Revue du CEP numéro 33

 

Evolution : Le retour du pendule ? Dominique Tassot

 

Résumé : L’idée d’une évolution progressive de l’humanité est si profondément ancrée dans les esprits depuis un siècle qu’elle a déformé jusqu’à la pensée des théologiens : ils la considèrent comme un fait scientifique certain et y adaptent leurs énoncés, au risque de scandaliser. Mais que pèse la foi des humbles devant le risque de passer pour naïf aux yeux des savants ? Or ce mouvement d’autodestruction de la théologie va peut-être marquer le pas, voire refluer. Dans une tribune libre du New York Times, le 7 juillet, le cardinal Schönborn (de Vienne) qui a enseigné la théologie à Fribourg, vient en effet de récuser toute approche néo-darwinienne de l’évolution. Or, il sait très bien qu’il ne s’en enseigne aucune autre : la thèse d’une évolution dirigée par Dieu n’est en effet qu’un exercice de « pensée magique », de « wishful thinking », aussi dépourvue de preuve scientifique que l’évolution darwinienne, et sans le moindre fondement scripturaire.

Dès le 9 juillet, les réactions ont fusé dans la presse. Il est trop tôt pour conclure, mais un signal fort a été donné : gageons qu’un débat de longue haleine est lancé !

 

Dans son mouvement de balancier, lorsque le pendule s’apprête à repartir en arrière, il commence par s’arrêter, comme suspendu en l’air. Mais cette immobilité passagère, loin de marquer l’achèvement d’une trajectoire ou la conquête d’une position définitive, signale au contraire le point d’extrême instabilité et annonce le repli à venir.

Dans le mouvement de la pensée théologique moderne, mue par le désir de coller à la science (toujours considérée comme modèle de pensée rationnelle), on assiste depuis plus d’un siècle à l’abandon progressif de tous les dogmes, l’évolution – loi générale de la vie – devant nécessairement s’appliquer à toutes les productions de la conscience, productions qui elles-mêmes accompagnent le développement du cerveau.

Il serait presque inconvenant d’imaginer que ce « sur-singe » qu’est l’homme actuel puisse rêver aux mêmes mythes que ses lointains ancêtres venant juste de découvrir la marche sur deux jambes ou l’opposition du pouce.

Depuis qu’ils se sont convaincus des centaines de milliers, voire des millions d’années de l’évolution humaine supposée, les théologiens ont donc peu à peu renoncé à l’idée d’un état stable de la pensée ou de la croyance, ou d’une quelconque position de repos dans l’acquisition de formes intemporelles.

Dans ce contexte de relativisme généralisé, un événement significatif vient de se produire, signalant (et peut-être même amorçant) un changement culturel majeur. Le 7 juillet dernier, en effet, un membre influent de la hiérarchie catholique prenait une position publique contraire au courant scientifique dominant, rompait donc avec l’ajustement systématique de la théologie sur la science, et se comportait comme s’il existait, dans le domaine intellectuel, une source d’autorité supérieure au consensus observé dans les Académies (y compris l’Académie Pontificale des Sciences). Dans une tribune libre du New York Times, le Cardinal Christoph Schönborn affirmait en effet que « l’Evolution, dans le sens néo-darwininien d’un processus sans guide et sans plan, formé de variations aléatoires et de sélection naturelle, ne peut être vraie ». Il ajoutait : « Tout système de pensée qui nie ou cherche à esquiver les preuves écrasantes d’une intention (design) à l’œuvre en biologie, constitue une idéologie et non une science. »

Or, la théorie de l’Evolution enseignée aujourd’hui de l’école primaire à l’agrégation, n’est autre que cette « théorie synthétique » dite encore « néodarwinienne » : les mutations suscitent la variation (dans tous les sens) ; la sélection naturelle retient la variation utile (à l’espèce). Ces deux facteurs se combinent pour donner l’impression d’une direction à l’évolution des espèces, mais cette impression n’est qu’une illusion rétrospective : aucune intention, aucun plan, aucune finalité n’est requise pour expliquer l’apparition ou la transformation des êtres vivants.

La théorie synthétique a, pour ses partisans, un grand mérite : elle préserve le mécanisme aveugle évoqué par Darwin avec la sélection naturelle (on peut se passer d’un Dieu créateur) ; elle désigne une cause matérielle d’évolution, la mutation (alors que la sélection naturelle, par elle-même a pour effet de renforcer le type moyen de l’espèce : elle élimine les tarés et les déviants).

On mesure ici toute l’ambiguïté de cette conciliation simplement verbale que constitue « l’évolutionnisme théiste » : il y a eu évolution, mais c’était le plan de Dieu !.. En effet, on continue d’utiliser le même mot « évolution » pour désigner un processus dirigé, alors que toutes les théories scientifiques de l’évolution sont fondées sur des mécanismes supposés aveugles et sans finalité. Selon la formule du prix Nobel Jacques Monod, « la pierre angulaire de la méthode scientifique est le postulat de l’objectivité de la Nature, c’est-àdire le refus systématique de considérer comme pouvant conduire à une connaissance « vraie » toute interprétation des phénomènes donnée en terme de causes finales, c’est-à-dire de « projets »… (Ce) postulat est consubstantiel à la science »[1]

Certes, le cardinal Schönborn ne va pas jusqu’à nier catégoriquement l’évolution ; il concède même qu’elle « pourrait » être vraie au sens d’une hérédité commune (common ancestry), sans préciser toutefois si cette communauté d’origine se rapporte à quelques espèces morphologiquement voisines[2] ou à l’ensemble des êtres vivants. Mais en niant explicitement le néo-darwinisme, il s’est attiré dès le lendemain une opposition (prévisible) chez les scientifiques chrétiens.

Ainsi le Dr Francis Collins (qui a coordonné les travaux américains sur le déchiffrement du génome humain) considère que cette déclaration constitue « un pas dans la mauvaise direction ». Il craint qu’elle « ne représente un retour en arrière (backpedaling) par rapport à ce qui est une conclusion contraignante scientifiquement, aujourd’hui où nous avons la capacité d’étudier l’ADN ».[3]

Le Dr Kenneth Miller, professeur de biologie à l’Université Brown (et auteur d’un livre conciliant l’Evolution et la foi chrétienne) réaffirme le bienfondé des mots rejetés par le cardinal. Pour lui, « « non guidé », « non programmé », « au hasard » et « naturel » sont autant d’adjectifs que les biologistes peuvent appliquer au processus de l’Evolution ». Mais même ainsi, dit-il, l’Evolution « peut entrer dans le plan providentiel de Dieu ». En effet, « la science ne peut pas l’exclure ; la science reste muette à ce sujet ». Aux journalistes du New York Times qui les interrogeaient, Francis Collins et d’autres scientifiques, ont répondu « qu’ils pouvaient comprendre qu’un clerc défende l’idée selon laquelle « l’évolution est le mécanisme par lequel les êtres humains en sont venus à exister, mais Dieu a aussi quelque chose à y voir ». Cette perspective, ajoute-t-il « est partagée par un très grand nombre de scientifiques qui comme moi-même croient aussi en Dieu. Mais elle ne laisse pas place à l’idée que la marche de l’Evolution a requis l’intervention directe d’un agent surnaturel, comme la thèse d’un dessein intelligent l’exige »[4]

Ici, en effet, un élément nouveau est apparu. Le cardinal Schönborn n’a pas opposé la foi à la science, ni les croyants aux savants. Il fait en revanche une audacieuse partition au sein même de la communauté scientifique, entre les darwiniens qui s’obstinent à croire en un « hasard organisateur », et ceux qui renouent avec le sens commun pour affirmer qu’il n’y a pas de fumée sans feu, pas de programme sans programmeur[5], pas de logiciel sans informaticien, bref pas de Création sans un Créateur.

Certes, à ce stade, l’Intelligence supérieure qui a tracé le plan des êtres vivants se présente sous la livrée de ce « dieu des philosophes et des savants » auquel Pascal opposait le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.

Car cet appel à la complexité et à la finalité constatées par la biologie contemporaine, le cardinal Schönborn le tire directement des arguments développés par le Discovery Institute à Seattle, principal centre du « Mouvement pour un dessein intelligent ».

Mark Ryland, vice-président de cet Institut est aussi administrateur d’un Institut International de Théologie à Gaming, en Autriche, dont le cardinal est chancelier. M. Ryland reconnaît avoir poussé le cardinal à prendre position, suite à un article paru dans le Times au mois de mai : un physicien de Cleveland y affirmait que la théorie de l’évolution était compatible avec la religion, et Mark Ryland considéra qu’il était temps de clarifier la position de l’Eglise catholique sur l’Evolution.

Or Jean-Paul II, dans une lettre à l’Académie Pontificale des Sciences, en octobre 1996, avait affirmé que l’Evolution était « plus qu’une hypothèse », ce que la presse internationale avait aussitôt présenté comme l’acceptation, par l’Eglise, de l’Evolution.

Le cardinal Schönborn remarque à ce propos que le rédacteur n’a pas défini clairement ce qu’il entendait par « évolution », si bien que cette lettre peut être considérée comme « vague et peu importante » (vague and unimportant)[6] alors qu’une audience générale de 1985 avait clairement affirmé le caractère complexe et finalisé de tout être vivant, ce qui exclut l’idée d’une Création laissée au hasard.

Est-ce à dire que les idées du CEP vont trouver un écho dans la hiérarchie de l’Eglise catholique comme elles l’ont fait dans l’Eglise orthodoxe russe (cf. Le Cep n° 31) ? Il est bien trop tôt pour l’affirmer. D’une part, cette tribune libre reste à mi-chemin : elle récuse le darwinisme au nom de la complexité ; mais elle ne considère pas assez qu’une organisation complexe ne peut fonctionner que si elle est complète, si toutes ses parties sont à leur place, ce qui exclut non seulement le hasard mais aussi toute évolution graduelle.

Et s’il faut sauter sans transition d’un « programme » à un autre, alors la création ex nihilo s’impose comme l’origine la plus rationnelle !… Mais les « scientifiques chrétiens » vont faire pression, et on ne sait jusqu’à quel point un théologien, même cardinal, est capable de résister aux assauts de l’establishment savant.

D’autre part, ce qu’un cardinal affirme, un autre le dément : le cardinal Théodore McCarrick (à Washington) aurait déclaré au Club National de la Presse que les catholiques ne sont pas tenus de croire « la belle histoire de la Genèse » avec la création d’Adam et Eve par Dieu, mais peuvent croire en l’Evolution, dès lors que Dieu s’y trouve impliqué.

Il est clair que les esprits ne sont pas encore prêts à basculer ; cette tribune libre ressemble pourtant à un ballon d’essai, tâtant le terrain et annonçant le match à venir. Mais quel dommage de voir les participants ignorer des arguments essentiels touchant l’âge de la terre, alors que l’Evolution ne s’est rendue crédible qu’en cédant au pouvoir hypnotique des chronologies longues, conduisant à extrapoler le contraire de la stabilité observée ! Cuvier l’avait bien compris dès 1812, lorsqu’il écrivait dans ses fameux Discours sur les Révolutions de la surface du Globe et sur les changements qu’elles ont produits dans le règne animal : « Je sais que quelques naturalistes comptent beaucoup sur les milliers de siècles, qu’ils accumulent d’un trait de plume ; mais dans de semblables matières nous ne pouvons guère juger de ce qu’un long temps produirait qu’en multipliant par la pensée ce que produit un temps moindre. »[7]

Cette sage pensée du fondateur de la paléontologie aura bientôt deux siècles ! Est-ce un délai suffisant pour que l’Eglise la prenne en compte ?…Mais il n’en faudrait pas plus pour écarter définitivement toute tentation évolutionniste.

 

 

******************************

 

SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence » (Bossuet)

 

 

Manipuler la vie ? Un spécialiste de génie génétique confirme la Genèse.[8]

Carl Wieland et Jonathan Sarfati[9]

 

Résumé : Le Dr Eirich fait du génie génétique sur les bactéries anaérobies, modifiant leur génome pour les rendre aptes à certaines actions chimiques. Mais cette nouvelle aptitude a toujours une contrepartie ; elle fait perdre à un micro-organisme quelque autre fonction jugée inutile pour l’homme. Le Dr Eirich considère toutefois que cette activité est licite, Dieu ayant donné à l’homme de dominer sur les plantes et les animaux (Gn 1,26-28). Mais ses recherches l’ont conduit à rejeter l’évolutionnisme : même les microorganismes sont d’une complexité incroyable !… Et le génie génétique lui-même démontre que le génome est orienté et contrôlé, ne laissant jamais au simple hasard la capacité d’élaborer une fonction nouvelle. Plutôt que le miroir déformant de la « foi évolutionniste », ce sont les « lunettes bibliques » que les chercheurs devraient utiliser.

 

 

Lorsque nous avons rencontré le Dr Dudley Eirich[10], nous connaissions déjà ses impressionnantes références et son expérience. C’était merveilleux de parler à ce savant à la pointe de la biologie moléculaire et de la microbiologie.

Interrogé sur son travail, il répondit : « Essentiellement, je modifie des micro-organismes – des bactéries par exemple – pour leur faire faire des choses qu’ils ne feraient pas normalement ».

Nous lui demandâmes s’il y voyait, comme certains le voudraient, une « évolution accélérée ». « Pas du tout, répondit-il. En fait j’entrave surtout des choses qui marchent bien et j’handicape l’organisme pour lui faire faire ce que nous voulons, par exemple, produire des produits chimiques industriels plus efficacement ».

L’un des domaines d’expertise du Dr Eirich est la microbiologie anaérobie. Les anaérobies sont des bactéries qui se développent en l’absence d’oxygène. Ce sont des organismes exceptionnels, dit-il, difficiles à cultiver en laboratoire. C’est une des raisons pour laquelle ils n’avaient guère été étudiés avant qu’il ne commence à le faire, dans les années 1970. Mais ils sont incroyablement importants dans la Création de Dieu, expliqua-t-il. « On ignorait jusqu’à relativement récemment que pour le bon fonctionnement du cycle du carbone dans le monde entier (le gaz carbonique est expiré par les hommes et les animaux et absorbé par les plantes) ces bactéries sont vitalement nécessaires. Elles sont également très importantes à l’âge industriel, car elles peuvent briser les composés contenant du chlore. C’est le cas pour la plupart des polluants créés par l’homme, dont les PCBs (polychlorobiphényle). »

« Il existe dans la nature des composés faits par l’homme, que l’homme a créés, et que ces bactéries n’ont jamais rencontrés auparavant. Cependant, ces organismes possèdent déjà la capacité d’en briser la grande majorité. Dieu les a créés avec une telle richesse de capacités biochimiques que la plupart de ces composés fabriqués et potentiellement nocifs peuvent être dégradés. »

 

Docteur Frankenstein ?

 

Nous avons interrogé le Dr Eirich sur la partie de son curriculum vitae qui concerne le « clonage de gènes ». Que penser du clonage en général ? Il répondit qu’il partageait essentiellement notre position, à savoir que Dieu a donné à l’homme la maîtrise sur les plantes et les animaux, pas sur les autres humains (Genèse 1: 26-28).

Alors, l’application prudente de ce concept (déjà en œuvre en cultivant les roses ou en plantant les pommes de terre) n’est pas immorale en elle-même, bien qu’il existe une possibilité d’abus.[11] Mais puisqu’il n’a pas été donné à l’humanité l’empire sur les hommes, le clonage humain (pour des « pièces détachées », par exemple) serait odieux et mal.

Que penser de l’implantation d’un gène chez les humains pour réparer un défaut, une maladie héréditaire due aux mutations, conséquences de la Chute ? « Pas de problème« , dit-il. Il y voit l’équivalent de ce que le Christ faisait : guérir les malades sans causer de dommages à autrui. Il n’y a pas de difficulté non plus, pour le Dr Eirich, avec l’utilisation de cellules souches adultes pour essayer de guérir des maladies comme le Parkinson, ou pour réparer une colonne vertébrale source de quadriplégie, par exemple. Mais, ditil, « détruire des embryons humains pour récolter des cellules souches est une chose totalement différente. Il n’existe aucune justification à prendre la vie d’une personne pour aider quelqu’un d’autre. »

Quel plaisir de pouvoir parler de tels sujets avec quelqu’un comme le Dr Eirich, qui est dans cette spécialité même, à la pointe de la recherche. « Beaucoup de chrétiens ont peur de l’idée du génie génétique, pensant que cela est lié à l’évolution, » dit-il. « Mais lorsque vous transplantez un gène d’un autre organisme, l’information est déjà là; vous ne créez rien de nouveau. »

Nous lui avons demandé s’il y avait des exemples de prétendue « évolution simulée » ou « évolution accélérée » dans des travaux comme les siens, où des bactéries sont incitées à accomplir des mutations (produire beaucoup d’erreurs de copie génétique) beaucoup plus rapidement que d’habitude, afin de pouvoir choisir un type adapté à ce que l’on cherche. « Par exemple, expliqua le Dr Eirich, on cherche parmi les variantes produites par un taux accéléré de mutations à trouver un organisme pouvant briser des sucres d’un genre qu’il était incapable de briser jusqu’ici.« 

À cause de l’analogie évidente avec la mutation du néo-darwinisme et la sélection naturelle, nous lui avons demandé si ceci montrait qu’il était plausible de passer, avec des milliards d’années, du microbe à l’homme ? « Absolument pas, répondit-il. Lorsque mes bactéries acquièrent la capacité de faire quelque chose, dans l’opération elles perdent quelque chose d’autre. Et les conditions doivent être très soigneusement contrôlées par la manipulation humaine. »

L’ingénierie des gènes est évidemment le contraire de l’évolution où les choses sont censées se produire d’elles-mêmes; l’ingénierie démontre la créativité et l’intelligence appliquée.

Le Dr Eirich nous donna d’autres aperçus de son point de vue. « Nous n’avons pas encore la possibilité de prédire à partir de la séquence des bases quelle sera la fonction exacte de tel gène; il y a beaucoup de tâtonnements. Vous pouvez mettre le gène x dans l’organisme y et il peut ne pas y faire ce qu’il faisait dans l’organisme originel. Les scientifiques faisant ce genre de travail découvrent qu’il faut des années d’efforts pour obtenir que des gènes fonctionnent convenablement dans un organisme parce qu’il faut faire fonctionner les voies de régulation. »

Il poursuivit : « Si vous vouliez modifier une mouche pour la transformer en quelque chose d’autre, elle devrait être « ré-usinée » depuis son fondement. La sélection naturelle aura tendance à éliminer tous les ajustements en cours de route. Le hasard aveugle et l’environnement futur ne sauraient pas qu’il faut conserver des parties d’équipement inutiles jusqu’à ce qu’un autre enzyme ait évolué; vous avez besoin d’une chaîne d’enzymes et il faut que les enzymes soient codées. Beaucoup de gènes sont communs à de nombreuses créatures. Les bananes, par exemple, partagent 50 % de leurs gènes avec les humains. Mais c’est la façon dont les gènes sont codés qui fait que la chauve-souris est une chauve-souris et le chat un chat. Cela nous ne le comprenons pas bien en science. Ce que l’on appelle l’ADN « poubelle » y est probablement impliqué d’une certaine manière. Il existe des strates de complexité additionnelle que nous sommes en train de découvrir: des codes à l’intérieur des codes, pour ainsi dire. »

 

L’Évolution : une thèse inutile.

 

Nous lui avons demandé ce qu’il pensait de ceux qui prétendent que l’on doit croire en l’évolution pour faire ce genre de travail. Il répondit: « Dans l’enseignement, l’évolution est une grande question. Mais une fois passés dans le monde réel de la science et de l’industrie, nous parlons très rarement de l’évolution; ce n’est même pas un problème. Elle n’a vraiment rien à voir avec le travail que nous faisons. On peut l’appeler « évolution dirigée », mais c’est trompeur car le concept d’évolution désigne un processus non dirigé. Nous faisons des changements que nous contrôlons, recherchant un résultat bien spécifique. Un organisme ignore qu’il va avoir besoin du gène a ou b plus tard. »

A écouter le Dr Eirich, il était clair que la microbiologie, loin d’être une preuve de l’évolution, favorise ses adversaires. « La meilleure preuve contre l’évolution, dit-il, est que l’origine matérialiste de la vie soulève tellement de difficultés scientifiques contre elle, qu’elle ne peut simplement pas se produire. Je travaille sur les organismes les plus simples, mais ils sont horriblement complexes, et plus nous les étudions plus nous découvrons de complexité. C’est comme les pelures d’un oignon; vous les pelez et vous trouvez davantage de complexité. Lorsque vous n’avez pas beaucoup d’information il est facile d’inventer des histoires d’évolution, mais lorsque vous en savez davantage, c’est une autre affaire. Les genres d’organismes que j’étudiais étaient censés être les formes les plus simples de la vie, les plus primitives, etc. Mais ils possèdent une capacité tellement incroyable de fabriquer une gamme de composés très complexes à partir de composés simples, que nous aurions besoin d’usines chimiques énormes et sophistiquées pour accomplir les mêmes tâches. »

 

La foi évolutionniste.

 

Nous étions fascinés par l’exemple qu’il nous a donné de la façon dont les gens peuvent se convaincre eux-mêmes malgré les preuves.

« Lorsque les archéobactéries furent découvertes, dit-il, un article de journal en parla comme d’organismes « martiens », bien qu’à ce jour aucune vie n’ait été découverte sur Mars! Ceci vous montre le pouvoir de la foi évolutionniste. »

Nous l’interrogeâmes sur la réaction de ses collègues quant au problème création / évolution. Il répondit qu’il était rarement soulevé ; mais si une parole désobligeante est dite sur les créationnistes, il se manifeste. Parfois les gens sont choqués de découvrir qu’il est lui-même créationniste. Un scientifique travaillant dans son domaine était hostile à la Bible et fustigeait les créationnistes. Mais lorsqu’ Eirich intervint pour expliquer sa position, l’adversaire devint pensif et respectueux (peut-être aussi du fait que les qualifications scientifiques du Dr Eirich étaient considérablement plus élevées que les siennes).

(…) Il était vraiment enchanté de constater la récente maturité du mouvement créationniste et particulièrement encouragé de voir des scientifiques qualifiés commencer à utiliser de plus en plus « les lunettes bibliques » pour examiner les données.

