort du récit d’Ashworth que la cible initiale était bien Kokura. Contrairement à ce que dit Ashworth, le ciel audessus de Kokura était clair, selon d’autres témoignages. Ce serait alors le navigateur qui aurait pris l’initiative de prendre Nagasaki pour cible. Cela n’est vraiment pas croyable ! Bien qu’il ne le dise pas explicitement, il est clair que c’est Ashworth qui donna ses instructions au navigateur. Il avait reçu des instructions secrètes pour prendre Nagasaki comme cible. Et, à Nagasaki, non pas les chantiers navals de Mitsubishi, mais la cathédrale distante de près de 5 kilomètres des chantiers.

Pour l’exécution de sa vraie mission, Ashworth n’hésita pas à enfreindre l’interdiction d’utiliser le radar, dont la précision est de 150 mètres, bien plus grande que la visée par le télescope. Il ne fallait en aucun cas manquer cette cible ! Parmi les victimes, il y eut de 60 à 80 prisonniers de guerre américains qui travaillaient au déblaiement des décombres d’un bombardement du 1er août. En fait il y eut sans doute beaucoup plus de victimes américaines mais un grand silence recouvre cet épisode.

Dans ses Mémoires, le Major Sweeney donne une version quelque peu différente ! Il écrit: « Beahan [le bombardier] avait repéré un trou [dans la couche nuageuse de cumulus couvrant 80 à 90 % de Nagasaki entre 6 000 et 8 000 pieds] à mi-chemin entre les deux grandes usines d’armement de Mitsubishi dans la vallée industrielle. C’était à 2 miles (3,2 km) au nord de l’objectif assigné et éloigné de la zone résidentielle, maintenant protégée par les petites collines au-delà de la plaine côtière. » Quant au résultat, « les dégâts de l’explosion paraissaient être concentrés dans la vallée industrielle Urakami…la bombe avait explosé presque au centre des trois géants industriels. D’un seul coup, ils avaient disparu. » Il ose écrire : « Bien que la vallée industrielle et les chantiers navals le long de la rivière Urakami aient été entièrement détruits, les districts résidentiels et d’affaires avaient été épargnés. »[23]

Le plus triste dans cette affaire est que la bombe atomique était complètement inutile du point de vue stratégique, car les Japonais étaient déjà prêts à se rendre. L’amiral Leahy déclara que Nagasaki « n’avait pas apporté d’aide matérielle à la guerre contre le Japon ». La bataille d’Okinawa, du 1er avril au 22 juin 1945, qui se traduisit par le massacre de plus de 100 000 soldats, n’était pas non plus nécessaire pour amener les Japonais à cesser le combat, mais elle était nécessaire pour faire croire que les bombes atomiques allaient sauver des vies humaines. Il semble que la Fraternité de la Mort ait habilement utilisé la loi de marketing dite du leadership. Cette loi dit que les gens se souviennent du premier évènement et attachent moins d’attention au second : beaucoup de gens savent que Charles Lindbergh fut le premier à avoir volé de

New-York à Paris les 20-21 mai 1927, mais peu de gens connaissent le nom du second pilote, Clarence Duncan Chamberlin, qui accomplit ce même exploit le 6 juin suivant. Si l’on admet que le véritable but des bombes atomiques était principalement l’affaiblissement du christianisme au Japon, l’on peut penser que, en application de la loi du leadership, la bombe d’Hiroshima fut en réalité une cible de diversion permettant de masquer la vraie cible, celle de la seconde bombe. Cette Histoire trop peu connue, peut se résumer ainsi:

  1. La société secrète de la Fraternité de la Mort infiltra le gouvernement américain avant la 2ème guerre mondiale; elle fut la responsable des meurtres atomiques de 1945.
  2. Les bombes atomiques ne furent pas larguées sur des installations militaires, parce que le cœur du christianisme au Japon, Nagasaki, était leur cible principale.
  3. La campagne officielle de 1945 à 1952 pour censurer et détruire l’information sur le programme atomique japonais est toujours en vigueur.
  4. L’Allemagne nazie envoya de l’uranium enrichi au Japon parce que le programme japonais était plus avancé que celui de l’Allemagne.
  5. Les citoyens américains ont été maintenus dans l’ignorance du programme japonais de bombe atomique, si bien que les scientifiques japonais (capturés avec leur technologie par les Soviétiques) purent aider l’Union Soviétique à devenir une puissance nucléaire.
  6. Le programme atomique en Corée aboutit à la division du pays, conformément au plan de la Fraternité de créer la guerre froide et d’amorcer la 3e guerre mondiale au 21e siècle.
  7. Le centre historique du christianisme en Corée, Pyongyang, fut destiné à servir de capitale à un État athée. Il y avait plus de 100 églises chrétiennes à Pyongyang en 1890.
  8. Les bombes atomiques font partie du plan d’instauration d’un gouvernement mondial totalitaire au 21e siècle.

************************************

SOCIÉTÉ

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes

qu’en les aimant » (P. Léon Le Prévost).

Sur les erreurs de la Russie[24]
Anca-Maria Cernea

Présentation : Anca-Maria Cernea est ce médecin catholique roumain, fille d’un opposant au communisme ayant passé 17 années de sa vie en prison, qui en tant qu’observatrice officielle au synode des évêques à Rome, en octobre 2015, a osé interpeller les pères synodaux en les rappelant à leur devoir de reconnaître que la défense de la famille est aujourd’hui une « bataille spirituelle ». Le marxisme et les ressorts de la Révolution marxiste-léniniste n’ont pas de secrets pour elle.

Dans sa conférence, Anca-Maria Cernea a exposé la manière dont le marxisme a œuvré, et œuvre toujours, à la destruction de la famille et de la moralité dans le monde. Elle fait le lien entre cet assaut contre l’ordre naturel voulu par Dieu et le message de Fatima, avertissant que la Russie allait répandre ses erreurs à travers le monde. Pour certains, les propos de Mme Cernea apparaîtront comme sujets à controverse. Mais quoi qu’on en pense, ils méritent d’être écoutés et confrontés à la réalité que nous vivons aujourd’hui : cet effondrement sans précédent, et continu, de la morale sexuelle et familiale dans tant de pays du monde, accompagné d’une mise en cause des réalités les plus fondamentales de l’identité humaine et même de la nature humaine elle-même. Anca-Maria Cernea refuse l’explication, souvent reprise, selon laquelle les aberrations contemporaines ne sont que la mise en œuvre aboutie d’un hyper-libéralisme dont le seul souci est le gain matériel. Elle met ici en mots une analyse qui paraît primordiale dans la lutte contre la culture de mort : cette destruction tous azimuts a pour cible l’ordre divin et le salut éternel des hommes. Face à ce combat livré par « les principautés et les puissances », ce n’est pas une quelconque « décroissance » ni même la (juste) dénonciation de la cupidité humaine qui peuvent suffire, mais la désignation du mal par son nom, et le recours aux armes spirituelles de la prière et de la pénitence.

L’une des meilleures interventions lors du synode sur la famille de 2015, aura été celle de Mgr Fülöp Kocsis, archevêque métropolitain de l’Église gréco-catholique de Hongrie.

Il disait que les attaques contre la famille ne sont pas de simples « défis », ainsi que l’avaient suggéré certains pères synodaux ; et qu’elles ne sont pas non plus expliquées par les

facteurs économiques ou sociologiques que présentait le document de travail du synode.

Mgr Fülöp a déclaré que le synode devait clairement affirmer ceci : Ces attaques sont contraires au plan divin, elles proviennent du Malin. Et de citer saint Paul : « Nous avons à combattre, non contre des hommes de chair et de sang, mais contre les principautés et les puissances, contre les princes du monde, c’est-à-dire, de ce siècle ténébreux, contre les esprits de malice répandus dans l’air. » Une autre intervention courageuse a été celle de Mgr Tomash Peta, archevêque du Kazakhstan. Citant Paul VI, il a dit que la « fumée de Satan » pouvait s’apercevoir même dans les discours de certains pères synodaux. Ces deux interventions résument notre problème.

  1. La guerre contre la famille et la vie humaine innocente est une guerre spirituelle.
  2. Cette guerre est aujourd’hui livrée à l’intérieur même de l’Église.

Comme l’a souligné le philosophe brésilien Olavo de Carvalho, plus souvent qu’à notre tour, hélas, nous entendons aujourd’hui deux types d’homélie dans l’Église : le premier est totalement idéologique, pratiquement en faveur des « principautés et des puissances ». L’autre est dirigé presque exclusivement contre l’immoralité sexuelle, la corruption matérielle, le consumérisme, l’hédonisme et d’autres péchés terrestres – ce qui revient à combattre uniquement « la chair et le sang », et non « les principautés et les puissances ».

1. La guerre contre la famille et contre la vie humaine innocente

Lorsqu’on parle de l’assaut contre la famille en Occident, il y a un cliché très répandu selon lequel il a pour cause le consumérisme, l’hédonisme, l’individualisme, et des groupes d’intérêts animés par le désir impitoyable du profit matériel. C’est ce que nous entendons très souvent à l’Église. Cette approche ne vise que la chair et le sang et oublie les esprits mauvais. Le consumérisme et l’individualisme ne sont pas la cause, mais des facteurs favorables. Ils réduisent la résistance morale des personnes et des sociétés. Mais ils ne sont pas la cause. L’attaque contre la famille et la vie humaine fait partie d’une tentative révolutionnaire plus large en vue de redessiner la société humaine et la nature humaine. Sa motivation est spirituelle. C’est une forme de révolte contre Dieu, contre sa loi morale et contre l’ordre de sa Création.

