Revue du CEP numéro 38

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Encore du nouveau à l’Est Dominique Tassot

Résumé : Dans la hiérarchie orthodoxe russe, certains ont pris conscience des erreurs engendrées par l’évolutionnisme et s’y opposent. Ils sont donc réticents devant l’œcuménisme avec l’Église catholique, considérant que « sans la vérité chrétienne complète » un rapprochement serait futile. Et dans la communauté scientifique russe, la peur de remettre en cause l’âge de la terre ne suffit pas à paralyser la recherche scientifique. C’est ainsi que le vice-président du CEP, Guy Berthault, vient d’être invité à présenter ses travaux dans un congrès de géologie à l’Académie des Sciences de Moscou. De même, en Pologne, le Secrétaire d’État à l’Éducation a déclaré : « Nous ne devrions pas enseigner le mensonge (de la théorie de l’Evolution) de la même manière que nous ne devrions pas enseigner le mal au lieu du bien ni le laid au lieu du beau ».Ce n’est pas un hasard si les pays qui ont repoussé le carcan idéologique du marxisme voient aujourd’hui les fruits de cette liberté intellectuelle qu’ils ont su mériter.

Dans le Cep n° 31 (p. 41) nous avions reproduit une lettre du Patriarcat de Moscou remerciant pour les contributions données par Guy Berthault et Hugh Owen (du Centre Maximilien Kolbe) aux 13èmes Conférences internationales sur l’éducation tenues en janvier 2005 à Moscou.

Sous la signature du P. Constantin Boufféiev, il s’y trouvait cette idée judicieuse méritant qu’on s’y attarde : « l’Eglise latine et certains dirigeants de l’Église Orthodoxe russe sont disposés à accepter l’idée fausse que la vie a évolué plutôt que d’avoir été créée ex-nihilo par Dieu. (…) Or sans la Vérité chrétienne complète, tous nos efforts pour établir de fructueuses relations entre l’Église Orthodoxe russe et l’Église Catholique Romaine resteront futiles ».

À la différence de la politique humaine, où les compromis peuvent dénouer les situations (la politique est « l’art du possible » !), l’œcuménisme n’a de sens qu’en référence à Jésus-Christ, étalon pratique et théorique de toute vérité.

On voit ici comment ce que nous appellerons une erreur scientifique (les millions d’années supposés), frayant le chemin à une fausse vision du monde (l’évolutionnisme), aboutit à des erreurs théologiques et fait obstacle à la nécessaire unité entre les disciples de Jésus-Christ.

Mais les erreurs scientifiques ont sur les erreurs théologiques un grand avantage : leur durée de vie est limitée ! Un jour ou l’autre, il faut bien que la leçon des faits finisse par porter.

C’est ce que le P. Boufféiev, par ailleurs Docteur en géologie, a bien vu dans l’approche expérimentale proposée à sa discipline par Guy Berthault[1]. Et c’est tout l’intérêt des travaux conduits sur cette base par Alexandre Lalomov, chef du Groupe des dépôts minéraux à l’Académie des Sciences de Moscou. On se souviendra longtemps d’une anecdote racontée lors de sa conférence au colloque du CEP à Angers, en septembre 2005. Il s’agissait de nodules de ferromanganèse, ces boules minérales qui grossissent en attirant les éléments métalliques dissous dans l’eau.

Dans un gisement supposé vieux de plusieurs centaines de milliers d’années, Vladimir Zhamoïda trouva en brisant un nodule la capsule d’une bouteille de bière finlandaise de marque Karjala. C’est dire que la chronologie peut être sérieusement révisée ! C’est aussi constater que la croissance des nodules est bien plus rapide qu’on ne l’avait estimée, qu’il s’agit donc d’un minerai « renouvelable », ce qui porte à conséquences en économie et en écologie autant et plus qu’en géologie.

Le P. Boufféiev, qui suit de près les travaux de l’équipe Lalomov, est chargé par le Patriarche Alexis II d’accompagner les familles orthodoxes qui, à Moscou et ailleurs, contestent l’enseignement de la théorie de l’évolution dans les écoles. Dans le même esprit, dans la catholique Pologne, le 14 octobre dernier, le Secrétaire d’État à l’Éducation, Miroslav Orzechowski, déclarait : « La théorie de l’Evolution est un mensonge, une erreur, mais à laquelle nous avons donné force de loi comme à une vérité ordinaire.

Nous ne devrions pas enseigner le mensonge, de la même manière que nous devrions pas enseigner le mal au lieu du bien, ni le laid au lieu du beau. »

Il se faisait ainsi l’écho d’une audition tenue le 11 au Parlement Européen à Bruxelles sur le thème : L’Évolution et l’enseignement.

Le député Maciej Giertych, de la Ligue des Familles Polonaises, avait demandé à trois experts de présenter leurs conclusions. Le Pr Giertych, naguère généticien spécialiste de dendrologie à l’Académie des Sciences de Pologne, commençait par rappeler sa propre histoire. Il ne s’était jamais posé de questions sur la théorie de l’Évolution lors de ses études ni au cours de ses travaux portant principalement sur les arbres forestiers. Comme tout le monde, il imaginait que les preuves de l’Évolution étaient données par les fossiles, et n’avait pas cherché plus loin. Mais un jour son fils, rentrant du lycée, vint lui expliquer que c’était la génétique qui « prouvait » l’Évolution. Il fut piqué au vif : comment lui-même, spécialiste en génétique (qu’il avait enseignée à Toronto), ignorait-il que sa discipline était présentée par les évolutionnistes comme donnant la preuve qu’un être vivant peut descendre d’un être dissemblable ? Quelle absurdité ! La génétique est la science de l’hérédité. Or l’hérédité, c’est la « re-production » : la production d’un être semblable à ses ascendants. Certes la reproduction sexuée introduit une variabilité, par le jeu des gènes récessifs ou dominants, mais elle ne crée aucun gène nouveau, aucune fonction nouvelle ni aucun organe nouveau…Il en va de même pour les mutations, qui sont toujours neutres ou régressives. Certaines sélections peuvent être utiles à l’homme (comme les variétés de roses ou les chevaux de course) mais les races sélectionnées disparaissent d’elles-mêmes par le brassage du « pool » génétique, si rien n’est fait pour les préserver.

Ainsi Maciej Giertych, d’évolutionniste passif, devint-il antiévolutionniste actif, intervenant dans les lycées et les universités (notamment à Madrid, pour les journées Tecnosciencia, en 1996). Ce 11 octobre, il mit à profit son élection au Parlement Européen pour proposer à ses collègues députés l’audition de trois experts.

Tout d’abord le Dr Hans Zillmer, paléontologiste, membre de l’Académie des Sciences de New York, très connu en Allemagne : son livre Darwins Irrtum (l’Erreur de Darwin) est traduit en 9 langues (mais pas en français !) et va connaître sa huitième édition.

Suivit l’audition de Guy Berthault, qui exposa les grandes lignes de ses découvertes. Enfin le Pr Joseph Mastropaolo (USA), professeur émérite de médecine et spécialiste de la physiologie des astronautes, présentait sa thèse : la vie « dévolue » (c’est-à-dire : l’évolution est régressive).

S’il était prévisible, vu la dépendance intellectuelle de Marx par rapport à Darwin[2], que des Polonais cherchent aujourd’hui à écarter le carcan évolutionniste, cette liberté intellectuelle constatée à Moscou appelle quelques commentaires. Durant 70 ans l’intelligentsia russe sut préserver, avec l’art de lire et d’écrire entre les lignes, un petit espace de liberté face à l’idéocratie totalitaire. Le courage intellectuel ainsi déployé porte aujourd’hui ses fruits sous forme d’une ouverture d’esprit dans la recherche qui tranche avec le « scientifiquement correct » toujours en vigueur à l’Ouest. C’est ainsi que Lithology and Mineral Resource, revue de l’Académie des Sciences de Russie, a publié successivement deux articles de Guy Berthault, en 2002 et 2004.

Et tout récemment, le 7 novembre, ce dernier intervenait dans un congrès de géologie à Moscou, à l’invitation du Président Oleg Iaspaskourt.

Ce congrès à l’Institut de Géologie de l’Académie des Sciences de Russie revêt donc une importance toute particulière : deux communications touchaient à la mise en question des durées admises en géologie.

Celle de Guy Berthault (reprenant et actualisant l’article publié dans Le Cep N° 4), complétée par une intervention au banquet de clôture le 9 novembre ; celle de Mikhail P. Platonov, Professeur de Lithologie à l’Université de Saint- Pétersbourg, présentant l’étude réalisée depuis deux ans avec Alexandre Lalomov et Marina A. Tugarova sur le bassin sédimentaire de Saint-Pétersbourg.

Référence y était faite à un pré-rapport des ingénieurs A.B. Veksler et V.M. Donenberg, de l’Institut de Recherche en Ingénierie Hydraulique de Saint-Pétersbourg (où se calculent les barrages et les canaux pour toute la Russie).

Cet institut, qui tient plus d’une usine que d’un laboratoire, peut réaliser des courants d’eau très rapides : jusqu’à 18 mètres par seconde (65 km/h). Or l’érosion des roches sédimentaires, qui commence à 2 m/s pour les argiles et 2,5 m/s pour les calcaires, varie avec l’épaisseur du courant et, bien entendu, avec la cohésion des matériaux érodés.

Le 10 novembre, à Saint-Pétersbourg, la pré-étude bibliographique réalisée par A.B. Veksler et V.M. Donenberg permit à Guy Berthault de convaincre le Directeur de l’Institut d’Hydrologie d’entreprendre un programme de recherches de deux ans en vue d’expérimenter sur l’érosion des roches et des sols, ce qui permettrait de modéliser l’ensemble des processus « paléohydrauliques » ayant formé les roches sédimentaires actuelles (érosion → transport → dépôt).

On mesure toute l’importance de cette avancée pour la science. Jusqu’à présent, l’histoire de la terre s’est fondée sur des interprétations. Depuis Nicolas Sténon (1638-1686), on a d’abord interprété les strates superposées comme des couches successives ; puis on a interprété chaque strate comme le dépôt laissé par une transgression marine ; enfin on a estimé les intervalles séparant ces transgressions en interprétant certaines variations dans les coquillages fossiles superposés comme une « évolution » chronologique des mollusques. Cet enchaînement d’interprétations hypothétiques, permettant de transformer une variation verticale (dans l’espace) en progression biologique (dans le temps), est un véritable « château de cartes », puisqu’à aucune de ses étapes l’hypothèse faite n’a reçu de confirmation directe.

Nul besoin d’une grande perspicacité pour mesurer la gratuité de telles suppositions.

Quant aux datations par les radio-éléments, qui seraient venues confirmer les ères géologiques, on se contentera de remarquer :

  1. qu’elles ne s’appliquent pas aux roches sédimentaires ;
  2. que leurs coefficients ont été choisis pour se caler sur les datations stratigraphiques ;
  3. qu’elles donnent des résultats différents pour une même roche, ce qui suffirait à les disqualifier[3];
  4. que la formation d’une roche volcanique consiste en refroidissement et mise à la pression atmosphérique de matériaux issus du magma. Or la décomposition radioactive est un phénomène nucléaire (concernant le noyau) présenté comme « absolu » parce qu’il n’est pas affecté par ce qui l’environne. Dans ces conditions on se demande à quel titre elle peut servir à dater une éruption. C’est comme si on prétendait dater la crevaison d’un pneu par les lois de vieillissement du caoutchouc !

Bien des considérations critiques sur l’âge de la terre ont été faites depuis des années. Mais elles n’ont guère entamé la muraille de la citadelle évolutionniste, car son ciment n’est pas la science mais l’idéologie.

Le nouveau, à l’Est, n’est pas dû à une intelligence supérieure des Slaves, ni à des dispositifs expérimentaux inédits[4]. C’est la dissolution du carcan idéologique qui libérera les chercheurs et leur permettra, petit à petit, à l’Ouest comme à l’Est, de se conformer à la méthode expérimentale qui exige la docilité des idées devant les faits.

Il ne s’agit pas d’un esclavage pour l’intelligence : elle reste maîtresse des hypothèses à tester. Il s’agit même et plutôt d’une victoire pour l’esprit humain : si l’homme n’est grand qu’à genoux, son esprit s’élèvera tout naturellement, s’il sait deviner, derrière les phénomènes, l’Intelligence supérieure qui en a posé les lois.

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Novembre 2006

Cher Monsieur Berthault,

Un grand merci pour votre participation au 4ème Congrès National Russe « Processus de sédimentation : sédimentation, lithogenèse, formation des ressources minérales (évolution, caractérisation, diagnostics, modélisation) » organisé par le Comité Lithologique Interagences de l’Académie des Sciences de Russie (7-9 novembre 2006), avec votre communication Analyse des principaux principes de la stratigraphie sur la base des données expérimentales.

Vos recherches expérimentales sur les processus de sédimentation ainsi que les expériences prévues sur l’érosion des sédiments consolidés, sont appréciées par la communauté lithologique et sédimentologique russe. Nous serons heureux de connaître les résultats à venir de votre recherche et de poursuivre notre coopération scientifique.

Sincèrement,

Président du Comité

d’Organisation du Congrès

Président du Comité Lithologique Interagences de l’Académie des Sciences de Russie

Chef de la Chaire de Lithologie à l’Université d’Etat de Moscou

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SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence » (Bossuet)

L’Origine scolastique de la Science[5]

Rodney Stark

Résumé : Il est convenu comme allant de soi que le Moyen Âge fut une période obscure et que la science moderne ne put surgir qu’avec le remplacement de l’influence chrétienne par l’influence de l’Antiquité, lors de la « Renaissance ». Cette idée a même conduit l’universitaire américain Andrew D. White, Président de l’Université Cornell de 1865 à 1885, a parler dans un livre célèbre d’une « guerre » (warfare) entre la science et la théologie. Ceci était à la fois une erreur et un contresens historique. Le creuset des sciences fut l’université médiévale dont les étudiants eux-mêmes furent dotés de multiples privilèges tant par l’Église, qui avait créé les universités, que par le pouvoir séculier qui les courtisait. Et la langue commune de l’Église permettait l’échange facile des idées et des hommes entre universités. Surtout, l’idée que la nature a été créée par un Etre intelligent et que la raison a été donnée à l’homme pour qu’il puisse en découvrir les secrets, fut un trait caractéristique de la pensée chrétienne, dès les premiers siècles : ces circonstances seules permettent de comprendre pourquoi la science est née en Occident et nulle part ailleurs.

À beaucoup d’égards l’expression de « Révolution scientifique » est aussi trompeuse que celle d’ »Âges obscurs ». Toutes deux ont été forgées pour discréditer l’Église médiévale. La notion de « Révolution scientifique » a été utilisée pour prétendre que la science a soudain surgi quand une chrétienté affaiblie ne fut plus en état de l’empêcher, et lorsque la redécouverte du savoir classique la rendit possible. Ces deux allégations sont aussi fausses que celle d’un Christophe Colomb croyant que la terre était plate.

D’abord, le savoir classique ne fournissait pas un modèle approprié pour la science. Ensuite, la naissance de la science était déjà bien ancienne au seizième siècle, ayant été soigneusement cultivée par de pieux scolastiques dans cette invention bien chrétienne : l’université. Comme l’a souligné Alfred W. Crosby,  » à notre époque le terme médiéval est souvent pris pour synonyme d’idées confuses, mais il serait plus juste de l’utiliser pour indiquer définition précise et raisonnement méticuleux, c’est-à-dire clarté. » Il est vrai que la période de découvertes scientifiques des 16ème et 17ème siècles fut extraordinaire, l’équivalent culturel de l’éclosion d’une rose. Cependant, de même que les roses n’éclosent pas du jour au lendemain mais doivent subir une longue période de croissance avant de pouvoir simplement bourgeonner, de même l’éclosion de la science fut le résultat de siècles de progrès intellectuels réguliers ; et c’est pourquoi je ne veux pas me référer à une « Révolution scientifique » sans y mettre de guillemets.

Toutes les discussions sur la « Révolution scientifique » commencent par Copernic, comme si le mot « Révolution » dans le titre de son fameux ouvrage se rapportait à des changements sociaux radicaux plutôt qu’aux orbites célestes. En réalité la « Révolution scientifique » ne commence pas avec Copernic. Comme le dit le distingué Bernard Cohen : « En bref, l’idée qu’une révolution copernicienne en science se soit produite va contre l’évidence…et elle n’est qu’une invention des historiens postérieurs. »

Beaucoup d’historiens contemporains des sciences sont d’accord. Si l’on ne veut pas reconnaître que l’astronomie scientifique a commencé avec les scolastiques, il faut alors repousser sa naissance aux travaux de Johannes Kepler (1571-1630) puisque son élégant modèle rectifiait toutes les erreurs de Copernic. Or Kepler s’inscrit bien mieux dans un modèle historique de progrès scientifique normal, dans lequel Copernic joua un rôle significatif, que dans un modèle révolutionnaire.

Une des raisons pour lesquelles l’histoire prête si peu attention aux travaux qui ont préparé la voie à Copernic, est que ce dernier se dispensa de reconnaître ses dettes dans son fameux livre (alors que l’ouvrage de Kepler ne tarit pas d’éloges sur Copernic).