Les développements scientifiques modernes devraient nous encourager, selon le Dr Eirich. Plus nous apprenons, pense-t-il, plus nous devrions accueillir les découvertes. « C’est excitant de voir les projets sur le génome et la quantité d’information qui en provient ; ce sera une gêne pour les évolutionnistes parce que cela révèle une complexité croissante. » Il poursuivit: « Une fois compris ce que devrait être l’évolution, il faut davantage de foi (au sens familier de crédulité aveugle) pour y croire plutôt qu’ en la création. Et il y a vraiment une grande dose de foi impliquée: les évolutionnistes n’ont pas beaucoup de réponses aux grandes questions, par exemple sur l’origine de la vie. »

Croire totalement la Bible eut un effet majeur sur le Dr Eirich. Il apprit l’inerrance de la Bible alors qu’il grandissait, mais sans savoir comment contrer l’endoctrinement évolutionniste. « Si vous commencez à mettre en doute la Genèse, où vous arrêterez-vous, surtout lorsque c’est fondamental ? » L’Université ébranla sa foi, dit-il. « L’évolution détruit votre confiance en la Bible, parce qu’une fois que vous descendez cette pente glissante, vous commencez à douter de la Bible dans d’autres domaines.

Vos pensées humaines et vos décisions prennent le pas sur la Bible. Les hommes sont faillibles, égoïstes, créatures déchues, alors nous prenons la voie facile et croyons tout ce qui paraît bon à nos « oreilles chatouilleuses » [2 Tim.4: 3]. Mais nous devons rester attachés à ce que Dieu dit. Et finalement, c’est plus sensé. »

 

******************************

 

 

AVIS :

 

Archives sonores du CEP

 

Le CEP s’est doté des moyens permettant la gravure condensée des conférences, à raison de 4 par CD.

L’intérêt est de réduire le prix public, qui pourrait être de l’ordre de 12€ par disque.

La contrainte est la disponibilité de lecture des formats dits « MP3 » chez nos adhérents.

Selon notre information, tous les lecteurs de salon récents (lecteurs de CD) et la totalité des lecteurs équipant les automobiles sont capables de lire ce format aussi bien que celui des disques musicaux du commerce. De plus, les appareils portatifs (dont il existe des modèles à prix abordable : moins de 50 €) sont spécialement prévus pour lire ces enregistrements.

Les participants au colloque d’Angers ont pu voir des démonstrations de ce matériel et acquérir quelques disques des derniers colloques.

Nous souhaitons connaître quels thèmes regroupant 4 conférences auraient votre préférence, dans la collection de nos archives sonores.

 

 

Avortement : Un argument s’effondre[12]

Alexander Williams

 

Résumé : Un des arguments habituels pour l’avortement consiste à dire que le fœtus est produit par le corps de la mère et donc qu’il lui appartient. A preuve : il n’est pas rejeté par le système immunitaire, comme c’est le cas pour les organes transplantés. Une recherche récente vient de renverser cet argument : le système immunitaire de la mère travaille bien à rejeter l’embryon, et c’est la cause de nombreuses fausses couches. Mais l’embryon, dès le sixième jour, secrète une enzyme spéciale, l’indoléamine 2.3-dioxygénase ou IDO, qui inhibe l’attaque des lymphocytes chargés de lutter contre les tissus étrangers. Indépendamment de l’argument génétique, on dispose donc d’un argument physiologique déterminant qui prouve l’individualité de l’embryon dès les premiers jours.

 

 

Les avortements augmentent, mais aussi les preuves scientifiques contre les arguments qui souvent les appuient. Une puissante preuve nous vient de l’immunologie.

Il y a un demi-siècle, lorsque fut découvert le système immunitaire humain, Sir Peter Medawar (Prix Nobel de biologie) fit une remarque importante. Il déclara que la survie de l’enfant génétiquement différent dans l’utérus de sa mère contredisait les lois de l’immunologie qui contrariaient les essais de transplantation de tissus. Le système immunitaire détecte tout tissu « étranger » dans le corps et il organise immédiatement une défense contre lui (principalement par ce que l’on appelle le lymphocyte T « Killer » (tueur)).

Ceci causa l’échec des premières expériences de transplantation d’organes: le système immunitaire du receveur attaquait et rejetait les tissus « étrangers » du donneur.[13]

Alors pourquoi l’utérus de la mère ne détecte-t-il pas la présence du tissu « étranger » de l’embryon et n’essaie-t-il pas de l’attaquer et de le rejeter ?

Nous savons maintenant qu’il le fait ! Et ceci est cause de nombreuses fausses couches. La recherche récente a montré que le fœtus organise une défense spécifique contre l’attaque du lymphocyte tueur. Si ce mécanisme de défense fonctionne correctement, la grossesse ira à son terme. Mais s’il échoue, la fausse-couche survient.

Dans un article remarqué de 1998, des chercheurs du Collège Médical de Géorgie, à Augusta, découvrirent que l’embryon des mammifères (ils travaillaient sur des souris) produit une enzyme spéciale appelée indoléamine2,3-dioxygénase, ou IDO qui supprime la réaction du lymphocyte T de la mère et permet à la grossesse de se produire.[14] Des travaux ultérieurs sur l’homme ont montré le même effet et il fut également démontré que l’IDO était produit sur la membrane du placenta (séparant l’enfant de sa mère) du côté de l’embryon et non pas du côté de la mère.[15] Des travaux ultérieurs sur les souris ont établi que la production d’IDO culminait pendant la formation du placenta, période la plus cruciale pour forger ce lien vital entre la mère et l’enfant.[16] Et les travaux les plus récents sur l’homme ont établi avec certitude que l’IDO est un mécanisme spécifique de l’interface mère–enfant, empêchant que le système immunitaire de la mère ne rejette son enfant.[17]

 

Mais quel rapport avec l’avortement ? Eh bien, un argument habituel en faveur de l’avortement est que la mère a un droit de contrôle sur ce qui arrive à son propre corps.[18] Cependant, la recherche récente montre très clairement que le bébé ne fait pas partie du corps de la mère.

Le bébé a un patrimoine génétique unique, une moitié seulement de ses chromosomes vient de la mère et l’autre moitié du père, et chaque combinaison de chromosomes est unique. Cette situation est suffisante pour que le système immunitaire de la mère considère le bébé comme « étranger » et qu’il lance son attaque par le lymphocyte T « tueur ». Dans les expériences sur les souris, lorsque la production d’IDO était artificiellement supprimée, l’utérus de la mère rejetait rapidement les embryons. C’est seulement parce que le bébé est normalement bien préparé à la vie dans l’utérus, en produisant l’IDO et en empêchant la réaction des cellules T de la mère, que la grossesse peut se développer jusqu’à son terme.

Cette recherche illustre aussi le fait que l’individualité de l’enfant – son patrimoine génétique unique – existe dès le moment de la conception. Lors de la conception, les instructions génétiques de la nouvelle personne se réunissent pour la première fois, dans une cellule unique appelée le zygote. Mais ce n’est pas avant le 6ème jour qu’intervient la production de l’IDO. Pourquoi le 6ème jour ? Parce que le jour 6 est une préparation du jour 7, lorsque le nouvel embryon s’attache pour la première fois à l’utérus de sa mère afin de pouvoir tirer sa nourriture du système sanguin de sa mère.[19]

 

 

C’est exactement le moment auquel le lymphocyte tueur commencerait normalement son attaque pour le rejeter, sans l’étonnante protection assurée par l’IDO produite par le bébé le jour précédent.

Le Psaume 139:13 dit (de Dieu):

 » C’est toi qui as formé mes reins Et qui m’as tissé dans le sein de ma mère. » Et dans Isaïe 46:3, Dieu dit:

« Vous…que j’ai portés dès le sein de votre mère. »

L’IDO est une merveilleuse partie du système de Dieu pour « porter » chacun d’entre nous dans le sein, et nous ne devrions pas violer ce sein maternel, ni le commandement de ne pas prendre la vie humaine innocente (par la prolifération de l’avortement).

 

P.S. Le principal auteur de l’article de 1998 sur l’IDO, David Munn, a poursuivi ses recherches sur le rôle de l’IDO dans les autres parties du corps ; il a découvert un processus parallèle à celui de la grossesse dans la tolérance des tumeurs.[20] De même que l’embryon produit l’IDO pour se protéger du système immunitaire de sa mère, de même les cellules aberrantes des tumeurs empêchent le système immunitaire d’attaquer et de rejeter la tumeur. Ces vues aident à trouver de nouvelles méthodes de traitement des tumeurs et de diminution du taux de rejet des transplantations chirurgicales.

 

 

*

 

 

 

* *

 

 

La faillite du Big-bang

Brad Harrub, Ph.D.

 

Résumé : Le Cep n° 31 (Orage sur le Big Bang) avait alerté sur une réaction significative, chez les astrophysiciens, contre la théorie du big bang. Cette protestation collective n’est pas restée lettre morte. En juin dernier un colloque sur la crise en cosmologie s’est tenu à Monção, au Portugal. Compte tenu de la force des arguments avancés, on peut prévoir la mort prochaine de cette théorie ; et ce sera, paradoxalement, au moment même où elle a fini par s’imposer dans les manuels et dans l’imaginaire collectif.

 

 

Un vieux proverbe russe dit: « lorsque l’argent parle, la vérité fait silence. » Ceci n’a jamais été plus évident qu’avec l’aveu des cosmologistes qui déclarent enfin que la théorie du big-bang est inexacte. L’année dernière un groupe d’astrophysiciens écrivit une lettre ouverte déclarant que le refus de financer les recherches pour une alternative au big-bang supprimait le libre débat en cosmologie [21][22]Dans cet article, Eric Lerner, qui est le président de Lawrenceville Plasma Physics à West Orange (New Jersey), écrivait: « Nos idées sur l’histoire de l’univers sont dominées par la théorie du big-bang. Mais cette domination repose davantage sur les décisions de financement que sur la méthode scientifique. » Il poursuivait: « Le big-bang repose aujourd’hui sur un nombre croissant d’entités hypothétiques, de choses que nous n’avons jamais observées: l’expansion [de l’univers], la matière noire et l’énergie noire en sont les exemples les plus marquants. Sans eux, il y aurait une contradiction fatale entre les observations faites par les astronomes et les prédictions de la théorie du big-bang. Dans aucun autre domaine de la physique ce continuel recours à de nouveaux objets hypothétiques ne serait accepté comme moyen de faire la jonction entre la théorie et l’observation.

Il soulèverait, pour le moins, de sérieuses questions sur la validité de la théorie sous-jacente. Mais la théorie du big-bang ne peut survivre sans ces artifices ».

La température a monté d’un cran lorsque davantage de gens ont fini par comprendre que la politique et l’argent sont le moteur de la recherche sur les origines. Dans un récent article intitulé « Le big-bang s’est-il réellement produit ? », Lerner souligne de nouveau que l’argent est le moteur de la théorie du big-bang. Il reconnaît que la recherche en cosmologie « est financée par un petit nombre de sources et que les comités tenant les cordons de la bourse sont soumis aux partisans du big-bang. » L’illustration de couverture du New Scientist montre un boulet de démolition prêt à s’écraser sur les mots « Bigbang ». Au-dessus se trouve le titre « La fin du Commencement », claire indication que l’ère du big-bang est peut-être terminée. L’auteur de l’article, Marcus Chown, également auteur de The Universe Next Door, commence l’article en demandant:  » Et si le big-bang ne s’était jamais produit ? » Son article poursuit :  » Regardons les faits« , dit Riccardo Scarpa de l’Observatoire Méridional Européen de Santiago (Chili). Le modèle de base du big-bang échoue à prédire ce que nous observons dans l’univers dans trois domaines importants. » La température de l’univers actuel, l’expansion du cosmos, et même l’existence de galaxies, ont tous vu les cosmologistes se précipiter dans des impasses. « Chaque fois que le modèle de base du big-bang a échoué à prédire ce que nous voyons, la solution a consisté à se précipiter sur quelque chose de nouveau: l’expansion, la matière noire et l’énergie noire« , dit Scarpa.

Chown expose que, pour Scarpa et ses amis dissidents, le tripatouillage a atteint un « niveau inacceptable. » Cependant la nature a horreur du vide, et ainsi la théorie du big-bang continue à recevoir considération et argent. Le moment est venu de se demander pourquoi. Trop de savants s’interrogent sur la validité du big-bang, et les dissidents se sont réunis pour en examiner les preuves à la toute première Conférence sur la Crise en Cosmologie tenue à Monção ( Portugal) durant la dernière semaine de juin 2005.

« Ce n’est pas de la science », dit Eric Lerner, l’un des organisateurs de la conférence. Dans une déclaration qu’on doit qualifier d’extrêmement embarrassante envers les cosmologistes du big-bang, Lerner observa: « les prédictions du big-bang sont constamment fausses et elles sont arrangées après l’événement. » À quel point sont-elles fausses ? Chown donna une partie de la réponse lorsqu’il constata: « À tel point que le < modèle standard> de cosmologie aujourd’hui est devenu un horrible méli-mélo comprenant la théorie de base du big-bang, l’expansion et une généreuse assistance de la matière noire et de l’énergie noire. »[23] Le nombre croissant de contradictions amena Lerner à déclarer audacieusement: « Je puis prouver que l’univers n’est pas né il y a 13,7 milliards d’années. Le big-bang n’a jamais eu lieu. »

Après avoir analysé les données de la Sonde Wilkinson Microwave Anisotropy (WMAP), João Magueijo du Collège Impérial de Londres se lamenta: « elles pourraient bien nous dire quelque chose de fondamental sur notre univers, peut-être même que le modèle le plus simple du big-bang est faux…Les scientifiques ont fait ces hypothèses parce que, sans elles, il était impossible de simplifier suffisamment les équations d’Einstein et de les résoudre pour l’univers. » Beaucoup de scientifiques ont déjà mis en doute les hypothèses d’Einstein. Si ces hypothèses sont inexactes, alors le cercueil se refermera définitivement sur la théorie du big-bang. Cependant, malheureusement, même en sachant tous ces problèmes, aveux et contradictions, la « théorie standard » continue à être enseignée comme un fait, du cours préparatoire à l’université.

La mort imminente de la théorie du big-bang approche. Comme

Magueijo le souligna: « Le modèle standard est laid et embarrassant. J’espère qu’il va bientôt arriver au point de rupture. » Combien encore de « sérieuses questions sur la validité  » de cette théorie faudra-t-il soulever avant que la communauté scientifique dans son ensemble admette qu’elle devrait être abandonnée ?

Aussi longtemps que les autres théories et idées sont barrées par des pressions financières et politiques, nous pouvons nous attendre à la poursuite de « l’horrible méli-mélo » et des « subterfuges », tandis que la vérité continuera d’être réduite au silence…

 

 

*********************************

 

 

« Pour le lecteur résolu à éviter la théorie et à n’admettre que des faits observés, il faut fermer tous les livres d’astronomie. Les mesures astronomiques sont, sans aucune exception, des mesures de phénomènes observés dans un observatoire ou une station terrestre; c’est seulement par le truchement de la théorie qu’elles sont traduites en connaissance d’un univers extérieur. »

Sir Arthur Stanley Eddington (1882-1944)

 

 

____________________________

 

 

Un peu d’humour :

 

Dieu refusé par le CNRS

 

S’il se présentait comme chercheur au CNRS (Centre National de la recherche Scientifique), Dieu serait refusé : Il a fait une manipulation intéressante, mais personne n’a jamais pu la reproduire. Il a expliqué ses travaux dans une grosse publication, il y a très longtemps, mais ce n’était même pas en anglais et, depuis, il n’a plus rien publié.

(Hubert Curien, ancien ministre de la Recherche)

 

 

 

HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. »

(Marcel François)

 

 

Qu’en est-il de la mer Noire ?

Question posée aux géologues

G.J. Morfin

 

 

Résumé : La tradition savante situe à l’origine de la mer Noire un simple lac alimenté notamment par le Danube, le Dniestr, le Dniepr et le Don. Or il s’agit aujourd’hui d’une mer (fermée) d’eau salée. L’auteur fait donc un lien entre l’explosion du Santorin, l’invasion rapide de l’ancien continent égéen (couvrant la Grèce et la Turquie) par l’eau de la Méditerranée, et les migrations des peuples japhétites (celtes, germains, etc.) qui vivaient autour du « lac noir » avant sa submersion. Beau cas d’étude historique qui demande la collaboration de plusieurs disciplines.

 

 

 

La tradition des études bibliques et l’Histoire donnent pour la « Dispersion » suivant la malheureuse construction de la Tour de Babel, la direction du Sud pour les Sémites et celle du Nord pour les Japhétites; les Chamites restant à peu près sur place ou s’en allant vers les côtes de la Méditerranée.

Les Japhétites, installés – nous disent les anciens traités – « dans les environs de la mer Noire », ne semblent pas avoir fait parler d’eux pendant près d’un millénaire, de –2800 environ à – 2000, ce qui étonne de leur part, puis soudain l’Histoire place vers -2000 une dispersion nouvelle de ces peuples, en tous sens, nos braves Celtes Gaulois semblant même se souvenir d’une ancienne expérience terrifiante : « le ciel qui leur tombait sur la tête ».

 

 

Des recherches récentes ont permis de découvrir, au fond de la mer Noire, un prolongement du Danube sur le rivage duquel subsistaient les traces d’un village si ancien que ses découvreurs l’ont évoqué comme preuve du déluge, celui dont parle Gilgamesh, le Grand Chasseur, Prince d’Ourouk ( tout semblable à un autre grand chasseur, Prince de Babylone, celui qui voulait édifier la fameuse tour : Nemrod). Gilgamesh ayant fait graver sur les murs d’Ourouk ses aventures après le déluge, on y a vu la « preuve » que Moïse n’avait fait que copier toute l’affaire, sans scrupules.

Toute inondation étant rapportée au déluge, les attachés de presse appelèrent naturellement les traces de l’antique village au fond de la Mer Noire, le village de Noé… y repérant même sa maison !

Puis vint une explication « scientifique ».

Il aurait existé, au centre oriental de l’Europe, une vaste dépression où aboutissait le Danube. Non seulement le Danube mais le Dniestr, le Dniepr, le Don, l’Halys, entre autres.

Tous ces fleuves auraient ainsi créé un grand lac d’eau douce, que nous pouvons nommer le lac Noir, et donc déterminé une vaste zone fertile et accueillante (justement pour les Japhétites, par ailleurs peu intéressés par la mer) aux diverses familles d’éleveurs – agriculteurs.

Grâce aux périodes glaciaires successives répertoriées par la géographie moderne, les fleuves du Nord, gonflés par la fonte des glaces auraient peu à peu envahi toute une immense dépression est-européenne, créant ainsi, peu à peu, la mer Noire.

 

Or la Mer Noire n’est pas un lac géant d’eau douce mais une mer salée.

 

Les recherches archéologiques en Crète placent les énormes destructions de la civilisation minoenne au moment de l’explosion de Théra, ou Santorin. Cette île de la Mer Egée garde les traces d’une fantastique explosion, en effet, que l’on date entre -1500 et -1800.

Les historiens ne regardent qu’au Sud du Santorin, en direction de la Crète qui fut alors ravagée par un raz de marée formidable.

C’est ici que les géologues pourraient bien venir au secours des archéologues et étudier plusieurs éventualités.

1° Ce qui est de nos jours le monde pélagique de la mer Égée, couverte d’îles, connaissait, vers l’an -2000 une brillante civilisation, dite égéenne, qui s’étendait de la Grèce à l’Anatolie. Il ne reste de cette civilisation que de rares statuettes d’un style très évolué. Tout le reste a disparu. Y aurait-il eu, en Egée, un continent égéen dont les îles actuelles seraient les sommets émergés ?

 

 

Fig.1 Avant -2000. Le lac noir et l’Egée

 

 

 

 

 

 

 

 

2° Les plaques d’Afrique, d’Asie et d’Europe continuent de nos jours à s’affronter en cette région créant des séismes, des éruptions volcaniques, le surgissement ou l’effondrement de zones habitées, avec toutes les catastrophes qui s’ensuivent. Cette zone reste éminemment fragile.

 

Fig.2 Vers -2000. L’explosion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La question posée aux géologues est celle-ci : une rupture des détroits accompagnant l’énorme éruption du Santorin aurait-elle pu fissurer le plateau égéen et ouvrir la Méditerranée sur le « petit » lac noir, le transformant en une mer noire salée, les eaux s’engouffrant entre les falaises de la mer de Marmara et du Bosphore ?

Les populations japhétites étant alors chassées de leurs champs et de leurs villages par l’arrivée de l’eau salée (on parle de 20 cm par jour, ce qui remplirait la profonde cuvette de la mer noire en 2 ans paraît-il, d’après les calculs de géographes américains), aurait fui « en tous sens », chaque groupe s’éloignant de la nouvelle mer selon sa ligne de fuite la meilleure et la plus facile, pris d’une panique bien justifiée surtout si cet envahissement marin incompréhensible avait été précédé de phénomènes terrifiants lors de l’explosion comme les « pierres du ciel leur tombant sur la tête ».

 

Fig.3 Vers -2000. La dispersion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette dispersion des Indo-Européens est datée par les historiens aux environs de -2000, d’après les souvenirs de leur arrivée au Proche Orient dans les chroniques Mésopotamiennes, Hittites, Grecques, Iraniennes, etc…

L’explosion de Santorin pourrait donc bien être située peu auparavant, vers -2000 aussi.

****************************************

Les réductions guaranίes de la Compagnie de Jésus aux XVIIème et XVIIIème siècles ou la formation d’une chrétienté (1ère partie) Abbé Bertrand Labouche

 

 

Résumé : Les « réductions » guaranίes ont été récemment signalées à l’attention par le succès du film « Mission ». Cette évangélisation originale, conçue et réalisée par les jésuites, mérite d’être mieux connue et comprise : le christianisme n’atteint pas que l’esprit et le cœur; il implique un mode de vie adéquat, on le verra dans une deuxième partie. L’auteur, depuis plusieurs années au Brésil et en Argentine, décrit dans cette première partie l’histoire des débuts de cette prédication qui fut en même temps une exploration.

 

 

L’expression « Réductions guaranίes » désigne les Missions d’évangélisation des indiens guaranis organisées par les missionnaires jésuites au XVIIème siècle au Paraguay et qui s’étendront jusqu’à l’actuel Rio Grande du Sud brésilien ; ces religieux ne se contentèrent pas d’un apostolat ponctuel en se déplaçant d’une région à l’autre, mais réunirent les indigènes en de « mini-chrétientés », se dévouant à une évangélisation en profondeur et à l’abri des malveillances.

Hélas, la cupidité, les conflits politiques européens et l’influence de la franc-maçonnerie, provoquèrent la tragique disparition de ces Missions admirables ; mais la bonne semence, aux fruits connus de Dieu, fut plantée et l’exemple des missionnaires témoigne pour toujours de la charité apostolique de l’Eglise.

