Revue du CEP numéro 34

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Science et démocratie Dominique Tassot

 

 

Résumé : Les « inventaires » musclés de l’année 1906 ont mis en évidence un des paradoxes de nos démocraties : le décalage entre le peuple et ses représentants. Pour y parer et rendre incontestables les décisions des gouvernements, Auguste Comte avait proposé de recourir à la science, supposant que la sociologie deviendrait bientôt aussi certaine que la mécanique rationnelle. Mais les énoncés scientifiques eux-mêmes résultent souvent d’une opinion moyenne au sein d’un comité d’experts ; ils ne sauraient donc échapper à la variabilité et aux basculements qui affaiblissent les démocraties. Le salut n’apparaît donc que dans une conversion des intelligences, dans le retour à une vérité supérieure à laquelle l’homme puisse se subordonner sans s’amoindrir, bref, un abandon confiant envers Celui qui est « la voie, la vérité et la vie ».

 

Il y a cent ans se déroulèrent en France les « inventaires » des biens ecclésiastiques, suite à la séparation de l’Eglise et de l’Etat. On verra dans la rubrique « Histoire », sur l’exemple de Pouzauges, dans quel climat tendu durent opérer les fonctionnaires désignés pour n’exécuter qu’à moitié une loi pourtant votée par les représentants du peuple. Or l’Eglise, sous le règne du pape précédent, s’était ralliée à la République. Et l’on sait, par un journaliste mandé à Rome pour agir sur l’opinion, quel avait été le raisonnement tenu par Léon XIII : les catholiques sont majoritaires en France, donc ils éliront un parlement catholique ![1] On avait pourtant vu, un siècle plus tôt, des Français très largement royalistes élire une assemblée qui devait voter la mort du roi. Et nous venons de voir deux peuples repousser un projet de Constitution européenne qui aurait été voté par leurs parlements à plus de 80 % !..

Devant ces incohérences propres à la démocratie, Auguste Comte avait proposé de recourir à la science.

 

 

Avec le progrès des connaissances sur la nature puis sur l’homme, avec la « sociologie » (science du fait social) dont il se considérait comme le fondateur, il pensait parvenir à une société gouvernée scientifiquement. On allait donc échapper à l’inévitable variabilité des options prises à l’issue d’un vote. Surtout, on allait faciliter l’acceptation des décisions politiques, en les auréolant de l’autorité incontestée de la science…

C’était attribuer à la science en général, et à la sociologie en particulier, une qualité de certitude qui n’appartient qu’aux mathématiques. L’être mathématique en effet est un être de raison, qui s’épuise dans la définition qu’on en donne. Tandis que l’objet habituel d’une science échappe toujours, de quelque manière, à notre savoir : le réel déborde le connu, comme la route dépasse, et de beaucoup, la carte que nous en traçons. A fortiori l’être vivant, par sa complexité intrinsèque qui est la grande découverte du dernier demi-siècle,[2] fait désespérer de pouvoir le connaître un jour tout entier. Et l’homme, que la conscience réflexive et la volonté établissent loin au-dessus de toutes les réactions biochimiques[3], ne peut être objet de science que dans une mesure très restreinte.

Loin que la science ne vienne régir et donc sauver la démocratie, c’est plutôt aujourd’hui la démocratie qui vient régir la science.

 

 

 

 

 

Ainsi en médecine, comment fixer les normes du cholestérol, sachant que nous sommes tous différents,[4] que les chiffres observés varient avec l’âge, le sexe, l’hérédité, etc ?..

On réunit donc une commission d’experts sur le sujet (c’est-à-dire ceux qui se considèrent mutuellement comme ayant un avis autorisé, ou ceux dont on craindrait les réactions s’ils n’étaient pas appelés) et …. on vote ! En effet, le consensus n’est jamais total ; et s’il l’était, il deviendrait suspect. La décision savante collective est donc sujette aux mêmes variations que le vote politique : on a vu la norme de température du corps évoluer depuis 30 ans, passant de 37° à 36°4, comme on vu le Danemark dire « non » puis « oui » à l’Europe.

On objectera que la médecine n’est pas à proprement parler une science, mais un art, et que l’intuition reste à l’œuvre dans le diagnostic comme dans le traitement qui suit. Sans doute est-ce vrai, mais le même dictionnaire qui définissait naguère la médecine comme « l’art de guérir », la présente désormais comme « la science ou l’art de guérir ». Et dans le même temps les médecins, souvent des « littéraires » dans le passé (donc à l’intuition peut-être plus fine), se recrutent désormais chez les bacheliers « scientifiques » alors que les mathématiques utiles au praticien ne dépassent jamais la « règle de 3 »[5].

Quittons la médecine pour les époques[6] de la géologie. Comment peuton fixer l’âge de l’étage « ordovicien » (à l’ère primaire) ou du « portlandien » (ère secondaire) ?

Aucun habitant de ces époques supposées n’a bien entendu laissé sur ses tablettes de quoi nous raccorder au calendrier actuel. On va donc décider que tel type de roche sédimentaire avec ses « fossiles caractéristiques » s’est formé à une certaine époque, et seulement à cette époque. Tâche bien ardue, voire impossible s’il fallait disposer de véritables preuves matérielles, puisqu’aucune donnée du problème n’est directement liée au temps qui passe : nous sommes devant un matériau inerte, et l’analyse chimique des radio-éléments nous renseigne encore moins sur l’âge d’une roche que la longueur de la barbe du grand-père sur sa date de naissance ! Comment donc procéder ? Comme pour le cholestérol, on réunit les « experts » et … on vote !

Au demeurant, cette procédure est assez normale : elle évite toute contestation, du moins pour quelques années, et c’est bien l’objectif poursuivi. Mais on voit sur ces exemples combien d’affirmations scientifiques mériteraient d’être assénées avec réserve et consommées avec modération.

D’autant que cette même démocratie qui fait la variabilité des énoncés scientifiques, est incapable de contrer l’opiniâtreté dans l’erreur. Ainsi « les inconditionnels du Big Bang se targuent d’avoir accumulé des preuves en faveur de leur modèle, et enseignent qu’une seule réfutation est plus importante qu’une série de confirmations. Mais les réfutations sont censurées par les meneurs qui joueraient leur réputation sur une remise en question du paradigme. Le mécanisme de la censure est simple : toute publication dans une revue notoire est soumise à un comité de lecture (les referees) qui fait un rapport anonyme. Et l’anonymat permet de rejeter sans étude approfondie toute découverte gênante ».[7]

A propos du récent projet de loi sur le clonage, la Fondation Jérôme Lejeune dénonce l’inévitable partialité d’experts tous intéressés à la plus grande liberté dans les recherches sur les tissus embryonnaires : « Qu’on soit pour ou contre le clonage, l’enjeu est trop important pour s’affranchir de tout débat…

 

Sans débat critique, il n’y a plus de science et sans débat éthique, il n’y a plus de conscience. Sans débat, il n’y a que la victoire de la technique et du marché » (Communiqué du 20/4/05).

Mais comment, hormis la conversion tardive (comme celle du Pr Testard, père des premiers « bébés-éprouvette »), trouver des experts compétents hors du milieu des scientifiques engagés dans un domaine de recherches ?

La science ne sauvera donc pas la démocratie de ses risques d’errance, ni la démocratie la science.

La solution réside ailleurs : c’est le souci de la vérité poussé jusqu’au mépris de ses idées personnelles. Lorsque le président d’une nation naguère chrétienne, déclare publiquement que la loi morale ne peut l’emporter sur la loi civile, il ouvre inévitablement une ère d’instabilité permanente. On a coutume d’ironiser en rappelant que la démocratie, chez Montesquieu, repose sur la vertu. Cette pensée est pourtant profondément juste : a contrario, sans vertu, sans oubli de soi, sans le sens du bien commun, le débat d’idées apparent ne fait plus que masquer le marchandage où finit par échouer le conflit des intérêts.

 

Absence de vrais débats dans une science figée sur ses « vérités établies » (Maurice Allais), excès de faux débats dans une société à la dérive, le besoin se fait partout sentir de retrouvailles avec la vérité vraie, à laquelle la raison humaine peut se subordonner sans s’amoindrir, cette Vérité qui seule libère (cf. Jn 8, 32).

Il y aurait beaucoup de naïveté à croire que l’homme, seul ou en société, pourrait parvenir à ces retrouvailles en faisant l’économie des clefs sur la Création et sur la nature humaine données dans la Révélation. Devant l’impasse où nous conduit l’athéisme intellectuel encore dominant, comment ne pas accueillir avec soulagement et reconnaissance les paroles de Celui qui est tout à la fois « la Voie, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).

Le salut n’est pas ailleurs.

 

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Une date à retenir :

Samedi 18 février 2006. Journée du CEP à Paris

 

Les chrétiens en situation de minorité Conférences :

P. Edouard-Marie Gallez : Origines historiques de l’esprit

de domination dans l’Islam

 

Jean-Marie Alcader : Témoignages de musulmans convertis

 

Pr Magdi Sami Zaki : Le statut des chrétiens dans l’Egypte islamique

 

Jean de Pontchara : Max Türkauf, un scientifique chrétien

dans la tourmente du 20ème siècle

 

Maison de la Salle, 78 A rue de Sèvres (Paris 7ème)

De 9 h 15 à 17 h

Inscription auprès du secrétariat

 

SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence » (Bossuet)

 

 

L’ interdépendance des parties du corps [8] Alan L.Gillen; Franck J. Sherwin; Alan C.

Knowles

 

 

Résumé : L’interdépendance caractérise les systèmes vraiment complexes : la fonction n’est assurée que si toutes les parties impliquées sont réunies et opérantes. Il est donc impossible d’imaginer une amélioration graduelle. Cette analyse peut aussi s’appliquer au corps humain, considéré comme une machine comportant plusieurs systèmes complexes telle une automobile. On peut ainsi comparer les aliments au carburant, les muscles au moteur, les nerfs aux commandes, etc. Mais une différence majeure apparaît : les pièces de la machine s’usent, alors que l’exercice et l’entraînement renforcent les tissus musculaires et les ligaments. Et alors que la voiture sort d’une usine d’assemblage, l’être vivant se reproduit lui-même. L’analogie entre l’homme et l’automobile montre l’existence d’un concepteur intelligent. Mais la supériorité flagrante du corps « machine suprême », signale l’Ingénieur Suprême.

 

 

À bien des égards le fait de l’interdépendance est la meilleure preuve de la Création. L’interdépendance des parties du corps est un des thèmes le plus récurrent dans les sciences de la biochimie, de la biologie cellulaire, de l’anatomie et de la physiologie humaines. Elle se retrouve dans de nombreuses sortes de cellules, dans les organes et dans les systèmes d’organes.

Le célèbre spécialiste de l’anatomie comparée, Georges Cuvier, au 18è siècle, désigna sous le nom de corrélation des parties une notion semblable à la « complexité irréductible ».

Cuvier, convaincu de la Création, présentait cet argument à l’encontre de l’évolution (Morris 1988)[9]. Au 20è siècle, d’autres savants tels que Dean Kenyon, Michael Denton et Michael Behe, ont également plaidé pour la finalité devant ces preuves que sont l’interdépendance et la complexité dans l’architecture du corps.

Différents auteurs utilisent d’autres termes pour décrire ce phénomène d’interdépendance: finalité indivisible, association de cellules, éléments associés, propriétés émergentes,[10] complexité irréductible, association moléculaire et synergisme. La situation résultant de parties du corps interdépendantes agissant ensemble est que la somme de leurs actions est plus grande que l’addition de toutes les actions individuelles. Le tableau suivant donne une récapitulation des termes employés avec l’exemple correspondant:

 

Interdépendance dans le corps humain

 

Terme

 

Exemple

Finalité indivisible (Adaptational package)

E.coli et système digestif

Association de cellules (Cell team)

Système immunitaire

Éléments associés (Compound traits)

L’œil et ses muscles

Propriétés émergentes (Emergent properties) Cellules du foie

Parties interdépendantes (Interdependent parts) Système excréteur

Complexité irréductible (Irreducible complexity) La main

Association moléculaire (Molecular team) Coagulation du sang

Synergisme (Synergism) Le corps dans son ensemble

 

Lorsque nous pensons à ce phénomène d’interdépendance nous pouvons évoquer une structure analogue, le piège à souris. Un piège à souris comprend cinq parties: un support en bois, un marteau qui écrase la souris, un ressort pour maintenir le marteau lorsqu’on arme le piège, un cliquet sensible à la moindre pression et une barre de maintien liée au cliquet et retenant le marteau en arrière sur le piège armé. Lorsqu’il est assemblé, il n’y a plus d’amélioration graduelle de fonction possible. Rien ne fonctionne tant que toutes les pièces ne sont pas en place.

Ceci est également vrai à l’intérieur d’une cellule vivante et pour les organes spécifiques du corps humain. Beaucoup de ces systèmes ne fonctionnent que si toutes leurs parties sont là en même temps. La coopération apporte un énorme avantage dans le corps à tous les niveaux, depuis le moléculaire jusqu’au système total.

Parmi les autres systèmes illustrant ce concept d’éléments anatomiques associés, il y a les nombreux mécanismes de levier et de poulie que l’on trouve dans le squelette et les muscles du corps. Muscles, cartilages, ligaments, os, tendons et articulations agissant les uns sur les autres fréquemment, opèrent comme des poulies pour mouvoir le corps. La poulie est l’une des machines économisant le mieux le travail humain. Pour un développement sur les leviers et poulies comme systèmes complexes dans le corps humain voir Kaufmann (1974, 1981, 1994).[11]

Kaufmann explique que ces poulies, comme d’autres machines simples, ont des parties interdépendantes supposant un plan savant. Il est logique de penser que ces systèmes mécaniques complexes n’ont pu évoluer par une suite aléatoire d’accidents de forces physicochimiques, mais qu’ils furent produits par la pensée d’un Ouvrier divin. Nous devons donc conclure qu’un Créateur a formé et façonné le corps humain.

 

La machine suprême

 

Nous pouvons comparer le fonctionnement du corps humain à une automobile. Nos brillants ingénieurs ont produit toutes sortes de puissantes machines inanimées, mais le plus grand inventeur de tous, le Dieu Trine de la Création a inventé de loin la plus parfaite, le corps humain. Bien que le corps humain ne puisse pas s’expliquer entièrement en termes d’analogies mécaniques, revenons à la comparaison entre l’homme et la machine.

 

 

Le dictionnaire appelle machine un appareil composé de pièces étroitement liées ayant des fonctions différentes qui, ensemble, accomplissent un travail. Le tableau suivant compare les onze systèmes de l’automobile aux onze systèmes du corps humain. Par exemple, la peau protège le corps comme la peinture protège le métal de la voiture. La nourriture sert de carburant au corps comme l’essence à la voiture. Comme une machine, le corps humain s’use et tombe en panne s’il n’est pas convenablement entretenu. Les deux machines sont correctement fabriquées, fonctionnent avec efficacité et nous servent magnifiquement. La machine humaine est cependant très supérieure parce que son Concepteur et son Fabricant est le Seigneur Dieu.

 

 

Comparaison très sommaire et approximative entre l’automobile et la machine humaine

 

 

Systèmes de l’automobile Systèmes du corps humain

 

Chassis (rigidité) Os (charpente du squelette)

Électrique (énergie stockée) Nerveux (électrique)

Allumage (démarre le flux d’énergie) Cardiovasculaire (moteur)

Combustion (explosion, travail mécanique) Muscles (pouvoir de traction)

Transmission (niveaux d’efficacité, vitesses)

Refroidissement (empêche la surchauffe) Endocrine (contrôle chimique)

Train-avant (direction) Articulations

Freins (arrêt en sécurité) Lymphe (immunité)

Air conditionné (chauffage) Respiratoire (échange gazeux)

(contrôle de l’environnement)

Carburation Digestif (alimentation /assimilation)

Échappement (émet les gaz nocifs) Excrétion (déchets liquides)

Chaîne d’assemblage Reproductif (régénération (production

de nouvelles voitures) des cellules et des organes)

Peinture (protège et embellit la voiture) Peau (protège le corps)

 

 

 

 

 

 

Supériorité du corps humain comme machine

 

Bien que l’automobile ait de nombreux traits communs avec notre corps, manifestement la machine humaine est plus complexe. D’abord, le corps humain utilise plusieurs carburants : les hydrates de carbone, les graisses, et même parfois les protéines. L’automobile n’utilise qu’un seul carburant.

Deuxièmement, le corps humain ne rejette que des déchets recyclables, biodégradables: H²O, CO², sueur, urine, excréments. Avec les carburants actuels, les rejets de l’automobile ne sont pas biodégradables, mais bio-dévastateurs, causant de nombreuses maladies de dégénérescence. Troisièmement, le corps humain reçoit une grande variété d’informations, les sensations, telles que la vue, le son, le goût, l’odeur, l’équilibre et même le mouvement. L’automobile est limitée aux seules influences de l’environnement: le vent, la pluie, la poussière et la résistance de l’air.

Quatrièmement, le corps humain accomplit un festival de traitements de données grâce au système nerveux central et périphérique, mettant en jeu conductivité, synapses, réflexes, circuits et connexions du réseau neuronal. L’automobile est limitée au câblage et aux connexions de son système électrique.

Cinquièmement, le corps humain fournit une grande variété d’activités. Les activités simples comprennent la force, la force de torsion, le travail, la vélocité, l’accélération et la vitesse. Les activités complexes sont l’analyse, la synthèse, l’invention et la création. Les capacités de l’automobile se limitent à l’accélération et à la vitesse.

Sixièmement, le corps humain s’adapte au stress. Il prospère et survit. Il peut même se guérir lui-même dans certaines limites. Certaines cellules des tissus épithéliaux et conjonctifs se régénèrent, des colliers osseux se forment autour des fractures, les plaies cicatrisent naturellement, et souvent le système immunitaire fait échec à certaines maladies infectieuses. L’automobile ne se répare pas elle-même comme le corps humain. Elle s’use lentement. Le mécanicien doit constamment remplacer des pièces et la réparer pour lui permettre de rouler correctement et en sécurité.

Bien entretenue une voiture peut durer vingt ans. Le corps devrait durer en moyenne 78 ans et peut atteindre les 80 et 90 ans, voire 120 ans. Septièmement, le corps suit la loi de l’utilisation et de la désuétude: si vous l’utilisez, il se développe ; si vous ne l’utilisez pas, il se ratatine et perd ses fonctions. Ce principe comprend quatre étapes:

  1. Un choc (stress) stimule l’activité biochimique
  2. Celle-ci a pour résultat le catabolisme, qui est une destruction de cellules et de fluides
  3. Vient ensuite la nutrition et le repos
  4. Le résultat final est l’anabolisme qui est un développement surcompensateur de cellules et de fluides.

 

La raison pour laquelle le corps se développe par l’usage est due au principe de surcharge, selon lequel une charge supérieure à la normale doit être utilisée pour que le développement se produise. On l’appelle « effet de rebond » ou « phénomène de dépassement ». Beaucoup de tissus du corps finissent renforcés et de meilleure qualité. Le principe de surcharge est le fondement essentiel d’un entraînement physique réussi et de la rééducation. Ce principe est la raison pour laquelle les exercices physiques permettent à l’homme d’améliorer ses performances au travail ou en sport. C’est le principe sous-jacent à tous les exercices et traitements utilisés par les kinésithérapeutes pour restaurer les fonctions des membres mutilés. C’est une réponse magnifique et constructive au travail actif. L’automobile ne répond pas de cette façon. Chaque fois que ses pièces sont utilisées, elles s’usent un peu. Elles ne « rebondissent » jamais et ne deviennent jamais ni plus fortes ni meilleures. C’est seulement dans le corps des animaux et particulièrement dans le corps humain que nous trouvons l’effet constructif du principe de surcharge. C’est véritablement une magnifique réponse de la part d’une merveilleuse machine.

 

 

Nous pouvons résumer les fonctions biologiques de la machine humaine en une seule phrase:

 

« Le corps humain est une machine à base de carbone, chimiquement alimentée, bipède, communicative, photochromatique, binoculaire, dont les cellules se reproduisent d’elles-mêmes, capable d’auto-diagnostic et de réparation de ses tissus, très adroite, s’adaptant continuellement, contrôlée par un ordinateur (mais son processeur n’est pas vendu par Intel[12]), capable de mémoire à court et long termes, avec extraction et intégration de concepts, capable de décision précise et de créativité, dotée d’un système d’échappement biodégradable, avec une espérance de vie de 75 ans et une durée possible de 120 ans. Vraiment c’est la Machine Suprême! »

(Kaufmann, 1997)[13]

 

Nous savons qu’il faut un créateur humain intelligent (un ingénieur automobile inventif) pour projeter et fabriquer nos automobiles. Puisque les plans demandent un créateur, tout observateur impartial aurait beaucoup de mal à dénier la conclusion qu’un Ingénieur Suprême a réalisé la Machine Suprême, le corps humain.

 

 

 

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Le National Geographic donne dans l’obscurantisme scientiste !

Claude Eon

 

Présentation : Le National Geographic Magazine s’est acquis depuis longtemps une place réputée par la qualité de ses reportages et de ses photographies. La revue finance aussi certaines expéditions. C’est ainsi que les découvertes de Leakey ou de Johanson sur les fossiles humains du Rift africain (Lucy, etc..) furent publiées par priorité dans le National Geographic. Cet engagement de la revue sur le front de l’évolutionnisme ne s’est jamais démenti et le numéro de novembre 2004 en donne un exemple navrant avec l’article de David Quammen : « Darwin s’est-il trompé ? ». Cet article est un monument de désinformation. Il présente comme « preuves » du darwinisme un grand nombre de faits depuis longtemps récusés !

Plus grave encore, le rédacteur en chef y consacre son éditorial. Certes l’autorité de l’évolutionnisme est en train de se fissurer aux Etats-Unis ; mais si cette théorie est incapable de se passer d’arguments aussi éculés, on peut pronostiquer que ses jours sont véritablement comptés.

 

 

Le numéro de Novembre 2004 du National Geographic (France) a publié un article de David Quammen intitulé « Darwin s’est-il trompé? »[14] Cet article est précédé d’un éditorial du rédacteur en chef, Bill Allen, consacré entièrement à la présentation de l’article sur Darwin, ce qui laisse supposer l’importance que la revue attache à cet article. D’ailleurs l’édition américaine souligne encore mieux cet intérêt en faisant apparaître en très grands caractères marrons « Was Darwin Wrong ? » sur la couverture du magazine. L’éditorial et l’article de ce numéro de Novembre contiennent tellement de contrevérités qu’il est impossible de ne pas réagir et de ne pas déplorer la diffusion dans le grand public, dans une revue réputée sérieuse et fiable, des pires exemples d’obscurantisme scientiste.