Historiquement, l’avortement a été dépénalisé pour la première fois par Lénine, en 1920. Aux États-Unis, cela n’a été fait que 53 ans plus tard, en 1973, par la manipulation bien connue de l’affaire Roe v. Wade. Le divorce sans faute a été mis en place pour la première fois par l’Union soviétique en 1918, peu après la prise du pouvoir par les bolcheviks. Aux États-Unis, il a fallu 51 ans de plus, avant qu’en 1969 le divorce sans faute ne soit adopté dans l’État de Californie. L’homosexualité a été dépénalisée pour la première fois en Union soviétique, en 1922. L’Illinois a été le premier État américain à dépénaliser l’homosexualité – en 1961. L’éducation sexuelle radicale pour les enfants d’âge scolaire a été introduite pour la première fois en Hongrie, en 1919, par la révolution bolchevique de Bela Kuhn, avec l’objectif évident de saper la famille traditionnelle et la morale par la destruction de l’innocence des enfants. Aux États-Unis il a fallu attendre les années 1960 pour que l’éducation sexuelle perverse, sous l’influence de la « recherche » frauduleuse d’Alfred Kinsey (qui elle-même a reçu une très large publicité grâce au financement de la Fondation Rockefeller), fasse son entrée dans les écoles. Alfred Kinsey était un entomologiste qui a fait semblant de prouver que l’homosexualité humaine était bien plus répandue dans la société qu’on ne voulait l’admettre officiellement (les fameux 10 %), et

devait donc être considérée comme normale. Il est important de noter qu’Alfred Kinsey était un communiste, ami de Harry Hay. En 1950 déjà, Harry Hay avait fondé la première association de défense des droits gay de l’Histoire, appelée la Mattachine Society, aux États-Unis. Comme par hasard la quasi-totalité de ses membres, à commencer par Hay lui-même, étaient aussi membres du Parti communiste américain – une officine gérée directement depuis Moscou.

Il ne s’agit pas là d’un phénomène spontané. C’est une guerre menée par une idéologie gnostique-révolutionnaire contre la civilisation dite judéo-chrétienne. Elle a été planifiée et mise en œuvre sur plus d’un siècle, menant à la situation que nous connaissons aujourd’hui. Tout cela dépasse de très loin l’égoïsme humain individuel, la concupiscence sexuelle ou la cupidité matérielle. Ce sont plutôt les Principautés et les Puissances, les Dominations du monde infernal, les esprits du mal. Avec leurs instruments humains, parmi lesquels certains décident en toute connaissance de cause de servir Satan, tandis que d’autres jouent le rôle de compagnons de route utiles. Dans cette dernière catégorie, nous trouvons souvent des personnes animées de bonnes intentions, souvent des chrétiens… « car les enfants du siècle sont plus sages dans la conduite de leurs affaires, que ne le sont les enfants de lumière » (Lc 16, 8).

Le livre de Richard Wurmbrand, Marx et Satan, est disponible en ligne. Wurmbrand était communiste au cours de son adolescence, mais il s’est converti au christianisme et devint pasteur évangélique. Il a passé 14 ans dans des prisons communistes en Roumanie où il était très connu pour son comportement héroïque. Mon père, qui l’avait rencontré en prison, parlait de lui avec beaucoup d’admiration. Le livre du pasteur Wurmbrand est le résultat de ses recherches sur les textes et pratiques satanistes de Karl Marx. Il montre que dans ses poèmes, Marx exprime une haine profonde de Dieu et de la race humaine tout entière. Marx ne nie pas l’existence de Dieu, il est jaloux de Dieu ; il le hait et veut prendre sa place. Wurmbrand cite également la correspondance entre Marx et son fils Edgar à qui il s’adresse avec les mots « mon cher démon », ainsi que des témoignages sur des cérémonies étranges que Marx avait

l’habitude d’accomplir dans sa maison, toutes choses indiquant qu’il vouait certainement un culte à Satan. Voilà bien la clef qui permet de comprendre la véritable nature de l’idéologie marxiste. L’idéologie est une erreur de nature religieuse. Elle prétend disposer d’une explication complète de la réalité et offrir le « salut » ici-bas, par des moyens humains, sans Dieu. Il n’y a rien de nouveau ni de progressiste là-dedans. C’est la vieille erreur gnostique, sous une forme contemporaine. Le gnosticisme a été connu de l’Église depuis les premiers siècles chrétiens. C’est une tentative de l’homme qui veut prendre le contrôle, avec les instruments de la connaissance, lesquels lui permettraient d’occuper la place de Dieu et de corriger ce qui, supposément, ne tourne pas rond dans la Création divine.

Au fond, l’idée est la même que celle proposée par le serpent à Adam et Eve : « Aussitôt que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal » (Gn 3, 5). Le pape Léon XIII, au XIXe siècle, voyait que l’idéologie communiste était une erreur de nature religieuse. Il l’appelait la « secte » des « socialistes, communistes ou nihilistes », et il la condamnait. Pie XI dans Divini redemptoris (1937) écrivait que le communisme cache « une idée messianique fausse », est un « mysticisme trompeur». Mais par la suite, jusqu’à Centesimus annus, les papes cessèrent d’insister sur la nature religieuse de cette erreur. Ce sont plutôt des chercheurs et des philosophes laïques qui ont décrit les idéologies contemporaines comme des religions de substitution ou comme des formes modernes de gnosticisme. Éric Voegelin notait dès les années 1920 que le nazisme et le bolchevisme étaient des « religions politiques » avec leurs propres symboles, leurs prophètes, leurs écritures, leur hiérarchie, leurs cérémonies liturgiques, calendriers, etc. En vérité, il s’agissait de fausses religions, comme Voegelin devait l’expliquer plus tard, car elles ne construisaient aucune culture, elles se contentaient de détruire les cultures existantes. Ces idéologies représentaient une forme particulière de l’erreur gnostique, privée de toute dimension transcendante, se prétendant fondées sur la « science » : un « Eschaton immanentisé ».

Comme l’a remarqué Alain Besançon, le nazisme était une inversion satanique du judaïsme : il prétendait apporter le salut à travers un « peuple élu », en usurpant l’élection d’Israël ; et le communisme était une inversion satanique du christianisme : il prétendait apporter le salut universel.

Notre-Dame de Fatima a mis en garde contre « les erreurs de la Russie » qui allaient se répandre à travers le monde entier. Tel est bien ce qui s’est passé depuis 1917. Le communisme se répandit de deux manières. La première, ce fut l’invasion militaire brutale, les camps de concentration, les prisons, la police politique et la terreur imposée par le gouvernement – cent millions de personnes tuées par leur propre gouvernement en temps de « paix ». Cela commença en Russie, puis continua dans ce qu’on appellerait plus tard le « bloc de l’Est ». La seconde manière passait par la subversion culturelle insidieuse, visant à détruire la résistance morale du monde libre, en le rendant incapable de se défendre contre le communisme. C’est ce qui se fit à l’Ouest, principalement par le biais du « marxisme culturel ». Voilà quelles furent les erreurs de la Russie. Celles-ci n’ont pas simplement cessé d’exister une fois l’Union soviétique officiellement déclarée morte. Le marxisme culturel a été élaboré depuis le commencement en tant qu’outil permettant de saper l’Occident sur le plan moral et culturel, pour en faire une proie facile à prendre en mains. Il se manifeste aujourd’hui comme encore plus révolutionnaire que le marxisme classique : il prétend réinventer la famille, l’identité sexuelle et la nature humaine, alors que le marxisme classique prétendait réinventer la société par une violente confiscation de la propriété.

En réalité, les deux formes du marxisme avaient pour but l’installation d’une société communiste mondiale. Mais comme l’a montré Hannah Arendt, le dessein de toutes les idéologies totalitaires « n’est pas de transformer le monde extérieur, ni d’opérer une transmutation révolutionnaire de la société, mais de transformer la nature humaine elle-même ». Les différences de doctrine entre les deux formes de marxisme ont moins d’importance que ce qu’elles possèdent en commun : elles partagent la même haine de l’ordre du réel, et la volonté de le détruire.

Étant donnés les traits communs partagés par les deux formes du marxisme, de nombreuses personnes de mon pays savent d’instinct reconnaître comme « communiste » certains thèmes de propagande, certaines politiques imposées par l’Union européenne ou l’ONU, certains clichés de langage. Cela se voit souvent dans les discussions et les forums sur Internet, où l’on trouve par exemple un article sur les codes de langage politiquement corrects : de nombreuses personnes réagissent en disant : « Mais c’est du communisme ! » Elles le sentent, et elles ont raison, même sans être toujours capables d’indiquer dans le détail le pedigree communiste de ces phénomènes. Il y a une continuité entre Marx et Engels, pour qui la famille bourgeoise était évidemment un obstacle à la révolution, et Lénine, qui a mis en œuvre la première révolution sexuelle de l’histoire humaine, en légalisant l’avortement et l’homosexualité, en encourageant la promiscuité sexuelle et en rendant un divorce plus facile que d’acheter un billet de train (et non ! ce n’était pas en raison de l’« individualisme » ou du « consumérisme », c’était à cause de l’idéologie satanique marxiste-léniniste). Il y eut ensuite une continuité depuis Lénine jusqu’à l’école de Francfort initiée par Lénine lui-même, avec Georg Lukács et Willi Münzenberg, le chef du Komintern. Ce dernier est réputé avoir dit : « Nous allons pourrir l’Occident jusqu’à ce qu’il pue. »

L’école dite de Francfort avait débuté à Francfort, en

Allemagne, mais plus tard elle devait métastaser jusqu’aux EtatsUnis. On la connaît aussi sous le nom d’« École critique », de « Théorie critique », et elle nous mène directement depuis Lénine jusqu’aux « droits gays » et aux idéologies du « genre » contemporaines, depuis Georg Lukács, Wilhelm Reich, Herbert Marcuse et bien d’autres jusqu’à… l’idéologie du genre de Judith Butler. Les auteurs de l’école de Francfort concentrent leurs efforts sur la destruction de la culture occidentale – simplement en critiquant, en « démasquant », en discréditant, en déconstruisant chacun de ses éléments, mais sans proposer une quelconque utopie explicite pour la remplacer ; ils se contentent de répondre à l’appel de leur fondateur, Georg Lukács : « Qui nous sauvera de la civilisation occidentale ? »

L’une des caractéristiques de cette école est l’utilisation des termes et des concepts propres à la psychologie, en combinant Marx et Freud, de manière à remettre en question les principes moraux de base et les institutions de la société occidentale, à commencer par la famille.

Il existe un autre chemin, parallèle à celui de l’école de

Francfort : celui d’Antonio Gramsci. À la différence de l’école de Francfort, Gramsci dit clairement ses objectifs : son plan consiste à obtenir l’avènement d’une société communiste de type soviétique. Mais à la différence de l’enseignement marxiste classique, il recommande de conquérir d’abord l’« hégémonie culturelle » : à travers des mutations graduelles et imperceptibles du langage et des schémas sociaux, mis en place avec l’aide de compagnons de route, tels des acteurs et autres célébrités, ainsi qu’à travers la création de fausses majorités, l’infiltration et la prise en main d’institutions, des médias, de l’éducation et, chose la plus importante, de l’Église catholique – de telle sorte qu’un jour, les gens se réveilleraient dans une société communiste sans se rendre compte de la manière dont ils y étaient arrivés.

