Revue du CEP numéro 10

Table des matières

SCIENCE ET TECHNIQUE 7

Une science illusoire : l’évolutionnisme Louis Bounoure 7

Les preuves de l’Evolution P. André Boulet sm 12

Les défenses naturelles anti-infectieuses des animaux et des végétaux Dr Jean-Maurice Clercq 17

Que s’est-il réellement passé au Kansas ? John D. Morris 18

HISTOIRE 21

Comment la France a livré la bombe atomique à l’Iran Jacques Monnot 21

Le Génocide du Sud-Soudan par Jacques Monnot 26

LES DESSOUS DE LA PREHISTOIRE 32

Judas Maccabée 35

SOCIETE 36

Petit écran … Grands maux Neurones en danger Michelle Legrais 36

Lettre d’un mourant au corps médical Jean-Pierre de Clerck 46

L’Amérique, terre de contrastes Jacqueline Guay 47

BIBLE 49

La Paix et la Sécurité Yves Germain 55

REGARD SUR LA CREATION 60

Le tilleul et ses hélicoptères Claude Destaing 60

In Memoriam Marcel François (1900-1999) 67

COURRIER DES LECTEURS 69

Et la force des marées ? 72

Le vrai soleil Carl Christaki 73

L’Histoire est divine

Dominique Tassot

 

Résumé : Devant les aléas de l’Histoire –pensons au nez de Cléopâtre !… – on est tenté de renoncer à y découvrir des lois. Car les déterminismes invoqués par les matérialistes sont à l’évidence trop simplistes. Restent deux théories défendues par les historiens : la « théorie des dirigeants responsables », qui affirme la prépondérance des chefs d’Etats ; la « théorie du complot » qui met l’accent sur les coulisses de l’Histoire. Mais il est des « coïncidences » si étranges que ni l’une ni l’autre théorie ne peuvent les expliquer, aussi entre Lincoln et Kennedy. Il faut alors admettre que l’Histoire est divine : à travers les aléas de la conjoncture, un plan supérieur mène l’humanité vers sa fin.

 

Les matérialistes prétendent que l’histoire est mue par un déterminisme de forces économiques ou géographiques aveugles, à la manière des boules s’entrechoquant et, de proche en proche, balayant tout le billard. Mais cette idée est détruite par la propre « praxis » politique de ceux qui se réclament du matérialisme dialectique : les marxistes ne négligent aucun moyen, même inavouable, pour faire tomber l’arbre dans le sens où leur théorie voudrait pourtant qu’il tombât de lui-même, par la résultante mécanique des forces sous-jacentes.

Le matérialisme historique n’est donc qu’une idéologie hypnothisante, un outil d’action psychologique visant à paralyser l’adversaire ; mais ses propres thuriféraires n’y croient point.

Restent en présence deux attitudes : renoncer à comprendre, ou admettre que des êtres ont agi intelligemment, c’est-à-dire en vue d’une fin consciente et déterminée.

La première attitude ne doit pas mériter qu’on s’y attarde : on est sûr de ne rien comprendre si l’on pose au départ l’absence de toute loi, de toute constante, de toute régularité. L’histoire se déroulerait comme se fragmente un biscuit sec[1], c’est-à-dire en déjouant toute possibilité de prévision… Telle est pourtant l’attitude la plus répandue, et de loin ! Il faut d’ailleurs reconnaître que les apparences lui donnent souvent raison.

L’histoire en train de se faire -la plus proche, qui permet le reportage direct, dont les acteurs sont contemporains- nous échappe précisément par l’impossibilité d’embrasser toute l’information potentielle ou de lever certains secrets. Et l’histoire passée nous échappe encore, car la documentation devient lacunaire et les témoins ne peuvent plus être contredits : les « mémoires » des grands hommes, on le sait, sont toujours biaisées par l’autojustification.

Dépassant donc les apparences, se lèvent toutefois des historiens qui prétendent comprendre, accéder à une logique enchaînant les faits successifs, exposer la finalité qui les rend intelligibles. Car l’Histoire raconte les actions posées par des hommes et ce que fait la volonté échappe par là même au pur hasard. Selon le mot de Roosevelt : « Quoi qu’il arrive en politique, vous pouvez tenir pour certain que quelqu’un l’a voulu et l’a fait se produire. »[2]

Ce mot sur des lèvres aussi qualifiées mérite à tout le moins considération. Il débouche sur une première approche de l’histoire, la théorie des dirigeants responsables : rois, présidents, ministres et autres décideurs institutionnels feraient l’histoire, y inscrivant leurs pensées, leurs goûts, leurs efforts, mais aussi leurs lubies, leurs haines et leurs faiblesses. Platon fait droit à cette théorie lorsqu’il laisse Socrate exhorter l’ambitieux Alcibiade en ces termes : « Si vous agissez avec justice et sagesse, toi-même et la cité, vous plairez aux dieux par vos actions. (…) Si vous avez en vue ce qui est impie et ténébreux, vos actes le seront pareillement, parce que vous ne vous connaîtrez pas vous-même. »[3] La Bible elle-même reconnaît la grandeur et l’influence des dirigeants politiques lorsqu’elle s’adresse à eux en disant : « Et maintenant, ô rois, comprenez ; instruisez-vous, vous qui jugez la terre … » (Psaume 2 : 10).

 

 

 

 

Il suffit d’ailleurs de considérer la fréquence des assassinats politiques (voir l’article de J.Monnot) pour se persuader que les personnalités pèsent vraiment sur le cours des événements ; et c’est toute la grandeur de l’homme, que ses actions vers le juste ou vers l’injuste portent bien à conséquences.

Ce côté « humain » de l’histoire vient donc la rendre intelligible. Mais la théorie des dirigeants responsables, avec les manuels scolaires qui la diffusent, se heurte aussitôt à de multiples difficultés.

Entendons par là autant de faits qui deviennent justement inintelligibles si l’on suppose que les ont bien décidés ceux qui les assument devant l’histoire. L’histoire obvie se dérobe alors à la compréhension et appelle une autre théorie, les cas de Wilson et de Roosevelt vont le montrer.

Un numéro d’Historia, l’an dernier, annonçait en couverture comme un « scoop » : Pearl Harbour : Roosevelt savait ! Ce 7 décembre 1941 marqua pourtant la plus grande défaite militaire américaine, avec 3303 morts et 1272 blessés en quelques heures sans compter les pertes matérielles. Or j’ai sous les yeux un livre réédité 5 fois entre 1954 et 1980, préfacé par l’Amiral Kimmel (commandant la base et aussitôt destitué pour « impréparation ») et rédigé par le Contre-amiral Robert A.Theobald, alors commandant les destroyers du pacifiques.[4] Ce livre n’explique pas seulement comment Roosevelt savait[5], mais surtout comment il avait tout fait de longue date pour faire échouer les négociations diplomatiques avec Tokyo et pour que la flotte du Pacifique ignorât qu’elle allait être attaquée.

L’article d’Historia n’a donc rien d’un « scoop » ; il amène plutôt la question suivante : pourquoi faut-il attendre 50 ans pour que le grand public sache que Roosevelt souhaitait la guerre avec le Japon et, que tout son art politique fut d’amener les Japonais à attaquer les premiers ?

De même lorsque la Révolution bolchévique éclata, le

Président Wilson célébra « les nouvelles merveilleuses et encourageantes« [6] qui venaient de Russie et ouvrit le lendemain un crédit de 325 millions de dollars (de l’époque) pour le gouvernement provisoire. Or la Russie était un allié dans la guerre contre l’Allemagne et Lénine s’était déclaré pour une paix séparée immédiate.

De tels faits –et ils sont nombreux – s’avèrent difficiles à insérer dans les manuels et donnèrent naissances à une autre théorie de l’histoire : la « théorie du complot ». Derrière les grands personnages visibles, simples marionnettes, agiraient les vrais décideurs.

En 1912 paraissait aux Etats-Unis « Philip Dru,

Administrator« 7. Le héros de ce roman obtient l’appui d’un groupe de milliardaires pour sélectionner et faire élire à la Maison Blanche leur candidat, Rockland. Ce dernier reçoit la consigne de ne jamais transgresser les avis que lui donneront certains conseillers placés dans son entourage. Dans le roman, à une ou deux reprises, le Président veut agir sans consulter ses « conseillers » : « Pour cette indiscipline, il fut violemment attaqué par les journaux de ses « sponsors » et se garda désormais de toute velléité d’indépendance.« [7]

En commentant cet extrait, Douglas Reed déclare sa conviction que « Philip Dru » est une allusion à peine voilée au cas du Président Wilson. Or Reed fut une des plumes les plus brillantes du Times entre les 2 guerres. Reporter international, il rencontra à maintes occasion les dirigeants de nombreux pays. Puis la publication d’un livre exposant sa théorie du complot lui valu une brusque interruption de carrière au moment même où sa réputation était au zénith : il avait annoncé l’imminence de la guerre.

Pour Reed, Roosevelt (démocrate) et Eisenhower

(républicain) furent choisis par le même groupe influent que Wilson.

De tels éléments prêchent pour faire droit à une histoire secrète, comblant les vides et redressant les illusions de l’histoire officielle. Mais n’est-ce pas une solution trop facile, qui pourrait tout expliquer, sans jamais prouver matériellement la vérité de ses raisonnements ? Comment déterminer cas par cas si le Président américain s’est décidé par lui-même ou sous la persuasion d’un « cornac » comme Henry Kissinger ?

Surtout, à vouloir comprendre l’histoire humaine comme s’il s’agissait d’une histoire entre hommes, on risque d’écarter la véritable interprétation des événements.

Car l’histoire est nécessairement divine. L’Ecriture nous dit que « pas un passereau ne tombe à terre sans la permission du Père« (Mt 10 : 30). A fortiori pas un épisode historique ne pourrait se dérouler dans la préscience ni l’accord divin. La comparaison de Kennedy avec Lincoln suffit à montrer cette exclusion complète de tout hasard.

Abraham Lincoln fut élu au Congrès en 1846 (John Fitzgerald Kennedy[8], en 1946), puis à la Présidence en 1860 (Kennedy en 1960). A un siècle d’intervalle tous deux furent concernés par les droits civils de la minorité noire, et leurs épouses perdirent un (ou plusieurs) enfants à la Maison Blanche. Lincoln eut un secrétaire nommé Kennedy, et Kennedy eut un secrétaire nommé Lincoln. Tous deux furent assassinés un vendredi, atteints à la tête. Ils eurent pour successeurs deux hommes du Sud nommés Johnson : Andrew Johnson, né en 1808, et Lyndon Johnson, né en 1908. Les deux assassins venaient du Sud. John Wilkes Booth, né en 1839, assassina Lincoln dans le Ford’s Theatre, s’enfuit du théâtre et fut pris dans un entrepôt. Lee Harvey Oswald10, assassina Kennedy dans une Ford « Lincoln » s’enfuit de l’entrepôt d’où il avait tiré et fut pris dans un théâtre. Les deux crimes restent à ce jour inélucidés11, d’autant que Booth comme Oswald furent eux-mêmes assassinés en prison avant d’être jugés.

Il n’est nul besoin d’en poser le calcul de probabilité pour deviner qu’une telle succession de « coïncidences » ne peut être fortuite. Qui n’y verrait la claire signature du Maître de l’Histoire, signifiant aux hommes des ténèbres la vanité de leur complot : « Celui qui habite dans les cieux se rira d’eux, et le Seigneur se moquera d’eux« , dit le Psaume 2 (v.4).

Dans la Bible le mot « complot » (qèchèr) a constamment le sens d’une conspiration pour renverser le souverain. L’antienne de la Nativité affirmait, il y a quelques jours : « Il est magnifié, le Roi pacifique, au-dessus de tous les rois de la terre entière« .

Et le Psaume 2 ajoute : « Les rois de la terre se sont levés, et les princes se sont ligués contre le Seigneur et contre son Christ » (v.2).

Ces mots du roi David n’ont pris tout leur sens que depuis la naissance de Jésus-Christ. Et comme Satan est le Prince de ce monde, on peut en conclure qu’un seul grand complot traverse toute l’histoire depuis 2000 ans : celui de l’Autre, le Jaloux, cherchant à empêcher le Règne sur les nations de Jésus, le Fils unique, le bien-aimé, le seul souverain légitime.

Avec ce recul tout prend sens. Et la théorie des dirigeants responsables : car Dieu reconnaît leur autorité, Sa justice immanente le montre assez, qui va jusqu’à faire retomber sur le peuple les péchés des dirigeants. Et la théorie du complot : car Satan sait trouver des serviteurs et des adorateurs parmi les grands de ce monde, et leurs méthodes les font bien reconnaître pour fils du Comploteur, homicide dès le commencement.

Mais dès lors nous voyons que tout se terminera par leur confusion, car le plan de Satan, nécessairement, fait partie du plan de Dieu. Préscience oblige ! Les persécuteurs ont toujours fini par ajouter à la gloire de l’Eglise et, malgré les incertitudes de la traversée, nous savons par la foi que le règne du Christ est la loi profonde de l’histoire.

Comment ne pas déplorer le déficit d’intelligibilité auquel nous condamne une science laïcisée ?… Un panier d’érudition ne remplace pas une pincée de sens. Qu’importe au voyageur d’ignorer certains détours de la route si du moins il sait elle conduit !

Même si les voies du Seigneur nous restent impénétrables (dans leur détail), elles n’en sont pas rendues inintelligibles. Il existe bien des lois de l’histoire, ou plutôt une grande loi : celle du Salut ; un grand drame : celui des embûches du Démon. Ainsi chaque destin individuels trouve-t-il sa place dans le destin des familles et des nations comme dans celui de l’humanité entière. Par quelque fil plus ou moins ténu les complots sont reliés au seul Grand Complot qui les suscite.

Qui l’a compris cesse dès lors d’en être une victime inconsciente et manipulable à merci. On a comparé les comploteurs aux pirates de l’air qui ont pris contrôle d’un avion. Le pilote, avec ses passagers, croit savoir où il va ; seuls les pirates décident où ils vont.

Or le « passager » qui sait que l’histoire est divine, saura aussi relativiser les complots tout comme l’influence des « grands hommes ». Car le but ultime de l’histoire est un dieu d’Amour, même si l’homme peut encore l’accepter ou le refuser.

 

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SCIENCE ET TECHNIQUE

 

 

Une science illusoire : l’évolutionnisme Louis Bounoure

 

Présentation : Louis Bournoure est le dernier universitaire de renom qui, en France, se soit opposé franchement à la théorie de l’évolution. Il enseignait la Biologie Générale à la Faculté des Sciences de Strasbourg. Un des critères de validité d’une pensée est l’épreuve du temps. Alors que la science, par définition, progresse constamment, ce résumé critique de l’évolutionnisme se lit aujourd’hui comme lorsqu’il fut publié, en 1957

 

La recherche des types intermédiaires, quelque ingéniosité que déploient les paléontologistes dans leurs rapprochements et leur interprétations, n’arrive point à pallier l’absence réelle des chaînons de liaison que postule l’idée d’une évolution régulière du monde animal. Cette absence est tellement flagrante que beaucoup d’évolutionnistes modernes ne cherchent plus à la nier, et ils modifient en conséquence leur façon de concevoir l’évolution : celle-ci leur apparaît désormais comme un phénomène de nature accélérée, procédant par sauts brusques de grande amplitude, pour lesquels on parle de saltations, de quanta d’évolution, d’explosions et de tachygenèse ; on pourrait se demander si le transformisme actuel n’est pas influencé par l’obsession de la physique quantique, de la fission de l’uranium et de la bombe d’Hiroshima ; pour s’accorder sans doute au triomphe du discontinu dans la science actuelle, il donne aujourd’hui de l’histoire de la vie une conception diamétralement opposée à l’idée de continuité qui inspirait l’évolutionnisme classique.

En réalité ce ne sont pas les évolutionnistes, ce sont les fais eux-mêmes, qui infligent à la théorie de l’évolution cette contradiction interne essentielle, cause rédhibitoire de faiblesse et d’incohérence, et source de discussions sans fin entre les divers transformistes.

Certains de ceux-ci, les dualistes, adoptent une position éclectique avec la Zweiphasenhypothese, l’hypothèse de deux phases couplées que comporterait l’évolution dans son ensemble : 1°) Une phase intermittente de transformation profonde par saut brusque, explosif, donnant naissance chaque fois à un type entièrement nouveau ; c’est la macroévolution ou typogenèse.

2°) Une phase d’évolution consécutive, continue orthogénétique, faisant apparaître à partir du nouveau type des chaînes de formes nées par microévolution.

Mais d’autre évolutionnistes restent résolument attachés à un seul principe de transformation, et là encore l’accord ne peut se faire sur la prépondérance à donner à l’un des deux processus, le continu et le discontinu, et surtout sur la nature exacte du mécanisme capable de rendre compte des faits d’observation paléontologique.

Ce sont des conceptions diverses de ce mécanisme que nous proposent les grandes théories classiques de l’évolution, à savoir le lamarckisme, le darwinisme, et plus récemment le mutationnisme. Le Lamarckisme. On peut être très bref sur la vieille théorie du lamarckisme, depuis longtemps reconnue sans valeur explicative. Elle invoquait l’influence conjuguée des conditions de vie, des efforts et de l’hérédité : ainsi le type Girafe est né des efforts qu’a faits un certain Quadrupède du désert pour atteindre et brouter les feuilles des palmiers, efforts qui ont allongé son cou et ses pattes antérieures. Lamarck expliquait de façon analogue, le Héron aux longues pattes, le Serpent dépourvu de membres, etc. Non seulement cette théorie a quelque chose de puéril qui la condamne : car on peut se demander comment se nourrissait l’ancêtre de la Girafe avant que son cou se fût suffisamment allongé ; mais le grave défaut du lamarckisme, c’est qu’il repose tout entier sur l’hérédité des caractères acquis et l’accumulation progressive de ces caractères, comme conditions indispensables de la transformation spécifique. Or les biologistes tirent aujourd’hui d’innombrables faits naturels ou expérimentaux, la preuve que les modifications acquises par un individu au cours de sa vie ne sont point dans le patrimoine héréditaire de la lignée. Aussi le lamarckisme, privé de sa base essentielle, s’effondre-t-il complètement.