Ce n’est malheureusement pas la première fois que la revue tente de voler au secours de l’évolutionnisme avec des arguments douteux. En Novembre 1999, par exemple, elle publia un article présentant un certain Archaeoraptor liaoningensis, « preuve » de la transition reptile – oiseau, qui s’avéra être un faux grossier, ce dont la revue dut convenir en Mars 2000.

Dès l’éditorial, cela commence très mal : « Les humains ne descendent pas des singes. Mais il faut dire que Charles Darwin ne l’a jamais affirmé. » Faux! Complètement faux. Dans le chapitre 6 de  » Descent of Man » (La Descendance de l’Homme), on peut lire: « …les simiens alors se divisèrent en deux grandes souches, les singes du Nouveau et de l’Ancien Monde; et de ces derniers, à une période lointaine, l’Homme, merveille et gloire de l’univers, est provenu… Il ne peut donc y avoir aucun doute que l’homme ne soit un rejeton de la branche des simiens de l’Ancien Monde, et, que du point de vue généalogique il doit être classé dans la division des catarhiniens…Nous avons vu que l’homme semble avoir divergé de la division des catarhiniens ou simiens de l’Ancien Monde, après que ceux-ci eussent divergé de la division du Nouveau Monde. »

Comment soutenir, après de telles déclarations, que Darwin n’a jamais affirmé que l’homme descende du singe ?

Avant d’aborder l’article de David Quammen, il n’est sans doute pas inutile de signaler que cet auteur n’est nullement un scientifique mais que sa spécialité est…la littérature. Dans un entretien qu’il eut en octobre 2003 avec un journaliste du Seattle Post-Intelligence Reporter, il déclara: « Ma formation est entièrement en littérature, non pas en biologie. Mais comme je ne pouvais pas être romancier, je me suis tourné vers cela [la biologie]. Et je l’aime davantage, je parle aux biologistes et je me promène sous la pluie dans les forêts et je regarde le monde. » On peut donc s’étonner du choix d’un tel auteur pour parler des aspects complexes de biologie, de paléontologie, d’embryologie, liés à la théorie de l’évolution.

Au début de son article Quammen affirme que l’évolution est acceptée comme un fait par les scientifiques. Il est exact que beaucoup de scientifiques, ne serait-ce que pour protéger leur carrière, disent ou écrivent croire en l’évolution, encore qu’ils ne s’accordent nullement sur le « comment », sur le mécanisme de cette évolution.

Mais nous pourrions emplir des pages et des pages de citations de savants, biologistes, paléontologues, astronomes et autres reconnaissant qu’il n’existe finalement aucune preuve indiscutable de l’évolution. Voici, par exemple, ce qu’écrit le biologiste australien Michael Denton:

« Depuis 1859, pas une seule découverte empirique ni un seul progrès scientifique n’ont apporté la moindre validation aux deux axiomes de base de la théorie macro-évolutionniste de Darwin: d’une part le concept de la continuité de la nature, c’est-à-dire l’idée d’un continuum fonctionnel de formes de vie enchaînant toutes les espèces et remontant jusqu’à la cellule primordiale; et d’autre part, l’idée que le projet adaptatif de la vie est entièrement le résultat d’un processus aléatoire aveugle. En dépit d’un siècle d’efforts intensifs de la part des biologistes évolutionnistes, les principales objections soulevées par les critiques de Darwin comme Agassiz, Pictet, Bronn et Richard Owen n’ont pas été réfutées. L’imagination doit encore combler les « grands vides » reconnus par Darwin dans sa lettre à Asa Gray. »[15]

Si, malgré cette absence de preuves, la théorie de l’évolution garde un tel prestige dans le public cultivé et même chez beaucoup de scientifiques, c’est simplement parce qu’on leur a enseigné et répété que le public cultivé et les scientifiques croient en l’évolution! Plus profondément, « comme l’a fait remarquer Thomas Kuhn, il est impossible de faire reconnaître la fausseté d’une théorie en la comparant directement aux faits, ni même en invoquant un quelconque argument empirique ou rationnel. L’histoire des sciences témoigne amplement de ce que Kuhn appelle <l’antériorité du paradigme> ; comme le montrent une multitude d’exemples fascinants, les membres de la communauté scientifique sont prêts à aller très loin pour défendre une théorie, tant que celle-ci conserve un attrait intrinsèque suffisant. »[16] Et la raison de la préférence pour le paradigme évolutionniste a été exposée avec une rare franchise par le biologiste Richard Lewontin:

« Notre empressement à accepter des affirmations scientifiques contraires au bon sens est la clef pour comprendre la véritable lutte entre la science et le surnaturel.Nous prenons le parti de la science malgré l’absurdité évidente de certaines de ses constructions, malgré son échec à remplir nombre de ses extravagantes promesses de santé et de vie, malgré la tolérance de la communauté scientifique pour ce qui n’est qu’histoires sans preuve, parce que nous avons un engagement préalable, un engagement envers le naturalisme…En outre, ce matérialisme est un absolu, car nous ne pouvons pas permettre un Pied divin dans la porte. »[17]

Voilà le fin mot de l’histoire. L’Évolution doit être un fait, même si aucune preuve ne vient la confirmer, même si aucun mécanisme ne parvient à l’expliquer, parce que la seule alternative est la création par Dieu. L’évolutionnisme est une pure foi, une foi aveugle.

On voit par là en quel sens, très relatif, il convient de prendre l’affirmation de Quammen que l’évolution «  est acceptée comme un fait par les scientifiques. » Par les scientifiques peut-être, mais pas par le public en général. L’auteur déplore en effet que, d’après les sondages, « près de la moitié de la population américaine préfère croire que Charles Darwin s’est trompé. » Résultat remarquable si l’on tient compte du matraquage évolutionniste en vigueur dans l’enseignement et dans les medias depuis plus d’un siècle. De 1979 à 2004 on peut citer au moins 25 ouvrages majeurs, parus aux États-Unis, consacrés à la défense de l’évolution et à la guerre contre les créationnistes. Mais, bien entendu, la cause du désaveu du darwinisme est « la confusion et l’ignorance, qui sont le lot de millions d’Américains de bonne foi. » Pour ces crétins ignorants, Quammen va maintenant détailler les preuves de ce magnifique concept qu’est l’Évolution. Mais avant cela, l’auteur n’hésite pas à affirmer que ce magnifique concept est « plus que jamais important pour la paix entre les hommes. » Cela ne manque pas de hardiesse lorsque l’on sait que le triomphe de l’évolution se réalise (d’après Darwin) par l’élimination impitoyable des plus faibles et des moins adaptés. Peut-être l’auteur pense-t-il à la paix des cimetières !..

 

La sélection naturelle.

 

 » La théorie de l’évolution fait intervenir deux grandes idées, et non une seule: le phénomène historique de l’évolution de toutes les espèces, et sa cause principale, la sélection naturelle. »

Commençons avec l’auteur par le « comment » de l’évolution, la sélection naturelle. « Le point essentiel de cette théorie est que de petites différences héréditaires et aléatoires entre les individus entraînent des chances de survie et de reproduction différentes: certains prospéreront, d’autres mourront sans descendance. »

Depuis longtemps les scientifiques, évolutionnistes inclus, ont signalé que la formule de Darwin n’est qu’une tautologie. T.H.Morgan, éminent généticien du début du 20è siècle, fut un des premiers à le remarquer: « ce n’est guère plus qu’un truisme de déclarer que les individus les mieux adaptés pour survivre ont de meilleures chances de survie que ceux qui ne sont pas aussi bien adaptés pour survivre. » La formule de

Darwin peut s’exprimer ainsi: les survivants survivent. La sélection naturelle est censée assurer la survie des mieux adaptés, mais la seule définition pratique du « mieux adapté » est… »celui qui survit. » Et le mieux adapté, celui qui survit est celui qui laisse la descendance la plus nombreuse. Bel exemple de raisonnement circulaire!

Personne ne conteste que la sélection naturelle ne joue un rôle négatif en éliminant les moins aptes. Mais la théorie de Darwin demande qu’elle crée le mieux adapté. Malheureusement, la sélection naturelle ne peut en aucun cas créer le mieux adapté. Selon la formule de Hugo de Vries, célèbre botaniste hollandais, « la sélection naturelle peut expliquer la survie du mieux adapté, mais elle ne peut pas expliquer l’apparition du mieux adapté. »[18]

Les créationnistes, loin de nier l’existence de la sélection naturelle, y voient un grand principe de conservation de l’espèce. Peu de gens savent que la sélection naturelle n’est pas une invention de Darwin. Edward Blyth (1810-1873), zoologiste et chimiste créationniste, avait écrit dès 1835 un papier décrivant la lutte pour l’existence, les variations, la sélection naturelle et la sélection sexuelle.[19] Certains n’hésitent pas à affirmer que Darwin a plagié Blyth.

Pour les créationnistes la sélection naturelle empêche les mutations nuisibles (et nous verrons qu’elles le sont presque toutes) de détruire une espèce entière; mais elle n’explique pas l’adaptation elle-même. Le fait qu’un organisme est adapté à son environnement ne nous dit absolument rien sur le moyen par lequel il y est parvenu. Tout organisme non adapté n’aurait pas survécu, mais ceci n’est pas la preuve que les organismes ayant survécu possédaient les adaptations produites par l’évolution. La sélection naturelle ne crée absolument rien de nouveau, elle ne fait que choisir parmi l’information génétique existante qui est à l’origine des variétés produites. Le résultat est soit la conservation d’une partie de cette information dans une variété bien adaptée à un environnement spécifique, soit la perte définitive d’une partie de cette information par l’extinction de la variété. Mais ce qui ne se produit jamais c’est l’augmentation ou la création d’une nouvelle information génétique.

Pour que l’évolution soit possible il faut un apport nouveau d’information dans l’ADN. Or, les mutations ne peuvent modifier le « pool » génétique que par appauvrissement, par élimination de certains gènes. Toutes les mutations ne sont possibles qu’à l’intérieur de la même espèce. Les becs des pinsons des îles Galapagos peuvent avoir différentes formes, adaptées aux conditions locales, mais tous restent des pinsons. Il est évident que la sélection naturelle (ou non, d’ailleurs) ne peut aucunement apporter ce supplément d’information génétique indispensable pour que l’on puisse passer d’une espèce à une autre.

 

La Biogéographie.

 

La Biogéographie est la science qui décrit et essaie de comprendre la biodiversité géographique des espèces vivantes végétales et animales. Cette science est la première des quatre disciplines apportant, selon Quammen, les preuves de l’évolution: « Des espèces similaires se rencontrent à proximité les unes des autres parce qu’elles descendent d’ancêtres communs. » Il faut cependant remarquer que la biogéographie n’est pas une science expérimentale, mais essentiellement une science d’observation faisant une large place à la spéculation pour expliquer la présence de telle espèce à tel endroit. Comme la plupart des biogéographes considèrent que l’évolution est un fait par lequel ils « expliquent » la biodiversité, leurs conclusions ne peuvent pas être une preuve de l’évolution puisque celle-ci fait essentiellement partie de leurs prémisses.

La présence simultanée de plusieurs espèces « étroitement apparentées » sur un même continent n’explique nullement comment un genre d’organisme a été capable « d’évoluer » en un autre genre. Les faits sont une chose, leur interprétation une autre. Pour les créationnistes, la biodiversité constatée s’explique beaucoup plus simplement par la dispersion des hommes après le Déluge, emportant avec eux plantes et animaux. Les adaptations locales aux conditions climatiques et autres sont responsables de la diversité des types à l’intérieur d’une même espèce, sans qu’il soit besoin de faire appel à une prétendue évolution transgénique. Des études récentes ont en outre montré que beaucoup de ces adaptations sont, en fait, dues à une capacité innée de répondre à des changements cycliques de climat. Par exemple, si une période de sécheresse a entraîné une légère augmentation de la taille du bec chez un oiseau, le retour des pluies renverse ce changement et le bec revient à sa taille antérieure. Contrairement donc aux affirmations du National Geographic, la biogéographie est totalement incapable de justifier la prétendue évolution, tous les faits qu’elle invoque pouvant s’expliquer autrement.

 

 

La Paléontologie.

L’auteur commence en évoquant « les strates géologiques, formées à travers les âges par la sédimentation et renfermant çà et là des fossiles, offrent en coupe verticale des traces visibles des espèces qui se sont succédées au même endroit et renseignent sur l’époque à laquelle elles vivaient. »

Manifestement Quammen ignore tout des travaux récents de Guy

Berthault qui ont montré que le dépôt des couches sédimentaires ne s’est pas fait progressivement au cours de millions d’années, mais « qu’en présence d’un courant, les strates des séquences ne sont pas successives.« [20] Comme elles se déposent toutes en même temps, les fossiles qu’elles contiennent sont tous contemporains et c’est seulement leur aptitude différente à se mouvoir qui explique leurs étagements dans les strates.

Pour les créationnistes, c’est le Déluge qui est le grand responsable de ces dépôts sédimentaires ayant englouti tous les êtres vivants de cette époque. Puisque les strates supérieures ne sont nullement des couches plus récentes que les couches inférieures, il est impossible d’en conclure à une évolution quelconque entre les fossiles qu’elles contiennent.

L’auteur prend ensuite comme exemple d’évolution l’histoire du cheval en Amérique du Nord. Là encore, il semble ignorer que depuis les années 1950 (!) les savants ont abandonné la fausse notion d’une évolution du cheval. Les manuels eux-mêmes –y compris ceux qui sont publiés par National Geographic! – ont complètement abandonné cette référence. Dès 1953, l’éminent paléontologue d’Harvard, George Gaylord Simpson, écrivait: « La transformation uniforme, continue, de Hyracotherium en Equus, si chère aux cœurs de générations d’auteurs de manuels, ne s’est jamais produite dans la nature. »[21]

Un peu plus loin, l’auteur évoque « l’oiseau-reptile disparu depuis longtemps, l’Archaeopteryx. » Depuis sa découverte (initialement limitée à une plume !) en 1861, des générations de paléontologues ont essayé d’en faire le chaînon manquant entre les reptiles et les oiseaux.

Tous ces efforts furent vains. En 1982, la Conférence Internationale Archaeopteryx, à Eichstatt, en Allemagne, conclut que l’Archaeopteryx est un oiseau, non pas mi-oiseau / mi-reptile et qu’il n’est pas nécessairement l’ancêtre des oiseaux modernes.

Nous pourrions citer ici de très nombreux savants qui ont réfuté le statut de chaînon intermédiaire entre les reptiles et les oiseaux attribué à l’Archaeopteryx. Seul, M.Quammen doit ignorer cet état de la question pour oser encore parler d’un »oiseau-reptile ».

L’auteur parle ensuite longuement de Philip Gingerich, paléontologue bien connu pour ses travaux sur l’évolution de la baleine. Il raconte notamment que le professeur lui mit « dans la main un petit morceau d’os pétrifié, pas plus grand qu’une noisette. C’est la fameuse astragale, appartenant à une espèce qu’il a finalement baptisée Artiocetus clavis. » Ce que Quammen oublie de dire c’est que cette astragale fut découverte sur une pente à plus de deux mètres des fossiles baptisés Artiocetus. Dans son rapport initial, Gingerich reconnut qu’« aucun autre spécimen de mammifères ne fut découvert à proximité. » Malgré cela, cet os fut prétendu appartenir à un fossile trouvé ailleurs, « prouvant » l’évolution de la baleine. L’origine des baleines, qui sont des mammifères, pose un sérieux problème aux évolutionnistes: pourquoi des créatures marines se feraient-elles pousser des pattes, pour marcher sur la terre ferme, et décideraient-elles ensuite de retourner vers l’eau…

Le Pakicetus dont parle l’article, fut découvert en 1983 par

Gingerich. En fait, il n’avait trouvé qu’une mâchoire et un crâne. En 1994, Gingerich déclara que Pakicetus était l’intermédiaire parfait entre un animal terrestre et une baleine.[22] Un artiste dessina alors une reconstitution montrant un animal nageant dans l’océan avec des pattes antérieures comme celles d’un animal terrestre, mais une gueule et un arrière-train à la manière d’un animal marin.

 

 

 

Figure 1. Le Pakicetus et ses reconstitutions

 

 

 

Gauche haut

:

Première

reconstitution de

 

Gingerich.

 

Gauche bas

:

Ce qui avait été

réellement découvert (1994).

 

Droite haut

:

squelette plus

complet (2001)

 

Droite bas

:

reconstitution

plus raisonnable

 

 

Mais en 2001, d’autres fossiles ayant été trouvés, il fut conclu que Pakicetus n’était après tout pas plus amphibien qu’un tapir.

L’Ambulocentus natans, « la baleine qui marche et qui nage », ne constitue pas une preuve plus solide d’une quelconque évolution. Après examen minutieux, rien ne permet de dire que cette créature ait vécu dans l’eau. Les pattes de l’Ambulocetus ne sont nullement des nageoires mais bel et bien des pattes faites pour marcher et soutenir le poids de l’animal. Les dessins peuvent facilement faire croire à la transition entre un environnement terrestre et un environnement marin, mais dans la réalité la chose est beaucoup plus compliquée, voire impossible. L’évolutionniste Anthony Martin l’a reconnu: « avant tout, cela signifie le développement d’un nouveau mode de locomotion (de la marche à la nage), une physiologie adaptée à un milieu dense (l’eau à la place de l’air), de nouvelles méthodes de détection et de capture des proies et le moyen de respirer efficacement à la surface de l’eau. »[23]

A cette analyse on pourrait ajouter les changements de métabolisme, de système nerveux, de reproduction, requis pour que ces animaux puissent vivre sous l’eau.

 

L’homologie.

 

A propos de l’astragale découverte par Gingerich, Quammen écrit:  » il avait sous les yeux une astragale appartenant à une baleine quadrupède datant de 47 millions d’années et en tous points semblable à une astragale d’artiodactyle.Il fallait se rendre à l’évidence, les baleines sont les proches parentes des…antilopes! »

L’homologie est un des grands arguments invoqués par les évolutionnistes. Ils prétendent que si une similitude entre des organes peut être montrée par l’anatomie comparée, l’embryologie, les organes « résiduels », la cytologie, la chimie du sang, la biochimie de l’ADN et des protéines, une relation d’évolution peut être prouvée. Darwin lui-même pensait que l’homologie constituait l’une des principales preuves de sa théorie. Selon lui, la similitude dans le « plan général d’organisation » suggère puissamment une véritable relation, un héritage d’un ancêtre commun. Et plus grande est la similitude, plus convaincante la descente à partir d’un ancêtre commun. Ainsi chez les invertébrés, les membres antérieurs sont un bel exemple d’homologie car on trouve les mêmes types d’os chez le rat, le chien, le cheval, la chauve souris, la taupe et…l’homme. Certes ces os sont dans chaque cas adaptés aux différents modes de vie, mais tous ont gardé le même plan d’organisation hérité d’un ancêtre commun.

Personne, et surtout chez les créationnistes, ne conteste l’existence de similitudes. Mais si celles-ci peuvent être utilisées pour « prouver » l’évolution, les différences peuvent l’être pour « prouver » l’absence de relation. Pour être cohérente, l’Évolution devrait expliquer les différences aussi bien que les similitudes. Mais c’est seulement lorsque les évolutionnistes peuvent trier et choisir les similitudes confortant leur thèse que l’argument d’homologie paraît convaincant. Lorsque l’on tient compte de toutes les données, l’argument s’effondre.

D’autre part, à partir d’une similitude donnée, plusieurs phylogenèses sont possibles et non une seule. Celle qui est retenue est généralement celle qui s’accorde avec la phylogenèse évolutionniste traditionnelle, ce qui ne constitue guère une preuve indépendante de la relation évolutionniste.

Avec Michael Denton nous pouvons conclure que  » comme tant d’autres <preuves> indirectes de l’évolution, celle tirée de l’homologie n’est pas convaincante: trop d’anomalies et trop de contre-exemples l’entachent, trop de phénomènes refusent de s’intégrer harmonieusement dans le tableau orthodoxe. »

Cette citation est tirée du chapitre 7 de L’Évolution, une théorie en crise, significativement intitulé : « La défaillance de l’homologie ».[24] Plutôt qu’à un ancêtre commun, les similitudes font penser à un ingénieur, ou Créateur commun. Alors, lorsqu’un Philip Gingerich trouve deux morceaux d’os, estime qu’ils proviennent d’un organisme du genre antilope et les attribue sans sourciller à une baleine quadrupède datant de 47 millions d’années, on peut demeurer sceptique sur la crédibilité d’une telle « science ». Une baleine quadrupède ? Vraiment ?!

 

L’embryologie.

 

« Pourquoi l’embryon d’un mammifère et celui d’un reptile passentils par des stades qui se ressemblent?…Parce que, écrit Darwin, l’embryon est l’animal dans son état le moins modifié et cet état révèle la structure de ses ancêtres. » Pour Darwin la similitude entre les embryons des animaux et de l’homme était la meilleure preuve de l’Évolution. Alors vint Haeckel (1834-1919), biologiste allemand surnommé « l’apôtre du darwinisme en Allemagne. » Il devint célèbre par sa « loi » affirmant que « l’ontogenèse récapitule la phylogenèse », c’est-à-dire que l’embryon humain passe par tous les stades représentant ses ancêtres depuis la cellule initiale jusqu’à l’homme.

 

 

Or, dès 1932 l’anthropologue Sir Arthur Keith déclarait: « L’embryon du mammifère ne ressemble à aucun moment au ver, au poisson ou au reptile. L’embryologie n’apporte aucun soutien à l’hypothèse évolutionniste.« [25] D’ailleurs, dès la fin des années 1920, le monde scientifique savait que pour soutenir sa thèse, Haeckel n’avait pas hésité à falsifier ses dessins d’embryons16, montrant des formes similaires aux stades précoces et se différenciant progressivement en poisson, salamandre, tortue, poulet, porc, veau, lapin et homme! (Figure 1). Il affirmait aussi que l’embryon humain avait des branchies, ce qui est reconnu faux depuis fort longtemps.

 

 

 

Fig. 2. Les (faux) dessins publiés par Haeckel en 1874.