Ce genre d’omission était habituel. Simplement il n’était pas d’usage, à l’époque, de donner beaucoup de crédit à ses prédécesseurs immédiats. C’est ainsi que Galilée présenta faussement le télescope comme étant son invention, et que Newton se donna beaucoup de mal pour effacer les traces de ses dettes envers Descartes. Mais la raison la plus importante pour laquelle Copernic fut présenté comme le génie solitaire qui révolutionna la science, est que cela convenait à l’idéologie de ceux qui étaient (et sont toujours) déterminés à imposer les notions de « Lumières » et de « Renaissance » à l’histoire de l’Occident.

Les Universités scolastiques.

Dès le début, l’université médiévale fut un lieu créé et géré par des doctes et consacré entièrement à la connaissance. Je ne puis mieux dire que cette description des scolastiques, fondateurs de l’université, donnée par Marcia L. Colish:

« Ils examinaient les autorités du passé et les opinions courantes, donnant leur analyse et leurs raisons pour rejeter certaines et en retenir d’autres. La méthodologie déjà en place au début du 12ème siècle montre la volonté et l’empressement des scolastiques à critiquer les documents fondamentaux dans leurs domaines respectifs. Ne faisant pas que recueillir et développer simplement les traditions classiques et chrétiennes, ils écartaient de ces traditions les idées devenues inutiles. Ils utilisaient librement les autorités qu’ils conservaient, pour défendre aussi bien des positions que ces autorités auraient bien pu trouver étranges ou nouvelles. Les commentaires étaient rarement de simples résumés ou explications des vues d’un auteur. Les commentateurs scolastiques étaient beaucoup plus enclins à engager une controverse avec l’auteur choisi, ou à confronter son œuvre aux idées d’écoles de pensées nouvelles ou aux opinions propres du scolastique.[6] »

Ce style intellectuel était conforté par la direction de l’université. Comme les corporations de métiers, la Faculté dans les universités médiévales contrôlait l’entrée dans ses rangs et fixait ses propres standards de compétence et de niveau. L’autonomie des universités dut souvent être défendue, mais le lecteur moderne s’étonne de voir à quel point ces institutions médiévales pouvaient être indépendantes et mêmes privilégiées. Selon Nathan Schachner:

« L’Université était l’enfant chéri et gâté de la papauté et de l’Empire, du roi et de la municipalité. Les privilèges pleuvaient sur les fières universités dans un flot doré continuel; privilèges sans contreparties alors, avant ou après. Même les hiérarchies sacrées de l’Église n’avaient pas toutes les exemptions du plus pauvre écolier mendiant pouvant réclamer la protection d’une université. Les villes rivalisaient avec violence pour l’honneur d’en abriter une entre leurs murs ; les rois écrivaient des lettres séductrices pour attirer des groupes d’étudiants mécontents hors des domaines de leurs rivaux; les papes intervenaient avec un langage menaçant pour obliger les rois à respecter l’inviolabilité de cette institution protégée.[7] »

Parmi ces privilèges se trouvait le statut clérical. Bien qu’ils n’eussent pas besoin d’être ordonnés ni entrés dans les ordres sacrés (la plupart d’ailleurs ne l’étaient pas), les étudiants et les professeurs jouissaient des droits des clercs, y compris le droit d’être jugé uniquement par une cour ecclésiastique (où les punitions étaient habituellement beaucoup moins sévères que dans les cours civiles), et les violences physiques exercées contre eux étaient châtiées avec la même rigueur que les attaques contre des prêtres. Les universités avaient aussi le droit de déménager au gré de leur faculté, ce qui donnait une puissante position de négociation pour l’obtention d’avantages économiques et politiques locaux (les villes payaient souvent tous les salaires des professeurs).

L’autonomie individuelle des enseignants profitait aussi de leur passage très fréquent d’une université à une autre, malgré la précarité des moyens de transport et de communications. Puisque tout l’enseignement se faisait en latin, les enseignants pouvaient se déplacer sans tenir compte des frontières linguistiques. Et puisque leurs diplômes étaient mutuellement reconnus, ils pouvaient se joindre à n’importe quelle faculté. En fait, à cette époque, tous les enseignants éminents se connaissaient – beaucoup s’étaient réellement rencontrés et tous avaient de nombreuses relations communes. On obtenait la célébrité et les invitations à rejoindre une autre faculté par l’innovation. La recherche de l’innovation eut un profond impact chez les théologiens de l’université, les Wyclif, Hus, Érasme, Luther et Calvin. De même, c’est dans les universités que les scolastiques firent naître la science. Quant à la connaissance familière d’Aristote, Platon, Euclide et autres piliers du savoir classique, ce fut dans les universités scolastiques, et non plus tard dans les salons des « philosophes », ni durant la « Renaissance » italienne, que les classiques retrouvèrent leur importance intellectuelle. En partie, cela résulta de la suppression de la « barrière du grec ».

Le grec, et non le latin, fut la langue intellectuelle de l’époque classique. Les intellectuels romains parlaient, en réalité, plus souvent grec que latin et, par conséquent, le legs intellectuel du savoir grec demeura en grec. Platon, Aristote et les autres ne furent jamais perdus ni oubliés après le déclin de Rome, mais ils ne pouvaient plus être lus dans une Europe où quelques érudits seulement connaissaient le grec. L’obstacle fut surmonté lorsque, « entre 1125 et 1200, une véritable inondation de traductions en latin rendit le savoir grec accessible, avant le nouvel essor du 13ème siècle. »[8] Remarquez que ces traductions des classiques ne furent pas l’œuvre d’humanistes en rébellion contre la « longue nuit » d’obscurantisme chrétien. La « redécouverte » fut accomplie par de pieux savants chrétiens au sein de leurs nouvelles universités.

Quelques historiens ont attribué la renaissance du savoir classique à la chute de Constantinople, en 1453, et à la fuite en Italie de nombreux savants byzantins, emportant les anciens auteurs avec eux. Cette affirmation contribue à authentifier la « Renaissance » italienne, mais c’est de la mauvaise histoire. Les scolastiques d’Occident lisaient, traduisaient, citaient, discutaient tous les auteurs classiques importants depuis des siècles avant qu’aucun émigré byzantin ne fût arrivé à l’ouest. Beaucoup de catalogues de bibliothèques du 12ème au 14ème siècles ont survécu, qui révèlent de substantielles possessions d’ouvrages classiques. « Par exemple, la bibliothèque du Mont Saint-Michel, au 12ème siècle, contenait des textes de Caton, le Timée de Platon (en traduction latine), diverses œuvres d’Aristote et de Cicéron, des extraits de Virgile et d’Horace.« [9]

Quant à la « Renaissance « italienne, ce ne fut pas une « redécouverte » du savoir classique. Ce fut plutôt une période d’émulation culturelle, pendant laquelle les auteurs à la mode copièrent le style classique en manières, art, littérature et philosophie: à Florence, chaque année, Laurent de Médicis (1449-1492) donnait un banquet pour célébrer la naissance de Platon. De cette passion pour leurs propres anciens jours de gloire, les Italiens commencèrent à prétendre que l’histoire de l’Occident consistait en « deux périodes de lumière: l’Antiquité et la Renaissance…avec, entre les deux, des siècles barbares et des temps obscurs. »[10] Ainsi, d’un enthousiasme pour le style et d’un orgueil ethnique naquit la notion des Âges obscurs suivis par la naissance d’une nouvelle illumination. Mais il n’en fut pas ainsi. Les scolastiques connaissaient et comprenaient les œuvres de Platon, d’Aristote et de bien d’autres.

L’empirisme scolastique.

Ces pieux savants n’étaient pas non plus impressionnés par les auteurs classiques.

Nous avons déjà vu[11] comment Jean Buridan et Nicole Oresme ont rejeté de nombreuses assertions majeures des auteurs classiques. Le cas d’Albert le Grand (1205-1280) est exemplaire. Probablement nul ne fit autant pour « mettre la chrétienté occidentale en contact avec la tradition aristotélicienne. »[12] Mais Albert ne se contentait pas d’exposer simplement Aristote. Il le complétait et le corrigeait du mieux qu’il pouvait. Il tenta donc de confronter les affirmations empiriques d’Aristote (et des autres également) avec l’observation directe lorsque c’était possible, et les trouva fréquemment erronées. C’est ainsi qu’Albert le Grand devint « peut-être le meilleur botaniste de tout le Moyen Âge, » inaugurant une tradition de recherche qui conduisit directement aux découvertes de biologie et de physiologie des 16ème et 17ème siècles.

Albert n’était pas le seul dans son engagement en faveur d’un empirisme minutieux. Considérons les développements dans l’étude de la physiologie humaine. Ce furent les scolastiques, non pas les Grecs, ni les Romains, ni les musulmans ou les Chinois, qui basèrent leurs études sur la dissection humaine. De même que l’on a enseigné à tout le monde le mensonge de Colomb adepte de la terre plate, de même presque personne ne connaît la vérité à propos de la dissection et de l’Église médiévale, et pour les mêmes raisons.

La dissection humaine n’était pas autorisée dans le monde classique, raison pour laquelle les travaux d’anatomie des Gréco-romains sont si fautifs. Les études d’Aristote étaient limitées aux dissections d’animaux, comme l’étaient celles de Celse et de Galien. Celse affirmait que trois siècles avant lui plusieurs médecins grecs avaient pu disséquer des esclaves et des criminels à Alexandrie. Sinon, pendant la période classique, la dignité du corps humain interdisait la dissection. Celle-ci était également prohibée par l’Islam.

Alors arrivèrent les universités chrétiennes et avec elles une nouvelle vision de la dissection. Le principe de départ était que ce qui est unique chez l’homme, est son âme, pas sa physiologie. La dissection du corps humain, par conséquent, n’est pas différente de l’étude des corps d’animaux ; elle n’a pas d’implications théologiques immédiates. Deux autres justifications furent avancées. La première était médico-légale: trop de meurtriers échappaient à la détection parce que le corps de leurs victimes n’avait pas fait l’objet d’une autopsie. La seconde concernait la santé humaine: aucune connaissance médicale sérieuse ne pouvait s’acquérir sans une observation directe de l’anatomie humaine.

Ainsi, au 13ème siècle, les responsables locaux (surtout dans les villes universitaires italiennes) commencèrent à autoriser l’autopsie lorsque la cause de la mort était incertaine. Puis, à la fin du siècle, Mondino de Luzzi (ca.1270-1326) écrivit un manuel de dissection, basé sur son étude de trois cadavres de femmes. Plus tard, vers 1315, il fit une autopsie devant un groupe d’étudiants et de professeurs à l’Université de Bologne. De là, les dissections humaines se répandirent très rapidement dans toutes les universités italiennes. Les dissections publiques commencèrent en Espagne en 1391 ; à Vienne la première eut lieu en 1404. Et ce ne furent pas des évènements exceptionnels: la dissection devint une partie ordinaire des classes d’anatomie. Vers 1504 Copernic prit part à des dissections humaines durant sa brève inscription aux cours de médecine de l’Université de Padoue. « L’introduction de la dissection humaine dans l’Occident latin, sans objection sérieuse de l’Église, fut un évènement capital.« [13]

Malgré cela, A.D. White dénonça d’un ton indigné comment le grand physiologiste André Vésale (1504-1564) « encourut les plus terribles dangers, et particulièrement l’accusation de sacrilège, fondée sur l’enseignement de l’Église, » pour avoir procédé à des dissections humaines.

White affirma encore que quiconque disséquait un corps humain à cette époque risquait ‘l’excommunication », mais que l’héroïque Vésale « rompit sans peur » cette « convention sacrée » et disséqua « malgré la censure ecclésiastique…Aucun danger ne le décourageait. »[14] Or tout cela se serait passé deux siècles après que les dissections eurent commencé dans ces mêmes universités où Vésale apprit et pratiqua son métier d’anatomiste!

Ceci n’est pas un fait découvert depuis peu. Écrivant au début des années 1920, Charles Singer, un des premiers historiens de la médecine, pensait qu’il n’était pas besoin d’apporter de preuves, tant cela était bien connu, que « Vésale avait profondément modifié l’attitude envers les phénomènes biologiques, mais qu’il avait néanmoins poursuivi ses recherches sans être dérangé par les autorités ecclésiastiques. »[15]

White omit aussi de rapporter l’immense célébrité et reconnaissance que le travail de Vésale connut immédiatement après sa publication. Pas plus qu’il ne daigna indiquer que Charles Quint, l’empereur du Saint Empire, répondit au « sacrilège » de Vésale en l’anoblissant au rang de comte et en lui accordant une pension à vie. Après quoi, le jeune anatomiste prit résidence à la cour de Philippe II d’Espagne, durant la période la plus active de chasse aux hérétiques par les inquisiteurs locaux! Quant aux idées religieuses de Vésale, il mourut en revenant d’un pèlerinage en Terre Sainte. Nous découvrons ainsi un autre faux rapport de White sur l’implacable opposition religieuse envers la science. Mais, comme la fable sur Colomb, cela eut un effet pervers profond sur notre culture.

L’adoption de l’empirisme fut décisive pour la naissance de la science occidentale. Ainsi, continuant dans cette tradition, Johannes Kepler donna le premier modèle exact du système solaire.

De longues et soigneuses observations conduisirent Kepler à concevoir les orbites planétaires comme elliptiques, et non circulaires, permettant de faire très simplement des calculs précis d’orbites, sans avoir besoin de recourir aux épicycles. La découverte de Kepler permit aussi pour la première fois d’expliquer exactement les saisons, son orbite elliptique plaçant la terre à des distances différentes du soleil au cours de l’année. Une astronomie pleinement scientifique était née.

L’accent mis jusqu’ici sur les universités, l’innovation et l’empirisme néglige cependant la question vraiment importante : pourquoi les scolastiques et les Européens après eux s’intéressèrent-ils à la science ?

Au premier abord cette question paraît folle. La naissance de la science n’est-elle pas un aspect normal du progrès culturel, de la naissance des civilisations ? Pas du tout ! Beaucoup de sociétés raffinées n’ont pas engendré de communautés de savants ni produit un corps de théories systématiques ou d’observations empiriques qualifiables de science. Bien que la Chine fût très civilisée pendant de nombreux siècles durant lesquels les Européens étaient encore de grossiers sauvages, les Chinois ne développèrent pas la science moderne. Semblablement, bien qu’en pleine possession de tout le corpus du savoir gréco-romain, et ayant accompli des progrès impressionnants en mathématiques, les intellectuels de l’Islam ne devinrent pas des savants. Une fois qu’ils avaient maîtrisé les textes classiques, les intellectuels musulmans se contentaient du rôle d’exégètes, n’ajoutant peu ou rien de leur cru. La science n’émergea pas non plus de l’Inde ni de l’Égypte anciennes. Et, alors que la Grèce classique possédait un savoir considérable, elle ne développa point la science moderne.

On l’a dit, la science consiste en un effort organisé (i.e. soutenu et systématique) et empirique pour expliquer les phénomènes naturels; un processus cumulatif de construction de théories et de leur mise à l’épreuve. Cette entreprise ne se produisit qu’une seule fois. Comme l’historien Edward Grant l’explique :  » Il est indiscutable que la science moderne est née au 17ème siècle en Europe et nulle part ailleurs. »[16]

D’autres historiens éminents et sociologues de la science peuvent en dater la naissance plus tôt, mais tous s’accordent pour dire que ce développement n’eut lieu qu’en Europe.

La question cruciale est : pourquoi ?

La différence du christianisme.

Ma réponse à cette question sera aussi brève que peu originale: le christianisme décrit Dieu comme un être rationnel, réceptif, fiable et toutpuissant, et l’univers comme sa création personnelle, ayant donc une structure rationnelle, soumise à la loi et stable, attendant que l’homme la comprenne.

Comme le disait Nicole Oresme (1325-1382), la création de Dieu « ressemble beaucoup à un homme fabriquant une horloge et la laissant marcher et poursuivre son propre mouvement par elle-même. » Ou, selon les paroles du Psaume 119, 89-90 : À jamais Seigneur,

Ta parole est établie dans les cieux. D’âge en âge ta fidélité demeure;

Tu as fondé la terre, et elle subsiste.

Parmi les textes de l’Écriture les plus souvent cités par les auteurs médiévaux se trouve ce verset biblique :

Mais Vous avez tout réglé avec mesure, avec nombre et avec poids.

(Sagesse 11, 20)

Tranchant avec les doctrines philosophiques et religieuses dominant ailleurs dans le monde, les chrétiens créèrent la science parce qu’ils croyaient que cela pouvait et devait être fait. Comme Alfred N. Whitehead (1861-1947) l’exprima dans l’une de ses Conférences Lowell d’Harvard en 1925, la science naquit en Europe à cause de « la foi très répandue dans la possibilité de la science…dérivée de la théologie médiévale.« [17] L’affirmation de Whitehead choqua non seulement son distingué auditoire mais aussi, lorsque ses conférences furent publiées, les intellectuels occidentaux en général.

Comment ce grand philosophe et mathématicien, co-auteur avec Bertrand Russell de cette référence que sont les Principia Mathematica

(1910-1913), pouvait-il faire une déclaration aussi excentrique ? Ne savaitil pas que la religion est l’ennemie mortelle de la recherche scientifique ?

Whitehead en savait plus long. Il avait compris que la théologie chrétienne était essentielle pour la naissance de la science occidentale, aussi sûrement que les théologies non chrétiennes avaient étouffé l’investigation scientifique partout ailleurs. Comme il l’expliquait :

« Je ne pense pas avoir encore montré la plus grande contribution du Moyen Âge à la formation du mouvement scientifique.