Le Darwinisme. Le darwinisme s’appuie sur l’observation des variations spontanées et sur l’idée de sélection naturelle. Excellent observateur, Darwin remarque qu’entre les individus d’une même espèce il existe de petites différences congénitales, les unes utiles et conférant aux porteurs une plus parfaite aptitude à vivre, les autres défectueuses et créant au contraire un état d’infériorité dans la lutte pour la vie. Cette lutte entraîne naturellement un tirage, une sélection des plus aptes, qui transmettent à leurs descendants leurs avantages, comme cela se produit dans l’amélioration des races domestiques par sélection artificielle. Cette sélection naturelle, c’est pour Darwin, le grand mécanisme de l’évolution et du progrès des espèces.

Dans cette théorie qui a eu un retentissement considérable, il y a deux parts d’inégale valeur. L’existence de petites variations individuelles, transmissibles par hérédité, est un fait réel, qui fonde la notion moderne des mutations. Mais le rôle attribué à la sélection est illusoire : les différences individuelles sur lesquelles elle s’exercerait sont trop faibles pour créer un avantage réel et entraîner un triage. Les grandes causes naturelles de mort, conditions climatériques, inondations, disettes, épidémies, guerre des espèces, détruisent les individus au hasard et sans faire de choix. Si la mort joue un rôle sélectif, c’est en faisant disparaître les individus porteurs de tares, d’anomalies, de caractères pathologiques, et par conséquent, loin d’être différenciatrice, elle efface les différences et conserve l’espèce dans son état normal et sain. Enfin on sait aujourd’hui que s’il est possible d’isoler par sélection une race douée d’un caractère déterminé, tout mode de sélection est impuissant à faire apparaître un caractère nouveau ou à majorer un caractère ancien. Bref, la sélection ne peut, ni expliquer les qualités des organismes, ni produire une transformation progressive des espèces. On aura beau lui adjoindre d’autres conditions adjuvantes, comme l’isolement géographique, elles n’en feront point un mécanisme efficace, et plus sera grand le nombre des conditions fortuites dont le concours est supposé nécessaire pour ce mécanisme, plus deviendra improbable le résultat qu’il doit produire.

 

 

Le mutationnisme. La théorie la plus moderne de l’évolution, le mutationnisme, essentiellement fondée sur la phénomène de la mutation, est parfois regardée comme un néodarwinisme, parce que d’une part les mutations ne sont autre chose que ces variations individuelles qu’avait observées Darwin, et que d’autre part cette théorie fait aussi appel à la sélection pour assurer la persistance des mutations.

Qu’est-ce que la mutation ? C’est un changement qui survient spontanément dans un caractère de détail d’une espèce, et qui est immédiatement transmissible, parce qu’il tient à une altération dans la constitution chromosomique des cellules, y compris les cellules reproductrices. Chez les animaux et les plantes, les naturalistes ou les éleveurs voient parfois se produire cette sorte de variation brusque, spontanée, fortuite, et c’est ainsi que sont nées par exemple certaines races curieuses d’animaux domestiques, les chiens bassets, les boeufs camards, les boeufs sans cornes, les chats angoras, les paons à ailes bleues, les serins jaunes, les poules à cou nu, les individus albinos qui existent chez beaucoup de Mammifères, y compris l’espèce humaine. Sans mutations, tous les individus d’une espèce seraient identiques ; mais chez certaines espèces, l’étendue des variations est poussée beaucoup plus loin que chez les autres ; dans l’espèce humaine il y a un nombre considérable de mutations qui distinguent les individus les uns des autres, et portent sur la couleur des yeux, des cheveux et de la peau, sur la stature, sur les proportions du visage, des membres, etc…, sans compter un grand nombre de mutations pathologiques ou même létales, c’est-à-dire mortelles, dont il sera question plus loin. Un petit Diptère, la Drosophile, a fourni un très grand nombre de mutations naturelles portant sur la couleur du corps, la couleur des yeux, la longueur et la forme des ailes, la disposition des soies, la forme de l’abdomen, etc. : on sait que cet Insecte en raison de sa très grande mutabilité est l’objet de choix pour les études des généticiens. La mutation peut-elle expliquer l’évolution des espèces ? Il paraît impossible de l’admettre, et cela pour diverses raisons catégoriques :

 

 

 

1°. La mutation est toujours un phénomène rare, isolé, ne frappant qu’un individu entre des milliers ou des dizaines de milliers, n’ayant par conséquent que des chances absolument infimes de se propager et de persister dans une population ; de plus, elle ne se répète pas plusieurs fois de suite sous la même forme, elle ne peut donc se cumuler et produire un changement continu et harmonieux ; du hasard rare et capricieux des mutations, il est impossible de faire sortir cette évolution progressive, ordonnée toujours dans le même sens, dont on trouve le modèle dans la série des Equidés fossiles et dans d’autres lignées orthogénétiques. D’ailleurs par suite des lois mêmes qui président aux croisements dans la reproduction sexuelle, les mutants n’ont que des chances infimes de se maintenir et de propager leur type ; comme le souligne avec raison Guyenot : « La disparition des mutants est une règle presque absolue, leur survie une éventualité rarissime. »

2°. La mutation est presque toujours un phénomène diminutif, nuisible ou pathologique : un chien basset, un boeuf sans cornes, une Drosophile à ailes tronquées, ce sont des infirmes ; c’est à des mutations qu’il faut rapporter chez l’homme un grand nombre d’anomalies ou de maladies héréditaires, l’albinisme, certaines formes de nanisme, la surdi-mutité, le daltonisme, l’hémophilie, l’héméralopie, l’ichthyosis, l’atrophie du nerf optique, ainsi que de nombreuses malformations comme la polydactylie, l’anomalie des orteils palmés, etc., etc. ; enfin il y a des mutations létales, entraînant la mort plus ou moins précoce du sujet, comme l’idiotie amaurotique infantile. On conviendra que c’est une véritable gageure que de prétendre fonder un mécanisme d’évolution et de perfectionnement des espèces sur un phénomène, qui, le plus souvent, diminue la valeur et la vitalité de l’organisme. Et, de fait, Morgan, l’un des spécialistes de l’étude des mutations, a proclamé lui-même qu’aucune des variétés mutantes de la Drosophile ne pourrait concurrencer dans la nature le type sauvage présentant tous les caractères de l’espèces à l’état primitif.

 

 

 

 

3°. Enfin telle qu’on la connaît aujourd’hui par les études des généticiens, la mutation ne porte jamais que sur des détails relativement minimes, et elle ne déborde jamais le cadre de l’espèce : qu’une Drosophile ait le corps noir ou le corps brun, les yeux rouges ou les yeux blancs, les ailes longues ou les ailes tronquées, c’est toujours une Drosophila melanogaster ; qu’une Poule ait le cou nu ou emplumé, c’est toujours une femelle de Gallus domesticus ; un homme affligé d’albinisme est toujours un homme. En un mot, la mutation est tout au plus un facteur de variété à l’intérieur de l’espèce, le facteur d’une microévolution, bornée à la formation de races dans une grande espèce ; elle ne peut certainement pas transformer les espèces existantes en espèces nouvelles.

Il est vrai que l’évolutionnisme tente de venir en aide à la mutation, en faisant intervenir à point nommé des circonstances accessoires, capables d’isoler de l’espèce primitive les individus transformés par mutation, soit par exemple des circonstances géographiques, ou encore l’incapacité de toute union sexuelle entre individus primitifs et individus mutés. Que dans des cas très particuliers, un groupe de mutants puisse se maintenir plus ou moins longtemps à la faveur de circonstances exceptionnelles, ce n’est pas là un mécanisme d’une portée suffisante pour créer des espèces nouvelles. Et surtout ce ne sont pas des conditions étrangères à la mutation elle-même, qui pourront lui conférer le pouvoir véritablement créateur qui lui manque pour être un facteur d’évolution.[9]

 

 

 

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Les preuves de l’Evolution P. André Boulet sm

 

Présentation : La revue La France Catholique, souvent mieux inspirée, a cru pouvoir clore le débat sur l’évolutionnisme en quelques articles catégoriques signés par des scientifiques qualifiés, notamment le Pr Michel Delsol, connu pour son attachement indéfectible au dogme darwinien. Il s’agissait, pour les auteurs, de contrer le cahier EDIFA n°3 (cf Le Cep n°4, p.24) dans lequel des chrétiens constestaient l’évolutionnisme scientifique ainsi que les dérives subséquentes en théologie et en exégèse. Le P. Boulet, partie prenante dans la rédaction du Cahier EDIFA, revient ici sur la démarche qui l’oppose au « dogme » évolutionniste.

 

La « France Catholique » du 30 avril 99 a publié un article signé des professeurs Michel Delsol, J.P. Parent et Jeanine Flatin, sur « les preuves de l’Evolution« . Cet article a sans doute impressionné les lecteurs de la France Catholique, car les signataires sont docteurs ès sciences et (ou) ès philosophie. Si les lecteurs avaient encore quelques doutes sur la vérité scientifique de l’Evolution, ils les ont probablement perdus et croient désormais que la théorie synthétique de l’Evolution ou néodarwinisme ne peut plus être mise en doute.

A dire vrai, depuis deux ans on a vu tant de magazines et de revues scientifiques qui ont publié des articles similaires, apportant tous leur pierre à l’édifice imposant des arguments en faveur de l’Evolution, qu’il est de plus en plus difficile de ne pas se rallier à cette théorie.

Et pourtant, des lecteurs bien informés du dossier scientifique, et pour cette raison pleins de réserves sur la vérité de cette théorie, resteront probablement sur leurs doutes, voire sur leur rejet de la théorie. Je suis de ceux-là, en dépit des arguments des signataires de l’article de la « France Catholique« , et je vais expliquer pourquoi.

Auparavant, je dois dire qu’il est assez déplaisant d’être classé, par les signataires de l’article, parmi les chrétiens « fondamentalistes », friands de la littérature défendant la littéralité de la Bible. Ces chrétiens apprennent ainsi qu’ils ont « une attitude touchante » mais qui est « contre productive ». Dont acte. Je savais déjà depuis longtemps que lorsqu’on n’est pas évolutionniste on doit être prêt à se faire traiter de « créationniste », « fixiste », « fondamentaliste », « intégriste »… autant de qualificatifs à connotations péjoratives, … cela ne fait jamais plaisir. On se console en se disant que les Pères de l’Eglise étaient tous « fondamentalistes », etc… On n’est donc pas trop ridicule ou insensé de penser comme eux et comme tous les saints qui jusqu’au 19ème siècle ont pensé comme eux.

Pour en venir au fond de l’article en question, on y trouve une accumulations d’arguments, ressortissant à diverses disciplines scientifiques, dont les auteurs affirment de manière péremptoire des choses tout-à-fait contestables. Par exemple, il n’est pas exact que les datations (des fossiles) confirment la théorie évolutionniste et que « les fossiles se sont toujours situés à peu près au rendez-vous du calcul ». A moins de ne retenir que les datations qui « collent » avec le schéma préconçu évolutionniste et d’éliminer les autres. Les auteurs semblent ignorer les travaux spécialités en radiochronologie ou en sédimentologie, de Marie-Claire Oosterwyck et Guy Berthault. A moins que, très gênés par ces travaux, il veuillent les ignorer. Par ailleurs, ce qui est dit dans l’article, sur les travaux du paléontologue J.-L. Dommergues appelle les mêmes réserves quand on sait que l’interprétation des couches sédimentaires selon les principes de Lyell, admise jusqu’à nos jours par les géologues, est sérieusement remise en question par les travaux menés depuis dix ans par des sédimentologues, en laboratoire comme sur divers sites terrestres ou marins. Quant à de la biologie moléculaire, sensée « confirmer tous les autres faits déjà vus« , les auteurs affirment que « l’étude biochimique des gènes et des protéines… est en accord avec nos phylogenèses« . Ce n’est pas l’avis de Michaël Denton, spécialiste réputé de la biochimie moléculaire, dans son livre : « Evolution, une théorie en crise« , (Ed. Flammarion, 1992).

Nos auteurs reconnaissent d’ailleurs que les « preuves » de l’évolution ont un « caractère particulier« . Chacune est insuffisante pour prouver l’évolution, semblent-ils avouer, mais elles convergent vers « un type de preuve peu souvent rencontré : une preuve par accumulation de faits, que nous avons appelée : un effet puzzle« . A quoi on peut répondre que : 1°) 10 preuves boiteuses ne feront jamais une preuve valable. 2°) En partant de cent pièces hétéroclites de machines différentes, je peux arriver à sculpter un visage d’apparence humaine, en les emboîtant vaille que vaille. (Voir de telles réalisations dans le dernier numéro de « Sciences et Avenir« , Mai/juin 99, p.34 et ss.). Mais cela ne prouve évidemment pas que ces pièces soient d’une même lignée !

Ceci m’amène à dire qu’il existe un examen critique des « preuves » de l’évolutionnisme, ainsi que de ses présupposés, qui relève d’une discipline très délaissée depuis 40 ou 50 ans, la logique formelle. Un juriste américain, professeur de l’Université de Berkeley, Philip Johnson[10] ,enseignant précisément la validité des preuves devant un tribunal, bon connaisseur du dossier évolutionniste, a soumis la théorie évolutionniste et ses arguments à un regard critique. Ses conclusions rejoignent celle de M.Denton. Les professeurs Delsol, Parent et J.Flatin semblent ne tenir aucun compte de ces critiques fondamentales.

Mais il y a un autre élément du débat, de taille celui-là, bien qu’il ne relève pas du domaine scientifique, qui devrait alerter les chrétiens qui sont acquis à l’évolutionnisme et déclarent n’avoir aucune difficulté pour concilier cette théorie avec leur foi. Ce fait, aisément vérifiable, c’est que la quasi totalité des théologiens de langue française, acquis tous à la théorie néo-darwiniste, proposent une doctrine de la création, du statut du premier Homme, du péché originel, du mal et de la mort dans le monde… en totale dissonance avec l’enseignement du Magistère de l’Eglise. Pour eux, les premiers hommes ont émergé de l’animalité après des centaines de milliers d’année d' »hominisation » et n’avaient qu’une lueur d’intelligence et de conscience. Le récit de la faute originelle est une façon symbolique d’exprimer la « finitude » de l’être humain. Il n’y a pas eu, historiquement, de faute grave d’un premier couple humain.

 

 

Il n’y a pas eu non plus de tentation par un être pervers, dont l’existence d’ailleurs relève d’un genre littéraire mythique propre à la Genèse. En définitive, pour ces théologiens, les désordres du monde, les souffrances, le mal, la mort… sont inhérents à l’acte même par lequel Dieu crée le monde, selon un processus évolutif de complexité croissante, soumis au hasard. Cf. les ouvrages de G.Martelet, Fr. Varonne, J.Bur, etc… publiés au Cerf ces dernières années. On ne peut se défendre de penser que s’ils ont abouti à cette théologie contraire aux enseignements de l’Eglise, c’est en raison de leurs convictions évolutionnistes et pour faire « concorder » leur foi avec ce que dit la science.

Certes, le désaccord entre les affirmations d’une théorie scientifique et celles de la foi catholique ne permet pas d’en conclure que cette théorie scientifique est fausse, sans autre examen approfondi. Mais cela invite tout de même à se poser des questions ! Entre autres celle-ci : pourquoi faudrait-il que ce soit la foi qui se règle sur la science ? La science s’est si souvent trompée !

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Les expériences de Michelson. Examen critique et interprétation, par Etienne Broëns

 

Cette étude se réfère, d’une part, au compte-rendu donné par Michelson de son expérience de 1881 ; et d’autre part, à celui de l’expérience qu’il a reprise en 1887, en collaboration avec Morley, et qui a paru dans l’American Journal of Science n°203, de Novembre 1887.

Le but des expérimentateurs était, dans l’hypothèse ondulatoire, de vérifier l’immobilité, au niveau de la terre, de l’éther porteur de la lumière. Ils devaient pour cela comparer les vitesses respectives de deux rayons lumineux issus d’un même faisceau, et parcourant la même distance, mais l’un dans l’orientation du mouvement orbital terrestre, et l’autre, perpendiculairement à cette orientation.

 

Le texte de cette étude (18 pages) peut être obtenu auprès du Secrétariat du CEP contre 20 FF (en timbres-poste, de préférence).

Les défenses naturelles anti-infectieuses des animaux et des végétaux Dr Jean-Maurice Clercq

 

Résumé : Un médecin chercheur de l’Université Cornell, à New-York a montré que les êtres vivants comportent des substances antibiotiques naturelles, endogènes, donc dans toxicité pour l’organisme qui les secrète. Ces protéines ou oligopeptides pénétrent dans les « attaquants » pathogènes par une action électrostatique. Au lieu de chercher à stimuler cette activité bénéfique chez l’homme, les recherches en cours s’obstinent à étudier de nouveaux antibiotiques, mais cette fois proches de ces substances endogènes.

 

C’est un constat courant : les animaux et les plantes sauvages, dans leur habitat naturel préservé des perturbations provoquées par l’homme, jouissent d’une vitalité et d’une santé remarquables.

Il n’en est pas de même pour l’homme (même à l’état sauvage dans un milieu préservé comme l’Amazonie) dont les maladies, conséquences des déficiences de son organisme, sont combattues à coup d’antibiotiques. Ce type de médicament se substitue aux défenses naturelles de l’organisme[11] en tuant l’agent pathogène microbien. Agissant sur l’effet et non sur la cause, ils rendent le mécanisme d’auto-défense de l’homme encore plus déficient et paresseux. Ainsi, le recours aux antibiotiques devient de plus de plus fréquent. Après quarante ans d’utilisation il en résulte que, face à une résistance accrue des microbes, ils perdent leur efficacité.

Sur ce sujet, un excellent article2 permet d’entrevoir le merveilleux mécanisme qui régit les défenses naturelles de tous les êtres vivants sauvages (animaux et végétaux) et qui sont défaillants chez l’homme.

 

 

 

Les plantes et les animaux présentent un système de défense naturelle composé d’un grand nombre de protéines et d’oligopeptides à puissante activité antibactérienne et antifongique. Ces éléments s’introduisent dans les organismes pathogènes et les annihilent selon différents mécanismes. Ces protéines et ces peptides ont été isolés chez les insectes, les crabes, les grenouilles, les porcs, les bovins, etc… et aussi, peutêtre à efficacité moindre, chez l’homme (trachée, intestin grêle…). On commence seulement à découvrir leur processus d’action. Par exemple, les peptides antimicrobiens sont porteurs d’une charge électrique positive (cations), alors que les microorganismes pathogènes sont porteurs d’une charge de surface négative (anionique). Le contact entre les peptides et les microorganismes est donc électrostatique. Au cours de ce contact la membrane extérieure du microbe devient perméable et permet alors aux protéines ou aux peptides de pénétrer à l’intérieur et de détruire l’agent pathogène par différents modes d’action.