La 1ère ligne suggère que les 8 espèces de vertébrés sont presque identiques à un stade précoce. a : poisson, b : salamandre, c : tortue, d : poulet, e : porc, f : veau, g : lapin, h : homme

 

Bien que tout cela soit fort connu, de très nombreux manuels, mêmes récents, continuent de présenter la « loi biogénétique » de Haeckel, accompagnée de ses dessins frauduleux! Ce dont se plaignait en 2000 le célèbre évolutionniste Stephen Gould. Il semble que cette persistance volontaire dans l’erreur n’est là que pour justifier l’avortement. Dans un article du savant évolutionniste récemment décédé Carl Sagan et de Ann Druyan, sa troisième épouse, ces deux humanistes soutenaient la légitimité éthique de l’avortement par le motif que le fœtus, se développant pourtant dans le corps de la femme pendant plusieurs mois, n’était pas un être humain.[26]

Les rédacteurs du National Geographic ne peuvent ignorer le rejet par la communauté scientifique (mais pas par les manuels destinés aux jeunes écoliers qu’il faut bien endoctriner!) de l’embryologie comme preuve de l’Évolution. Il est donc assez désolant de voir une telle revue se prosterner malgré tout devant l’idole désuète.

 

La morphologie.

« Pourquoi les mammifères mâles (y compris les humains) ont-ils des tétons?…Pourquoi certaines espèces non volantes de coléoptères ontelles des ailes dissimulées sous des élytres, qui ne s’ouvrent jamais?…Darwin… répond [que] les structures rudimentaires (« vestigial ») apparaissent comme des vestiges de l’histoire évolutive de la lignée. »

Le recours à la morphologie pour soutenir l’Évolution appelle deux commentaires.

D’abord la liste de ces prétendus organes désuets n’a cessé de se réduire depuis l’époque de Darwin. En 1931, un savant allemand, Alfred Wiederheim, donna une liste de 180 organes du corps humain prétendus résiduels ou rudimentaires. Depuis lors, grâce aux progrès de la science, la liste est réduite à presque zéro car le véritable rôle de ces organes « inutiles » a été progressivement découvert.

Mais surtout, la perte d’une fonction ne saurait constituer la preuve d’une évolution censée passer d’une forme inférieure à une forme plus complexe, mieux équipée. Si l’homme avait vraiment autrefois 180 organes alors fonctionnels et qu’il ne possède plus maintenant, il faudrait parler d’évolution régressive. L’Évolution postule l’apparition d’organes nouveaux, différents et en état de fonctionnement, pas la régression d’organes fonctionnels déjà constitués.

Si les mâles ont des tétons, c’est simplement parce que l’embryon dans son stade initial suit un plan de fabrication de traits communs au mâle et à la femelle. La diversification sexuelle ne se fait que plus tard. La présence de tétons chez les mâles ne prouve rien en faveur de l’évolution, ni contre la création.

C’est donc bien à tort, une fois encore, que le National Geographic allègue la morphologie, et surtout les organes « résiduels », pour défendre la (mauvaise) cause de l’Évolution.

 

La résistance des microbes aux médicaments.

 

D.Quammen écrit:« Par sélection naturelle, ils [les microbes] deviennent résistants aux médicaments censés les tuer. Il n’y a pas de confirmation plus immédiate de la théorie darwinienne que ce processus de transformation forcée des microbes que la science tente d’éliminer. » Quelques pages plus loin, l’auteur fait la même remarque à propos de la mutation des virus et de la résistance des plantes et des animaux aux herbicides et aux insecticides respectivement.

Les évolutionnistes utilisent fréquemment cette idée d’une « évolution rapide » de ces microorganismes comme « preuve » de l’évolution. Ils affirment que des souches résistant aux médicaments ont évolué à partir de souches autrefois sensibles à ces traitements. Ils voudraient nous faire croire que ces microorganismes s’adaptent sélectivement à nos traitements par un mécanisme de mutations génétiques. Sur les millions de reproductions qui se produisent dans la population bactérienne en quelques jours, tôt ou tard la « bonne » mutation apparaît et la bactérie qui en bénéficie prospère à nos dépens.

Mais de récentes études ont montré que les changements que nous observons dans ces populations de virus ne sont que des variations génétiques aléatoires et non pas une réponse sélective aux médicaments. Ces microorganismes changent qu’ils soient ou non soumis à des traitements.[27]

D’ailleurs cette résistance aux médicaments n’est pas si nouvelle qu’on le croit. Le généticien Ayala écrivait en 1978: « La résistance des insectes à un pesticide fut signalée en 1947 pour la mouche domestique (Musca domestica) à l’égard du DDT. Depuis lors la résistance à un ou plusieurs pesticides a été signalée pour au moins 225 espèces d’insectes et autres arthropodes.

Les variations génétiques requises pour résister aux espèces les plus diverses de pesticides étaient apparemment déjà présentes dans chacune des populations exposées à ces composés fabriqués par

l’homme. »[28]

« Les microbiologistes savent bien que certains germes étaient déjà résistants aux antibiotiques synthétiques avant que ceux-ci ne fussent inventés. Des échantillons de sols provenant de villages où les antibiotiques modernes n’avaient jamais été utilisés, montrent que certains de ces germes sont déjà résistants à des produits tels que la méthicilline, qui n’ont jamais existé dans la nature.« [29]

En 1988 on pratiqua une autopsie sur trois explorateurs qui avaient gelé dans l’Arctique en 1845. Les bactéries de leur colon furent cultivées et beaucoup d’entre elles se montrèrent résistantes aux antibiotiques modernes les plus puissants.

Il faut en outre mentionner que les mutations ne sont que l’un des trois mécanismes connus produisant la résistance aux traitements. Nous pouvons donc conclure que les mutations des microorganismes ne sont pas une réponse intelligente aux attaques des antibiotiques et autres herbicides ou pesticides.

Cette résistance existe déjà potentiellement dans la souche, elle ne fournit donc aucune preuve en faveur de l’évolutionnisme. Enfin, résistante ou non, la bactérie est presque exactement la même avant et après sa mutation: nous restons toujours dans l’ordre de la micro-évolution. Comme l’explique le Professeur Grassé, les bactéries étant très nombreuses, produisent le plus de mutants. Mais… »les bactéries, malgré leur grande production de variétés intraspécifiques, font preuve d’une grande fidélité à leur espèce. »[30]

Il convient d’ajouter que la plupart des mutations sont nocives et que certaines sont létales. Elles résultent en effet d’une perte d’information génétique pouvant affecter l’organisme par ailleurs. C’est ainsi que les bactéries ayant développé une résistance aux médicaments sont généralement moins virulentes et ont un métabolisme moins actif. Autrement dit, la résistance a un coût pour la bactérie qui en bénéficie.

Faisant allusion aux travaux de William R. Rice et de George W. Salt sur les mouches du vinaigre, D. Quammen écrit: « …ils ont fini par produire deux populations de mouches distinctes adaptées à différents habitats, que les chercheurs ont qualifié <d’espèces naissantes>. » Ils n’ont pas osé dire « espèces nouvelles. »

Ici encore nous pourrions emplir de nombreuses pages de citations de généticiens montrant l’incapacité des mutations d’engendrer de nouvelles espèces. Nous nous limiterons à ce témoignage récent de deux évolutionnistes: « L’accumulation de mutations ne conduit pas à de nouvelles espèces, ni même à de nouveaux organes ou nouveaux tissus. Si l’œuf et l’échantillon de sperme d’un mammifère sont soumis à mutation, oui, des changements héréditaires se produisent, mais comme l’observa très tôt le Prix Nobel Hermann J. Muller (1890-1967) qui montra que les rayons X provoquent des mutations dans la mouche du vinaigre, 99,9 % des mutations sont délétères. Mêmes les biologistes évolutionnistes professionnels ont bien du mal à trouver des mutations, spontanées ou expérimentalement provoquées, aboutissant à un changement évolutif positif…Mais cette prétention darwinienne d’expliquer l’évolution est une demi-vérité populaire dont le manque de pouvoir explicatif est compensé uniquement par la férocité religieuse de sa rhétorique. Bien que des mutations aléatoires aient influencé le cours de l’évolution, leur influence fut principalement par perte, altération ou épuration…Jamais, cependant, cette mutation n’a produit une aile, un fruit, une tige d’arbre ou une mâchoire. Les mutations, pour résumer, tendent à provoquer la maladie, la mort ou des déficiences.Aucune preuve dans la vaste littérature des changements héréditaires ne montre un exemple sans ambiguïté que la seule mutation aléatoire, même avec une isolation géographique des populations, conduit à la spéciation.« [31]

Les mutations se traduisent par une perte d’information génétique de l’organisme. Et la perte d’information ne peut en aucune façon servir de preuve à la montée d’une créature « inférieure » vers une créature « supérieure », ce qui exige au contraire, par définition, une augmentation de l’information. Les savants tels que Rice et Salt n’ont rien produit de « nouveau ». Leurs drosophiles restent des drosophiles, même si certains individus appartiennent à des souches mutées. Pas plus que la sélection naturelle, les mutations ne peuvent pas être la cause de l’Évolution supposée.

 

Conclusion.

Erasmus Darwin, le frère de Charles, lui écrivit dans une lettre du 23 novembre 1859: « Au sujet des espèces, le raisonnement a priori est pour moi tellement satisfaisant que, si les faits ne confirmaient pas, eh bien tant pis pour les faits. » Plus près de nous, le physicien anglais évolutionniste H.S. Lipson écrivait en 1980: « En réalité, l’évolution est devenue en un sens une religion scientifique; presque tous les savants l’ont adoptée et beaucoup sont prêts à « biaiser » leurs observations pour les faire concorder avec

elle.« [32]

Ce n’est certainement pas cet article du National Geographic qui convaincra quiconque de l’harmonie entre les faits et la théorie de Darwin.

On nous promettait des preuves neuves de l’évolution, et on nous sert le frauduleux concept de la récapitulation, la sélection naturelle qui ne prouve rien, l’Archaeopterix comme chaînon manquant entre le reptile et l’oiseau, l’évolution si décriée du cheval, la prétendue vertu des mutations à engendrer des espèces nouvelles, la possibilité que des micro-évolutions se transforment en macro-évolution transgénique…et nous allions oublier la baleine quadrupède!

Tout cela est tristement dérisoire. Les éditeurs du National Geographic prennent leurs lecteurs pour des crétins analphabètes ignorant tout du débat relatif à l’évolution, pourtant commencé dès la parution de L’origine des Espèces par Darwin en 1859. En tout cas, ce n’est pas avec des articles de cette teneur qu’ils peuvent espérer convaincre les 45 % d’Américains qui résistent toujours au scientifiquement correct. Il est probable que nombre de savants évolutionnistes doivent s’affliger de voir paraître en 2004 des arguments aussi désuets, finalement destructeurs de la cause qu’ils sont censés servir.

 

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Besoins et instincts Pr Hubert Saget

 

Résumé : La soif disparaît bien avant que l’eau dont nous avions besoin ait été assimilée, preuve qu’un pouvoir anticipateur dans l’organisme agit sur le psychisme. L’instinct bâtisseur des castors manifeste la même prévoyance supérieure. Loin d’un simple automatisme, il adapte aux circonstances des techniques propres au génie de l’espèce. Les castors des Cévennes se contentent de simples terriers creusés sous les berges des rivières. Mais une fois réacclimatés en Haute-Marne, ils y construisent des huttes en tout point semblables à celles des castors d’Amérique, comportant même des réserves aériennes afin d’accéder à leur nourriture lorsque l’étang est gelé.

On dénote donc ici une « information » au sens le plus fort, mais d’une science ancestrale et intemporelle qui ne peut s’expliquer par une simple combinaison moléculaire présente dans un gène. Il faudrait être aveugle pour ne pas y voir l’action d’une intelligence souveraine régissant tant les êtres vivants que leur environnement.

 

Besoins et instincts, manifestent le pouvoir anticipateur de la vie dans tout son éclat.

On ne distingue pas assez les deux sens du mot « besoin » qui peut prendre :

  • un sens objectif, où le besoin est objet de « science » : c’est l’état de carence, ou la situation de « manque » où se trouve l’organisme ;
  • un sens subjectif, où le besoin est éprouvé par la «conscience ».

Tant qu’un besoin peut être satisfait en « court-circuit », par un prélèvement sur les réserves de l’organisme, ainsi le besoin de substances énergétiques par prélèvement sur les réserves de glycogène du foie, il n’émerge pas au niveau de la conscience.

C’est seulement quand il doit passer par le « long circuit » de l’aide reçue du monde extérieur, qu’il passe par la conscience, organe de contact avec le milieu.

Ainsi encore, les besoins du fœtus sont automatiquement satisfaits par branchement sur l’organisme maternel, et la conscience est alors superflue. C’est seulement à la naissance, quand le nourrisson devient tributaire de l’aide externe, qu’il devient conscient.

Cette transition de l’organique au psychologique s’accompagne d’une profonde transformation du besoin.

La soif n’est pas conscience de déshydratation, mais attrait exercé par une boisson fraîche : le besoin conscient est inconscient de sa cause, et ne connaît que son but, l’objet-valeur capable de le satisfaire. En s’extériorisant, le besoin change de sens.

En d’autres termes, le besoin est simplifié, traduit à l’usage du psychisme en tendance vers une réalité du monde extérieur. Le verre d’eau qui n’était qu’un objet neutre de l’environnement, se met à briller de l’éclat de la valeur. Mais « qui » a opéré cette traduction si judicieuse et efficace ? En d’autres termes, le psychisme est manipulé, instrumentalisé par l’organisme. Le buveur croit savoir ce qu’il fait: son organisme le sait mieux que lui. La véritable « science » vitale réside à un étage que l’on croit volontiers inférieur à celui de l’esprit : dans ce cas comme dans bien d’autres, il lui est supérieur.

Mais encore faut-il que l’« affectivité », comme sens intuitif des valeurs, soit intacte, pour qu’elle puisse jouer son rôle médiateur entre l’intérieur et extérieur, et percevoir l’appel des valeurs, complémentaires de nos besoins. – Or il est également remarquable que la satiété anticipe sur la satisfaction du besoin : bien avant que la carence objective en eau ait été compensée, la soif disparaît, comme si l’organisme « savait » que le manque serait compensé.

– La faim, de même, n’est pas « conscience d’hypoglycémie », mais attirance vers les aliments. Et ici encore, dans les cas d’anorexie mentale, le besoin objectif de nourriture a beau exister, si l’affectivité lésée est incapable de le traduire en signification valorisée, il est parfaitement vain de prétendre expliquer au malade le besoin de son organisme en termes scientifiques.

On voit par ces exemples, que l’exigence de survie s’accompagne d’un savoir infiniment plus précis, plus approprié aux situations, que ne saurait l’être la connaissance abstraite de notre psychisme, qui lui est au contraire subordonné.

 

 

Mais on voit aussi que cette science vitale domine le temps, qu’elle n’est pas prisonnière de l’instant, et que son pouvoir de survol lui permet de dépasser la « lettre » vers l’« esprit » des situations. Le contact temporel avec les objets du monde extérieur, boisson, prise de nourriture, est luimême subordonné à l’existence intemporelle de la vie.

L’étude des instincts accentue encore cette impression de renversement de la hiérarchie habituellement admise : la conscience y apparaît, plus nettement encore, instrumentalisée par la vie.

Ainsi, entre les savantissimes techniques vitales de l’ovogenèse, du côté femelle, ou de la spermatogenèse pour le mâle, techniques inconscientes, s’interpose l’acte sexuel seul conscient, mais totalement ignorant de son but, la reproduction de l’espèce ; après quoi cet acte se prolonge par les processus minutieux et complexes de l’embryogenèse qui seront à l’origine d’un nouvel individu.

Là encore, la vie seule sait ce qu’elle fait, nous ne le savons pas. C’est seulement par « culture » que nous apprenons le sens de ces comportements, où la conscience, dont nous sommes si fiers, est seulement traversée par le courant vital auquel elle est soumise.

Pour mieux dire, dans ces comportements instinctuels, notre conscience en sait juste assez pour que l’acte décisif s’accomplisse, sans que le véritable but poursuivi par l’ « élan vital » lui apparaisse jamais. De cette « conscience vitale », infiniment supérieure à la conscience humaine, on pourrait dire ce que Wintrebert disait de ces mécanismes vitaux antialéatoires, présents dans une simple bactérie : « merveilleux d’à-propos et d’efficacité, qui dépassent la puissance d’intelligence la plus grande ».

Le Père Richard, maître de recherches au C.N.R.S., au cours d’un colloque « science-philosophie » de l’Université de Dijon, présentait en 1972 un film d’éthologie comparée, qui montrait la saisissante analogie de l’instinct de bâtisseurs des castors d’Amérique du Nord, et de ceux qui vivent encore en France, dans quelques réserves très protégées.

On constate : même technique d’abattage des arbres, d’utilisation des matériaux de l’environnement, même réussite impeccable des barrages, capable d’arrêter les flux les plus violents, même procédés de construction des huttes, avec une partie immergée, une autre émergée.

Tout se passe comme si l’instinct de bâtisseurs des castors, qui forment une seule espèce en dépit de la dualité des continents, était indifférent à la distance qui les sépare ; indifférent aussi aux distances temporelles, puisque l’étude des barrages fossiles, si anciens soient-ils, révèle la perpétuation de procédés exactement semblables.

« De par son instinct, l’animal dispose de comportements tout montés, se déclenchant quand il le faut, toujours semblables à eux-mêmes. Tout se passe comme s’il possédait des connaissances innées, faisant corps avec lui, émanant de cette structure intemporelle qui lui a donné la vie, structure par laquelle il est définitivement ce qu’il est, toujours prêt à réagir de semblable façon à ce que lui offrira l’expérience. Par là, l’animal se trouve placé dans une sorte d’ « éternité réelle ». Ses connaissances instinctives ne sont pas tirées du concret, elles émanent, tout abstraites et générales, de la Nature.

Comment s’étonner dès lors que l’animal soit adapté au futur ? Il ne tire pas sa science du passé ; il dispose d’un savoir indifférent au temps, puisque n’y prenant pas sa source, d’un savoir dominant le temps, et pouvant convenir à n’importe lequel de ses moments ». Ainsi s’exprimait Ferdinand Alquié (Le Désir d’Eternité, P.U.F. 1968, p. 40).

L’instinct, propriété de la vie, comme la vie elle même, est intemporel. C’est dire qu’il est hors de question de prétendre en expliquer la genèse par les essais et erreurs des individus de l’espèce, qui auraient par hasard découvert une nouvelle technique, et se la seraient ensuite transmise par hérédité des caractères acquis. Il est évident qu’un instinct aussi complexe, aussi parfaitement efficace, ne saurait s’accommoder de l’approximation et de l’« à-peu-près ».

 

 

Et l’on peut dire de lui ce que nous observons au sujet de tous les systèmes complexes : comme eux, il interdit toute approche graduelle, et il ne peut être conçu que comme étant apparu abruptement, tout monté, et doté de tous ses pouvoirs.

L’erreur serait par ailleurs de le considérer comme un simple automatisme. Lorsqu’une crue trop forte détruit leurs barrages, les castors savent parfaitement les reconstruire de telle sorte qu’ils résistent à la poussée des eaux, plus puissante qu’ils ne l’avaient d’abord attendue.

L’instinct n’est donc pas un mécanisme aveugle, mais une technique vitale de relation avec l’environnement, mise à la disposition de l’intelligence de l’individu, par ce qu’il est convenu de nommer le « génie de l’espèce », dans lequel il faudrait être volontairement aveugle pour ne pas voir la manifestation d’une inte1ligence souveraine.

Le département de la Haute-Marne, où je réside, fut le premier dans le nord-est de la France, à se prêter à une expérience de réacclimatation des castors, prélevés sur les réserves des Cévennes, placées sous la protection du Museum d’Histoire Naturelle.

Dans leur habitat d’origine, ces animaux, de mémoire d’homme, n’avaient jamais construit de digues ni de huttes. On les considérait seulement comme des « castors-terriers », capables seulement de creuser des terriers sous les berges des rivières. Dès leur installation dans certains étangs de Haute-Marne, ils se mirent à construire les huttes qui ont fait la célébrité de l’espèce.

Mieux encore – le signal fut-il un changement dans la photopériode ? – leurs huttes comportaient la réserve de bûches de saule et d’aulnes situés au-dessus du plan d’eau que seuls les castors des pays nordiques ont l’habitude de constituer, pour disposer ainsi de nourriture lorsque la surface de l’étang est gelée.

Voici donc un instinct qui ne doit absolument rien à un acquis d’origine parentale, mais qui doit tout à l’innéité ; qui est capable de disparaître pendant plusieurs générations, quand les animaux sont exagérément pourchassés, puis de réapparaître quand les circonstances le permettent.

 

Cet instinct qu’on pourrait croire entièrement transporté par les chromosomes de l’espèce, comporte cependant un savoir a priori de l’utilisation des matériaux disponibles, avec tout le détail infiniment minutieux et circonstancié de leurs techniques de bâtisseurs.

Ce n’est donc plus seulement d’une structure, transmise par le patrimoine génétique, qu’il s’agit ici, ce n’est plus simplement une information au sens aristotélicien du mot (forme imposée à une matière), c’est d’une information au sens courant, qui désigne en termes généraux le matériau, avec son mode d’emploi et l’art et le savoir-faire pour l’adapter au milieu.

Je demande à la biochimie moléculaire qu’elle m’explique, en termes de message génétique, comment une succession de triplets de nucléotides sur les A.D.N. peut spécifier une science ancestrale si approfondie : nous ne pouvons que constater ici le prodigieux génie qui se manifeste ainsi.

Mais ce n’est pas seulement un profit pour l’espèce qui résulte de cette étonnante organisation de son milieu : c’est un bénéfice pour le milieu lui-même.

Un empereur romain du IVe siècle, Constance Chlore, qui aimait beaucoup résider à Lutèce, observait que la Seine est un fleuve dont l’eau est particulièrement pure (!) et dont le débit est parfaitement stable, identique à lui-même en été comme en hiver, ce qui semblait surprenant. Mais cela s’explique par la présence des castors, à l’époque, sur tous les affluents de la Seine, et par leur rôle régulateur des eaux : le rêve des castors est en effet de maintenir un plan d’eau constant, pour qu’une partie de leur hutte soit immergée, tandis que l’autre demeure émergée ; d’où la construction des digues, qui leur permet de capter l’eau des crues d’hiver, de la restituer en été, bref d’exercer une fonction régulatrice en compensant les écarts saisonniers.

Dans l’un des Etats d’Amérique du Nord, assez montagneux (est-ce l’Etat de Vermont ?), les castors avaient pratiquement disparu, et les vallées étaient ravagées par les crues. La décision fut prise de leur accorder une protection absolue ; moyennant quoi ils se multiplièrent de nouveau, réoccupèrent leur ancien habitat, reconstruisirent les digues et huttes habituelles.

Très rapidement les crues cessèrent, sans qu’il en coûtât un centime à la population, hormis les quelques saules, aulnes et frênes qu’il fallut leur sacrifier.