Voilà ce que l’on entend généralement par « marxisme culturel ». Le marxisme culturel n’est pas, à l’origine, un produit occidental, malgré le fait qu’il a grandi au cœur de l’Occident. Nous devons discerner avec soin entre la civilisation judéochrétienne et ce virus, développé par ses ennemis, en vue de sa destruction. L’« Occident » n’est pas un bloc compact, comme les dictatures russe, chinoise ou islamique. Pour nous, pro-vie et défenseurs de la famille, l’Occident est aujourd’hui un lieu d’intenses confrontations ; nous sommes loin d’idéaliser l’Occident. De nombreuses personnes en Occident, exaspérées par la décadence qu’elles voient sous leurs yeux et par leur défaite dans la guerre culturelle, jugent l’Occident complètement perdu, pourri, et ils sont prêts à chercher des alliés contre l’Occident parmi ses ennemis eux-mêmes, qu’ils idéalisent. Parce qu’ils ignorent la réalité de ces régimes, ils sont influencés par la propagande et par leurs propres illusions, en vue de rechercher une zone de sécurité exotique, où règne l’ordre, et où la vertu est protégée par l’État. Et ainsi certains deviennent alliés de la Russie de Poutine contre leur propre civilisation.

D’autres considèrent même l’islam comme un allié possible pour la défense de la famille contre l’« l’Occident corrompu ». Ce choix remet en mémoire le « désir de mort libéral » décrit par Malcolm Muggeridge.

Le fait est que, tout corrompu qu’il soit, l’Occident a au moins l’avantage d’être encore un champ de bataille. Dans les régimes russe, chinois ou islamique, il n’y a quasiment pas de bataille. Il ne peut y avoir que peu d’opposition, voire aucune. Habituellement, nous découvrons l’existence d’un acte héroïque d’opposition au moment où nous apprenons que ces personnes courageuses qui l’ont tenté ont été assassinées ou emprisonnées. Les politiques d’État dans ces régimes sont déterminées par l’establishment dirigeant seul ; aucune opposition ne peut avoir d’influence sur elles. En réalité, dans ces pays personne ne sait ni ne s’intéresse à ce que les citoyens pensent vraiment. La Russie, la Chine ou l’Iran peuvent fonctionner comme des blocs compacts. « L’Occident », « les Américains », « les Juifs » ne le peuvent pas. Cependant, ils sont accusés en bloc d’être des ennemis du christianisme, par la même propagande qui encense la Russie de Poutine parce qu’il le défend.

Dire que le régime de Poutine défend la chrétienté, c’est comme si l’Allemagne d’après la Seconde Guerre mondiale était encore dirigée par les anciens de la Gestapo, qui feraient semblant d’être investis de la sainte mission de combattre l’antisémitisme. Justice n’a pas été faite en Russie contre les crimes du communisme. En outre, il n’y a pas de preuve que la gigantesque structure du KGB qui a infiltré le monde entier ait été dissoute. Et même en admettant qu’elle l’ait été, les conséquences de la subversion morale de l’Occident, inspirée par le communisme, n’ont pas été supprimées : elles continuent de se développer et de se répandre. Parce qu’il n’y a pas eu de repentance, ni d’examen de conscience, que ce soit en Russie ou en Occident, du moins pour ce qu’il en est des agents communistes et des idiots utiles qui ont servi et qui servent encore de complices à la destruction morale et physique inspirée par le marxisme. Le gouvernement russe est tout sauf chrétien. La Russie ne s’est pas encore convertie. Notre Dame avait bien désigné « la Russie », et non « l’Union soviétique ».

À l’orée du centenaire de Fatima, la Russie demeure toujours la plus importante menace contre la paix et la liberté, et pas seulement dans la région du monde d’où je viens. Ainsi la dévotion à Notre Dame de Fatima est aujourd’hui plus opportune que jamais. La Russie et le monde entier affecté par les erreurs de la Russie ont urgemment besoin d’être consacrés à Notre-Dame. Et de conversion.

Il est particulièrement choquant de voir tant de catholiques ignorer les appels dramatiques des évêques d’Ukraine (à la fois les latins et les grecs catholiques) : au lieu de montrer de la solidarité envers nos frères et sœurs en Ukraine, ils admirent et soutiennent leur ennemi mortel, Poutine, en le célébrant comme un « défenseur de la vie » !

Il est vrai que le monde occidental a aujourd’hui la pire équipe de dirigeants de l’histoire récente. Mais l’Occident demeure pluraliste : il y a du bien, il y a du mauvais, il y a beaucoup de tendances, dont certaines sont positives, tandis que d’autres sont subversives ou même suicidaires pour le monde libre. Comme l’écrivait Olavo de Carvalho, nous ne pouvons pas nous attendre à avoir une société juste ici-bas ; tout au mieux pouvons-nous espérer une société où nous puissions encore combattre pour la justice. Et donc la civilisation occidentale est notre seule chance.

2. L’Église et la guerre contre la famille et la vie humaine innocente

Les papes ont constamment condamné le communisme, et ce depuis ses tout premiers jours. Pie IX, Léon XIII, Pie XI et Pie XII ont radicalement rejeté le communisme. Et ils ont aussi explicitement mis en garde contre le fait que le communisme constitue une menace contre la famille. Au long de la Seconde Guerre mondiale et des années 1950, cet anticommunisme intransigeant exprimé par le pape et par l’Église a inspiré la résistance au communisme chez des millions de catholiques en Europe.

En Europe occidentale, la démocratie chrétienne, directement inspirée par l’Église catholique, en même temps que la présence militaire américaine, a préservé les pays d’au-delà du rideau de fer du communisme après la guerre. Des chrétiensdémocrates ont posé les fondations de la communauté européenne d’après-guerre, fondée sur le principe de subsidiarité.

En Europe de l’Est, une génération tout entière de chrétiens s’est opposée au communisme, endurant une persécution terrible et même le martyre. L’Église munissait ses fils et ses filles de la foi, d’une direction morale, du courage et de la force. Et les fidèles ont suivi l’Église, et lui ont fait confiance jusqu’au bout. L’un d’entre eux fut mon père, Ioan Bărbuș, leader étudiant d’un parti politique chrétien pro-occidental, très populaire en Roumanie. Mon père a été emprisonné par le régime communiste. À cette époque, mes parents étaient fiancés. Ma mère a attendu son fiancé 17 ans, et elle priait pour lui. Il a survécu par miracle. Ils se sont mariés après sa libération.

Mon père est mort le 7 mai 2001, il y a exactement 15 ans. Dans l’énorme fiche sur lui conservée par la Securitate (la police secrète communiste), ma sœur et moi avons trouvé des informations sur son comportement en prison. Par exemple, à Ajud, au cours des années 1950, ils notèrent que mon père n’avait rien changé à ce qu’il croyait. Il était décrit comme un « élément hostile » au régime. Les autres prisonniers de conscience savaient qu’il était gréco-catholique : ils le respectaient et l’écoutaient. Ce qu’il leur disait, c’est que l’Église catholique était la plus importante force spirituelle à combattre le communisme dans le monde. Cela montre que sa foi en l’Église lui donnait du courage, et il était en mesure d’encourager ses compagnons, qui pour la plupart n’étaient pas catholiques.

Notre église gréco-catholique en Roumanie a été supprimée par l’occupation soviétique. Nos évêques ont refusé toute compromission avec les communistes. C’est de cette manière que notre Église a survécu à la persécution. Les évêques ont mis en garde le troupeau en faisant des sermons contre l’idéologie communiste, et ils ont préparé les fidèles au martyre. Ils donnaient l’exemple de la résistance à la terreur, à la prison et à la torture.

Pas un seul des 12 évêques n’a accepté de renoncer à sa fidélité au Saint-Père. Sept d’entre eux sont morts en prison. On raconte que le pape Pie XII disait qu’il avait eu plus de chance que Notre Seigneur ; parmi les Douze apôtres, il y avait eu un traître, mais aucun des douze évêques roumains grecs-catholiques n’avait trahi le pape.

Mais à Pie XII, succéda Jean XXIII. Et le concile Vatican II ne proclama pas une condamnation du communisme – malgré le fait que de nombreux pères conciliaires avaient insisté pour qu’il le fît. Tout au long de deux mille ans d’histoire de l’Église, l’objectif de tous les conciles (hormis Vatican II) a été de réagir contre l’erreur et de mettre en garde contre elle. Les conciles condamnaient les erreurs. C’est ainsi que la théologie catholique s’est formulée. Mais le pape Jean XXIII dit que l’Église de son temps préférait la miséricorde et n’allait pas prononcer de condamnation.[25]

Et ainsi le plus grand événement ecclésial du XXe siècle a ignoré l’erreur la plus terrible, la plus homicide de toute l’histoire de l’humanité, une erreur dont l’emprise grandissait alors, réduisant en esclavage la moitié de l’humanité et détruisant peu à peu, insidieusement, la colonne vertébrale morale de l’autre moitié.

À partir de ce moment-là, l’Église ne fut pas positivement favorable au communisme, mais elle cessa de considérer la lutte contre le communisme comme une priorité. Certains évêques catholiques ont continué de lutter contre le communisme – un exemple éminent étant donné par l’Église de Pologne sous la conduite du cardinal Wyszyński. Mais tous les évêques catholiques du monde n’en firent pas autant. Certains d’entre eux ont même activement promu le communisme à l’intérieur de l’Église – par exemple, sous la forme de la théologie de la libération en Amérique latine, une opération du KGB très réussie.

Il ne faut pas s’étonner que les chrétiens-démocrates n’aient pas seulement failli dans leur opposition au communisme en Amérique latine, mais qu’ils soient même devenus les instruments de la prise en main communiste de leur pays – Salvador Allende a pris le pouvoir au Chili grâce au soutien d’Eduardo Frei. Rafael Caldera fut le parrain d’Hugo Chavez, à la fois au sens littéral et au sens politique.

À partir des années 1960, alors que des dizaines de millions de personnes avaient déjà été tuées au nom du communisme, et que tant d’autres dizaines de millions d’âmes et d’intelligences avaient déjà été infectées par le virus du marxisme culturel, le problème du communisme a tout simplement été flouté jusqu’à disparaître du champ visuel de l’Église. La prédication contre le communisme cessa d’être systématique comme elle l’avait été avant Vatican II, et de nombreux catholiques en sont venus à penser que les condamnations antérieures du communisme n’étaient plus contraignantes.