On comprend mieux ainsi pourquoi les poules et les porcs de ferme, vivant dans le fumier et la boue, c’est-à-dire dans un milieu hautement contaminant, restent indemnes de maladie alors que l’être humain dans des conditions même meilleures attraperait rapidement diphtérie, coléra, etc…

Bien sûr des crédits importants sont débloqués pour approfondir ces recherches afin de pouvoir mettre au point dans l’avenir un nouveau type d’antibiotique qualifié « d’endogène » (ceux utilisés actuellement sont de type « exogène ») réalisé à partir des modèles innés chez les plantes et les animaux… sans pour autant envisager de rétablir et d’assainir l’activité de nos défenses naturelles perturbées et affaiblies, permettant ainsi à nos peptides et protéines de retrouver plus d’efficacité…

 

……….errare humanum est……….

 

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Que s’est-il réellement passé au Kansas ? John D. Morris

 

Présentation : La presse internationale a largement commenté une décision prise dans l’Etat du Kansas, en août dernier, décision présentée comme « obscurantiste » et fondamentaliste » puisqu’elle serait hostile à l’enseignement de la théorie évolutionniste. Ces vociféractions s’avèrent fort éloignées des faits. On trouvera ici la mise au point rédigée par le Président du plus important centre « créationniste » américain, l’I.C.R.

 

Préambule de la rédaction.

Dans son bandeau de première page, le 14 août 1999, Le Monde titrait : « Au Kansas, l’obscurantisme veut chasser Darwin des écoles ». On pouvait y lire

:

« Organisme élu, le conseil de l’éducation du Kansas a adopté, mercredi 11 août, de nouveaux critères pour l’enseignement des sciences qui, de fait, empêchent l’enseignement de la théorie de l’évolution. En dépit de l’opposition des enseignants et des universités, ils ravalent la science darwinienne au rang d’hypothèse plus ou moins fantaisiste et donnent droit de cité au « créationnisme » , selon lequel le monde a été créé par Dieu en sept jours, comme on peut le lire dans la Genèse. Trois quarts de siècle après le procès de Clarence Darrow, immortalisé au cinéma en 1960 avec Spencer Tracy, obscurantisme et bigoterie se portent encore bien aux Etats-Unis.

Le gouverneur de cet Etat du Middle West a cependant fait connaître son opposition. Plusieurs tribunaux ont condamné les tenants du créationnisme, considérant que celui-ci n’était pas scientifique mais religieux et que leur activisme contrevenait au principe de laïcité. Néanmoins, Etat après Etat, les fondamentalistes mènent l’offensive. Faisant de l’entrisme dans les organes élus, ils tentent d’imposer leur dogme dans un pays où les programmes scolaires sont du ressort des autorités locales. Ainsi, en Alabama, les livres de sciences doivent-ils mentionner que l’évolution est une « théorie controversée ». « Personne n’était présent quand la vie est apparue, aucun point de vue sur ses origines ne peut être considéré comme un fait mais seulement comme une théorie », peut-on y lire.

Ces affirmations ne sont pas que des mots. Nombre d’enseignants se plaignent d’agressions verbales d’élèves qui proclament ne rien croire de leur enseignement, tout comme de parents qui exigent que leurs rejetons soient élevés dans la bonne parole « créationniste ». Certains ont peur pour leur carrière. D’autres craignent qu’après une telle éducation ces jeunes soient incapables de poursuivre des études scientifiques à l’université. »

Ne pouvant compter sur Le Monde ou Le Figaro pour rendre compte de ces choses avec objectivité, nous croyons utile de traduire ici la mise au point faite par le Président du plus important établissement « créationniste » américain, l’Institute for Creation Research[12].

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Un très large public a été informé que le 11 août 1999, la Commission Pédagogique du Kansas[13] avait décidé de réduire l’importance de l’évolutionnisme dans les cours de science des écoles publiques. Malheureusement ce que nous croyons savoir, sur la base des informations publiées par les médias, est contraire aux faits.

Dès l’annonce de cette nouvelle, on vit les évolutionnistes s’affoler, comme si le monde s’effondrait. Mais une enquête précise montra vite que ni les médias ni les « experts » évolutionnistes ne restituaient correctement l’événement.

A première vue, on pourrait se demander pourquoi les évolutionnistes avaient ainsi paniqué. Les conceptions évolutionnistes sont partout dominantes avec des directives spécifiant que les élèves doivent étudier en détails la sélection naturelle, les mutations, les combinaisons géniques, etc… L’évolutionnisme prévaut plus que jamais. Pourquoi donc tant de bruit ?

Une première raison pourrait être qu’il ne sera plus requis des étudiants qu’ils répondent aux examens comme s’ils croyaient personnellement à la théorie de l’évolution. On leur demande toutefois de comprendre les concepts liés à l’évolution.

Une autre raison pouvait être qu’une définition précise de la science et de ses limites a été introduite. Les petites variations au sein de l’espèce (micro-évolution) ne sont plus mises en avant comme les preuves d’une macroévolution à grande échelle. Toutes les preuves habituelles de la micro évolution ont été reprises dans les programmes (mais malheureusement, comme il n’existe pas de preuve de la macro évolution, aucune n’a pu être mentionnée).

Ont aussi été introduites des discussions sur plusieurs faits qui ne suggèrent pas l’évolution, ce qui était systématiquement censuré dans les documents antérieurs.

Au départ la Commission Pédagogique du Kansas avait mandaté un groupe de professeurs de science et de rédacteurs afin de mettre à jour les programmes scolaires. Aucune confrontation des points de vue sur les origines n’était envisagée. Mais quand le projet remonta vers la Commission, on y trouva un paragraphe promettant l’absence de discrimination fondée sur les « opinions » ou les « convictions » des étudiants. Toute allusion à la « foi » ou à la « croyance religieuse » y était soigneusement omise. Ce fait conduisit à une lecture plus attentive du document et montra que les rédacteurs avaient suivi le modèle abusif élaboré en Californie et le cadre proposé plus récemment par l’Académie Nationale des Sciences, lesquels incluent un enseignement abondant et agressif pour la macroévolution, violant les droits des étudiants et des enseignants qui adoptent un autre point de vue. La Commission nomma donc un second groupe de rédacteurs, chargés d’amender le premier projet. Le document modifié fut adopté. Nous voyons ainsi que la Commission Pédagogique du Kansas n’avait nulle intention d’imposer de force une doctrine. C’est plutôt le coup de force des évolutionnistes, pris la main dans le sac, qui fut déjoué.

Conséquence heureuse de cette décision, les Commissions Pédagogiques de plusieurs Etats ont entrepris une révision analogue de leurs programmes.

 

 

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HISTOIRE

 

 

Comment la France a livré la bombe atomique à l’Iran Jacques Monnot

 

Résumé : En juin 1997 un journaliste, Dominique Lorentz, publiait un livre dans lequel il passe un fil d’Ariane entre nombres d’événements ponctuels sur lesquels le lecteur de la grande presse est toujours resté sur sa faim : mort de Michel Barouin, de Georges Besse, et contentieux franco-iranien sur l’uranium destiné au réacteur Osirak. L’auteur extrait de ce livre l’indice que des réseaux discrets opèrent au cœur de la République, réseaux dont l’importance se prouve par le fait qu’elles mettent en danger pour leurs propres membres.

 

En 1993, le lieutenant de l’un des chefs de file du Grand Orient fit circuler dans les milieux maçonniques un texte dactylographiés de 4-5 pages dont le titre « Demain il sera trop tard » faisait référence à la loge « Demain » du Grand Orient[14]. Dominique Lorentz appelle ce lieutenant « Charpentier »[15] et cite ce document :

« Que vous soyez apprenti, compagnon ou maître, comment pouvez-vous accepter aujourd’hui d’être en loge et de côtoyer Jean-Louis Pétriat… Les temps sont venus de vous faire comprendre les mécanismes de l’organisation subversive montée par des initiés se réclamant des principes des droits de l’homme et s’affichant comme républicains… Savez-vous que les comptes qui seront présentés lors de l’Assemblée Générale du 20 juin 1993 sont falsifiés ? Néanmoins, ils seront approuvés par le commissaire aux comptes, lequel est à la solde de son unique client : la GMF[16] ?…

Savez-vous qu’aujourd’hui les actifs, estimés très largement, sont loin de couvrir les passifs ?… Savez-vous qu’actuellement les intérêts payés par la GMF pour les opérations immobilières et hôtelières de Saint-Martin s’élèvent à plus de 25 millions de francs par mois ? »

Jean-Louis Pétriat, président de la GMF après Michel

Baroin, aurait creusé un gouffre financier (400 millions de dollars) par son opération immobilière à Saint-Martin, une île des Caraïbes, et aurait émis des lettres de crédit de plusieurs milliards de dollars au profit d’un escroc.

Mais les investissements de la GMF à Saint-Martin avaient commencé en 1986, sous la présidence de Michel Baroin. Des terrains furent achetés et revendus en quelques jours, par le biais de sociétés écrans. L’opération dégagea de l’argent, mais on ne sait trop où passèrent les fonds.

En septembre 1995, Charpentier remet à Dominique Lorentz, une journaliste, un dossier sur la GMF et la mort de Michel Baroin dans un accident d’avion le 5 février 1987, à 250 km au nord de Douala (Cameroun), quelques instants après le décollage. La boîte noire fut retrouvée, mais les dernières minutes de l’enregistrement étaient effacées. Très vite, Dominique Lorentz fit un rapprochement entre plusieurs dates :

  • 5 février 1986 : attentat à la FNAC, que Michel Baroin avait rachetée l’année précédente. Il est à l’auditorium des Halles au moment où se produit l’attentat, au troisième sous-sol. Un correspondant anonyme téléphone au commissariat voisin : « Une bombe va sauter au niveau A du forum ».

Or, il n’existe pas de niveau A[17] . Est-ce une allusion au « Groupe A », cabinet d’influence et laboratoire d’idées fondé par Michel Baroin et qui réunit des hommes politiques, des journalistes et des cadres supérieurs de la GMF ? (Michel Baroin avait été grand maître du grand Orient de 1977 à 1979). Le 5 février est la date anniversaire de la fondation de la république islamique d’Iran.

 

  • 80 jours plus tard, le 26 avril 1986, la fille de Michel Baroin meurt, renversée par une voiture. Baroin apprend la mort de sa fille Véronique par Roland Jacquard, membre du « groupe A », auteur des « Dossiers secrets du terrorisme« , lui-même informé par le directeur central des Renseignements généraux, Philippe Massoni, haut gradé maçonnique proche de Charles Pasqua.
  • 5 février 1987, mort de Michel Baroin. Le 4 février est la fête de sainte Véronique.
  • Obsèques de Michel Baroin le 12 février 1987.
  • Le 13 février 1987, Pierre Wild est assassiné à Mulhouse d’une balle dans la nuque.

On retrouve son corps accroupi devant son coffre, dans une chambre forte installée au sous-sol de sa maison. Pierre Wild gérait les fonds d’une organisation maçonnique internationale, le CLIPSAS. C’était un spécialiste des explosifs, dont la fabrication aurait été abritée par un laboratoire pharmaceutique qu’il possédait à Mulhouse. Il aurait dirigé des sessions de formation à leur maniement et aurait été actif au Liban. Il était d’une autre obédience maçonnique que celle de Michel Baroin, qui serait venu à Mulhouse début janvier 1987. Les deux hommes se voyaient régulièrement à propos du CLIPSAS. On dit que depuis la mort de Michel Baroin, Pierre Wild n’était plus le même.

Depuis mai 1974, Michel Baroin était en charge du dossier Eurodif, ce qui amèna Dominique Lorentz à s’intéresser à un autre assassinat, celui de Georges Besse, le patron de Renault, qui avait été aux commandes de l’industrie nucléaire française de 1956 à 1982. L’auteur retrouva le même scénario :

  • Avertissement, le 14 septembre 1986 : attentat au Pub Renault, attribué au CSPPA, de même que l’attentat à la FNAC du 5 février 1986. Ce groupe terroriste avait fait parler de lui pour la première fois en commettant un attentat à la galerie Claridge, le 3 février 1986, énonçant publiquement, pour la première fois, les trois revendications iraniennes : libération de prisonniers arabes, arrêt des livraisons d’armes à l’Irak, règlement du contentieux Eurodif.
  • Elimination, le 17 novembre 1986 : assassinat de Georges Besse, revendiqué par Action directe.

Dominique Lorentz pense que Michel Baroin et Georges Besse s’opposaient à la livraison par la France à l’Iran d’uranium enrichi produit à l’usine de Pierrelatte.

En 1974, le France et l’Iran avaient fondé la Sofidif, dont le Commissariat à l’Energie Atomique détenait 60 % et l’Iran 40 %. La Sofidif prit une participation de 25 % dans le capital d’Eurodif, ce qui apportait à l’Iran 10 % (40 % de 25 %) de l’uranium enrichi de Pierrelatte. L’usine de Pierrelatte fut mise en service en 1982, mais la France refusa de livrer cet uranium enrichi, qui aurait permis à la nouvelle république islamique d’Iran de fabriquer la bombe atomique.

Le 29 décembre 1991, le secrétaire général du quai d’Orsay signa avec le gouvernement iranien un accord définitif sur le contentieux Eurodif. Eurodif, qui exploitait l’usine d’enrichissement d’uranium de Pierrelatte, reçut cinq milliards de Francs « au prix de 7,85 dollars la livre d’uranium (à l’époque), cela représente de quoi préparer quelques bombes » ! L’accord resta secret, contrairement à l’article 53 de la Constitution. Framatome et la Cogema (la maison-mère d’Eurodif) furent condamnées par un tribunal « pour ne pas avoir livré à Téhéran les barres de combustible commandées, et devront verser solidairement quelques 1,3 milliard de francs« . Ce qui prouve bien que la France refusait de livrer de l’uranium à l’Iran, jusqu’à la conclusion de l’accord du 29 décembre 1991, qui eut lieu quelques mois après que l’Irak ait mis fin à sa guerre contre l’Iran.

Revenons à Michel Baroin. En mars 1986, il prend comme chargé de mission à la GMF un spécialiste des marchés de l’Est, Harris Puisais, membre du Comité national de l’association France-URSS (dont Charles Hernu, grand ami de Michel Baroin, est le président). Puisais s’occupait des relations commerciales de Saint-Gobain qui avait construit la première usine d’extraction du plutonium, qui avait fait les plans de l’usine de Dimona destinée à la fabrication de la bombe atomique israélienne, et qui avait participé au contrat signé en novembre 1975 pour la construction du réacteur irakien Osirak.

 

 

 

Quand Dominique Lorentz demanda à « Charpentier » pourquoi Michel Baroin avait choisi comme chargé de mission un inspecteur des Finances spécialiste des marchés de l’Est, celui-ci répondit que « Michel avait anticipé la chute du mur de Berlin« . Harris Puisais, soupçonné de travailler pour le KGB, mourut le 9 avril 1989. « Hospitalisé à la suite d’un incident cardiaque, il aurait subi une intervention qui se serait parfaitement déroulée. Mais quelques jours après son opération, il aurait été emporté par une mystérieuse complication. »

 

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Le Génocide du Sud-Soudan par Jacques Monnot

 

Dans « Le Drame du Sud-Soudan, chronique d’une islamisation forcée« , publiée par l’Harmattan en 1994, Jacques Monnot avait narré les premiers épisodes de la guerre qui ravage le Soudan depuis 16 ans, c’est-à-dire depuis le putsch réussi par le Général Omar-el-Bachir, toujours Président du régime islamiste le plus sanglant de l’histoire africaine : l’armée « régulière » appuie les razzias d’esclaves faite dans les régions chrétiennes ou animistes ; elle n’hésite pas à piller et à bombarder les villages, à canonner les églises et à déporter massivement les populations.

Au moins 2 prêtres anglicans et 4 de leurs fidèles ont été condamnés à mort par crucifixion. De véritables camps de concentration ont été instaurés.

En 1998 on totalisait un million et demi de tués et 5 millions de personnes chassées de leur foyer (sur un total de 8 millions pour le SudSoudan). C’est dire l’importance et l’actualité des événements soudanais , même si la presse occidentale reste d’une sobriété et d’une concision étonnante à leur égard.

Dans son nouveau livre, le président de l’association « Solidarité France-Sud-Soudan » poursuit cette chronique et narre le voyage officiel qu’il fit en novembre 1993, à l’invitation de l’Ambassade soudanaise à Paris. Puis il lève un coin du voile sur les relations paradoxales entre la patrie des Droits de l’Homme et le régime soudanais qu’elle continue de soutenir économiquement, militairement et politiquement. Il analyse les écrits et les sophismes du Dr Hassan Al-Tourabi, président de l’Assemblée nationale et « âme damnée » du régime islamiste.

Ces 380 pages engagées, accompagnées d’annexes, de cartes, d’index et d’une bibliographie, se lisent d’un trait, comme le roman tragique d’une histoire malheureusement toujours actuelle, comme une des faces les plus honteuses de l’hypocrisie contemporaine. A lire impérativement, pour ne pas mourir complice.

 

 

Jacques Monnot. Le Génocide du Sud-Soudan (L’Harmattan,

5-7 rue de l’Ecole Polytechnique, 75005 Paris, 430 p., 220 FF)

 

 

La fin des Assyriens de Turquie ?[18]

 

Le 24 avril 1999, des dizaines d’Assyriens originaires de Turquie ont entamé des grèves de la faim simultanément à Zurich, Cologne et Stockholm. Ils entendent protester contre la fin programmée de la présence chrétienne assyrienne en Turquie. Il y a 25 ans, 25 000 Assyriens vivaient encore au sud de la Turquie, ils ne sont plus que quelques 2 000 aujourd’hui. A l’instar des autres chrétiens du Moyen-Orient, ils ont été poussés à émigrer par la domination des musulmans et la pression des autorités. La majorité vit aujourd’hui en exil, essentiellement en Suède, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche, en France et en Suisse. En Turquie même, de nombreux chrétiens assyriens ont été arrêtés, torturés ou assassinés ces dernières années.