Je veux dire la croyance invincible que chaque évènement particulier peut être corrélé à ses antécédents d’une manière parfaitement définie, illustrant des principes généraux. Sans cette conviction, les travaux incroyables des savants seraient sans espoir. C’est cette conviction instinctive, intensément présente à l’imagination, qui est le moteur de la recherche: qu’il y a un secret, mais un secret qui peut être découvert. Comment cette conviction a-t-elle été si fortement implantée dans l’esprit européen ?

Si nous comparons ce tour de pensée en Europe avec l’attitude des autres civilisations laissées à elles-mêmes, il semble n’y avoir qu’une source à son origine : l’insistance médiévale sur la rationalité de Dieu, conçu comme ayant l’énergie personnelle de Jehovah et la rationalité d’un philosophe grec. Chaque détail étant supervisé et ordonné, la recherche dans la nature ne pouvait aboutir qu’à justifier la foi en la rationalité. Je ne parle pas ici des croyances explicites de quelques individus. Ce dont je parle, c’est de l’empreinte sur l’esprit européen provenant d’une foi séculaire incontestée. Par là je désigne le tour instinctif de pensée, et non un simple Credo de mots ».[18]

Whitehead termine en notant que les images des dieux dans les autres religions, spécialement en Asie, étaient trop impersonnelles ou trop irrationnelles pour soutenir la science. Tout événement particulier y est « peut être dû au fiat d’un dieu despote irrationnel, ou produit par quelque cause impersonnelle, indéchiffrable. On n’y accorde pas la même confiance qu’à la rationalité intelligible d’un être personnel. »

En vérité, la plupart des religions non chrétiennes ne postulent pas du tout de création : l’univers est éternel et, s’il peut suivre des cycles, il est sans commencement ni but et, le plus important de tout, n’ayant pas été créé, il n’a pas de Créateur. Par conséquent, l’univers est vu comme un mystère suprême, incohérent, imprévisible et arbitraire.

Pour ceux qui suivent ces prémisses religieuses, la voie de la sagesse est dans la méditation et le mysticisme et il n’y a aucune occasion de célébrer la raison. En revanche beaucoup de points centraux de la théologie chrétienne ont été élaborés par raisonnement. Ainsi Tertullien (ca. 160225), l’un des premiers théologiens chrétiens, enseignait que « la raison est une chose de Dieu, dans la mesure où il n’existe rien que Dieu, le Créateur de tout, n’ait procuré, disposé, ordonné avec raison, rien de ce qu’Il n’a pas voulu qui soit analysable et compréhensible par la raison[19]. »

Plusieurs siècles plus tard, saint Augustin (354-430) affirma que la raison est indispensable à la foi:

« Qu’à Dieu ne plaise que Dieu puisse haïr en nous ce par quoi Il nous a faits supérieurs aux animaux ! Qu’à Dieu ne plaise que nous puissions croire sans accepter ou chercher les raisons, puisque nous ne pourrions même pas croire si nous n’avions pas une âme rationnelle. »

Évidemment, les théologiens chrétiens acceptèrent que la parole de Dieu dût être crue, même si les raisons n’en étaient pas évidentes.

De nouveau Augustin:

« Dans certaines matières relevant de la doctrine du salut que nous ne pouvons pas encore saisir par la raison –bien qu’un jour nous en serons capables- la foi doit précéder la raison et purifier le cœur et le rendre propre à recevoir et supporter la grande lumière de la raison. » Puis il ajouta que bien qu’il soit nécessaire  » pour la foi, de précéder la raison dans certaines questions de grande importance qui ne peuvent pas encore être saisies, certainement la toute petite portion de raison qui nous en persuade doit précéder la foi. »

L’aspect peut-être le plus remarquable de ces textes de saint Augustin en est l’optimisme qu’un jour la raison triomphera. En plus de considérer comme le devoir des théologiens de chercher à comprendre la volonté de Dieu, le poids de l’opinion dans l’Église primitive et médiévale pensait qu’il y avait aussi un devoir de comprendre l’œuvre de Dieu ; mieux, de s’en émerveiller. Comme l’expliquait saint Bonaventure (1221-1274), c’est le but de la science « que Dieu soit honoré. »

Saint Thomas d’Aquin (ca.1225-1274) essaya de répondre à l’optimisme d’Augustin concernant certaines de ces « matières de grande importance » qui pourraient être saisies par la raison, dans sa monumentale Summa Theologiæ, qui demeure l’explication définitive pour beaucoup de points de doctrine catholique. L’Aquinate explique que les hommes n’ont pas suffisamment d’intelligence pour voir directement l’essence des choses, et qu’il leur faut donc cheminer pas à pas avec la raison vers la connaissance. Ainsi, bien que saint Thomas considérât la théologie comme la plus haute des sciences puisque son objet propre est la Révélation divine, il préconisait l’utilisation des instruments de la philosophie, et spécialement des principes logiques pour élaborer la théologie.

Le point critique dans tout ceci est méthodologique. Des siècles de méditation ne procureront aucune connaissance empirique, encore moins une science. Mais si la religion pousse à l’effort de comprendre l’œuvre de Dieu, une connaissance en résultera et la science apparaîtra comme la « servante » de la théologie.

Et c’est précisément ainsi que non seulement les savants scolastiques, mais aussi ceux qui prirent part aux grands succès des 16ème et 17ème siècles, se voyaient eux-mêmes: à la recherche des secrets de la Création.

Charles Webster a résumé le consensus des historiens récents des sciences:

« Toute explication vraiment historique…doit rendre justice à la profonde interpénétration des idées scientifiques et religieuses. Il serait pervers de nier les motivations religieuses dans les nombreux cas où elles étaient rendues explicites par les savants eux-mêmes, souvent avec une douloureuse insistance. Aucune dépense d’énergie en faveur de la science ne fut entreprise sans l’assurance donnée par la conscience chrétienne. »[20]

Conclusion.

La naissance de la science ne fut pas une séquelle du savoir classique. Elle fut la conséquence naturelle de la doctrine chrétienne: la Nature existe parce qu’elle fut créée par Dieu. Pour aimer et honorer Dieu, chacun doit pleinement apprécier les merveilles de son œuvre. En outre, parce que Dieu est parfait, son œuvre fonctionne suivant des principes immuables. En utilisant pleinement les pouvoirs de raison et d’observation que Dieu nous a donnés, nous devrions être capables de découvrir ces principes.

Ces idées furent déterminantes, et c’est pourquoi la science est née dans l’Europe chrétienne, et nulle part ailleurs.

*

* *

Le français, au service des sciences[21]

Laurent Lafforgue[22]

Présentation : Les mathématiques restent une discipline où les chercheurs français excellent. Or ils tiennent à publier leurs travaux en langue française. Pour L. Lafforgue, l’attachement à leur langue, principal outil et vecteur d’une culture, donne aux Français cette combativité qui est la cause de leurs succès. En publiant dans sa langue, on montre aussi que la vérité découverte est, en elle-même, plus importante que sa communication et que les satisfactions de vanité qu’on en tire.

Les sciences, dont les racines sont culturelles, seront d’autant plus créatrices qu’elles seront conçues et énoncées dans une pluralité de langues de grande culture.

Les mathématiques sont quasiment la seule science où, en France, les chercheurs continuent à publier couramment leurs travaux dans notre langue3. On a coutume de dire que c’est parce que l’école mathématique française occupe dans le monde une position exceptionnellement forte qu’elle peut préserver cet usage. Je suis persuadé que la relation de cause à effet est inverse : c’est dans la mesure où l’école mathématique française reste attachée au français qu’elle conserve son originalité et sa force. A contrario, les faiblesses de la France dans certaines disciplines scientifiques pourraient être liées au délaissement linguistique.

Les ressorts de cette causalité appartiennent non à l’ordre scientifique, mais à l’ordre humain ; elles ont trait aux conditions psychologiques, morales, culturelles et spirituelles qui rendent possible la créativité scientifique.

Sur le plan psychologique, faire le choix du français signifie pour l’école française qu’elle ne se considère pas comme une quantité inéluctablement négligeable, qu’elle a la claire conscience de pouvoir faire autre chose que de jouer les suiveuses et qu’elle ne se pose pas a priori en position vassale. Bref, ce choix est le signe d’une attitude combative, le contraire de l’esprit d’abandon et de renoncement.

Cela vaut aussi individuellement : ainsi, pour moi, pendant de longues années de travail, une source de motivation puissante, après l’amour d’un problème difficile et la volonté de percer un peu de son mystère, fut le désir d’obtenir une reconnaissance internationale en écrivant dans ma langue, le français. Bien sûr, un esprit combatif ne garantit pas le succès, mais il est nécessaire: comme dit le proverbe chinois, les seuls combats perdus d’avance sont ceux qu’on ne livre pas.

Sur le plan moral, c’est-à-dire sur le plan des valeurs, qui est plus important encore, le choix du français, ou plutôt l’attitude détachée vis-à-vis de la langue actuellement dominante dans le monde, signifie qu’on accorde plus d’importance à la recherche en elle-même qu’à sa communication. En d’autres termes, on écrit pour soi-même et pour la vérité avant d’écrire pour être lu. L’amour de la vérité passe avant la vanité. Il ne s’agit pas de renoncer à communiquer avec les autres : la science est une aventure collective qui se poursuit de siècle en siècle, et même le plus solitaire des chercheurs dépend complètement de tout ce qu’il a appris et continue à recevoir chaque jour. Mais refuser d’accorder trop d’importance à la communication immédiate, c’est se souvenir du sens de la recherche scientifique.

Le plan culturel et spirituel est le plus difficile à saisir, le plus hasardeux. Pourtant, il est peut-être le plus important de tous, celui où il y a le plus à perdre mais aussi à gagner. La créativité scientifique est enracinée dans la culture, dans toutes ses dimensions – linguistique et littéraire, philosophique, religieuse même.

Werner Heisenberg, fils d’un professeur de grec et l’un des fondateurs de la mécanique quantique, en a témoigné dans ses écrits autobiographiques. Il y insiste constamment sur l’importance de la culture générale, du rôle qu’ont joué dans sa vie de physicien ses lectures philosophiques – en particulier Platon, qu’il lisait en grec. Alors, gardons la diversité linguistique et culturelle dont se nourrit la science.

Dans notre monde industriel, nous pourrions penser que la science aussi est devenue industrielle et que nous autres scientifiques ne sommes plus que des techniciens interchangeables… Si nous pensons cela, le destin de la science française est clair : elle tendra de plus en plus à ne représenter, dans la science mondiale, que ce qu’autorise le poids démographique de la France, c’est-à-dire…un pour cent !

Or ce point de vue est faux, ou plutôt il ne vaut que pour ceux qui y croient. Depuis toujours, la créativité intellectuelle a été le fait d’une proportion infime de la population, dans quelques lieux privilégiés. On ne peut contraindre l’esprit à souffler à nouveau dans notre pays, aussi brillant qu’ait été le passé de celui-ci ; mais une condition nécessaire est de faire résolument le choix de la singularité, de l’approfondissement de notre culture, qui s’est tant distinguée au cours des siècles et dont le cœur est la langue française. Ainsi seulement garderons-nous une chance de rester ou de redevenir originaux, de contribuer à la connaissance et d’être au service de l’universalité.

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Une date à retenir : Les 20 et 21 octobre 2007,

Colloque du CEP à Bonnelles (Sud-ouest de Paris).

Thème : La science libérée.

HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. »

(Marcel François)

La lettre de Roosevelt à Zabrousky (2ème partie) Léon de Ponçins

Résumé : Le document Zabrousky, daté de février 1943 (et publié dans le dernier numéro) décrit si bien le monde de l’après-guerre, qu’on pourrait douter de son authenticité. Certes M. Doussinague, alors ambassadeur d’Espagne à Rome, a confirmé à l’auteur que la politique de son gouvernement n’aurait pu être aussi affectée par ce texte, s’il n’avait eu entière confiance dans l’information. Mais il existe une confirmation bien plus forte dans les Mémoires du cardinal Spellman, archevêque de New York et ami personnel de Roosevelt. On y trouve le compte-rendu d’un dîner suivi d’un long entretien en tête-à-tête avec le Président (qu’il admirait). Il s’agit d’une confirmation point par point du document Zabrousky, et dès cette date le cardinal protesta à plusieurs reprises contre la conduite américaine (à Rome, au mont Cassin, la capitulation sans condition demandée à l’Allemagne (ce qui allait prolonger le conflit) et les transferts de population en Europe).

Il nous faut maintenant conclure ce chapitre d’histoire espagnole.

La lettre secrète de Roosevelt à Zabrousky, publiée dans le livre de l’ambassadeur M. Doussinague, est un document extrêmement important et il nous paraît extraordinaire que ce document, reproduit dans un livre à caractère officieux, écrit par un diplomate ex-secrétaire du comte de Jordana et mis publiquement en vente en Espagne, il nous paraît extraordinaire que ce document soit resté pratiquement inconnu en dehors de l’Espagne.

Seul, à ma connaissance, un quotidien français l’a mentionné il y a de cela quelques années[23], mais le journaliste qui écrivit l’article ne semble pas avoir bien compris la portée du document, si bien que sa publication n’eut pratiquement aucun retentissement.

L’ambassade des États-Unis, consultée à ce sujet, fut manifestement très embarrassée par cette publication ; elle hésita pendant longtemps avant de répondre, puis finalement fit paraître une courte note disant que le Département d’État n’avait pas trouvé trace de cette lettre dans ses archives.

En dehors même de la prudence inhérente à tout service diplomatique, cette réponse ne signifie strictement rien puisqu’il s’agit d’une correspondance personnelle et secrète échangée entre le président Roosevelt et M. Zabrousky, son intermédiaire auprès de Staline.

Le gouvernement espagnol n’a pas divulgué ses sources ; tout autre gouvernement en aurait fait autant à sa place. Nous savons seulement que c’est une personnalité de l’entourage immédiat de Roosevelt qui a communiqué secrètement le document.

Le gouvernement espagnol était absolument certain de son authenticité puisque sa politique et les discours de ses dirigeants en ont été profondément influencés ; d’autre part, il est un fait indéniable : les accords de Téhéran et de Yalta furent conformes à la ligne indiquée dans cette fameuse lettre.

Je suis allé personnellement interroger l’auteur du livre, M. Doussinague, qui était alors ambassadeur à Rome. Il m’a accordé une audience et, sans naturellement me révéler aucun secret diplomatique, il m’a fait une remarque pleine de bon sens :

« L’authenticité de ce document, m’a-t-il dit, ressort de son contexte même. Reportez-vous à l’époque dont il s’agit ; à moins d’être un visionnaire qu’on aurait taxé de démence, quel est celui d’entre nous qui aurait jamais pu imaginer à l’avance que Roosevelt, agissant en son nom personnel, allait livrer secrètement et sans aucune contrepartie la moitié de l’Europe et de l’Asie aux Soviets. »

Il ressort de ce document un certain nombre de constatations :

1° On a voulu justifier Roosevelt en disant qu’à Yalta c’était un mourant, incapable de se défendre, qui avait mené les négociations. La lettre à Zabrousky nous prouve au contraire que les accords de Yalta ont été préparés à l’avance par une entente secrète entre Roosevelt et Staline.

2° C’est le National Council of Young Israel qui a servi d’intermédiaire entre Roosevelt et Staline. Cela confirme l’énorme influence que les conseillers juifs de son entourage exerçaient sur Roosevelt et leurs tendances communisantes.

3° Les milieux juifs ont donc une lourde responsabilité dans le désastreux traité de Yalta et dans la mainmise soviétique sur l’Europe et l’Asie.

4° Ceci n’enlève rien à la responsabilité personnelle de Roosevelt. On reste stupéfait devant son inconscience et son incompréhension face au communisme stalinien. Il n’y a que deux explications possibles à cette attitude : ou il était vraiment inconscient, ce qui paraît étonnant de la part d’un politicien aussi retors, ou c’était un agent conscient de subversion, entièrement dominé par les influences sus-mentionnées.

Dans les deux cas, sa présence à la tête du gouvernement américain et sa toute-puissance à un moment crucial de l’histoire, présentaient un danger mondial pour l’avenir du monde civilisé occidental. L’Amérique est la première actuellement à payer l’aveuglement politique de ses dirigeants. Aujourd’hui[24] les prédictions du comte de Jordana se sont réalisées.

Les U.S.A. sont depuis des années en état de guerre froide avec le communisme russe et chinois ; l’Amérique entretient une flotte et une aviation gigantesques en état permanent d’alerte, sur le pied de guerre ; elle maintient une importante armée qui monte la garde tout le long du rideau de fer.

En Asie, elle a dû mener une guerre coûteuse contre le communisme chinois en Corée ; elle a remplacé l’Allemagne dans « son alliance impie avec le Japon païen » et elle arme fiévreusement ce dernier contre leur ennemi commun. En Asie du Sud-Est, l’Amérique s’engage tous les jours davantage dans une guerre meurtrière contre le communisme russe et chinois, guerre dans laquelle elle n’a pas jusqu’ici le dessus, que tout le monde prévoit longue, difficile, sanglante et qui s’envenime dangereusement en prélude à un nouveau conflit mondial.

Sans parler de Cuba, de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et autres points chauds du globe.

Avec le recul du temps et à la lumière de l’histoire, nous pouvons aujourd’hui affirmer: « oui, l’Espagne avait raison ».

Les tragiques événements de Tchécoslovaquie[25] ont ramené l’attention sur les accords de Yalta.

Les États-Unis sont accusés de n’avoir rien fait pour s’opposer à l’envahissement de la Tchécoslovaquie par les chars russes, parce que ce pays faisait partie de la zone d’influence attribuée aux Russes en Europe par les accords de Yalta.