Le langage des encycliques d’après le concile diffère de celui écrit par les papes antérieurs, du moins en ce qui concerne le communisme. Pie XI avait consacré toute une encyclique, Divini Redemptoris (1937), à la lutte contre le communisme. Il n’hésitait pas à nommer l’Union soviétique et à parler des atrocités commises par les communistes contre les chrétiens en URSS et au cours de la guerre civile d’Espagne, et il insistait sur le fait qu’il ne s’agissait pas simplement d’excès isolés, mais du fruit naturel du système communiste.

Pie XII disait que l’Église protégerait l’individu et la famille contre le communisme. Il écrit : « L’Église livrera cette bataille jusqu’à la fin, car c’est une question de valeurs suprêmes : la dignité de l’homme et la rédemption des âmes. »

Avant Jean XXIII, les papes n’idéalisaient pas pour autant le capitalisme, mais ils disaient clairement que le communisme devait être rejeté totalement, tandis que le capitalisme comportait des éléments qui devaient être corrigés. À partir de Jean XXIII, les documents officiels de l’Église sont passés d’un anticommunisme explicite à une position de neutralité entre les « deux blocs », le bloc communiste et le bloc capitaliste, en les blâmant tous deux pour leur matérialisme, pour la mise en danger de la paix à travers

la course à l’armement de la Guerre Froide, et pour leur compétition en vue de la prise en main du tiers-monde par le biais de leurs plans d’expansion, également impérialistes.

Cette neutralité de l’Église, ses appels au désarmement symétriquement adressés aux deux blocs, n’eurent évidemment aucun effet réel sur le bloc soviétique, mais en Occident ils ont bel et bien affaibli la position et l’autorité morale des hommes politiques anticommunistes. En demandant fermement aux gouvernements et aux organisations internationales d’assumer de nouveaux rôles et de se charger de nouvelles tâches, l’Église contribuait au développement de l’État-providence actuel. Mais aussi à la mise en place progressive de structures de pouvoir supranational, comme l’ONU et l’UE d’aujourd’hui, qui sont désormais les principales entités qui mènent les combats contre la vie, la famille et la présence chrétienne dans la vie publique. Ainsi l’Église a contribué à la sécularisation décrite par le pape Benoît XVI. La charité, le secours aux pauvres et l’aide aux malades, les hôpitaux, les écoles et les universités inventées par l’Église chrétienne, qui font partie de sa mission dans le monde, ont presque tous étés graduellement pris en main et sécularisés par les gouvernements et les institutions internationales après la Seconde Guerre mondiale.

Dans la doctrine sociale catholique d’après Vatican II, le rejet du marxisme est devenu moins radical, en même temps que l’hostilité à l’égard de la liberté économique a progressé. Le langage des encycliques est passé du langage chrétien classique à un langage médiatique idéologiquement contaminé.

Dans Divini Redemptoris, Pie XII recommandait encore la charité chrétienne comme remède principal à la pauvreté. Dans Pacem in Terris (1963), la moitié de la planète ayant déjà succombé à des dictatures marxistes dépendant de l’Union soviétique, Jean XXIII se réjouissait de ce que « les hommes de tout pays et continent sont aujourd’hui citoyens d’un État autonome et indépendant, ou ils sont sur le point de l’être. » Il célébrait la fin du colonialisme mais ne semblait pas se rendre compte que la plupart des nouveaux pays « indépendants » étaient tombée en réalité sous une domination coloniale bien pire, la domination soviétique.

Il exaltait les Nations unies. Dans Populorum Progressio (1967), Paul VI faisait porter la culpabilité de la pauvreté du tiersmonde exclusivement sur le colonialisme – le vieux colonialisme occidental, bien sûr, et non pas le nouveau, le colonialisme soviétique. Il ne mentionnait pas ces dictatures. Populorum Progression critiquait le « libéralisme débridé », « la libre concurrence en tant que norme directrice de l’économie, et la propriété privée des moyens de production en tant que droit absolu », mais ne s’étendait pas sur les désastres économiques et moraux causés par l’économie marxiste dans chaque pays, sans exception, où elle avait été appliquée. Le pape louait le rôle de la planification concertée pour la promotion du progrès économique et social, employant des arguments empruntés à la théorie néomarxiste de l’échange inégal pour dire que « la règle de libre échange ne peut plus – à elle seule – régir les relations internationales ». Il appelait aussi à la mise en place d’une « autorité mondiale en mesure d’agir efficacement… ».

Telle fut à peu près l’approche de l’enseignement social de l’Église à l’égard du communisme jusqu’à ce que Jean-Paul II publiât Centesimus Annus. Dans Centesimus Annus, Jean-Paul II rappelait ce que les papes d’avant Vatican II avaient l’habitude de remarquer : que ces idéologies sont des erreurs de nature religieuse. Il mettait en garde contre les « religions politiques », ces théories utopiques qui prétendent assurer l’avènement d’une société parfaite ici-bas.

En revanche les papes, spécialement Paul VI et Jean-Paul II, ont défendu la vie et la famille, en maintenant et en expliquant l’enseignement catholique sur le mariage et la procréation, dans des documents ecclésiaux repères comme Humanae vitae et Familiaris consortio, qui constituent des forteresses puissantes de la culture de vie de la famille face aux assauts des idéologies révolutionnaires – en réalité, contre le marxisme culturel, même si celui-ci n’est pas explicitement désigné dans ces documents.

Grâce à Jean-Paul II, au mouvement polonais Solidarnosc et au président Reagan, le communisme classique a été vaincu dans la plupart des pays en 1989.

Mais cette défaite se révèle plutôt comme une mutation vers le marxisme culturel (qui peut aussi revenir au marxisme violent – cela ne devrait pas étonner ceux qui sont familiers de la dialectique marxiste). Les erreurs de la Russie évoquées par la prophétie de Fatima continuent de se répandre. Le fait que, pendant des décennies, la lutte contre le marxisme classique a cessé d’être traitée comme une priorité par l’enseignement social de l’Église, affaiblit la capacité des fidèles, et spécialement celle des hommes politiques catholiques, à reconnaître et à combattre le marxisme culturel.

L’une des conséquences d’une prédication ne visant que la chair et le sang – en ne condamnant que l’individualisme capitaliste et le consumérisme comme responsables de la révolution culturelle, et non pas l’idéologie – est que les gens en viennent à penser que le remède est de poser des limites au capitalisme par le biais de davantage de règles de la part des gouvernements et des autorités internationales. Ainsi, la gauche gagne bien des élections grâce aux catholiques, puis met en œuvre toujours plus de changements révolutionnaires que les responsables de l’Église attribuent une nouvelle fois au consumérisme, ce qui pousse derechef les catholiques à voter pour la gauche, qui promet de limiter l’individualisme et le consumérisme capitaliste, et la spirale continue. C’est ainsi que, dans de nombreux pays du monde, le vote catholique finit par favoriser le marxisme culturel.

Les politiques catholiques s’étaient fermement et efficacement opposés au marxisme violent dans l’Europe des années 1950. Mais quelques décennies plus tard seulement, d’autres politiques catholiques ont fini par aider à mettre en œuvre le marxisme culturel dans leur pays. Le premier ministre chrétiendémocrate Giulio Andreotti a ratifié la loi d’avortement en Italie en 1978. Wilfried Martens a signé une loi semblable en Belgique en 1990. Des leaders chrétiens-démocrates allemands participent fièrement aux parades gays. Jean-Marc Ayrault, qui a commencé sa carrière politique dans le Mouvement rural de la jeunesse chrétienne, était à la tête du gouvernement socialiste français qui a imposé le mariage homosexuel, et qui a violemment réprimé les protestations du mouvement pro-famille LMPT.

L’Union européenne a rejeté ses racines chrétiennes ; elle a rejeté les fondations posées par des hommes politiques chrétiens comme Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer. Elle est devenue un super-État d’inspiration idéologique, conduite par d’anciens radicaux des années 1960 (convertis entre-temps à la démocratie libérale socialiste), ne cessant d’imposer la politique culturelle marxiste à ses États membres – à travers sa propre législation et dans d’autres pays – par le biais de la pression politique et économique.

En Amérique latine, les violents mouvements de terreur communiste des années 1960 n’ont pas réussi à mettre les peuples de leur côté. Mais au cours des ans, ils se sont déplacés vers le marxisme culturel, en créant des partis qu’ils n’appellent plus « communistes ». Ils prennent part aux élections démocratiques et ont ainsi gagné la quasi-totalité du continent. Cela a été possible grâce au fait que le langage et le programme de ces partis de gauche coïncidaient avec le langage et les priorités de l’Église catholique : la justice sociale, la lutte contre les inégalités, l’impérialisme, la pollution et le changement climatique. Une fois au pouvoir, les terroristes marxistes des années 1960 tels Mujica en Uruguay, Dilma au Brésil, et d’anciens montoneros associés aux Kirchner en Argentine, en sont venus à prendre les rênes de leur pays et ont commencé à légaliser des choses comme l’avortement et le « mariage gay ».

L’hostilité à l’égard de la liberté économique et les appels au contrôle gouvernemental dans les documents de l’Église catholique font leur retour, à travers un langage encore plus frappant, dans Evangelii gaudium et Laudato si’ du pape François.

Les termes comme « inclusion », « exclusion »,

« marginalisation », « inégalité », et « développement durable » sont fréquents. La critique de la liberté économique que nous trouvons chez le pape François est d’une fermeté sans précédent : « Une telle économie tue. »

Ayant vécu sous un régime communiste, je peux témoigner du fait que le contrôle gouvernemental sur l’économie non seulement ne donne pas la vie, mais pousse invariablement à la ruine des pays naguère prospères, en causant d’immenses injustices, des souffrances et des humiliations.

Dans les pays socialistes, le vol et la violence sont la politique de l’État ; la corruption devient la seule chance pour obtenir des biens de première nécessité. Et un hiatus énorme, bien plus profond que n’importe quel écart antérieur, fait son apparition entre la nouvelle classe privilégiée et ses sujets réduits en esclavage.

En réalité, dans le monde d’aujourd’hui, le problème est plutôt l’excès de régulation que son manque ; il est très difficile de trouver un endroit où le gouvernement ne régule pas l’économie dans le détail. Mais là où il y a moins d’interventions gouvernementales, il y a moins de pauvreté. La plus grande pauvreté et la plus grande inégalité entre citoyens privilégiés et citoyens pauvres en Amérique latine, aujourd’hui, se trouvent à Cuba et au Vénézuela, où l’économie est la plus réglementée.