Le choix de la date de cette action n’était pas dû au hasard. La date du 24 avril est en effet celle de l’anniversaire des débuts du génocide de 1915-1917, qui vit la mort de plus d’un million d’Arméniens, mais aussi de 500 000 Assyriens, explique le comité d’organisation. Les Assyriens entendaient ainsi dénoncer l’hypocrisie de l’Otan, qui intervient au Kosovo mais laisse se continuer la « sale guerre » contre les Kurdes et les Assyriens de Turquie. « Pour trouver une solution en faveur des peuples opprimés, il faut faire une pression internationale sur la Turquie« , a expliqué Gabriel Yusuf, porte-parole du groupe.

(Didier Rance)

 

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Le Pape Pie X avait prévu la guerre

 

Présentation : Que la prophétie soit possible reste une des choses les plus étonnantes pour l’esprit humain. Or c’est un fait dont le témoignage s’étend bien au-delà de l’Ancien Testament. En pleine guerre, le 4 août 1917, la Semaine Religieuse de Valence en donnait 2 exemples sur les lèvres du saint pape Pie X : un oracle sur la conversion de la France, toujours en attente ; l’annonce instante dès 1910, de la guerre de 1914. Voici ce texte de 1917.

 

Un mémorable discours fût prononcé par le Pape Pie X, le mercredi 29 novembre 1911, au cours du Consistoire où furent promus à la dignité cardinalice Leurs Eminences les Cardinaux Amette, archevêque de Paris, Dubillard, archevêque du Chambéry, de Cabrières, évêque de Montpellier, et Billot, cardinal de Curie.

Ce discours fut prononcé par Pie X à la cérémonie de la remise de la barette aux nouveaux Cardinaux. Nous sommes heureux de reproduire aujourd’hui (N.B. en 1917) le passage relatif aux Cardinaux français. On a dit avec raison que ce passage était véritablement un « oracle sur la France », tant on a remarqué les frappantes applications de ces paroles, prononcées il y a six ans, aux douloureux événements que traverse notre Patrie. Voici la partie du discours de Pie X concernant la France :

« Que vous dirai-je à vous maintenant, chers Fils de France, qui gémissez sous le poids de la persécution ? Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims, se convertira et retournera à sa première vocation. Les mérites de tant de ses fils qui prêchent la vérité de l’Evangile presque dans le monde entier et qui l’ont, en grand nombre, scellé de leur sang ; les prières de tant de saints qui aspirent à avoir pour compagnons dans la gloire céleste les frères bien-aimés de leur patrie ; la piété généreuse de tant de ses fils qui, sans redouter aucun sacrifice, pourvoient à la dignité du clergé et à la splendeur du culte catholique ; par-dessus tout, les gémissements de tant de petits enfants qui, devant les tabernacles, répandent leur âme dans les

 

1 La Semaine Religieuse de Valence du 4/8/1917

prières que Dieu met sur leurs lèvres, appelleront certainement sur cette nation les miséricordes divines.

Les fautes ne resteront pas impunies ; mais la fille de tant de mérites, de tant de soupirs et de tant de larmes ne périra jamais. Un jour viendra et nous espérons qu’il ne tardera guère, où la France, comme Saul sur le chemin de Damas, sera enveloppée d’une lumière céleste et où elle entendra une voix qui lui répétera : « Ma fille, pourquoi me persécutes-tu ? « Et sur sa réponse : « Qui êtes-vous, Seigneur ?  » la voix répliquera : « je suis Jésus que tu persécutes. Il t’est funeste de regimber contre l’aiguillon ; ton obstination t’a fait déjà tant de mal ! » Et elle, frémissante et étonnée, dira : « Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?  » Et Lui répondra : « Lève-toi et purifie-toi des souillures qui t’ont défigurée. Réveille dans ton sein les sentiments assoupis et le pacte de notre alliance et va, fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et devant les rois de la terre ! »

C’est en formulant ce vœu si doux que je vous accorde la Bénédiction apostolique, à vos communautés religieuses, aux chers fidèles qui ont orné de leur présence cette cérémonie, à vos parents et aux leurs, et que cette bénédiction soit pour vous tous la source des grâces les plus choisies et des plus suaves consolations. »

Tout récemment, Monseigneur l’Evêque de Laval se trouvait à Rome pour sa visite ad limina. Or, à son retour de la Ville Eternelle, Sa grandeur a fait publier dans sa Semaine Religieuse la relation suivante, qui rappelle les circonstances où fut composé ce discours de Pie X.

Nos lecteurs parcourront avec intérêt les lignes suivantes extraites de cette relation :

C’est le 19 juin 1917, vers 11 heures du matin, que nous nous présentions à la demeure des archiprêtres de Saint-Pierre. L’accueil que le cardinal Merry del Val fit à Mgr l’évêque de Laval fut empreint d’une toute particulière amabilité. Il se plut à lui rappeler plusieurs incidents et souvenirs de l’inoubliable journée de la consécration des quatorze évêques français par Pie

X. Le cardinal avait dans son cabinet de travail le dessin du monument qui sera prochainement élevé, dans la Basilique de Saint-Pierre, à la mémoire de ce saint et glorieux Pontife.

Il alla le chercher et, l’étalant sous nos yeux, il nous expliqua la pensée de l’artiste et les mérites de son œuvre. Elle réjouira sans doute la dévotion des Romains envers Pie X. Précisément, le matin même, célébrant la sainte messe dans les cryptes vaticanes sur le tombeau de Saint-Pierre, à quelques pas de celui de Pie X, nous en avions été les témoins profondément édifiés. Pie X est regardé et honoré à juste titre comme un saint ; n’a-t-il pas été aussi, à certaines heures, un prophète ?

« Eminence, demanda Monseigneur , Pie X avait annoncé la guerre actuelle : vous-même l’avez dit à mon illustre compatriote, M. René Bazin ; pensez-vous que cette conviction lui venait d’une communication surnaturelle faite à lui-même ou à quelque autre âme privilégiée ou bien était-ce, à votre avis, une simple prévision humaine ? »

Le cardinal fit un geste évasif qui signifiait : j’aime mieux ne pas répondre. Mais, de toute évidence, le sujet de conversation lui plaisait. La suite nous le montra.

« Pie X, commença le cardinal, a, en effet prévu et prédit la guerre actuelle. Il m’en parla dès 1910. Bien des fois, le matin, quand je venais l’entretenir des affaires de l’Eglise, tout en dépouillant avec lui le courrier diplomatique, et spécialement quand je l’entretenais de nouvelles fâcheuses, je l’entendis me répéter : « Oui, ce que vous m’apprenez est triste, mais qu’est-ce que cela en comparaison de la grande guerre, il guerrone[19], qui vient. »

Lorsque, en 1912, éclata la guerre balkanique, je lui dis : – Très Saint Père, vos prévisions se réalisent. La voici, l’effroyable guerre que vous redoutiez tant !

  • Non, non, répartit vivement le Saint-Père. Ce n’est pas celle là. Non e questo.

Un peu plus tard, il me dit encore :

  • Eminence, la grande guerre approche. Nous ne passerons pas l’année 14. Non passaremo il quattordici.
  • Mais, répliquai-je, rien, absolument rien, je vous assure, n’autorise ces craintes. Toutes les chancelleries veulent la paix.
  • Eminence, vous êtes trop optimiste. »

Vous devinez quels pouvaient être mon trouble et mon émotion après de semblables entretiens.

Arriva le mois de juin 1914. Pendant les grandes chaleurs, les ambassadeurs quittent Rome. L’un après l’autre, ils vinrent donc prendre congé. Je le dis à Pie X.

  • Aucun d’eux, Très Saint Père, n’émet de doute sur son retour ici au mois d’octobre. D’ailleurs, la moitié de l’année est passée. Il ne serait presque plus temps de commencer une guerre. Pie X secoua la tête d’un air incrédule et de nouveau, avec une assurance impressionnante, il répéta :
  • Eminence, nous ne passerons pas l’année 14.

« Pie X, remarqua l’un de nous, a fait aussi une autre prophétie extrêmement intéressante pour des Français. Parlant devant quatre nouveaux cardinaux français, il leur affirma que notre patrie reviendrait à la foi de ses ancêtres, et qu’elle pouvait compter encore sur un avenir glorieux. C’était en novembre 1911. Ne pensez-vous pas, Eminence que dans l’esprit de Pie X, il y avait une corrélation, un lien entre ces deux prophéties ? » Le Cardinal sourit.

  • En effet, dit-il, Pie X a prononcé là un important discours. – Ce passage de l’allocution pontificale, interrogea M. le vicaire général Chauvin, doit-il être considéré comme une improvisation, un simple développement oratoire ?
  • Oh ! non, répliqua le Cardinal, Pie X avait écrit son discours tout entier, de sa main, dès la veille de l’audience. Et ce que je puis ajouter, c’est qu’après l’avoir achevé, il me fit venir. Je le trouvai radieux. Il me présenta son manuscrit, m’invitant à le lire.
  • Voyez-vous quelque chose à changer ? Ne craignez-vous aucune réflexion, aucune remarque de la part des ambassadeurs ?
  • Mais non, Très Saint Père.

Puis, un moment après :

  • Très Saint Père, les journalistes viendront certainement me demander votre allocution ; ils voudront la reproduire. S’ils le font de mémoire, ce n’est pas sans danger. Peut-être consentiriezvous à me confier votre texte, afin que j’en fasse prendre quatre ou cinq copies.

Le pape accéda volontiers à ma demande.

  • Eminence, dit à son tour Monseigneur, croyez-vous que ce magnifique passage qui concerne la France soit dû à une illumination d’En-haut ?
  • Je ne sais, répondit le Cardinal.

Puis il ajouta encore :

  • J’ai toujours beaucoup regretté d’avoir rendu à Pie X le texte original de son discours !

 

 

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Recension : L’Apocalypse de saint Jean : après la plénitude du paganisme,la nouvelle évangélisation par Yves Germain

 

Placé sous le patronage du Père Fillère, préfacé par Jean Daujat, le nouvel ouvrage d’Yves Germain sur l’Apocalypse vient satisfaire un besoin urgent. Car si beaucoup sentent intuitivement que, d’une certaine manière, nous vivons des temps « apocalyptiques », la difficulté, le symbolisme et les style de saint Jean ont tôt fait de décourager le simple lecteur.

Requérir un guide pour parcourir un paysage aussi déroutant est une précaution indispensable ; ici, le guide est lui-même allé à bonne école : ses commentaires s’appuient constamment sur les Pères de l’Eglise et, à travers eux sur les prophètes de l’Ancien Testament et les apôtres. C’est ainsi l’ensemble de l’Histoire qui s’éclaire, et les 7 églises, les 4 vivants, les 7 sceaux ou le 666 sont rendus intelligibles et deviennent à leur tour des lumières sur notre temps.

 

 

(Editions Résiac, BP 6, F-53150 Montsûrs, 126 FF)

 

LES DESSOUS DE LA PREHISTOIRE

 

Résumé : L’auteur avait publié dans Le Cep n°3, deux lettres inédites du

négociant-archéologue allemand Otto Hauser. De passage aux Eyzies, il a pu interroger les souvenirs des habitants et confirmer l’ambiance très peu « scientifique » qui avait cours chez les fouilleurs des années 1930.

 

 

Souvenir d’un passage aux

Eyzies-de-Tayac

Dr Pierre Florent Hautvilliers

 

 

Dans le numéro 3 du CEP, j’ai publié, sans commentaire, deux lettres de Otto Hauser, de mai et juin 1931, faisant état de trafics d’objets préhistoriques.

De passage sur les lieux incriminés, en 1998 et 1999 aux Eyzies-de-Tayac, j’ai voulu vérifier ces affirmations.

A cette époque, les trafics et la vente des objets préhistoriques que l’on découvrait étaient devenus un vrai sport local de la part d’un certain nombre de chercheurs préhistoriens, souvent source d’enrichissement personnel, voire même de fortunes. Peyrony, à qui l’on doit le musée national de préhistoire des Eyzies, n’était pas exclu, et de loin, de ces trafics. Il y avait certainement des chercheurs honnêtes, mais les « maîtres » ne donnaient pas l’exemple.

Pour bien confirmer que mon enquête n’a pas été effectuée à la légère, j’ai même retrouvé le nom de celui qui a chassé le fameux Peyrony avec son fusil de chasse : un paysan nommé Chadourne qui voyait ses terres fouillées sans vergogne et pillées des trouvailles par ce personnage. Cette pratique continue-t-elle de nos jours ? Je ne peux l’affirmer, mais j’ai rencontré une personne qui m’a confié qu’il y a « quelque temps », un chercheur du CNRS vendait des objets préhistoriques… mais « trouvés en dehors de ses heures de travail » !

Peyrony avait de plus, paraît-il, un caractère exécrable : il usait de son autoritarisme pour imposer ses vues en préhistoire, jusqu’à interdire au propriétaire de « l’Hôtel de la Gare », à côté duquel on avait trouvé le célèbre Cro-Magnon, de changer le nom de son hôtel en « Hôtel Cro-Magnon » comme il le désirait. Ce qui fut fait aussitôt la mort de Peyrony.

Le propriétaire de cet hôtel, dont le père avait été l’ami de Otto Hauser, était devenu l’ennemi juré de Peyrony ; les rapports entre ces deux personnages étaient parfois si fortement houleux qu’une fois, le propriétaire excédé attrapa ce dernier par le col de sa veste et le fit passer par la fenêtre… du rez-de-chaussée, pour le jeter dehors ! Ce même propriétaire, M Laysalles, avait trouvé un squelette lors de ses fouilles personnelles. Hauser lui en proposa 1.000.000 de francs-or pour le lui racheter et l’emmener en Allemagne, mais lui très cocardier à l’époque, ne désirait pas le vendre à un étranger et était donc désireux par patriotisme de le céder à la France, même pour une somme réduite de moitié… Le squelette fut donc cédé à l’Administration, et il reçut pour unique compensation… un certificat de reconnaissance de l’état français ! Quant au squelette, il n’a jamais été exposé, nul ne sait ce qu’il est advenu ; probablement traîne-t-il encore dans sa caisse d’origine dans les réserves du musée.

Ce même hôtelier reçut dans son restaurant, en 1956, les préhistoriens venus examiner l’authenticité des découvertes récentes dans les grottes de Rouffignac (mammouths gravés que l’on peut visiter de nos jours). L’ambiance entre ces scientifiques préhistoriens était charmante : un foire d’empoigne invraisemblable entre les partisans de l’authenticité et les partisans d’un faux. Ce genre d’ambiance, au cours des repas entre préhistoriens, n’était pas exceptionnelle, elle était coutumière. En effet, leur repas annuel se tenait habituellement dans l’hôtelrestaurant concurrent du Cro-Magnon : l’Hôtel des Glycines. Lorsque le fils de M. Laysalles (Hôtel Cro-Magnon) reprit la gestion de l’hôtel paternel en 1960, les préhistoriens décidèrent d’y tenir leur réunion annuelle une fois sur deux, par souci d’équité (le propriétaire précédent ne tenait guère en estime cette profession et le faisait savoir).

La même ambiance tumultueuse régnait toujours, ce qui décida le nouveau propriétaire à prier les préhistoriens de ne plus remettre les pieds dans son établissement pour leurs réunions suivantes.

 

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Le prodige eucharistiquede Moure (Portugal)[20]

Judas Maccabée

 

Voici une nouvelle réconfortante pour la foi des fidèles et dont les journaux n’ont pas parlé.

Il s’agit de l’apparition de l’image du Christ sur une hostie consacrée ! Ce prodige a eu lieu le 20 mai 1997 à Moure, au Portugal. Des milliers de personnes ont vu cette hostie, dont l’archevêque de Braga qui affirme qu’il s’agit là d’un fait merveilleux, mais n’emploie pas le mot « miracle ».

Ce fait merveilleux eut lieu dans l’église paroissiale Santa Maria, de Moure (Barcelos). Des prêtres, des journalistes, des milliers de personnes sont accourus.

Comment cela s’est-il passé ? D’après le Jornal de Noticias du Portugal, il y avait déjà eu une image identique les 18 et 19 mai 1996, dans la même église, lors de l’Adoration des Quarante Heures, en présence de 500 personnes…On avait alors constaté que, si l’on éteignait les lumières de l’église, l’image ne disparaissait pas, preuve qu’il ne s’agissait pas du reflet d’une lumière extérieure.

Le curé de cette paroisse fervente avait alors décidé de faire une heure d’adoration publique le 18 de chaque mois, de 22 à 23 heures.

Mgr Enrico Dias Nogueira, archevêque de Braga, a nommé une commission pour étudier le « phénomène de Moure » et ordonné que l’hostie consacrée qui a été exposée ne soit pas consommée après la clôture des Quarante Heures. Quelle conclusion tirer de ce prodige eucharistique ? D’abord qu’il a lieu dans une paroisse fervente : reste-t-il encore une paroisse en France où l’on fait l’Adoration des Quarante Heures ? Cette coutume a disparu, comme tant d’autres, dans la révolution liturgique.

Certains objecteront que cette hostie a été consacrée dans une « nouvelle messe ». Certes oui, c’est très probable, et cela confirme notre jugement que, en soi, le N.O.M. est valide et qu’au Portugal le « dogme de la foi », comme le disait la Très Sainte Vierge à Fatima, a été conservé.

Ensuite, c’est l’image du Christ souffrant qui est apparu, pour nous rappeler les mystères douloureux de sa Passion. Celle-ci continue dans ses membres, déchirés par la crise d’une Eglise qui devient anarchique…

Prions spécialement sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, dont nous avons fêté le centenaire de la naissance au Ciel, de nous aider à garder la foi et les coutumes de la sainte Eglise et spécialement le vrai sens de la messe.

 

 

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SOCIETE

 

 

Petit écran … Grands maux Neurones en danger Michelle Legrais

 

Résumé : Certains aspects nocifs de la télévision sont bien connus : informations superficielle et donc partiale à force d’être partielle, immoralité des spectacles. On rêve donc à une « bonne » télévision, réalisée dans un autre esprit. Mais, même dans ce cas, resterait l’impact du petit écran sur la formation affective et intellectuelle des jeunes enfants. Michelle Legrais étudie l’action de la télévision par elle-même, indépendamment de son contenu, sur l’imagination, la perception du réel, l’intelligence, la personnalité, l’aptitude à réfléchir, le langage. Sa conclusion est sans appel.