De plus, les digues, les biefs (« bief » vient de « bièvre », qui est le vrai nom du castor, cf «la Bièvre » qui se jette dans la Seine à Paris), sont éminemment favorables à l’oxygénation des eaux et au développement des poissons nobles comme la truite. C’est ainsi qu’on trouve, en Haute-Marne, dans des sites archéologiques préhistoriques ou même gallo- romains, situés à proximité de ruisseaux aujourd’hui presque inexistants, les arêtes fossilisées de grandes truites ou de saumons, qui autrefois peuplaient les retenues d’eau pratiquées par le « bièvre » sur ces petits cours d’eau, comme on le voit encore au Canada.

Tout ceci nous ramène au célèbre « discours » de l’empereur Octavius : «Devant l’enchaînement et l’harmonie des êtres et des choses de ce monde, vous ne pouvez douter de l’existence d’un Maître qui veille à tout, et qui est lui-même d’une nature infiniment supérieure à ce qui est sorti de ses mains. »

Il est, bien sûr, toujours possible de se dérober à cette conclusion, en vertu de notre liberté : elle s’impose pourtant à une raison docile aux leçons de l’expérience, de la double expérience du désordre et de l’ordre. Nous savons tous de science certaine que la causalité aveugle du hasard n’engendre que le chaos, que l’ordre dans les choses humaines est toujours difficile à réaliser, fragile, précaire, vulnérable. A combien plus forte raison doit nous apparaître extraordinaire un ordre qui se crée, se perpétue, se renforce de tous les éléments qui le constituent. A cet effet visible, il faut une cause invisible qui soit à sa hauteur, seule capable d’en rendre compte.

 

 

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HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. » (Marcel François)

 

L’Inventaire de l’église Saint-Jacques de

Pouzauges en 1906[33] Dr Jean-Maurice Clercq

 

Présentation : La loi française de séparation de l’Eglise et de l’Etat prévoyait l’inventaire des objets et des biens d’église avant leur transfert à des « associations cultuelles » formées de laïcs. Les catholiques y virent le prélude à une confiscation et, en maints endroits, s’y opposèrent. Ce fut le cas à Pouzauges, en Vendée, et le récit de cet événement restitue bien le climat tendu qui secoua pour lors la France, provoquant des démissions d’officiers et de fonctionnaires (et aussi un mort, en Flandres). Devenu Ministre de l’Intérieur en mars 1906, Clémenceau mit fin aux Inventaires.

 

 

Il y a 100 ans, la loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat…

 

La loi de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, votée le 9 décembre 1905 par le Sénat, faillit tourner à l’émeute civile anti-républicaine en Vendée et particulièrement à Pouzauges. En effet, la Vendée du XIXème siècle vivait dans le souvenir du soulèvement de 1793 et le régime républicain y était considéré comme responsable du martyre des aïeux. La deuxième République, par sa politique anticléricale, ne faisait que raviver la blessure: les Vendéens, à l’image de leurs ancêtres, se firent un devoir de résister à cette loi par conviction religieuse.

 

Les passions s’étaient réveillées : la Préfecture prenait des renseignements sur l’état d’esprit des catholiques auprès des membres des Comités Républicains et des instituteurs laïcs, tandis que l’Evêché faisait lire dans les églises des déclarations de protestation.

Les clivages idéologiques de 1793, qui n’avaient jamais disparu, reprirent de l’actualité et s’avivèrent. Si les catholiques de Pouzauges étaient prêts à empêcher le déroulement des Inventaires, de leur côté les républicains devenus agressifs se préparaient à une situation de force, menaçant même, si la situation l’exigeait, de ressortir les armes pour faire respecter la légalité. Pour les catholiques, cette loi inique les volait tout simplement de leur patrimoine religieux, entretenu et payé par les fidèles, tandis que pour les républicains, il ne s’agissait que de faire appliquer une loi qu’ils approuvaient contre « l’obscurantisme clérical’.

Le 23 janvier 1906, eut lieu à Pouzauges la première tentative d’Inventaire menée par le receveur. Il présenta ses instructions au doyen qui, en retour, lut une protestation. La foule présente, hostile, était menée par Léon Bernard, ferblantier et royaliste convaincu, et son frère Gustave, forgeron-serrurier[34]. Le curé-doyen refusa d’accompagner dans l’église SaintJacques le receveur chargé de l’Inventaire afin de manifester son désaccord sans pouvoir s’opposer à l’application de la loi. Les nombreux fidèles présents, composés de catholiques de la ville mais aussi des paroisses environnantes, s’interposèrent alors et empêchèrent le receveur d’effectuer son devoir. Sous les quolibets il se vit contraint de renoncer. Ce jour-là à Pouzauges, commençait en Vendée le premier mouvement de résistance aux Inventaires.

Le 29 janvier eut lieu la deuxième tentative en présence des forces de l’ordre alors que le doyen était absent. La brigade de gendarmerie de Pouzauges fut renforcée de celle de Chantonnay.

 

Prévoyant la possibilité d’un attroupement hostile, l’heure de l’inventaire prévue à dix heures fut avancée à huit heures quarante cinq sur la demande du maire, le Dr Barbanneau (favorable aux inventaires, il était marié à une fervente catholique qui, par contre, était hostile aux inventaires et ne s’en cachait pas). Déjà une centaine de personnes s’étaient rassemblées à l’extérieur de l’église, tandis qu’un certain nombre s’était barricadé à l’intérieur. Les cloches se mirent à sonner à toute volée pour avertir la population, et très vite une foule de plusieurs centaines de personnes envahit la place, entonnant des cantiques et récitant le chapelet. Les gendarmes parvinrent par la force à isoler la foule de l’église mais ne purent pénétrer à l’intérieur, les portes étant bloquées. Dans la bousculade, plusieurs personnes furent molestées, y compris des gendarmes. « Si vous employez ces moyens nous arriverons à la violence » s’exclama l’abbé Guérin en direction des gendarmes. Devant une telle détermination, ordre fut donné aux gendarmes de se replier en attendant du renfort. Durant toute cette agitation, les cloches sonnaient de plus en plus belle. La foule rassemblée avait atteint un millier de personnes qui alternaient le chapelet avec des cantiques.

Pendant ce temps le siège s’organisait à l’intérieur de l’église avec la complicité des gens de l’extérieur : entrées systématiquement obstruées par des amoncellements de chaises et de bancs, cordes jetées du haut de l’église pour qu’y soient accrochés des paniers remplis de victuailles. La résistance s’installait.

Vers la fin de la journée. Les gendarmes de Pouzauges et de Chantonnay reçurent des renforts des Herbiers et de La Châtaigneraie, commandés par un capitaine de gendarmerie de Fontenay-le-Comte, luimême conseillé par un commissaire spécial venu de la Roche-sur-Yon. Sous les huées et les cris hostiles, ils encerclèrent l’église et l’isolèrent des manifestants, qui se mirent à leurs lancer des pierres.

Une personnalité de la commune voisine de Montravers, Monsieur de Beauregard fut arrêté, emmené à la gendarmerie, mais vite relâché : la foule qui le suivait était de plus en plus menaçante. Les forces de l’ordre s’énervaient.

Une nouvelle arrestation s’ensuivit, celle de Joseph Coutand, de La Pommeraie-sur-Sèvre, qu’on emmena en cellule, menottes aux poignets. Quand la nuit tomba, la situation était figée. On attendait l’épreuve de force. Le commissaire informa le doyen, de retour, que deux compagnies du 93ème de ligne avaient été appelées en renfort, seraient présentes dès le lendemain matin et que l’église serait investie et évacuée par la force coûte que coûte. La population n’étant pas du tout décidée à céder devant les forces publiques, la recherche d’un compromis était devenue impérative : une émeute sanglante se profilait pour le lendemain, avec le risque de la voir se propager dans toute la Vendée où la situation était extrêmement tendue. De justesse on élabora un compromis : le commissaire spécial promit d’annuler tous les procès verbaux qui avaient été dressés à plusieurs manifestants ainsi qu’à l’abbé Guérin ; il promit aussi qu’aucune enquête ne serait effectuée à l’encontre des meneurs et, en particulier, envers ceux qui occupaient l’église et en interdisaient l’accès. Ces derniers finirent par accepter, à condition que l’inventaire soit dressé par une autre personne que le receveur. L’ accord obtenu, les résistants acceptèrent enfin de sortir de leur retranchement qu’ils quittèrent par une issue dérobée près de la crypte, laissant l’accumulation de bancs et chaises devant les portes. Accompagnés par la foule, ils se rendirent à la gendarmerie pour libérer Joseph Coutand en chantant le cantique « Nous voulons Dieu ».

 

Epilogue

 

Le lendemain, la population toujours présente devant l’église, l’inventaire se déroula dans le calme. Il fut effectué par le Sous-inspecteur des Domaines de la Roche-sur-Yon accompagné du Sous-préfet de Fontenay-le-Comte, de l’instituteur adjoint et du garde-champêtre, qui eurent bien de la peine à se frayer un passage à travers l’amoncellement de chaises et de bancs.

 

 

Il fut sommaire et rapide ; un retournement d’opinion de la foule était toujours possible, d’autant plus que le curé et les membres du Conseil de Fabrique avaient refusé d’être présents pour protester contre cette spoliation.

La parole donnée par le commissaire spécial ne fut, hélas ! pas tenue :

  • le maire de la commune voisine du Boupère, présent lors des manifestations, fut révoqué,
  • le vicaire, l’abbé Guérin, et trois autres personnes furent traduits devant le tribunal de Fontenay-le-Comte. Le vicaire ainsi qu’un journalier furent relaxés. Les deux autres, Gustave Bernard et un cultivateur, furent condamnés à deux jours de prison et cent francs d’amende qu’une souscription paroissiale paya.

Leur libération, à la descente du train qui les ramenait à la gare de Pouzauges (située à 3,5 Km du centre-ville), fut l’occasion d’un incident significatif de la tension qui régnait encore au sein d’une population divisée. Bon nombre des manifestants étaient venus accueillir leurs héros libérés ; mais le hasard voulut qu’un petit groupe de républicains étaient aussi présents sur le quai … pour accueillir le Sous-préfet de Fontenay-le-Comte venu assister aux funérailles civiles du Président du Comité Républicain de Pouzauges. Les Républicains ne purent s’empêcher d’injurier et d’invectiver les catholiques avant d’entonner la Marseillaise, tandis que les catholiques, bien plus nombreux, répondaient par « la Catholique » de Théodore Botrel en se rendant en procession à l’église.

 

 

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Les réductions guaranies ( 2ème partie) Abbé Bertrand Labouche

 

Résumé : Après avoir exposé (cf. Le Cep n°33) comment, au XVIIème siècle, les jésuites évangélisèrent, souvent au risque de leur vie, les tribus des Guaranis, réparties entre les territoires devenus aujourd’hui le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine, l’auteur décrit maintenant la vie quotidienne dans les « réductions ». Tout y est organisé dans l’idée d’une cité chrétienne : le travail, la justice, la vie sociale et culturelle. Les productions des artisans et des artistes guaranis suffisent à montrer la grandeur d’une civilisation qui respecta la langue et les traditions indiennes. Mais tous ne virent pas d’un bon œil le développement économique et humain réalisé par les jésuites. Notamment les « bandeirantes » de São Paulo, et à Lisbonne, le Marquis de Pombal, franc-maçon notoire. La calomnie fut l’arme qui permit l’expulsion des Jésuites et la suppression des réductions. Mais, outre les ruines et les chefs-d’oeuvre artistiques, cette épopée nous lègue la démonstration exaltante que le bien, en politique, a parfois été possible. Il nous reste encore bien des enseignements à tirer de cet exemple.

 

IV- L’ organisation et la vie des réductions

 

Les Réductions, composées de deux ou trois jésuites et d’environ 4000 indigènes, étaient construites selon le même plan (cf. illustrations n° 9 dans Le Cep n°33) .

Les plans et la maquette de la Mission de São Miguel montrent le schéma général d’une Réduction (illustrations n° 10, 11) : une place centrale, de 130 m de large ; sur un côté, l’église, entourée d’une part du cimetière et de la maison des veuves et orphelins (« cotiguaçu »), d’autre part du collège, de la maison des missionnaires et des ateliers ; derrière l’église le jardin potager et le verger. Sur le côté en face se trouvaient les habitations des Guaranis. Le conseil de la Mission, une porterie, une hôtellerie, des chapelles, un cadran solaire, une prison, plus éloignée, se situaient sur les deux autres côtés de la place. Au centre de celle-ci était érigée une statue de la Très Sainte Vierge ou du saint patron de la Mission. Elle servait pour les grandes Fêtes religieuses et événements civils.

 

Les maisons étaient de pierre, rectilignes, séparées par de larges couloirs ; les toits étaient en tuiles, les murs avaient un mètre d’épaisseur ; ces demeures avaient une cheminée et aux principales s’ajoutaient des dépendances.

Plus loin, autour de la mission, des tranchées et un mur de défense la protégeaient contre les indigènes sauvages et les bandeirantes.

L’église était le seul luxe du village (illustration n°11). Les talents artistiques des guaranis, leurs aptitudes manuelles permirent l’édification de véritables chefs d’oeuvre en pierre taillée (illustration n° 16) ; l’autel majeur était doré, les calices ornés de pierres précieuses du Brésil, les cloches fondues en la réduction d’Apostoles avec le cuivre de la région. Les statues en bois peint étaient également réalisées par des sculpteurs indigènes, sous la direction des jésuites.

Les autels étaient abondamment ornés de fleurs, très nombreuses dans la région tout au long de l’année. Des cérémonies splendides, avec choeurs et orchestre embellissaient les fêtes solennelles. La Semaine Sainte était accompagnée de représentations de la Passion ; Noël, les fêtes de Notre Dame étaient particulièrement solennisées ainsi que la Fête-Dieu, avec une magnifique procession, la fête de Saint Ignace, céleste Patron des Réductions et la fête patronale de la Réduction. Après la Messe du matin, suivaient une procession puis des manoeuvres militaires sur la place, ainsi que des épreuves de cavalerie et un simulacre de combat. A midi, tous se réunissaient pour un grand repas. L’après-midi, une pièce de théâtre était interprétée, allusive à l’événement, suivie de danses chorégraphiques avec accompagnement orchestral ; pendant les entractes, des artistes récitaient des poésies ou jouaient de la musique avec des instruments à vent ou à cordes.

La perfection artistique était telle que les représentations pouvaient être données sans rougir devant des rois et des empereurs. Et quand la nuit étendait son manteau étoilé, un feu d’artifice multicolore concluait ces heures de joie et de lumière.

 

 

 

Le gouvernement civil était exclusivement indigène : il était constitué d’un Conseil ( Cabildo), composé du cacique, la plus haute autorité, de trois officiers royaux, de trois administrateurs, quelques échevins et les représentants des quartiers de la Mission. La charge du cacique était héréditaire, mais dans certains cas le gouvernement civil de Buenos Aires et du Paraguay le désignait, sur recommandation des Pères jésuites. Tous les autres membres du Conseil étaient élus par votes (le Conseil entrant élu par le Conseil sortant) à la fin de chaque année. Deux autres charges étaient importantes : celle de «Carapiraracuara » (portier) et de « Tuparerecuara » (sacristain). L’exécution de la justice concernait les jésuites : la peine était un auto-châtiment ou des coups de fouet, quelquefois la prison. Certaines sources parlent d’exil comme peine suprême.

Si les jésuites donnaient les instructions, l’organisation et l’accomplissement des tâches étaient assurés par les guaranis eux- mêmes ; ainsi régnaient harmonie et discipline, sous la présence de la silhouette amie du missionnaire. La cloche sonnait les activités : prières, catéchisme (illustration n° 8: couverture d’un catéchisme en guarani), école, travail… L’assistance à la Messe en semaine était volontaire. Le travail durait 6 heures par jour. A partir de 7 ans, l’enfant participait à la vie civile et religieuse de la Réduction. Il complétait son éducation chrétienne et son instruction musicale et chorégraphique, ou son apprentissage dans un atelier s’il possédait des dons artistiques. Dans le cas contraire, il travaillait aux champs. Les écoles disposaient de bons maîtres indigènes qui enseignaient aux plus démunis à lire, à écrire, à compter, ainsi que les bases de la doctrine chrétienne. Les femmes apprenaient aussi la cuisine et la couture. Les plus jeunes rendaient service, cueillaient les fruits, prenaient soin des fleurs du jardin, chassaient les insectes et animaux nuisibles, s’entraînaient au tir à l’arc.

Chaque famille disposait de parcelles de terre, l’une appelée « Tupambae » (propriété de Dieu), l’autre « abambae » (propriété du guarani), qu’elle devait travailler et cultiver pour les léguer plus tard aux enfants. Les cultures principales étaient celles du maïs, du manioc, de la pomme de terre, des légumes, des arbres fruitiers et de l’erva mate, très consommée dans la Réduction. Comme dit plus haut, ces types de travaux étaient nouveaux pour les Guaranis, spécialement celui de constituer des réserves de provision.

 

 

 

LES ACTIVITES DE LA JOURNEE

 

 

4h00 : L’hebdomadier sonne la cloche du lever.

4h30 : Oraison mentale.

5h00 : Le portier ouvre les portes pour les sacristains, les cuisiniers, les tambourins qui réveillent les enfants. Les prêtres des secteurs d’activités sont informés.

5h30 : La cloche sonne la Messe.

6h00 : Messe.

7h00 : Les tâches du jour sont fixées en accord avec l’autorité civile ; le petit déjeuner est servi aux enfants. Répétition des prières.

8h00 : Visite des malades, célébration des enterrements ; puis on prend le mate, avant de se rendre au travail.

8h30 : Les enfants vont en classe ; leurs précepteurs dirigent les tâches. 9h00 : Confessions des adultes, contrôle des activités scolaires et des ateliers.

1lh00 : Les cuisiniers portent les repas aux malades.

12h00 : Déjeuner.

13h00 : Repos.

14h00 : Reprise du travail. 16h00 : Catéchisme.

18h00 : Prière, collation, accompagnement des défunts.

19h00 : Récitation de l’Office ; chacun rentre chez soi. 20h00 : Dîner.

20h30 : « Extinction des feux ».

 

 

 

La « propriété de Dieu » était destinée à la communauté et pour les nécessités de base de la Mission : paiements de tributs, trocs, ventes, etc. L’indien devait y travailler deux jours par semaine, durant trois heures le matin et trois heures l’après-midi. La « propriété de l’indien » était destinée à sa propre consommation. Par ailleurs, les guaranis se consacraient aussi à l’extraction des pierres pour les travaux de construction.

Ils réalisaient des ponts de pierre, des moulins hydrauliques, des souterrains, des canaux d’irrigation, des fontaines d’eau pure …Ils firent aussi prospérer l’élevage du bétail, surtout dans l’actuelle région de Corrientes. En 1768, on comptait 656.333 têtes de bétail, sans parler des autres animaux qui complétaient leur économie.

Ils réalisaient des échanges entre eux et avec les Réductions voisines ; ils vendaient également dans les centres urbains espagnols de Santa Fé, Cόrdoba, Buenos Aires et exportaient dans d’autres pays. Le marché central des Réductions se situait à San Telmo (Buenos-Aires). Les Pères procurateurs, économes de la Compagnie de Jésus dans le cadre des Réductions, réalisaient les échanges commerciaux et défendaient les intérêts de l’Ordre face aux autorités civiles. Ils se rendaient aussi en Europe pour vendre les cuirs. Ils pouvaient emporter en un seul voyage trente mille cuirs de vache, ce qui constituait une véritable fortune. Les navires revenaient chargés de papier, livres, soie, toiles, peintures, outils, instruments de chirurgie, métaux et sel en abondance…

La capitale des trente Réductions était Candelaria et le siège principal pour toutes les Réductions se trouvait à Cόrdoba.

 

La vie artisanale et culturelle

 

Les artisans et artistes guaranis : tanneurs, tisserands, sculpteurs, peintres, métallurgistes, imprimeurs, historiens rivalisaient de compétence, comme en témoignent de nombreuses pièces parvenues jusqu’à nous. Le plus surprenant fut, peut-être, la création de la première imprimerie en la Réduction de Loreto en 1700 par les Pères Serrano et Neuman ; celle de Buenos-Aires est postérieure.

Y furent réalisés un Martyrologe romain (le plus ancien ouvrage imprimé, conservé en Argentine, réalisé en 1705 par l’indien Juan Yapari), La différence entre le temporel et l’éternel, de Juan José Nieremberg et de nombreux autres livres comme des calendriers, des tables astronomiques, des partitions de chant … Les Missions possédaient en général une bonne bibliothèque (Loreto : plus de 300 livres, Corpus environ 400, San Ignacio plus de 180, Candelaria : 4724).

Dans les collèges, on apprenait à lire et écrire en trois langues : le guarani, l’espagnol et le latin. La musique était particulièrement étudiée. A San Ignacio, fonctionna un des premiers conservatoires de musique. Les orchestres guaranis se composaient de violons, trompettes, timbales, harpes, guitares, etc., et n’avaient pas de rival au Rio del Plata et au Paraguay. Leur réputation était telle que les gouverneurs les invitaient à Buenos-Aires pour la fête de Saint Ignace. Petit à petit, les indiens fabriquèrent eux-mêmes leurs instruments (le meilleur artisan fut un indien de São Miguel, Ignacio Paica), sous la direction de grands professionnels jésuites, dont le Père Sepp ; celui-ci construisit, à Candelaria, le premier orgue en bois d’Amérique. Il réalisa également, à Yapeyu, les premières harpes indiennes qui firent grande sensation. Le premier maître et chef d’orchestre fut le prêtre belge Juan Vaseo, ancien musicien de la Cour.

Le théâtre occupait de même une place importante. Les indigènes les plus doués interprétaient des vies de saints ou de personnages célèbres. Certaines oeuvres, apportées d’Europe, étaient traduites en guarani, d’autres étaient conçues dans la Réduction. La langue guaranie, très nuancée, exprimait parfaitement la pensée et les sentiments. Souvent, les groupes de théâtre étaient invités à Buenos Aires pour y interpréter des oeuvres classiques.

Au XVIIIème siècle, les aborigènes fournirent des intellectuels et artistes de valeur comme Nicolás Yapuguay, cacique et musicien de la Réduction de Santa Maria . Il écrivait en guarani avec grande clarté et élégance ; deux de ses livres furent portés à l’impression. L’indien Melchor écrivit l’histoire de son village Corpus Christi. L’indien Vásquez, de Loreto, était aussi un bon écrivain.

Le guarani Kabiyǔ fut un excellent peintre ; vers 1618, il réalisa des merveilles, dont une Vierge des Douleurs qui se trouve de nos jours à Buenos-Aires. A Santo Tomé, vivait le lapidaire et ciseleur Gabriel Quiri ; il travaillait l’or, l’argent, les pierres précieuses (l’améthyste, le topaze) et aussi le quartz comme les meilleurs spécialistes européens.