Nous sommes inquiets de voir l’Église s’abaisser vers un activisme terrestre contaminé par l’idéologie, ce qui encourage certains groupes « progressistes » qui disposent d’un plan parfaitement conçu en vue de construire un monde parfait (lorsqu’ils en auront fini avec celui-ci) – tels les « mouvements populaires », les environnementalistes, les pacifistes, les indigénistes, les activistes « anti-discrimination » et les « experts de la population ». Malheureusement, les représentants de ces groupes semblent aujourd’hui considérés par le Vatican comme d’honorables partenaires pour le dialogue, y compris des personnages comme les frères Castro et Evo Morales. Caritas Internationalis travaille à leurs côtés au Forum social mondial, une organisation qui fait la promotion de l’avortement, de l’homosexualité et du communisme dans le monde entier.

Comme l’a dit jadis le vieux leader communiste espagnol Santiago Carrillo, le résultat du dialogue entre catholiques et communistes n’a jamais été la conversion d’un communiste à la religion catholique ; en revanche tous les catholiques impliqués sont devenus communistes. La coopération avec les communistes sur des questions pratiques, sans remettre en question l’idéologie perverse du marxisme, transforme les catholiques en compagnons de route de la Révolution.

Au lieu qu’ils prêchent le vrai Dieu aux païens pour les convertir, ils sont utilisés par les païens contre le vrai Dieu. Jésus se montra très sévère quant aux priorités lorsqu’il dit à Pierre : « Arrière, Satan ! Vous m’êtes un sujet de scandale ; parce que vous n’avez point de goût pour les choses de Dieu, mais pour celles des hommes. »

Dans les Dix commandements, l’interdiction de l’idolâtrie précède celle du meurtre, du vol, de l’adultère. Beaucoup d’âmes sont perdues en raison de la concupiscence sexuelle ou de la cupidité à l’égard des possessions matérielles. Mais c’est encore bien pire lorsque tous ces péchés sont inspirés par une volonté de puissance satanique qui fait que les gens essaient de prendre la place de Dieu. Ils deviennent les éléments d’un gigantesque système à l’échelle mondiale, qui répand le ressentiment et la haine dans les communautés, étend la perversion morale à des sociétés entières, mais aussi les meurtres de masse, le vol et la corruption matérielle à une échelle inconnue à ce jour.

Ainsi, pour la rédemption éternelle de millions d’âmes, l’Église devrait conduire le combat contre les idéologies, et spécialement contre le marxisme culturel, à la fois dans son enseignement public et dans la confession. Jésus a dit aux apôtres : « Vous, donnez-leur quelque chose à manger ». C’est de cette manière que l’Évangile formule le principe de subsidiarité. Jésus n’a jamais dit : « Allez demander à César d’organiser un système d’assistance sociale impériale et d’assurer la justice sociale. »

La famille est la première et la meilleure institution de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Si nous voulons aider les gens à sortir de la pauvreté, nous devons commencer par défendre la famille – et la moralité chrétienne – parce que la charité catholique ne peut pas être séparée de l’évangélisation. Nous ne pouvons pas défendre la vie et la famille en même temps que nous demandons un rôle accru pour le gouvernement dans la société, ou la création d’un gouvernement mondial.

Les chrétiens ne devraient jamais soutenir ni accepter la concentration du pouvoir entre les mains de quelques-uns, si merveilleux que soit le monde qu’ils promettent. Les révolutionnaires utiliseront toujours ce pouvoir contre la chrétienté.

Alors nous ne devrons pas nous étonner si la société est sécularisée, si la charité est remplacée par l’assistance sociale, si l’éducation est remplacée par l’endoctrinement idéologique et la perversion morale ouverte, si le soin aux malades est remplacé par l’euthanasie, si la liberté de conscience et de parole est remplacée par le politiquement correct imposé par le gouvernement, et si la vie du citoyen est réglée dans tous ses détails par des ingénieurs sociaux, tandis que la culture de la vie et de la famille perd sans cesse du terrain. Nous ne devons pas nous étonner lorsque des gouvernements parviennent à corrompre des associations caritatives chrétiennes en les obligeant à abandonner leur esprit chrétien en échange de fonds, ou par l’imposition de pratiques contraires à l’enseignement de l’Église, de telle sorte que de nombreuses ONG catholiques finissent par perdre leur esprit chrétien, en abandonnant l’évangélisation, pour ne plus proposer que de l’activisme social.

Si nous voulons défendre la famille, nous devons reprendre le monde aux révolutionnaires. Nous avons besoin d’une Reconquista – d’abord au sens spirituel, puis au sens culturel et aussi au sens politique. Afin de sécuriser la famille, nous devons gagner une plus grande guerre : celle qui est menée contre notre civilisation. Car la famille et la vie humaine ne sont en sécurité que dans la normalité de la civilisation judéo-chrétienne. Nos objectifs pro-vie et pro-famille sont d’une importance vitale. Cependant, si nous ne nous focalisons que sur eux, en ne nous préoccupant pas du reste, nous ne pourrons pas les atteindre non plus. Si nous laissons l’autre côté contrôler tout le reste – le langage, la culture, l’éducation médiatique, la législation, l’économie, la vie publique, le gouvernement, la santé, tout – alors nous ne devrons pas nous étonner de voir que toute victoire que nous puissions obtenir pour la famille sera, au meilleur des cas, de courte durée.

Un langage clair est une condition importante pour la victoire dans les luttes spirituelles et culturelles : « Que votre oui soit oui et que votre non soit non, tout le reste vient du Malin » (Mt 5, 37). Le vocabulaire chrétien dispose de tout ce dont il est besoin pour décrire la réalité. Nous devons simplement parler chrétien, hablar cristiano comme on disait jadis en Espagne.

Nous n’avons pas besoin d’emprunter leurs outils de langage aux idéologies que nous combattons : cela leur permet de prendre les premières places morales et de nous reléguer à des positions défensives, avant même que le débat n’ait commencé. Même des termes comme « paix », « justice », « liberté », familiers dans le langage chrétien, sont utilisés de manière idéologique : ainsi leur sens originel est déformé ou inversé. Le devoir des pasteurs est de rendre claire cette distinction.

Ils doivent prêcher le royaume de Dieu et sa justice, et non la « justice » socialiste comprise comme le contrôle gouvernemental sur l’économie, comme la redistribution des revenus. Ils doivent prêcher la paix qu’offre le Christ, et non telle que la définit l’ONU. Ils ne doivent pas prêcher contre la liberté – comme s’ils étaient implicitement d’accord pour dire que la liberté signifie le « libertinage sexuel », tel que la définissent les partisans de la « libération sexuelle » (les marxistes culturels), ou bien qu’elle est synonyme de « cruauté financière », comme le soutiennent les partisans de l’économie planifiée (les marxistes classiques). Les pasteurs de l’Église doivent prêcher la vraie liberté, qui est la libération du péché, de l’esclavage de Satan. Veritas liberavit vos. La vraie libération signifie rédemption : ainsi elle ne pourra jamais être mauvaise ni excessive.

L’utilisation par les chefs de l’Église d’un langage qui embrouille, politiquement correct, contaminé par l’idéologie, au lieu de la parole de Dieu, conduit bien des sociétés catholiques vers la confusion morale et politique, et vers la défaite dans la guerre culturelle. Les fidèles deviennent incapables d’identifier la source des attaques contre la vie et la famille, et de les combattre avec succès. L’utilisation d’un tel langage par les chefs de l’Église signale aux fidèles engagés dans la politique qu’ils doivent « tourner uniquement à gauche ». Elle rend quasi-impossible aux hommes politiques catholiques le soutien au marché libre, l’opposition à l’État nounou, à l’immigration musulmane, le scepticisme à propos du changement climatique ou du rôle de l’ONU. Car s’ils s’engagent dans cette voie, ils vont devoir dire des choses qui sont différentes, voire contradictoires par rapport à ce que le monde entend de la part de l’Église.

Alors ils sont soit discrédités en tant que politiques catholiques, soit contraints de soutenir des causes gauchistes. C’est une des raisons pour lesquelles, dans la plupart des pays catholiques, les catholiques ne peuvent avoir une représentation politique. C’est aussi la raison pour laquelle tant de pays catholiques sont aujourd’hui gouvernés par des marxistes culturels, bien que la véritable situation sur le champ de bataille – l’espace public que les idéologies révolutionnaires disputent au christianisme – soit loin d’être aussi mauvaise qu’elle peut le sembler à celui qui ne s’informe que par le biais des médias. Il existe encore une majorité silencieuse de gens normaux, dont les nouvelles télévisées n’évoquent même pas l’existence. Il y a tous ces millions de personnes venues pour les funérailles de Jean-Paul II, à la grande « surprise » des journalistes et des analystes. Il y a tous ces millions qui sont récemment descendus dans la rue, ici à Rome, contre l’idéologie du genre. Sans compter les millions qui s’opposent au communisme au Brésil. Ces gens ont seulement besoin d’être guidés par leurs pasteurs dans la bataille spirituelle.

Nous devons prier davantage pour nos pasteurs. Nous devons prier davantage pour l’Église.

Lorsque les pasteurs sont à la tête de leur peuple dans la bataille spirituelle, alors on gagne les guerres culturelles, et alors des batailles politiques sont elles aussi remportées. Nous avons vu de telles victoires récemment en Pologne où les pasteurs ont prêché la conversion et pris la tête du peuple dans de gigantesques « offensives de prières » ; où les pasteurs sont capables de briser la magie des idéologies contemporaines, simplement en les montrant telles qu’elles sont, comme saint Irénée l’a fait avec le gnosticisme en son temps. Le secret du succès n’est pas que l’Église ait soutenu un parti donné. Mais l’Église a inspiré et créé tout autour d’elle un univers vivant, fait d’innombrables associations caritatives, clubs, sources médiatiques, initiatives citoyennes. Un tel environnement pourrait donner naissance à un parti politique qui défende effectivement le christianisme, la famille et la vie humaine.

Alors, comment réparer le monde ? « Cherchez donc d’abord le royaume de Dieu, et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît » (Mt 6, 33).

La normalité terrestre de la civilisation chrétienne avec tous ses bienfaits n’est qu’un produit secondaire de l’évangélisation ; elle appartient à « toutes ces choses qui nous seront données par surcroît »… si du moins nous « cherchons d’abord le royaume de Dieu et sa justice ».

La vraie priorité de l’Église doit être de nous conduire dans la bataille spirituelle, de sauver des âmes, de dire au monde entier, alors qu’il ne nous reste plus qu’un an jusqu’au centenaire de Fatima : « Repentez-vous de vos péchés et convertissez-vous à Dieu, car le royaume du ciel est proche. » Ce royaume de Dieu, qui n’est pas de ce monde.