Sur ce, l’envoyé spécial des États-Unis à Paris, M. Averell

Harriman, chargé de diriger les négociations avec le Vietnam, déclarait tout récemment avec force : « Il n’y a pas eu à Yalta de partage du monde en zones d’influence ».

Le document Zabrousky nous démontre que, dans l’esprit de

Roosevelt, il y a bien eu partage de zones d’influence. Mais ce document est un document secret, dont seul le gouvernement espagnol pourrait prouver l’authenticité, authenticité qui ne faisait aucun doute pour le comte Jordana alors ministre des Affaires étrangères d’Espagne.

À la fin du printemps dernier, je tenais une conférence de presse à Londres et j’y mentionnai le document Zabrousky, document totalement inconnu jusqu’alors en Angleterre et aux Etats-Unis. À l’issue de cette conférence, un auditeur américain vint me dire : ce document est certainement authentique car il en existe une confirmation dans les mémoires du cardinal Spellman.

Il se trouve effectivement dans ces mémoires un long passage, qui est une confirmation implicite très frappante de ce fameux document.

Le 1er septembre 1943, le cardinal, alors archevêque de New York, dîna à la Maison-Blanche avec le président Franklin Roosevelt et Winston Churchill. Le lendemain, vendredi 2 septembre, il eut une conversation d’une heure et demie, seul à seul, avec le président, conversation que le cardinal nota aussitôt dans ses mémoires.

Le cardinal y résuma la pensée de Franklin Roosevelt telle qu’elle lui fut exposée au cours de cet entretien. En voici la relation faite par le R. P. Gannon[26].

« Le monde sera divisé en sphères d’influence. La Chine aura l’Extrême-Orient; les États-Unis, le Pacifique ; l’Angleterre et la Russie auront l’Europe et l’Afrique.

Mais comme la Grande-Bretagne a des intérêts coloniaux prédominants, on peut admettre le fait que la Russie dominera l’Europe. Chang Kaï-Chek sera tenu au courant des grandes décisions concernant l’Europe, mais il n’aura pas d’influence sur elles. Il en sera peut-être de même — quoique à un moindre degré — pour les États-Unis. Roosevelt espérait — quoique ce fût là un vœu platonique — que l’intervention russe en Europe ne deviendrait pas trop dure.

La dernière Ligue des nations n’a pas été un succès parce que les petits États avaient le pouvoir d’intervenir. La future Ligue comprendra seulement les quatre grandes puissances : Etats-Unis, Angleterre, Russie, Chine. Les petits États auront une voix consultative, mais sans pouvoir de décision ni de vote.

Nous obtiendrons un rendez-vous avec Staline aussitôt que possible ; le président croit qu’il lui est possible d’arriver plus facilement que Churchill à une entente avec Staline. Churchill est trop idéaliste alors que lui est un réaliste, comme l’est Staline. Par conséquent, une entente entre les deux sur une base réaliste est probable. Mon vœu, disait-il, serait, quoique ce semble improbable, d’obtenir de Staline une promesse de ne pas étendre le territoire russe au-delà d’une certaine ligne. Il recevra certainement la Finlande, les Etats baltes, la moitié orientale de la Pologne, la Bessarabie. Il serait tout à fait inutile de s’opposer sur ce point aux désirs de Staline, parce qu’il a de toute manière le pouvoir de s’en emparer.

Il vaut donc mieux les lui donner gracieusement.

De plus, la population de la Pologne orientale veut devenir russe (sic). Mais, il n’est pas du tout certain que Staline se contentera de ces frontières. Sur la remarque que la Russie avait déjà nommé des gouvernements à caractère communiste pour l’Allemagne, l’Autriche et d’autres pays, gouvernements qui peuvent instaurer un régime communiste sans que les Russes aient même besoin d’intervenir, il a reconnu qu’il fallait s’y attendre. Lorsque je lui demandai si les Alliés ne feraient pas quelque chose de leur côté pour contrecarrer ce mouvement en donnant des encouragements aux meilleurs éléments de ces pays, de même que la Russie encourage et soutient les communistes, il déclara que rien de ce genre n’avait été prévu.

Il est, par conséquent, probable que les régimes communistes s’étendront en Europe, mais que pouvons-nous y faire ? La France pourra peut-être y échapper, si elle a un gouvernement à la Léon Blum; le Front populaire y sera si avancé que les communistes pourront éventuellement l’accepter. À la question directe de savoir si l’Autriche, la Hongrie et la Croatie tomberont sous quelque sorte de protectorat russe, la réponse a été clairement : oui. Mais il ajouta :“Nous ne devons pas perdre de vue les magnifiques succès économiques de la Russie. Ses finances sont saines.“ Il est naturel que les pays européens subissent de terribles changements pour s’adapter à la Russie, mais il espère que, dans dix ou vingt ans, l’influence européenne amènera les Russes à devenir moins barbares.

Quoi qu’il en soit, les États-Unis et la Grande-Bretagne ne peuvent pas combattre les Russes. La production russe est si importante que l’aide américaine, les camions exceptés, est négligeable. Il espère que d’une amitié forcée pourra sortir bientôt une amitié réelle et durable. Les populations européennes auront tout simplement à endurer la domination russe dans l’espoir qu’au bout de dix ou vingt ans elles arriveront à vivre en bonne entente avec les Russes. Finalement, il espère que les Russes prendront 40 % du régime capitaliste, les capitalistes retiendront seulement 60 % de leur système, et de la sorte une entente générale sera possible. C’est aussi l’opinion de Litvinoff.

Nul gouvernement autrichien en exil n’est prévu ni toléré; il n’y aura pas d’opposition à un régime autrichien communiste dominé par les Russes. La seule chose qui pourrait sauver l’Autriche du communisme serait qu’Otto d’Autriche arrive à reconquérir le trône avec l’aide de la Hongrie. Mais, même alors, il faudrait qu’il compte avec les Russes.

. Sur l’Allemagne, Roosevelt et Churchill sont arrivés à un accord : l’Allemagne sera morcelée. Elle n’aura plus de gouvernement central mais sera sous la domination des quatre Grands, principalement de la Russie. Il n’y aura pas de traité de paix, simplement un décret des quatre Grands. L’Allemagne pourra s’exprimer mais ce qu’elle dira n’aura aucune influence.

L’Allemagne sera divisée entre les États suivants : Bavière, Etat rhénan, Saxe, Hesse, Prusse. Le Wurtemberg deviendra partie de la Bavière. La Saxe s’emparera d’une partie de la Prusse. Le Hanovre deviendra un État indépendant; l’Allemagne sera désarmée pour quarante ans. Elle n’aura plus d’aviation militaire, elle n’aura plus d’aviation civile ; aucun Allemand ne sera autorisé à apprendre à piloter.

La Pologne, si elle est restaurée, obtiendra la Prusse orientale. Des plébiscites auront lieu dans les pays suivants : France, Italie, Pays-Bas, Belgique, Norvège, Grèce. Aucun plébiscite n’est prévu pour la Tchécoslovaquie.

À cette époque, poursuit le R. P. Gannon, la hiérarchie catholique américaine exprima publiquement sa profonde inquiétude devant la part grandissante attribuée à la Russie soviétique dans la distribution des dépouilles de la victoire. Ses membres étaient d’accord pour admettre que le sécularisme, l’exploitation et le totalitarisme, qu’ils soient fascistes, nazis ou communistes, ne pourront jamais amener une paix durable, et le cardinal-archevêque Spellman, lui-même, demanda instamment que nous ne soyons pas animés par un esprit de vengeance, qui détruirait notre victoire. Alors que le cardinal était encore l’hôte de la Maison- Blanche, la nouvelle y parvint que Montgomery avait réussi à débarquer deux divisions à travers le détroit de Messine et que l’invasion alliée du continent occidental était enfin un fait accompli.

Au cours des deux mois suivants, il y eut la destruction insensée de l’abbaye du Mont-Cassin, le bombardement de Rome et les menaces qui pesaient sur la ville. L’archevêque saisit toute occasion pour demander publiquement qu’on épargnât la capitale du catholicisme. Parlant devant soixante- quinze mille personnes au stade de New York, il demanda des prières publiques pour que Rome, la ville de l’Âme, la Rome éternelle, ne soit pas détruite et, par-dessus tout, pour que Rome ne soit pas détruite par nous (Américains). Il s’ensuivit une intense polémique dans la presse dont certains organes proclamaient le slogan populaire à l’époque:Toutes les églises de Rome ne valent pas la vie d’un seul soldat américain.

Mgr Spellman avait toujours eu une profonde admiration et une grande amitié pour le président Roosevelt, qu’il considérait comme un génie politique, mais, à la suite de ces événements, sa dévotion envers Roosevelt fut très ébranlée : plus il réfléchissait à la politique de capitulation inconditionnelle, plus il la discutait avec des militaires de haut rang, plus elle lui paraissait inacceptable; non seulement, elle renforçait la résistance allemande et coûtait aux deux côtés d’innombrables pertes, mais elle rendait absolument futiles les prières du Pape lui-même.

La phrase favorite du Saint-Père, répétée sans interruption, avait toujours été : “ Paix dans la Justice “; mais quelles forces armées au monde ont jamais été justes avec un ennemi réduit à l’impuissance totale ? Puis pour compliquer les choses, la seconde conférence de Québec eut lieu en septembre. À cette conférence, le plan Morgenthau fut accepté sans aucune réserve par Churchill et par Roosevelt. Ce plan avait pour but l’annihilation du peuple allemand en démembrant son pays et en donnant des morceaux de chair à tous ses voisins, en détruisant toutes les mines et toutes les usines.

Il condamnait 70 millions d’êtres humains à vivre sur un territoire qui ne pourrait pas nourrir la moitié d’entre eux ; un plan caractérisé par le secrétaire Hull comme étant un plan de vengeance aveugle.

Le jour même où Hull reçut le mémoire du président, concernant le plan Morgenthau, il en reçut un autre l’informant que Morgenthau avait présenté à Québec, en conjonction avec le plan pour l’Allemagne, une offre de crédit à l’Angleterre d’un montant de six milliards et demi de dollars. Le secrétaire d’Etat écrivit par la suite : « Cela nous permet de croire qu’en échange de ce don, il obtint l’accord de Churchill à ce plan catastrophique pour l’Allemagne. »

Au retour de Roosevelt à Washington, Hull s’aperçut que le président ne semblait pas du tout réaliser la nature dévastatrice du mémorandum du 15 septembre auquel il avait donné son accord.

Peu après, le secrétaire d’État Stimson eut avec le président une conversation à la suite de laquelle il arriva à la même conclusion; il m’informa (dit Hull) qu’il avait lu au président plusieurs passages de son mémorandum daté du 15 septembre, mémorandum qui concluait sur cette phrase :« Nous envisageons de convertir l’Allemagne en un pays agricole et pastoral. » Stimson me dit que le président fut franchement stupéfait en entendant cette phrase, qu’il ne comprenait pas comment il y avait donné son accord et qu’il l’avait fait manifestement sans y réfléchir.

Ce changement menaçant dans la pensée du président inquiéta beaucoup l’archevêque; cela lui rappela des bribes de conversation qui l’avaient déjà troublé au cours de plusieurs de ses visites amicales à la Maison-Blanche. Il se rappelait le sourire désarmant avec lequel Roosevelt lui avait dit :

« Le Pape s’inquiète beaucoup trop du communisme », et la chaleur avec laquelle le président exprimait sa sympathie pour la grande démocratie soviétique ; la Russie, dit-il, un soir, alors qu’ils étaient assis après dîner à la Maison Blanche, a besoin de protection. Elle a été envahie deux fois, vous savez. C’est pourquoi, nous lui donnerons une partie de la Pologne et nous récompenserons la Pologne avec une partie de l’Allemagne.

L’archevêque protesta : « Cette décision ne peut contraindre la Pologne à devenir russe, si ce n’est en expulsant la population du pays. Il est absolument immoral de déraciner ainsi des peuples entiers en leur prenant leurs maisons, leurs églises et même leurs cimetières. »

Il se rappelait spécialement l’entrevue qu’il avait eue avec le président, la semaine qui précéda son départ pour la conférence de Téhéran avec Staline et Churchill. Il avait été profondément choqué qu’il fasse la moitié du chemin pour rencontrer le dictateur rouge sur son propre terrain et il le lui dit; il ne fut pas du tout rassuré quand son vieil ami lui répondit avec un sourire : « Ne vous inquiétez pas. Je sais comment parler à Staline; c’est tout simplement un autre homme pratique, comme moi, qui veut la paix et la prospérité ».

L’archevêque lui répondit : « Il n’est pas simplement quelqu’un d’autre ; il est différent. Vous ne pouvez lui faire confiance ; il ne coopérera jamais avec vous. »

Mais, troublé comme il l’était, il conclut cependant que malgré des signes occasionnels d’irresponsabilité associés à une pensée sociale et politique assez confuse, F.D. Roosevelt était toujours un génie, un génie très charmant et capable de mettre fin aux horreurs d’une guerre mondiale.

Quelques mois après cependant, comme les détails des accords de

Yalta arrivaient graduellement à la connaissance du peuple américain, les vieux doutes et les craintes de l’archevêque se transformèrent en une véritable désillusion. Le « climax » survint quand son Excellence apprit que l’homme qui avait été pendant longtemps son idéal, avait livré à la Russie soviétique non seulement la partie sud de l’île de Sakhaline mais toutes les îles Kouriles, car cela lui remit en mémoire une certaine soirée à la Maison-Blanche juste après son retour d’Alaska : Roosevelt avait résumé pour son hôte les événements du Pacifique et, pointant son doigt sur la carte, il avait montré les îles Kouriles en disant d’un ton dramatique : « Ces îles sont un poignard dirigé contre le cœur de l’Amérique. Elles ne doivent jamais tomber entre les mains d’un ennemi.»

L’archevêque réalisa alors avec un sentiment de désespoir que le poignard était maintenant entre les mains de notre plus dangereux ennemi et qu’un président à la santé déclinante l’avait sans s’en rendre compte remis lui-même entre ses mains.[27]»

SOCIETE

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes qu’en les aimant. »

(P. Le Prévost)

L’enseignement des sciences ruiné par l’Evolution

Pr Joseph Mastropaolo[28]

Résumé : Un rapport de la Commission Nationale sur l’Enseignement des Sciences pour le 21ème siècle, au Ministère américain de l’Éducation, fait état d’une baisse dramatique de la réussite en sciences (50%) et en mathématiques (40%). Comment l’expliquer ? Le Pr Mastropaolo part d’un fait bien connu en psychologie : l’animal qui ne sait plus s’il va être puni ou récompensé devient hystérique ou apathique. Or l’enseignement de l’Évolution à l’école oblige à croire qu’une chose (la génération spontanée par exemple) peut être à la fois vraie (dans un lointain passé) et fausse (aujourd’hui). De là une incertitude sur la manière de répondre juste aux questions, qui dissuade de s’engager dans l’étude des sciences.

Au cours de mon exposé sur « La vie se dégrade, la vie est une invention audacieusement conçue, d’une grande originalité« , lors de la séance sur l’Enseignement de l’Évolution, au Parlement Européen à Bruxelles le 11 octobre 2006, un transparent présentait la chute de 50% de réussite en sciences et de 40% en mathématiques de la 3ème à la terminale, classes où l’on enseigne l’Évolution. Ceci provenait d’un rapport intitulé Avant qu’il ne soit trop tard rendu par la Commission Nationale sur l’Enseignement des Mathématiques et des Sciences pour le 21ème siècle,

Ministère US de l’Éducation, Washington, D.C. 2000, page 10.

La question me fut posée: « De toutes les causes possibles, pourquoi croyez vous que l’évolution est la cause d’une chute de 50% dans la réussite en science ? »

Pour y répondre, revoyons les leçons sur les névroses expérimentales apprises en psychologie de l’éducation. Les expériences furent faites sur des animaux et confirmées sur des humains. Par exemple, on apprend au sujet qu’une lumière verte s’allumera avant une récompense et une lumière rouge avant une punition (telle qu’un léger choc électrique).

Le sujet s’avance volontiers pour la récompense avec la lumière verte et reste tranquille avec la lumière rouge. Lorsque récompense et punition sont mélangées de façon aléatoire, le sujet ne réagit plus et, s’il est contraint, il manifestera un comportement névrotique, ce qui, pour les chiens pourra être un aboiement incontrôlable, des gémissements ou de l’apathie.

Comment ceci s’applique-t-il à ce que font les professeurs d’Évolution en classe ? Professeurs et manuels disent aux élèves que la génération spontanée n’existe pas. On donnera l’exemple de la croyance superstitieuse que la viande putréfiée engendre des asticots alors que ce sont les mouches qui pondent des œufs éclosant en asticots. (K.R.Miller & J.Levine, Biology, New Jersey, Prentice Hall,1998-2006, pp.339-341). Plus loin dans le même chapitre (p.346), l’élève apprend que la vie fut spontanément engendrée sur la Terre jeune dans une « soupe organique primitive ». Ensuite l’élève sera sans doute interrogé sur la possibilité biologique de la génération spontanée. Quelle que soit sa réponse, il y aura un texte du manuel pour dire que c’est faux. L’élève peut ne pas répondre ou, s’il y est contraint, se détourner à l’avenir de la biologie voire de toute autre science .

Les manuels de biologie sur l’évolution ont une leçon sur les organes homologues tels que le bras humain, la patte du chien, l’aile de la chauve-souris et la nageoire du dauphin (p. 284). On dit à l’élève que les os sont les mêmes ; pourtant ils sont manifestement différents. La patte, l’aile et la nageoire sont utilisées pour la locomotion alors que le bras est utilisé pour manipuler des outils et non pour la locomotion. Ils sont tous différents mais le cours sur l’homologie affirme explicitement que leur structure et leur usage sont les mêmes.