Parcourons un peu cette page de son histoire…

 

I- Origine des Réductions

 

En 1603, le gouverneur Hernandarias réunit en un synode les prélats du territoire d’Asunción (actuelle capitale du Paraguay) et leur fit part de son désir de :

– demander au Conseil des Indes et au Roi d’Espagne la venue de missionnaires jésuites pour évangéliser les 150.000 indigènes guaranis. – promulguer des lois interdisant l’esclavage des indigènes, pratiqué par les commanderies espagnoles.

Son vœu fut exaucé car, en 1608, le Roi fit venir treize jésuites européens décidés à mettre leur foi et leurs forces au service de ce noble idéal : la conquête spirituelle des guaranis. De plus, un visiteur, Francisco de Alfaro, fut envoyé afin d’enquêter sur la situation pénible des aborigènes dans les commanderies ; cette visite eut pour fruit la promulgation d’Ordonnances visant à améliorer leur situation.

Les missionnaires étrangers apprirent le guaranί et réunirent les indigènes dans des missions ou « réductions » pour mieux assurer leur évangélisation. Ils eurent en outre à affronter les ressentiments des chefs des commanderies, et plus tard les incursions des bandeirantes de São Paulo, qui versèrent dans la calomnie et l’intrigue sous le fallacieux prétexte que les missionnaires exerçaient un protectorat excessif. Le film bien connu « Mission » donne, sur ce point, une idée exacte de ce conflit où les religieux se firent les avocats courageux des guaranis.

 

II – Les Indiens Guaranίs

 

A l’époque de la découverte de l’Amérique, les peuplades guaranίes s’étendaient de manière discontinue dans pratiquement toute la partie sud du continent américain. Ce sont des descendants des indiens caraïbes qui vivaient dans le nord de l’Amérique du Sud.

Des chercheurs pensent que les Caraïbes sont d’origine phénicienne, d’autres affirment qu’ils sont de race jaune, et plusieurs placent leurs ancêtres en Polynésie. Il semble certain qu’ils proviennent de pays lointains.

Au cours de leurs migrations, les guaranis se scindèrent en divers groupes qui adoptèrent le nom d’une caractéristique de leur territoire ou de leur chef (« cacique »).

Par exemple, ceux qui vivaient dans la région d’Asunción, les indiens carios, tiraient leur nom de Caracará, leur chef.

Certains étaient vêtus d’un manteau en peau de jaguar ou d’un tablier de coton bordé de plumes, mais la plupart vivaient quasiment nus. Les hommes s’ornaient de panaches (illustration n°4) et les femmes de colliers et bracelets de griffes et de dents de singes. Tous marchaient pieds nus.

Le mot guaranί signifie « guerrier » ; de caractère belliqueux, ils étaient perpétuellement en guerre les uns contre les autres, pour des rivalités de chasse ou de pêche. Et pourtant, l’historien Werner Hoffman affirme que « le peuple guarani fut le plus docile et éducable des indiens sud-américains » !

Bien proportionnés, ils étaient robustes, de taille moyenne et le visage rond. Leurs yeux étaient très foncés, leur cheveu noir et lisse et leur peau brune (illustrations n°1,2,3). Ils n’extériorisaient pas leurs souffrances par des cris ou des plaintes; leurs sentiments intérieurs n’apparaissaient jamais sur leur visage.

C’est à coup de poings, jamais avec une arme, qu’ils résolvaient leurs litiges entre parents et amis. Les hommes s’occupaient de la guerre et de la chasse, les femmes du tissage, de la culture, de la cuisine.

A la guerre, ils étaient fidèles à leur chef et se montraient féroces, valeureux et infatigables au combat.

Pour s’orienter, ils se laissaient guider par la Nandứ-Pisá, la Croix du Sud. Ce peuple, nomade, n’était pas attaché à un sol et ignorait le patriotisme et l’économie. Fils d’une forêt riche en fruits et animaux qui leur servaient d’aliments, ils étaient indolents, jouissant du moment présent, sans crainte de l’avenir ni méfiance vis à vis de l’étranger.

Les Guaranίs vivaient dans la pauvreté, en dépendance des semailles, de la chasse (illustration n° 5) et de la pêche. Avant de semer, ils prenaient les étoiles pour guides ; après avoir abattu des arbres, ils attendaient la pluie pour qu’elle humidifie la terre. Ils plantaient ensuite la semence, et obtenaient d’abondantes récoltes de maïs, de manioc et d’arachide.

Leur alimentation était complète et équilibrée, suffisante pour leur assurer une bonne santé. Connaissant à la perfection le monde animal et végétal qui les entourait, ils appréciaient particulièrement l’infusion de maté.

Le sentiment religieux du guarani était intérieur, ignorant les idoles. Son temple était la nature. Il croyait en Tupá, le dieu bon, l’Etre suprême de l’univers qui se rencontrait dans la brise et dans les sons de la forêt. Spirituel, il ne pouvait être représenté. Ce dieu créa d’abord les animaux et les bois ; après de très nombreuses lunes, il créa l’homme auquel il donna l’intelligence afin qu’il puisse s’approprier la nature et vaincre les bêtes féroces. Puis, un jour, il se retira pour vivre dans le soleil qui annonce la joie, la force et la santé.

L’ Etre mauvais est Aňá et son astre, la lune décroissante, est présage de malheurs et de maladies.

Les Guaranίs croyaient en l’immortalité de l’âme et espéraient leur passage vers une vie plus heureuse, parmi les étoiles du ciel. Ils étaient très superstitieux, portant toujours à l’épaule un sac de cuir contenant les trois amulettes, données par le sorcier, qui devait leur porter bonheur : quelques griffes, dents et morceaux de peau de jaguar pour obtenir une chasse abondante, des arêtes de poisson pour une bonne pêche et le payé pour l’amour : des plumes de caburé au pouvoir irrésistible.

Leurs mythes provenaient de la nature environnante : dieux de la foudre, du tonnerre, de la tempête, des plaines, des eaux et autres génies tropicaux : le Caáyary, esprit de l’herbe, le Caagüiporá, seigneur de la forêt, le Chochί, oiseau-boussole dans l’immensité de la nature. Ils se répétaient des contes simples dont les personnages étaient le singe, le perroquet, le renard, la tortue, le jaguar…et la légende du pèlerin blanc qui parcourut ces régions, enseignant la culture du maïs, transformé avec le temps en la légende chrétienne de Pai-Zumé, saint Thomas, dont les pas restèrent gravés sur le coteau de Paraguary.

Le Guaranί mesurait le temps en lunes qui équivalaient aux mois, et en hivers, qui représentaient les années. Il connaissait les saisons et des étoiles comme la Croix du Sud et les Sept Chèvres.

Il avait de bonnes connaissances en botanique, zoologie et médecine. Le médecin, en réalité, était le sorcier, un homme qui se consacrait au soin des malades, et transmettait sa science de génération en génération. Les plus expérimentés étaient respectés comme des sages. Le sorcier employait des analgésiques et pratiquait la chirurgie, ouvrait les abcès, appliquait des cataplasmes, des ventouses, utilisait de l’argile pour les fractures. La flore de la région lui offrait de nombreux remèdes naturels pour toutes sortes de maladies. Respecté, il recevait facilement des présents de choix : peaux de jaguar et aliments variés. Riche, il pouvait avoir plusieurs femmes, à l’exemple du chef de la tribu.

Les Guaranίs ne savaient ni lire ni écrire ; mais leur langue était leur meilleur patrimoine culturel, et ils s’en montraient fiers, s’efforçant de parler avec finesse et éloquence. Le Padre Lozano écrivit en 1754 : « Cette langue est une des plus riches et élégantes du monde. Elle fut le français de l’ancienne Amérique, la langue de référence comprise par toutes les tribus ». Le Guaranί disait que son langage faisait murmurer les eaux et les forêts, car il avait été créé par les vents. La langue guaranίe, de fait, a survécu aux contingences historiques postérieures au descubrimiento et s’est perpétuée jusqu’à nos jours, au Paraguay et au nord-est argentin.

Les Guaranίs aimaient la danse et la musique. Ils dansaient depuis les temps les plus anciens ; par la danse, ils espéraient chasser les fléaux, la tempête, l’ennemi et triompher du mal.

Ils aimaient beaucoup chanter. Ils chantaient en l’honneur de Tupá, pour lui demander longue vie ; ils fredonnaient aussi une sorte de prière avant de quitter la maison, pour rencontrer de nombreux sangliers. Ils chantaient pour que Tupá diminue la fureur des vents qui arrachaient les arbres où les abeilles gardent le miel. Leur seul instrument était une simple flûte de roseau, avec laquelle ils reproduisaient les sons de la forêt.

Plus tard, les missionnaires trouveront dans la musique un allié précieux pour attirer et conquérir les Guaranίs (illustration n°6).

 

Certes, il leur faudra aussi et surtout, des trésors de patience, bonté et abnégation, pour civiliser et christianiser ces âmes païennes. Les Réductions constitueront le champ fertile et privilégié de leur action.

 

III – LES PREMIERES REDUCTIONS GUARANIES

 

Les premiers jésuites arrivèrent au Paraguay en 1609. Les R.P. Roque Gonzáles de Santa Cruz et Vicente Griffi furent destinés à travailler parmi les guaycurứes, les R.P. Marcial Lorenzana et Francisco San Martin parmi les paranáes et les R.P. José Cataldino et Simon Masseta au Guayrá. Le gouverneur Hernandarias fit tout pour faciliter l’installation des missionnaires, leur fournissant des guides guaranis pour s’orienter et le matériel nécessaire ; il leur offrit même une somme d’argent correspondant à ce que pouvait recevoir un « Curé aux Indes ».

La première réduction jésuite fut celle de San Ignacio-Guazứ (« St-Ignace-la-grande »), fondée au Paraguay en 1609 par les Pères Lorenzana et San Martin. Les aborigènes paranáes se montrèrent très réceptifs à l’action des missionnaires qui réussirent à leur montrer les avantages d’avoir une famille et un lieu stable pour vivre. Leurs passions sauvages furent vaincues par la force de conviction, la patience, la bonté et l’exemple des jésuites.

Hélas, ce ne fut pas le cas des indigènes guaycurứes : après deux ans d’efforts intenses, le zèle du Padre Roque, pourtant futur martyr, pour les civiliser s’avérèrent vains. Même la musique ne parvint à les émouvoir. Le missionnaire rejoignit alors la réduction de San Ignacio-Guazứ, où il remplaça le Padre Lorenzana à la tête de la mission.

Au Guayrá, les Pères Cataldino et Masseta fondèrent, en 1610, les réductions de Loreto et San Ignacio-Minί qui réunirent plusieurs tribus.

Le Père Montoya, élu ensuite supérieur de la Mission, fondera plus tard les réductions de San Javier de Tayatί, Encarnacion de Nantinquίn, San José de Tucutί, Concepciόn et San Pedro de Gualacόs, Siete Angeles de Tayaobá, Santo Tomás, San Pablo, San Antonio et Jesứs y Maria.

Les efforts surhumains des missionnaires furent récompensés spirituellement et même matériellement : les missions étaient si prospères que des tribus avoisinantes se risquèrent à les attaquer pour les dépouiller ; les jésuites constituèrent alors une petite armée de Guaranίs commandés par le cacique Maracaná qui s’illustra en de fameux combats.

 

Le Bienheureux Roque González de Santa Cruz

 

Né à Asunción en 1576, ce prêtre se dévoua au Paraguay, au Brésil, en Argentine et en Uruguay, spécialement auprès des indigènes les plus démunis. Jésuite énergique et cultivé, surnommé le « Démosthène paraguayen », il composa plusieurs écrits en guaranί ainsi que de nombreuses prières approuvées par toutes les réductions (auparavant, le Père Bolaňos, franciscain, avait composé un catéchisme en guarani. Ignorant le repos, il parcourut des distances considérables, affrontant les sorciers et les chefs de commanderies espagnoles. Vénéré par les indigènes, il fut laboureur, éleveur de bétail, mineur, maçon, bûcheron, médecin, artisan … Il enseigna le chant, la peinture et le commerce, édifia des églises et des demeures pour le bienêtre de ses guaranίs. La réduction de San Ignacio-Guazứ sortit de ses mains. Ses habitants vivaient heureux sous sa paternelle direction. Il fonda la mission de Itapuá en 1615, puis celle de Yaguapứa en 1618 où les Guaranίs formèrent une grande communauté ; face à une peste, le Père Roque parvint à la conjurer en préparant une liqueur à base de plantes de la région.

Par ordre de son supérieur, il explora en pirogue le Paraná, puis fonda, en 1620, la réduction de Concepciόn sur un affluent de l’Uruguay. Les habitants de la région étaient réputés pour leur férocité.

Le Père Roque ne craignait pas la mort, emportant avec lui un tableau de la Vierge Marie, la Conquistadora, auquel il attribuait ses succès apostoliques.

Puis il traversa l’Uruguay en 1626 et fonda la mission de San Nicolás, en terre brésilienne.

Plus tard, il ouvrira la mission de Yapeyứ, destinée à faire le lien entre les réductions et Buenos Aires, puis celle de Santa Maria del Iguazứ, à proximité du magnifique spectacle naturel des cataractes. Il fondera ensuite, près de l’embouchure du fleuve Ibicuy, le village de Purificación. Les indigènes de la région, nomades, n’aimaient pas travailler la terre ; profitant d’une absence de leur père spirituel, ils s’enfuirent vers le nord. Le missionnaire partit les chercher et explora en leur compagnie la région actuelle des états brésiliens du Rio Grande et de Santa Catarina, fameuse pour ses forêts luxuriantes et ses terres riches en pierres précieuses. Le Père Roque fonda alors la réduction de Candelaria, où les indigènes trouvèrent leur épanouissement.

Dans les dernières années de sa vie, le Père Roque eut pour collaborateurs deux jeunes jésuites : les Pères Alonso Rodrίguez et Juan del Castillo. Il pénétra avec eux dans les forêts du Caarό, riches en fleurs aux parfums exotiques, peuplées d’oiseaux splendides mais aussi de bêtes féroces. Régnait en cette région Ñezứ, cacique puissant, chef de 500 familles. Le Père Roque les catéchisa et les réunit en un village, avant de les confier au Père Juan del Castillo qui construisit sa cabane près de celle de Ñezứ. Le cacique était rebelle et orgueilleux. Se repentant d’avoir promis de quitter ses nombreuses épouses, il renia la religion chrétienne et résolut d’éliminer les jésuites.

Les Pères Roque et Alonso, loin de suspecter les intentions du cacique, s’étaient éloignés du quartier de Ñezứ pour construire, avec l’aide d’indigènes, un nouveau village. Ñezứ, le coeur habité par la haine, cherchait à se délivrer des jésuites qu’il considérait comme des rivaux. Il chargea les caciques Cuniaracuá, Carupé et Caaburé de tuer les religieux, d’incendier la chapelle et de jeter au feu les corps pour qu’aucune trace de christianisme ne demeure dans son village. Ñezứ, en personne, se chargerait de faire disparaître le Père Juan del Castillo.

Son plan se réalisa : le 15 novembre 1628, alors que le Père Roque installait la cloche de la nouvelle chapelle, un aborigène le frappa violemment à la tête ; le Père Rodriguez fut tué de la même façon alors qu’il récitait son bréviaire.

Les indigènes traînèrent les corps jusqu’à la chapelle qu’ils incendièrent ; ils détruirent aussi l’image de Notre Dame Conquistadora, le calice et le crucifix. Un cacique, catéchumène, ayant repris les assassins, fut tué sur le champ.

Le jour suivant, ils constatèrent que les corps des missionnaires avaient été épargnés par les flammes ; et du coeur du Père Roque s’éleva subitement une voix : « Vous avez tué celui qui vous aimait et qui voulait votre bien ; mais vous n’avez tué que mon corps, car mon âme est au Ciel. Le châtiment ne tardera pas, mes fils viendront vous punir pour avoir maltraité l’image de la Mère de Dieu. Mais je reviendrai vous aider, car vous aurez beaucoup à souffrir à cause de ma mort ». Trente trois témoins assistèrent à ce prodige. En entendant cette voix, les assassins, enragés, arrachèrent le cœur, le transpercèrent d’une flèche et jetèrent de nouveau les restes mortels des martyrs au feu. Le cœur du Père Roque demeura encore intact.

Le vendredi 17 novembre, à 15h00, commença le martyre du Père Juan de Castillo ; il venait de réciter vêpres. Les émissaires de Ñezứ lui ligotèrent les bras, des indigènes le couvrirent de coups en le poussant vers la forêt. Le missionnaire, surpris, leur demanda : « Mes enfants, que faites-vous ? » Ils lui répondirent qu’ils allaient tuer tous les missionnaires et que les Pères Roque et Alonso étaient déjà morts. « Alors, conduisez-moi auprès d’eux et tuez-moi en leur compagnie », répondit le religieux. Il fut aussitôt traîné sur le sol ; son corps, meurtri par les pierres et les épines, ne fut bien vite qu’une plaie. Le martyr répétait : « Tupanrehê », « que ce soit pour l’amour de Dieu » en guarani, et « Jesứs, Maria » ; un témoin l’entendit dire aussi : « Prenez-moi. Vous tuerez mon corps, mais j’irai au Ciel ». Après avoir percé son corps de flèches, ils le lapidèrent sur les rives de l’Ijui et l’abandonnèrent en disant : « Que les tigres le dévorent » ! Ceux-ci, nombreux dans cette région, furent moins cruels que les hommes et respectèrent son corps.

Plus tard, des indigènes brûlèrent son corps. Ils entrèrent ensuite dans la cabane du jésuite, détruisirent son calice et ses ornements.

 

 

 

 

 

Ñezứ, triomphant, se vêtit de l’aube et de la chasuble du martyr et, orné de plumes, s’adressa au peuple : « Désormais, vous serez heureux, vos cultures prospéreront et vous vivrez selon les coutumes de vos ancêtres. Maintenant, c’est moi qui baptiserai vos fils ». Il fit venir alors quelques baptisés, leur racla la langue pour lui enlever la saveur du sel béni, leur racla aussi la tête pour éliminer l’onction du saint chrême et, enfin, leur lava la tête, prétendant leur arracher ainsi toutes les grâces baptismales.

Le Supérieur des religieux, le Père Romero, rapidement informé, envoya deux cents guerriers à Caaró qui recueillirent les restes mortels des martyrs, combattirent et vainquirent les indigènes rebelles…Ñezứ trouva une fin tragique, ses complices (douze des principaux assassins, dont onze se convertirent) furent condamnés à mort par la justice espagnole, bien que les religieux eussent réclamés l’indulgence. La prophétie du coeur du Père Roque se réalisa à la lettre ; cette insigne relique fut placée par la suite dans un reliquaire et se trouve de nos jours au Paraguay, à Asunción en l’église du Christ-Roi, où de nombreux miracles lui sont attribués.

Le 28 janvier 1934, le Pape Pie XI déclara bienheureux les « Trois Martyrs des Missions » (illustration n° 7) ; le P. Roque fut canonisé en1988 (fête le 16 novembre). Le lieu du martyre, proche de la Mission de São Miguel, devint rapidement un lieu de pèlerinage, inauguré par les propres guerriers du Père Romero.

 

(Suite au prochain numéro :

L’organisation et la vie des réductions)

 

 

 

*

 

 

 

* *

 

LES DESSOUS DE LA PREHISTOIRE

 

 

 

 

Moines et Dragons

Un conte moral et

paléontologique du 3

ème

 

siècle

Raymond de Trémolière

1

 

 

 

 

 

Résumé : Cet article restitue une histoire de dragons extraite des lettres d’Ammonas, successeur de Saint Antoine, au IVème siècle, et postérieurement évêque en Égypte. Contrairement à d’autres histoires de dragons, celle-ci présente un caractère de vérité peu habituel qui milite étrangement pour une survivance d’animaux que d’aucuns pourraient être tentés d’associer à la catégorie des dinosaures. Cette question nous conduira à étudier la vraisemblance d’une telle hypothèse par rapport à des découvertes paléontologiques récentes en Égypte. Outre cette question on verra qu’il s’agit là d’une belle histoire morale pour tous publics.

 

 

Mots clés : Moines, Dragons, Dinosaures, Égypte, Ammonas, saint Antoine.

 

 

 

 

1. INTRODUCTION

Ces derniers temps on a pu observer un phénomène d’engouement croissant pour les dragons et les dinosaures où, sans remettre en cause

 

1 Dr ès Sciences

forcément une ancienneté soutenue par certains, de plus en plus de traces historiques ou archéologiques semblent militer pour une survivance d’êtres fantastiques que l’homme aurait connus. Bien sûr la part des légendes ne peut être ignorée, et il en va d’ailleurs de même pour toutes les histoires. Mais entre la négation pure et simple et la formulation d’hypothèses conduisant à de possibles découvertes scientifiques, nous préférons la deuxième attitude. Dans cette voie, suite à des recherches que nous avons conduites au Moyen-Orient, nous révélons une vieille et surprenante histoire que nous n’avons jamais vu citée dans les ouvrages ni dans les sites internet consacrés aux dragons. On verra que cette histoire atteste de l’existence de dragons jusqu’à la période du IIIème siècle de notre ère. Nous en profiterons pour creuser le sujet, tant sur la véracité de cette histoire que sur le type d’animaux dont il peut s’agir.

Il faut dire de prime abord que des témoignages sur la survivance d’animaux que l’on dit avoir disparu à l’époque secondaire sont de plus en plus nombreux et attestés par de plus en plus de scientifiques.

 

 

Tarascosaure (Provence), Musée d’Esperaza

 

 

Au point de vue du légendaire chrétien ou biblique, on peut rappeler ici l’histoire de la Tarasque en Avignon, celle des ‘ptérodactyles’ de la grotte de la Madeleine près de Saint Maximin en Provence, du Dragon de Saint Georges très présente au Liban et au Moyen Orient et dont il est probable que la Vouivre de Franche Comté était voisine, évidemment de Saint Michel et de Lucifer personnifié par un dragon, du Béhémoth (animal terrestre) et du Léviathan (animal marin) de la Bible, du serpent d’Adam et d’Eve, de la descendance d’Eve devant écraser l’origine du mal en la tête du serpent. On ne peut pas non plus ignorer tant de légendes chez tous les peuples de la terre depuis la plus haute antiquité. Pour la période moderne, il nous plait de faire allusion aux dragons Fafner et Fasolt de Wagner, gardiens des trésors, et récemment pour les enfants l’histoire du dragon du lac de feu dont Walt Disney a fait un film dont plusieurs répliques sont en bas latin, époque où l’on apaisait la fureur des dragons en leur sacrifiant des jeunes filles tirées au sort ! C’est d’ailleurs en creusant l’histoire de Saint Georges que nous avons trouvé l’histoire reprise ici.