Les guaranis étaient également d’habiles tanneurs et tisserands. Ces derniers travaillaient le coton, la laine, la soie et transmettaient leur savoir de père en fils. Ils étaient les seuls à recevoir un traitement, car leurs pièces se vendaient très bien à Buenos-Aires, à Santa Fé et jusqu’en Europe où le roi d’Espagne Charles IV reçut d’eux un présent qui fit sensation.

Avec les métaux extraits des mines des Jésuites (d’or, de cuivre, d’argent, de fer), les aborigènes réalisaient de véritables oeuvres d’art destinées principalement à l’ornementation des églises. Ils fabriquaient également des outils et des armes.

Le travail du bois suscita aussi des artistes talentueux, auteurs de nombreuses statues polychromes (illustrations n° 12-15); parmi eux, retenons l’indien José qui réalisa en 1780 une statue du « Seigneur de l’humilité et de la patience » ; achevée après l’expulsion des jésuites, conservée dans l’église de San Francisco de Buenos-Aires, elle est à la source de l’art national argentin.

De nombreux jésuites arrivés dans les Réductions, étaient déjà réputés en Europe pour leur habileté dans tel ou tel domaine technique ou artistique. Ils contribuèrent pour beaucoup à l’excellente formation des Guaranis ; à tel point que la culture générale des missions jésuites dépassait alors celle de certaines villes espagnoles !

Voici quelques noms de ces jésuites, parmi les plus fameux : * Juan Primoli (qui réalisa l’église de São Miguel) et Andrés Blanqui, architectes.

  • José Brassanelli, architecte, peintre et sculpteur.
  • Luis Verger et José Grimau, peintres.
  • Carlos Frank, charpentier et ingénieur en mécanique
  • Cristián Mayer, horloger.
  • Buenaventura Suárez, fondeur de cloches et astronome dont un lunario publié en Europe en 1744 le rendit célèbre jusqu’en Asie.

 

 

  • António Sepp, considéré comme le père de la sidérurgie argentine.

*Et autres géographes, botanistes, médecins, armuriers, zoologues, appelés par la Compagnie pour enseigner les Guaranis.

Tous ces maîtres se firent guaranis avec les Guaranis pour les civiliser.

En guise de transition, évoquons cette statue de São Miguel, de la Mission du même nom, représentant ]’Archange avec sous les pieds le démon … avec les traits et les vêtements des bandeirantes dont la cruauté et la cupidité constituèrent une des causes de la fin des Réductions.

 

V- Les Bandeirantes

 

Les Jésuites avaient fondé environ 60 missions ; mais seulement 30 (avec plus de 100.000 aborigènes) connurent un réel développement : 8 au Paraguay, 7 au Brésil et 15 en Argentine (4 dans la province de Corrientes et 11 dans celle de Missiones ; voir les cartes dans Le Cep n°33). En effet, beaucoup eurent à souffrir des attaques incessantes des bandeirantes (illustration n° 17) dont le but était de chasser les Guaranis et de les vendre comme esclaves. En l’espace de 4 ans, ils détruisirent de 9 à 10 villages de mission et capturèrent plus de 60.000 aborigènes.

Pourquoi cette véritable chasse à l’homme et cet obstacle à l’apostolat de l’Eglise ? Qui étaient ces bandeirantes ?

La Compagnie de Jésus, installée au Guayrá, cherchait un chemin à travers le Brésil qui conduisît à l’Atlantique. Les bandeirantes, bien qu’installés plus au Nord, à São Paulo, le leur interdirent. Ils réagirent violemment à l’élan missionnaire et à la tentative espagnole en attaquant les Réductions et en capturant les indigènes civilisés. Au début, les Jésuites tentèrent de s’opposer à ces agressions, n’hésitant pas à partager le sort des indigènes quand ils ne parvenaient pas à les libérer; on vit ainsi les Pères Masseta, Mansilla et Ruiz accompagner les Guaranis enchaînés pour demander justice aux autorités de São Paulo.

 

Puis ils écrivirent au Conseil des Indes des rapports concernant ces attaques et les intrusions de métis bandeirantes – fils de Portuguais et d’Indiens – jusqu’à des régions appartenant à l’Espagne.

La Couronne portugaise, sensible à ces plaintes, ordonna que les esclavagistes fussent châtiés et les aborigènes libérés. En vain. Les Paulistas (habitants de São Paulo) utilisèrent comme prétexte un document du roi du Portugal, Dom Sebastião, daté de 1570, les autorisant à prendre comme esclaves les captifs de guerre indigènes ; ils légitimaient de cette manière tout abus, invoquant le fait que les esclaves avaient été capturés en territoire portugais. Cependant le Guayrá était espagnol ; mais pourquoi se priver d’y prendre des aborigènes fort utiles pour travailler aux champs et dans les mines ? D’ailleurs, les indigènes civilisés par les jésuites étaient plus capables et moins agressifs que les indigènes sauvages !

La situation préoccupait aussi le Conseil des Indes et le roi d’Espagne, car une grande partie de leurs territoires américains risquait de passer aux mains d’obscurs chasseurs d’esclaves.

Les fameux bandeirantes Antonio Raposo Tavares et Manuel Piris attaquèrent le Guayrá avec 2.000 indiens tupis (tribus de l’est du Brésil dominées par les Paulistas). L’assaut fut extrêmement violent, un prêtre jésuite fut tué, les autres maltraités et, malgré leur bravoure, 30.000 indiens guaranis furent faits prisonniers et conduits enchaînés à São Paulo. Les Pères Masseta et Mansilla les accompagnèrent jusqu’à São Paulo, puis se rendirent à Rio de Janeiro pour demander justice. Mais les riches bandeirantes lusitano-brésiliens ne voulurent rien entendre, affirmant que les Réductions guaranies étaient « un empire, cultivé mais tyrannique et injuste, une république infâme, un organisme pervers ». Au Portugal, se répétaient les mêmes mensonges : « Les Jésuites accusaient le Portugal de voler des indiens catéchisés dans les Réductions pour les faire travailler comme des animaux, mais, en réalité, les Missions étaient elles-mêmes un empire d’indiens en esclavage », ou « Les religieux incitaient les indiens à une résistance armée, en leur donnant de bonnes armes et en leur enseignant la stratégie et les tactiques modernes. »

Les bandeirantes détestaient les Réductions construites au Guayrá et sur les terres méridionales du Brésil, car elles les empêchaient d’étendre la frontière ouest jusqu’au fleuve Paraguay, prétendue limite géographique de leur pays. Certes, l’immense Brésil doit son amplitude géographique et une bonne partie de sa configuration actuelle aux entreprises des bandeirantes, mais il est certain également qu’elles furent la cause la plus directe de la ruine des Missions du Guayrá et du Tapé.

Vaincus, les Jésuites, en accord avec les caciques guaranis, décidèrent d’abandonner pour toujours les treize Missions du Guayrá, fondées avec tant de sacrifices et d’abnégation. Ce fut le grand exode de 1631.

 

Le grand exode

 

Cette migration lente et douloureuse de 12.000 indigènes guaranis eut pour chef le jésuite Antonio Ruiz de Montoya, secondé par les Pères Suárez, Martίnez, Espinosa, Contreras, Masseta, Cataldino et d’autres encore. La perte dans les cataractes d’Iguazŭ de plusieurs pirogues avec leur chargement de provisions, des pluies torrentielles, des insectes d’une incroyable voracité, les obstacles naturels, la peste, firent du P. de Montoya un véritable héros qui, comme un père, conduisit les Guaranis sains et saufs dans les Réductions argentines.

Les noms des anciennes Réductions furent conservés (la carte nous donne l’emplacement définitif des Missions jésuites); il est à noter que les sept Réductions brésiliennes fixèrent leur emplacement après la victoire de Mborore, qui empêcha pour longtemps de futures attaques des bandeirantes paulistas.

 

La bataille de Mborore

 

En 1639, les bandeirantes attaquèrent la ville de Xerez, en terre paraguayenne, et menacèrent Asunción, sous prétexte de parvenir jusqu’au fleuve Paraguay, limite géographique – disaient-ils – du Brésil.

Le gouverneur du Paraguay, Don Pedro Lugo de Navarra, appela à son aide 4.000 indigènes des Missions guaranies. L’administration coloniale espagnole avait donné l’autorisation aux Guaranis d’utiliser les armes à feu, autorisation qui sera confirmée en 1643 par la Couronne. Un matin de mars 1641, arrivèrent sur le fleuve Mborore 450 paulistas sur 300 pirogues, accompagnés de 2.700 indiens tupis. Le général guarani Ignacio Abiarǔ, aidé des frères laïcs Domingo Torres et Antonio Bernal, réunit ses 4.200 soldats, munis de flèches, de lances, de canons et de 250 arquebuses. La lutte, d’une violence extrême, dura trois jours. Les Paulistas furent vaincus, et plusieurs indiens tupis passèrent dans les rangs des guaranis civilisés.

Le général Abiarǔ devint une figure célèbre de héros guarani. D’autres victoires suivirent en 1647, 1651 et 1655. Après celle-ci et pour longtemps, les troupes paulistas n’avancèrent plus vers l’ouest, où les sept Réductions brésiliennes de São Francisco Borja (1682), São Nicolau (1687), São Miguel (1687), São Luis Gonzaga (1687), São Lourenço (1691), São João Batista (1697) et Santo Ângelo Custόdio (1706) connurent un plein épanouissement jusqu’au Traité de Madrid (1750).

 

VI – La fin des réductions

 

Le traité de Madrid, en 1750

Une nouvelle surprenante parvint un jour aux Missions : Un «Tratado de permuta», un Traité d’échange, avait été signé à Madrid par l’Espagne et le Portugal en faveur des intérêts portugais. La colonie de Sacramento (l’Uruguay) et les îles Philippines devenaient espagnoles et les sept Réductions du Rio Grande du Sud (appelés « os Sete Povos das Missôes », les sept villages des Missions) devenaient portugaises. Il avait été décidé que les Indiens quitteraient ces Réductions, le gouvernement portugais donnant 4.000 pesos à chaque village. Ce traité peut s’expliquer par les liens de parenté entre Fernand VI d’Espagne (marié avec Bárbara de Bragança) et le monarque portugais, père de Bárbara, mais aussi par l’influence puissante de la franc-maçonnerie portugaise : le tristement célèbre Marquis de Pombal, ministre portugais, ennemi juré des Jésuites, en faisait activement partie…

 

La guerre guaranie

 

Les guaranis, au nombre de 30 000, des sept Réductions, refusèrent de quitter leurs terres, leurs maisons, leurs églises. Les Pères jésuites ne parvinrent pas à les convaincre de s’en aller. Ils considéraient injuste l’ordre du roi, qu’ils avaient toujours servi fidèlement. Allaient-ils maintenant livrer aux bandeirantes, leurs terribles ennemis, les fruits de tant d’années de travail ?.. Il n’en était pas question ; ils préféraient désobéir, les armes à la main, à l’ordre injuste du roi.

Leur chef était le général de cavalerie Tiarayu, très populaire, plus connu sous le nom de Sepé. Il était considéré, pour son courage et son habileté au combat, comme le plus terrible guerrier de l’époque. Non loin, les troupes espagnoles et portugaises étaient prêtes au combat, si les ordres royaux n’étaient pas respectés.

La guerre dura de 1753 à 1756. Le premier assaut aboutit à une victoire rapide des Espagnols et des Portugais, puissamment armés. Lors d’un second combat, Sepé fut fait prisonnier, mais parvint à s’enfuir. En 1756, il revint à la tête d’une armée guaranie plus forte que jamais. Mais l’armée lusitano-portugaise fut encore victorieuse et Sepé, l’âme de ses soldats, fut tué au cours du combat. La piété populaire raconte que les Indiens virent alors un cavalier, monté sur un cheval de feu, entrant au

Ciel…

Le nombre de Guaranis tués au combat fut très important; parmi les corps sans vie étendus sur le champ de bataille, on compta ceux de plusieurs Jésuites qui avaient tenté de protéger leurs fils révoltés. Le général Nicolas Languirǔ succéda à Sepé. Mais il tomba au cours de la sanglante bataille de Caybaté. Après sa mort, les Guaranis, vaincus, durent quitter leurs terres. Ainsi prit fin la guerre guaranie.

Il est clair que cette guerre servit les intentions du marquis de Pombal. Il voulait en finir avec ce pouvoir militaire indigène qui faisait obstacle, sous la protection et le contrôle de « l’ennemi jésuite », à l’expansion territoriale portugaise au Brésil.

 

 

De plus, les adversaires des Jésuites à Madrid étaient nombreux et puissants, désireux de prendre possession de la richesse qu’offraient les Réductions guaranies dont l’organisation faisait l’admiration de l’Europe.

 

L’expulsion des jésuites et la fin des Réductions

 

Une campagne de dénigrement fut lancée contre les Jésuites en Europe et en Amérique. On accusait les missionnaires d’avoir suscité la guerre guaranie et de conspirer contre la monarchie pour instaurer une république indépendante. Les ministres libéraux Aranda, Floridablanca et Campomanes accusaient en particulier les Jésuites de mettre un frein au développement des populations d’Amérique en interdisant aux indigènes de travailler en faveur des commanderies (dont on connaît les méthodes … ) ; ils leur reprochaient également de ne pas exiger des indigènes l’usage de la langue espagnole et de les faire travailler de façon excessive pour pouvoir envoyer des millions de pesos au Supérieur Général de la Compagnie, etc, etc…

L’acharnement des détracteurs fut tel que l’empereur espagnol Carlos III finit par les écouter et signa le décret d’expulsion des Jésuites, approuvée par le Pape Clément XIV le 27 février 1767. Celui-ci se repentira amèrement par la suite de cette décision. Carlos III, sans le vouloir, légalisa les conquêtes portugaises et fixa leurs limites aux frontières actuelles du Brésil.

Certes, il avait signé en 1761 le Traité du Pardo qui annulait celui de Madrid et qui ordonnait aux Guaranis de revenir sur leurs terres, désormais espagnoles. Mais leurs chères Missions étaient maintenant en ruines et, surtout, ils durent choisir entre deux options : ou bien accepter un nouveau système qui supprimait l’organisation communautaire des Jésuites, et imposait une langue et un style de vie européens, ou bien abandonner le village.

Les Guaranis choisirent évidemment la seconde option. La décadence s’installa alors rapidement, avec son triste cortège de misère, de faim, de maladies et de vices …

 

Les ruines des Missions guaranies font désormais partie du

Patrimoine Mondial de l’humanité. Si l’oeil du touriste les admire, son coeur reste en général indifférent car il ne saisit pas la raison d’être de ces Missions. Lui aussi est devenu un sauvage avec ordinateur, loin de Dieu et du Doux Règne du Christ-Roi.

Les missionnaires jésuites avaient, eux, compris qu’il faut «Tout restaurer dans le Christ » (Eph. 1, 10). « Omnia instaurare in Christo » : les âmes, les familles, la société politique, l’économie, les arts. Les Réductions guaranies furent la mise en pratique de ce mot d’ordre de saint Paul, celui aussi de saint Pie X, celui de l’Eglise. Sachons nous aussi combattre pour cet idéal.

 

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Une date à retenir :

Samedi 18 février 2006. Journée du CEP à Paris

 

Les chrétiens en situation de minorité

Conférences :

P. Edouard-Marie Gallez : Origines historiques de l’esprit

de domination dans l’Islam

 

Jean-Marie Alcader : Témoignages de musulmans convertis

 

Pr Magdi Sami Zaki : Le statut des chrétiens dans l’Egypte islamique

 

Jean de Pontchara : Max Türkauf, un scientifique chrétien

dans la tourmente du 20ème siècle

 

Maison de la Salle, 78 A rue de Sèvres (Paris 7ème)

De 9 h 15 à 17 h

Inscription auprès du secrétariat

 

 

SOCIETE

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes qu’en les aimant.« 

(P. Le Prévost)

 

 

 

Société vaccinée : danger Pr Louis-Claude Vincent

 

Présentation : Le 7 mai 1977, au 8ème congrès de la Fédération Nationale des Syndicats de Défense de la Culture Biologique et de Protection de la Santé des Sols, le Pr LouisClaude Vincent, l’inventeur de la bio-électronique, proposait aux congressistes de voter une résolution demandant la liberté des vaccinations.

Cette résolution fut votée à l’unanimité et transmise au Gouvernement. Elle concernait les troupeaux conduits en agriculture biologique, les éleveurs considérant que la vaccination détruisait les équilibres physiologiques restaurés par une alimentation naturelle. Elle concernait aussi les hommes, les statistiques rétrospectives ayant réfuté la prétention que le vaccin constituait une efficace prophylaxie collective. Son métier l’ayant amené à mesurer l’influence de la qualité de l’eau potable sur la santé collective, le Pr Vincent disposait d’une importante documentation internationale sur cette question sur laquelle le Gouvernent lui avait reconnu, l’année précédente, la qualité « d’éminente autorité scientifique ».

Son propre fils Roger ayant été frappé d’une poliomyélite quelques jours après sa vaccination par le BCG, on excusera le ton parfois polémique de cet exposé, fait devant un auditoire d’éleveurs « bio » confrontés chaque année à une obligation légale qu’ils savaient d’expérience contraire à la santé de leurs animaux. Presque 30 ans ont passé ; les épidémies du bétail demeurent, et la question garde toujours la même brûlante actualité.

 

L’imposture pasteurienne

 

L’imposture de Pasteur a consisté dans le fait d’avoir ajouté secrètement du bichromate de potassium – poison violent – au vaccin contre le Charbon du mouton (peste ovine), préparé à l’occasion de la fameuse expérience de Pouilly-le-Fort, en juillet 1881.

 

En même temps, il exposait au monde savant une belle théorie vaccinale selon laquelle « les vaccins étaient le résultat d’une culture, atténuée par l’air et la chaleur, de microbes spécifiques de la maladie ».

Cette culture, injectée aux individus sains, produisait une forme légère de la maladie et préservait alors – « immunisait » – de la maladie infectieuse grave et dangereuse.

C’était là, pourtant, une théorie aussi dangereuse qu’incompréhensible, violant gravement le sens commun. Comment « se garantir contre une maladie microbienne en s’infectant par une culture atténuée des dits microbes » ?

Aussi, les oppositions contre pareille théorie délirante, furent-elles aussi violentes que déchaînées. Mais Pasteur, inébranlable et provocant, clamait d’attendre les résultats de l’expérience projetée, qu’une Commission officielle, comprenant de farouches adversaires des théories pasteuriennes, devait contrôler en toutes ses étapes, sauf – curieusement – dans la préparation du vaccin.

La « fameuse expérience » eut bien lieu : 50 moutons furent d’abord vaccinés – autrement dit « immunisés » – par le vaccin miracle ; quelques jours plus tard, ils reçurent une injection de culture virulente, ainsi que 50 autres moutons-témoins.

Les témoins moururent rapidement ; tandis que les premiers « immunisés », présentèrent de légers troubles, mais finalement résistèrent tous.

Ce fut, alors, non pas un succès, mais plutôt un triomphe délirant qui pulvérisait tous les contestataires et assurait désormais à Pasteur une gloire universelle. Ce fut, d’office, l’ouverture de toutes les Académies, l’honneur incroyable d’être l’invité du Parlement anglais, etc. Pasteur, par sa science ! son génie unique ! était soudainement devenu l’égal de Dieu : l’homme qui avait vaincu la mort, et donné au monde le secret de la santé !

Pasteur ne venait-il pas d’ouvrir une ère nouvelle et inégalable de bonheur à l’humanité ? Sa gloire était à jamais assise, incontestable, immuable pour l’Eternité. Et la France, sa patrie, devait, en même temps, bénéficier d’un prestige unique, incomparable, aussitôt proclamé par la planète entière.

 

Hélas, pareil enthousiasme devait bientôt se révéler usurpé. Fondée sur de faux principes, une expérience truquée, un mépris total de la science et un incontestable abus de confiance à l’égard du monde savant et de la vérité scientifique, cette imposture allait ravaler aussitôt le génial Pasteur au niveau des charlatans les plus ignobles, puisqu’il avait osé tricher avec les problèmes de Santé publique qui sont, de très loin, les plus graves et les plus nobles dans toute société qui respecte le devenir humain.

Tout cela devait se révéler au cours des quelques mois qui suivirent les délires d’un enthousiasme collectif, né d’une monstrueuse mystification. En effet, les pays qui voulurent vérifier l’expérience de Pouilly-le-Fort (Italie, Allemagne, Russie, Argentine, etc.) en la reproduisant sur la base même de la « théorie exposée par Pasteur » au sujet des « cultures microbiennes atténuées » conduisant à un « vaccin immunisant », aboutirent tous à un échec total. Les troupeaux vaccinés furent tous foudroyés par le vaccin : il y manquait le « fameux produit chimique », seul efficace, ajouté secrètement – le bichromate de potassium – poison oxydant violent détruisant les microbes ; mais préparant à longue échéance les dégénérescences, point capital que le mystificateur Pasteur n’avait point prévu ni même soupçonné. L’imposture avouée, mais… tenue secrète !

La vérité sur cette affaire ne fut connue qu’après deux années de protestations, de mises en demeures, de discussions, souvent injurieuses, entre les milieux scientifiques étrangers et Pasteur : ainsi l’Académie de Turin se moquant de « Sa Seigneurie Pasteur » devant le massacre produit par l’inoculation du vaccin aux troupeaux italiens en expérience.

En 1883 seulement, Pasteur fit formuler à la tribune de l’Académie des Sciences, par ses collaborateurs Roux et Chamberland, l’aveu que les vaccins recevaient un « activateur » sous la forme « d’une solution de bichromate de potassium au 1/2000e ». Ce poison acide-oxydant puissant, qui seul est actif, détruit les microbes pesteux alcalins-réducteurs, mais prédispose aux désordres cancéreux futurs, essentiellement liés aux milieux oxydants et alcalins, lorsque les acides, dégénérant avec le temps, deviennent alcalins par perte de protons.

En dépit de l’aveu de 1883, qui ne fut connu que de quelques académiciens seulement, – toute publicité ayant été étouffée – malgré cette imposture expliquée, sinon justifiée, par des considérations pseudoscientifiques, Pasteur demeurait immuable, drapé dans sa gloire universelle.

Ainsi donc, l’expérience de Pouilly-le-Fort attribuait aux vaccins un caractère miraculeux. Elle fut la base de leur utilisation mondiale.