On ne peut établir le paradis sur terre ; le bien et le mal continueront de coexister au sein des réalités d’ici-bas, jusqu’à ce que le Seigneur lui-même vienne dans la gloire pour juger le monde, et faire le tri. Mais on peut obtenir au moins un certain degré de normalité à travers l’évangélisation et la conversion des personnes et des sociétés. C’est le mieux que nous puissions faire : « réparer le monde ». Lorsqu’il y a assez de sainteté et de vertu dans nos communautés, lorsque suffisamment de gens partagent les mêmes critères moraux objectifs (les Dix commandements), alors on n’a plus besoin de faire confiance à des bureaucrates gouvernementaux tout-puissants afin d’empêcher la société de devenir une jungle sans foi ni loi. C’est alors qu’on peut se faire confiance, et les citoyens, tout comme la société dans son ensemble, pourront jouir de la liberté. Alors les institutions s’en tiennent à leur tâche et l’accomplissent de manière décente, la famille est en sécurité, et la culture de vie peut gagner contre les idéologies de mort. Alors la civilisation est moralement forte, et tend à se défendre avec succès contre les barbares, et aussi à prêcher l’Évangile aux barbares et à les convertir au christianisme. C’est de cette manière que l’Église a créé la culture chrétienne et la civilisation, et c’est cela que l’Église doit continuer de faire.

*********************************

REGARD SUR LA CRÉATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages » (Rm 1, 20).

Les nids des oiseaux[26]
Dr Louis Murat

Présentation : Le nid abrite la ponte, la couvée et les premiers jours des oisillons. Le couple le construit en une quinzaine de jours ou, parfois, répare le nid de l’année précédente. Or chaque espèce construit son nid à sa manière, selon un plan immuable, s’adaptant seulement aux matériaux trouvés dans le voisinage. Il y a ainsi des « tisserands », des « maçons », des « charpentiers », construisant d’instinct même sans avoir jamais vu opérer leurs congénères. Parfois, le mâle et la femelle s’entr’aident, ainsi les Loriots pour tendre les filaments formant la trame du nid. Il arrive même qu’une fausse ouverture, bien visible, serve à induire en ereur les prédateurs. Quelle admirable diversité dans les œuvres du Créateur !

« Une collection de nids est comme une bibliothèque de bons livres, a écrit Charles Lévêque : on y lit couramment le nom, on y découvre l’action d’une providence adorable.[27] »

À la saison des nids, parmi les oiseaux, « ceux-ci, dit Chateaubriand, portent de longues pailles dans le trou d’un vieux mur ; d’autres dérobent un crin à une cavale ou le brin de laine que la brebis a laissé suspendu à la ronce. Il y a des bûcherons qui croisent des branches à la cime d’un arbre ; il y a des filandières qui recueillent la soie sur un chardon. Mille palais s’élèvent…Nous nous rappelons avoir trouvé une fois un de ces nids dans un rosier; il ressemblait à une coque de nacre contenant quatre perles bleues: une rose pendait au-dessus, toute humide ; le bouvreuil mâle se tenait immobile sur un arbuste voisin, comme une fleur de pourpre et d’azur.

Ces objets étaient répétés dans l’eau d’un étang avec l’ombrage d’un noyer qui servait de fond à la scène, et derrière lequel on voyait se lever l’aurore. Dieu nous donna dans ce petit tableau une idée des grâces dont il a paré la nature[28]. »

Ainsi par une toute-puissante impulsion instinctive, à l’époque qui précède la ponte, les oiseaux préparent à leurs œufs et à leurs petits, un coussin moelleux et chaud dans un petit panier, abri confortable soigneusement garni de laine, de crins, de plumes fines, de duvet cotonneux, de fibres végétales.

Comment savent-ils qu’ils doivent chauffer, en se couchant sur elles, les mystérieuses petites boules blanches pondues et, bien loin de les livrer à leur sort ou de les abandonner, ne pas les quitter un instant, soit que le mâle remplace par intermittence la femelle ou bien qu’il lui porte à manger ? Et pourtant il n’y a aucune hésitation sur ce point, même lorsqu’il s’agit d’un couple jeune qui n’a encore jamais vu d’autre nid.

Comment ces animaux savent-ils que les bestioles menues et plutôt repoussantes qui viennent de sortir de l’œuf et peuvent à peine remuer, doivent être nourries par eux avec régularité, par exemple chez les pigeons à l’aide en premier lieu d’une simple sécrétion du jabot, puis de graines fines, enfin d’aliments ordinaires.

« L’impulsion intérieure qui détermine les oiseaux à se tenir pendant des semaines presque immobiles sur leurs œufs, qui leur fait construire d’avance et avec tant d’art une demeure pour y abriter leurs petits, qui les pousse à veiller au bien-être de leur jeune famille…, ces facultés, ces phénomènes exciteront toujours dans notre esprit autant d’étonnement que d’admiration.[29] » Si les insectes sont ouvriers de naissance, « l’oiseau, comme l’a dit Michelet, ne l’est que pour un temps, par l’inspiration de l’amour[30] ».

Les travaux spéciaux à chaque espèce d’oiseau sont, comme tous les actes instinctifs, d’une fixité remarquable. Inchangées restent toujours les diverses formes des nids.

Aujourd’hui comme il y a mille ans l’Hirondelle de cheminée et l’Hirondelle de fenêtre, quoique nidifiant sans cesse côte à côte, gardent toujours traditionnellement et obstinément, suivant leur espèce, comme forme de nid, l’une la coupe, l’autre la sphère creuse percée d’un trou. L’édifice de la voisine, l’exemple d’autrui ne changent rien à la conception architecturale héritée par chacune d’elles.

Fig. 1. Hirondelle de cheminée. Fig. 2. Hirondelle de fenêtre.

Quant aux matériaux employés par les deux espèces d’hirondelles, ils sont identiques. C’est un mortier fait de terre fine, détrempée, puis gâchée avec de la salive pour lui donner la plasticité et l’adhérence convenables.

Chaque couple, par un travail incessant qui dure une quinzaine de jours, en de bruyantes et joyeuses allées et venues, apporte ce mortier parcelle par parcelle, et l’applique contre un mur ou une corniche, en se servant du bec comme d’une truelle.

Des brins de paille sont ingénieusement mélangés à ce mortier pour accroître sa résistance. C’est le procédé du ciment armé. Le nid, un peu rugueux à l’extérieur, a sa paroi interne parfaitement polie et très lisse. Celle-ci est recouverte de quelques menus débris végétaux, de crins, de plumes fines. C’est là que sont pondus quatre à cinq œufs blancs tachetés de brun, à l’éclosion desquels recommence le va-et-vient continuel du père et de la mère apportant chaque fois avec amour quelque mouche ou vermisseau aux petits becs jaunes largement ouverts des oisillons qui ne cessent de réclamer leur pâture. À chaque printemps, au retour de la migration, des réparations sont faites aux anciens nids.

On sait que les nids des hirondelles Salanganes, formés d’algues marines et d’herbes diverses régurgitées et agglomérées avec de la salive, sont comestibles et très appréciés des gourmets chinois.

Si l’instinct de nidification montre, pour chaque espèce d’oiseau, des types architecturaux fixes, néanmoins l’intelligence de l’animal, pour petite qu’elle soit, peut, sous l’influence de circonstances extérieures, déterminer dans quelques cas de petites modifications de détail dans le plan ordinaire ou dans son exécution.

C’est ainsi que certaines espèces d’oiseaux savent ajouter, dans les pays où les chevaux sont nouvellement introduits, des crins à leurs autres matériaux pour la confection des nids. Le fait s’est produit pour les cassiques d’Amérique.

C’est ainsi encore que l’on a observé parfois près des fabriques d’horlogerie, dans les environs de la Chaux-de-Fonds notamment, des nids où les minuscules ressorts de montre étaient utilisés au même titre que les brins d’herbe ou de laine traditionnels.

Il y a lieu de remarquer, à notre avis, que ces changements ne sauraient être invoqués contre la théorie de l’automatisme de l’instinct, car l’oiseau a plutôt en lui les types abstraits des matériaux utiles et ne distingue guère, en dehors de là, la nature précise des brindilles, par exemple, qu’il recueille.

Pallas a trouvé un nid de huppe au milieu de la cage thoracique d’un squelette humain gisant dans des steppes[31]. La huppe nidifie d’habitude dans les vieux troncs d’arbres.

Parmi les innombrables variétés de nids, décrivons les plus intéressantes et passons d’abord en revue les constructions les plus ingénieuses des oiseaux de nos contrées. Chaque espèce, avonsnous dit, a son art et ses procédés personnels.

Le pinson, le chardonneret et la fauvette, petits oiseaux parmi les plus communs de nos régions, et qui nidifient si volontiers autour de nos habitations, sur les arbres fruitiers ou d’ornement de nos jardins, confectionnent des nids qui sont de véritables chefs-d’œuvre, comme tressage, feutrage de la gracieuse corbeille, moelleusement doublée.

Des touffes de mousse sont fixées à la bifurcation d’un rameau par la femelle du Pinson. Celle-ci façonne et carde à mesure avec ses pattes les couches successives de mousse. Elle y dispose, pour les fixer, des brins d’herbe, de menues radicelles, des toiles d’araignée que le mâle lui apporte. Elle se couche au milieu et tourne sur elle-même avec énergie, de façon à mouler et à arrondir la cavité, à façonner les rebords, etc.

Pour terminer le revêtement extérieur et dissimuler le nid, le pinson pique de-ci de-là des paillettes de lichen et de mousse blanche, des fils d’araignée, etc.

Quant à la garniture intérieure, elle est formée de plumes légères, fixées par leur extrémité dans la paroi, d’écorces filamenteuses, de membranes de feuilles sèches, de laine, de crins, de duvets végétaux : le tout convenablement disposé, entrecroisé et couché, de façon à obtenir un parfait moelleux. C’est une règle générale que les parois des nids soient constituées de trois couches : l’une, extérieure, grossière ; une autre, interne, moelleuse ; une troisième, moyenne, formée de matériaux intermédiaires. Le nid de pinson pèse 19 grammes, dont 2 grammes pour la couche externe, 12 grammes pour la couche moyenne et 5 grammes pour la couche interne. Le nid de chardonneret pèse 7 grammes au total.

La petite corbeille du

Chardonneret est formée de radicelles, de mousse, de lichen, de toiles d’araignée et, comme revêtement intérieur, de crin, de duvet cotonneux et principalement d’aigrettes de chardon. Fig. 3. Chardonneret.