Ici nous nous contenterons de restituer une histoire que l’on peut dater des 3- 4ème siècles et que l’on attribue à Ammonas, -son nom en grec-, ou à Ammoun, -son nom en syriaque ou copte-, disciple de Saint Antoine (1). L’histoire que nous reprenons ici fut traduite sur des textes grecs par NAU (1911), ancien Professeur à l’Institut Catholique de Paris, et publiée dans la Patrologia Orientalis. Cet auteur a complété des textes syriaques traduits en latin par le russe KMOSKO (1910) en éditant des textes d’Ammonas en Grec et d’autres encore moins connus en syriaque. C’est de là que nous tirons le texte ci-après.

 

2. Le MOINE, les DRAGONS et les VOLEURS

 

Voici le texte attribué à Ammonas, rédigé probablement vers les 6ème-7ème siècles :

 

Histoire des Frères qui guidaient ces bienheureux

(Rufus et ses compagnons)

 

  1. Comme nous marchions dans le désert au moment de midi (2), nous vîmes tout à coup une trace d’un grand dragon, comme si une poutre avait été traînée sur le sable, et une grande crainte nous saisit. Or les frères qui nous guidaient nous exhortaient à ne pas craindre, mais plutôt à prendre courage et à suivre la trace de ce dragon. Ils nous disaient :

«Vous voyez notre foi, et vous verrez en réalité comment nous tuons ce dragon ; car soyez certains que nous avons tué de nos mains beaucoup de dragons, d’aspics et de cérastes (vipère à cornes) parce que nous avons confiance dans le Seigneur et que, chez nous, s’accomplit la parole de Notre Seigneur », disant :

« Voici que je vous donne le pouvoir de fouler aux pieds les serpents et les scorpions et toute la puissance de l’adversaire.» (Luc, X, 19.)

  1. Nous donc, parce que nous étions incrédules et saisis d’une grande crainte, nous les conjurions de ne pas suivre la trace de ce dragon, mais de suivre le droit chemin. L’un de ces frères, dans l’ardeur de sa bonne volonté, nous laissa où nous étions et courut dans la solitude à la recherche de ce dragon, puis, lorsqu’il l’eut trouvé, parce qu’il n’était pas très éloigné, il cria à (haute) voix et il nous dit :

« Le dragon est ici dans la caverne » et il nous appelait pour voir ce qu’il faisait. Les autres frères nous sollicitaient à aller sans crainte avec eux.

  1. Comme nous allions voir le dragon, un solitaire survint qui nous prit la main, et il nous conjurait d’aller à son monastère, et il nous disait : «Vous ne pourrez pas résister à la sortie impétueuse de ce dragon, surtout parce que jusqu’ici, vous n’en avez pas vu comme lui », car il disait : «J’ai vu souvent qu’il était très fort et qu’il a plus de quinze coudées
  2. Après nous avoir ordonné d’attendre en cet endroit, il alla vers ce frère, et il le conjurait de s’éloigner de l’ouverture de cette caverne, car il ne voulait pas quitter ce lieu avant d’avoir tué le dragon ; (enfin) il le persuada et il ramena près de nous le bienheureux (l’audacieux) qui nous reprochait beaucoup notre peu de foi lorsqu’il nous eut rejoint.
  3. Le bienheureux (le solitaire) nous emmena et il nous fit entrer dans sa demeure qui était éloignée de près d’un mille et nous nous reposâmes de notre fatigue et nous nous réconfortâmes.

Le solitaire nous raconta qu’en cet endroit avait habité avant lui un (autre) solitaire, homme saint, nommé Ammonis (ou ‘Ammoun’) (3), son précepteur, qui opérait de nombreux prodiges en ce lieu.

  1. Souvent en effet des voleurs étaient venus qui avaient pris son pain et sa nourriture. Comme il (en) était très incommodé, il alla certain jour au désert et en ramena avec lui deux grands dragons auxquels il commanda de demeurer en cet endroit et d’en garder la porte. (Lorsque) les voleurs vinrent selon leur habitude et virent ce prodige, ils furent saisis d’un grand étonnement et d’une grande frayeur et, – de la crainte qu’ils éprouvaient , ils tombèrent la face contre terre.
  2. Lorsque le bienheureux (l’ancien solitaire : le précepteur Ammonis-Ammoun) sortit, il les trouva gisant à terre et il ne leur restait plus qu’un faible souffle de vie. Il les releva et leur fit des reproches en disant :

«Vous êtes beaucoup plus cruels que les animaux, car ceux-ci, à cause de Dieu, obéissent à notre volonté, tandis que vous, vous ne craignez pas Dieu et vous n’avez aucun respect pour les hommes ».

Il les fit entrer dans la cellule et leur prépara la table, et il les exhortait à changer leur volonté mauvaise. Ceux-là abandonnèrent aussitôt leurs mauvaises actions, et ils parurent meilleurs que beaucoup d’hommes, car au bout de peu de temps, dans (leur) foi, ils faisaient même des prodiges par la vertu de Notre Seigneur.

 

  1. Un autre dragon encore dévastait tout le pays voisin de ce bienheureux (Ammoun) ; il tuait et faisait périr beaucoup de bétail et d’animaux. Tous les habitants du désert vinrent ensemble près d’Ammoun et ils lui demandaient d’extirper ce dragon du pays. Mais lui, qui refusait de le faire comme s’il ne pouvait pas les aider, renvoyait donc ces hommes de près de lui dans une grande tristesse.
  2. Le jour suivant, dès le matin, il se mit seul en route, il se plaça sur le chemin du dragon, tomba à genoux et pria Dieu. Quand il l’eut fait trois fois, le dragon apparut subitement et s’avança vers lui avec grande impétuosité, tandis qu’une haleine redoutable sortait de sa bouche, qu’il se gonflait, qu’il sifflait et qu’il émettait une mauvaise puanteur. Saint Ammônis ne fut ni ému, ni effrayé, mais il se retourna et il dit au dragon : «Que le Christ, fils du Dieu vivant, te donne la mort, Lui qui doit tuer le Léviathan. »
  3. Quand il eut dit cela, le dragon creva sur-le-champ, et il rendait tout son venin avec son sang. Quelques jours après, les paysans vinrent et virent le dragon, et ils s’étonnèrent du prodige que le bienheureux avait opéré à son occasion ; comme ils ne pouvaient supporter sa mauvaise puanteur, ils jetaient beaucoup de sable sur lui ; le saint demeurait près d’eux, car ils n’osaient pas sans lui s’approcher du corps de ce dragon.
  4. Une fois, tandis que ce dragon vivait encore, un enfant qui paissait des brebis, le vit de loin et trembla, le souffle lui manqua et il tomba et mourut dans le désert. Il resta gisant tout le jour et, vers le soir, des hommes le trouvèrent inanimé à terre et le conduisirent au bienheureux, sans connaître la cause de ce qui était arrivé. Alors le saint se mit en prière et l’oignit d’huile ; et l’enfant se leva et il raconta ce qu’il avait vu. C’est pour cela que ce bienheureux fut touché de compassion et qu’il alla tuer le dragon ; et tous ceux qui virent ou entendirent louèrent Dieu.

 

Fin de ce qui concerne les bienheureux solitaires du désert.

3. Les DRAGONS d’AMMONAS sont-ils des DINOSAURES ?

 

La survivance des dinosaures jusqu’à l’époque quaternaire est une question anachronique. En effet la théorie officielle d’une extinction générale de ces espèces il y a 65 millions d’années, à la fin du secondaire, est devenue un dogme officiel. Autant dire que l’évocation de tels animaux ayant pu cohabiter avec les humains ne peut être que le fait d’esprits aventureux ! Quand on confond évidence avec matraquage médiatique ou scientifique il est clair qu’on en arrive là. Pourtant les indices ne sont plus négligeables et bien des recherches récentes conduisent à des résultats trop étonnants pour continuer à vouloir dénier tout sérieux à ceux qui s’interrogent sur les unités de temps adoptées en géologie. D’ailleurs, les tenants même des visions longues se remettent en question. C’est ainsi qu’au colloque de la fondation des Treilles, à Tourtour (Var) (cf. La Provence, 23 mars 2004, p.18) et rassemblant des chimistes, géologues et astrophysiciens venus d’une dizaine de pays, les chercheurs Frances Westall, organisatrice du colloque, et André Brack, tous deux du CNRS ont pu dire : ‘Tout le monde pensait depuis des années que les traces de vie les plus anciennes avaient 3.8 milliards d’années… Désormais, les roches les plus vieilles sur lesquelles tout le monde s’accorde à trouver des traces de vie de manière incontestables, (il s’agit des roches d’Isua au Groënland), n’ont plus que 2.5 milliards d’années. Pour les dinosaures ‘récents’ on pourra consulter les articles publiés dans le CEP, ceux de COOPER (1992) sur les dragons anglo-saxons, COOPER (2002), avec l’histoire danoise du dragon ‘Grendel’ tué par Beowulf en 515, puis HEUVELMANS (1978) et GIBBONS (2003) avec le dragon-dinosaure africain Mokélé-mbembé d’une dizaine de mètres qui survivrait encore de nos jours, ou encore ceux de SWIFT (2004) sur les dinosaures mexicains, etc. Voir aussi Van OOSTERWYCK (1994), ou, pour les sceptiques, BLANTON (1999).

 

Pour ce qui nous concerne nous allons procéder à une analyse interne et externe, pour étudier quel est le degré de véracité que peut présenter l’histoire d’Ammonas.

 

Analyse interne

 

Le document présente plusieurs particularités :

-d’abord la trace laissée dans le sable, celle d’une poutre, donc rectiligne, et d’une largeur inhabituelle; ce genre de détail ne s’invente pas.

-puis la taille de l’animal, de près de 8 mètres de long (si la longueur de ‘15 coudées’ est estimée coudée royale). Nous ne connaissons pas d’animal aussi grand au quaternaire, ni non plus au tertiaire, où, si plusieurs très grands animaux comme des crocodiles ou d’éventuels varans, ont existé, à notre avis aucun n’aurait laissé de trace non sinueuse en forme de poutre; notons en passant que la question se pose de la représentation de dragons avec ‘queue’ du temps des pharaons, sauf peut être le dieu crocodile, dont celui du tertiaire était très grand, et dont l’un des ‘voisins’ du secondaire est

le dimétrodon, cependant ‘trop court’ avec ses 3 mètres de long…

-ensuite, bien que terrifiants, ces animaux se laissent dompter, ce qui confirme le pouvoir de l’homme sur la quasi totalité des animaux.

-enfin, les hommes y apparaissent plus cruels et mal intentionnés que les animaux, ce qu’on n’aurait guère cru d’une histoire de dragons. Cependant l’homme y est montré capable de repentir et de raison.

 

La deuxième histoire qui suit n’est pas non plus dénuée d’intérêt :

-les dragons sont ici carnivores.

-ils sont connus de toute la population qui en a peur (comme dans d’autres histoires comme celle de la Tarasque ou du Dragon de saint Georges).

 

le dragon de la seconde histoire a une haleine ‘redoutable’ et il dégage une mauvaise puanteur; cette caractéristique, dont nous ne cessons de dire depuis longtemps qu’elle a donné naissance à la légende des dragons cracheurs de feu, se trouve ici confirmée. De plus pour que les légendes habituelles fassent état de ‘feu’, cela ne peut venir que d’animaux à sang chaud. Il importe alors d’évoquer ici le livre fondamental de BAKKER (1986) qui démontre que les dinosaures étaient des animaux à sang chaud, contrairement aux lézards ou aux crocodiles. Nous ne pouvons détailler ici tous les arguments probants de cet auteur que nous invitons à lire et dont il est regrettable qu’il n’ait pas été traduit en français.

 

La troisième histoire relate un miracle, sinon une habileté naturelle ou apprise d’Ammonas de ramener à la conscience quelqu’un qui se serait évanoui et tout le monde sait que la peur peut conduire à tomber en catalepsie. Le fait que le garçon gardait des brebis explique aussi la venue du dragon affamé. Précisons qu’il existe des huiles essentielles qui font recouvrer ses esprits.

 

Les textes présentés ici n’ont donc strictement rien de fantastique.

 

Analyse externe

 

Face à un texte aussi étonnant on ne saurait éviter de chercher s’il peut y avoir une relation avec une présence éventuelle de dinosaures dans les temps anciens. Disons d’abord que les ermites des premiers siècles étaient surtout disséminés au Proche-Orient et en Egypte. Ceci nous a amené à savoir où, dans ces régions, on avait pu mettre à jour des traces de dinosaures. Pour cela nous partirons du nord et descendrons vers le sud.

La première chose qui vient à l’esprit est le grand nombre de représentations archéologiques en Arménie puis en Turquie où un dragon désolait la province de Libye nommée Silène. A l’est, on peut citer les représentations de dragons dans l’art Kurde médiéval.

Plus à l’est encore citons la célèbre fresque du roi entouré de 2 dragons sur la porte des talismans à Bagdad, puis le dragon ‘surush’ découvert par Robert Koldewey dans le portail d’Ishtar des ruines de Babylone en 1902 ; puis les descriptions du livre apocryphe ‘Bel et le dragon’. Incidemment, on trouve cette description qui parle du béhémoth : ’un corps mince couvert d’écailles, une longue et mince queue écailleuse, et un long cou mince et écailleux terminé par une tête de serpent’.

Plus bas, la Syrie possède aussi des traces archéologiques, mais surtout, tout récemment le géologue Fouad Al-Azki y a mis au jour (circ.2001) un dinosaure qu’il a proposé de baptiser le Syrosaurus de la famille des Tyrannosauridés alors qu’il ne semblait pas qu’on puisse en trouver là-bas.

Au Liban on peut évoquer le sceau de Sidon de l’époque hellénistique représentant des bateaux en forme de dragons un peu comme ceux de la porte d’Ishtar (cf. marine.antique.free.fr et Musée de Haifa) ou des Vikings. On ne saurait oublier non plus Saint Georges et son dragon très connu au Liban et dans tout le Proche Orient.

En descendant encore, on apprend que tout récemment, en 2000, une découverte fut faite dans le désert de Jordanie près des mines de phosphate de Hisa, dans la zone de Jibal Ghuzayma à mi-chemin entre Bayer et Jafr.

Les os dégagés ont permis de conclure aux restes d’un sauropode daté du Crétacé supérieur (65 millions d’années). Les fragments de squelette ont permis d’estimer la longueur de l’animal à 12-14 mètres (cf. KHAMMASH (2004)). Les auteurs ont proposé de l’appeler ‘Jordanosaur’ or ‘Arabiasaur’ bien qu’ils n’en aient trouvé que quelques fragments et juste en-dessous de la ligne d’extinction de masse dite du météorite du golfe du Mexique.

En revenant à l’est, il faut mentionner la découverte de Mordichai SOFER (1967) à Beit Zait de traces de dinosaures, à quelques kilomètres de Jérusalem, dans les collines de la Judée. Le géologue Moshe AVRIMELECH qui visita ce site découvrit une rangée de traces, s’étendant sur quelques 10 mètres et estimées au crétacé vers 100 millions d’années.

Une investigation plus précise nous fit nous reporter vers l’Egypte où l’on sait que de nombreux moines ermites y résidaient au 3ème siècle, du temps de Saint Antoine. Et Ammonas, était l’un des ses disciples. C’est dans un désert montagneux, entre Nil et mer Rouge, que se trouve en effet le monastère de Saint Antoine (où non loin la montagne de el-Galala elQibliya culmine à 1425m) et de nombreux moines ermites devaient résider aux alentours. L’histoire peut être aussi située de l’autre côté en symétrie par rapport au Nil. Une lecture beaucoup plus attentive conduit aussi à se reporter beaucoup plus au sud dans la Thébaïde, où l’on peut trouver à droite du Nil, le monastèrecoptos’, avec, à l’est, le Djebel el Sibai, et à gauche près de la vallée des rois, le monastère de Thèbes. Il peut aussi se faire que l’histoire d’Ammonas se situe entre Thèbes et mer Rouge, ou bien symétriquement, par rapport au Nil, et dans les deux cas probablement sur des sites montagneux (grande oasis de Khargueh, ou sur la montagne qui sépare cette oasis de celle de Dakkeh). Ces indications peuvent se déduire à la lecture des textes voisins. De belles cartes sont données dans GEO (n°50, avril 1983, n°129, novembre 1989, n°226, décembre 1997). Quelle qu’en soit la localisation exacte, on peut découvrir l’existence récente du tout nouveau site de l’oasis Bahariya, dit aussi celui de la vallée des momies d’or à environ 200 miles au sud-ouest du Caire. Remis à jour par l’américain Joshua SMITH en janvier 2001, ce site avait été découvert par l’allemand Ernst STROMER, dont la collection fut détruite par un bombardement allié en 1944 (cf. DON VERGANO (2001), ROACH (2001), NORTHDURFT (2002)). Le site, appelé le ‘paradis des dinosaures’, a permis la découverte du deuxième plus grand dinosaure du monde, le Paralytitan Stromeri de 20 à 30 mètres de long (80 to 100 feet long), pesant 70 tonnes environ. Ce Dinosaure ressemble au Jordanosaure mais en beaucoup plus grand. Près du Paralytitan, Smith a mis au jour une dent d’un dinosaure carnivore. Sans y attribuer trop de crédit, nous pensons que ce pourrait-être un spinausaure ou un Abélisaure cousin méditerranéen des tyranosaures et dont un représentant est le ‘Tarascosaure’ (4).

Pour une représentation voir CHEYLAN (1994) où un animal à deux pattes dévore un petit Titanosaure. Bien que très poétique, le ‘Tarascosaure’ a plutôt un nom d’emprunt, car les traditions sur la tarasque font apparaître un animal différent. On peut préciser que le plus grand des dinosaures trouvés à ce jour est l’Argentinosaure, cousin du Paralytitanosaure, dont une vertèbre est aussi grande qu’une Volkswagen (cf. BOYLE (2001) et (5) pour la paléontologie).

On peut aussi se demander s’il n’y aurait pas dans l’iconographie égyptienne de traces de dragons. A première vue cela ne devait pas faire partie des traditions pharaoniques., généralement toutes de sérénité et de beauté, (mise à part les commémorations de guerre). Nous avons cependant pu trouver dans DAUMAS (1971) (photo 18 ci-après), une plaque en schiste semble-t-il très ancienne que nous reproduisons ici.

 

 

 

 

 

Plaque de schiste égyptienne. (cf. Daumas (1971), photo 18)

 

On y verra un étrange animal. Bien que celui-ci n’ait pas de longue queue, il est étonnant de lui voir un si long cou portant des sortes de stries ou d’écailles et opposé à un lion surmonté d’un ibis, oiseau de l’immortalité… Il ne s’agit certainement pas d’un ‘lion à long cou’ comme a pu le penser le grand égyptologue. Il s’agit d’un dragon qui présente de surprenantes ressemblances avec les dragons sirrushs de la porte d’Ishtar de Babylone.

Ces dragons sont aussi associés à des lions comme sur la plaque découverte en Egypte. Cela ne fait que renforcer l’idée d’animaux fantastiques ayant pu coexister avec des humains.

Pour ceux qui auraient encore des doutes nous donnons un motif tiré de MOORTGAT (1969), (plate 292) avec à droite un Apatasaure. Ce motif, trouvé sur un sceau cylindrique Mésopotamien est attribué à un artiste égyptien et ‘daté’ de ‘3300’ ans av. JC. On remarquera la similitude des têtes.

 

 

 

 

 

Dinosaures égyptiens à comparer à un Apatasaure

(de genesispark.com)

‘One has to ask where the artist got the model to draw so convincingly the trunk of a saurapod?’

 

Il existe d’autres palettes votives de Hierakonpolis dites palettes de Narmer, les premières trouvées en Haute Egypte par l’anglais J.E.Quibelle vers 1892. Voir reproductions dans MOORTGAT (1969) ou National Geographic Magazine (janvier 2003).

Voir aussi ROHL (1998), p.375, qui consacre deux pages à l’une des palettes de Narmer (celle de gauche sur la reproduction ci-dessous), où l’on voit distinctement deux personnages qui tiennent en laisse deux ‘dinosaures’.

 

 

 

 

 

époque

prédynastique de

l’ancienne

Egypte, soit environ

3300 ans a

v. J.C.

 

 

 

Palettes de Narmer ( Haute Egypte)

 

 

4. CONCLUSION

 

Dans ce travail nous avons restitué un conte moral. Parallèlement, son intérêt est de poser la question du fondement de vérité qui peut s’y trouver. Nous avons mis en lumière plusieurs arguments qui militent pour une histoire non légendaire et qui laisse encore de nombreuses questions ouvertes.

Cette histoire n’est pas la seule de ce genre et de nombreuses autres méritent encore d’être approfondies ou même restituées. Nous espérons que les scientifiques, les paléontologues et les historiens seront plus attentifs à l’avenir à ce type d’information et aux questions qu’elles posent. La science ne peut indéfiniment porter des œillères.

 

 

 

Notes

(1)-Saint Antoine est connu pour sa vie d’ermite qu’il commença à Camona en Haute Egypte près de la mer Rouge. Il vécut de 250 à 356, fut ermite de la Thébaïde en Egypte, et est considéré comme le père du monachisme chrétien.

Retiré dans le désert, il lutta contre les tentations et est considéré comme un exemple de détachement des choses humaines. (Flaubert en 1874 en fit un roman célèbre). Evidemment il ne fut certainement pas le premier ermite. Il n’y a donc aucune raison de le considérer comme le héros de cette histoire. Nous pensons qu’il est plus vraisemblable que cela soit le fait d’un autre moine, peut-être le père spirituel de Saint Antoine.

Sous Dioclétien des persécutions terribles furent menées contre les chrétiens et en particulier contre les moines. En Thébaïde seulement (désert proche de la ville de Thèbes, capitale de la Haute-Egypte), aux dires de D’ALZON (1900) on compta 44000 martyrs.