Elle est à l’origine des stérilisations pasteuriennes en tous domaines. Cet ensemble de principes erronés devint le fondement d’une nouvelle médecine qui devait, en moins d’un siècle, conduire les populations civilisées aux dégénérescences du corps et de l’esprit : thromboses, cancers, troubles neurologiques, déficiences mentales, malformations congénitales toujours plus monstrueuses aboutissant finalement – par excès d’oxydation – à la drogue, aux violences, au besoin d’autodestruction des sociétés, alors que celles-ci demeurent paisibles et équilibrées lorsqu’elles possèdent la vraie santé.

 

Une grande découverte délaissée.

 

En toute équité, si Pasteur fut un imposteur à Pouilly-le-Fort, il s’était cependant révélé un vrai et très grand savant, à 26 ans – bien avant sa congestion cérébrale – en découvrant la loi capitale sur la caractéristique essentielle de la matière vivante, à savoir : « la propriété scientifique de la constitution dissymétrique de cette matière, conduisant à l’existence d’un pouvoir rotatoire, vis-à-vis de l’action de la lumière polarisée ».

Si cette découverte, aussi prodigieuse que géniale, est restée sans influence marquante sur Pasteur (puisque, par la suite, il devait non seulement la délaisser mais franchement la violer), elle fut aussi incomprise de ses disciples qui n’en mesurèrent pas les immenses conséquences pour l’humanité. Elle fut vite abandonnée au profit des « tripatouillages » chimiques de cultures bactériennes.

 

 

 

Pourtant, il devait revenir au Professeur Pasteur Vallery–Radot – son petit-fils par alliance – de signaler en 1970, au cours de sa dernière intervention à la télévision, quelques semaines avant sa mort, combien son « illustre grand-père » et le monde savant avec lui, avaient eu grand tort de méconnaître l’importance princeps de la découverte précitée sur le « racémique » et le « pouvoir rotatoire » : cette découverte « dépassant de plus de cent coudées en importance toutes les autres, y compris les questions de vaccins sur lesquelles ses disciples avaient beaucoup abusé du nom de Pasteur ».

Il se trouve que cette découverte méconnue de tous, a été reprise, dès 1956, par le Soussigné dans le but de démontrer, à partir des lois électromagnétiques de Faraday, que cet étonnant pouvoir rotatoire de la lumière polarisée, réservé exclusivement aux tissus dissymétriques des êtres vivants, correspondait tout simplement à la manifestation d’un champ magnétique inné propre à de tels tissus. Aucun produit chimique de synthèse ne saurait posséder un tel champ magnétique, puisque, par construction, il correspond à des formations moléculaires symétriques.

Ce fait a été précisé par le Dr Jeanne Rousseau dans une Etude du Sol, préfacée par le Soussigné, et publiée en janvier 1959 à Rennes par la revue Le Pharmacien de l’Ouest . Cette étude exposait pour la première fois, et justifiait, avec mesures bio-électroniques à l’appui, les principes de base de la culture biologique intégrale.

Cette agriculture exclut à la fois :

-en culture, l’emploi de tous les produits chimiques de synthèse. Ils n’ont rien de commun avec le « vivant », et ne sauraient posséder le moindre champ magnétique ;

-en élevage, la pratique des vaccinations. Cette désastreuse pollution « in intima » par vaccins microbiens, conduit les éleveurs à tous les désastres futurs, contaminant les animaux et neutralisant leur champ magnétique. Elle en fait des animaux morts-vivants.

 

 

 

 

 

Les causes de la baisse de mortalité Vaccins ? ou bien eau et hygiène ?

La baisse continue de la mortalité, formellement enregistrée depuis 1890 dans toutes les villes et agglomérations de France, n’est nullement due aux vaccinations.

En effet, l’époque des vaccinations obligatoires n’a commencé qu’en 1920. Celles-ci ont d’ailleurs provoqué instantanément la montée en flèche des décès par troubles circulatoires et cancers.

De même avant le B.C.G. la baisse de la tuberculose était constante et ininterrompue. Mais la remontée de cette maladie fut immédiate dès l’application du dit B.C.G. ! A Clermont-Ferrand notamment et dans de nombreuses villes.

En réalité, il fallut attendre l’occupation allemande pour voir soudain baisser, avec une incroyable rapidité, les mortalités de tous ordres. Malgré les restrictions, ou plus exactement à cause d’elles – le pain blanc et les hydrates de carbone ayant été notamment remplacés par le rutabaga – la tuberculose, les maladies du système circulatoire, les cancers, etc. régressèrent dans la plupart des grandes villes. Pour tous ces cas, les graphiques de mortalité accusent une tendance spectaculaire « vers la baisse », dès l’Occupation et durant toute la période des restrictions jusque vers 1950. A cette date, les courbes remontent aussitôt pour atteindre les niveaux de 1939.

En fait, les baisses de mortalité observées dans le monde entier au cours des 80 dernières années, se révèlent objectivement dues aux progrès de l’hygiène, en particulier de celle de l’eau, à l’amélioration de l’habitat, à l’aménagement de l’environnement (égouts) et au conditionnement des aliments.

Il faut en exclure toutes les mesures abusives de stérilisation des eaux, rendues ainsi hautement thrombogènes et cancérigènes, par des produits super-oxydants (composés chlorés, ozonés, etc.). En fabriquant des cadavres de microbes, puis des virus, ces additifs chimiques jouent, en réalité, le rôle de facteurs anti-vie.

En conséquence, il est aussi faux que néfaste à la Santé publique, présente et surtout future, d’attribuer aux vaccinations un mérite quelconque dans la baisse continue des mortalités générales, constatées partout depuis 80 ans.

En effet, les recherches personnelles du Soussigné portant sur divers continents et les chiffres officiels recueillis sur place, démontrent, de façon péremptoire, que les pays les moins vaccinés – sans obligation vaccinale – sont ceux qui possèdent la plus faible mortalité, pour autant que les habitants disposent d’une eau pure naturelle. Ainsi :

-l’Islande – eau de neige – possède la mortalité la plus faible d’Europe avec 7 pour 1.000 habitants.

-les Pays-Bas – eau de dunes – ont une mortalité de 8 pour 1.000.

-les U.S.A. où les vaccinations, laissées libres, sont peu pratiquées, enregistrent une mortalité de 9,5 pour 1.000. Pourtant on y compte 15 millions d’anormaux mentaux : ce sont là les effets du chlore, fluor et autres produits chimiques ajoutés à l’eau « potable », en général affreusement chlorée par terreur maladive des microbes.

-le Canada : mortalité 7,4 pour 1.000. Vaccinations libres et (en général) eaux pures. Au Québec, la tribu indienne Chicoutimis, non vaccinée, disposant de sources pures, pratiquant une hygiène traditionnelle, présente une mortalité particulièrement faible de 6,1 pour 1.000.

-la France, enfin, pays le plus vacciné au monde, et ainsi le plus empoisonné par les vaccins, atteint, ô surprise, une mortalité de 10,4 en 1974, soit par rapport au taux de l’Islande, un excès de décès, représentant 400 Français offerts chaque jour en holocauste aux impostures du charlatan Pasteur ! L’effet patent des vaccins est, ainsi, de favoriser la mort !

 

Grands crimes vaccinaux

Considérant, que trois personnalités éminentes de France furent victimes des injections vaccinales :

Le Général de Gaulle, mort foudroyé par une crise cardiaque,

Le Président Pompidou, décédé après quatre années d’un douloureux martyre.

André Malraux, enfin, qui ayant accordé foi à l’effet miraculeux des vaccins de la grippe, succomba de la peste vaccinale. Son corps, rapidement devenu noir, (comme ceux des victimes de la fameuse « Peste noire » (1355), qui devait détruire les deux tiers de la population d’Europe !), dut être mis en bière de toute urgence.

Les vaccinations réglementaires furent imposées aux deux hommes d’Etat avant leurs voyages officiels en Amérique, Afrique et Asie. Pourtant, le Soussigné les avait avertis, en temps opportun, des désastres de santé qu’ils devaient attendre de l’inoculation de ces poisons vaccinaux.

Rien ne pouvait y faire. L’immense prestige de l’imposteur de Pouilly-leFort, les conseils des Grands-Prêtres vaccinaux, persuadèrent les plus grands de se jeter au feu.

 

L’eau : deux à trois fois plus de mortalité

 

Les courbes de mortalité des 30 principales villes de l’Hexagone, patiemment établies par le Soussigné à partir de 1890, révèlent entre elles des différences énormes, allant du simple au triple, soit de 5,5 à 16 pour 1000 ces dernières années.

Ces différences entre les taux de mortalité démontrent formellement :

1° l’inefficacité totale des vaccinations, inaptes à uniformiser les conditions de santé entre les groupements humains : par suite, ne possédant aucun pouvoir de redressement ou d’atténuation des maladies.

2° l’incapacité des vaccinocrates à fournir la moindre explication valable sur de pareilles divergences. Comment justifieraient-ils, d’ailleurs, que dans certaines villes françaises, l’on puisse mourir 2 à 3 fois plus que d’autres ? alors que ces écarts, aussi indiscutables que scandaleux, résultent de chiffres officiels !

3° la valeur scientifique de la Bioélectronique qui, par des mesures – quantifiées et qualifiées – explique totalement ces écarts, imputables aux natures très différentes des eaux distribuées aux populations :

-eau relativement pure sans minéraux solubilisés,

-ou alors, eau de rivière polluée, puis chlorée : d’autant plus dangereuse qu’elle est minéralisée (par des carbonates ou des sulfates), telles les eaux minérales supercancérigènes de Vittel et de Contrexéville, ou à un degré moindre, certaines autres eaux en bouteille : Perrier, Evian, etc.…

Une publicité délirante et mensongère, tolérée par des Pouvoirs Publics indifférents, impose ces eaux aux foules, ignorantes victimes sans répit sacrifiées.

 

Tuberculinations et paralysies à Bornholm

 

L’épidémie survenue dans l’Ile de Bornholm (Danemark), de 1930 à 1932, fut la conséquence des premiers essais de tuberculination (B.C.G.) sur des enfants de 7 à 12 ans. Elle fit 8.600 victimes, dont 4.700 paralysés.

Les dits enfants, ainsi hautement contaminés par le test vaccinal de la tuberculine, devaient aussitôt contaminer leurs parents et entourage : des adultes, certains âgés de 80 ans, se trouvèrent soudainement paralysés.

En réalité cette épidémie foudroyante résultait des premiers essais effectués par les promoteurs du B.C.G. et devait aussitôt demeurer rigoureusement secrète dans le monde entier, sous la pression de consignes formelles données par les imposteurs vaccinaux : instituts et fabricants de vaccins.

 

L’épidémie de Bornholm et la complicité des Facultés

 

Ces consignes et ce silence d’infamie perdurent encore aujourd’hui, dans le monde entier, car il n’existe aucun ouvrage dans une quelconque Faculté de Médecine du globe, qui révèle l’origine véritable de l’épidémie explosive et tragique de Bornholm !

Si l’existence de cette foudroyante épidémie est bien partout mentionnée (et pour cause : 8.600 victimes et 4.700 paralysés !), il n’est nullement précisé qu’il s’agissait « d’essais de test tuberculinique ».

On a prétendu qu’on se trouvait en présence « d’une infectation à partir d’un certain semi-virus, une rickettsie » (ni microbe, ni virus, mais pure invention de l’arsenal microbien des imposteurs pastoriens) dont on ignorait, d’ailleurs, d’où il venait : ce qui constitue une monstruosité.

 

La vérité sur la cause réelle de ce drame ne fut découverte qu’en septembre 1968, à la suite d’une enquête faite sur place par le Soussigné, enquête facilitée par le Ministère danois de la Santé publique, lequel ignorait lui-même totalement la véritable cause de cette désastreuse épidémie subie par son pays, et croyait à une épidémie accidentelle d’origine inconnue.

Ce fait suffit, à lui seul, pour démontrer à l’opinion publique mondiale la « bonne foi » des Instituts et fabricants de vaccins, alors qu’ils sont les vrais responsables d’une armée de paralysés, à la suite d’essais, pratiqués sur des humains, d’inoculation de frottis de cultures de bacilles tuberculeux d’origine bovine.

 

Les épidémies bidon :

précipiter aux vaccins les moutons de Panurge

 

Les vaccinocrates, à la première occasion, ne manquent jamais d’annoncer des épidémies mythiques, afin de justifier les vaccins et de relancer commercialement leur utilisation. A cet effet, ils créent une psychose collective de peur devant les dangers encourus par les maladies contagieuses.

Le soussigné dut affronter directement ces maladies au Moyen-Orient en 1952-53, dans des zones et à des périodes de virulences épidémiques maximales. Des villages druzes de 1.000 à 2.000 personnes entassées dans des taudis, sans la moindre hygiène, utilisaient des eaux ultra-polluées, vraies émanations de fosses d’aisance. Circulant au milieu des fiévreux et des mourants, le Soussigné, n’a jamais été victime de la moindre indisposition. Bien mieux, il a su faire disparaître totalement l’épidémie en faisant creuser, en dehors de l’agglomération, en un point choisi par lui, un puits d’eau saine qui fut aussitôt distribuée hygiéniquement aux habitants. Ce succès rapide fut obtenu sans recourir à aucun médicament et, a fortiori, à aucun vaccin ni sérum, alors que, malgré tous leurs vaccins et antibiotiques, les équipes médicales américaines, après des semaines de piqûres, avaient échoué.

 

 

 

Et pourtant les foules moutonnières, savamment ameutées et manœuvrées, continuent à accourir en longues queues, aux lieux de vaccination, centres de fabrication des troubles futurs dont elles seront les infortunées victimes !

Déplorons que, dans cette entreprise de pollutions vaccinales, certains journaux se sont particulièrement spécialisés dans l’affolement des populations (ainsi L’Aurore).

Il est facile de dénoncer des épidémies-bidon. Dès, qu’aux horizons d’Afrique ou d’Extrême-Orient, se déclarent quelques coliques, on parle aussitôt de peste ! de choléra ! de la nécessité de protections urgentes, de vaccins par tombereaux ! On ne nous épargne pas les super-mises en garde grotesques, accompagnées parfois de textes grand-guignolesques : ainsi Paris-Match, dans un article du 15 avril 1977 sur « la menace de l’Arme bactériologique », n’hésitait pas à affirmer « qu’une arme biologique peut affecter irrémédiablement 100.000 km2 et tuer 60 millions de personnes » !

 

Réalité de la malfaisance des vaccins ou la course aux cancers

Si de semblables menaces sont aussi ignobles que ridicules, en revanche la réalité de la malfaisance des vaccins, à tous les stades de la vie et dans toutes les maladies, est d’une évidence indiscutable.

Et c’est bien Pasteur qui, par ses vaccins truqués à l’aide de dangereux produits chimiques, a intoxiqué les foules du monde entier. Actuellement, nombre de vaccins reçoivent des sels de mercure. Or, ce sont de semblables sels – poisons violents – qui, à Minamata (Japon), devaient provoquer d’effroyables maladies, par leur présence à doses minimes dans les eaux.

Pasteur a donc ouvert, fabuleusement, l’ère des dégénérescences, dites « maladies de civilisation » alors qu’elles sont des « maladies irréversibles du pasteurisme ».

Ces maladies, aggravées par la fausse hygiène des stérilisations outrageantes des eaux – traitement par l’eau de Javel, le fluor, l’ozone, l’ammoniaque, etc. – représentent aux U.S.A. les trois quart des maladies seulement en thromboses et cancers ; le quart restant revenant aux maladies mentales.

Les 15 millions d’inadaptés mentaux représentent, à eux seuls, la charge énorme de 20 milliards de dollars par année.

 

Traitement millénaire de la rage par l’eau acide

 

On sait heureusement comment, dans de nombreux pays, soigner efficacement et rapidement la rage sans aucune séquelle, par certaines eaux acides et réductrices : on combat l’hydrophobie par l’obligation de boire au minimum 10 litres d’eau en trois jours.

Cela se pratique, depuis 5 millénaires, dans la région d’Alep (Syrie) avec l’eau du puits dit « de la rage » situé sur la route de Bagdad. Nous avons vu nous-mêmes, sur place, appliquer ces soins avec une réussite rapide et totale. Cette « médecine qui élimine » par l’eau, est en opposition radicale avec l’injection « in intima » de poisons polluants tels les vaccins de M. Pasteur qui souvent tuent, comme de nombreux cas récents l’ont montré.

Aux Antilles françaises, la guérison de la rage est également obtenue, depuis toujours, par « l’absorption d’un jus de plante dont l’effet est immédiat et définitif » (Dr M. de V., natif de la Guadeloupe).

 

Le « médecin acide » de l’âge d’or :

le refus du chimique et de l’anti-magnétique

Rappelons qu’il existe partout dans le monde des moyens traditionnels, souvent très antiques, naturels et à réaction acide (asclepias acida[35] = médecin acide), qui guérissent les maladies infectieuses, sans qu’il soit nécessaire de recourir aux cultures mortelles microbiennes du pasteurisme.

Et déplorons que la France, possédant le super-record de mortalité, le doive à ses lois vaccinales, votées par des parlementaires aussi ignorants qu’inconscients. Les multiples obligations vaccinales imposées aux humains et aux animaux, vouent le peuple et l’élevage de l’Hexagone, chaque jour davantage, à de multiples dégénérescences somatiques et psychiques.

Elles conduisent notre pays aux désastres et à la ruine : 160.000 nouveaux cancers par an, les soins annuels du traitement de chacun d’eux revenant à 49.000 F ( Le Carnet du Cancer , de G. Mathé). Par comparaison, au Danemark, la mortalité n’est que de 7,7 pour 1 000 habitants. Dans ce pays, la liberté des vaccinations est totale pour les humains, tandis que toute vaccination est formellement interdite pour les animaux, en raison du risque de contamination que les bêtes vaccinées représentent pour celles qui ne le sont point. Cette contamination est à l’image des enfants vaccinés à Bornholm, de 1930 à 1932, qui contaminèrent leurs parents et voisinage, parce qu’ils étaient devenus de dangereux porteurs de germes.

Toutefois la libre vaccination, pour ceux qui la désirent, devrait n’être pratiquée que sous réserve de leur mise en quarantaine, afin que ces vaccinophiles, devenus contaminés dangereux, ne puissent polluer les autres ! Ce qui a été confirmé par de nombreuses observations faites, depuis 10 ans, par les médecins allemands pratiquant la Bioélectronique.

Pour le bétail, par contre, toutes les vaccinations microbiennes doivent être rigoureusement interdites, à l’exemple du Danemark : leur poursuite ne pouvant conduire qu’à la ruine des éleveurs français.

Si les cultures sont authentiquement biologiques et organiques, les bâtiments sains, l’eau pure et acide, alors les maladies régresseront, ainsi que le démontrent de nombreuses exploitations d’Auvergne qui, remplissant ces conditions et n’utilisant aucun vaccin, ignorent la maladie.

Dans cette optique, le vétérinaire ne doit plus être celui qui vaccine et injecte des poisons aux animaux, mais « l’homme de l’art », chargé de maintenir et de contrôler la santé vraie dans les élevages :

-en éliminant les causes de contamination ;

-en déconseillant, de concert avec l’agronome, les engrais chimiques de synthèse qui n’ont aucun rôle à jouer dans les cultures destinées, directement ou indirectement, aux besoins des humains ;

 

 

 

-en préconisant les techniques de fermentation douce des engrais organiques, les seules capables de donner le maximum de « magnétisme » (celui du vrai savant Pasteur) et par suite d’apporter aux cultures le plus grand « potentiel vivant » nécessaire à l’obtention du meilleur profit qualitatif et quantitatif.

L’ermite de Chazeyras a écrit : « l’élevage, c’est foutu. Avec toutes leurs vaccinations, leurs contrôles, « ils » nous transforment nos vaches en colis de produits chimiques.»2

 

Refus formel des vaccins de la mort lente

 

Considérant, dès lors, la gravité de la situation d’ensemble de l’état sanitaire des Français, ainsi que de l’Agriculture et de l’Elevage français.

Considérant l’état très profond des dégénérescences toujours plus accentuées, dans tous les domaines. Par exemple, parmi ces désordres intenses, l’oligospermie, fléau de la stérilité française, en augmentation continue, qui est provoquée par les super-oxydations des vaccinations, stérilisations et antibiotiques en tous genres, ainsi que les travaux de Bioélectronique l’ont démontré.

Considérant que les dangereuses mesures précitées, profondément perturbantes, conduisent le « terrain organique » à l’opposé des conditions

 

2 Delaigues, Les Auvergnats sont incroyables, Ed. Source d’Or,

63200 Marsat.

princeps qui ont présidé à la création de la vie, qui n’a pu exister, à l’aurore des temps, et ne peut, actuellement, se construire, se conserver et se renouveler, que dans un milieu acide et réducteur (donateur de protons et d’électrons), créateurs ensemble de champs électromagnétiques ;

Tandis qu’au contraire les fondements des dégénérescences se trouvent profondément implantés dans les états alcalins (anti-protons) et oxydants (anti-électrons) : en particulier, les vaccins qui, de ce fait, scientifiquement, se révèlent être :

-non des ferments de vie,

-mais bien des agents super-actifs de dégradation, de souffrances et de morts : véritables « fabricants » de cancers.

Considérant enfin que les obligations vaccinales françaises compromettent gravement le devenir du Capital humain du pays, qui représente, de très loin, le plus noble et le plus précieux de tous.

Considérant que le dit « intérêt public » constitue, en réalité, la loi suprême, bien que non écrite, de notre République ; qu’elle doit être respectée, par priorité absolue et en toutes circonstances, par tous les citoyens, par la force et le sang s’il le faut.

Considérant que, d’autre part, les lois obligatoires de pollutions vaccinales ont été votées à la sauvette par des Parlementaires aussi incompétents que tenus mal informés des conséquences réelles et criminelles de ces vaccinations : qu’en vertu d’un abominable paradoxe, on a fait croire aux législateurs comme aux assujettis, que l’injection de pourritures microbiennes et chimiques, imposée à toute une Nation, devait lui assurer une véritable Santé publique, ce qui procède d’une incroyable logique d’abomination.

Considérant qu’en définitive, les effets criminels d’un pasteurisme démentiel étant désormais connus et confirmés, tant par les faits précités que par les innombrables mesures bioélectroniques effectuées.

Il importe d’en tirer concrètement toutes les conséquences pratiques dans l’intérêt de la France et aussi celui des pays qui voudront bien entendre et comprendre, après avoir été bernés par l’imposture pasteurienne.

En faisant ainsi disparaître les fléaux des thromboses, cancers et troubles neuro-cérébraux, préfabriqués puis entretenus par les vaccinations, stérilisations et autres pratiques pasteuriennes dangereuses, renouvelées chaque jour dans l’alimentation, on pourrait contribuer à la bonne exécution du Plan Barre en économisant 50 milliards de francs par an sur le monstrueux budget actuel de 100 milliards dépensés en frais de maladie.