Si l’élève est interrogé et qu’il répond d’après l’observation en scientifique objectif, il pressent que sa réponse sera notée comme fausse. S’il répond conformément au manuel, il sait qu’il souscrit à un mensonge. Plutôt que de mentir, il peut décider de ne pas répondre et d’éviter la science. Cependant la science a besoin de l’observateur honnête, pas du menteur.

On apprend à l’élève que toute vie a évolué à partir d’une forme inférieure jusqu’à sa forme actuelle.

S’il demande un exemple, on lui répond que tout cela s’est produit il y a longtemps, et que les conditions ne sont pas réunies pour que cela se produise encore aujourd’hui (pp. 342,346). Il constate cependant que tout vieillit, se rouille et meurt, invariablement se dissout. Pour réussir son examen il doit croire qu’il y a très longtemps, l’évolution fut vraie, puis que le monde fut en quelque sorte mis sens dessus dessous et que, maintenant, c’est la dégradation, l’exact opposé et le contraire de l’évolution, qui est vraie.

Il peut ne pas pouvoir croire que le même monde est capable d’agir dans des directions opposées. Plus on lui enseigne les nombreux démentis à la réalité qu’implique l’enseignement de l’évolution, plus sa réussite en science est compromise.

L’évolution est le seul sujet qui met la réalité à l’envers. C’est le seul sujet suscitant en permanence les conditions de la névrose, et c’est une condition assez puissante psychologiquement pour faire chuter le succès de 50% en science et de 40% en mathématiques, qui sont le langage de la science. C’est pourquoi l’évolution a été qualifiée d’anti-éducation.

Si quelqu’un a une meilleure explication, fondée objectivement, qu’il la présente. En attendant, il faut considérer que l’évolution est la cause la plus vraisemblable de cette chute de 50% en science et de 40% en mathématiques.

*

* *

Pas d’autistes chez les amish[29]

Sylvie Simon

Résumé : En observant attentivement la société, on peut obtenir des résultats parfois plus probants que les tests cliniques toujours pratiqués sur des nombres limités de patients. C’est ainsi que l’Etat d’Illinois, au Sud du lac Michigan, exempte ceux qui refusent les vaccinations pour raisons religieuses. On dispose ainsi d’un groupe de 15 000 enfants non vaccinés. De même les Amish, cette communauté (rendue célèbre par le film « Witness ») qui vit comme au 18ème siècle, ignore la vaccination.

Chez ces deux groupes, les cas d’autisme sont pratiquement inexistant, alors que la moyenne nationale est d’un autiste sur 166 enfants.

Or, les vaccins contiennent souvent du thimérosal (éthyle de mercure) qui a déjà été incriminé comme favorisant l’autisme et d’autres problèmes neurologiques.

Mais ces études sont occultées. On peut donc vraiment se poser la question : les autorités médicales qui connaissent ces faits seront-elles enfin disposées à affronter un jour les puissantes compagnies pharmaceutiques ?

Le Dr Mayer Eisenstein, directeur médical du Homefirst Health Services, signale: “Depuis des années, nous avons suivi 30 000 à 35 000 enfants dès leur naissance, et nous n’avons pas rencontré un seul cas d’autisme parmi les enfants qui n’ont jamais reçu de vaccins. Nos médecins ont aidé à faire naître plus de 15 000 bébés dont la plupart n’ont jamais été vaccinés. Les quelques rares cas d’autisme ont été décelés chez des enfants vaccinés avant que leur mère ne s’adresse à nous pour leur enfant suivant.”

Ces enfants, qui fréquentent les écoles publiques de l’Illinois, ont permis de faire baisser les moyennes d’autistes de cet État à 38 pour 10 000 (d’après le Ministère de l’Education), alors qu’elles sont de 60 pour 10 000 dans le reste du pays (d’après le CDC, Centre de Contrôle des Maladies).

Les amish s’opposent à la vaccination et les autistes sont pratiquement inexistants chez eux

Eisenstein ajoute que ces chiffres sont significatifs et qu’il est impossible d’ignorer la différence. Les vaccinations sont obligatoires dans l’Illinois, mais l’État accepte les exemptions pour raisons religieuses. Homefirst laisse les parents libres de leur choix, mais Eisenstein critique ouvertement la politique de vaccination du CDC depuis les années 1990, lorsqu’on a introduit le vaccin contre l’hépatite B dès le jour de la naissance.

Il est l’auteur du livre Don’t Vaccinate Before You Educate ! (Ne vaccinez pas avant d’éduquer).

Le Dr Paul Schattauer, qui fait partie de Homefirst depuis vingt ans et traite au moins 100 enfants par semaine, confirme : “Tout ce que je sais c’est que, dans ma pratique, je ne rencontre pas d’autistes. Nous sommes loin des 1cas sur 166 officiels dans notre pays.” En 1991, on ne trouvait qu’un enfant autiste sur 2 500 dans cette région.

Le même constat concerne les amish dont les convictions religieuses s’opposent à la vaccination. Chez eux, les autistes sont pratiquement inexistants. Au début de l’année 2005, le Dr Jeif Bradstreet, pédiatre en Floride, spécialiste de l’autisme, a déclaré qu’on ne trouvait pratiquement aucun cas d’autisme chez les enfants non vaccinés pour des raisons religieuses et élevés au sein de leur famille afin d’échapper aux vaccinations scolaires. Ces déclarations confirment les observations du Dr Eisenstein.

Les autorités fédérales de santé et les laboratoires nient avec vigueur tout lien entre l’autisme et les vaccins, même ceux qui contiennent du mercure. Or, de nombreuses études ont confirmé que le thimérosal, composé à 49,6 % d’éthyle de mercure, avait un rapport avec l’autisme et d’autres problèmes neurologiques. Cependant le thimérosal se trouve toujours dans la plupart des vaccins injectés à des millions d’enfants dans les pays développés.

Le CDC recommande de vacciner les femmes enceintes et les enfants de 6 à 23 mois contre la grippe. John Clements, de l’OMS, a déclaré en juin 2000: “Mon travail consiste à vacciner 100 millions d’enfants avant la fin de l’année, puis l’année prochaine et les années suivantes. Et cela se fera avec des vaccins qui contiennent du thimérosal.” Cette proclamation a été faite après la parution des études incriminant le thimérosal, car, en 2004, l’Institut de médecine déclara que “ni les États-Unis ni les autres pays ne pouvaient inclure l’autisme comme un risque potentiel”.

Une étude gardée secrète: depuis 1991, l’autisme a été multiplié par 15 aux États-Unis

En juin 2000, sous l’égide du CDC, un groupe de scientifiques et d’officiers de santé du gouvernement américain s’est réuni à Simpsonwood, dans un centre de retraite méthodiste isolé qui permettait la discrétion. L’agence s’était gardée d’annoncer publiquement la réunion et n’avait invité que 52 personnes du CDC, de la FDA (Food and Drug Administration), les spécialistes de la vaccination à l’OMS et des représentants des principaux fabricants de vaccins, tels Glaxo SmithKline, Merck, Wyeth et Aventis Pasteur.

Ces gens avaient été rassemblés pour discuter d’une récente étude qui soulevait d’importantes questions sur la sécurité des vaccins administrés journellement aux nouveau-nés et aux jeunes enfants. D’après Tom Verstraeten, un épidémiologiste du CDC qui venait d’examiner les données médicales de 100 000 enfants, il était apparu de manière irréfutable que le mercure contenu dans les vaccins était responsable de l’effrayante augmentation d’autisme et de désordres neurologiques chez ces enfants. Verstraeten cita alors les nombreuses études antérieures démontrant bien le lien entre le mercure (thimérosal) et les problèmes auxquels étaient confrontés ces enfants.

Tout au long de la conférence, le CDC a répété aux participants que les travaux et les interventions devaient rester secrets. Ils ne pourraient faire de photocopies des documents ni emporter de papiers en partant.

L’événement était d’importance car, depuis 1991, l’autisme a été multiplié par 15 aux États-Unis, ce qui est effarant. Ces conclusions ont affolé de nombreux participants. “Vous pouvez retourner ces données dans tous les sens, les résultats sont significatifs”, a déclaré le Dr Bill Weil, consultant de l’American Academy of Pediatrics.

Cependant, au lieu de décider d’alerter immédiatement le public et de débarrasser les vaccins du thimérosal, les participants passèrent le plus clair de ces deux jours à rechercher les moyens de cacher ces données alarmantes. D’après la transcription des travaux, obtenue grâce à l’intervention du Freedom of Information Act, la plupart des participants s’inquiétaient uniquement de l’impact de ces révélations sur l’industrie pharmaceutique.

Le CDC a demandé à l’Académie de médecine de mener une nouvelle étude afin de blanchir le thimérosal et de minimiser ses risques, ordonnant aux chercheurs “d’éliminer” les liens avec l’autisme

“Nous serons en mauvaise position pour nous défendre en cas de poursuites”, a déclaré le Dr Robert Brent, pédiatre à l’hôpital pour enfants Alfred-du-Pont dans le Delaware. Le Dr Robert Chen, chef du service de la sécurité des vaccinations au CDC, a exprimé son soulagement d’avoir conservé ces informations hors de portée de personnes “moins responsables”. Le Dr John Clements, conseiller de l’OMS pour les vaccins, a avoué qu”il aurait mieux valu que cette recherche n’ait pas eu lieu”. Il a ajouté que les résultats “devaient être remaniés” car l’étude risquait de tomber dans des mains étrangères et d’être “utilisée de manière différente, hors du contrôle de leur groupe”.

En fait, le gouvernement a prouvé qu’il souhaitait limiter les dégâts plutôt que de protéger la santé des enfants. Le CDC a demandé à l’Académie de médecine de mener une nouvelle étude afin de blanchir le thimérosal et de minimiser ses risques, ordonnant aux chercheurs “d’éliminer” les liens avec l’autisme. Le Centre occulta les travaux de Verstraeten, et raconta au Freedom of Information Act que les données originales avaient été perdues et ne pouvaient donc être reproduites.

Lorsque Verstraeten publia finalement ses travaux, en 2003, il avait été engagé par GlaxoSmithKline et révisa évidemment ses données afin d’enterrer le lien entre le thimérosal et l’autisme.

Les fabricants de vaccins ont à présent commencé à supprimer le thimérosal des injections données aux nouveau- nés américains, mais ils ont continué à vendre leurs vaccins au mercure jusqu’à l’année dernière. Le CDC et la FDA les ont aidés à exporter ces vaccins vers les pays en voie de développement et leur ont permis de continuer à utiliser ce produit pour certains vaccins américains, dont des vaccins pédiatriques contre la grippe et le tétanos, administrés aux enfants de ll ans.

Les compagnies pharmaceutiques ont également bénéficié de l’aide d’influents hommes politiques à Washington. Le chef de la majorité au Sénat, Bill Frist, a reçu 873 000 dollars de l’industrie pharmaceutique afin de protéger les fabricants de vaccins dans le cadre des 4 200 procès intentés par des parents d’enfants handicapés.

Àcinq occasions différentes, Frist essaya de cacher tous les documents relatifs aux vaccins — y compris les transcriptions de Simpsonwood — et de protéger des assignations Eli Lilly, l’inventeur du thimérosal. En 2002, Frist fit voter ce que l’on appelle le “Eli Lilly Protection Act” ; en récompense, la Compagnie contribua à sa campagne électorale pour 10 000 dollars et acheta 5000 exemplaires de son livre sur le bioterrorisme.

Le Congrès abrogea le décret en 2003, mais, en 2005, Frist présenta un nouveau projet “antiterroriste” qui devait permettre de refuser toute indemnité aux enfants souffrant de désordres relatifs aux vaccins. “Les plaintes sont tellement nombreuses qu’elles pourraient mettre au chômage de nombreux producteurs de vaccins et limiter notre capacité à enrayer une attaque biologique d’origine terroriste”, a osé dire Dean Rosen, conseiller de Frist pour la politique de santé.

Le Los Angeles Weekly annonça alors: “Les encouragements de

Frist pour les lobbyistes de la vorace industrie pharmaceutique n’ont pas de limites. Frist n’est pas le sénateur du Tennessee, il est le sénateur d’un État appartenant à l’industrie pharmaceutique.

Il possède plus de 2 millions de dollars dans le secteur de la santé, ce qui lui confère le douteux privilège de recevoir plus d’argent des services de santé que 98 % de ses collègues.”

Nombre de conservateurs sont choqués par les efforts du gouvernement actuel pour couvrir les dangers du thimérosal. Actuellement, aucun responsable des vaccinations n’accepte d’accorder le moindre crédit au fait qu’il n’existe pas d’autisme chez les amish, ni dans les rangs du Homefirst à Chicago, ni chez les enfants scolarisés dans leur famille. Ce fait constitue une omission très significative.

Et le Dr Julie Gerberding, du CDC, ne pouvant nier l’exception chez les amish, ose même avancer qu’elle est due à des dispositions génétiques différentes de celles des autres secteurs des États-Unis.

A-t-on vraiment envie de supprimer l’autisme ? Tout le monde sait qu’il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre ; mais, dans ce cas précis, les instances de santé sont criminelles de ne pas essayer de comprendre la raison de l’augmentation effrayante de cette maladie et, surtout, pourquoi elle ne touche pas les enfants non vaccinés. Il est plus facile d’évoquer des facteurs génétiques fantaisistes. Les gènes ont bon dos

!

Ainsi, les dispositions génétiques se cantonneraient, sagement, dans les secteurs où se trouve l’enfant non vacciné à cause des croyances religieuses ou éthiques de leurs parents. Les croyances auraient-elles un impact sur les gènes? Ces propos stupides permettent de se reposer la question: a-t-on vraiment envie de supprimer l’autisme?

Annexe. L’asthme et le diabète juvéniles

Le Dr Schattauer a également confirmé que les enfants traités par les médecins du Homefirst sont rarement sujets à l’asthme et au diabète, alors que le pourcentage d’asthme chez les enfants est d’environ 10 % dans le reste de la population.

Le Dr Eisenstein commente “J’ai d’abord cru que cette protection était due à l’allaitement maternel ; mais nous trouvons des asthmatiques chez les enfants nourris au sein alors qu il n’y en a pas chez les enfants nourris au sein et non vaccinés.”

Certaines études ont mis au jour des risques d’asthme après la vaccination, d’autres affirment le contraire. Cependant, il est notoire que ces dernières sont menées par des chercheurs qui ont des liens avec les laboratoires et n’incluent pas d’enfants non vaccinés.

*

* *

A l’attention de M. Jésus fils de Joseph, Menuiserie-Charpente, Nazareth, Galilée.

Cher Monsieur,

Nous vous remercions de nous avoir confié les Curriculum Vitæ des douze hommes que vous avez sélectionnés pour leur confier des postes de responsabilité dans votre nouvelle organisation.

Après examen sérieux, tests et entretiens avec notre psychologue spécialisé, nous sommes arrivés aux conclusions suivantes :

D’une façon générale les candidats proposés manquent d’expérience, de formation et d’aptitudes pour le genre d’entreprise que vous désirez fonder. Ils n’ont pas l’esprit d’équipe et leurs connaissances en langues étrangères sont insuffisantes.

Simon-Pierre est un instable émotionnel, impulsif et souvent en proie à des sautes d’humeur. Sa résistance au stress semble faible, ce qui nous fait douter de sa fiabilité dans les difficultés. Nous le déconseillons formellement s’il devait occuper un poste d’encadrement.

André n’a aucun don pour assumer des responsabilités.

Les deux frères Jacques et Jean, fils de Zébédée, placent leur intérêt personnel au-dessus du dévouement envers la société. De plus, ils pourraient abuser de leur position si on venait à leur confier des missions importantes.

Thomas a tendance à discuter les ordres et risque d’avoir une influence négative sur l’ensemble du groupe. Il peut prendre quelques initiatives hasardeuses, et semble disposé aux absences injustifiées.

Les antécédents professionnels et les fréquentations de Matthieu nous font émettre des doutes sérieux quant à son intégrité.

Jacques fils d’Alphée a une tendance dangereuse à la radicalisation et à 1’utopie, qui alterne avec des phases de laxisme. Ceci est révélateur d’un syndrome maniaco-dépressif.

Simon le Cananite, dit Simon le Zélote, est lié avec des milieux extrémistes. Cela fait de lui un élément difficile à contrôler et susceptible de mener des actions irresponsables.

Philippe de Bethsaïde manque d’autonomie pour avoir une vision claire des choses.

Nathanaël de Cana, alias Barthélemy, est d’une nature sceptique et influençable.

Jude Thaddée semble privilégier l’action publicitaire tapageuse à une politique marketing de terrain.

Un seul des candidats nous a paru au-dessus de la moyenne : Judas Iscariote. Il est imaginatif, il a le sens du commerce, il sait placer les capitaux, il a le contact facile, des relations intéressantes à haut niveau et le goût de la discrétion. Il est motivé, ambitieux et n’a pas peur des responsabilités.

En joignant à cette étude notre facture, nous restons à votre disposition pour mieux cibler votre recherche et vous aider dans le développement de votre organisation.

Sûr que vous saurez faire confiance à notre professionnalisme, nous vous souhaitons succès, prospérité et durée.

NATHANSON & PARTNERS CONSULTING

Management et Ressources Humaines, Jérusalem

(Extrait d’E.F.T.)