C’est dans le désert que saint Antoine rencontra un vieil ermite près duquel il résida et dont il imita le genre de vie. Les moines partageaient leur temps entre le travail manuel, l’oraison, et l’étude de l’Ecriture Sainte. Saint Antoine ne mangeait qu’une fois par jour, après le coucher du soleil, du pain, du sel, et un peu d’eau. Souvent il passait 2 à 3 jours sans manger. Il construisit de nombreux monastères en Egypte et plus au nord, par exemple celui de Qozhaya au Liban lui est attribué. C’est là qu’au XVème siècle fut installé la première imprimerie avec caractères arabes au monde, pas à la Mecque. Pas ailleurs. L’empereur Constantin lui écrivit pour lui demander des prières et d’utiles conseils. Saint Athanase dont il a été question dans le numéro 31 du Cep, lui demanda de venir l’aider à combattre les hérétiques et les Ariens et à confirmer les chrétiens dans la foi… Notre ermite fit de très nombreux miracles, guérit un nombre incalculable de malades, fit jaillir des sources miraculeuses, dompta des animaux féroces. Il avait le don de discerner les consciences et l’état des âmes dans l’autre vie. Il vécut 105 ans et légua une partie de ses vêtements à saint Athanase.

L’histoire de sa vie a été décrite par saint Athanase. Il n’est pas impossible que le dompteur de Dragon de cette histoire fut le vieillard tuteur de saint Antoine, ce dernier étant justement le moine auquel les autres moines, dont Ammonas, venaient rendre visite, et que le guide du groupe fut Rufus. Saint Antoine est aussi le protecteur des animaux domestiques.

  1. ‘dans le désert du midi’ d’après Prenschen, p.193, ou ‘le désert d’Arabie’; Ad partem deserti contra Meridianum, Rufin, P.L., t.XXI, col.420.
  2. Ammon nomine, pour Rufin, P.L., t.XXI, col.421. CetAmmonis’ peut ne pas être celui auquel est attribuée l’histoire. Ce nom était très fréquent en Egypte.
  3. Le ‘Tarascosaure’ découvert dans la région du Var par Jean Le Loeuff (Directeur du Musée des Dinosaures d’Esperaza) et Eric Buffetaut, n’est en fait connu que par un fragment de mâchoire (Fox Amphoux), quelques dents et un fémur (Beausset) (cf. museum-aix-en-provence.org et

/dinonews.net/index/fiches.php?lettre=t). Après investigation, le Muséum d’Aix nous a confirmé que ce dinosaure avait une longueur estimée de 10 mètres. Les moines n’ont donc pas exagéré leurs 7.5 mètres. Citons aussi une histoire allégorique copte du moine Tadrus El-Meshreby, né en l’an 275 qui aurait vu un dragon énorme sous une échelle au sommet de laquelle était le Seigneur… Et aussi l’histoire du roi Cadmus tueur d’un dragon gardien d’une source sur l’emplacement de la ville grecque de Thèbes, qu’il fonda, pourrait être une transposition à partir de la Thèbes égyptienne, a priori plus ancienne. Il y avait aussi un dragon à l’emplacement futur de Rome.

  1. Pour livre de base sur l’évolution on peut conseiller ARAMBOURG et al. (1950) où se trouve défendue la théorie Darwinienne de l’orthogenèse dont l’exemple type est l’évolution apparente du cheval, depuis l’eohippus de la taille d’un chien avec des pieds à trois doigts jusqu’au cheval actuel, l’equus à un seul doigt. Ceci a été critiqué par de nombreux auteurs comme GISH (1985).

 

Mais nous ne prônons ici ni une théorie ni une autre, seulement une théorie des unités temporelles géologiques courtes, et non linéaires, à l’opposé des théories fantasmagoriques de Lyell. A ce sujet voir les impressionnantes démonstrations de HUMPHREYS (2005) ou de PERREAULT (2004), ou encore les intrigantes découvertes de tissus non fossilisés de WIELAND (2005).

____________________________

 

 

Remerciements : Nous remercions le P. Joseph M. de nous avoir permis de disposer de documents rares, de même le grand avocat Fenianos de Sarba, spécialiste de l’histoire de Jounieh, descendant d’une lointaine aïeule, la demoiselle Serba que le dragon voulut tuer et qui aurait été délivrée par saint Georges (la reine de Saba, était aussi fille d’un roi Ethiopien tueur de dragon). Et aussi nos amis Iskander B’Chairi et le P. Abdo, spécialistes de langues anciennes et du syriaque. Merci aussi à M. Le Loeuff, directeur du musée des dinosaures d’Espéraza, pour nous avoir permis de reproduire son Tarascosaure. Nous étonnant auprès de lui des différences de représentations du Tarascosaure, il nous précisait que les reconstitutions de dinosaures devaient plus à l’imagination des artistes qu’à la réalité.

 

5. REFERENCES

 

ARAMBOURG, G.C., CUENOT, L., GRASSE, P.P., HALDANE, T.B.S., PIVETEAU, J., SIMPSON, G.C., STENSIO, E.A., TEILHARD de CHARDIN, P., VALLOIS, H.V., VIRET, J., WATSON, D.M.S (1950). Paléontologie et transformisme. Albin Michel.

BADWI, Abdo, BADAOUI, Abdallah, NEHMEH, Tannous (2005) Le Syriaque pour tout le monde. Université Kaslik.

BAKKER, Robert (1987) The dinosaur heresis : a revolutionary view of dinosaurs. Longman Scientific and Technical, Longman Group UK ltd.

BLANTON, J. (1999) The Acambaros Dinosaurs. The Newsletter of the North Texas

Skeptics, v.13, n.10.

BOYLE, Alan(2001) Bringing the biggest dinosaur to life. Cf.

/msnbc.msn.com/id/3077288.

CHEYLAN, G. (1994) Dinosaures en Provence. Edisud, Mus. d’Hist. Nat. d’Aix en Pce, 24-25.

COOPER, B. (1992) The Early History of man. Living Dinosaurs from Anglo-Saxon and other early records. CEN Tech. J., v.6, n.1, 49-66 , et Sc. et Foi, n.27.

COOPER, B. (2001) Les dinosaures dans les chroniques anglo-saxonnes. CEP, n°20,21-34 et n°21,23-38.

D’ALZON, E. (1900)) Vie des Saints. Bonne Presse, 1er des 4 tomes.

DAUMAS, François (1971) La civilisation de l’Egypte pharaonique. Arthaud.

GIBBONS, W.J. (2003) A la recherche du dinosaure du Congo. CEP, n°22, 43-49.

GISH, Duane, T. (1985) Evolution: the challenge of the fossil record. Creation-Life Pub.

HEUVELMANS, B. (1978) Les derniers dragons d’Afrique. Plon.

HUMPHREYS, R. (2005) Evidence for a young world. In icr.org.

KHAMMASH, A. (2004) Of the last dinosaurs. In pellamuseum.com.

KMOSKO, M. (1910 ) Les lettres d’Ammon, texte syriaque traduit en latin. P.O., t 10, f.6.

LE LOEUF, Jean, BUFFETAUT, Eric (1991) Tarascosaurus Salluvicus nov. gen. nov. sp., Dinosaure Théropode du Crétacé supérieur du sud de la France. Geobios, 25, 585-594.

MOORTGAT, Anton (1969) The art of ancient mesopotamia. Phaidon, 4 t., London. MOUKARZEL, Joseph (2005), Gabriel ibn Al-Qila’i (+1516): approche biographique et étude du corpus. Thèse de doctorat en Histoire, Université

Paris 4.

NAU, F. (1911) Ammonas, successeur de Saint Antoine, textes grecs et syriaques. P.O., t.11, f.4.

NORTHDURFT, W. (2002) The lost Dinosaurs of Egypt. Random House, Inc.

PERREAULT, J. (2004) Deux arguments clés démontrant l’hypothèse d’une terre jeune. Science et Foi, n°72. Aussi dans creationnisme.ca.

ROACH, J. (2001) ‘Tidal Giant’ Roamed Coastal Swamps of Ancient Africa. For National Geographic News, May 31.

ROHL, David (1998) A test of Time (t.2) : Legend. Arrow Books Ltd, United Kingdom.

SMITH, Joshua (2001) Découverte du Paralytitan. Internet.

SWIFT, Dennis (2004) Les dinosaures d’Acambaro. CEP, n°27-28.

Van OOSTERWYCK-GASTUCHE (1994) Les Dinosaures dans les récits anglo-saxons. Sc. et Foi, n°31 et : Les dinosaures datent-ils vraiment de 200 millions d’années? Sc. et Foi, n°32.

VERGANO, Dan (05.31.2001) Enormous new dinosaur unearthed about 185 miles southwest of Cairo in Egypt. Site de USA Today.

WIELAND, Carl (2005) Découverte du tissu de dinosaure encore mou et élastique. In creationnisme.ca et answeringenesis.org ou creationism.org.

 

_______________________________

 

SITES INTERNET (remplacer ‘.’, par ‘www.’ Et ‘/’ par ‘//’)

 

.answersingenesis.org : ‘plus nous fouillons la littérature historique, plus nous réalisons que les preuves appuyant l’existence véridique de dragons sont écrasantes, que ces dragons ressemblent beaucoup à nos reconstitutions modernes’.

.aol.bartleby.com/108/18/30.html#29 : dragons et bible.

.boydlake.com/dinos/titano_cover.htm: site où l’on peut voir la reconstitution du Paralytitan, le titan du littoral, par Tom Granberg.

/dinonews.net/index/fiches.php?lettre=t : site très complet sur les différentes sortes de dinosaures. A la lettre T on trouve le ‘Tarascosaure’ originaire du Var et estimé à quelque 10 mètres de long.

/creationists.org/dinosaurs.html : parle du Béhémoth de Job 40, 19-74 ; en 17 on peut y lire ‘He moveth his tail like a cedar’ :’ il bougeait une queue comme un cèdre’.

.cryptozoology.com/forum : où l’on peut lire que le dragon d’Ishtar serait un dinosaure.

.dinodata.net/Newdesuk.htm : fichiers des nouvelles découvertes de dinosaures.

.genesispark.com/genpark/ancient/ancient.htm: nombreuses reproductions de dragons.

.geocities.com/phkerourio/: tout sur les dinosaures des environs d’Aix en Provence.

.ifao.egnet.net: carte de l’Egypte et des ermitages.

/msnbc.msn.com/id/3077288: sites sur l’Argentinosaure: la vertèbre grande comme une volkswagen, seulement 5% seulement du squelette a été extrait du sol.

.museum-aix-en-provence.org/fiche_tarascosaure_dinosaure.htm :

tarascosaure

.pellamuseum.org/Pella_Museum/Vertebrate/jibal_ghuzayma.htm: dinosaure,

Jordanie

.usatoday.com/news/science/dinos/2001-05-31-dinosaur-egypt.htm : titanosaure, Egypte

*

 

 

 

* *

 

 

SOCIETE

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes qu’en les aimant.« 

(P. Le Prévost)

 

 

L’envie, moteur de la violence (2ème partie)

Harold Kallemeyn*

 

Résumé : L’envie (invidia) est définie par Aristote comme la douleur que provoque en nous l’excellence, la supériorité ou la réussite d’autrui. Après avoir étudié sur l’exemple de Caïn comment ce péché détruit intérieurement sa victime, l’auteur montre l’impact social de l’envie à l’encontre de la créativité, du progrès social, comme du progrès économique. Il n’est donc pas étonnant que l’envie, moteur de la violence révolutionnaire, débouche sur le désenchantement, une fois installées les nouvelles classes dirigeantes.

« Si le Seigneur ne bâtit la maison, en vain peinent les maçons !… »

 

La jalousie de Caïn eut aussi d’autres conséquences malheureuses. Pensons, premièrement, à la tristesse de la famille à l’occasion de la mort d’Abel. Ensuite, à la montée de la vengeance dans l’histoire humaine (voir Gn 4 :15-24). Enfin, on peut imaginer que ce meurtre, raconté pendant les générations suivantes, a donné lieu à la méfiance à l’égard des jaloux.

Ce récit met en lumière le fonctionnement typique de la jalousie que l’on peut résumer en trois mots ou expressions : vouloir, en vouloir et s’en vouloir.

 

 

Vouloir. Le jaloux est irrité par le fait qu’un proche bénéficie de qualités, d’avantages, d’honneurs ou des possessions qu’il n’a pas lui-même. Puisque ces avantages ne sont pas les siens, il ne peut s’en réjouir, il ne peut les admirer, ni encore moins s’en féliciter. Le jaloux ne peut pas admirer un bien appartenant à autrui sans le vouloir pour lui-même. La convoitise l’envahit.

En vouloir. La volonté de posséder les avantages d’autrui se transforme rapidement, chez le jaloux, en animosité et ressentiment à l’égard de celui qui

 

*

H. Kallemeyn est professeur de théologie pratique à la Faculté libre de théologie réformée d’Aix-en-Provence.

est avantagé.

Le désir de posséder se transforme en désir de déposséder l’autre de ses avantages. Pour surmonter sa douleur, l’envieux cherche à éliminer ces avantages. Déposséder, « tirer vers le bas », rabaisser, frustrer, ou même éliminer l’autre, devient pour le jaloux tout l’objet de son attention. Le jaloux est, par définition, un violent, un destructeur, un méchant.

S’en vouloir

a) Puisqu’il ne peut pas justifier ses sentiments et ses actes, il est rare que l’envieux en soit fier au point de l’avouer aux autres ou à lui-même. Car, avouer sa jalousie, c’est avouer son immaturité et sa faiblesse morale. C’est se couvrir soi-même de honte. C’est pourquoi la jalousie est un vice qui se cache, comme une bête féroce se cache dans la forêt. En effet, il est rare d’entendre une personne dire : « Je n’aime pas cette personne, car elle est plus belle que moi. » « Celui-ci m’irrite, car il a réussi sa vie mieux que moi, ou parce qu’il est plus heureux que moi. »

Puisque l’homme trouve si difficile de reconnaître sa propre envie, il invente des prétextes pour justifier son antipathie à l’égard d’une personne avantagée. Par exemple, il attire l’attention sur ses défauts. Malgré ses efforts pour justifier son mépris ou son animosité, il garde souvent, au fond de luimême, un sentiment de honte à cause de ces sentiments non justifiés. La honte, à son tour, provoque une souffrance et une tension intérieures qui viennent s’ajouter à sa frustration. Alberoni, en étudiant les effets psychologiques néfastes de l’envie, affirme que le jaloux est souvent médisant, justicier, pessimiste, hypercritique.

Il est celui qui apporte de mauvaises nouvelles, qui s’apitoie sur luimême ou qui recherche des honneurs[24].

Le jaloux n’est pas heureux, même lorsque la personne enviée est dépossédée de ses avantages. Comme Caïn, le jaloux paie un lourd tribut à cette « bête sauvage » qui cherche à le détruire.

Vivant de grandes tensions intérieures, le jaloux devient triste et aigri, rempli de ressentiment. La culpabilité se mêle à la honte et crée un tourbillon de regret et d’amertume.

Comme cela s’est passé avec le roi Saül, jaloux du jeune David, la jalousie peut conduire à des actes insensés.

Dans sa pièce de théâtre Amadeus (voir aussi le film du même nom) inspirée par l’œuvre de Pouchkine, Peter Schaffer présente un collègue du grand musicien Mozart, Antonio Salieri. Salieri est, lui aussi, un musicien accompli. Mais toute sa vie, il reste à l’ombre du très célèbre Mozart.

Salieri admire le génie et la beauté des compositions musicales de Mozart. Mais, peu à peu, son admiration se transforme en jalousie. Mozart, depuis son enfance, compose sans effort apparent (et même en jouant au billard !) une musique qui dépasse en qualité ses propres compositions, le fruit d’années de travail acharné. C’est pourquoi Salieri[25] accuse Dieu d’avoir créé ce Mozart si talentueux. Il reconnaît, avec une lucidité terrible, son problème profond. Il admet : « J’ai combattu Dieu au sujet de sa créature préférée, Amadeus. »

Dans sa frustration et sa colère, Salieri fait reproche à Dieu :

« Merci, Seigneur ! Tu m’as donné le désir de te servir. Ensuite, tu as fait en sorte que mon travail apparaisse comme médiocre (comparé à celui de Mozart). Merci, Seigneur !

J’ai travaillé sans relâche pour toi, Dieu, pour entendre et faire entendre ta voix. Aujourd’hui, je n’entends qu’une seule voix, celle de Mozart ! Tu as choisi ce petit Mozart pour être ton messager privilégié… Merci, merci et merci encore ! Ainsi soit-il. Dès lors je serai ton ennemi ! »

Comme Caïn, le Salieri de Pouchkine n’a pas su dompter la bête sauvage de la jalousie qui faisait rage en lui. Il s’est lui-même empoisonné par la jalousie et, après avoir empoisonné Mozart, il reconnaît : « J’ai tué Mozart par envie. » Au-delà de sa qualité artistique, cette pièce de théâtre montre à quel point les dons de Dieu peuvent provoquer la jalousie chez ceux qui n’arrivent pas à admirer les talents et les avantages des autres ni à s’en réjouir. Les dons de Dieu ne sont pas uniformes. Salieri le savait bien. Tiraillé entre la tentation de l’orgueil et celle de l’envie, cette différence était sa pierre d’achoppement, comme elle le fut pour les ouvriers de la première heure qui, dans la parabole de Jésus, ont mal reçu la question du maître, en fin de journée : « M’en veux-tu parce que je suis bon ? »

L’effet destructeur de l’envie et l’horreur que cette destruction provoque, sont un thème présent chez les plus grands auteurs : d’Ovide dans les Métamorphoses à Dostoïevski dans les Mémoires écrits dans un souterrain, en passant par Shakespeare – René Girard en a fait l’étude dans Shakespeare, les feux de l’envie – sans parler de Balzac dans La cousine Bette, de Charles Dickens dans les souvenirs intimes de David Copperfield ou d’Hermann Melville dans Billy Budd. Rares sont les thèmes qui ont suscité un sentiment de désapprobation universelle aussi fort que l’envie qui détruit.

 

b) Considérons, maintenant, plus rapidement, une deuxième forme de

violence engendrée par l’envie.

Imaginons que Caïn, après le meurtre d’Abel, soit resté sur place pour devenir le chef du clan familial. Quelle aurait pu être l’attitude de son jeune frère Seth à l’égard de Caïn ? A sa place, je me serais bien gardé de me montrer plus apte, plus habile ou meilleur que mon grand frère ! Pour survivre, Seth aurait probablement appris à faire violence à ses propres aptitudes dans la mesure où celles-ci auraient pu devenir une menace pour son frère. Il se serait méfié de tout élan de créativité qui aurait pu l’inciter à faire mieux que lui, le chef.

Ceci rappelle le comportement des courtisans du roi Louis XIV, qui n’osaient pas gagner lorsqu’ils jouaient au billard avec lui.

Cela fait aussi penser à l’ancien président du Congo, Laurent Kabila, dont on disait qu’il se méfiait des gens plus compétents que lui. Il est probable que les plus compétents de ses collaborateurs se sont méfiés aussi et ont veillé à garder profil bas !

Nombreux, légion même, sont les exemples de cette forme de jalousie qui, à défaut de pouvoir détruire directement, fait planer l’ombre de sa menace sur les communautés humaines. Jalousie qui tue l’innovation, la créativité et la recherche de l’excellence. Pour un triste résultat : le progrès social ou économique en est bloqué, pour ne pas dire détruit. On pourrait en dire autant de la réalisation du mandat sur la création donné par Dieu à Adam et Eve au jardin d’Eden.

Dans ses études sur les ethnies sud-américaines, l’anthropologue Eric Wolf arrive à cette même conclusion qu’une société ne peut pas avancer économiquement , avec une production accrue et des innovations, si des membres ont si peur de la jalousie des autres qu’ils ne cherchent pas à « mieux faire » dans leur activité quotidienne. Dans une telle société, on se méfie des innovations et des efforts pour produire ou construire mieux. La peur d’être jalousé annihile toute réflexion créative, écartant le développement économique que favorise un climat social propice aux initiatives nouvelles.

Dans l’ethnie des Aritama, en Amérique du Sud, par exemple, Wolf a remarqué que si l’un des paysans du village travaille avec plus d’ardeur que les autres et que l’on s’en aperçoive, son champ sera marqué d’une croix. Avant l’arrivée du paysan, le lendemain matin, les autres villageois s’y rassemblent pour implorer la divinité de l’affaiblir et de le ralentir dans son travail.

Un tel contexte social incite le jeune à brider sa créativité et son zèle afin de n’être pas victime de la violence jalouse des autres.

Dans la République de Guinée, en Afrique de l’Ouest, se trouve une ville appelée Kouroussa. Cette ville est représentative de bien d’autres dans le monde. Avant l’indépendance du pays, en 1958, Kouroussa avait la triste réputation d’être un lieu où régnait la jalousie. Ses habitants réagissaient très mal face aux avantages et aux succès des autres.

Leur esprit de jalousie se manifestait concrètement lors de la construction de leurs maisons, chacun ne supportant pas que son voisin puisse construire une maison meilleure que la sienne, c’est-à-dire qui ne soit pas construite selon la méthode traditionnelle : en briques de terre, sans étage et avec un toit en paille.

Lorsqu’un jeune avait l’audace de construire une maison à étage ou avec un toit en métal pour la rendre plus étanche aux pluies abondantes de la région, ses voisins lui faisaient subir toutes sortes de brimades, allant parfois jusqu’à la mort, pour le punir de son « orgueil ». La ville de Kouroussa acquit ainsi une bien mauvaise réputation ! Les cadres de l’administration, en particulier, ne voulaient surtout pas y être affectés. Personne n’avait envie d’emménager à Kouroussa ! C’est pourquoi cette ville n’a pu se développer comme d’autres villes de la région.

c) Une troisième forme de violence est engendrée par ce que l’on pourrait qualifier d’envie idéologique. Il s’agit d’une attitude que cultivent certains mouvements politiques.

Elle s’est déployée, dans sa forme la plus radicale, dans les pays qui ont mis en pratique l’idéologie marxiste. Le marxisme classique a représenté un effort pour mobiliser l’envie chez les citoyens dans l’espoir ultime de la vaincre. On a cultivé un sentiment d’antipathie à l’égard des privilégiés, en imaginant que cette hostilité deviendrait le moteur d’un mouvement social contre toute forme de privilège. L’égalité (l’uniformité), rendue possible par l’élimination des privilèges (des avantages), devait permettre aux populations de ces pays d’extirper l’envie – de s’en purifier par le feu de la révolution – et, ainsi, de créer un élan de fraternité égalitaire et altruiste…

En quoi cette idéologie politique, qui consiste à mobiliser l’envie pour la vaincre, est-elle source de violence ? De trois manières au moins :

  • D’abord, parce que le mouvement initial de restructuration sociale, amorcé pour abolir les privilèges, est nécessairement violent ; les privilégiés sont, en effet, prêts à défendre, par fa force, leurs avantages.
  • Ensuite, parce que la promesse d’une société sans privilèges, sans avantages, crée des attentes irréalistes dans l’esprit de ses partisans.