 

Lorsqu’on aborde le problème de la télévision, les seuls points de vue envisagés d’emblée par les familles sont celui du temps passé par les enfants devant le petit écran et celui de l’immoralité des spectacles.

Nous traiterons ici d’un aspect beaucoup plus fondamental. Celui des images en elles-mêmes. En effet, le danger de perversion de l’esprit et de l’imagination, bien que moins spectaculaire que la corruption du sens moral, est beaucoup plus profond. Il est aussi, en général, plus difficile à comprendre.

 

1. L’imagination

 

La télévision s’adresse d’abord à l’imagination. Elle remplit la tête d’images. C’est là que réside son principal danger, danger inévitable puisqu’il est inhérent à la nature même de la télévision.

Un bref rappel de la fonction de l’imagination chez l’être humain nous permettre de mieux comprendre l’effet pervers de la télévision.

L’imagination est un sens interne, une faculté, dont l’organe est le cerveau cognitif, qui conserve les sensations reçues par les organes des sens et les rappelle par les fantasmes.

Elle fait partie de notre sensibilité intérieure comme le sens commun , l’estimative[21] et la mémoire auxquels elle est étroitement liée. Elle est comme située entre les sens externes (vue, ouïe, odorat, tact, goût) et l’intelligence.

Elle ne peut rien produire sans perceptions reçues de l’extérieur ; mais par le jeu de l’intelligence, elle peut ensuite créer de nouveaux fantasmes.

Ces images intérieures sont comme l’empreinte de la vie en nous et forment, par leur accumulation, un immense patrimoine dont les éléments sont unis entre eux par une infinité de liens.

De cette sensibilité intérieure dépendent la vie affective, la vie intellectuelle, l’inspiration créatrice, la construction de notre « moi psychologique ». Un grande partie de cette élaboration se fait à notre insu et c’est probablement l’imagination qui est la partie plus puissante de notre inconscient.

En résumé, disons que l’imagination nourrit notre affectivité, meut nos passions ; elle est pour notre intelligence la source féconde d’objets de connaissance à partir de laquelle vont se former par abstraction les idées, les concepts ; elle nous procure des fantasmes selon un ordre et une habitude dont la synthèse contribue à façonner notre personnalité, notre comportement, notre style…

Ajoutons pour finir que l’imagination conserve la sensation dans la mesure où elle est marquée par elle.

Trois facteurs vont conditionner cette mesure : la répétition de la sensation, l’émotion qui l’accompagne et la disposition du cerveau.

Le premier conditionnement de ce cerveau, c’est l’âge: plus l’imagination est jeune, plus elle est indéterminée et donc malléable.

La vue a bien sûr une grande importance pour l’imagination, elle l’enrichit constamment. L’ouïe influence l’imagination par l’intermédiaire des passions qui sont elles-mêmes sous l’influence primordiale de tout ce qui est sonore (bruits, mots ou musique).

On comprend, par tout ce qui précède, l’importance de l’imagination chez l’être humain.

A fortiori chez l’enfant où elle est comme une cire vierge.

On comprend pourquoi les images sont indispensables à la formation des jeunes imaginations – les belles, bonnes et vraies images – puisque c’est grâce à ces images que va se former la réserve mentale des idées, des informations, des références…

 

2. Saturation de l’imagination par la télévision

 

Les images produites par la télévision, même si elles étaient toujours belles, bonnes et vraies, ne peuvent apporter cette formation aux jeunes imaginations pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, il s’agit d’images artificielles caractérisées par un manque de stabilité, une variation rapide de brillance, des images sautillantes, spécialement dans les dessins animés. La structure des images lumineuses intermittentes provoque une hyperstimulation de l’oeil et du cerveau qui entraîne une fascination des enfants qui les amène à regarder fixement l’écran.

La télévision ne suscite pas l’attention : elle hypnotise. Ce qui entraîne fatigue physique, fatigue visuelle, agitation, altération du sommeil paradoxal, (le meilleur, le plus savoureux, celui du rêve).

Selon certains chercheurs, le sommeil paradoxal a une importance considérable dans les phénomènes de mémorisation.

Ces stimulations finissent par perturber la vigilance diurne et altérer ainsi les capacités d’attention de l’enfant.

Par cette hyperstimulation, la télévision est comparable à une drogue et, comme elle, peut entraîner une dépendance.

On a d’ailleurs constaté chez certains enfants, un véritable comportement convulsionnel vis-à-vis de cette stimulation lumineuse.

En second lieu, ces images se succèdent si rapidement et en telle abondance qu’elles provoquent une sorte d’indigestion et interdisant une véritable assimilation des connaissances. Il y a trop de choses, trop vite ; c’est le coq-à-l’âne perpétuel.

Cette indigestion d’images endort l’attention trop sollicitée, si bien que l’attitude ordinaire du téléspectateur est la passivité.

Cette passivité a une conséquence redoutable chez l’enfant :

elle amollit la volonté.

On a constaté chez les enfants consommateurs de télévision une diminution sévère des capacités de mémorisation et une difficulté pour associer images, idées et paroles.

 

3. La télévision a, pour l’enfant un effet destructeur sur la perception du réel.

 

Rappelons que la limite entre le réel et l’imaginaire se constitue peu à peu au cours de l’enfance et qu’elle reste floue jusqu’à l’adolescence.

La télévision efface progressivement la frontière entre le réel et l’irréel, et provoque chez l’enfant un décollement par rapport au monde réel.

Même sans violence, la télévision détache l’enfant de la réalité et le rend inapte à mesurer la conséquence de ses actes.

Chez l’enfant de moins de six ans en particulier, il existe une difficulté naturelle à distinguer l’actuel du passé, la fiction de la réalité. Pour l’enfant, l’image projetée est vivante et actuelle, et il a beaucoup de mal à se situer à une époque passée ou fictive.

C’était sans doute le fait des récits et des contes de notre enfance, mais qui commençaient toujours par cette phrase magique : « il était une fois… » D’autre part, il existait une relation privilégiée entre le parent conteur et l’enfant, qui n’existe plus avec la télévision.

Ce « flou » entre le réel et l’irréel entretenu par la télévision peut favoriser une instabilité émotionnelle et des difficultés relationnelles.

Fascinés par la télévision, les enfants négligent de plus en plus leur cadre de vie réel au profit du cadre imaginaire de la T.V..

La vie excitante et sensationnelle proposée par la télévision est une tentation permanente d’échapper à la réalité quotidienne.

 

 

 

 

 

4. La télévision remplace leur propre rêve par le rêve organisé.

 

Par la télévision, l’imaginaire enfantin, naturellement si riche, subit une invasion de sons et d’images qui le submergent et l’empêchent de créer ses propres images. Quand il joue ou lit, l’enfant crée lui-même son propre film, ce qui est indispensable à son développement psychologique. La télévision lui enlève cette possibilité.

De plus, l’ambiance émotionnelle lui est imposée, alors que dans la lecture, elle est seulement proposée par l’auteur et recréée par l’enfant.

L’enfant croit davantage à la réalité d’une image mobile que dans ses rêveries provoquées par le récit d’un conte. Il vit intensément le conte véhiculé par le télévision car les messages sont transmis par un triple langage : visuel, verbal, non verbal sonore.

L’enfant, naturellement très impressionnable, intègre facilement le message que lui apporte le petit écran et s’identifie plus aisément au héros qu’il lui propose. L’identification à des héros multiples peut d’ailleurs être source de perturbations.

La télévision présente le plus souvent aux enfants des modèles artificiels et inaccessibles qui produisent frustration et vieillissement psychologique. L’enfant-héros est avant tout un création d’adultes dont l’imaginaire diffère totalement de celui de l’enfant auquel il s’adresse.

Le modèle mythique n’aide pas l’enfant, sinon à projeter ses propres frustrations : il forme alors une image dévalorisée de luimême, de son milieu familial, de sa condition sociale et culturelle.

Les véritables joies de l’enfance innocente sont ainsi étouffées par la télévision.

 

5. La télévision contribue au modelage de l’enfant.

 

Nous l’avons rappelé en préambule, l’imagination a un rôle essentiel dans la formation de la personnalité. Or, par sa puissance de suggestion, la télévision va modeler l’enfant selon les stéréotypes qu’elle véhicule.

Dès son plus jeunes âge, l’enfant cherche naturellement à imiter (l’imitation reste une grande loi de la psychologie humaine tout au long de l’existence). En adaptant ce qu’il perçoit à sa propre psychologie et à ses conditions physiques en voie d’épanouissement, il reproduit tout : façons d’être, habitudes, vocabulaire, gestes et mêmes expressions de physionomie.

  • Les modèles sont d’abord ses parents, puis le reste de son entourage selon le degré de proximité et d’affinité naturelle.
  • Au fur et à mesure qu’il grandit, l’enfant découvre de nouveaux modèles dans son voisinage, à l’école et dans la société en général.
  • A l’âge de raison, il sera à même de juger ce qu’il y a de bon et de mauvais dans ces modèles.

Mais l’influence reçue pendant ses toutes premières années pèsera d’une manière décisive. C’est ainsi que le rejet ou l’acceptation de tel ou tel modèle marque profondément les rapports de l’enfant avec la société.

Le rôle primordial dans ce processus revient bien sûr aux parents. Or la télévision se substitue aux parents. C’est un véritable bouleversement des rôles.

Bien avant l’école, les enfants disposent d’une autre source qui leur permet d’assimiler des ambiances et des conceptions, de se familiariser avec des adultes différents, d’éprouver des émotions nouvelles. Ils sont pris dans de puissants faisceaux d’influences aux âges sensibles de la formation de la personne.

Au cours de ce processus de formation se constitue un champ de représentations sociales qui vont permettre à l’enfant de comprendre son environnement, de l’interpréter, de communiquer avec ses semblables et de se situer lui-même dans la société.

La constitution de ce champ est un mécanisme évolutif dans lequel les premières représentations résultant de l’identification aux parents et la formation de l’image de soi, sont des structurations fondamentales.

Dans l’intimité du foyer, la télévision influence considérablement cette structuration en imposant une vision du monde et un mode de vie qui façonnent uniformément adultes et enfants.

Autrefois, lorsqu’il n’y avait ni radio ni télévision, les originaux étaient très nombreux. Chaque homme se formait par son expérience personnelle.

Aujourd’hui, où les nouveaux médias véhiculent une expression des modes de vie et de valeurs (en majorité américains), la standardisation de l’homme est évidente et l’humanité y perd beaucoup.

 

6. Influence de la télévision sur l’intelligence.

 

Parce qu’elles saturent, parce qu’elles gavent l’imagination, les images fournies par la télévision perturbent le travail naturel de l’intelligence.

Il est incontestable que la télévision a provoqué un élargissement des connaissances des enfants à un âge plus précoce qu’avant ce moyen d’information, mais il y a eu en même temps uniformisation des connaissances et des thèmes supports de leurs fantasmes.

Des enquêtes ont montré que dans un premier temps, il y a enrichissement, mais qui devient stagnation par la suite.

La passivité qui consiste à recevoir une information déjà façonnée ne permet pas le développement ultérieur d’un esprit critique et de recherche personnelle de la connaissance, que donne la lecture des livres.

La télévision peut donc être excellente pour susciter des intérêts et éveiller des passions, mais ce qui est moteur au début devient un frein dans un second stade.

 

La télévision peut-elle donc être un bon outil d’apprentissage ?

 

L’expérience montre que non. Ceci pour plusieurs raisons :

 

  • Parce qu’elle va vite, qu’à l’image succède l’image, elle ne laisse pas le temps réfléchir ; les idées ne s’impriment pas durablement car elle ne permet pas de revenir longuement sur un sujet comme on le fait sur les phrases d’un livre.

La conséquence de cette vitesse est qu’il faut qu’elle soit rapidement comprise : elle fonctionne donc à l’aide de stéréotypes qui donnent du monde une vision simplificatrice ; l’enfant va ensuite considérer le monde à travers ces stéréotypes.

Il risque de s’y conformer et on peut craindre que la vraisemblance ne lui apparaisse qu’en fonction de la conformité à ces stéréotypes.

 

  • Les réponses viennent sans que l’enfant n’ait eu le loisir de se poser les questions ; or l’émergence d’une question est le fruit d’une maturation qui est plus utile que la connaissance de la réponse.

La télévision ne peut pas enseigner à un enfant en particulier, mais à la moyenne des enfants. L’émission ne tient compte ni du degré de connaissance, ni de la maturité, ni du langage, ni de l’expérience individuelle. Elle s’adresse donc soit à la moyenne présumée, soit au niveau le plus bas de l’audience ciblée.

„La télévision spectacularise les événements et les idées :

C’est le côté spectaculaire ou sympathique qui frappe, plus que la profondeur des idées. Elle s’adresse plus aux sentiments qu’à l’esprit. Elle donne des sensibilisations plus que des notions.

A ce sujet, voici ce qu’écrivait le professeur Rufo dans la revue Vie et Santé de mars 1991 :

« L’obstacle le plus important est la rupture qui existe entre deux mondes :

  • d’une part, celui de l’étude, de la réflexion, de la recherche, de la concentration ;
  • d’autre part celui de la télévision.

Tout est opposé, d’une manière remarquable. Et l’étudiant connaît, consciemment ou non, un mal fou à s’adapter au passage d’un univers à l’autre. Pire, la télé exerçant sur lui le pouvoir que l’on sait, va le conduire à attendre une vie « télévisuelle » partout où il vivra son quotidien. La télévision est capable de créer de nouveaux réflexes chez un individu, notamment chez un jeune (…)

Le système télévisuel s’articule autour du show; du spectacle (…) L’enfant va attendre qu’autour de lui tout lui soit représenté en terme de spectacle, faute de quoi rien ne l’accrochera, même s’il s’agit de l’essentiel dans sa vie (…)

Le travail de l’examen scolaire se vit sur la base d’un tout autre système, celui de la répétition, celui de la concentration, de l’attention sur un même sujet.

C’est d’ailleurs un fait très actuel : les gens d’aujourd’hui changent de conversation d’une manière étonnante, incapables qu’ils sont devenus de discuter en profondeur sur un sujet, ce qui reste le privilège – pourtant accessible à tous – de peu de personnes. La pensée part dans tous les sens, se balade, n’arrive pas à se fixer… »

 

„ La télévision n’aide pas non plus à l’acquisition du langage ;

 

  • tout d’abord puisqu’il est inutile de nommer ce que l’on voit,
  • ensuite parce que le langage demande le passage du concret à l’abstrait, de l’objet au concept. Les images données toutes faites par la télévision risquent de « fossiliser » les possibilités d’abstraction de l’enfant.
  • de plus le langage télévisuel est un langage direct. Il n’y a jamais de phrases en style indirect ; les temps sont simples, on n’emploie presque jamais le subjonctif : l’enfant se bloque dans un langage très simple, signifiant, qui lui permet tout juste de dire à peu près ce qu’il a à dire.

Si nous prêtons l’oreille aux conversations de cours de récréation, nous retrouvons tous les « tics » de langage répandus par les médias : « c’est « vachement bon », « c’est cool », « c’est sympa », « c’est génial », et les abréviations « foot », « ados », « sécu »… »

Le problème est grave car il semble bien que l’enfant doive acquérir les formes complexes, la structure de son expression future avant l’âge de six ans.

On rencontre en effet fréquemment des adultes dont le vocabulaire est extrêmement limité, réduit à environ deux cents mots et quelques onomatopées. De plus, leur langage est hésitant, abrégé, maladroit.

La mémoire, bourrée de représentations, devient inapte à retenir les articulations des plus simples raisonnements.

Les enfants ont de très grandes difficultés à écrire quelques lignes de leur composition, à comprendre un texte même court, à passer du concret à l’abstrait, de l’objet au concept.

On aboutit donc à un analphabétisme fonctionnel : les enfants savent lire et écrire, mais ne savent pas utiliser leurs facultés.

C’est peut-être là que réside l’effet le plus pervers de la télévision : les images qu’elle accumule avec force dans l’inconscient mental paralysent l’exercice normal de l’intelligence et empêchent de trouver – ou même de chercher – la lumière de la vérité.

 

Conclusion

 

Cette analyse très succincte peut paraître sévère et susciter doute ou même refus. Elle s’appuie sur des données sérieuses dont les sources sont indiquées en fin d’article.

Mais notre expérience personnelle ne vient-elle pas encore étayer ce qui a été dit ? Que chacun fasse le bilan des centaines d’heures passées devant un récepteur et réfléchisse à ce qu’il acquis dans tel ou tel domaine… Il y a loin de la coupe aux lèvres !

 

Alors, que faire ?

 

Considérer la télévision comme un spectacle. Or, l’être humain n’est pas fait pour aller au spectacle tous les jours. On peut donc, si on ne veut pas tout simplement l’éliminer de la maison familiale, la regarder très occasionnellement. Et, pour le jeune enfant, cela doit rester exceptionnel. Il faut alors toujours lui préciser s’il s’agit de fiction ou de réalité.

Si l’on craint un décalage par rapport aux autres enfants, rappelons-nous que plus de 1 200 000 foyers en France n’ont pas la télévision : 12 % des cadres supérieurs et des professions libérales sont dans ce cas.

 

Bibliographie :

 

  • Neuropsychiatrie de l’enfance, 1981 –29 n°3

 

Extrait de « Apprenez-nous à prier« , n°5/12 (Association Transmettre. BP 11 84390 Caromb).

  • Regards sur l’audiovisuel, in « Education, culture et télévision« , Jean Cluzel, de l’Institut . ‹ Luce Quenette – Itinéraires n°160 – 1972 ‹ Abbé Berto. Notre Dame de Joie. N.E.L.
  • Professeur Rufo. Vie et Santé, mars 1991.

 

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Lettre d’un mourant au corps médical Jean-Pierre de Clerck

 

Présentation : En octobre 1998, Jean-Pierre de Clerck, chirurgien-dentiste de son état, entrait à l’hôpital avec un cancer de la prostate en phase terminale. Voici la lettre qu’il crut bon d’écrire à l’intention du corps médical hospitalier.

 

Docteur,

 

Vous voulez bien m’assister dans la phase finale de mon existence terrestre ; soyez en remercié.

J’attends de vous que vous me disiez la vérité.

Je veux le secours d’un prêtre pendant que je suis lucide. Vous voudrez bien prévenir qui de droit en temps utile, au besoin l’appeler vous-même.

Ne me volez pas ma mort. Je veux, avec la grâce de Dieu, mourir en homme et en chrétien. Je désire garder ma connaissance le plus longtemps possible et savoir que je meurs. Laissez-moi une part raisonnable de souffrance.