BIBLE

L’Évolution : une hérésie ?[30]

Frank M. Rega

Résumé : Devant le consensus apparent en faveur de l’Évolution, beaucoup sont tentés par une synthèse conciliant les vérités de la religion avec le nouveau « dogme ». C’est l’évolutionnisme théiste : un dieu caché, que les savants n’aperçoivent pas, régit ou accompagne incognito l’auto-invention des êtres vivants. Cette position a été développée par le P. Coyne, ex-directeur de l’Observatoire du Vatican, qui vient de quitter ses fonctions après avoir proclamé dans une conférence la « fertilité de l’univers » !

Or il est bien des vérités scripturaires ou théologiques qui s’opposent radicalement à l’évolutionnisme. Par exemple, si la mort est une conséquence du péché d’Adam, les animaux n’ont pu fossiliser avant l’apparition de l’homme. Et si Adam descend d’animaux humanoïdes, il faut admettre que les gènes de celle qui s’est appelée l’Immaculée Conception sont les gènes, fussent-ils modifiés, des animaux sanguinaires qui s’intercalent inévitablement entre Adam et le lombric dont il est issu.

Certains chrétiens, espérons-le, hésiteront un peu avant d’avaler en toute lucidité le breuvage évolutionniste…

Dans une lettre à l’Académie Pontificale des Sciences du 22

Octobre 1996, le Pape Jean-Paul II fit une déclaration discutable: »(…)Aujourd’hui de nouvelles connaissances conduisent à reconnaître dans la théorie de l’évolution plus qu’une hypothèse. » Cette affirmation en irrita beaucoup dans le camp des anti-évolutionnistes, estimant qu’elle retardait la cause du créationnisme et de « l’intelligent design », qui faisait de grands progrès.

Un des aspects de la théorie évolutionniste est la « sélection naturelle » et, dans certains cas concernant les changements à l’intérieur d’une espèce, la sélection naturelle est de fait « plus qu’une hypothèse. » Par exemple, des études ont montré que la taille du bec des pinsons peut varier par sélection à cause de l’environnement. Le même phénomène de variation statistique a été constaté dans des études classiques sur l’avantage vital que procure à la phalène du bouleau, un papillon, la couleur sombre ou claire de ses ailes.

Mais, finalement, nous avons toujours des pinsons et des phalènes du bouleau, même si les changements dus à la sélection naturelle et à l’environnement agissent sur l’information génétique dominante chez les membres d’une espèce.

L’aspect de la théorie évolutionniste le plus souvent mis en question et débattu est l’hypothèse de la « descendance commune. » Elle est discutable car il n’existe pas de preuve expérimentale, scientifique, qu’une espèce ou une famille descende d’une autre. C’est une pure hypothèse, n’ayant jamais dépassé ce stade depuis un siècle et demi. Dans le présent article nous entendrons par évolution cette prétendue descendance commune.

Au cours des dernières années, les travaux de scientifiques utilisant la théorie de l’intelligent design ont efficacement discrédité le néo-darwinisme, c’est-à-dire l’idée d’une apparition de nouvelles espèces par l’interaction de la sélection naturelle, de l’environnement et des changements génétiques dus surtout aux mutations. Parmi les pionniers du mouvement de l’intelligent design figurent l’Anglais Michael Denton, et les Américains William Dembski et Michael Behe, un catholique. Malgré tout, les nouveaux développements qui ont réussi à contester le néo-darwinisme, n’ont pas empêché les évolutionnistes de qualifier effrontément leur modèle de « fait de l’évolution. » Mais la descendance évolutionniste ne peut être qualifiée ni de fait, ni de « plus qu’une hypothèse », puisqu’il n’a jamais été scientifiquement prouvé que des animaux ou des plantes plus complexes se soient développés à partir d’autres espèces ou de formes de vie plus simples. Les expériences en laboratoire sur les mutations génétiques n’ont jamais prouvé l’apparition de nouvelles espèces ni même celle d’une « version améliorée » des espèces existantes.

Malheureusement, l’évolution est encore acceptée comme vraie par bien de catholiques sans esprit critique. Peut-être certains ont-ils si peur d’une autre « affaire Galilée », qu’ils se mettent en quatre pour concilier la théorie de l’évolution avec leur religion. D’où le compromis de « l’évolution théiste », selon lequel Dieu utilisa ou permit la descendance évolutionniste comme le mécanisme de la Création. Suivre cette ligne de pensée paraît permis aux catholiques d’après l’encyclique Humani Generis du Pape Pie XII.

L’encyclique concède que, dans l’état actuel (en 1950) des sciences et de la théologie, il est permis de « rechercher si le corps humain fut tiré d’une matière déjà existante et vivante – car la foi catholique nous oblige à maintenir l’immédiate création des âmes par Dieu. » Dans le demi-siècle suivant comme pendant le siècle et demi après Darwin, la discussion sur la possibilité d’une descendance de l’homme à partir d’animaux inférieurs s’est poursuivie, et cette théorie reste toujours aussi hypothétique et démunie de preuve.

Les évolutionnistes théistes qui ont accepté la fausse prémisse du « fait » de l’évolution doivent essayer de la concilier avec leur foi chrétienne, mais ils ne peuvent le faire sans diluer cette même foi. Par exemple, comment l’accommoder avec la Bible disant que Dieu créa l’homme non seulement avec une âme immortelle, mais avec un corps qui n’était pas soumis à la mort – une mort qui entra dans le monde avec la chute d’Adam ?

« Ainsi donc, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort; ainsi la mort a passé dans tous les hommes parce que tous ont péché. » (Rm. 5,12). Également dans le Catéchisme de l’Église Catholique (§ 1008) « La mort est la conséquence du péché. Interprète authentique des affirmations de la Sainte Écriture et de la Tradition, le Magistère de l’Église enseigne que la mort est entrée dans le monde à cause du péché de l’homme. » En outre, le Livre de la Sagesse semble indiquer qu’à l’origine aucun être vivant, d’aucune sorte, n’était soumis à la mort: « Car Dieu n’a pas fait la mort, et Il n’éprouve pas de joie de la perte des vivants. Il a créé toutes choses pour qu’elles soient. » (Sg 1,13-14)

Et pourtant, les partisans de l’évolutionnisme théiste maintiennent que Dieu a utilisé la survie du plus apte, la violence, la mort et la sélection naturelle pour aboutir aux différents êtres vivants selon un processus évolutionniste.

Ils doivent donc expliquer, en s’accordant avec l’Écriture, comment des animaux qui se battirent, se tuèrent et s’entre-dévorèrent pour survivre, parvinrent finalement à un degré de perfection tel que Dieu trouva convenable de donner aux hommes une âme immortelle et un corps indestructible. « Car Dieu a créé l’homme pour l’immortalité, et il en a fait une image de sa propre nature. » (Sg 2, 23)

De nombreux autres problèmes sérieux apparaissent lorsqu’on analyse l’évolution d’un point de vue catholique.

Quelques excellents exemples de ces difficultés, et de ce qui peut arriver au concept de « Dieu » lorsque l’on veut marier l’évolution au catholicisme, apparaissent dans une communication récente du P. George V. Coyne S.J., exDirecteur de l’Observatoire du Vatican. En janvier 2006, à l’Université de Palm Beach Atlantic (Floride), il donna une conférence affirmant le « fait » de l’évolution, intitulée « La Science n’a pas besoin de Dieu, n’est-ce pas ? Un savant catholique regarde l’Évolution. » Les raisons qu’il présenta pour défendre, expliquer et justifier l’évolution sont exactement les raisons pour lesquelles la théorie de l’évolution constitue un piège fait de propositions dangereuses pour la foi catholique.

Il semble que son exposé ait été avant tout un moyen de présenter ses objections à un article du New York Times du cardinal Christophe Schönborn (7 juillet 2005)[31]. Dans cet article intitulé « Découvrir la finalité dans la nature », le cardinal nie explicitement que l’évolution soit « …compatible de quelque façon avec la foi chrétienne », puisque « …l’évolution au sens néo-darwinien, de processus non dirigé, non prémédité, de variations aléatoires et de sélection naturelle … » n’est pas vraie. Parlant de l’évolution comme d’un système de pensée idéologique cherchant à « expliquer » les preuves d’une finalité dans la nature, il écrit: « …les théories scientifiques qui tentent d’expliquer l’apparence de finalité par <le hasard et la nécessité> ne sont pas du tout scientifiques, mais, comme Jean-Paul le dit, une abdication de l’intelligence humaine. »

L’article du cardinal ne vise pas la théorie de « l’intelligent design » comme telle. Il affirme plutôt que, par la lumière de la seule raison, comme le proclame l’Église, « …l’intelligence humaine peut facilement et clairement discerner l’intention et la finalité dans le monde naturel, y compris celui des êtres vivants. »

Dans sa conférence le P. Coyne énumère cinq raisons pour lesquelles il estime que la position du cardinal contre l’évolution est inexacte ( » le cardinal se trompe sur au moins cinq points fondamentaux… »). Voici une brève description des arguments du P. Coyne, avec nos explications montrant qu’ils sont tous irrecevables.

Son premier point énonce que l’évolution est « complètement neutre par rapport à la pensée religieuse. » Par là il veut évidemment insinuer que l’intelligent design n’est pas religieusement neutre.

Mais, comme le soulignent tous ses adeptes, la théorie de l’intelligent design ne prend aucune position sur qui ou quoi est responsable du dessein, ni ne fait la moindre supposition sur la religion. Puisque l’hypothèse scientifique posant qu’il existe de la finalité et de l’intention dans la nature n’a rien à voir avec un point de vue religieux, elle est à cet égard aussi neutre que la théorie de l’évolution.

Le deuxième argument du P. Coyne contre le cardinal cite le discours où Jean-Paul II déclara que l’évolution est « plus qu’une hypothèse. » Cependant, comme nous l’avons vu plus haut, c’est seulement dans des domaines limités de sélection naturelle que certains faits avérés sont plus qu’une hypothèse. En outre, le Saint Père ne donnait pas son approbation globale à l’ensemble de la théorie de l’évolution.

La troisième objection est intéressante parce que le P. Coyne prétend que l’évolution selon le néo-darwinisme n’est pas « le processus non dirigé de variations aléatoires et de sélection naturelle » que désigne le cardinal

Schönborn. Plus loin dans son exposé, il présente sa propre version de la théorie de l’évolution (qui n’est pas le néo-darwinisme standard) où le hasard se combine avec la « nécessité » et la « fertilité. » La fertilité est décrite ainsi: « L’univers possède une certaine vitalité propre, comme l’enfant. Il a la capacité de répondre à des mots d’affection et d’encouragement. » Ici le P. Coyne ajoute que « Dieu travaille avec l’univers », mais il décrit pourtant l’évolution comme un processus dans lequel Dieu n’intervient pas directement: « Dieu laisse le monde devenir ce qu’il devient dans son évolution permanente. Il n’intervient pas, mais plutôt permet, participe et aime. » Ainsi avons-nous un Dieu qui n’intervient pas dans sa propre création, affirmation très surprenante quand on pense à l’Incarnation, qui fut une fameuse intervention!

À propos du hasard et de la nécessité, nous lisons dans le Catéchisme de l’Église catholique (n° 295): « Nous croyons que Dieu a créé le monde selon sa sagesse. Ce monde n’est pas le produit d’une nécessité quelconque, ni d’un destin aveugle ou du hasard. »

Sa quatrième objection au cardinal Schönborn fait une pétition de principe puisque le P. Coyne y présuppose la validité du « processus évolutionniste »: « …l’orientation apparente vue par la science dans le processus évolutionniste ne requiert pas d’architecte… » Cette objection est en contradiction avec les paroles du Pape Jean-Paul II lors de son audience générale du 10 juillet 1985, citées par le cardinal: « Cette finalité qui oriente les êtres dans une direction pour laquelle ils ne sont pas responsables, oblige à supposer un Esprit qui soit son inventeur, son créateur. » Dans cette même catéchèse le Saint Père ajoutait:  » Parler de hasard pour un univers offrant une telle organisation complexe de ses éléments et une telle merveilleuse finalité dans sa vie équivaudrait à renoncer à la recherche d’une explication du monde tel qu’il nous apparaît. En réalité, ceci reviendrait à admettre des effets sans cause. Ce serait une abdication de l’intelligence humaine qui refuserait ainsi de penser, de chercher une solution à ses problèmes. » Le P. Coyne se retrouve bien seul sur une glace fort mince lorsqu’il affirme que la finalité montrée par la nature n’oblige pas à considérer un Ingénieur intelligent.

Sa cinquième objection assène que « …l’Intelligent Design n’est pas de la science… » Cette fois il a raison; puisque ce n’est pas une science…mais une théorie, une façon de conduire les investigations scientifiques. Elle prédit que s’il existe une structure organique, elle doit avoir un but, et que déterminer ce but peut être un objet de recherche scientifique. La théorie de l’évolution, au contraire, nie que la structure naturelle ait un but, car cette structure pourrait être le vestige d’un ancêtre ou encore une anomalie ayant survécu par hasard bien qu’elle n’ait pas de valeur vitale. Par conséquent l’évolution n’est pas un outil utile pour la prédiction scientifique, alors que l’intelligence intentionnelle prédit qu’une utilité sera trouvée pour toute structure vivante observée dans la nature. De fait, on a découvert que presque tous ces organes que les évolutionnistes prenaient pour des vestiges, ont une finalité.

Le discours du P. Coyne montre utilement comment notre conception de Dieu est déformée en essayant de concilier les principes de l’évolution avec les principes établis de la foi. La conclusion évidente de sa théorie révisée de l’évolution comme mélange de nécessité, de hasard et de fertilité est, à ce qu’il remarque, un « Dieu » qui n’intervient pas dans la « loterie » de l’évolution. « Pendant 13,7 milliards d’années l’univers a joué à la loterie…Un bon exemple de hasard serait deux molécules très simples errant dans l’univers. Elles se rencontrent et, lorsqu’elles le font, elles adoreraient faire une molécule plus complexe parce que telle est la nature de ces molécules…Ce processus se poursuivant, des molécules plus complexes se développent, il y a de plus en plus d’orientation dans ce processus…c’est de cette manière que le cerveau humain est apparu et qu’il poursuit son évolution. » Le jésuite ajoute: »…il serait scientifiquement absurde de nier que le cerveau humain est le résultat d’un processus de complexification chimique dans un univers en évolution. »

Face à cette loterie de molécules errantes et de cerveaux humains évoluant chimiquement, il y a la Parole de Dieu. Pour ne citer que deux des nombreux textes pertinents:

Par la parole du Seigneur les cieux ont été faits, Et toute leur armée par le souffle de sa bouche.

Comme dans une outre Il serre l’eau marine Et dans des réservoirs place les océans Que toute la terre craigne le Seigneur!

Que tous les habitants de l’univers tremblent devant lui

Car Il a dit, et tout a été fait;

Il a ordonné, et tout a existé. (Ps 33, 6-9)

« Je t’en conjure, mon enfant, regarde le ciel et la terre, vois tout ce qu’ils contiennent et sache que Dieu les a créés de rien, et que la race des hommes est arrivée ainsi à l’existence. »

(2 Macchabées 7,28)

Non seulement le P. Coyne propose un Dieu non interventionniste mais il met en doute le besoin absolu de Dieu. « Avons-nous besoin de Dieu pour expliquer cela [l’origine de la vie] ? Très succinctement ma réponse est non.

En fait, avoir besoin de Dieu serait une vraie dénégation de Dieu. Dieu n’est pas la réponse à un besoin. » Et plus loin: « Nous ne devrions pas avoir besoin de Dieu; nous devrions l’accepter, lui ou elle (sic), lorsqu’il vient à nous. »

Pas besoin de Dieu ? Pour ne citer qu’un seul verset d’une pléthore disponible: « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5). Qui d’autre peut nous pardonner nos péchés ? Qui d’autre répond à nos prières ?

D’autre part, son souci de prendre « la science moderne au sérieux » conduit le P. Coyne à minimiser la vision du Dieu vraiment personnel qui nous a été révélé en Jésus-Christ. Bien qu’il mentionne sa description d’un « Dieu personnel », il poursuit : « Nous ne pouvons connaître Dieu que par analogie. L’univers tel que nous le connaissons aujourd’hui par la science est un moyen d’obtenir une connaissance analogique de Dieu. »

Il est merveilleux d’apprendre que la science moderne peut nous enseigner quelque chose sur Dieu, ne serait-ce que par analogie. Cependant, comme catholiques et chrétiens, nous connaissons Dieu indépendamment de la science, parce qu’il s’est révélé à nous dans l’Incarnation, dans l’Écriture, par les sacrements, particulièrement le baptême et la confirmation où nous recevons le Saint Esprit, et très spécialement par la Sainte Eucharistie. « Mais nous savons que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le véritable Dieu, et nous sommes en ce véritable Dieu, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu véritable et la vie éternelle. » (1 Jn 5, 20) Et lorsque nous recevons son corps et son sang, Jésus vient à nous réellement et pas seulement par analogie. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui. » (Jn 6, 56)

Cette référence aux Corps et au Sang eucharistiques conduit au cœur du présent article, qui est d’identifier quelques uns des problèmes tournant autour de la relation entre l’évolution du corps humain et l’humanité de Jésus. De nouveau, les propos du P. Coyne fournissent une déclaration discutable pour amener la première de ces questions. Parlant du processus de l’évolution, qu’il considère comme se poursuivant, il dit:  » C’est de cette manière que le cerveau humain est apparu et qu’il poursuit son évolution. »

Donc, la création par évolution (hasard, nécessité et fertilité) est un processus permanent comprenant l’évolution de l’être humain. Sans chercher à détailler comment ceci entre en conflit évident avec l’achèvement des Six jours de la Création décrits dans la Genèse, un autre problème plus subtil surgit.