La déception de qui espère voir se réaliser ce rêve d’une société sans privilèges, sera d’autant plus grande lorsqu’il découvrira à quel point les chefs de la révolution se sont, finalement, attribué des privilèges considérables. La rage violente qui se manifestera contre les nouveaux dirigeants – ces apôtres de l’égalité prolétarienne – sera à la mesure des attentes déçues. Pensons, par exemple, à la manière dont Ceaucescu a été désinvesti de ses fonctions en Roumanie.

  • Enfin, les idéologies qui font la promotion de l’égalitarisme finissent par dévaloriser la différence, la créativité et l’excellence. (Pensons aux productions artistiques uniformes des sociétés communistes, y compris actuellement en Corée du Nord). Cette dévalorisation de la différence décourage l’individu de prendre des initiatives personnelles pour surmonter les difficultés et réaliser ses ambitions.

Détruire tout esprit d’invention, de créativité, d’initiative personnelle, n’est-ce pas une des formes de violence morale les plus grandes, une des atteintes les plus cruelles à la dignité humaine ?

 

II. Surmonter l’envie par l’Evangile

 

Heureusement l’Evangile, la Bonne Nouvelle chrétienne, permet au croyant de combattre l’envie.

a) Premièrement par la reconnaissance

Par la Parole et par l’Esprit, l’Evangile rend l’homme capable de s’examiner et de reconnaître l’envie lorsque celle-ci se présente à son cœur. Ce n’est pas le moindre des exploits que l’Esprit opère dans le cœur humain !

L’Evangile rend aussi l’homme capable de reconnaissance, au sens de la gratitude. Par l’Evangile, l’homme se sait créature, un être qui a reçu le don de la vie, un cadeau gratuit. L’Evangile convainc l’homme qu’il n’a pas inventé sa propre vie, qu’il en est redevable à son Créateur et Sauveur.

Par l’Evangile, il est rendu capable de recevoir favorablement la parole de l’apôtre Paul : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? »

Dans son livre classique Envie et gratitude, la psychanalyste Mélanie Klein met en opposition ces deux dispositions du cœur.

Je n’adhère pas à toutes les thèses présentées par cet auteur, mais je crois qu’il est juste de reconnaître l’opposition qui existe entre l’envie et ce que le Catéchisme de Heidelberg présente comme la réponse fondamentale que Dieu attend du croyant, à savoir la gratitude.

b) Ensuite, l’Evangile arme le croyant contre l’envie en suscitant en lui un

sentiment de contentement.

Rappelons que, dans la théologie chrétienne, le contentement n’est ni une forme de satisfaction de soi – c’est-à-dire une forme camouflée (soft) d’orgueil – ni une attitude de résignation passive ou fataliste. Le contentement du chrétien puise ses racines dans la doctrine de la Providence de Dieu. Il s’agit de la conviction que Dieu lui a adressé une vocation de service humble et qu’il lui donne tout ce qui est nécessaire pour l’accomplir, en étant inspiré et fortifié par sa Parole et par son Esprit.

Cette conviction est nourrie, par exemple, par la parabole des talents. Tous les ouvriers ne reçoivent pas les mêmes talents mais tous en reçoivent. Aucun n’en est dépourvu.

Remarquons que cette parabole ne concerne pas l’acquisition d’avantages, mais la mise en œuvre des talents reçus en vue de l’avancement de la bonne cause du Maître.

Nombreux sont les auteurs, chrétiens et non croyants, qui ont remarqué la finesse psychologique de cette parabole. Celui qui n’a reçu qu’un seul talent a été le plus vulnérable face à la tentation de la passivité et, probablement, de l’envie. En se comparant à ceux qui ont reçu davantage de talents, il est devenu imperméable à ces deux qualités humaines applaudies par les grands penseurs depuis Aristote : l’admiration et l’émulation.

Par l’Evangile, l’homme est rendu capable de recevoir, avec contentement, les talents et les avantages qui lui sont accordés et, en même temps, de recevoir en profondeur l’interrogation du maître dans la parabole des ouvriers de la dernière heure : « M’en veux-tu parce que je suis bon (…) pour un autre

? »

c) Enfin, l’Evangile arme le croyant contre la tentation de l’envie en l’incitant à la générosité. La parole de Paul : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » l’invite à considérer ses talents et ses avantages comme autant d’invitations à servir le prochain.

Par la grâce de l’Evangile, l’attention envieuse portée à celui qui a reçu davantage est détournée et se porte vers celui qui a moins reçu. C’est ainsi que ce dernier sera appelé, par des gestes et des attitudes généreuses, à connaître la providence et la grâce de Dieu.

L’Evangile montre le chemin d’une vie libérée du virus caché de l’envie qui détruit. Sur ce chemin, le croyant apprend à recevoir avec gratitude. Il apprend aussi à se réjouir des qualités, de l’excellence et des avantages des autres et à les apprécier. Sur ce chemin, il découvre la joie de devenir généreux, comme son Dieu.

Nos cœurs et nos communautés, fatigués et fragilisés par les jalousies qui les accablent, mettent leur espérance en Dieu qui, seul, peut les libérer de cette « bête sauvage » et, par sa grâce, les faire revivre.

 

Bibliographie

 

Adnès Pierre, « Jalousie », Dictionnaire de Spiritualité (Paris, Beauchesne,

1974)

Alberoni Francesco, Les envieux (Paris, Plon, 1995)

Girard René, Shakespeare, les feux de l’envie (Paris, Grasset, 1994)

Hassoun-Lestienne Pascale (sous dir.), L’envie et le désir. Les faux frères

(Paris, Autrement, 1998)

Klein Mélanie, Envie et gratitude (Paris, Gallimard, 1968)

Fernandez de La Mora Gonzalo, Egalitarian Envy, the Political Foundation of Social Justice (New York, Paragon, 1987)

Schoeck Helmut, Envy. A Theory of Social Behaviour (New York, Harcourt, Brace & World, 1969)

Varian H., “Equity, Envy and Efficiency”, Journal of Economic Theory 9,63-91.

 

 

 

BIBLE

 

 

 

Bible et OGM[26]

Cruzador

 

Résumé : Avec les OGM, il semble bien que les sociétés de biotechnologie touchent directement à l’un des fondements de la Création divine. La Création fut déclarée « bonne », précisément parce que chaque être y fut créé « selon son espèce ». Et l’on trouve dans la Bible des interdits concernant le mélange des espèces cultivées ou même le simple mélange des fibres textiles.

Selon le Livre du Juste, livre non canonique mais mentionné dans l’Ancien Testament, le Déluge fut une réponse de Dieu pour protéger la Création contre des manipulations analogues à nos OGM : « La chair avait perverti ses voies sur la terre » (Gen 6,12). Si l’on considère la dissémination irréversible des OGM dans la nature, il se pourrait bien que l’humanité actuelle force Dieu à intervenir une fois encore comme aux temps de Noé.

 

 

Qu’on le veuille ou non, la position de la Bible est peut-être la plus importante de toutes, d’autant que ces textes reconnus comme canoniques s’opposent formellement à ce que l’homme détruise l’œuvre du Créateur.

Dans la Genèse, on lit que Dieu créa le monde, les animaux et les plantes et chacune selon son espèce et on peut supposer que l’homme, simple créature, n’a pas qualité pour transporter les gènes d’une espèce à une autre. Comment imaginer que l’homme pourrait un jour créer de meilleures espèces, et comment le tenterait-il sans mériter derechef la colère de Dieu ?

 

 

 

 

On lit dans la Genèse :

Et Dieu dit : « Que la Terre produise de l’herbe verdoyante en faisant de la semence selon son espèce et des arbres faisant des fruits selon leur espèce dont la semence soit en eux-mêmes sur la Terre Et la Terre produisit de la semence verdoyante faisant de la semence selon son espèce et des arbres faisant des fruits et chacun de la semence selon son espèce (Gen 6,12).

Malheureusement, l’industrie des OGM a bousculé l’ordre divin de la Création, en tentant de modifier les éléments vitaux par des artifices magiques. Le code génétique est la création de Dieu. Les gènes n’ont pas été créés par Dieu pour évoluer, comme certains fantaisistes nous l’assurent. Ce que veulent faire ces « scientifiques », c’est prendre la place de Dieu et prétendre que l’œuvre naturelle de Dieu n’est plus adaptée à la vie et qu’on peut faire mieux que Dieu, que l’on peut améliorer l’œuvre de Dieu. Quelles que soient les affirmations ou prétentions lénifiantes des géants de l’industrie alimentaire, ils ne peuvent pas cacher qu’en fait ils violent la volonté de Dieu. Ces gens jouent avec la Création de Dieu et, en plus, exigent que l’on consomme leurs productions. Dans le Lévitique et le Deutéronome on peut lire comment Dieu avait fixé la vie des Israélites, comment ils devaient cultiver leurs terres et ce qu’ils devaient manger. En principe, Israël vivait selon la loi de Dieu et devait l’enseigner aux nations. Nul doute que la loi de Dieu s’oppose par principe à la modification par les OGM actuels :

« Vous garderez Mes statuts, vous ne croiserez pas les espèces animales, vous n’ensemencerez pas vos champs avec des semences hybrides pas plus que ne porterez de vêtements de laine et de lin mélangés » (Lev 19,19) Et encore :

« Tu ne sèmeras point dans ta vigne d’autres semences de peur que la semence que tu auras semée et ce qui naît de la vigne ne soient pas pareillement sanctifiés. Tu ne laboureras pas avec un âne et un bœuf attelés ensemble. » (Deut 22, 9-10)

 

 

Dans ces deux textes, Dieu condamne d’une manière définitive le mélange des grains, celui des bêtes et des natures de vêtements, et tout cela porte sur le labourage, les semailles et l’élevage des animaux domestiques. De la même manière, on peut être sûr que le transport des gènes d’une espèce à une autre est tout à la fois un défi à l’enseignement de Dieu et une violation de Sa loi.

De plus, quand on consomme des OGM, cela constitue une violation de l’ordre interne du corps, qu’on en ressente les effets ou non. Qui d’autre que

Satan voudrait ainsi défier et contredire la nature et l’enseignement de Dieu et, en plus, nos personnes ? Ce sont seulement ceux qui analysent la crise actuelle d’une manière spirituelle qui pourront comprendre complètement cette crise et notamment le fait que la modification des semences n’a pas fondamentalement pour but d’améliorer le sort de l’humanité ni de donner à manger à ceux qui ont faim.

Elle a pour but de déformer, déjouer et polluer la création de Dieu. Dieu n’approuvera jamais les OGM malgré tous les efforts de l’industrie agroalimentaire tentant de nous convaincre que son but est d’améliorer le sort de la race humaine. Il se pourrait même que ce soient finalement ces OGM dont on nous annonce les merveilles à venir qui, finalement, vont entraîner une fois encore la colère de Dieu. Il faut se convaincre que cette affaire des OGM est certainement le point le plus critique de l’histoire de l’humanité et qu’elle nous entraîne vers une sorte d’apocalypse diététique.

Retour sur Noé

Dans la Bible, on nous raconte comment le monde fut détruit par un déluge d’eaux. Il existe également un texte ancien non canonique, dit le Livre du Juste (le Sefer hayashar), qui donne des détails qu’on ne trouve nulle part ailleurs et qui traite étonnamment d’une espèce d’ingénierie génétique ayant entraîné la colère de Dieu. Si les scientifiques s’amusent encore un peu à détruire la Création divine, un cataclysme semblable pourrait bien nous tomber dessus. Le Livre du Juste est peu connu, bien qu’il ait été redécouvert au XVIIIème siècle, mais on en parle dans Josué 10, 13 et dans II Samuel 1, 18. Le fait qu’il soit cité deux fois dans l’Ancien Testament valide, semble-t-il, le fait que ce rouleau avait existé au temps des premiers Israélites.

Il reflète les informations du Pentateuque et donne des détails intéressants particulièrement concernant Noé, le Déluge et le mode de vie des Israélites de cette époque, avant que Dieu ne décide de détruire « le monde ».

« En ce temps-là, les enfants des hommes prélevaient sur les troupeaux des champs, les bêtes de somme et les oiseaux du ciel et créaient des hybrides de ces trois espèces afin de provoquer le Seigneur ; et Dieu vit que les habitants de la Terre étaient corrompus car toute chair, tous les animaux et tous les hommes étaient corrompus. » (Livre du Juste 4, 18).

Parallèlement, on peut remarquer que le Nouveau Testament cite la réponse de Jésus qui décrit également la fin des temps : « Ce sera comme au temps de Noé » avait-il répondu. Cette déclaration rejoint celle du livre du Juste. Se pourrait-il que la génétique moderne ne soit qu’une réplique de la corruption du monde citée dans les textes sacrés et dans ce livre ?

Il y a là suffisamment d’indices pour y réfléchir sérieusement. Il est donc nécessaire de bien relire la manière dont Dieu assura la destruction du « monde » au temps de Noé :

« Mais Dieu vit que la malice des hommes était grande sur la Terre et que toutes les pensées de leur cœur étaient tournées au mal en tout temps. Il se repentit d’avoir fait l’homme sur la Terre et, touché de douleur jusqu’au fond du cœur, dit : J’exterminerai l’homme que j’ai créé de la face de la Terre, depuis l’homme jusqu’aux animaux, depuis le reptile jusqu’aux oiseaux du ciel car je me repens de les avoir faits. Mais Noé trouva grâce devant le Seigneur. » (Gen 1, 5-8)

Il est certain que Dieu put être déçu de la conduite de l’homme, mais le péché impardonnable pour Lui est certainement celui qui tente de contrefaire Sa Création.

Ceci est évident dans les textes de la Genèse et dans le Livre du Juste, et on y remarque la place qu’avait pris sur la Terre cette manie de faire des hybrides afin de « faire comme Dieu » :

 

 

 

« La Terre était également corrompue aux yeux du Seigneur Dieu et le monde était rempli de violence. Et Dieu regarda la Terre et il vit qu’elle était corrompue car la chair avait corrompu ses voies [27]sur la Terre.» (Gen 6, 1112)

Si on se place du point de vue religieux on est en présence d’une bataille finale entre les forces du Mal et celles qui tentent de sauvegarder le Bien. Les sociétés de biotechnologie ont décidé d’imposer les OGM malgré les protestations des Européens et la colère des « consommateurs » américains. Actuellement, la recherche et la production des espèces OGM semblent tout simplement inattaquables et, par conséquent, le temps est proche où Dieu va mettre fin à cette ignominie et les sociétés de biotechnologie vont peut-être se retrouver dans une situation qu’elles n’avaient pas prévue (et nous autres avec ! ).

On peut encore penser à l’injonction divine faite à Adam de ne pas consommer le fruit de l’arbre de Vie, qui conduisit à la chute de l’homme. Eve pécha contre le premier commandement de Dieu et mangea le fruit de la connaissance du Bien et du Mal. Tout le monde sait cela, mais peu de gens ont pensé que ce que Satan avait si bien réussi à faire au jardin d’Eden, rien ne l’empêche de tenter de le faire une nouvelle fois. Se pourrait-il qu’il ait entrepris de tenter tous les hommes de manger de l’arbre de Vie et de la science du Bien et du Mal avec les OGM ? Ceci lui est d’autant plus facile que rien n’exige que les hommes aient la connaissance du fait qu’ils consomment des fruits de l’arbre du Bien et du Mal. Ce que désire Satan, c’est se dresser devant le trône de Dieu et que l’homme soit accusé d’avoir trahi la volonté divine, afin de frapper Dieu dans Ses œuvres. Et c’est bien ce que dit le Nouveau Testament :

« Et j’entendis une voix forte dans le ciel disant : C’est maintenant qu’est accompli le salut de notre Dieu et Sa puissance et Son règne et la puissance de Son Christ, parce qu’a été précipité l’accusateur de nos frères qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit. »( Ap 12,10)

La loi de Dieu a été violée et une preuve en a été donnée dans la Bible, qui semble intéresser justement le principe même des manipulations génétiques. Cette condamnation se trouve dans le passage suivant tiré de Matthieu 13, 2430, que l’on peut résumer en quelques phrases : l’homme qui sème du blé dans son champ, l’ennemi qui vient dans la nuit et qui sème l’ivraie dans le blé semé, les pousses qui sortent de terre ensemble, les serviteurs qui ne savent pas quoi faire, la décision du maître d’attendre la moisson et de brûler l’ivraie.

L’ivraie c’est la contrefaçon du blé, à ce point que pendant la maturation les deux pousses sont très semblables jusqu’à la maturité ; alors celles de l’ivraie deviennent noires, pulvérulentes et toxiques. Cette parabole décrit très exactement la situation actuelle : pas besoin d’épiloguer. Dieu a créé le monde et a semé la bonne graine avec ses bons gènes et, pendant que les Américains dorment, les ennemis –qui, entre parenthèses, sont tous satanistes – ont semé les OGM et nous en sommes là à supporter la coexistence impossible entre la tradition et les innovations des diables des industries de l’agro-alimentaire. Ce sont les ennemis de Dieu qui ont semé les grains OGM. On lit encore dans la Bible :

« Celui qui a semé le bon grain est le fils de l’Homme, le champ c’est le monde, les bons grains sont les enfants du royaume, les grains d’ivraie sont les enfants du diable. L’ennemi c’est le Démon, le Mauvais ; la moisson c’est l’époque de la fin des temps et les moissonneurs ce sont les anges. Les mauvaises herbes seront mises en botte et jetées au feu et ce sera fait à la fin des temps. Le Fils de l’Homme viendra avec ses anges et ils brûleront ceux qui ont offensé Dieu et ceux qui établirent l’iniquité sur Terre seront jetés dans l’abîme, là où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le Soleil dans le royaume de leurs pères. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. » (Matt 13, 37-43)

Dans le monde actuel, les « scientifiques » qui créent les OGM sont inspirés et conduits par des satanistes. Les sociétés internationales de biotechnologie jouent avec le feu et vont certainement s’y brûler. Avec leurs recherches sur l’ADN, elles ont dépassé les limites du supportable et du naturel.

Notre monde ne sera jamais plus le même compte tenu des modifications qu’ils produisent déjà dans la nature. Les OGM sont déjà dispersés dans tout l’environnement et le retour en arrière ne sera plus possible. Même si les industries de biotechnologie cessaient de polluer le monde de leurs OGM, il serait impossible d’échapper à leurs effets immédiats et à terme.

La vérité c’est que toutes les fermes d’Amérique et de partout ailleurs dans le monde, qui ont ensemencé des terres avec des grains d’OGM, sont déjà perdues aux yeux de Dieu. Si on sème des grains non OGM sur ces terres, on obtiendra quand même des récoltes OGM. Afin de purger les terres des OGM, il faudrait les laisser en repos pendant des décennies , ce qui est économiquement impensable. Il n’existe actuellement aucune méthode facile et définitive pour sortir de la crise qui a été déclenchée par les scientifiques. On frémit quand on lit ces quelques lignes tirées d’Habacuc 3, 17-18 :

« Bien que le figuier puisse ne pas fleurir et que la vigne ne donne plus de grappes et que l’olivier n’ait pas de fruits et que les champs ne produisent plus et que le troupeau soit perdu et qu’il n’y ait plus de bêtes à l’étable, je me réjouirai devant le Seigneur et je me réjouirai de mon salut devant Dieu. »

La déclaration suivante a été faite par le docteur Mae-Wan Ho de l’Institut des Sciences dans la Société : « Pour ceux qui sont inexorablement liés à leurs variétés de semences, que peut être un OGM, à part une abomination ? Et pourquoi le reste des hommes ne pourrait-il pas retrouver en lui-même, dans une certaine mesure, cette connexion esthétique et spirituelle avec le travail de la terre qu’on avait toujours pratiqué avant lui ? Un peu partout, la surpuissance actuelle des textes sacrés a été remarquée, notamment par l’ARI qui écrivait sous le titre « Pourquoi la modification génétique de nos produits alimentaires est contraire aux principes de la plupart des religions ? »« Ceux qui ont conservé un certain sens religieux seront bien placés pour rejeter les produits de l’ingénierie génétique, se fondant non seulement sur des raisons de sécurité personnelle mais également sur l’obligation de conserver la Création divine et l’intégrité des relations avec Dieu.

Un tel rejet possède une dimension religieuse et constitue également un droit religieux. Le refus de l’Agence Fédérale Alimentaire ( FDA) d’exiger l’étiquetage des produits OGM est effectivement contraire à la possibilité, pour les Américains, d’exercer leurs droits et oblige les gens à utiliser des denrées alimentaires qui sont contraires à leur religion. La politique suivie actuellement par la FDA viole le 1er amendement de la Constitution des EtatsUnis qui protège la liberté de religion. Plus encore, vu que certains aliments ont été modifiés avec des gènes qui leur sont étrangers, la politique de le FDA viole sa propre réglementation et notamment les termes du paragraphe de la section 403 (i) qui exigent que « les substances ajoutées aux aliments soient mentionnées sur les étiquettes », et également la section 403 (a) qui « exige la publication de précisions factuelles ».

Alors que le manque d’étiquetage pose déjà un sérieux problème à tous les Américains, il est également dommageable pour les individus qui, pour des raisons religieuses, diététiques ou de sécurité refusent certaines catégories de nutriments (personnes allergiques, musulmans, Juifs ou végétariens etc.).

Ceux qui se sentent concernés par le maintien de l’intégrité des aliments qu’ils absorbent (ceux de la Création divine) et suivre leurs principes religieux, doivent absolument s’abstenir de consommer les aliments issus de l’ingénierie génétique et travailler à la réforme de la politique gouvernementale qui, actuellement, porte atteinte à leur liberté de consommer des aliments naturels, tout en mettant des restrictions rationnelles à la possibilité d’altérer les éléments fondamentaux de la vie pour des raisons commerciales.

 

 

*

 

 

 

* *

 

Il faut rendre l’Ancien Testament au peuple chrétien Paul Claudel

 

Résumé : Le raz-de-marée de l’exégèse critique a eu pour effet d’éloigner la Bible du peuple chrétien, de la dévaloriser et de faire oublier que rien ne peut la remplacer. Dans cette vigoureuse défense, Claudel en exalte la beauté, la valeur pédagogique, et surtout l’accès qu’elle nous ouvre vers l’amour du Père céleste. Car l’homme transfiguré par la Bible ne fait que vivre selon la vérité de son être.