Ne hâtez pas ma fin par charité ; mais surtout, ne la prolongez pas indûment, par excès de conscience professionnelle ; pas d’acharnement thérapeutique. Qu’importent quelques heures ou quelques jours de plus, alors que vous saurez l’issue fatale. Oubliez les progrès de la science et laissez faire la nature.

Je vous fais confiance et je vous remercie de respecter ces dernières volontés, même et surtout si elles vous paraissent vacillantes à l’heure décisive ; vous m’aiderez au contraire à vouloir ce que je veux vraiment.

Si vous deviez me remettre entre les mains d’autres confrères, vous voudrez bien les informer de ces vœux et consignes, au besoin veiller à leur application.

 

Je vous remercie. Dieu vous le rendra.

 

 

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L’Amérique, terre de contrastes Jacqueline Guay

 

Présentation : La revue créditiste canadienne « Vers demain« , dans son numéro d’août-septembre, nous signale deux faits caractéristiques du malaise contemporain. Un Etat « laïc », voué à récuser la morale chrétienne mais reculant devant les conséquences au point de réintroduire les 10 Commandements sur les murs des écoles.

 

1. L’Etat laïc enseigne l’immoralité

 

Monique Dostie, de Lewiston, (Maine, Etats-Unis), a travaillé pendant un an dans un centre d’accueil gouvernemental pour les handicapés.

Un jour, ses patrons lui ont ordonné d’enseigner aux handicapés comment pratiquer le vice solitaire. Horrifiée par une telle demande, Monique Dostie répondit : « Je suis catholique, jamais je ne me plierai à un tel ordre. » Et elle quitta cet emploi qui l’aurait obligée trahir sa foi.

Elle décida d’ouvrir elle- même un foyer pour handicapés. Elle obtint son permis de l’Etat. A ses handicapés, au nombre de trois, elle a enseigné les Commandements de Dieu au lieu de leur enseigner le vice. Ses handicapés sont maintenant catholiques et sont satisfaits de la bonne tenue de leur foyer.

Mais, trois mois après l’ouverture de son foyer, Monique Dostie reçut la visite de cinq ou six inspecteurs de l’Etat. Ils lui donnèrent deux livres sur le sexe, à enseigner à ses handicapés. Elle jeta un coup d’œil sur ces livres, et, se rendant compte de ce dont il s’agissait, lança ces livres pornographiques sur le fauteuil et elle dit : « Je ne lirai jamais moi-même ces livres et je ne les enseignerai pas à mes handicapés. Cette littérature n’entrera pas dans ma maison ! »

Les inspecteurs demandèrent à voir les règlements de la maison. Ils étaient inscrits sur les murs. Pas de programmes de TV, pas de programmes de radio, pas de cassettes, pas de vidéo, pas de livres qui présentent de la pornographie.

« Madame, dirent les inspecteurs, vous avez un permis de l’Etat, vous devez suivre les règlements de l’Etat, vos règlements vont contre les droits de vos pensionnaire. Si vous n’enlevez pas ces règlements, nous vous amènerons en Cour. »

Monique Dostie répondit : « Je préfère suivre la loi de Dieu avant de suivre la loi de l’Etat. »

Pour cette raison, elle fut traduite devant les tribunaux. Elle obtint le concours d’un avocat catholique, Maître James Bendelle, de l’Association des Avocats Catholiques des Etats-Unis. Malgré les bons arguments de l’avocat, qui ont démontré clairement que les règlements de la maison de Mademoiselle Dostie n’allaient pas contre les droits de ses handicapés – ces derniers étant eux-mêmes catholiques, ils sont satisfaits des règlements contre l’enseignement du sexe et contre la pornographie – la Cour n’a pas donné gain de cause à Monique Dostie. La raison évoquée : si Melle Dostie prenait un nouveau pensionnaire, elle n’aurait pas le droit de lui imposer ses règlements. Alors l’avocat fit appel devant la Cour Supérieure, contre cette décision, car selon lui, les catholiques ont aussi des droits. Lorsqu’elle avait ouvert son foyer pour handicapés, Monique Dostie l’avait placé sous le patronage de Pauline-Marie Jaricot, fondatrice de l’Oeuvre de la Propagation de la Foi, dont le procès de béatification est ouvert à Rome. Beaucoup de parents téléphonent à Melle Dostie pour lui démontrer leur appui et l’encourager ; certains d’entre eux lui disent qu’ils seraient heureux de placer leurs handicapés chez elle si jamais ils en avaient dans leur famille.

 

2. Les Dix Commandements peuvent maintenant être affichés dans les endroits publics

 

Les tueries dans les écoles ont fait réfléchir des Membres de la Chambre des Représentants aux Etats-Unis. Jusqu’à présent, l’enseignement des Commandements de Dieu n’était pas permis dans les écoles.

 

 

 

 

Le 17 juin 1999, à Washington D.C., la Chambre des Représentants a voté une loi pour permettre d’afficher les dix Commandements dans les écoles et dans les autre édifices gouvernementaux, par un vote de 248 contre 180 voix ; les députés ont approuvé l’amendement à la loi sur le crime juvénile, proposé par le Républicain Robert Aderholt. Cet amendement autorise désormais les Etats à décider si oui ou non ils permettront un tel affichage dans les édifices publics. L’amendement, dit le député Aderholt, est le premier pas fait par le gouvernement pour réinculquer les valeurs de la vie humaine aux enfants influencés par la culture et la violence.

« Je comprends que d’afficher simplement les Dix Commandements ne changera pas instantanément le caractère moral de notre nation, dit le député Aderholt. Cependant, c’était une étape importante à franchir pour promouvoir la moralité, et la fin des tueries d’enfants. »

En 1980, la Cour Suprême des Etas-Unis avait déclaré anticonstitutionnelle une loi du Kentucky préconisant l’affichage d’une copie des Dix Commandements dans les classes de chaque école publique. La Cour avait statué que de tels affichages violaient la loi séparant la religion et l’Etat.

 

 

 

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BIBLE

 

 

« Et voici que tu concevras en ton sein » (Lc 1,31) L’ange annonce à Marie sa conception virginale

P.Ignace de la Potterie sj

 

La Péricope de l’Annonciation est l’une des plus belles et des plus profondes de l’Evangile de Luc ; mais c’est aussi l’une des plus complexes et elle est encore souvent interprétée de façon approximative, parfois même erronée. Nous proposons ici l’analyse d’un seul verset (Lc 1,31) pour lequel nous tiendrons compte du contexte.

 

I

L’ange Gabriel vient d’auprès de Dieu pour transmettre à la Vierge Marie l’annonce de l’Incarnation désormais proche. Marie qui était l’épouse promise à Joseph, reçoit l’annonce qu’elle deviendra virginalement la mère du Fils de Dieu. Mais Dieu avait déjà depuis longtemps préparé Marie à sa mission : elle avait déjà éprouvé, en effet, qu’elle avait été « rendue plus agréable » (κεχαριτωμενη) à Dieu, par l’action de la grâce. C’est là le véritable sens de ces mots « pleine de grâce », que nous récitons encore dans notre prière, sans en comprendre souvent toute la signification. Le parfait passif du verbe (κεχαριτωμενη) indique qu’il s’agit d’une action passée de la grâce sur Marie, une action, donc, antérieure à l’Annonciation : Marie avait senti depuis longtemps qu’elle était intérieurement orientée vers un événement futur, encore inconnu ; elle avait éprouvé en elle un profond « désir de virginité » (saint Thomas) ; saint Bernard lui aussi disait que la grâce de Marie était « la grâce de la virginité« . Ainsi, orientée par cette grâce, Marie avait été préparée à sa mission, qui était de devenir la mère du Fils de Dieu incarné, mais de façon virginale. Tel était le contexte antérieur à l’événement précis dont l’évangéliste parle au verset de Lc 1,31.

 

II

Nous voudrions analyser maintenant attentivement ce verset 1,31, qui constitue la première véritable annonce à Marie. Dans le texte grec, le début du verset est formulé en peu de mot : « Et voici que tu concevras en ton sein« . Ces mots, apparemment banals, sont étrangement ignorés de presque tous les commentateurs passés ou présents. Nous voudrions montrer quelle est leur véritable signification : l’ange annonce ici à Marie le grand paradoxe, sa conception désormais proche, sera virginale. Mais ces quelques mots doivent être replacés dans la totalité du verset, où l’on distingue trois moments successifs : 1) « Tu concevras en ton sein et 2) tu enfanteras un fils, et 3) tu lui donneras le nom de Jésus« . L’un des paradoxes principaux de la situation exégétique actuelle concernant ce verset, c’est que les mots « en ton sein » sont souvent omis, sous prétexte banal qu’ils sont inutiles, pléonastiques : n’est-il pas évident que la femme conçoit toujours en son sein ? Cela, Luc, qui était médecin, le savait encore mieux que nous. Mais il était aussi évangéliste ; et s’il a maintenu les mots « en ton sein », c’est qu’ils devaient avoir pour lui une signification importante. Signification que nous allons essayer de découvrir par l’analyse précise de son texte. Omettre ces mots, comme le font de nombreux commentateurs modernes, c’est d’une audace présomptueuse, inadmissible ; mais c’est aussi évidemment le signe qu’ils ne les ont pas compris. C’est pourquoi nous voudrions montrer que ces mots ont une importance considérable : ils constituent l’annonce, faite par l’ange à Marie de Nazareth, que sa conception se fera intégralement « en son sein », qu’elle sera donc totalement intérieure ; c’est pourquoi il s’agira d’une conception virginale. Voyons pourquoi.

 

 

 

 

 

 

III

Examinons, avant tout, notre verset Lc 1,31; sous tous ses aspects, pour en saisir les différentes nuances cachées. Il est essentiel de bien voir qu’il y a là une référence indirecte à la célèbre prophétie sur l’Emmanuel de Is 7,14 (grec), à laquelle renvoyait aussi Mt 1,23, dans le contexte de l’annonce à Joseph. Dans Is 7,14, comme chez Mt 1,23, il y avait la même formule : « Voici que la vierge aura en son sein et mettra au monde un enfant et ils lui donneront pour nom Emmanuel » (dans Isaïe il y avait la seconde personne : « tu lui donneras pour nom« ). Dans le texte de Matthieu, l’ange explique à Joseph, avec une référence au texte d’Isaïe, comment se réalisera l’incarnation : « la vierge aura en son sein« .

Si nous comparons la formulation de Luc avec celles d’Isaïe et de Matthieu, nous pouvons cependant remarquer deux différences singulières :

  1. le sujet de la phrase (« la vierge », dans les deux autres textes) a disparu ; la raison tient à ce que la phrase est formulée chez Isaïe et Matthieu à la troisième personne, tandis que Luc, présentant le texte sous la forme d’un dialogue direct entre l’ange et Marie, emploie nécessairement la seconde personne (« tu concevras »).Mais ainsi disparaît également la relation directe entre le verbe « concevoir » et le sujet « la vierge ». Le substantif « vierge » avait déjà cependant été employé deux fois précédemment par Luc, dans l’introduction narrative du verset (Lc 1,27 : « à une vierge […], le nom de la vierge…« ) ; le vrai dialogue commence donc seulement au verset 28 ;
  2. le verbe est lui aussi différent : au lieu du « aura en son sein » (εν γαστρι εξει) de Isaïe et de Matthieu, Luc fait dire à l’ange : « tu concevras [συλλημψει] en ton sein« . Or « concevoir en son sein » est une formule paradoxale, neuve, absolument unique dans toute la Bible. Pour quel motif Luc a-t-il introduit cette étrange expression, totalement nouvelle, à l’apparence pléonastique ?

 

 

 

 

La raison est assez évidente. Pour parler de la conception ordinaire d’une femme, l’Ancien Testament emploie d’habitude deux formules : « recevoir dans son sein » (par ex. Gn 25,22 ; Is 8,3 etc.), en référence à l’homme dont la femme « reçoit » la semence en son sein (le nom de l’homme est parfois indiqué) ; ou bien « avoir en son sein » après le rapport sexuel de la femme avec l’homme , mais là aussi, après avoir « reçu » la semence de cet homme, c’est ainsi qu’il était indiqué qu’une femme était désormais enceinte (cf. Gn 38, 25 ; Am 1,3, etc.). Pour Luc, ces deux formules étaient exclues , parce qu’il savait que Marie avait dit : « Je ne connais point d’homme« (Lc 1,34), je suis vierge ; la solution de Luc fut de substituer à ces deux formules bibliques usuelles, mais toutes deux ambiguës, le verbe « concevoir » (συλλαμβανειν), lui aussi très fréquent dans l’Ancien Testament (mais sans l’ajout de « en son sein »). L’évangéliste, en revanche, emploiera deux fois ce verbe « concevoir », mais avec l’ajout apparemment superflu de « en son sein » : remarquons toutefois qu’il ne s’exprime ainsi que pour Marie.

Voyons, pour comprendre ses raisons, de quelle façon il emploie à plusieurs reprises ce verbe « concevoir », tantôt sans tantôt avec la spécification « en son sein ». Il y a quatre textes significatifs à comparer : deux concernant Elisabeth et deux concernant Marie. Elisabeth, qui est la femme de Zacharie et la mère de Jean-Baptiste, n’était certainement pas vierge ; ce n’est pas par hasard que Luc emploie pour elle à deux reprises « concevoir » sans l’expression « en son sein » : « Elisabeth, sa femme, conçut et elle se tint cachée durant cinq mois » (1,34) ; et l’ange explique à Marie « Et voici qu’Elisabeth, ta parente, vient elle aussi de concevoir [cette ressemblance entre les deux parentes consiste seulement dans le fait que toutes les deux conçoivent, mais non dans la façon de concevoir] un fils en sa vieillesse (1,36) ». Pour Marie néanmoins, Luc emploie deux fois le même verbe « concevoir », mais cette fois avec l’ajout de « en son sein » ; le premier texte est précisément le nôtre : « tu concevras en ton sein » (1,31) ; plus loin, on lit encore ; « …comme il avait été appelé [Jésus] par l’ange avant d’avoir été conçu en son (celui de Marie) sein » (2,21).

 

Cette formule « en son sein », apparemment inutile et pléonastique, est unique dans toute l’Ecriture ; c’est là le signe qu’elle a un sens particulier, signe qui devient encore plus clair quand on remarque qu’elle se trouve dans deux textes voisins (1,31 ; 2,21), qui concernent tous les deux Marie : ils annoncent sa conception virginale.

Du point de vue de l’histoire du salut et de la théologie, ces deux « faits linguistiques » (le maintient du verbe « concevoir », mais avec la spécialisation « en son sein ») doivent avoir une double signification en ce qui concerne Marie : d’une part, la reprise du verbe traditionnel « concevoir », communément utilisé pour beaucoup d’autres femmes, indiquait que, pour Marie aussi, le réalisme physique d’une authentique conception corporelle non mythique (il ne s’agit pas d’un théologoumenon !) se maintiendrait ; d’autre part, l’expression « en son sein », ajoutée pour elle seule, avertissait que cette conception physique devait être intégralement intérieure (« en son sein »), sans pénétration d’aucune « semence virile » venue de l’extérieur. Une telle conception totalement intérieure devait donc être réalisée par une puissance réelle, certes, mais non physique, elle demandait, oui, une action fécondante, mais une action fécondante spirituelle. Or, notre texte préparait et anticipait ainsi le verset 1,35, où il sera expliqué que le Saint-Esprit devait descendre sur Marie, pour effectuer en elle, c’est-à-dire « dans le sein » de Marie, une conception réelle, mais purement intérieure. Une telle conception, sans rapport sexuel, due à la « puissance du très Haut », devait nécessairement être une conception virginale.

Observons pour finir que le verset qui conclut le passage (1,35b) met clairement en lumière la signification historicosalvifique de cette conception virginale : « c’est aussi pourquoi

[διο και] », dit l’ange à Marie, « (l’enfant) qui naîtra saint [de toi] sera appelé Fils de Dieu« . Il résulte du rapprochement des différents versets que Jésus, s’il est Fils du Très Haut (versets 32), est nécessairement Fils de Dieu (verset 35).

 

 

 

 

IV

Pour conclure cette analyse, relisons attentivement d’abord notre verset 1,31, dans son articulation interne en trois parties (la conception dans le sein de Marie, l’enfantement d’un fils, l’imposition du nom de Jésus), mais ensuite aussi dans le prolongement du salut que l’ange lui avait adressé précédemment, au début de tout le récit (Lc 1,28). On découvre ainsi une belle continuité, une véritable progression, dans le développement du thème de la virginité de Marie. Nous savons par Lc 1,28 (« pleine de grâce, » expliqué plus haut) que Marie, depuis longtemps avait été préparée par la grâce à sa mission future, avec un mystérieux « désir de virginité« . Puis, au moment de l’Incarnation, l’ange lui apporte le grand message : elle concevra prochainement, oui, mais « en son sein », c’est-à-dire sans rapport sexuel : il s’agira donc d’une conception virginale, effectuée en elle par l’Esprit Saint. Entre la longue préparation de la grâce de Marie pour sa mission future et sa réalisation effective en son sein au moment de l’Incarnation, la continuité était parfaite : Marie, après avoir « conçu », mais aussi « enfanté » virginalement (« ce qui naîtra saint« , non contaminé) son fils Jésus sous l’action de l’Esprit Saint, pouvait le présenter aux hommes comme le fils de Dieu.

Il y a une coordination parfaite entre ces versets : après la longue préparation de grâce de Marie (son profond désir de virginité) vient l’annonce de sa conception virginale, puis celle de son enfantement virginal ; ces étapes de la vie de Marie devaient révéler au monde que son fils, Jésus, était le Fils de Dieu. Mais au centre de tout le récit se trouve l’annonce du signe (cf Is 7,14) de la conception virginale de Marie.

 

(Repris de la revue 30 Jours, n°4, 1999)

 

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La Paix et la Sécurité Yves Germain

 

Résumé : Si l’Ecriture sainte peut être un guide pour nos pas, c’est aussi par l’adéquation de ses versets avec les situations passées, présentes ou futures de l’histoire humaine. Yves Germain en donne un nouvel exemple sur le thème de la paix et de la sécurité : l’une et l’autre seront impossible sans que la société ne revienne d’abord dans l’obéissance aux préceptes divins. En revanche, après un temps de tribulations qui verra la chute de Babel (celle des idéologies), nous savons que « les nations marcherons à (la) lumière » (de la nouvelle Jérusalem).