 

 

 

 

Le culte d’Hygéa ou « la vraie santé »

 

Considérant que c’est au culte d’Hygéa (Hygie, déesse à la robe blanche immaculée qui, au temple d’Epidaure, trônait à côté d’Esculape, dieu de la médecine, en sa qualité de gardienne souveraine de la vraie santé), qu’il faut désormais nous consacrer. Ainsi, pourra s’ouvrir l’expérience de la « longue et heureuse vieillesse des Patriarches sans maladie, qui, paisibles, quittaient un jour ce monde comme on s’endort », selon la relation d’Hésiode sur l’Age d’Or de l’humanité.

C’est donc à cet antique culte, que nous pratiquons depuis 40 ans, et dont la Bioélectronique a, depuis longtemps démontré la fabuleuse validité, qu’il nous faut revenir d’urgence, en renonçant, pour toujours, aux dégradations et stérilisations d’un Imposteur : mais en appliquant, par contre et sans cesse, la magistrale découverte d’un grand savant appelé Pasteur qui, en révélant le « magnétisme » du vivant, a découvert la suprême loi de la vie. Alors que le cancer, qui correspond à l’anti-magnétisme et à la débâcle biologique, ouvre largement, avant la « mort-délivrance », les portes maudites de la souffrance.

 

Le vaccin anti-grippe ou l’injection de la peste

 

Rappelons-nous les paroles d’André Malraux : « Ce qu’il faut craindre, ce n’est point tant la mort, que la souffrance ». C’est pour cela que, soucieux de lui échapper, l’auteur de La Condition humaine, s’était fait injecter au début de ses derniers automnes, le vaccin contre la grippe !

A la suite de la première injection, il fut aussitôt paralysé, bientôt tenu pour mort, puis doucement reprit vie. Très amoindri, il écrivit son ultime ouvrage Lazare , exposant, à la fois, ses souffrances et ses pensées durant la période de semi-conscience qu’il avait vécue.

A l’automne 1976, la deuxième injection du vaccin anti-grippal, lui fut fatale. Elle devait bien vite le gratifier de la « dépouille mortelle recroquevillée et toute noire » d’un pestiféré.

 

Le malheureux n’avait pas compris et, surtout, n’avait rien retenu de ses réflexions durant sa demi-mort, provoquée, à l’évidence, et sans que son esprit s’en doute un seul instant, par le vaccin contre la grippe.

Paix aux cendres d’un écrivain illustre qui fut victime, lui aussi, de sa croyance au caractère miraculeux des vaccins de l’imposture ! Avec eux, espérant éloigner la souffrance, il ne pouvait que rencontrer la mort !

 

RÉSOLUTION

Les 250 Congressistes,

-réunis, en ce 7 mai 1977, à la Mairie de Tours, à l’occasion du VIIIe Congrès de la Fédération nationale de Défense de la Culture biologique et de Protection de la Santé des Sols,

-sous la présidence de Monsieur René Ménard, Président de la Fédération,

– après avoir entendu, en sa conférence sur L’imposture pasteurienne , le Professeur Louis-Claude Vincent, puis le résumé de celle-ci, joint à la présente résolution,

Ont délibéré et décidé à l’unanimité, d’après le vote suivant :

Pour : 250 voix

Contre : néant

Abstentions : néant

De l’approuver entièrement, en toutes ses conclusions, basées sur la science bioélectronique, l’expérimentation et des faits indiscutables ;

Demandent

Que le Gouvernement français, officiellement saisi de la présente résolution et du résumé joint de la Conférence du Pr Louis-Claude Vincent, veuille bien étudier, de toute urgence, l’abolition des lois d’obligations vaccinales, véritable fléau national, découlant de l’imposture de Pasteur ; lois auxquelles sont condamnés les Français, au détriment de leur santé, de celle de leur famille, de leurs troupeaux et de leur avenir, comme au grand dommage de l’Economie nationale tout entière, et spécialement de la Sécurité Sociale dont l’équilibre est compromis davantage chaque année.

 

Aux fins de cet examen, le Professeur L.-Cl. Vincent ouvrira ses dossiers et les exposera aux Autorités responsables concernées, en particulier au Ministre de la Santé Publique, et cela, en sa qualité « d’éminente Autorité scientifique »[36] reconnue par le Gouvernement français, lors du Congrès de Bio-électronique réuni le 14 février 1976 à Konigstein (Allemagne Fédérale), qui, à cette occasion, a tenu à le faire féliciter pour « ses travaux bio-électroniques qui n’ont d’autres soucis que l’amélioration de la vie humaine, l’adoucissement des souffrances et la guérison des maux . »

 

 

 

*

 

 

 

 

 

* *

 

 

 

 

d’agriculteurs et d’éleveurs en agriculture biologique, avec le vote d’une résolution, rend témoignage de son souci constant de la santé collective, nécessaire complément à l’action individuelle propre au médecin traitant. On rapprochera cette démarche de l’Appel de Paris, lancé en 2003 par diverses personnalités du monde médical, en particulier par le Pr Dominique Belpomme (Université Paris V). Concernant l’impossibilité de lutter contre le cancer et les maladies de dégénérescence sans agir sur l’environnement, relire l’article de ce Chargé de mission pour la mise en œuvre du Plan Cancer dans Le Cep n°30 : Notre siècle sera écologique ou nous ne serons plus, p.62.

 

BIBLE

 

 

 

La « nuit grandiose » : Ramadan ou … Noël ? Jean-Marie Mathieu

 

Résumé : On a coutume de comparer le ramadan au carême, bien que cette comparaison tourne court : dès le coucher du soleil en effet, toute restriction tombe et l’esprit festif domine, de là notre expression « faire du ramdam ».

La comparaison avec la fête de Noël est bien plus profonde. A la nuit de Noël, le 25 du neuvième mois après l’Annonciation, descend sur la terre le Verbe divin incarné. Le ramadan est le neuvième mois de l’année arabe (alors calée sur le soleil), et la 25ème (ou 27ème ou 29ème) nuit de ce mois, est fêtée la « nuit grandiose » (leilat al-qadr) durant laquelle, pour l’Islam, le Coran est descendu du ciel. Si l’on considère que la rédaction du Coran, achevée par le calife Othman, a duré jusqu’au dixième siècle, sur un territoire déjà imprégné du christianisme, on ne sera pas surpris de cette correspondance.

 

Pour plus d’un milliard de croyants, le livre saint de l’Islam, le Coran, est la parole d’Allah, « le Verbe incarné, le Souffle divin auquel, inconditionnellement, les musulmans se soumettent sans épiloguer », comme l’écrit Malek Chebel en son Dictionnaire des symboles musulmans.[37]

Pour plus de deux milliards de chrétiens, Jésus est le Verbe fait chair, né de la Vierge Marie. La fête de Noël, universellement connue, célèbre l’anniversaire de la naissance du Fils de Dieu réellement ‘descendu’ parmi nous. L’Église primitive avait fixé la date de la fête de la Nativité par rapport au 25 mars, jour anniversaire de la mort du Christ en croix, sous Ponce-Pilate, à Jérusalem, une veille de Pâque juive. Tertullien le premier en fit écho au II° siècle, ce qui implique qu’il était déjà traditionnel de dater – et donc de célébrer – au 25 mars la Passion du Seigneur. Progressivement le 25 mars fut lié à l’Annonciation et à la conception du Messie dans le sein de la Vierge de Nazareth.

À la fin du III° siècle, la date de la fête de la Nativité était définitivement fixée : le 25 décembre en Occident, et le 6 janvier en Orient, en raison d’une différence de calendrier. Depuis lors, chaque Noël traditionnellement à minuit, en plein cœur de l’hiver, les chrétiens fêtent la naissance du Verbe descendu du Ciel, Jésus, vrai Dieu et vrai homme, Soleil levant, l’invincible vainqueur des ténèbres. Depuis l’Annonciation, 25 mars, peu après l’équinoxe de printemps, jusqu’à Noël, 25 décembre, quelques jours après le solstice d’hiver, on compte bien neuf mois, durée normale de la gestation humaine.

Quand on parle du ramadan, tout le monde sait qu’il s’agit du jeûne rituel, quatrième pilier de la religion islamique, qui oblige tout croyant musulman en mesure de le faire, de s’abstenir de manger et de boire durant les trente jours que dure le mois, de ramadan précisément, depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil. Dès la nuit tombée, il est licite de se restaurer, d’où l’origine de notre expression populaire française: faire du ramdam ! pour dire : faire du vacarme ! Ce temps de jeûne de 30 jours peut rappeler le Carême, bien sûr, durant lequel les chrétiens jeûnent 40 jours en souvenir des quarantaines bibliques de Moïse (Ex 34, 28), d’Élie (1 R 19, 8) et surtout de celle de Jésus (Lc 4, 1) inaugurant sa mission messianique par un acte d’abandon confiant au Père des cieux.

Or il est d’autres aspects de ce mois de jeûne, moins connus mais fort significatifs, qui permettent de comparer le ramadan à la fête de Noël. Que remarque-t-on, en effet, dans le Coran, Sourate 2 dite alBaqara ‘la Vache’, verset 185, lu dans la traduction proposée par Jacques Berque[38]? Cette première indication qui donne à penser : « Le mois de ramadan est celui pendant lequel fut commencée la descente du Coran, en tant que guidance pour les hommes… »

Ramadan était le nom d’un des douze mois dans l’Arabie pré-

islamique. Grâce à un mois intercalaire qui permettait de maintenir les mois lunaires dans le cadre de l’année solaire, il tombait toujours durant les fortes chaleurs de l’été.

De là son nom arabe signifiant ‘brûlé par le soleil’, du mot ramad = coup de chaleur.

Depuis que l’Islam supprima le mois intercalaire ( cf. Sourate 9, verset 37 ), l’année lunaire – et donc avec elle le mois de ramadan – est en décalage de onze jours environ sur l’année solaire, puisqu’elle ne comprend que 354 jours, 8 heures, 48 minutes et 36 secondes. Ramadan peut donc se retrouver parfois en pleine froidure ; imaginons un peu, avec le calendrier républicain de Fabre d’Églantine, le mois de ‘thermi-dor’ qui tomberait au beau milieu de la saison des frimas… Mais l’important n’est pas là, il est de constater que le ramadan, durant lequel le Coran est ‘descendu’ afin de s’incarner en quelque sorte ici-bas, est le neuvième mois de l’année lunaire musulmane. Mois d’autant plus remarquable qu’il ne fait pas partie des ‘quatre mois sacrés’ indiqués en Sourate 9, verset 36 : à savoir le 1° almoharram, le 7° radjab, le 11° doul-qaada et le 12° et dernier doul-hijja. Notons cependant qu’al-moharram (dit aussi moharram al-haram), mois qui ouvre l’année musulmane, signifie littéralement ‘Le Sacré’. Nouvelle indication, la deuxième, donnant à penser : la ‘descente’ du Coran sur Mahomet, le prophète de l’Islam, aurait eu lieu de nuit. Mais lisons la Sourate 44, celle de ‘La Fumée’, versets 3 à 5 :

« C’est Nous qui en avons commencé la descente par une Nuit de bénédiction…(c’était Nous les donneurs d’alarme ). (Une Nuit) où tout ordre de sagesse est tranché … »

Deuxième indication à compléter par la Sourate 97, dite alQadr ‘Grandeur’, qui lui consacre entièrement ses cinq versets :

« Au nom d’Allah, le Tout miséricorde, le Miséricordieux !

C’est Nous qui le fîmes descendre dans la Nuit grandiose. Qu’est-ce qui peut te faire comprendre ce qu’est la Nuit grandiose ? – La Nuit grandiose vaut plus qu’un millier de mois, en elle font leur descente les anges et l’Esprit, sur permission de leur Seigneur, pour tout décret.- Salut soit-elle jusqu’au lever de l’aube ! »

Jacques Berque, qui traduit l’arabe Laïlât al-qadr par ‘la Nuit grandiose’, prend soin de préciser ici, en note, que « la traduction traditionnelle de qadr, et non pas qadar, en ‘destin’ ou ‘destinée’ perd quelque peu de vue la signification du mot, qui réfère avant tout au pouvoir grandiose de Dieu.

Grandeur, sublimité. Tel est le sens retenu par le Dictionnaire coranique de l’Académie du Caire. » (op. cit. p.689 ).

Ce texte étant important, parcourons d’autres traductions. Régis Blachère comprend « La Destinée »[39]. Édouard Montet donne « Le Décret divin », spécifiant que « le mot du texte arabe Kadr signifie : pouvoir (divin), décret (divin). »[40] Denise Masson raccourçit en « Décret », ajoutant en note « Ou bien : de la destinée. »[41] Kasimirski, lui, reprend le mot arabe « Al-qadr », précisant qu’il désigne ‘la puissance’.[42] André Chouraqui pense pouvoir écrire « La Puissance al-Qadar » [sic][43]. Pour le théologien musulman Khurtoubi, ce mot peut prendre aussi le sens de prédestination ; si bien que ce serait durant la nuit d’al-Qadr que le Seigneur prédestinerait tous ses dons. Malek Chebel veut bien se ranger à cette idée, puisqu’il écrit que la prédestination : al-qadr, « symbolise la toute-puissance divine, sa capacité d’anticiper toute chose (prédéterminisme) et finalement sa prévalence discrétionnaire sur l’homme. » (op. cit. p.349).

Voilà qui ressemble à la tradition rabbinique interprétant la prière ‘Ou-netanneh toqef’ de la liturgie de Roch ha-chanah, ou Début de l’année juive, et du Yom Kippour, ou Jour du Grand Pardon, dans le cadre de cette question de la prédestination. La phrase : « Le jour de la nouvelle année, tout est décrété, et le jour de Yom Kippour est scellé qui doit vivre et qui doit mourir » paraît en effet contenir l’idée de prédestination du sort de l’homme pour l’année qui vient. ( En rappelant que le judaïsme met alors en valeur le Pardon divin ). On pourrait également mentionner le Targum – version araméenne de la Thorah – qui, à propos de la nuit de la Pâque d’Exode 12, 42, commente : « C’est une nuit de veille et prédestinée… »[44].

Enfin, demandera-t-on : à quelle date doit donc être célébrée cette fameuse Nuit grandiose ?

 

Pour ceux qui ont suivi notre raisonnement jusqu’ici, il est facile de deviner que cette date ne se trouvera pas, disons, dans la première quinzaine du mois de ramadan. En fait, troisième indication qui donne à penser, cheikh Hamallah Diagana précise, en son livre sur Le jeûne du ramadan, à la lumière du Coran et de la Sunnah (Beyrouth, éd Albouraq, 2004) page 120, qu’un hadith met l’accent sur la nécessité de rechercher la nuit du Qadr parmi les dernières nuits impaires du ramadan. « Ainsi pour déterminer de quelles nuits il s’agit, en commençant à compter à partir de la vingtième, on tombera sur les trois nuits du 25, 27 et 29. » Si la majorité des jurisconsultes musulmans considèrent actuellement qu’elle doit être fixée à la vingt-septième du ramadan, il n’en reste pas moins que la date du 25, toujours possible, fait signe aux esprits attentifs …

Donc, chaque année, en cette Laïlât al-qadr, Nuit grandiose, Nuit du Décret, Nuit de la Puissance, la 25°, 27° ou 29° du neuvième mois du calendrier lunaire, l’Islam commémore la ‘descente’ du Coran. Nuit de ferveur religieuse qui continue – encore aujourd’hui – à nourrir une part du merveilleux chez l’enfant musulman.

Christoph Luxenberg, au terme d’une analyse philologique originale, mais que certains spécialistes de la religion musulmane ne trouvent pas assez solide, en est venu à comprendre que « ce n’est point dans le Christ que le Verbe de Dieu s’est incarné, mais dans le Coran. Autrement dit : au concept théologique chrétien de l’incarnation du Logos (al-Kalima) dans le Christ, la théologie islamique a opposé la parole de Dieu incarnée dans le Coran. Par conséquent, ce n’est pas l’enfant Jésus qui est né en cette nuit al-qadar [sic] : durant celle-ci, c’est le Coran qui est

descendu sur la terre. » [45]

 

 

 

Considérons maintenant ce paradoxe : d’une part les Sourates 2, verset 185, et 97, verset 1 affirment que le Coran est ‘descendu’ pendant une nuit du mois de ramadan ; d’autre part, la tradition exégétique s’ingénie à préciser les circonstances particulières de la ‘descente’ de chaque verset tout au long de la vie du prophète de l’Islam, soit pendant quelque vingt ou vingt-trois ans. Pour concilier ces deux affirmations, les penseurs musulmans disent que, pendant le mois de ramadan, le Coran est descendu globalement de la Table céleste où il était conservé près du trône divin jusqu’au premier ciel, le plus proche de la terre ; ensuite, il est descendu sur terre au fur et à mesure des circonstances, jusqu’à la mort de Mahomet, en 632 de notre ère. Jacques Berque croyait devoir expliquer que, puisqu’en temps humain, le Coran a mis une vingtaine d’années à descendre, « il doit donc s’agir dans cet emploi [du verbe faire descendre, en Sourate 97, 1] de l’accompli d’une raison ponctuelle, référence aux quelques sourates déjà révélées en tant que symboliques du tout. Une certaine exégèse complique inutilement la question en supposant qu’il s’agit seulement là d’un transfert de l’archétype au ciel inférieur. » (op. cit. p.689) Notre érudit professeur, qui consacra toute sa vie à l’étude de l’Islam, n’a pas compris l’éloquent parallèle de ce paradoxe !

Parallèle fort éloquent, en effet, avec la religion chrétienne professant que si le Logos divin, le Verbe de Dieu, est bien venu en notre monde – naissance fêtée à Noël –, il n’en fallut pas moins quelque trentetrois ans pour que Jésus accomplît effectivement sa mission parmi les hommes, les quatre évangiles en témoignent. Dès sa conception, le Messie est vraiment la Parole du Père manifestée dans la chair, même durant son enfance…silencieuse. L’Éternel fut enclos dans un frêle nouveau-né dormant sur la paille. Le Verbe est descendu, a planté sa tente parmi nous. Le concile d’Éphèse proclama en 431 que Marie, la Vierge de Nazareth, est devenue en toute vérité ‘Mère de Dieu’ Théotokos, par la conception humaine du Fils éternel dans son sein. Ce n’est qu’à la fin de sa vie terrestre que Jésus, sur la croix, dit avant de rendre l’esprit : « Tout est accompli. » (Jn 19, 30).

Si nous connaissons Dieu, c’est parce que, dans le Christ, la Parole se fait chair, devient événement historique et en même temps Exégète du Père et de son dessein d’amour.

Bien entendu, à l’heure actuelle les spécialistes de la religion musulmane en arrivent à la conclusion que l’histoire du Coran ne peut être étudiée qu’en la considérant dans un cadre spatial et temporel élargi ; car si la présentation traditionnelle insiste sur le fait que le Livre saint de l’Islam est apparu dans le cadre restreint du Hedjaz ( La Mecque et Médine ) et à l’intérieur d’une période assez brève, l’historien est amené à considérer que non seulement la collecte – commencée par Abû Bakr et terminée par ‘Uthmân –, mais la rédaction même des textes coraniques a duré jusqu’au début du X° siècle. Le ‘Livre d’Allah’ est donc, dans sa réalité observable, le résultat d’un travail effectué par plusieurs personnes sur deux siècles environ.

De plus, Alfred-Louis de Prémare, professeur émérite à l‘université de Provence, Aix-Marseille-I, dans son dernier ouvrage[46], observe que si le Coran est en grande partie un livre opaque, c’est parce que ceux qui l’ont composé ont voulu l’abstraire « de tout cadre historique précisément désigné… » Rappelons-nous ce petit détail – grande ‘leçon’ – de la Nuit grandiose à la fin du mois de ramadan : comme la date en varie chaque année de onze jours, suivant le calendrier lunaire musulman, cette Nuit semble ‘flotter’ hors du temps, hors saison, hors de tout cadre habituel ; en contraste violent avec la fête de Noël, toujours célébrée au début de l’hiver, lorsque la lumière prend le pas sur la ténèbre. On comprend dès lors pourquoi il est inutile de rechercher l’équivalent de l’Annonciation au 25°, 27° ou 29° jour d’al-moharram, premier mois de l’année musulmane : si le Coran est bien ‘descendu’ lors du neuvième mois, l’analogie s’arrête là. Jésus est le ‘fils de Marie’ qui ne vécut que trente-trois ans ici-bas ; le Coran, lui – et non Mahomet – est incréé.

« De quelque façon qu’il soit récité, de quelque façon qu’il soit écrit, en quelque lieu qu’il soit lu, en quelque endroit qu’il se trouve, qu’il soit dans le ciel ou appris par cœur sur la terre, qu’il soit sur la Table bien gardée ou sur les feuillets, qu’il soit tracé sur les planchettes des enfants ou qu’il soit gravé dans la pierre, dans tous les cas et dans tous les lieux, le Coran est la parole de Dieu incréée », telle est la croyance des musulmans, reprenant la profession de foi d’un Ibn Batta du X° siècle de notre ère [47].

De cette manière fut soulignée la continuité-rupture entre la foi nouvelle des conquérants arabes et les religions qu’elle trouvait sur son chemin, le judaïsme bien sûr, mais aussi le christianisme. La Nuit grandiose n’est pas la nuit pascale prédestinée, ni la nuit de Noël, bien que certains traits l’en rapprochent. L’islam, dernier venu, prétend englober, restaurer, corriger la révélation antérieure édulcorée, devenue caduque. Dans la mesure où les Écrits bibliques ne concordent pas avec les affirmations coraniques, c’est que les juifs et les chrétiens ont falsifié leurs textes fondateurs. « Ce thème qui a hypothéqué les relations entre juifs, chrétiens et musulmans, écrit Roger Michel CSSR, est cependant remis en cause aujourd’hui par de sérieux exégètes et théologiens musulmans et chrétiens. »[48] Souhaitons-leur bon vent et bon courage !