Il y a deux mille ans, Jésus, le Fils de Dieu, s’incarna en un être humain, le plus parfait de tous les humains à tous égards, chair, cerveau et esprit. Ce même Jésus dans son corps glorifié est désormais assis à la droite du Père dans les cieux. D’après le P. Coyne et tous ceux qui acceptent sa position, nos corps humains terrestres vont finalement évoluer vers quelque état supérieur à ce qu’ils sont aujourd’hui.

Ceci veut dire qu’un quelconque être (sur)humain futur aura une humanité plus parfaite en sa chair que celle que revêtit le Fils de Dieu dans son Incarnation.

Or toute proposition, par un évolutionniste catholique, de la continuation de l’évolution du cerveau ou du corps humain se heurte, par exemple, à cette déclaration de foi du Concile de Chalcédoine: « …nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d’une âme raisonnable et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l’humanité, en tout semblable à nous sauf le péché. » (5ème session du

22 octobre 451). Par conséquent, il semble qu’il soit impossible pour l’Église de jamais pouvoir accepter une théorie de l’évolution corporelle permettant à un futur être humain d’avoir un corps supérieur à l’humanité de Jésus-Christ, ou essentiellement différent de lui.

Vient ensuite le problème de l’origine d’Adam. En toute honnêteté, il faut noter que ni ce point ni ceux qui vont suivre, ne furent mentionnés dans l’exposé du P. Coyne. L’Église, en accord avec la Sainte Écriture, a toujours enseigné qu’Adam fut le premier homme. Cependant les évolutionnistes catholiques, tout en admettant qu’Adam fut le premier homme et admettant même une création spéciale d’Ève, doivent donner à Adam des sortes de parents de chair et de sang.

Mais ces parents, évidemment, ne peuvent pas être eux-mêmes de la race de « l’homme » et ils ne sauraient donc avoir des âmes humaines rationnelles. En d’autres termes, les parents d’Adam devraient avoir été des hominidés infra-humains qui auraient donné naissance au premier véritable être humain.

Le chapitre 3 de Luc donne une généalogie du Messie, remontant jusqu’à l’origine. Pour les temps les plus anciens, le dernier verset énumérant la ligne ancestrale énonce: « …fils d’Enos, fils de Seth, fils d’Adam, fils de Dieu. » (Lc 3, 38)

L’évolutionniste a maintenant besoin d’insérer d’autres membres non humains dans cet arbre généalogique afin de combler le vide entre Adam et Dieu. À mesure que l’arbre remonte dans le temps, les ancêtres d’Adam ne sont même plus des hominidés, mais d’autres mammifères, puis des créatures encore plus primitives, peut-être des oiseaux, des reptiles, des amphibiens et finalement des poissons ou ce que désigne la descendance évolutionniste actuellement en vogue. En outre ces animaux inférieurs ont évolué vers le stade humain par leur capacité de survie. En vertu du principe de la survie du plus apte, ces créatures transmirent aux générations futures les différentes adaptations génétiques qui leur permirent de chasser, de tuer et de dévorer leurs proies plus efficacement que les hôtes de la jungle avoisinante. Tels seraient donc, d’après les évolutionnistes chrétiens, les ancêtres de Jésus-Christ. Cette conclusion ne veut pas dire qu’il y ait quelque chose de « mauvais » ou de négatif dans la matière elle-même; elle montre plutôt les implications embarrassantes que les partisans de l’évolutionnisme théiste doivent admettre.

D’autres raisons extrêmement importantes rendent affligeant d’entendre des intellectuels catholiques prétendre que l’évolution est compatible avec le catholicisme. Regardons d’un peu plus près l’humanité de Jésus en considérant la Bienheureuse Vierge Marie, mère du Dieu-Homme, Jésus-Christ. La Vierge Marie annonça à Lourdes à sainte Bernadette :« Je suis l’Immaculée Conception. » Elle est immaculée, sans péché et pure dans son corps et dans son âme. Considérons aussi notre dévotion à son Cœur Immaculé.

Lors des apparitions de Fatima en 1917, Notre Dame a révélé aux voyants : « …Dieu veut instaurer dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé…Je viendrai pour demander la consécration de la Russie à mon

Cœur Immaculé. » Et, ce qui est peut-être le plus important, « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. »

Les évolutionnistes théistes sont forcés de reconnaître que dans la lignée évolutionniste supposée d’Adam, les ancêtres de la plus pure et de la plus parfaite des femmes doivent compter des créatures primitives mihumaines, mi-animales.

En termes plus simples et plus choquants (au risque de paraître dur et grossier, mais ceci doit être mis en lumière) : selon le plan divin d’une évolution guidée, l’arrière-arrière… arrière-arrière-grand-père de la Sainte Vierge Marie aurait été un gorille, un singe ou un lémur de la jungle, ou même un singe-homme encore plus primitif ! Ces créatures seraient non seulement les géniteurs de la chair humaine par développement génétique, mais elles seraient aussi les ancêtres de leur constitution psychologique.

Les partisans de l’évolution théiste ne peuvent éluder que telle est la conclusion logique et nécessaire de leur croyance. Cela ne revient pas à nier la possibilité théorique d’une telle ascendance, dont la cause finale serait la volonté de Dieu, puisque tel est le sens que certains entendent donner au « limon » de la terre à partir duquel l’homme fut formé (Gn 2, 7). Cependant, ceux qui acceptent cette vue doivent admettre l’existence d’une généalogie pré-adamique infrahumaine pour origine génétique non seulement de l’homme en général, mais de la Maison de David, de la Sainte Famille et, tout spécialement, du Jésus de l’eucharistie.

Lors de l’Incarnation, le corps de Jésus fut tiré de la chair de Marie, et nous recevons ces mêmes précieux Corps et Sang de Notre Seigneur dans notre propre corps lorsque nous consommons les espèces eucharistiques. L’argument de la descendance évolutionniste commune entraîne l’affirmation que la chair de la Bienheureuse Vierge Marie et les précieux Corps et Sang de Jésus proviennent finalement d’ancêtres animaux primitifs et de formes de vie inférieures, qui se tuèrent et s’entredévorèrent.

Devons-nous dire alors que le Corps et le Sang de notre Sauveur, que nous recevons à la sainte messe, est la chair – bien que maintenant glorifiée – de quelqu’un dont les ancêtres maternels lointains comprenaient des singes, des reptiles et des créatures les plus basses ?

Pourtant cette conclusion dérangeante est la conséquence inévitable de la position prise par tous ceux qui soutiennent n’importe quelle forme d’évolution humaine. Même s’il était possible de justifier de tels concepts, ces pensées et images soulèvent une répulsion innée sur le plan de la dévotion.

Tels sont quelques uns des problèmes qu’une analyse vraiment théologique de l’évolutionnisme théiste doit considérer et résoudre de façon satisfaisante, si l’on veut que l’évolution puisse un jour être considérée comme compatible avec la Foi catholique. La réponse du bon sens, cependant, est de tenir de telles idées pour impensables et peut-être blasphématoires. Bien qu’il soit permis maintenant, selon l’enseignement de l’Église, de discuter librement de l’hypothétique évolution du corps humain, on peut légitimement poser la question suivante: est-il possible que les concepts de descendance évolutionniste commune et d’évolution théiste ne soient un jour considérés comme hérétiques?

Par exemple, l’Incarnation du Christ dans le temps paraît interdire, au moins pour raison théologique, la proposition que le corps humain continue d’évoluer. Deuxièmement, puisque la « mort » est une partie intégrante de l’évolution, la charge de la preuve est pour les évolutionnistes d’expliquer pourquoi l’auteur tout-puissant de la vie (Actes 3,15) aurait utilisé la mort et le carnage pendant des périodes incommensurables afin de « créer » les êtres humains. Enfin, comment l’Église pourrait-elle soutenir que le Corps et le Sang de Jésus, la Résurrection et la Vie, (Jn 11,25) que nous recevons dans la sainte Eucharistie, est bien la même humanité dont la « création » fut le résultat d’une combinaison fataliste de sélection naturelle, de hasards, de mutations et d’un cruel processus impersonnel de naissance, de mort, de destruction et de tuerie, afin de mettre au point la machine de survie la plus efficace ?

« En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. » (Jn 1,4).

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L’attente des Juifs et des Chrétiens (2ème partie) Yves Germain

Résumé : Après avoir montré comment diverses images de l’Écriture annoncent le retour des Juifs dans l’Arche du salut (cf. Le Cep n° 37), Yves Germain cherche maintenant à situer cet événement grâce aux textes eschatologiques de l’Ancien et surtout du Nouveau Testament.

Or, l’épître de saint Paul aux Romains (Rm 11,25) laisse souvent entendre (dans les traductions) que l’endurcissement d’Israël durera jusqu’à ce que toutes les nations soient converties. On ne voit plus alors le rôle pourtant annoncé des Juifs lors des temps mersianiques. En réalité, ce n’est pas la conversion des nations mais la nuit du paganisme qui s’étend aujourd’hui. Toute une réévangélisation est donc encore à venir et les deux frères enfin réunis, l’aîné et le cadet, ne seront pas de trop pour recueillir toute l’humanité dans la barque.

II. Saint Paul et les juifs

Nous lisons habituellement dans nos bibles :

Rm 11,25 – “C’est un endurcissement partiel qui est arrivé à Israël, jusqu’à ce que soit entrée la plénitude des nations” (dans l’Eglise).

Ce qui voudrait dire qu’Israël entrera dans l’Église après que toutes les nations, ou tous les païens, se seront convertis. Cette traduction est bien discutable quant à l’esprit, comme nous l’avons vu. Elle ne l’est pas moins quant à la lettre :

– parce que le mot plénitude n’est jamais utilisé dans 1’Ecriture dans le sens de “tous” ou “toutes” ; – parce que saint Paul a écrit auparavant au sujet des juifs : Rm 11,12 – “Or, si leur faute a fait la richesse du monde et leur échec la richesse des nations, combien plus leur plénitude.” (Osty)

On remarque déjà que le mot “plénitude” est opposé à “faute” et n’a rien à voir avec une quantité. Crampon a traduit :

“Que ne fera pas leur (conversion) au complet.”

Ici deux remarques s’imposent :

1) Saint Paul laisse clairement entendre que la “plénitude” des juifs, c’està-dire leur entrée dans 1’Eglise, fera des merveilles. Ce qu’il va confirmer quelques versets plus loin : Rm 11,15 – “Car si leur rejet (a été) la réconciliation du monde, que (sera) leur réintégration, sinon la résurrection d’entre les morts”

Il est clair que la “réintégration” correspond à cette plénitude qui doit donc accomplir des prodiges. Or on ne voit pas bien quels prodiges pourraient être réalisés par les juifs si ceux-ci entrent les derniers.

La conversion du monde, ou pour les juifs “les Temps Messianiques”, s’accomplirait pratiquement sans eux. Ce qui est, comme nous l’avons vu, contraire à l’enseignement des prophètes. Citons encore :

Sophonie 3,20 – “En ce temps-là, Je vous ferai revenir, en ce temps-là, Je vous rassemblerai, quand Je vous ferai avoir renom et louange parmi tous les peuples de la terre.”

Certes, l’expression “résurrection des morts” est ambiguë, mais saint Jean dans l’Apocalypse, nous parle de la “première résurrection.” (Ap 20,5) et les deux Témoins, nous l’avons vu, reprennent vie après une mort spirituelle. Ajoutons encore que le texte grec nous donne :

“Une sorte de résurrection” (Ek nekrôn — “Ek” montre une sorte de choix”

Il s’agit donc bien d’une résurrection spirituelle. Par contre, si les juifs entrent dans l’Église avant le flot des païens, nous comprenons qu’ils puissent accomplir des prodiges. Les chrétiens seuls n’avaient pratiquement réussi qu’à évangéliser l’Europe et ses colonies ; cette fois, les deux “barques” atteindront les “extrémités de la terre”.

Tous les prophètes annoncent ce retour, “le rassemblement des dispersés”, qui sera un temps heureux pour Israël et pour toute l”humanité.

C’est encore ce qu’enseignent les juifs actuellement :

Za 14,9 — “Le Seigneur sera Roi sur toute la terre.”

Jr 31,31-34 – “…Tous Me connaîtront.”

2) Le dernier temps, avant la venue du Christ à la fin du monde, est un temps d’apostasie puisque le Christ se demande s’il “trouvera la foi sur terre”. Si les juifs entraient les derniers, leur entrée serait le signe de ce temps funeste, ce qui nous met en contradiction avec toute l’Écriture car, redisons-le, le “rassemblement des dispersés” n’est jamais signe de l’abomination, bien au contraire…

L’erreur de traduction.

Reprenons les paroles de saint Paul écrivant que “l’endurcissement” d’Israël durera :

Rm 11,25 — “Jusqu’à ce que soit entrée la plénitude des nations (dans l’Église)”.

Cette traduction est générale. La Vulgate nous donne en latin “donec plenitudo gentium intraret”, que l’on peut traduire ainsi :

“jusqu’à ce que la plénitude des nations soit entrée dans

(1‘Eglise)”.

Mais aussi :

“jusqu’à ce que la plénitude du paganisme comparaisse.” Mieux encore :

“jusqu’à ce que la plénitude du paganisme soit entrée (dans le monde). ”

Cette dernière traduction est certainement la plus conforme car saint. Paul avait déjà écrit auparavant :

Rm 5,12 — “Le péché est entré dans le monde.”

Et dans l’Ancien Testament on trouvait déjà :

Sg 2,24 – “C’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde.”

On rejoint ainsi la pensée de saint. Luc

Lc 21,24 — “Jérusalem sera foulée aux pieds par les païens jusqu’à ce que le temps des païens soit accompli.” Plus précisément, d’après la Vulgate :

“donec impleantur tempora nationum”

C’est-à-dire : “jusqu’à la plénitude du temps des païens.”

Ce qui signifie clairement que Jérusalem (l’Église et la Synagogue) sera persécutée jusqu’au moment où le paganisme atteindra sa plénitude.

C’est-à-dire au moment où l’humanité entière souffrira le plus. Cette “épreuve” est annoncée à 1’Église de Philadelphie déjà citée :

Ap 3,10 — “Je te garderai de l’épreuve qui va venir sur le monde entier.”

Cette annonce est unique dans le Nouveau Testament.

Nous ne connaissons pas les plaies à venir, mais déjà nous voyons que les chrétiens fidèles sont épargnés par la drogue, par exemple, qui n’est imputable qu’à la main de l’homme.

La plénitude du paganisme.

Comme annoncé, avant de disparaître le paganisme (la Babylone de l’Apocalypse) ou encore le monde des idoles et des idéologies, apparaîtra dans sa plénitude. Il y aura donc un temps de croissance de l’iniquité, suivi d’un temps de croissance de 1’Église, “jusqu’aux extrémités de la terre”. Et c’est précisément au début de ce temps que les juifs entreront dans 1 ‘Église.

Tout cela était déjà annoncé par le prophète Daniel :

Dn 12,1 – “Et ce sera un temps de détresse tel qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation… et en ce temps-là ton peuple sera sauvé.”

Ce temps de “détresse” ne doit pas être confondu avec la dernière heure:

Mt 24,21 – “Telle qu’il n’y en a pas eu depuis le commencement du monde et qu’il n’y en aura plus.”

C’est ce temps-là qui marque indiscutablement la dernière

“détresse”, ou tribulation, fruit de l’Antéchrist.

Nous avons montré, par ailleurs, que la conversion du monde (les temps messianiques) est annoncée de différentes manières dans l’Écriture. Nous nous limiterons à rappeler le prophète Abdias que cite le professeur Baruk, ancien Grand Rabbin (Les Messages des Patriarches hébreux, Colbo, 1990) :

Ab 18 – “Les nations pécheresses boiront et perdront la raison et seront comme si elles n’avaient jamais été… La nation de Jacob sera un feu et la nation de Joseph une flamme, tandis que la nation d’Ésaü ne sera que de la paille qui sera brûlée et consumée. Et rien ne survivra de la maison d’Ésaü.” (p.113).

Pour bien comprendre ces lignes, il faut savoir qu’Esaü est le grand symbole du paganisme. Ce que nous oublions souvent. Mais là encore, nous remarquerons que c’est après “avoir perdu la raison” que les nations seront sauvées. La “maison d’Ésaü ne survit pas. Il n’y a donc plus de païens. Cet heureux temps de conversion est celui de la Moisson, ou des “mille ans” dont parle saint Jean dans l’Apocalypse. C’est encore ce temps de “Paix et Sécurité” de saint Paul (lTh 5,3) qui ne peut être établi, comme le dit le professeur Baruk, que lorsque les hommes vivront selon la Torah (nous dirions 1’Evangile).

“Sans Moi vous ne pouvez rien faire.”

C’est, à sa manière, ce que l’exégèse juive annonce en nous présentant “les Temps messianiques”.

III. Les Juifs et les temps messianiques

Certains juifs les comprennent en un sens très proche du nôtre. Il suffit de lire le professeur Baruk déjà nommé :

“Ainsi on attend la “résurrection” de la Torah, et c’est cette résurrection seule qui assurera le salut du peuple juif et le salut de l’humanité entière.” (p. 149).