L’élasticité des matières cotonneuses est contenue par les crins qui faufilent le tout. On a observé parfois l’oiseau tournant sur lui-même dans le nid qu’il confectionne et tandis qu’il dispose le fil à l’intérieur.

Il exécute ces mouvements avec vivacité, allongeant son bec à mesure qu’il s’écarte du fond, où ses pieds sont fixés et forment pivot. L’extérieur du nid est confectionné avec soin, granité et de teinte jaune-verdâtre, se confondant assez bien avec l’écorce des branches tutrices.

La Fauvette, le Serin, etc., confectionnent aussi de petits paniers, merveilles de grâce, assez semblables à ceux que nous venons de décrire. La Fauvette turdoïde ou Rousserolle, qui s’établit sur les rivières ou les étangs, nous montre un habile travail de vannier qu’elle dispose sur le pilotis de quelques roseaux rapprochés. Elle prend des feuilles sèches de plantes aquatiques, de graminées ou de roseaux, longues de 30 centimètres environ. Elle les mouille, les réunit, puis les fixe sur un crochet formé par une feuille et les roule plusieurs fois autour de la tige d’un roseau, puis autour de la tige d’un autre roseau voisin.

Elle recommence de même avec une nouvelle feuille rubanée et rapproche ainsi plusieurs roseaux qu’elle immobilise par ces solides attaches.

C’est là qu’est fixé le nid formé de feuilles diverses entrelacées avec des fibres d’ortie, de chanvre et des toiles d’araignée. Le nid est placé très haut au-dessus de la surface de l’eau, par une remarquable prévoyance.

Les naturalistes ont remarqué en effet que ces fauvettes établissent toujours leur nid au-dessus du niveau des plus fortes crues et qu’on ne voit jamais de vieux nids immergés.

La Mésange établit son nid dans le creux d’un arbre et le dissimule par un revêtement de lichen et de mousse dont la couleur se confond avec celle du tronc contigu. La mésange à longue queue construit un nid globuleux de la grosseur d’une orange et ne ménage dans cette gracieuse sphère qu’une toute petite fenêtre. La mère couve dans cette chaude cellule dix à douze œufs et parfois davantage.

La mésange Rémiz confectionne un nid profond ayant la forme d’une cornue de chimiste et qui présente à l’extrémité du col une ouverture dont le diamètre dépasse à peine celui du corps de la mésange. La Rémiz penduline, mésange européenne qui pond deux fois par an, en mai et en août, loge ses œufs blancs et roses dans une élégante bourse suspendue à l’extrémité d’une branche flexible

et tissée avec les fibres et duvets végétaux les plus délicats : le coton qui s’envole des peupliers, le fin duvet des fleurs de saule, les aigrettes des pissenlits et des chardons. La mésange penduline est ainsi agréablement bercée par le vent au-dessus des eaux en un lieu inaccessible. Le nid porte d’autre part une ouverture latérale munie d’un auvent, sorte de volet que l’oiseau peut à son gré tenir ouvert ou fermé, et qui a fait classer ce nid par Lacépède parmi les constructions animales révélant des instincts supérieurs.

Les Loriots, oiseaux de la grosseur d’un merle, de belle couleur jaune, – d’où leur nom de « merles d’or », – avec les ailes et la queue noires, sont encore appelés oiseaux de Pentecôte à cause du court séjour d’été qu’ils font dans nos contrées avant de retourner en Afrique. Dans la bifurcation de branches horizontales, ces oiseaux suspendent leur demeure aérienne à l’aide d’un surjet exécuté souvent avec des fils de coton, des brins de chanvre, dérobés auprès d’une ferme voisine, ou de la laine, des fibres d’ortie, etc. Ces filaments qui doivent former la trame du nid, sorte de coupe ou de hamac profond, sont collés par de la salive aux branches, enroulés autour d’elles et ficelés à leur tour. Le mâle et la femelle travaillent de concert. C’est ainsi que, tandis que l’un des oiseaux tient une extrémité du fil dans son bec, l’autre dispose ce fil. Les matériaux les plus longs sont, de la sorte, entrelacés et agglutinés. Dans les interstices sont ensuite répartis des fragments d’écorce de bouleau, de petites feuilles sèches, des brins d’herbe, de la laine. La femelle termine alors seule le nid et le revêt à l’intérieur de plumes et de toiles d’araignée[32].

Le Merle édifie son nid avec des herbes, des feuilles fines, des radicelles et des bûchettes mêlées de terre. La paroi extérieure est revêtue de mousse et de brindilles.

Un nid de Pie est assez compliqué et ne pèse souvent pas moins de trois ou quatre kilogrammes. Les petits sont protégés en tous sens par un véritable fagot de branchages entrelacés et la mère ne pénètre jusqu’à eux que par une ouverture latérale et couverte. Il y a parfois une fausse ouverture qui ne conduit que dans les épines.

On a remarqué que les pies, corbeaux, corneilles, freux, construisent dans certaines circonstances deux nids, l’un bien visible et édifié au grand jour et l’autre secret[33]. Certains naturalistes y voient une ruse de l’oiseau, le premier nid n’étant destiné à rien contenir; mais nous nous demandons si le deuxième nid n’est pas construit uniquement parce que le premier, mal situé, a été

Fig. 4. Pie. découvert ou a été reconnu trop exposé à la vue des ennemis de l’oiseau. Ce dernier préfère alors l’abandonner et construit, avec grande prudence, un nouveau nid.

L’ornithologiste Lescuyer, de Saint-Dizier, a donné une description très précise de certains nids. Dans un nid de Buse, il a compté une première barrière de 42 grosses baguettes en chêne, à l’intérieur desquelles l’oiseau a disposé des branches plus petites entremêlées avec les premières et fixées solidement grâce à leurs crochets et à leur flexibilité ; au total, il a trouvé 197 brindilles de chêne, de hêtre, 82 de bouleau et 12 de charme et de tremble, choisies par l’oiseau sur les arbres voisins et portées à sa construction.

Des branches de hêtre et de bouleau particulièrement souples encerclent le nid et forment ses rebords. Le fond du nid est recouvert de couches de terre durcie, de terre fine, de feuilles et d’écorces, pour donner du poids à la bâtisse, arrêter la déperdition de chaleur et prévenir le refroidissement des œufs. L’intérieur est enfin revêtu de très fines brindilles de bouleau, de radicelles, de lichen, de feuilles et de fleurs de hêtre. (LESCUYER)

Le même observateur a étudié le nid de la pie-grièche. Il a trouvé dans ce nid tissé d’herbes : pour les parois, 125 gros brins d’herbe et 84 brins plus petits servant à tenir la mousse, au total 209 brins; et pour la garniture intérieure, 155 brins d’herbe très fins ; en plus 5 grammes de débris et poussières[34].

Le Pivert est un vrai charpentier. De son bec puissant, il sonde ou perce les vieux arbres, faisant retentir des journées entières de ses coups redoublés les bois qu’il fréquente. Il donne ainsi la chasse à une foule d’insectes et de larves dont il débarrasse les troncs d’arbres. Il tourne avec agilité pour surprendre ses proies qui fuient. Dans quelques cas, il excave et sculpte le tronc d’un trou profond, comme à l’emporte-pièce, et qui se termine par une cavité plus large, où il établit son nid.

La Grive est cartonnière. Couvert de mousse au dehors, son nid est facilement dissimulé parmi les pampres des vignes. Formé d’une pâte résistante, il est à l’intérieur d’un luisant et d’un poli qui rappelle l’émail. Le Martin-Pêcheur, l’alcyon des anciens, est fouisseur. En un point escarpé ou au moins surélevé du rivage, à l’abri de l’eau, il creuse une galerie qui se termine par une chambre où il dépose ses œufs sur un lit d’arêtes de poissons. Les Pétrels et les Macareux nichent également dans des trous qu’ils creusent. On voit le mâle de macareux, placé sur le dos, forer une excavation profonde, son large bec lui servant de pioche et ses pattes palmées de pelles. L’Hirondelle de rivage creuse de même, malgré sa petite taille, de véritables tunnels dans le sol du littoral. Certains de ces boyaux, souvent tortueux, ont plus de deux mètres de long.

Divers oiseaux aquatiques construisent des nids flottants. Les eiders, les oies, les canards et les cygnes sauvages, les poules d’eau, les foulques, etc., pondent sur des radeaux formés de joncs desséchés. Le Grèbe castagneux confectionne aussi un véritable radeau avec des grosses tiges d’herbes aquatiques entrelacées. Par suite de l’air retenu dans les cellules de ces plantes et des gaz que la putréfaction y développe, ce nid surnage et flotte à la surface des étangs ou marais. Le fond du nid est humide et néanmoins les œufs arrivent à éclosion. La mère d’ailleurs les recouvre d’herbes mouillées, pour les dissimuler lorsqu’elle quitte le nid. Si l’oiseau est troublé, il se sert, disent certains observateurs, d’une de ses pattes comme rame, et peut ainsi déplacer son nid à travers les roseaux10 ******************************

10 POUCHET, directeur du Muséum d’histoire naturelle de Rouen, Mœurs et instincts des animaux, in-8°, Hachette, éditeur, 1887.

COURRIER DES LECTEURS

De M. P. B. (Saintonge)

En 1965 la femme d’un ami qui travaillait au ministère de l’Education Nationale et chez qui nous dînions nous a raconté ce qui lui était arrivé quelques jours avant. Le dossier qu’elle venait de prendre en charge l’a amenée à consulter des archives. Il fallait chercher dans de longues allées remplies de dossiers ; elle a fini par en sortir un qu’elle pensait être celui dont elle avait besoin. En le feuilletant elle s’est vite rendu compte qu’il n’avait rien à voir avec ce qu’elle voulait mais le plan et la lecture rapide de quelques têtes de chapitres lui ont donné envie d’aller plus loin. Il lui fallait donc le prendre avec elle pour en recopier les passages essentiels qu’elle avait remarqués. À ce moment est arrivé quelqu’un qui lui a dit qu’elle n’avait pas le droit d’être là et qu’elle s’en aille immédiatement. Elle a dit: «Je cherche la cote “xxx” », ce à quoi il a répondu: « ce n’est pas là, partez! ».