 

Il faut rendre l’Ancien Testament au peuple chrétien. Il n’y a pas d’œuvre plus nécessaire et plus urgente. Il faut rendre au peuple chrétien cette moitié de son héritage dont on essaie de le dépouiller, cette Terre promise toujours ruisselante du même lait et du même miel dont on essaie de l’expulser, et qui lui appartient. Il faut rendre au peuple chrétien pour son usage ce grand édifice, débarrassé de tout cet appareil pseudo-scientifique de conjectures arbitraires et d’hypothèses frivoles qui ne sert qu’à décourager, à déconcerter, à rebuter les fidèles ; à les assourdir tellement qu’il n’entendent plus au milieu du ridicule caquet des scribes incapables d’aboutir à quoi que ce soi d’articulé et de positif le grand cri des prophètes : Sitientes, venite ad aquas[28] ! Il faut leur montrer dans cette œuvre magnifique de l’Esprit Saint, de la Sagesse de Dieu, non pas un amas confus de matériaux hétéroclites à demi dévorés par le temps, mais un monument superbe sur lequel les siècles n’ont eu aucune prise et qui s’offre encore à nous, intact et vierge, dans sa composition sublime et profonde, dans sa signification originelle, dans l’invitation qu’il adresse, aussi puissante aujourd’hui qu’autrefois, à notre cœur, à notre intelligence, à notre imagination, à notre sensibilité, à tous nos besoins d’amour et de beauté. De ce texte sacré nous avons le bonheur de posséder une transcription incomparable, sanctionnée depuis des siècles par l’autorité et par la pratique de l’Eglise, en qui je vois le chef-d’œuvre, le sommet, la gloire de la langue latine : je veux parler de la Vulgate.

S’il ne tenait qu’à moi, elle formerait la base de l’éducation des enfants, comme les poèmes d’Homère, qu’elle domine d’une telle hauteur, l’étaient autrefois de celle des jeunes Grecs. Du moins, s’il faut se contenter de traductions françaises, que ces traductions prennent leur principale orientation, en ne le complétant qu’avec prudence, dans ce canon vénérable où il me semble reconnaître le timbre, l’accent même de la Divinité. Quel bonheur alors d’avoir recouvré notre bien ! Quel bonheur d’admirer à cœur libre, à cœur ouvert, notre Dieu, notre Créateur, qui n’est pas moins, qui est infiniment davantage, dans cette parole vivifiante à nous distinctement adressée, qu’Il ne l’est dans la radieuse confusion de la nature. Nourrissons-nous de cette histoire qui a un sens, de cette suite d’événements conduits par Dieu pour notre enseignement et pour la révélation de Ses infinies, de Ses ingénieuses miséricordes. Dieu n’est plus cette froide entité des philosophes. Il est Quelqu’un. Moïse, David, nous le montrent tel qu’Il est, tel qu’Il vit Sa vie, tel que nous avons bien le droit de Le voir puisqu’on nous dit que nous sommes faits à Son image : les savants nous expliqueront ça comme ils voudront.

Mais quelle joie, quelle émotion de voir vivre là-haut notre Père, débordant de paternité à notre égard, tendresse, compassion, tous les sentiments qu’il faut, la colère même ! Oui, nous aimons cette colère, cette sainte colère, nous aimons qu’on nous prenne au sérieux dans nos transgressions comme dans nos essais de bien faire. Et tous ces imbéciles qui nous parlent d’un Dieu féroce ! Un Dieu jaloux, oui, tant que vous voudrez! C’est comme ça que nous l’aimons.

Jetons-nous donc sans crainte, la tête la première, dans cet océan d’amour et de beauté, l’Ancien Testament, où tant de saints, tant de génies, ont trouvé un aliment inépuisable. Refaisons connaissance, dans leur réalité vivante et typique, avec ces personnages vraiment surhumains, je veux dire chez qui une humanité intégrale est tout entière transfigurée par la signification authentique, Abraham, Jacob, Joseph, Moïse, Job, Samuel, David. Ce ne sont point des héros de roman et de théâtre. Nous pouvons les prendre dans nos bras.

Ce sont nos frères et nos sœurs, mais des frères, des sœurs tout pleins de Dieu, tout débordants de la Volonté du Très-Haut. Lisons l’Ecriture Sainte, mais lisons-la comme la lisaient les Pères qui nous ont montré que c’était la meilleure manière d’en profiter, lisons-la à genoux ! Lisons-la non pas avec des intentions de critique, avec cette sotte curiosité qui ne va qu’à la vanité, mais avec la passion d’un cœur affamé ! On nous a dit que la vie est là, que la lumière est là, pourquoi n’essaierions-nous pas un petit peu par nous-mêmes de savoir le goût que ça peut avoir ? Ce n’est point seulement la Majesté du Sinaï qui nous convie à l’ascension ! C’est un sourire féminin, le sourire de cette Sagesse, de cette Vierge auguste dont le Seigneur a posé l’image devant lui pour s’encourager à créer le monde ! C’est elle que nous apercevrons à l’extrémité de cette longue perspective de monuments incomparables. Elle est depuis la Genèse, cette aurore progressive qui précède le soleil levant. Cette lumière divine, elle n’est absente, pour nous, chrétiens, d’aucune des parties du texte révélé, qu’il s’agisse de l’Ancien Testament ou du Nouveau. C’est à elle que peuvent s’appliquer ces paroles du Sauveur dans l’Evangile : « Quand on vous dira : il est dans le désert, ce n’est pas vrai ; il est dans un chambre fermée, ne le croyez pas ! Mais comme l’éclair part de l’Orient et se montre jusqu’en Occident, ainsi sera l’avènement du Fils de l’homme. » C’est lui qui règne sur toutes les parties de l’Ancien Testament, dont il est l’inspirateur aussi bien que du Nouveau. C’est lui qui en a contresigné toutes les pages de ce serment solennel : « Ego vivo ! (C’est moi qui vis)».

 

 

*

 

 

 

 

* *

 

 

REGARD SUR LA CREATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages. » (Romains, 1 : 20)

 

 

 

Des muscles et des tendons

William Paley

 

Résumé : Les mouvements du corps résultent de contractions musculaires transmises aux os par des tendons. Cette belle mécanique se laisse voir dans les moindres détails par la dissection, ce qui en fait un argument irrésistible pour faire comprendre que tout y est habilement conçu en vue d’une fin, preuve irrécusable d’une intelligence ouvrière. Le hasard ne peut expliquer l’existence du muscle antagoniste permettant l’extension du membre après sa flexion, ni la grande longueur de certains tendons afin d’alléger l’organe mû en éloignant le muscle moteur (sur l’avant-bras pour les muscles des doigts) ; ni la multitude des fonctions assumées par un seul organe (la langue par exemple) ; ni le libre jeu simultané de muscles voisins qui parfois s’emboîtent les uns dans les autres, etc.. Et nulle connaissance savante n’est nécessaire pour comprendre que cette harmonie, cette précision et cette force de nos gestes sont une preuve merveilleuse, toujours présente à nos yeux, de l’Intelligence créatrice.

 

 

Les muscles et les tendons sont les instruments immédiats des divers mouvements que font les animaux. Je vais indiquer les cas dans lesquels la disposition de ces instruments et leur application sont aussi mécaniques que peuvent l’être la disposition et l’application des fils qui font mouvoir une marionnette.

Nous pouvons d’abord observer un rapport invariable entre chacun de nos membres et les muscles qui le font mouvoir : c’est-à-dire, que les muscles sont toujours disposés de manière à faire exécuter à un membre quelconque les mouvements auxquels ce membre paraît destiné, et dont il est capable.

 

Par exemple : lorsque l’articulation est de nature à faire mouvoir un de nos membres par flexion et extension dans le même plan, comme l’avant-bras et la jambe, les tendons (ou les parties qui terminent chaque muscle) sont attachés aux os de manière que la contraction et le relâchement des muscles produisent ces mouvements de flexion et d’extension, et aucun autre. Si ces deux articulations du genou et du coude pouvaient se prêter à un autre mouvement, il n’y aurait point de muscle pour le produire. Mais à la hanche et à l’épaule, où l’articulation admet un mouvement rotatoire, les tendons sont attachés aux os de manière à produire le mouvement que l’articulation permet. Par exemple, le muscle nommé le grand oblique ou le muscle du tailleur, s’attache à l’épine du dos, croise diagonalement par-dessus le fémur (ou l’os de la cuisse) et s’attache au tibia (ou gros os de la jambe) un peu au dessous de la rotule. Il permet ainsi, tout à la fois, le mouvement de rotation du fémur et le mouvement de flexion du tibia. Nous avons vu qu’il existait une disposition particulière dans les articulations de la tête et de la main : les muscles ont été attachés dans une direction oblique, afin que la disposition pût avoir son effet. L’articulation aurait été inutile sans les muscles obliques : les muscles obliques auraient été inutiles sans cette disposition particulière de l’articulation. On peut observer, par rapport à la tête, que son inclinaison et ses mouvements obliques sont souvent le résultat de la combinaison des mouvements directs de plusieurs muscles qui agissent ensemble.

Les muscles obliques attachés à la tête ont aussi pour fonction de la maintenir droite entre les épaules. La tête d’un petit enfant a besoin d’être soutenue pour rester également entre les épaules ; et la tête d’un homme mort tombe à droite et à gauche par son propre poids. C’est donc par l’équilibre de l’action des muscles, que la tête conserve sa position. Les muscles, dans ce cas, suppléent à ce qui manque en force à l’articulation de la tête et du col.

 

 

 

La destination particulière des muscles et des os à un certain but déterminé, est encore évidente dans le rapport exact que les anatomistes ont remarqué entre la longueur des apophyses de la colonne vertébrale et la quantité de mouvements que les os voisins permettent, et que les muscles respectifs peuvent produire.

Un muscle n’exerce sa force que par la contraction. Lorsque sa contraction cesse, il revient dans son premier état, c’est-à-dire, qu’il se relâche ; mais dans ce relâchement il n’y a aucun emploi de force. La nature de la fibre musculaire étant telle, il est évident que nous ne pouvons opérer des mouvements contraires et vigoureux, que par l’action opposée des muscles antagonistes, c’est-à-dire, de fléchisseurs et d’extenseurs, qui se correspondent. Par exemple : deux grands muscles, le biceps et le brachial interne sont placés sur la partie interne du bras ; et leur contraction fait plier l’avant-bras avec le degré de force qui se trouve nécessaire, et que le sujet comporte. Le relâchement de ces deux muscles laisserait simplement retomber l’avant-bras sans force ; mais pour que le bras, après s’être ployé, puisse se déployer avec force et donner ce que l’on appelle un coup de revers, d’autres muscles, savoir, le long extenseur, le brachial externe et l’anconœus, ont été attachés en dehors du bras, pour pouvoir, en se contractant, ramener l’avant-bras sur la même ligne que le bras, et cela avec le même degré de force précisément, que l’on en avait employé dans la flexion. Jamais on ne plie et étend un doigt que par la contraction de deux muscles opposés, que l’on nomme antagonistes. Chaque muscle a son adversaire ; et les deux ensemble travaillent comme des scieurs qui tirent et lâchent alternativement pour que leur travail se fasse. Il est difficile de citer une preuve plus évidente d’un dessein que cette position respective, et ce balancement d’action des divers muscles du corps humain. La nature des muscles étant telle, les animaux ne pouvaient exécuter les divers mouvements dont ils ont besoin que par la disposition qui a été adoptée. Or, cette disposition est faite de manière que les formes et la symétrie du corps humain sont conservées dans les différents mouvements musculaires.

 

 

Une autre propriété très remarquable dans l’arrangement des muscles, c’est qu’ils ne se nuisent pas réciproquement dans l’action qu’ils exercent. Je ne connais qu’un exemple dans lequel l’action de certains muscles nuise à l’action d’autres muscles : nous ne pouvons pas avaler en bâillant. Il n’était probablement pas nécessaire que les deux choses pussent avoir lieu à la fois : il y aurait peut-être eu de l’inconvénient à ce que la déglutition pût se faire en même temps que le bâillement avait lieu : quoiqu’il en soit, cet exemple prouve quelle perte, quels retards, quel embarras il y aurait dans l’emploi des facultés musculaires, si le cas était plus fréquent. Or, ce n’était assurément pas une chose facile que de placer les uns à côté des autres, ou dans des directions croisées de diverses manières, quatre cent quarante six muscles, que nous comptons dans le corps humain. Ces muscles, non seulement se croisent, mais s’emboîtent les uns dans les autres, et se traversent même quelquefois, afin que chacun ait sa liberté toute entière, et son jeu parfait. L’ensemble de cet arrangement demandait, il faut l’avouer, de l’intelligence et de la méditation.

En certains cas, dans l’arrangement des muscles, leur volume aurait été embarrassant, là où leur action était pourtant nécessaire. Qu’a fait l’Ouvrier ? Il a placé le muscle à une distance plus considérable, et il l’a fait communiquer, par des fils déliés, avec l’endroit où il fallait que son action fût sentie. Si les muscles qui mettent les doigts en mouvement avaient été placés dans la paume ou sur le dos de la main, celle-ci aurait été d’une grosseur embarrassante et désagréable ; la beauté, et les proportions de cette partie eussent été manquées. En conséquence, ces muscles sont placés sur l’avantbras et jusqu’au dessus du coude. Ils agissent par des tendons très longs, assujettis au poignet, et passant sous un ligament jusqu’aux doigts, qu’ils sont destinés à mettre en mouvement. Il en est de même des muscles qui mettent en mouvement les orteils. Ils sont disposés d’une manière symétrique, et gracieuse, pour former le gras de jambe, au lieu de se trouver placés sur le pied même, où ils auraient fait un effet déplaisant, et auraient gêné la marche.

 

 

 

 

Fig.1 : Les muscles de la main et leurs tendons.

 

 

 

J’ai déjà cité un exemple frappant de la manière judicieuse dont le distributeur des muscles et de leurs fonction les a arrangés, je veux dire l’emplacement du muscle de la membrane clignotante des oiseaux : il est placé au fond de l’œil, où il n’est point en obstacle à la vision, tandis qu’un tendon extrêmement délié passe sans inconvénient devant la cornée pour tirer le rideau, quand cela est nécessaire.

Il paraît que c’est une loi invariable dans le système musculaire, que la contraction du muscle se fasse vers son centre. Il a donc fallu modifier la forme et la position des muscles, de manière à produire, dans tous les cas donnés, l’effet à obtenir. En conséquence, la configuration, et la situation des muscles sont infiniment variées : quelquefois un muscle a plusieurs tendons, ou n’en a point du tout ; quelquefois un tendon appartient à plusieurs muscles ; mais l’unité du principe d’action est constamment la même, et d’une simplicité parfaite. L’Ouvrier qui a disposé le système musculaire paraît avoir agi précisément comme un artiste qui emploie à produire certains effets dont il a besoin, les matériaux qui ont certaines propriétés inhérentes à leur nature : il se plie à ces propriétés, et règle son travail en conséquence.

Quels concours de différentes choses ne faut-il pas pour que nous soyions une heure entière en bonne santé ! Quel concours plus grand, plus étonnant encore, ne faut-il point pour que toutes nos facultés soient en vigueur, et que notre activité se déploie ! Cependant, la très grande pluralité des individus jouit de l’exercice de toutes ses facultés ; et le dérangement d’un seul muscle, sur quatre cent quarante six, suffit à rendre la vie misérable. L’auteur du Philosophe religieux dit : « J’ai vu avec l’attendrissement de la pitié, mais aussi avec un retour de reconnaissance envers le conservateur de la nature, l’état d’un homme qui se portait bien à tous égards, mais qui avait une faiblesse dans les muscles releveurs de la paupière. Il était obligé, pendant tout le temps que dura cette incommodité, d’employer ses mains pour lever ses paupières ». Ceux qui jouissent de tous leurs organes ne se doutent guère de la complication des moyens continuellement employés pour maintenir intact l’exercice de leurs facultés.

Arrêtons-nous quelques moments à considérer la variété, et la miraculeuse promptitude des divers mouvements de certains muscles. Par exemple, il vaut la peine d’observer comment la langue exécute les divers mouvements dont elle est chargée. Chaque syllabe que nous articulons exige un mouvement particulier de la langue, des joues, des lèvres, et de la gorge. La disposition de la bouche, pour l’articulation de chaque syllabe déterminée, est sensible même à la vue, quand celle-ci y a été suffisamment exercée. On sait que les sourds viennent à comprendre en voyant parler. Pour la même personne, lorsqu’elle a appris à articuler correctement, il n’y a qu’une seule position de la langue, et des parties dont elle est entourée, qui puisse produire un certain son dans le discours. Avec quelle incompréhensible promptitude les diverses positions de la langue et du reste de la bouche ne se succèdentelles pas ! Quelle variété, et pourtant quelle sûreté dans tous ces changements si rapides ! Ce qu’il y a de plus admirable ce n’est pas la faculté imitative, ou la faculté d’un changement arbitraire et rapide : c’est la variété infinie soumise à une règle fixe, conduisant à un effet certain, et en rapports avec des objets pour lesquels elle a été calculée. L’anatomie de la langue nous donne l’idée de l’extrême activité de cet organe. Ses muscles sont si nombreux, tellement entrelacés, que la dissection ne saurait s’en faire complètement ; et cependant le nombre et l’entrelacement de ces muscles ne nuit en aucune manière à la précision des diverses opérations de l’organe : il est même probable que ce nombre et cette disposition compliquée sont absolument nécessaires à l’entier accomplissement des fonctions de la langue.

Je désire de faire ici une petite digression sur les autres facultés de la bouche. On a dit que quand la nature essayait de remplir deux objets différents avec le même instrument, elle n’y réussissait qu’imparfaitement pour chacun des deux. Je demande si cette assertion se trouve vraie en l’appliquant aux différentes fonctions de la bouche. Cela est-il vrai de la langue, considérée comme l’instrument de la parole, l’organe du goût, et l’un des principaux moyens de la déglutition ?

Assurément non : car sur mille individus, il y en a peut-être neuf cent quatre vingt dix neuf chez lesquels la langue remplit très bien ces trois fonctions à la fois. La chaleur et l’humidité constantes de la langue, la finesse de sa peau, et les papilles nerveuses dont sa surface est parsemée la rendent tout aussi propre à être l’instrument du goût, que la multitude inextricable de ses fibres musculaires la rendent propre à l’innombrable variété des mouvements rapides que la parole nécessite. Les animaux qui sont destinés à paître l’herbe ont la langue recouverte d’une peau percée d’un nombre infini de trous déliés, lesquels répondent à des houpes nerveuses qui transmettent la sensation de la saveur, mais qui sous cette couverture, sont à l’abri des accidents que les pointes ou les barbes des graines ou de l’herbe pourraient leur occasionner.

La cavité de la bouche renferme une plus grande variété d’instruments destinés à différents objets qu’aucune autre partie du corps. Elle renferme premièrement les dents, de trois formes différentes ; c’est-à-dire, pour couper, pour casser, et pour triturer ou moudre ; des muscles artistement disposés pour le mouvement composé de la mâchoire inférieure, lequel est à demi vertical, et à demi latéral, afin que la trituration des aliments sous les dents molaires soit plus complète ; des jets de salive destinés à se mêler aux aliments pendant que la mastication a lieu ; des glandes, qui fournissent continuellement à ces jets ; une contraction musculaire d’un genre tout à fait particulier, laquelle a lieu dans l’arrière bouche, pour guider vers l’estomac les aliments broyés, contraction qui se propage dans le gosier et le conduit de l’œsophage, et force, s’il le faut, les aliments à remonter, ainsi que nous l’observons chez un animal qui broute l’herbe.

La bouche renferme, en second lieu, un appareil absolument distinct de tout ce que je viens de dire, et dont le jeu va continuellement, sans se laisser déranger par l’action simultanée de la mastication : cet appareil est celui de la respiration et de la parole. La bouche sert d’entrée à un conduit du larynx, qui est principalement destiné à faire passer l’air dans le poumon.

Le larynx est garni de certains muscles qui doivent produire, avec le concours de l’air, et l’action de la langue, des sons modulés à l’infini, et avec une précision, et des nuances dont aucun instrument de musique n’est susceptible.

Ce qui me semble caractériser spécialement la bouche de l’homme comme un chef-d’œuvre parmi les machines, c’est que la partie mécanique y est maintenue tout à fait distincte de la partie pneumatique : nous respirons et nous parlons, tout en mangeant. Ces deux merveilleux appareils, associés sans confusion, occupent peu d’espace ; leurs fonctions cheminent sans aucun embarras, et ce magasin de tant de parties diverses, de tant d’organes importants, n’est qu’une simple cavité !

L’action de sucer ne peut pas avoir lieu en même temps que la respiration, par la bouche seule. L’enfant nouveau-né n’aurait pas pu téter et respirer tout à la fois, si l’inventeur des organes n’eût pourvu à un autre conduit pour l’air. Le nez était indispensable, lors même qu’il n’aurait point été destiné à être le siège de l’odorat. L’inventeur a employé à des fonctions utiles un organe qui d’ailleurs se trouvait nécessaire.

Je reviens à l’objet qui doit principalement nous occuper dans ce chapitre, savoir, la précision et la célérité des mouvements musculaires. Observons ce phénomène chez un homme qui joue des passages difficiles sur le violon.

L’obéissance instantanée de ce nombre de muscles qui concourent avec une précision rigoureuse de temps et d’action à la formation des sons variés à l’infini, semble tenir du prodige.

Faites une observation qui est encore mieux à votre portée : contemplez les mouvements de votre main pendant que vous écrivez. Arrêtezvous à considérer le nombre des muscles qui concourent au résultat tracé sur le papier. Cinq cents traits, sont façonnés dans une minute, et cependant il n’y a pas une lettre qui n’exige deux ou trois contractions distinctes de certains tendons déterminés, lesquelles contractions doivent être d’une justesse minutieuse, afin que le bout de la plume, où le mouvement se trouve multiplié, ne parcoure que précisément l’espace qu’il faut. La preuve de cette obéissance prompte et exacte se trouve dans la parfaite ressemblance des caractères tracés par la même main.

M. Home a observé que les fonctions les plus délicates et les plus importantes dans le corps humain, étaient remplies par des muscles d’une petitesse microscopique. Ainsi les muscles du tympan, et ceux qui servent à contracter la pupille, sont si déliés qu’on ne peut les découvrir qu’à la loupe ; et cependant l’exercice de deux de nos facultés les plus précieuses dépend de leur jeu et de leur conservation.