N’oublions pas cependant la dureté de certains passages niant l’Incarnation; ainsi Sourate 5, verset 72 : « Dénégateurs sont bien ceux qui disent que Dieu serait le Messie fils de Marie ; alors que le Messie a dit : ‘Fils d’Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre’. Quiconque associe à Dieu, Dieu lui interdira le Jardin, il n’aura pour asile que le Feu. » En regard, citons la phrase célèbre de l’apôtre Jean : « À ceci reconnaissez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu » (1 Jn 4, 2). Le philosophe Rémi Brague remarque finement : « les gens, musulmans ou non, citent à l’envi des versets ‘gentils’. Le meurtre y est interdit ; juifs et chrétiens y sont invités à un dialogue pacifique, voire, les éléments communs entre les fils d’Abraham y sont soulignés, etc. (…) Seulement, on oublie un détail : tous ces versets ont été abrogés par un unique verset, l’un des derniers [ révélés, en l’occurrence le 5° de la Sourate 9 ], qui commande de tuer tous ceux qui associent au culte du Dieu unique un autre être (mushrikûn), de les tuer où qu’ils se trouvent, sans droit d’asile donc. C’est seulement s’ils se soumettent et payent l’impôt dans une situation d’humiliation, ‘en se faisant petits’, qu’ils ont le droit d’y réchapper. » [49] Pour un musulman, Mahomet étant ‘le sceau des Prophètes’, il est normal de retrouver dans l’islam certains aspects des religions juive et chrétienne : Livre saint, jeûne, pèlerinage, prières, aumônes, théologie des Noms divins, etc. Sachant cela, méditons bien ce qu’ écrivait Jean-Paul II, le seul Pape qui embrassa jamais le Coran dans une mosquée, celle des Ommeyyades à Damas – tout près du lieu où subsiste un monument en mémoire de saint Jean le Baptiste ; c’était le dimanche 6 mai 2001 . Voici ce qu’écrivait ce Pape[50] : « Quiconque lit le Coran, en connaissant déjà bien l’Ancien et le Nouveau Testament, percevra clairement le processus de réduction dont la Révélation divine y est l’objet. Il est impossible de ne pas être frappé par l’incompréhension qui s’y manifeste de ce que Dieu a dit de Lui-même, d’abord dans l’Ancien Testament par les prophètes, ensuite de façon définitive dans le Nouveau Testament par son Fils. Toute cette richesse de l’auto-révélation de Dieu, qui constitue le patrimoine de l’Ancien et du Nouveau Testament, a été, en fait, laissée de côté dans l’islam. Le Dieu du Coran est appelé des plus beaux noms connus dans le langage humain. Mais, en fin de compte, c’est un Dieu qui reste étranger au monde. Un Dieu qui est seulement Majesté et jamais Emmanuel, ‘Dieu-avec-nous’. »

La foi en l’Incarnation du véritable Fils de Dieu, Verbe éternel, est le signe distinctif de notre foi chrétienne. Noël, anniversaire de la venue de l’Emmanuel né de la Vierge Immaculée, est à fêter en toute connaissance de cause.

Voilà, assurément, qui donne à penser…

 

 

************************************

 

REGARD SUR LA CREATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages. » (Romains, 1 : 20)

 

 

 

L’empreinte de Dieu dans un Box-fish Kyle Butt

 

Résumé : Les ingénieurs et dessinateurs de Daimler-Chrysler viennent de concevoir un modèle de voiture étonnant : le gain sur l’aérodynamisme atteint 65% par rapport aux modèles courants (ce qui laisse entrevoir d’importantes économies d’énergie) et, à résistance égale en cas de collision, le poids est diminué d’un tiers. Or cette performance résulte directement de la décision de copier le Box-fish (ou Coffre), dont la silhouette est pourtant très différente de la forme « en goutte d’eau » habituellement recherchée par les concepteurs. Quant à la capacité à amortir les chocs, ce sont des plaques osseuses hexagonales à même la peau qui la confèrent. S’il a fallu des milliers d’heures de travail aux meilleurs ingénieurs automobiles pour aboutir aux formes actuelles, comment imaginer un instant qu’une Nature aveugle soit parvenue en tâtonnant à un résultat fantastiquement supérieur ?..

 

La concurrence fait rage entre les fabricants d’automobiles pour voir lequel d’entre eux peut concevoir le modèle le plus léger, le plus solide, le plus aérodynamique, le plus économe en carburant. Il semble que la société Daimler-Chrysler ait pris récemment quelque longueur d’avance dans cette course en dessinant pour Mercedes-Benz une voiture économique remarquablement performante. L’idée qui inspira cette voiture fut très simple. Les ingénieurs contemplèrent le monde de la nature pour trouver un modèle aérodynamique hautement performant associé à une structure solide pouvant résister aux collisions. Le modèle qu’ils adoptèrent finalement semblait être un candidat improbable: le boxfish.[51]

 

 

 

Au premier abord, le corps du boxfish ne semble pas très aérodynamique. Comme l’indique son nom, il ressemble plutôt à une boite et n’a certainement pas la forme « en goutte d’eau » visée par beaucoup de modèles aérodynamiques. Après examen cependant, la forme et la conception du boxfish s’avèrent remarquablement efficaces. Comme le dit un auteur : « malgré son corps en forme de boîte cubique, ce poisson tropical est en réalité extraordinairement profilé et constitue donc un idéal d’aérodynamisme. A partir d’un modèle de boxfish construit avec précision, les ingénieurs de Stuttgart purent obtenir un coefficient de traînée de seulement 0,06 en soufflerie. » Pour mieux saisir l’importance de ce chiffre, sachons qu’« il améliore le coefficient de traînée des voitures compactes d’aujourd’hui de plus de 65 pour cent. »(« Mercedes-Benz Bionic ». 2005).

 

Mais les qualités aérodynamiques du boxfish ne furent pas les seules caractéristiques utilisées par les ingénieurs de Daimler-Chrysler. La peau du boxfish « consiste en nombreuses plaques osseuses hexagonales assurant un maximum de résistance pour un minimum de poids »(Mercedes-

Benz Bionic).

En copiant cette structure de peau, le constructeur automobile put obtenir « jusqu’à 40 pour cent de gain de rigidité…par comparaison avec les modèles traditionnels. » Le rapport poursuit en disant que si toute la carrosserie était constituée de ces structures hexagonales, le poids de la voiture serait réduit de presque un tiers, sans compromettre la sécurité en cas de collision.

 

Un tel copiage de la nature n’est pas unique. Récemment est apparu un nouveau domaine d’étude appelé « imitation de la vie » [« biomimicry »], où savants et technologues examinent la nature pour trouver les formes et fonctions optimales. Ironiquement, l’auteur de ce qui semble être le premier article sur cette étonnante relation boxfish / voiture, passe à côté de la conclusion logique à tirer de cette imitation du vivant par un bureau d’études (à vrai dire tout comme d’autres savants spécialisés sur cette question), à savoir que l’invention signale un Créateur Intelligent. L’auteur de cet article expliquait que « le boxfish possède des caractéristiques uniques et qu’il est un témoignage exemplaire des ingénieuses inventions de la nature au cours des millions d’années de l’évolution. Le principe de base de cette évolution est que rien n’est superflu et que chaque partie du corps a une finalité – et parfois plusieurs en même temps. » (Mercedes-Benz Bionic)

 

Remarquez la concession faite par l’auteur, que le boxfish, en effet, fait preuve « d’ingénieuse invention. » Une telle affirmation implique que quelque genre de « génie » ou d’intelligence soit derrière l’invention. Cependant, l’évolution est toujours présentée comme un processus entretenu par des hasards naturels, aléatoires, incapables donc de produire quoi que ce soit « d’ingénieux » ou « d’intelligent. »

Finalement, l’auteur déclare que l’évolution ne laisse aucun « superflu » et que chaque partie de l’animal évolué a « une finalité. » Cette remarque est amusante car de nombreux défenseurs de l’évolution utilisent toujours l’argument selon lequel les humains et les animaux possèdent des « organes résiduels » supposés être des vestiges inutiles de l’évolution. En fait, une théorie expliquant trop, n’explique plus rien. D’un côté l’évolution soutient le principe que rien n’est superflu, mais en même temps que l’évolution est un « fait » parce que les animaux et les humains sont prétendus conserver des vestiges devenus inutiles. Comme on le voit, le concept d’évolution est tellement « flexible » et contradictoire qu’il n’a aucune capacité à véritablement expliquer quoi que ce soit.

Bien au contraire, la seule explication valable de la conception optimale du boxfish, est le fait que, chaque fois que nous voyons une forme complexe et efficace, il doit y avoir un créateur intelligent derrière. Considérant que beaucoup des ingénieurs les plus inventifs dont peut s’enorgueillir le monde des constructeurs d’automobiles ont passé des milliers d’heures à copier le modèle du boxfish, qui s’avéra être 65 pour cent plus efficace par certains côtés que ceux mis au point par l’homme, on doit logiquement en conclure que celui qui a conçu le boxfish s’est montré plus abile que les plus brillants ingénieurs automobiles que le monde a produit. « Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici : cela était très bon. »

(Genèse 1:31).

Références :

« Mercedes-Benz Bionic Concept Vehicle » (2005) www.germancarfans.com/news.cfm/newsid/2050607.004 Apologetics Press: www.apologeticspress.org/articles/2770

(Traduction Claude Eon)

 

 

COURRIER DES LECTEURS

De Monsieur B.P. (Ardennes)

 

A propos de la tribune libre du cardinal Schönborn dans le New York Times, je vous signale que l’affaire ne va pas en rester là : d’après la revue Inside the Vatican(octobre 2005), le Président de l’Académie Pontificale des Sciences a déclaré que l’Evolution serait examinée lors d’une future session. En effet le Directeur de l’Observatoire du Vatican, le P. George Koyné, a écrit au Pape pour l’inviter à rejeter la position du cardinal. Inversement, un scientifique américain, William Demsky, qui dirige le Centre pour les Sciences et la théologie au Southern Baptist Theological Seminary, s’est déclaré enchanté de cette future discussion : « Les faits en biologie moléculaire ont tellement changé en 30 ans, dit-il, qu’ils appuient massivement la possibilité du « dessein intelligent » (Intelligent Design) ».

On doit donc s’attendre à d’intéressants débats, d’autant plus que la question est portée devant le tribunal en Pennsylvanie et que les Etat d’Ohio, du Minnesota et du Nouveau Mexique pourrait, à l’instar du Kansas, modifier le contenu des programmes scolaires et retirer à l’Evolutionnisme sa position dominante.

________________________________

 

De Monsieur L.E. (Hérault)

 

L’équipe catéchétique dont je fais partie dispense des hérésies à jet continu ; je veux être armé pour les détruire, et je compte bien me servir de ce que j’ai appris en vous lisant. Merci pour ce que vous m’avez apporté.

 

________________________________

 

 

 

 

 

 

Le Paradis retrouvé

 

 

Carl Christaki

 

 

 

En ce début d’année

(Oh ! le début damné !),

Par Belzébuth donné,

Menant par bout de nez,

 

Ayons des buts d’année

A Dieu subordonnés,

D’un cœur qui bouda, né Loin des abus d’aînés.

 

Alors au bout d’un hé- Roïque bout d’année,

Serons debout, d’un é- Lan ; sans tribut donner

 

Au Belzébuth damné

Qui tient par bout de nez

L’homme, à ses buts donné,

Tout en début d’année…

 

 

 

*

 

* *

 

Index des articles, par thèmes

 

BIOLOGIE

010 Les défenses naturelles anti-infectieuses des animaux et des végétaux CLERCQ Jean-Maurice Dr.

011

La finalité dans le vivant dénote une intelligence (I)

012

La finalité dans le vivant dénote une intelligence (II)

 

FRANÇOIS Marcel

017

L’embryon aurait-il des branchies ? CLERCQ Jean-Maurice Dr.

019

La vie peut-elle surgir spontanément ? ROSEVAER David

020

L’adaptation est une pré-adaptation PÉROTEAU Jean-François

022

La table des nuclides de Karlsruhe

022

Un enfant nous est né CHURCH J.R. Dr.

025

Dolly: Ils ont décloné à mort !!! ou dialogue avec mon neveu sur

le clonage ROULLET Bernard Dr.

025 Clonage du « mulet » américain Idaho Gem:

nouvelle évidence de désinformation… TIMMERMAN Claude 028 L’induction et la répression des enzymes SAGET Hubert

029 Ernest Duchesne (1874-1912) précurseur français de la découverte de

la pénicilline BOUNOURE Louis

030

Le problème de la chiralité McCOMBS Charles Dr.

032

 

L’information en biologie va vers le déclin GIERTYCH Maciej Pr.

 

DATATION

001

La datation des ères géologiques remise en question (I)

002

La datation des ères géologiques remise en question (II)

003

La datation des ères géologiques remise en question (III)

OOSTERWYCK-GASTUCHE MarieC

020 Erreurs de la datation K / Ar dues à l’enrichissement des roches

volcaniques SCRIPKO Konstantin

020 Les limites d’application de la méthode K / Ar pour datation roches jeunes KOLESNIKOV E.

028

L’âge de la terre : quelle importance ? TASSOT Dominique

028

Que savons-nous de l’âge de l’univers ? HENRY Jonathan

029

 

Que savons-nous de l’âge de la terre ? HENRY Jonathan

 

DÉMONOLOGIE

011

Le satanisme aux Etats-Unis (I) MARTIN Malachi

012

Le satanisme dans la société américaine (II) MARTIN Malachi

016

Quelles visions du monde chez les démons ? MYERS Ellen

016

 

 

 

A propos du film « L’exorciste » PRIMAVÈRE Bruno

 

DINOSAURES

020 Les dinosaures dans les chroniques anglo-saxonnes (I)

021 Les dinosaures dans les chroniques anglo-saxonnes (II)

COOPER Bill

022

J.

A la recherche du dinosaure du Congo GIBBONS William

027

Les dinosaures d’Acambaro (I

028

Les dinosaures d’Acambaro (II) SWIFT Dennis

028

 

Les dragons marins BAKER Mace

 

ÉCOLOGIE

008

Écologie chrétienne PONTCHARRA Jean de

016

La nature est un tout harmonieux FRANÇOIS Marcel

030

Notre siècle sera écologique ou nous ne serons plus

 

 

BELPOMME Dominique

 

ÉCONOMIE

005

Les lois du marché DELATOUCHE Raymond

005 L’expérience de Lignières-en Berry SCHREINER Robert

005

L’argent fictif peut sauver un tissu social malade

 

LARDEAU Georges

005

Le miracle de Wörgl au Tyrol LEMAÎTRE Alain

005

L’Ithaca « hour » DELVAUX Joëlle

005

La naissance du dollar TAVERNIER Michel

008

Le chômage ou l’injustice organisée GERMAIN Yves

011

La solution sociale GUILLEMAIND Benjamin

019

De la valeur d’usage à la valeur marchande

DUTRIEUX Janpier

025 Le protectionnisme aux frontières est-il absurde ?

SARLON MALASSERT Michel

032 Concurrence ? GUILLEMAIND B.

 

ÉDUCATION

003 Lettre à une institutrice CLAUDEL Paul

004 Observations et perspectives sur l’école à la maison

PEAVEY Samuel

007 Importance de l’enseignement oral CHRÉTIEN Pierre 010 Que s’est-il réellement passé au Kansas ? MORRIS John D.

013 La preuve par le Kansas TASSOT Dominique

023 Le mythe de Mowgli ou l’enfant animalisé qui devient un

homme DORÉ Isabelle

 

 

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  1. Où l’on voit comment un théologien éminent peut faire montre d’une grande naïveté politique. On a pu en dire autant de Pie XI.

  2. Découverte qu’il reste nous encore à “digérer”, dont les conséquences commencent seulement à se faire sentir car elles requièrent jusqu’à l’adoption d’un nouveau « paradigme » : le rejet du scientisme mécaniste, et la réintroduction dans la pensée scientifique des considérations de finalité, d’harmonie et d’intelligence créatrice.

  3. Il semble que la moindre cellule vivante abrite des milliers de réactions biochimiques simultanées (certains en comptent jusqu’à 100 000 !). Et même si les opérations de la pensée laissent une trace dans notre cerveau (de là le « détecteur de mensonge » d’usage courant dans l’Administration américaine), le nombre des connexions cérébrales, souvent uniques, y dépasse le nombre des feuilles d’arbres dans les forêts du Canada !..

  4. La tendance actuellement, dans les analyses des laboratoires biologiques, est de se prendre chacun pour étalon et de mesurer les écarts par rapport aux valeurs antérieures du même paramètre. On contourne ainsi le problème des valeurs « normales ».

  5. Et encore ! Ce n’est plus vrai que pour les vétérinaires, qui ont à proportionner les doses du médicament au poids de l’animal. Mais pour l’homme, la posologie figure désormais en détail sur la notice, y compris la dose destinée aux nourrissons.

  6. Qui n’en sont pas : un faciès lithologique ne constitue pas un marqueur chronologique. Ainsi les outils taillés aujourd’hui par les Boshimans (Bushmen) du désert de Kalahari, en Afrique du Sud, sont identiques aux outils préhistoriques. Pourtant, même s’ils n’ont pas d’état civil, on ne croit pas sérieusement que, tels des immortels, nos Boshimans soient nés il y a des milliers d’années, à « l’âge de la pierre » !

  7. Note inédite de Francis Sanchez. Mais si l’on supprime ce filtrage des publications, le public sera incapable de distinguer entre les thèses farfelues et les travaux sérieux. On le voit, la question n’est pas simple !

  8. Extrait de The Human Body: An Intelligent Design. (2è Edition, 2001) pp.128-132.

     

  9. Morris, H.M.,Men of Science,men of God. Master Books, 1988

  10. « Emergent » signifie ici « naissant de façon inattendue ou comme un développement nouveau ou perfectionné » (NdT).

  11. Kaufmann, D.A., Design in the human body, C.R.S.Q. 11(2): 91-94, (1974)

    Mechanical Design in the human body, C.R.S.Q. 18(3): 155-158, (1981)

    Anatomical evidence for creation: Design in the human body, C.R.S.Q. 31(1): 35-41 (1994)

  12. Fabriquant connu de matériel informatique.

  13. Communication personnelle à l’auteur.

  14. National Geographic-France, Novembre 2004, pp. 30-63

  15. Denton, Michael: Évolution, une théorie en crise, Londreys 1988, p. 356

  16. Ibid. p. 359

  17. Lewontin, Richard, « Billions and Billions of Demons »: The New Yorker, 9 Jan. 1997, p. 31

  18. De Vries, Hugo, Species and Varieties: their origin and mutation, 1905, pp. 825-826

  19. Magazine of Natural History: VIII:40-53, 1835

  20. Berthault, Guy, « Les principes de datation géologique en question », Fusion N° 81, Mai-Juin 2000, pp.32-39.

  21. Simpson, George Gaylord, Life in the Past, 1953, p.125.

  22. Gingerich, Philip, »The Whales of Tethys », Natural History April 1994, p. 86

  23. Martin, Anthony, « Whales and Dolphins » Londres, Bedford Ed., 1990, p.12

  24. Denton, Michael, Op. cit. p. 159

  25. Keith, Arthur, The Human Body, Londres, Butterworth Ed., p. 94 16 Cf. D.Tassot, Haeckel démasqué, Le Cep n°6, février 1999.

  26. Sagan, Carl & Druyan, Ann, : The Question of Abortion, Parade Magazine, 22 April 1990, pp. 4-8.

  27. Sala, Monica & Wain-Hobson, Simon: Are RNA viruses adapting or merely changing?

    Journal of Molecular Evolution 51: 12-20, Juil. 2000

  28. Ayala, Francisco, The Mechanisms of Evolution, Scientific American 239 [3]: 56-69,

    Sept.1978, p. 65

  29. Wieland, Carl, Superbugs not Super After All, Creation 20 [1]: 10-13, Dec 97/Fev.98, p. 11

  30. Grassé, Pierre-Paul, The Evolution of Living Organisms, N.Y. Academic Press, 1977, p. 87

  31. Margulis, Lynn & Sagan, Dorion, Acquiring Genomes: A Theory of the Origins of

    Species; N.Y. Basic Books, 2002, pp. 11-12

  32. Lipson,H.S., A Physicist Looks at Evolution, Physics Bulletin 31: 138, Mai 1980

  33. Reconstitution effectuée à partir de différentes sources (dont la thèse de Jean-Pascal Brebion : Deux cantons vendéens dans la fièvre des inventaires. 1988 ) et de témoignages, en particulier de celui de Joseph Pénot (1909-2003), pharmacien à Pouzauges, dont le père était un des « résistants » qui se sont enfermés dans l’église de Pouzauges lors des Inventaires de 1906.

  34. Un de leurs ancêtres, Pierre Bernard, 22 ans, avait été condamné à mort le 18 janvier 1794 par la Commission Militaire de Nantes pour avoir participé à la « Virée de Galerne » pendant la guerre de Vendée.

  35. La plante d’Asclépios (le dieu de la médecine, en Grèce antique), vulgairement appelée « dompte-venin ».

  36. En 1955, le Pr L.-Cl. Vincent avait également été nommé Professeur à l’Ecole d’Anthropologie de Paris par Louis Marin, ancien Ministre de la Santé Publique. Son souci permanent, dans tous les pays où il fut appelé, avait toujours été d’alerter les autorités et de les associer aux mesures de salubrité et de médecine préventive qu’il préconisait. La démarche faite envers le Gouvernement français à l’issue de ce Congrès

  37. Paris, A. Michel, 1995, page 114.

  38. Le Coran, Paris, Albin Michel, 2002.

  39. Le Coran, traduit de l’arabe, Paris, Maisonneuve, 1957.

  40. Le Coran, Paris, Payot, 1958, tome 2d, page 392.

  41. Le Coran, Paris, Gallimard NRF, 1967, p.762.

  42. Le Coran, Paris, Garnier-Flammarion, 1970, p.490.

  43. Le Coran, l’Appel, Paris, Robert Laffont, 1990.

  44. Sources Chrétiennes n° 256, Cerf, 1979, p. 96, notes de Roger Le Déaut CSSp

  45. On lira son article ‘Noël dans le Coran’ pp.117-138, in Enquêtes sur l’islam (Paris,

    DDB, 2004) d’Anne-Marie Delcambre et de Joseph Bosshard en hommage au lazariste Antoine Moussali.

  46. Aux origines du Coran (Paris, Téraèdre, 2004), p.136.

  47. cf. Supplément aux Cahiers Évangile 120, Paris, Cerf, 2002, p. 34.

  48. cf. Chemins de Dialogue n° 24, Marseille, 2004, p.111.

  49. cf. Œuvre d’Orient n° 732, Paris, 2003, p. 662.

  50. page 152 de son livre Entrez dans l’Espérance ( avec la collaboration de Vittorio Messori, Paris, Plon-Mame, 1994).

  51. Le nom scientifique du « boxfish » est ostracion cubicus. En français ils est aussi appelé « coffre ». Poisson osseux à carapace rigide faite de plaques polygonales. Les nageoires et la queue sont seules mobiles. Comme il est désigné sous ce nom de boxfish chez les marchands de poissons exotiques, nous conservons ce nom dans le texte. (NdT).


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