 

Un passage de Saint Paul aborde ce sujet dont parle un grand nombre de nos contemporains :

 

1 Th 5,3 : « Quand les hommes diront « Paix et Sécurité », c’est alors que, soudain, fondra sur eux la perdition, comme les douleurs sur la femme enceinte ; et ils n’échapperont pas. »

 

Dans l’Ecriture les hommes vivent en paix quand ils reconnaissent le Créateur et vivent selon la Loi et l’Evangile :

 

Mic 5,4 : « C’est Lui (Dieu) qui sera la paix. » (Eph 2,14)

 

Il est même annoncé qu’un jour le monde connaîtra un temps de paix :

 

Is 14,7 : « Toute la terre est en repos, tranquille ; on éclate en cris de joie. »

 

Mais les hommes peuvent-ils par eux-mêmes, sans suivre les lois divines, vivre en paix ? Le prophète Jérémie annonce un temps de corruption où l’on parlera beaucoup de paix :

 

Jr 6,13-14 : « Du plus petit au plus grand d’entre eux tous gagnent un gain malhonnête, et du prophète au prêtre tous pratiquent le mensonge. Ils soignent la brisure de mon peuple à la légère, en disant « La Paix ! La Paix ! et il n’y a point de paix. » Pourquoi ? L’explication nous est donnée aussitôt :

 

Jr 6,18 : « Qui a prêté attention à sa parole et l’a entendue ? »

 

Il n’y aura donc jamais de paix sans Dieu. Le prophète précise même que les belles paroles rassurantes – elles abondent – seront vaines :

 

Jr 23,17 : « Il osent dire à ceux qui méprisent la parole de Dieu : « Vous aurez la paix« , et à tous ceux qui marchent suivant l’obstination de leur cœur ils disent : « Il ne vous surviendra point de mal. »

 

Beaucoup pensent qu’un certain mondialisme serait le garant de la paix. Mais face à l’alliance Islam – U.S.A. (pétrole et libéralisme), il serait surprenant que les marxistes n’en opposent pas une autre : « Nations de partout unissez-vous« . En effet, ils savent très bien se déguiser en fervents nationalistes et les amis Verts leur fourniraient de solides arguments : luttons contre le bœuf aux hormones ! le transgénisme !…etc. En somme, une croisade pour le salut du monde ! Les marxistes, en s’opposant à Maestricht, préparaient certainement l’avenir…

Quoi qu’il arrive, un monde sans Dieu n’est que le jouet des idéologies, tantôt marxistes tantôt libérales, et l’Etat, la famille, l’Ecole sombreront toujours plus dans l’anarchie. Les guerres civiles, la drogue, le sida, l’alcool, etc.., ont déjà fait plus de victimes que la dernière guerre. Et qui pourra évaluer la détresse spirituelle du monde ?

C’est pourquoi le temps de « Paix et Sécurité » dont parle saint Paul ne peut être que le fuit d’une évangélisation mondiale. Et

c’est alors, dit-il, « que fondra sur eux la perdition.« 

 

 

 

 

 

 

 

La perdition

 

Quand il aborde la venue finale du Jour du Seigneur » (2Th 2,2) saint Paul précise : « Il faut que vienne d’abord l’apostasie et que se révèle l’Homme d’illégalité, le Fils de perdition, l’adversaire… (qui ira) jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu en se donnant lui-même pour Dieu. »

Les Pères de l’Eglise ont vu en ce « Fils de perdition », Satan incarné, l’Antéchrist. Saint Irénée et saint Augustin diront « l’Apostat« [22].

Il s’agit donc du dernier combat de Satan qui se présentera en chrétien puisque nous dit saint Paul : « il ira jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu« , c’est-à-dire qu’il parviendra à enseigner dans l’Eglise. C’est là, n’en doutons pas, la méthode la plus redoutable pour tromper les chrétiens. Elle aura un certain succès puisque le Christ se demande « s’il trouvera la foi sur terre« , lors de sa venue (Lc 18,8). Et « tout s’achèvera, » nous dit Daniel, « quand on aura achevé d’écraser la force du peuple saint. »[23]

Nous comprenons maintenant que ce temps de « Paix et Sécurité« , fruit d’une évangélisation mondiale à venir, ne durera pas toujours, et que le dernier combat se déroulera entre les chrétiens fidèles persécutés et ceux qui suivront l’Apostat, l’Antéchrist. A notre avis il est préfiguré par la dernière plaie d’Egypte : « la mort des premiers-nés » (Ex 11,5). En effet, « le Christ est premier-né parmi beaucoup de frères » (Rm 8,29). Et ce dernier temps de persécution des chrétiens « fondra sur eux« 

comme « les douleurs de la femme enceinte. »

 

Les douleurs de la femme enceinte – Gn 3,15

 

« Tu enfanteras dans la douleur. » (Gn 3,16)

 

Cette femme est surtout l’Eglise[24]. C’est elle qui « crie dans les douleurs et les tortures de l’enfantement. » (Ap 12,2)

C’est elle aussi qui « écrasera la tête » de Satan, par l’évangélisation mondiale, puis elle sera « écrasée au talon« , c’està-dire à la fin [25]. C’est donc l’Eglise qui « enfantera dans la douleur« . Elle a une « descendance« , des fils, par la souffrance et parfois par le martyre. Nous comprenons alors que le temps de la « perdition« , ou de l’apostasie au temps de l’Antéchrist sera « comme celui des douleurs de la femme enceinte« . C’est-à-dire identique au temps des martyrs, comme le prophète l’avait annoncé :

 

Mic 5,2 : « C’est pourquoi II (Dieu) les livrera jusqu’au temps où celle qui doit enfanter enfantera. »

En clair, les hommes seront « livrés » (à eux-mêmes) jusqu’au moment où l’Eglise aura des fils martyrs (début de l’évangélisation). Leur triomphe sur terre est même annoncé :

 

Mic 5,8 : « Ta main se lèvera contre tes adversaires et tous tes ennemis seront supprimés. »

 

En hébreu le verbe « supprimer » veut aussi dire « réduire au silence« , ce qui annonce la conversion des ennemis, donc une évangélisation accomplie, un temps où l’Eglise aura répandu « la paix et la sécurité » dans le monde entier. C’est bien ce qu’auparavant Michée avait annoncé :

 

Mic 5,5 : « Ils feront paître le pays d’Assour[26] avec le glaive. »

 

Il s’agit bien entendu du « glaive de l’Esprit« , celui de « la

Parole de Dieu. » (Eph 6,17)

 

Enfin saint Paul terminera ce passage de 1Th 5,3 en disant : « et ils n’échapperont pas« . Nous devons comprendre que cette dernière persécution sera mondiale et implacable ! Le Christ fait d’ailleurs la même annonce :

 

Mt 24,21-22 : « Car il y aura une grande tribulation[27] telle qu’il n’y en a point eu depuis le commencement du monde jusqu’à maintenant, et qu’il n’y en aura plus. Et si ces jours n’avaient pas été abrégés, nul vivant n’échapperait ; mais à cause des élus, ces jours seront abrégés. »

 

C’est donc le Christ, par son Retour, qui « abrège » la dernière persécution. Comme l’explique saint Paul, le Seigneur « exterminera » l’Impie par le « souffle » (l’Esprit Saint) de sa « bouche » (prédication) et « l’anéantira par l’éclat de son Avènement » (2Th 2,8). Saint Jean rappelle ces deux échecs de Satan :

 

Ap 20,10 : « Alors le Diable, qui les trompait, est jeté dans l’étang de soufre…où sont déjà la bête et le faux prophète. »

 

La « bête et le faux prophète » représentent les fausses doctrine païennes, les idéologies, vaincues par l’évangélisation. Quant au diable ou Satan, ce n’est que lors de la venue du Christ qu’il sera « anéanti« .

Les idéologies ne donneront jamais « la Paix et la Sécurité » au monde, et les policiers dans le train, les hôpitaux, les écoles, etc. ne suffiront pas ! Au contraire, le prophète en annonce la chute.

 

Jr 51,87-8 : « Babel[28] était une coupe d’or dans la main de Yahwé, elle enivrait toute la terre ; les nations ont bu de son vin ; voilà pourquoi elles sont devenues folles. Soudain Babel est tombée et s’est brisée. »

 

En 2Ti 3, saint Paul nous décrit aussi ce monde païen, mais il précise qu’un jour, « leur folie sera manifeste pour tous (v.9) ».

Elle aura donc une fin ! Saint Jean confirmera :

 

Ap 18,2 : « Elle est tombée, Babylone la grande… Car elle a abreuvé toutes les nations du vin de sa corruption… »

 

Et nous n’aurons pas à nous attrister de cet écroulement du paganisme idéologique :

 

Ap 18,20 : « Réjouis-toi de sa ruine, ciel ! Et vous aussi les saints, les apôtres, les prophètes… »

 

Quel manque de charité ! diront certains théologiens modernes… N’en doutons pas, la nouvelle évangélisation atteindra un jour le monde entier pour remplacer Babylone :

 

« Les nations marcheront à sa lumière. »

(Is 60,3-5 – Ap 21,24)

 

Au sens spirituel, nous sommes au temps de l’éclipse (Mt 24,29-31), « le ciel s’obscurcira » ; l’enseignement de l’Eglise sera faible, car « la lune » (les pouvoirs politiques) fera écran. Elle sera sans « clarté » (dans la confusion) et « les étoiles tomberont du ciel » (les chrétiens quitteront l’Eglise) et les « vertus » chrétiennes « seront ébranlées. » Alors, « le Fils de l’homme viendra sur les nuées du ciel » (Mt 26,64) (sur les prédicateurs) et ce sera le temps de la « trompette retentissante » : de la prédication (1Co 14,8).

 

N’en déplaise à beaucoup, la chute de Babel, celle du monde des idéologies, se réalisera, car dit Dieu :

 

« Dès le commencement, j’annonce ce qui suivra. » (Is 46,10)

 

« Le Très-Haut possède toute science… Il annonce le passé et l’avenir. » (Sir 42.1)

 

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REGARD SUR LA CREATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil quand on Le considère dans ses ouvrages » (Romains, 1 : 20)

 

Le tilleul et ses hélicoptères Claude Destaing

 

Résumé : Comme tous les êtres vivants, le Tilleul participe aux merveilles de la multiplication et de la nutrition cellulaire. Comme tous les arbres il constitue un ensemble de « cités » hautement différenciées (feuilles, tronc, racines) et pourtant issues du même génome, ayant les mêmes chromosomes, toujours identiques malgré la spécialisation des organes. Mais le mode de transmission des graines, par des hélicoptères, est d’une ingéniosité admirable qui ici encore, évoque irrésistiblement le génie supérieur de l’Intelligence qui l’a conçu.

 

Ce tilleul que vous voyez là, dans cette prairie, a commencé à vivre sur cet autre tilleul planté là-bas, à quelques cinq cents mètres, dans le jardin de cette villa.

Comme chaque printemps, ce printemps-là, notre tilleul »mère » fleurit, déployant ses pétales sur quelque vingt mille fleurs et dressant ses étamines autour de chaque pistil (fig.1). Survient une abeille butineuse. De son pelage enfariné tombe, sur le stigmate d’un pistil, un grain de pollen récolté sur ce troisième tilleul à cent mètres de là.

Ce grain germe : il émet un tube pollinique qui conduit ses deux spermatozoïdes (gamètes mâles) jusqu’à un ovule. L’un deux féconde l’oosphère (gamète femelle) pour former l’oeuf principal (zygote), l’autre féconde une autre cellule ovulaire pour former l’oeuf accessoire.

 

 

 

 

 

 

1.- Schéma général d’une fleur

La plupart des fleurs sont hermaphrodites, c’est-à-dire portent chacune des organes reproducteurs mâles (étamines) et femelles (pistil simple ou composé). Les anthères des étamines renferment des sacs polliniques qui s’ouvrent à maturité pour libérer le pollen fécondateur. L’ovaire du pistil contient des ovules ; il est relié par un tissu conducteur, le style, au stigmate capteur de pollen. La pollinisation peut être directe (la fleur se féconde elle-même) ou, plus souvent, croisée (elle est fécondée par le pollen d’une autre fleur).

 

Alors notre fleur se flétrit et l’ovule fécondé se transforme en graine : l’oeuf accessoire devient albumen, tissu de réserve ; le principal devient embryon, qui se développe lentement aux dépens de l’albumen. Puis, en fin d’été, la graine se déshydrate et passe à l’état de vie latente. Bien protégée par la dure capsule ovarienne, elle n’a plus qu’à attendre la bourrasque qui l’emportera jusqu’à cette prairie où elle a germé.

Telle est en bref l’histoire de notre tilleul. Mais il faut la reprendre en détail pour mieux en apprécier le merveilleux.

Nous savons qu’un arbre croît par mitose. Chaque cellule recèle, en son noyau, deux jeux identiques de chromosomes dont le nombre « 2n » et la morphologie sont caractéristiques de l’espèce. En se multipliant par division, la cellule dédouble ses chromosomes et engendre deux cellules-filles, ayant chacune le même équipement chromosomique que leur mère, soit 2n. Ce code reste identique, de l’unique zygote, ou cellule fécondée, aux milliards de cellules spécialisées de l’adulte. Or, exceptionnellement, certaines cellules des anthères et des ovaires, au lieu de donner naissance à des cellules-filles à 2n chromosomes (mitose), vont engendrer, par un processus très complexe appelé méiose, des cellules reproductrices, ou gamètes, n’ayant chacune qu’un seul jeu de chromosomes, soit n chromosomes, c’est-à-dire deux fois moins que leur mère (fig. 2). Aberration ? Non pas. Tout simplement… prévoyance car, en reproduction sexuée, le gamète mâle doit s’unir au gamète femelle. Or, pour que l’équipement chromosomique du zygote soit identique à celui des parents, soit 2n, il faut bien que le nombre de chromosomes de chaque gamète soit réduit de moitié : n chromosomes + n chromosomes = 2 n chromosomes. Comment expliquer ce brusque changement de code – non accidentel, mais nécessité – au moment et au lieu adéquats (printemps et organes sexuels), en vue d’une fécondation prochaine ? Peut-on raisonnablement imputer à une plante sans esprit cette prévision mathématique ?

 

 

 

 

2.- La réduction chromatique

A la différence des autres cellules diploïdes (à 2n chromosomes) qui se dédoublent par mitose équationnelle, les cellules-mères des gamètes reproducteurs se divisent par méiose en 4 cellules haploïdes (à n chromosomes), à partir desquelles d’autres mitoses formeront les spermatozoïdes (gamètes mâles) ou l’oosphère (gamètes femelle). C’est l’union de 2 gamètes, mâle et femelle, qui constituera un nouvel individu, le zygote, au patrimoine héréditaire complet : 2n chromosomes.

 

 

Voici donc notre zygote de quelques dixièmes de millimètres dans l’ovaire maternel. Scientistes de tous les pays, humiliez-vous, car un modeste tilleul vient de réussir ce que notre science ne saura jamais faire : un oeuf, c’est-à-dire le micro-plan (mais vivant) d’un gigantesque complexe industriel, capable de s’actualiser lui-même en milieu nutritif et de se reproduire. Prodige si stupéfiant qu’il relègue au rang de babioles nos plus subtiles inventions. S’il ne se produisait que rarement et péniblement, comme par un laborieux hasard !… Mais il se répète un nombre incalculable de fois pour des millions d’espèces vivantes ! Un seul tilleul produit en une saison dix à vingt mille de ces micro-plans vivants, dont seuls quelques privilégiés trouveront les conditions favorables à leur germination et croissance. Devant une telle profusion, une telle prodigialité, on a l’impression que « dame-nature » se moque de nous, de nos prétentions tonitruantes et de notre gloriole imbécile.

Revenons à notre humble zygote. Par division, il va se multiplier et se transformer en embryon, minuscule plantule « sommeillant » dans la graine jusqu’à l’éventuelle germination. Mais… qui nourrira cette plantule désarmée tant que ses racines n’atteindront pas la terre ? Singulier hasard, elle est flanquée très opportunément de deux sacs à provisions, les cotylédons, juste de quoi passer la mauvaise saison et démarrer dans l’existence.

Et l’automne arrive. Dix mille graines s’apprêtent à perpétuer l’espèce. Pourtant, elles semblent condamnées, condamnées par la pesanteur à dépérir au pied de leur père, faute d’espace et de lumière. Heureusement, dame-nature a tout prévu. Admirez, audessus de chaque cyme, cette petite feuille sèche, étroite et longue, tout à fait différente des autres feuilles : c’est une ailette, construite et disposée de telle façon qu’elle emportera les graines en tourbillonnant quand soufflera le vent (fig. 3). Il faut avoir vu ces ascensions rapides, en formations serrées, par dessus les toits de la ville : une fuite éperdues d’insectes ailés. Mais quel botaniste a pensé à disperser les populations tiliacées ? Quel inventeur a songé à utiliser la résistance de l’air et la force du vent pour déplacer les embryons ? Quel ingénieur aéronautique a calculé la forme, l’inclinaison et la portance de l’ailette en rapport avec la charge de fruits secs ?

3.- Rameau de tilleul en octobre

Voici l’hélicoptère personnel de messieurs les embryons. Quand le vent souffle, l’ailette se détache du rameau et, tourbillonnant follement emporte sa charge de graines par-dessus les arbres et les toits. Un bourgeon est déjà prêt a assurer la relève : le printemps-magicien en sortira un rameau de feuilles, d’ailettes et de fleurs.

 

 

Or c’est pour chaque espèce qu’est prévu un mode de dissémination. Pissenlit, Epilobe, Centranthe, Salsifis utilisent le parachute, Orme et Bouleau le planeur. Frêne, Erable et Pin préfèrent l’hélice. La Clématite des haies arbore une queue de cerf-volant. Trèfle-porte-fraise et Anthyllis se contentent de la démocratique poche à air. Champignons et fougères ont choisi la simplicité : une semence pulvérulente. D’autres espèces, plus fauchées, préfèrent « l’animal-stop » et s’accrochent aux toisons : Carotte, Gaillet-gratteron et Bardane font du crochet, Luzerne, Orge et Avoine trouvent l’aiguillon plus distingué. D’autres encore, telles les drupes, se parfument ou se fardent pour aguicher les gourmands.