Elle ne put donc emporter le document mais en avait lu assez pour nous dire ceci : c’était un document annexe du plan Langevin-Wallon qui expliquait comment faire progressivement évoluer les programmes scolaires afin qu’à terme les futures générations soient constituées d’adultes incapables de porter un jugement, d’avoir une opinion personnelle !.. Ils n’en sont pas loin

! 1

__________________________

1 Ndlr. Ce plan, élaboré de 1944 à 1947 sous l’égide du physicien Paul

Langevin et du psychologue Henri Wallon, tous deux membres du Parti Communiste, ne fut jamais voté par l’Assemblée Nationale, mais il a orienté depuis 60 ans toutes les réformes qui se sont succédé, que les ministres dont elles prennnent le nom soient dits « de gauche » ou « de droite ».

poeme

Delenda est Russia (série Géopoésie)
Michel Vienne

Toi Russie, Sais-Tu à quel point Tu Nous irrites?

S’octroyer une telle tranche de planète, Tu te goinfres, vieille douairière varègue!

A Toi la double page d’atlas flagorneurs,

Pour Nous, une simple, façon patchwork Dixie Peinturluré de tous nos États disparates.

Blanche-Neige septentrionale alanguie Sur Ta litière de cent soixante degrés.

Quant à nous, gnomes browniens, vaquons sans répit

Plus bas en latitude, à l’Est du Pacifique, Dans un rectangle moitié moindre, sans allure.

Tu détiens la moitié des rivages arctiques,

Et Nous rien !… Jusqu’à cet achat de l’Alaska, Amérique russe qu’il fallut bien T’acheter ! Humiliant mais vital pour notre entrée au club Des trois seuls pays bordés par trois océans.

Enfin, Nous, USA…Au sigle roturier, Haïssons ces nations qui ont reçu un nom. Sigle…Tu l’as bien été soixante dix ans,

Nous étions certes ennemis, mais rappelles-Toi…

URSS…USA, sacré bon vieux temps!

Delenda est Russia!

(25 Juillet 2017)

*

————————————————————————————-

Bulletin d’adhésion et d’abonnement

À retourner au CEP, Cidex 811, 16 rue d’Auxerre,

89 460 Bazarnes (France)

Tél. 03 86 31 94 36 – Courriel : s.cep@wanadoo.fr

Nom : _________________________ Prénom : ______________________

Adresse : _____________________________________________________

Code postal : ____________ Ville/Pays : ___________________________

Courriel (mél.) : _______________________________________

Verse sa cotisation annuelle :  Membre actif : 30 €  Membre sympathisant : 10 €

S’abonne à la revue Le Cep :

  • Abonnement France : 35 €  Autres Pays : 40 € 
  • Abonnement de soutien : 50 €  Étudiant, chômeur, etc. : 20 €

Fait un don de : euros

  • Reçu fiscal demandé

Soit au total la somme de € (euros)

Règlement par :

  • Chèque en euros tiré sur une banque établie en France ou sur CCP
  • Virement sur le CCP du CEP (n°4 719 68 J, Centre : Châlons

(en précisant l’objet du versement)

IBAN : FR53 2004 1010 0204 7196 8J 02 372 BIC : PSSTFRPPCHA

  • Mandat postal international
  • Carte de crédit ou PayPal, sur le site le-cep.org



_____________________________________________________

  1. Au sens donné par l’historien polonais Feliks Koneczny. Se reporter à l’art. de M. GIERTYCH : « Guerres de civilisations en Europe » in Le Cep n°40 à 43, 2007-2008.
  2. Se reporter à J. MOREAU, « Examen par les pairs : déontologie et fraude chez les chercheurs scientifiques », in Le Cep n°77, septembre 2016, p. 35.
  3. On verra notamment par ses publications, dans Le Cep n° 1, 2, 3 et surtout 60, que notre amie sut s’occuper utilement : ayant été relogée à l’étage des préhistoriens, elle put étudier à loisir leurs méthodes de datation. 4 Sur le Dessein Intelligent, se reporter aux deux articles très documentés de Claude EON publiés dans Le Cep n° 35 et 37.
  4. Outre la référence à une chronologie préhistorique contestable, remarquons que l’agriculture et l’élevage furent pratiqués par les propres fils d’Adam : l’idée que les premiers hommes ne vivaient que de cueillette et de chasse est une variante du mythe selon lequel les « sauvages » seraient des « primitifs » et non des isolats coupés des principales civilisations.
  5. Signalons les intérêts économique (le marché du carbone est une manière de privatiser une « taxe carbone ») et politique (un objectif portant sur le climat requiert une « gouvernance mondiale »).
  6. W. R. THOMPSON, « Nouvelle Introduction  »provocatrice » à De l’Origine des Espèces de Darwin », in Le Cep n°52, juillet 2016, p. 29. Thompson était
  7. Le Pr Joyeux est émérite : il n’a donc pas de chaire à perdre, ce qui ne nous empêche pas de saluer son courage à défier ainsi l’Ordre des médecins.

    Signalons que le célèbre Pr Montagnier s’est associé à la démarche.

  8. X58, professeur de Mécanique à l’École Polytechnique, Directeur à l’ONERA (Office national d’Études et de Recherches aérospatiales).
  9. Source : http://www.ign.fr/adminV3/display/000/527/755/5277550.pdf) , puis cliquer sur « Fiche 8 ».
  10. Ndlr. Nous laisserons à l’auteur la responsabilité de cette liste qui, il est vrai, tient du constat et non du jugement de valeur.
  11. Ndlr. Se rapporter aussi aux articles suivants : R. PRUD’HOMME, « Le réchauffisme présente tous les caractères d’une idéologie », in Le Cep n°74 (mars 2016) et à C. DUCHESNE, « L’innocence du cerbone ou comment implanter une idée », in Le Cep n° 76 (septembre 2016) et n° 77 (décembre 2016).
  12. Abbé R. GAUDIN de SAINT-REMY, « Le véritable secret de la licorne », Le Cep n° 79, juin 2017, p. 62.
  13. Faute de terme global adéquat pour désigner les diverses structures étudiées, nous avons repris – pour la clarté de l’exposé – le terme usuellement employé de « corne », que nous noterons partout entre guillemets dès qu’il désignera un appendice autre que la corne vraie, caractéristique du groupe des Bovidae comme nous l’exposerons.
  14. Pour les lecteurs intéressés on consultera avec profit, par exemple :

    -GRASSÉ, Pierre-P. & DEVILLERS, Zoologie II. Vertébrés, Paris, CharlesMasson et Cie Éditeurs, 1965.

    – H. BOUÉ et R. CHANTON, « Mammifères – Anatomie comparée des Vertébrés », in Biologie Animale- Zoologie II – Fasc 2, Paris, Doin.

  15. J.-B.-A. CLÉDON, Poésies diverses, tome Ier, Fables, livre IV, IV: Le berger et la vache, Paris; Delaunay libraire, 1811, p. 88.

  16. Chris Lavers est biologiste, professeur d’écologie et de biogéographie à l’Université de Nottingham en Grande-Bretagne. Il a consigné ses nombreuses recherches sur les licornes dans un ouvrage très connu outreAtlantique : The Natural History of Unicorns, William Morris, 2009.
  17. On notera ici l’emploi canadien du mot « pédicule » au lieu de « pivot » utilisé classiquement.
  18. Ma source principale est : Atomic Bomb Secrets de David J. Dionisi (Teach Peace Foundation, 2017) ainsi que les nombreux sites qu’il cite (pardon pour l’allitération !). La version japonaise de ce livre fut le premier livre publié au Japon pour exposer le programme nucléaire du Japon. Teach Peace Foundation est une institution catholique américaine (cf. www.teachpeace.com ).

  19. La Commission Reece fut créée en 1953, composée de trois Républicains et deux Démocrates, pour vérifier l’usage fait de leurs fonds par les fondations exonérées d’impôts (Rockefeller, Carnegie, Ford, etc.) et notamment voir si elles ne financaient pas « des activités anti-américaines et subversives, pour des fins politiques, de propagande ou pour tenter d’influencer la législation. » Les conclusions de la Commission dénonçant effectivement ces abus déplurent fortement aux gauchistes qui réussirent à obtenir l’arrêt des investigations et la mort de la Commission : le peuple américain n’avait pas à connaître les activités des Fondations. Il faut lire le livre du Directeur de Recherche de la Commission, René Wormser : Foundations: their power and influence. (New-York, The Devin-Adair Cy, 1958). Wormser (1896-1981) était Senior member du cabinet new-yorkais Myles, Wormser & Koch. La troisième édition de ce livre, qui se lit comme un “polar”, est toujours disponible (Covenant House Books, with permission of Angriff Press, 1993, 412 pages, ISBN 9781939438249).
  20. Wikipedia donne une longue description de cette bataille sous le nom de « Battle of Chosin Reservoir. » Mais sans rien dire de la véritable nature de la colline et des installations secrètes qu’elle recélait ! On comprend, en revanche, l’acharnement des Chinois à défendre ce site.
  21. Le Major Jordan a révélé le rôle d’Hopkins dans son livre From Major Jordan’s diaries (1952).
  22. « Un ouvrier d’une aciérie révèle qu’il a empêché la visibilté pour l’avion américain le jour du bombardement de Nagasaki.»
  23. Maj.Gén. Charles Sweeney, War’s End. An Eyewitness account of America’s last Atomic Mission, Avon Books, 1997.
  24. Conférence donnée en anglais par Anca-Maria Cernea lors du “Rome Life Forum” les 6 et 7 mai 2016. Traduction reprise sur le blog de Jeanne Smith.
  25. Ndlr. On lira avec intérêt le récit poignant écrit par un camérier de cape et d’épée de Pie XII puis de Jean XXIII, récemment traduit en français par François Thouvenin : Franco BELLEGRANDI, Nikitaroncalli : Biographie critique de Jean XXIII, éd. Saint-Remi, 2017, 218 pages.
  26. Repris dans Les merveilles du monde animal, Paris, Pierre Téqui, 1914, p. 251-266.
  27. Ch. LÉVÊQUE, membre de l’Institut, professeur de philosophie au Collège de France, Les Harmonies providentielles, Hachette, éditeur, 1884, p. 119.
  28. CHATEAUBRIAND, Génie du christianisme, Ire partie, liv. V, ch. VI.
  29. MILNE- EDWARDS, Zoologie, p. 239.
  30. MICHELET, L’Oiseau.
  31. OUSTALET, Architecture des oiseaux.
  32. LESSON, Traité d’ornithologie, in-8°, Levrault, éditeur
  33. MARTIN, les Nids, p. 30, Henri Gautier, éditeur
  34. LESCUYER. Voir aussi COUPIN, Les Arts et métiers chez les animaux, Noury, éditeur, 1902.

Laisser un commentaire