Il est à remarquer que les muscles agissent sur les articulations avec désavantage sous les rapports mécaniques ; c’est-à-dire qu’ils sont souvent attachés si près de l’articulation qu’il en résulte que la force musculaire a à vaincre une résistance très considérable, occasionnée par la longueur du levier contre lequel elle agit. La mécanique a toujours en vue l’un ou l’autre des deux résultats suivants : ou mouvoir lentement un poids considérable dans un petit espace ; ou mettre en mouvement avec rapidité un poids peu considérable, dans un grand espace. Pour accomplir le premier objet, il faudrait un autre emploi des leviers, et une autre disposition des muscles ; mais leur disposition, et l’emploi des leviers tels qu’ils existent étaient également convenables pour accomplir le but des mouvements que nous sommes appelés à faire.

N’est-il pas bien plus nécessaire que nous puissions porter la main vivement à notre tête, qu’il ne nous est utile de pouvoir soulever lentement un poids de plusieurs quintaux ? L’usage de cette force extraordinaire et d’un emploi très lent, peut être applicable de temps en temps ; mais nous avons un besoin continuel des mouvements prompts. C’est ainsi qu’un ouvrier fait plus de travail avec un fléau, ou une faux, instruments dans lesquels la vitesse se trouve multipliée, qu’il ne pourrait en faire avec des instruments dont la force serait plus grande mais qui travailleraient dans un plus petit espace. La même observation est applicable à la construction des animaux : en général, il auraient à perdre, s’ils échangeaient la vivacité de leurs mouvements, contre une force plus grande, une structure plus lourde, et des mouvements plus lents.[29]

Il est difficile de se faire comprendre des lecteurs qui ne sont point de l’art, en décrivant les mouvements de certains muscles spécifiques, surtout si l’on n’a pas le secours des figures. J’essayerai cependant d’expliquer de quelle manière se produit l’action musculaire dont résulte le mouvement de la mâchoire inférieure. J’indiquerai du moins comment agit le muscle principal. L’objet à remplir était d’abord de tirer en bas la mâchoire inférieure, pour faire ouvrir la bouche. L’expédient qui se présente serait d’attacher à la poitrine un muscle qui répondrait au menton, et qui, par sa contraction, ferait ouvrir la bouche.

Mais il est évident que la liberté des mouvements du col en aurait souffert, et que la conservation des formes actuelles ne comportait pas un tel moyen. En conséquence, un certain muscle, nommé digastrique, part d’un os de la face, au-dessus de l’articulation de la mâchoire. En descendant, ce muscle se convertit en un tendon arrondi. La contraction d’un tel muscle, s’il eût conservé sa direction en s’attachant à la mâchoire inférieure, l’aurait tenue soulevée, au lieu de la faire baisser. Il fallait donc changer la direction de la force, en faisant passer le tendon sur une poulie : c’est ce qui a été fait. Ce tendon passe dans un anneau de l’os hyoïde, et vient s’attacher au menton, en sorte que la contraction du muscle fait ouvrir la bouche.

Rien ne saurait être plus véritablement mécanique que l’invention suivante, savoir, une ganse faite au travers d’un tendon pour faire passer un autre tendon par cette ganse : c’est ce que nous voyons dans le mécanisme des doigts des pieds et des mains. Le long tendon qui fait fléchir la première phalange passe au travers du court tendon qui fait fléchir la seconde phalange.

Il en résulte beaucoup plus de liberté dans les mouvements qu’il n’aurait pût y en avoir sans cela.

Il y a une circonstance de l’arrangement des muscles qui manifeste aussi clairement un dessein qu’il soit possible de l’imaginer : c’est la ligature des tendons du pied dans le bas de la jambe. Le pied faisant un angle très considérable avec la jambe, il est évident que des tendons, ou cordes flexibles, passant en dedans de cet angle, se seraient soulevés à chaque contraction des muscles dont ils sont le prolongement. Il fallait donc les lier au bas de la jambe, sans cependant empêcher leur jeu : c’est ce qui a été fait. Ils passent librement sous un ligament très fort qui les retient assujettis. La ressource de l’art humain aurait été exactement semblable.

Je demande comment le système de ceux qui prétendent que toutes les parties de l’animal sont formées par appétence, c’est-à-dire, par une tendance imperceptible dont l’effet a été prolongé dans une suite incalculable de générations, je demande, dis-je, comme ce système peut se concilier avec le fait dont je viens de parler.

Loin d’y avoir appétence ou tendance, il y a résistance et combat dans le cas du ligament qui assujettit les tendons du pied. La pression du ligament agit sur les tendons, et ceux-ci, toutes les fois que le muscle se contracte, réagissent sur les fibres du ligament. Il est impossible que le ligament ait pu être engendré par l’exercice des tendons, car cet exercice a au contraire, une tendance continuelle à en rompre les fibres.

L’Evêque Wilkins a observé, d’après Galien, qu’il y a dans chaque muscle dix circonstances distinctes à considérer, qui toutes sont nécessaires à l’usage complet, de chacun d’eux :

1° la forme du muscle, laquelle est en raison de sa destination ;

2° sa grosseur, qui y est également proportionnée ;

3°son point d’appui ;

4° son point d’action ;

5° le rapport des positions de ses deux extrémités ;

6° la position du muscle considéré dans son ensemble ;

7° sa direction ;

8° l’insertion des nerfs dans ce muscle ; 9° l’introduction et la sortie des artères ; 10° l’introduction et la sortie des veines.

Comment des choses dont l’arrangement est si compliqué, peuventelles être faites et disposées sans admettre de l’intelligence dans l’Ouvrier ?

Je me suis étonné quelquefois de ce que le mécanisme des corps des animaux ne nous frappait pas, tandis que nous admirons beaucoup les machines des artistes humains. Une des raisons de cette différence est probablement que les corps des animaux sont formés de substances dans lesquelles nous ne sommes point accoutumés à chercher et suivre un mécanisme quelconque, au lieu que les machines faites de main d’homme sont composées, de bois, de métaux, et d’autres substances, dans lesquelles nous sommes accoutumés à suivre l’intention de l’ouvrier qui a modifié leurs formes pour obtenir un certain résultat.

Mais enfin, il est bien évident, pour celui qui veut y appliquer son attention, que les mêmes lois de mécanique, les mêmes genres d’inventions et de moyens, se retrouvent dans les corps des animaux, et dans les machines que les hommes exécutent.

*********************

 

 

 

COURRIER DES LECTEURS

 

 

Du Dr P. (Bourgogne)

 

Passant quelques jours à l’Ecole Biblique de Jérusalem, j’ai assisté à une messe de minuit dont la banalité liturgique contraste avec l’extrême érudition qui règne ici. J’ai eu des entretiens avec le Père S. qui est assyriologue et, à nouveau, toute la question semble se résumer à ceci : pour ce Père il n’y a pas de rapport entre les lettres et les choses, et donc entre les mots et les choses ; les lettres sont des signes choisis arbitrairement, etc… A partir de là, plus de symbolique possible ! Tout devient arbitraire, y compris la liturgie et l’on est alors en droit de faire n’importe quoi, ce dont on ne prive pas !

Pourtant on a parfois la surprise et la joie d’observer une réaction fatalement contraire à cette ligne générale de pensée. C’est ainsi qu’à propos du psaume 90 (91) (qui habitat in adjutório Altissimi), je le citai en latin au Père S. Ce dernier me confia alors combien il déplorait l’abandon du latin dans les psaumes, faisant observer la perfection atteinte par l’agencement des mots et leur harmonie, ajoutant que toutes les grandes religions avaient aussi des textes canoniques immuables !

Alors vraiment que conclure, sinon qu’on vit dans une totale incohérence et que la crise de l’Eglise vient au moins en partie de la perte totale du sens de l’Ecriture Sainte !

 

__________________________________

 

 

 

De Monsieur M.B. (Paris)

 

Le Cep fait en permanence figurer en exergue de la rubrique

Histoire, une citation de Marcel François : « Si l’homme est libre de choisir ses idées, il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies ».

Je rapprocherai de cette citation une autre de Bossuet que j’ai à plusieurs reprises entendu mentionner et que je cite de mémoire : « Le ciel se rit des prières de ceux qui aspirent à être délivrés de maux dont ils ne cessent pas de vouloir les causes ».

Malgré mes recherches, dans les livres de Bossuet que je possède, je n’ai pu situer l’ouvrage duquel elle est extraite. Si quelqu’un pouvait me fournir cette référence, je lui en serais vivement reconnaissant.

 

 

__________________________________

 

 

 

Gnose

 

Carl Christaki

 

 

 

L’homme est à l’image de Dieu,

Non créateur, mais créature ; Il n’est pas l’image des dieux, Et le dire sent l’imposture.

 

Le Prince de ce monde veut

Enfermer Dieu dans la nature, Et que, selon son triste vœu, L’amour finisse en pourriture.

 

Or il n’est après tout qu’un ange Déchu, qui ne doit faire peur A l’âme qui chez Dieu se range.

 

Jésus a remis à sa place, Au désert, cet usurpateur, Risible ennemi de la Grâce.

 

 

Et qu’un bon signe de croix chasse !

 

 

 

*

 

 

 

 

* *

 

 

Index des articles, par thèmes

BIBLE

002 L’historicité du Livre de Daniel MONLÉON Dom Jean de

003 Mise en garde de savants israéliens au sujet d’un livre sur les codes de la Bible

005 A propos de l’âne et du bœuf GERMAIN Yves

006 La Genèse et les méthodes littéraires anciennes FOLEY Donald A. 007 L’authenticité du Pentateuque (I) HABRA Georges 008 Authenticité du Pentateuque (II) HABRA Georges

008 La méthode scientifique est-elle applicable

à la Bible ? BERTHOUD Jean-Marc

009 Le symbolisme, une clé pour comprendre

l’Écriture GERMAIN Yves

009 Authenticité du Livre d’Isaïe HABRA Georges

010 « Et voici que tu concevras en ton sein »

L’ange annonce à Marie…. POTTERIE Ignace de la

010 La Paix et la Sécurité GERMAIN Yves

011 L’immortalité des justes dans le Royaume eschatologique

selon St Irénée CONAT Maurice

012 Job sur son fumier VIGOUROUX François

012 A propos du « Royaume

eschatologique » GERMAIN Yves

013 Le parallélisme dans la poésie

biblique VIGOUROUX François

013 Alliance et chiffre 8 GERMAIN Yves

013 A propos du royaume

eschatologique XXX

014 Le Livre de Jonas a-t-il été écrit

par Jonas ? (I) MONLÉON Dom Jean de

015 La conversion de Ninive est-elle

une fiction ? (II) MONLÉON Dom Jean de

015 Pénurie au milieu de l’abondance ! GERMAIN Yves

015 La « contradiction » entre St Marc et St Jean

sur l’heure de la Passion CERUTI Marie-Christine

016 L’histoire de Jonas est-elle

historique ? MONLÉON Dom Jean de

017 La fin des temps GRUMEL Joseph, Abbé

017 Le signe du prophète Jonas et ses

confirmations modernes WILSON Ambrose John

018 Les critères internes MONLÉON Dom Jean de

019 Un nouveau regard sur la théologie LÉONARD Mgr André-Mutien

019 La fin du monde n’est pas

pour demain GERMAIN Yves 020 Les signes lumineux de l’Apocalypse GERMAIN Yves

020 L’ivraie et les moissonneurs GERMAIN Yves

021 La vérité comme événement POTTERIE Ignace de la

021 Des prévisions humaines et de celles

de l’Esprit-Saint GERMAIN Yves

022 La statue du songe de Nabuchodonosor;

sa signification historique GERMAIN Yves

023 L’idée d’un Dieu Créateur: une perspective

nouvelle pour l’exégèse TASSOT Dominique

023 « Il vit et il crut » (Jn 20;1-18) GERMAIN Yves

026 A propos du prophète Jonas CREAN Thomas

028 Les deux grands rassemblements GERMAIN Yves

029 J’aime la Bible CLAUDEL Paul

030 Les deux témoins GERMAIN Yves

030 Le grec de Pilate selon l’Évangile de

saint Jean COUROUBLE Pierre

 

BIOGRAPHIE

 

001 Frédéric Le Play (1806-1882) GUILLEMAIND Benjamin 004 Pour l’honneur d’Alexis Carrel CHEVRY Jacques 006 Un savant devant la foi:

Ampère (1775-1836) AMPÈRE 008 Foch chrétien XXX

011 Bergson, évolutionniste ? BENRUBI I.

013 Le Professeur Henri Mo’Hderaï Baruk,

médecin hébreux (1897-1999) DESAINT Alain

020 En hommage à Georges Salet

(1906-2002) TASSOT Dominique

021 Le Professeur Max Thürkauf

(1925-1993) PONTCHARRA Angelika & Jean de

024 Vie et philosophie de Matthieu Fontaine

Maury, pionnier de la mer (I) MEYER John R. 025 Vie et philosophie de Matthieu Fontaine

Maury, pionnier de la mer (II) MEYER John R.

 

BIOLOGIE

005 Personne ici, hormis nous

les terrestres GONZALEZ Guillaume

006 Haeckel démasqué TASSOT Dominique

006 La finalité en biologie DIETRICH Joseph

009 Faut-il avoir peur des O.G.M. ? PRO ANIMA

 

 

 

 

————————————————————————————-

 

 

Bulletin d’Adhésion et d’Abonnement

 

A retourner au CEP, 4 rue de Beauvais,

91410 Saint Cyr sous Dourdan (France) Tél.-Fax 01 60 81 27 24

Courriel : s.cep@wanadoo.fr

 

 

Nom : _________________________ Prénom :

______________________

 

 

Adresse : _____________________________________________________

 

 

Code Postal : ____________ Ville/Pays :

___________________________

 

 

Verse sa cotisation annuelle : S’abonne à la revue Le Cep :

89

 

 

 

{ Membre actif : 30 €

{ Abonnement France : 30 €

{ Membre sympathisant : 5 €

{ Autres Pays : 35 €

 

{ Abonnement de soutien : 45 €

 

{ Etudiant, chômeur, etc : 20 €

 

Fait un don de : Euros

  • Reçu fiscal demandé

 

Soit au total la somme de Euros

 

Règlement par :

 

  • Chèque en Euros tiré sur une banque établie en France ou sur CCP { Virement postal sur le CCP du CEP (n°4 719 68 J, Centre : Châlons

en précisant l’objet du versement)

  • Mandat postal international

_____________________________________________________

 

 

 

————————————————————————————-

 

 

Bulletin d’Adhésion et d’Abonnement

 

A retourner au CEP, 4 rue de Beauvais,

91410 Saint Cyr sous Dourdan (France) Tél.-Fax 01 60 81 27 24

Courriel : s.cep@wanadoo.fr

 

 

Nom : _________________________ Prénom :

______________________

 

 

Adresse : _____________________________________________________

 

Le Cep n°33. 4ème trimestre 2005

 

90

 

 

 

Code Postal : ____________ Ville/Pays :

___________________________

 

 

Verse sa cotisation annuelle : S’abonne à la revue Le Cep :

 

{ Membre actif : 30 €

{ Abonnement France : 30 €

{ Membre sympathisant : 5 €

{ Autres Pays : 35 €

 

{ Abonnement de soutien : 45 €

 

{ Etudiant, chômeur, etc : 20 €

 

Fait un don de : Euros

  • Reçu fiscal demandé

 

Soit au total la somme de Euros

 

Règlement par :

 

  • Chèque en Euros tiré sur une banque établie en France ou sur CCP { Virement postal sur le CCP du CEP (n°4 719 68 J, Centre : Châlons

en précisant l’objet du versement)

  • Mandat postal international

_____________________________________________________

 

 

Le Cep n°33. 4ème trimestre 2005

 

  1. J. Monod, Le Hasard ou la Nécessité, Paris, Seuil, 1970, p.37-38

  2. Nul ne songe à nier la « spéciation », c’est-à-dire l’apparition d’un groupe qui, du moins dans son habitat naturel, cesse d’être interfécond avec d’autres individus auparavant classés sous le même nom par les naturalistes. Mais cette espèce désormais distincte par quelques traits secondaires ne présente jamais aucun organe nouveau (inexistant chez ses ascendants). Or, la théorie de l’Evolution, en son cœur, affirme justement l’apparition d’organes nouveaux.

  3. Cornelia Dean et Laurie Goodstein, Leading Cardinal redefines Church’s View on Evolution (New York Times, 09/07/05).

  4. ibidem

  5. cf. P.Rabischong, Le Programme Homme, P.U.F, 2002

    (lire à ce propos Le Cep n° 25)

  6. Cette appréciation plutôt critique d’un texte pontifical mérite d’être soulignée : elle montre que dans l’immense production de ce long pontificat, tout ne fait pas autorité , tout ne mérite pas qu’on s’y intéresse ; et cet exemple de saine critique peut frayer la voie à bien d’autres révisions. Francisco Ayala, professeur de biologie à l’Université de Californie, ancien Président de l’influente Association Américaine pour l’Avancement de la Science (également ancien dominicain et évolutionniste forcené) a aussitôt déclaré que ces mots étaient « une insulte » envers le pape précédent et que le cardinal « voyait un conflit qui n’existe pas » (entre la foi et l’Evolution).

  7. p.82 dans la réédition Firmin-Didot, Paris, 1867.

  8. Traduit de Creation n° 27 (1), Déc.2004-Fév.2005, pp. 46-49, par Claude Eon

  9. Les auteurs appartiennent au courant « créationniste » anglo-saxon.

  10. Le Dr Dudley Eirich est biologiste moléculaire, Ph D. de l’Université d’Illinois. Il a une grande expérience en recherche génétique industrielle, a beaucoup publié dans la littérature professionnelle, obtenu plusieurs récompenses et détient nombre de brevets.

  11. Ndlr. On se gardera ici de conclusions simplistes formulées sans vraiment définir ce qui est en cause sur les OGM. Lire notamment Le Cep n° 9.

  12. Tiré de : « Creation » Vol 27/ Sept-Nov 2005 pp. 18-20, traduit par Claude Eon

  13. Aujourd’hui encore la lutte contre le rejet d’organes transplantés est importante. L’organe du donneur est « assorti » aussi soigneusement que possible au receveur, qui, généralement, devra prendre sa vie durant un médicament pour supprimer la réponse immunitaire. Malgré tout, certains organes peuvent être rejetés, même après des années.

  14. Munn, D.H. et alii: Prevention of allogenic fetal rejection by tryptophan catabolism. Science 281 (5380):11222-24, 1998.

  15. Kudo,Y. & Boyd, C.A. Human placental indoleamine2, 3-dioxygenase: cellular localization and characterization of an enzyme preventing fetal rejection. Biochim.Biophys.Acta.1500 (1):119-124, 2000.

  16. Suzuki,S. et alii: Expression of indoleamine2,3-dioxygenase and tryptophan 2,3dioxygenase in early conception.Biochem. J. 355(2):425-429, 2001.

  17. Kudo, Y. et alii : Indoleamine 2,3-dioxygenase: distribution and function in the developing human placenta. J.Reprod. Immunol. 61 (2):87-98, 2004

  18. Par exemple, le philosophe pro-avortement Leonard Peikoff a déclaré: »Durant le premier trimestre [l’embryon] est une masse de cellules relativement indifférenciées qui font partie du corps de la femme » (18 Oct. 2004)

  19. Les étapes de ce processus peuvent être vus à: www.med.upenn.edu/meded/public/berp/overview/BV_1.html?6 (18 Oct. 2004)

  20. Munn,D.H. & Mellor, A.L.: IDO and tolerance to tumours. Trends in Molecular Medicine 10 (1): 15-18, 2004.

  21. Lerner, Eric (2004) « Bucking the Big Bang », New Scientist, 20, May 22

  22. Cf. Le Cep 31, pp. 5-8: « Lettre ouverte à la Communauté Scientifique »

  23. Chown, Marcus (2005), « Did the Big Bang Really Happen?, New Scientist, July 2, et www.newscientistspace.com/article.ns?id=mg18625061.800

  24. Francesco Alberoni, Les envieux (Paris, Plon, 1945, pour la traduction française), chapitre 23.

  25. Ndlr. Le personnage de Salieri chez Pouchkine est fort éloigné du véritable Salieri ; et le film Amadeus a repris les calomnies de Pouchkine sur Salieri qui fut un authentique génie musical (50 opéras dont plusieurs chefs-d’œuvre, des oratorios, cantates et compositions diverses). A 35 ans, il fut nommé chef d’orchestre de la Cour de Vienne (en 1785, donc 6 ans avant la mort de Mozart ; il n’avait dont aucune raison de l’assassiner) et compta parmi ses élèves Beethoven et Schubert. Même s’il intrigua contre Mozart, il est clair que Pouchkine a forcé le trait.

  26. Repris du Cruzador (Déc. 2004) et publié en français par le PCC n° 245 (Petit Courrier de la Chrétienté, SCBI, BP 2707, 75325 Paris Cedex 07)

  27. Ndlr. La tradition orale hébraïque signale ici l’homosexualité comme forme prise alors par cette « corruption ». Nonobstant, des manipulations génétiques correspondraient mieux encore au sens littéral de l’expression.

  28. « Vous les assoiffés, venez à la source »

  29. L’auteur aurait pu ajouter deux observations qui justifient l’emploi des leviers tel qu’il est, dans l’attache des muscles aux os de nos charpentes : la première, c’est que la capacité de force musculaire étant indéfinie, c’est-à-dire, dépendante de la volonté du Créateur, la considération de l’épargne de la force doit être mise de côté. La seconde observation, c’est que l’application du levier le plus désavantageux quant à la force, était indispensable pour la conservation des formes : par exemple, si le muscle qui s’attache d’un côté à l’os du bras et de l’autre à un os de l’avant-bras, pour opérer la flexion de cet avant-bras, au lieu d’être attaché près de l’articulation du coude, l’eût été près de poignet, ce muscle, en agissant par contraction, aurait comblé le vide qui existe entre le bras et l’avant-bras après la flexion, et aurait changé la forme actuelle en une masse triangulaire de chair et d’os.


PRÉFÉRENCE DE CONFIDENTIALITÉ

Le CEP utilise des cookies  dont le dépôt est soumis à votre consentement sur ce site afin de mesurer l’audience du site (Google Analytics) et des traceurs tiers vous permettant de visionner des vidéos et de partager du contenu sur les réseaux sociaux ou plateformes présents sur le site (Facebook et YouTube).