Glands, châtaignes, noisettes et noix font de l’oeil aux écureuils, aux mulots, aux geais, et même, quelle audace, à l’homo pas toujours sapiens. Plus modestes, Violette, Euphorbe, Chélidoine racolent les insectes, et, faute de mieux, la figue accepte de voyager dans les excréments. Il y a aussi les amateurs de navigation : arbres des berges et plantes aquatiques, sans oublier le Cocotier, dont la noix fréquente les inondations tropicales et les courants marins. Enfin il y a les sales têtes, les coléreux, qui explosent pour un oui ou un non : Balsamine, Oxalis, Ajonc, Genêt, Cardamine, et le champion toutes les catégories, l’exotique Hura Crepitans (Euphorbiacée), capable de briser une vitrine. Quant à l’Ecballium, ce cornichon, il vous crache au visage une giclée visqueuse ! Merci.

Que toute ces fantaisies naturelles ne nous fassent pas oublier notre graine de tilleul, déposée par hélicoptère sur une terre nouvelle. Regardons-la germer. Alimenté par ses cotylédons, l’embryon développe d’abord sa radicule vers le bas, puis il pousse sa tigelle vers le haut et déploie ses feuilles. Le voilà désormais en état de subvenir à ses besoins. De mitoses en mitoses, d’année en année, bébé va croître harmonieusement. Plus le feuillage s’étendra, plus augmenteront son poids et son besoin d’eau, et plus se renforcera le tronc et se développeront les racines. Et déjà voici l’adulte. En vérité un gigantesque complexe industriel, un monde aux milliards de cités ! Lecteurs prudents, vous avez là, sous vos yeux, sans microscope ni télescope, un flagrant agencement finalisé de matériaux. Les racines sont « faites pour » pénétrer, pour absorber et pour fixer. Le tronc est fait pour soutenir et pour relier, les branches pour écarter et pour répartir, les feuilles pour étaler et pour capter. Avec quelle intelligence sont résolus les problèmes de la perméabilité par les radicelles, de l’imperméabilité par la cuticule et l’écorce, de l’isolation par le liège et les duvets, de la respiration et de la transpiration par les stomates et les lenticelles, du déploiement des limbes par nervures irriguantes et cellules turgescentes, de la rigidité par lignification, de la circulation ascendante et descendante par vaisseaux du bois et du liber, de la montée des sèves par évaporation et cohésion de l’eau, de l’hibernation par bourgeonnement et défoliation, de la pollinisation croisée par vents et insectes…

Que de questions nous pose une si merveilleuse construction, depuis l’union des gamètes jusqu’à l’adulte reproducteur ! Posons-nous les, ces questions qu’on oublie trop souvent de poser. Comme si tout allait de soi parce que naturel, comme si tout était banal parce qu’habituel ! Nous sommes toujours prompts à béer devant nos œuvres, à célébrer notre génie si souvent polluant ou destructeur.

Ne pourrions-nous, de temps à autre, oublier notre nombril pour admirer le sein multiforme qui nous donne sa vie ?

Partons des gamètes. Comment ces deux cellules complémentaires parviennent-elles à fusionner leurs messages héréditaires en un seul individu ?

Comment le minuscule zygote peut-il actualiser son microplan, engendrer l’embryon, puis l’adulte ?

Comment les cellules-filles réussissent-elles à se transmettre sans erreur le message chromosomique, tout en se différenciant morphologiquement, chimiquement et fonctionnellement ? Comment les cellules spécialisées font-elles pour se multiplier où il faut, quand il faut et autant qu’il faut ?

Comment ces milliards de cités peuvent-elles collaborer aussi admirablement à l’unité, l’harmonie et l’identité de l’individu, ainsi qu’à la permanence de l’espèce ?

Ah, mes contemporains, que l’étonnement nous dessille les yeux ! Lequel d’entre nous oserait imputer au jeu aveugle du hasard et de la nécessité l’organisation d’une simple automobile ? Nous savons très bien que, livrée à elle-même, la matière engendre tout au plus des cristaux ou des concrétions biscornues, mais jamais une automobile ni un dé à coudre. Et cette même matière bornée aurait engendré la fantastique cathédrale vivante qu’est un arbre ?

Restons sérieux ! Une organisation aussi prodigieuse, si prodigieuse qu’elle nous semble magie, ne peut être imputée qu’à une intelligence elle-même prodigieuse. Et puisque cette intelligence n’est pas inhérente aux matériaux qu’elle organise, il faut bien qu’elle les transcende. Que cela nous plaise ou non – la vérité n’est pas une affaire de goût – cette intelligence existe puisque ses oeuvres s’accomplissent constamment sous nos yeux, recréant à chaque instant l’univers.

 

In Memoriam Marcel François (1900-1999)

 

Marcel François nous a quitté le 20 novembre 1999 dans sa centième année. Ingénieur en horticulture il avait été le premier à développer en France la culture des plantes d’aquarium. Après la guerre, il partit s’installer au Maroc dont le climat convenait mieux à la flore des aquariums chauffés.

Il créa, sur un sol désertique, et par des méthodes purement agrobiologiques, les luxuriants Jardins Exotiques et d’Acclimatation de Rabat-Salé, aujourd’hui étape obligatoire pour les touristes faisant le « tour de ville » de la capitale. Il comptait bien finir ses jours dans la maison qu’il avait construite, au bord d’un plan d’eau, au cœur de ce petit paradis.

C’était compter sans l’envie et la malice humaine. A quatrevingt ans, toujours en pleine possession de ses moyens, il eut la naïveté de céder la gestion des Jardins à l’Administration marocaine. Et trois ans plus tard il dut tout quitter et vécut dès lors en France chez ses enfants. Même ses livres lui furent volés !… Il avait professé à l’Université de Rabat un cours d’écologie « métabiologique », convaincu de l’impossibilité d’expliquer les phénomènes de la vie -toujours finalisés et coordonnés- par le jeu de forces purement matérielles. Il voyait les idées principielles d’origine divine à l’œuvre dans l’action des enzymes, des mycorhyzes, des vitamines. A l’opposé de « l’athéisme épistémologique » toujours dominant, il faisait de la science une voie d’accès à la connaissance de Dieu. Gageons que le Créateur permettra sans délai que Le contemple face à face celui qui avait déjà tout quitté ici bas et qui Le contemplait chaque jour dans les merveilles de la vie des plantes.

 

 

 

 

 

 

En septembre dernier nous avions envoyé à Marcel François un article canadien sur la régénération des sols par le bois raméal forestier (BRF). Il nous répondait aussitôt, le 17 septembre, une lettre à laquelle nous consacrons le « courrier des lecteurs ». Puis il rédigeait un article de 6 pages sur l’humain et l’être vivant. On trouvera à partir du prochain numéro, une série de 3 articles caractérisant sa pensée par lesquels nous voulons rendre hommage à ce grand précurseur qui sut démontrer par l’exemple comment une alimentation et une âme saines peuvent retarder bien des maux trop souvent attachés à la vieillesse.

 

 

 

 

Un ouvrage a été extrait du cours d’écologie professé par Marcel François à Rabat. On y trouvera, sous une forme pratique et ramassée, un exposé clair de la véritable écologie chrétienne.

 

Marcel François. La Nature est sacrée

Ed. Saint-Albert F-08310 Annelles (120 FF franco)

 

 

 

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COURRIER DES LECTEURS

 

 

De Marcel François (<). Régusse, le 17/9/99

 

Votre lettre a été pour moi une grande surprise et un grand plaisir. En ce qui concerne la régénération des sols, telle qu’elle est décrite et pratiquée au Canada, je voulais la pratiquer au Maroc il y a près de 20 ans, en utilisant les débroussaillages de la forêt proche, mais je ne savais expliquer pourquoi elle était supérieure.

Lorsque j’ai été, moi et mes jardins, « marocanisé », j’espérais profiter de la puissance administrative et j’ai seulement déploré son inertie et sa volonté de me dépouiller. Les entrées pour visiter mes jardins, qui constituaient mon budget et mon gagne-pain, allèrent au bénéfice de l’administration des espaces verts et l’on me donnait un mince salaire marocain. J’étais sous la direction d’un parent du très puissant ministre de l’intérieur. Tout le monde le redoutait et mon directeur, un politicien, m’a refusé tout crédit pour la régénération des sols avec le débroussaillage de la forêt, prétendant que c’était inutile.

J’avais écrit plusieurs fois au roi pour protester, par l’intermédiaire de son conseiller particulier que j’allais trouver au Palais mais mes lettres, au lieu d’aller au roi, était retournées sur le bureau du ministre de l’intérieur.

J’ai patienté trois ans, mais ma situation était infernale. J’ai demandé appui à l’ambassade de France et au Consul général, mais il m’a été refusé ; ils m’ont dit : « nous savons que vous avez été spolié mais nous n’y pouvons rien… » ce qui voulait dire :

« Fichez-nous la paix ! ». Vous n’avez, disait le Consul général, qu’à retourner chez vos enfants. Il est vrai que j’étais antirépublicain, et je le disais. Tout se paye !

Alors un matin nous sommes partis, ma femme et moi, avec notre petite valise, abandonnant notre grande maison et ce qui était notre propriété : plus de trente années d’efforts et d’investissements, au milieu de l’indifférence de presque tout le monde ; et j’avais 83 ans !

Maintenant, j’écris de plus en plus lentement et des trous de mémoire agaçants , il est temps que je plie boutique !

Cependant, avant de mourir j’aimerais dévoiler ce

qu’aucun « savant intelligent » et titré n’a fait connaître, c’est-àdire la gigantesque imposture de la science profane avec sa biocatalyse attribuée aux enzymes et aux hormones en tant que substances corporelles -autrement dit matérielles- alors qu’elles ne peuvent avoir que des propriétés statiques et non le pouvoir d’agir intelligemment en vue d’une fin.

Certes, sans les enzymes et les hormones (auxquelles il faudrait rattacher les vitamines et les gènes facteurs de l’hérédité), la vie est effectivement impossible.

Mais ces substances sont en réalité des supports d’idées directrices transcendantes principielles, expressions de la Parole de Dieu qui seule est biocatalytique car elle réalise parfaitement et immédiatement ce qu’elle représente virtuellement. Seules les idées sont la semence des actes biologiques ou autres.

Par les idées-directrices transcendantes nous avons rétabli la suprématie du spirituel et ce n’est pas rien, au point de vue spéculatif s’entend.

D’autre part je voudrais montrer que la Vie métaphysique est la cause première du monde physique et dispose de nombreux pouvoirs ; et que ces pouvoirs immatériels ont été démontrés par 2 chercheurs allemands dont les travaux de longue durée ont été occultés par la science profane. Comment combattre la notion de progrès matériel continu sans évoquer la notion qui lui est opposée ? Aujourd’hui vu la régression de l’intellectualité pure, ce combat semble aussi difficile que d’arrêter avec ses mains un train en marche. Fautil continuer ce travail inutile, vu la méconnaissance des principes transcendants par qui et par quoi tout doit commencer pour que le monde soit ordonné ?

Il semble bien qu’on n’a pas vu que tout être, vivant ou non vivant, est sous la dépendance d’un principe universel transcendant et divin.

C’est le modèle ; l’existence actuelle n’est que sa Réplique plus ou moins ressemblante ; lorsqu’elle devient toute artificielle, comme actuellement avec son intelligence qui est celle de ses ordinateurs, incapables de s’élever jusqu’à l’universel, elle tend à disparaître comme une simple et pure illusion.

Alors, grâce à l’Apocalypse, cette ancienne existence sera remplacée par une nouvelle terre et de nouveaux cieux et non dans un « nouvel âge » ou un « nouvel avant » de notre civilisation dévoyée et corrompue.

C’est le Principe transcendant qui donne aux activités extérieures de l’être humain, dont sa profession et ses métiers, un caractère sacré.

Mes félicitations pour le Cep auquel il m’est impossible de collaborer pécuniairement .

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De Monsieur B.P. (Ardennes)

(…) Pour revenir sur le dossier des OGM, je lis dans Science du 7 mai 1999 que la résistance de la pyrale[29] au maïs transgénique est beaucoup plus rapide et efficace que prévue. On avait cru que le caractère de résistance aux toxines de la bactérie Bt était récessif, donc difficile à transmettre. En fait l’équipe du professeur Randall Higgins, à l’Université du Kansas, a découvert que ce caractère était majoritairement dominant !… Ainsi Novartis devra revoir sa copie (qui a coûté des millions de dollars) au moment où le maïs transgénique représente déjà 25 % de la surface cultivée aux USA. Vraiment vous aviez raison d’écrire que l’homme se conduit ici en apprenti sorcier ! Mais comment le lui faire comprendre s’il ne croit plus à l’harmonie initiale de la Création divine ?…

 

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Et la force des marées ?

 

Suite à l’article donné par Eric Ballaux dans Le Cep n°8 (p.22), nous avons pu confronter sa prévision de la force des marées, observable le 11 août, avec les mesures réalisée par l’Observatoire Royal de Belgique le jour de l’éclipse :

 

 

Force calculée (µgal)

Force observée (µgal)

Force de marée au

midi solaire

203

202,3

Signal de nuit

précédent

50

47,2

 

Cet excellent ajustement, dans un domaine où – rappelons-le- il n’existait encore aucune théorie prédictive, constitue une confirmation éclatante de la justesse des intuitions développées par le Dr Ballaux.

Le Cep s’honore d’avoir publié en temps utile cet article. Reste à espérer maintenant que cette adéquation entre le résultat théorique et la mesure observée, incitera des spécialistes à en reprendre les hypothèses pour les valider et en affiner l’exposé.

 

 

 

 

 

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Le vrai soleil Carl Christaki

 

 

La nuit vient doucement, puis bondit sur sa proie,

Le malheureux soleil qui vacille, flamboie,

Et tombe par degrés dans la mer qui le noie, Emportant avec lui, la lumière et la joie.

 

 

Mais quand il meurt, il naît au 2ème côté De la terre, où s’éveille une autre humanité

Qui, douze heures après, devra bien le quitter, Tout cela dans le temps et dans l’immensité.

 

 

Ce manège est celui de l’éternel retour

Que l’esprit panthéiste à tout homme propose

Avec le grand plérôme et la métempsycose,

 

 

Or Jésus qui nous veut avec Lui, pour toujours,

Et qui nous accompagne au long de notre histoire,

A préparé pour nous une ultime victoire,

 

 

 

Dans la béatitude ardente de l’Amour

 

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  1. « History unfolds as the cookie crumbles« , dirait-on outre Manche.

  2. Douglas Reed, The grand Design, Dolphin Press, Pinetown, Natal (R.S.A.), 1997, introd. p. I.

  3. Platon. Premier Alcibiade (134 d-e). Trad. Belles Lettres.

  4. Robert A.Theobald, The final secret of Pearl Harbour, Devin Adair Cy, Old Greenwich (Conn.), 1980.

  5. Et de multiple sources : par le décodage des messages de Tokyo à l’Ambassade japonaise de Washington, le 5 novembre 1941 ; par l’espion Sorge, via le Kremlin, en octobre ; et déjà par l’ambassadeur à Tokyo, Grew, en janvier 1941.

  6. « The wonderful and heartening things« , Douglas Reeds, op. cit. , p.4. 7 Edward Mandell House, conseiller intime de Wilson, après l’avoir nié, admit être l’auteur du livre.

  7. Ibid. , p.7.

  8. Les 2 noms « Lincoln » et « Kennedy » comportent chacun 7 lettres 10 Les 3 noms ensemble totalisent 15 lettres chez les deux assassins. 11 Les partisans de la théorie du complot ajouteraient que la question de la monnaie fut la cause probable de ces assassinats. L’adage romain Cui bono ?

    (à qui profite (le crime) ?) a sans doute sa pertinence en politique.

  9. Extrait de Déterminisme et Finalité (Flammarion, 1957, pp.66-72)

  10. Ph. Johnson : Le darwinisme en question. Ed. Pierre d’Angle, 1998.

  11. Tandis que l’homéopathie les stimule pour obtenir une auto-guérison. 2 « Le Quotidien du médecin » du 15 avril 1994 cite cet article du Dr. Joël Le Gabay de Cornell University Medical College (New York, USA).

  12. Acts and Facts, november 1999.

  13. Kansas Board of Education

  14. « Le réseau maçonnique n’est qu’un moyen utilisé par ses « hauts dignitaires » pour conquérir d’autres citadelles » (p.35).

  15. Dominique Lorentz, « Une guerre« , éd. des Arènes, 42 rue Monge, 75005 Paris, juin 1997, 128 F.

  16. Garantie Mutuelle des Fonctionnaires.

  17. Dans la symbolique maçonnique, la lettre A signifie « arrête, ou l’on t’élimine ». « Charpentier » explique à l’auteur que seuls les hauts dignitaires connaissent ce symbole. Ce seraient donc des francs-maçons qui menaçaient Michel Baroin.

  18. AED info

  19. Il guerrone, expression populaire, du dialecte vénitien, je crois, qui pourrait se traduire par : guerre énorme et horrible.

  20. Introïbo n°96, 1997.

  21. Estimative : sens du discernement.

  22. Contre les Hérésies, V, 21,2 – La Cité de Dieu, vol. ,3 p.188.

  23. Voir Mt 24,14 – Dn 9,27 – Dn 11,32 – Dn 12,11.

  24. Redemptoris Mater (§24).

  25. Le « talon », Aïn Q B en hébreu, c’est aussi la « fin ».

  26. Assour : un grand symbole du monde païen (saint Méliton de Sardes, « Symbolisme et Ecriture« , page 25, CERF).

  27. « Avant l’avènement du Christ, l’Eglise doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants. La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le « mystère de l’iniquité » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solutions apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. » – C.E.C. p.149, p.165.

  28. Babel ou Babylone : « une perversion païenne » (C.E.C., p.27), en hébreu :

    « confusion« .

  29. Ndlr. La pyrale, un papillon, pond ses œufs dans la tige du maïs. En dévorant la tige, les larves provoquent la verse du maïs et donc une perte de rendement. Le maïs OGM dit « Bt » (Bacillus thurigensis) comporte dans son génome une séquence qui le rend toxique pour la pyrale. Outre les variétés résistantes, il existe une alternative biologique aux insecticides opposés à la pyrale (mais qui détruisent les abeilles) : la diffusion dans le champ, par hélicoptère ou à la main, de petites boîtes remplies de trichogrammes, parasites naturels de la pyrale.