On notera l’emploi du mot “résurrection” qu’utilisent saint Jean et saint Paul. Il écrit encore :

“En attendant cette résurrection, on a, pendant des siècles, conservé précieusement la Torah, et on l’a étudiée dans tous ses détails en vue du moment où on l’appliquera.” (p 149)

Les juifs attendent donc cet heureux temps où les hommes vivront de la Parole de Dieu. Il faut bien reconnaître que les chrétiens, souvent, n’attendent rien sur cette terre. Et cela malgré les appels lancés par le SaintPère. Beaucoup croient toujours que nous sommes près de la fin du monde. Lourde erreur, surtout après les paroles de Jean-Paul II, au début de Redemptoris missio. Pour lui, la mission de l’Église en est “encore à ses débuts” et donc “bien loin de son achèvement”.

Ne nous trompons pas d’époque!

Il faut aussi prendre conscience qu’en niant l’existence de ces temps messianiques, annoncés par les prophètes sur terre, nous creusons entre les juifs et nous un fossé d’incompréhension. Il est donc faux de dire que nous attendons seulement la venue en gloire du Christ à la fin des temps.

Où est donc le malentendu ?

Trop souvent nous concevons les “Temps messianiques” comme un temps de perfection. Pourtant dans l’Apocalypse saint Jean prend soin de nous expliquer que Satan n’est que “lié” pour “mille ans” (Ap 20,2). Ce qui veut dire qu’il conserve une partie seulement de ses activités. Mais ce n’est plus lui qui “séduit les nations” (Ap 20,3).

Le nombre 1000, en hébreu comme en français, indique seulement que le but est atteint : l’Eglise a évangélisé le monde. Durant cet heureux temps tout ce qui est de Satan ne disparaît pas puisque saint Jean écrit : Ap 20,5 – “Mais les autres morts n’eurent point la vie jusqu’à ce que les 1000 ans fussent écoulés.”

Ce qui veut dire qu’un reste de l’esprit de Satan subsiste mais qu’il ne se manifestera que plus tard quand il sera “délié”. (Ap 20,3)

Beaucoup aussi n’arrivent pas à croire en la conversion du monde parce que, disent-ils, “la lutte entre le Bien et le Mal durera jusqu’à la fin”. Mais le fait d’être chrétien et d’organiser la société sur des principes divins n’a jamais été le signe d’un monde sans luttes. Tout le monde connaît l’histoire tragique des catholiques et des protestants ! Mieux encore, peut-on dire qu’il n’existe pas d’opposition entre catholiques ?

Durant ces “Temps messianiques”, décrits par des symboles que nous comprenons mal, la grande injustice ne sera plus : le rejet de Dieu et de Sa Loi. Avant d’en arriver à ce temps, nous verrons l’iniquité parvenir à son comble. On peut même dire qu’il est “heureux” celui qui ressent cette croissance, car il sait “discerner les temps”. Dès lors il est près de savoir à quel moment de l’Histoire nous sommes.

La croissance de l’iniquité

De nombreux chrétiens la nient. Elle est pourtant de plus en plus palpable, et cela dans le monde entier. Comment nier par exemple le développement des drogues ? En France il y avait 300.000 délits par an dans les années 1950 ; on en compte près de

4 millions aujourd’hui. Mais le plus important est de voir que l’Écriture annonce cette croissance :

Mt 24,7-8 – “On se dressera nation contre nation…. tout cela sera le commencement des douleurs…”

Mt 24,9 -“ Vous serez en haine à toutes les nations.”

Mt 24,10 – “Alors aussi beaucoup failliront ; ils se trahiront les uns les autres.”

Mt 24,11 – “Et il s’élèvera plusieurs faux prophètes qui en induiront un grand nombre en erreur.”

Le grand nombre sera dans l’erreur pour avoir suivi des prétendus “messies” : Hitler, Staline, Mao, etc., tous les ténors idéologiques. Puis, au verset suivant nous lisons:

Mt 24,12 – “Et à cause des progrès croissants de l’iniquité, la charité du plus grand nombre se refroidira.”

La croissance de l’iniquité était donc annoncée !

Au lieu “d’iniquité”, certains ont traduit exactement “illégalité”, c’est-à-dire sans la Loi (Décalogue).

. Le Christ poursuit :

Mt 24,13 — “Mais celui qui persévèrera jusqu’à la fin sera sauvé.” Mt 24,14 – “Et cet Évangile du royaume sera proclamé dans le monde entier… et alors viendra la fin.”

Il est donc bien clair que c’est après un temps fort de paganisme que se fera la conversion du monde, ou ce que les juifs appellent “les Temps messianiques”.

Quand on étudie l’Apocalypse de saint Jean, il apparaît nettement que durant un temps l’humanité vivra la 9ème plaie d’Egypte, celle “des ténèbres”, qui s’épaissiront au point :

Ex 10,21 – “qu’on puisse palper les ténèbres.”

Ce qui veut dire qu’un jour enfin, toutes ces erreurs deviendront évidentes pour tous. Saint Jean nous présente la même vision.

Il écrit que les “10 cornes” de la Bête “ elles- mêmes haïront la prostituée” (Ap 17,16). Ce qui veut dire que les païens eux-mêmes rejetteront un jour tous ces principes idéologiques qui détruisent l’homme sous couvert de libération.

. Saint Paul nous dit de même qu’il viendra “des moments difficiles”. Et il ajoute :

2Tim 3,9 – “Mais ils n’iront pas plus avant ; car leur démence sera manifeste pour tous.”

Pour bien comprendre ce revirement, ce “renouvellement de la face de la terre”, il faut relire l’encyclique “Dominum et vivificantem.” Comme l’y rappelle le Saint-Père: “Tout s’accomplira par l’Esprit Saint”.

Toutes les apocalypses apocryphes, le livre d’Énoch, le livre des

Jubilés, l’Ascension de Moïse, le Quatrième livre d’Esdras font précéder les “Temps messianiques” d’une ère de grande tribulation. La Mishna, commentaire juif de l’Écriture, nous décrit ces temps difficiles :

“L’audace criminelle augmentera, la cherté sera à son comble… la vigne donnera son fruit et cependant le vin sera rare… Ceux qui craignent de pécher seront méprisés et la vertu malmenée. Les jeunes gens feront pâlir les vieillards, les vieillards se tiendront debout devant les enfants… Un fils fera affront à son père, la fille se dressera contre sa mère… On aura pour ennemi les gens de sa propre maison. La face de cette génération sera la face d’un chien.”

Le livre de Daniel nous montre aussi une puissance, un “roi” qui se dresse “contre le chef des chefs” (Dieu). (Dn 8,23-26). Il précise bien que cela aura lieu “quand les pécheurs auront comblé la mesure” et que “sans l’aide d’aucune main il sera brisé”.

IV. Conclusion

Pour conclure, nous reproduirons la magistrale analyse de 1’ histoire de Joseph que fait le professeur Baruk.

À la lumière des symboles chrétiens, cette lecture prend une dimension toute particulière. Après avoir expliqué que “le miracle de Joseph constitue comme une seconde naissance du peuple juif”, il écrit : “Ainsi peut-on dire que, par le miracle, le peuple juif a deux pères : Jacob et Joseph, et une mère Rachel qu’on pleure encore maintenant devant son tombeau. Et le prophète Ézéchiel, dans son commentaire sur ce passage, célèbre l’union définitive du peuple juif avec Jacob, Joseph et Juda qui ne formeront qu’un seul peuple uni. Ces 3 noms symbolisent en effet le triomphe de l’amour sur la haine, de la justice et du droit sur la force brutale….”(p.146)

Remarquons que le Christ est rattaché à la tribu de Juda.

Baruk poursuit :

“C’est déjà la préfiguration de la période messianique où l’humanité sera formée de justes, et où les méchants auront disparu ! Ce rétablissement grandiose est un rétablissement réel dans le monde vivant. C’est un rétablissement historique où le Juste persécuté et dont on avait médité la mort est non seulement sauvé et rétabli ; mais encore est porté par Dieu à la plus haute autorité et où ses persécuteurs sont obligés de le solliciter et de lui demander pardon. C’est là un miracle vivant sur cette terre.” (p 146)

C’est encore ce “rétablissement” sur terre que montre l’Apocalypse de saint Jean.

Ap 15,4 – “Toutes les nations se prosterneront à vos pieds.”

C’est un rappel du prophète :

Is 40,5 – “Toute chair verra le salut de Dieu.”

À la page 147, nous trouvons ces lignes du professeur Baruk, certainement à l’adresse des chrétiens :

“C’est l’évasion mystique qui a remplacé la foi en actes. La foi n’est plus ainsi une foi réelle accomplie dans la vie terrestre, mais le simple idéal céleste. Dieu, au lieu d’agir sur terre, reste au ciel.” Oui, reconnaissons que lorsque nous disons :

“Que votre règne arrive sur la terre comme au ciel,” nous n’envisageons généralement pas que Dieu règne un jour sur terre. Nous ne lui accordons une place qu’après la fin du monde.

C’est encore une erreur de traduction qui est à l’origine de ce travers. Nous lisons souvent :

Jn 18,36 — “Mon royaume n’est pas de ce monde.” Alors qu’il faut lire :

“Mon royaume ne provient pas de ce monde.”

Il ne vient pas du bas, il vient du Haut. C’est pourquoi il faut “naître d’en haut”

Jn, 3,3 “Nul, s’il ne naît d’en haut, ne peut voir le royaume de Dieu.”

Enfin nous pouvons nous poser des questions. Dieu nous a-t-il abandonnés ? Non, c’est nous qui L’avons quitté. Pourquoi sommes-nous dans cette situation d’échec?

Parce que nous voulons interpréter personnellement l’Écriture. Il suffit de voir comment saint Thomas d’Aquin dans son Commentaire sur saint Jean, s’appuie sur saint Augustin, saint Ambroise, saint Jérôme, etc., avant de donner son avis, pour comprendre que nous avons perdu toute modestie, et que souvent nos commentaires ne sont que de creuses paraphrases bourrées d’impressions personnelles très discutables.

Comment?

— En ne prenant l’Ancien Testament que pour un médiocre livre d’Histoire, alors qu’il est notre racine. Qui le lit et l’étudie ? Quelle considération avons-nous pour l’exégèse depuis ses débuts hébreux ?

Ainsi progressivement avons nous perdu jusqu’au désir d’étudier l’Écriture et pourtant nous proclamons :

“L’homme ne vit pas seulement de pain.”

Nous avons une possibilité d’unité extraordinaire. Mais qui lit les encycliques ?

Oui, nous sommes comme la fille de Jaïre, dans un état comateux, mais nous ne devons pas désespérer puisque tout ce que nous vivons, même ce temps de mort spirituelle, était annoncé par l’Ecriture. Avec les juifs, nous sommes “le petit reste” cher à Isaïe, “la mèche qui fume encore”, et qui tôt ou tard enflammera le monde :

Mt 12,20-21 – “Il n’éteindra pas la mèche qui fume encore, jusqu’à ce qu’Il ait fait triompher le jugement ; et en Son Nom les nations mettront leur espérance.” (Is 42,1-4)

Le livre de Tobie préfigurait déjà cette “résurrection” simultanée. Tobit (les juifs) et Sara (l’humanité dans son “reste”) sont exaucés ensemble:

Tb 3,16 – “Au même moment, la prière de tous deux fut entendue .et

Raphaël fut envoyé pour les guérir tous les deux.” Et Raphaël leur dira après les noces, signe de départ :

Tb 12,6 – “Faites savoir dignement à tous les hommes les œuvres de Dieu, et ne négligez pas de le célébrer.”

Tout le chapitre 14 annonce qu’ils réussiront :

Tb 14,6 – “Toutes les nations de la terre entière, toutes se convertiront…”

En hébreu B Q R veut dire “visiter” mais aussi “matin” et “bientôt”. Nous sommes dans ce temps de nuit du paganisme, de grande “famine”, mais comme nous l’avons vu, quand les juifs et les chrétiens se retrouveront, au temps de la “visite” (Sg 3,7), alors viendra le “matin”, ou le “grand jour” !

À bientôt donc Israël !

*

* *

Une date à retenir : Les 20 et 21 octobre 2007,

Colloque du CEP à Bonnelles (Sud-ouest de Paris).

Thème : La science libérée.

REGARD SUR LA CREATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages. » (Romains, 1 : 20)

Une invention suppose un inventeur[32]

William Paley

Résumé : L’œuvre de William Paley a marqué si profondément l’intellect anglo-saxon que, après 2 siècles, une réédition en livre de poche vient de paraître. Le célèbre passage reproduit ici (dans la traduction de 1804) peut être considéré comme l’archétype ayant inspiré le mouvement de l’Intelligent Design. L’homme qui trouve une montre par terre sait qu’il ne peut s’agir d’un caillou bizarroïde ! Il faut qu’un ouvrier intelligent ait conçu et exécuté cette machinerie si bien ajustée pour une fin et une seule.

Or les athées refusent cette évidence devant ces « machines » bien plus admirables encore que sont les êtres vivants ! N’est-ce pas une évidente contradiction ?

Si en traversant un désert, je marchais sur une pierre, et que je me demandasse comment cette pierre se trouve là, je pourrais m’en rendre compte d’une manière passablement satisfaisante, en me disant que de tout temps cette pierre a été dans ce lieu. Il ne serait pas facile, je crois, de démontrer l’absurdité de cette réponse. Supposons qu’au lieu d’une pierre, j’eusse trouvé une montre, la réponse qu’elle a été de tout temps dans le même endroit ne serait pas admissible. Cependant, pourquoi cette différence ? Pourquoi la même réponse n’est pas appréciable ? Parce qu’à l’examen de cette machine je découvre ce que je n’avais pas pu découvrir dans la pierre, savoir : que ses diverses parties sont faites les unes pour les autres, et dans un certain but ; que ce but est le mouvement, et que ce mouvement tend à nous indiquer les heures.

Je découvre encore, en examinant la montre, que si ses parties avaient toute autre forme que celle qu’elles ont, ou qu’elles fussent arrangées de toute autre manière que celle qu’on leur a donnée, la montre ne remplirait pas l’objet auquel elle est destinée. Je vois un ressort qui est le principe du mouvement. Je vois un nombre de roues, et une suite d’engrenages, qui communiquent le mouvement de la fusée au balancier et du balancier aux aiguilles. Je vois que les calibres de ces roues sont mesurés de manière à ce que les aiguilles se meuvent avec une parfaite régularité sur le cadran, dans un temps donné. Je vois que les roues sont d’un métal qui ne prend pas la rouille, que les ressorts sont faits avec la substance la plus élastique. Je vois que le cadran est recouvert d’une matière transparente, afin qu’on puisse voir la position des aiguilles, sans ouvrir la montre.

Une fois le mécanisme saisi, la conséquence des faits me paraît évidente. Il faut que cette machine ait été faite par un ouvrier : il faut qu’il ait existé un ouvrier, ou plusieurs, qui aient eu en vue le résultat que j’observe, lorsqu’ils ont fabriqué cette montre.

La conséquence dont je parle ne serait pas moins inévitable, lorsque nous n’aurions jamais vu fabriquer de montre, et que nous n’aurions jamais connu d’artiste capable d’en faire une, lors même que nous ne pourrions pas nous représenter de quelle manière il est possible qu’une telle machine ait été faite : car cette difficulté est la même que celle que nous trouvons à expliquer certains produits des arts de l’antiquité, ou encore que celle qu’éprouve la plus grande partie des hommes pour se rendre compte de la manière dont se travaillent les objets les plus curieux des manufactures modernes. Sur un million d’hommes, y en-a-t-il un, par exemple, qui sache comment on s’y prend pour tourner ovale ? L’ignorance, dans ce genre, n’a d’autre effet que de nous donner plus d’admiration pour l’ouvrier, mais elle ne saurait nous conduire à douter que cet ouvrier ait existé. Or le raisonnement demeure exactement le même, soit qu’il s’agisse d’un agent humain, ou que cet agent ait une nature et des attributs différents.

Si la montre ne va pas toujours bien, ou si, même, elle va rarement très bien, le raisonnement n’en sera pas moins bon.

Le but de la machine, et le dessein de l’ouvrier demeureraient évidents, quelle que fût la manière dont nous essayerions d’expliquer l’irrégularité du mouvement de la machine. Il n’est point nécessaire qu’une machine soit sans défauts pour qu’on puisse découvrir dans quel but elle a été faite ; mais surtout cette perfection n’est point du tout nécessaire pour que l’on découvre que l’ouvrier a eu un but quelconque en la faisant.

Le raisonnement ne se trouverait nullement affaibli s’il y avait quelques parties de la montre sur l’usage desquelles dans les fonctions de la machine, nous nous trouvassions embarrassés, ou si même nous ne pouvions pas être sûrs que certaines parties fussent nécessaires au mouvement de l’ensemble.

Si la perte ou le dérangement de certaines pièces amenait la cessation du mouvement, ou son altération, l’utilité de ces pièces nous serait pleinement démontrée, quoique nous fussions incapables de saisir l’enchaînement de causes et d’effets qui rend ces pièces nécessaires. Or, plus la machine est compliquée, plus aisément il y a lieu à cette ignorance de notre part. S’il y avait dans la montre certaines pièces qui nous parussent superflues, et indépendamment desquelles il nous fût démontré qu’elle peut cheminer, l’existence de ces parties superflues ne détruirait point le raisonnement que nous aurions fait sur l’utilité des autres : l’évidence d’un dessein chez l’ouvrier subsisterait dans toute sa force.

Un homme dans son bon sens pourrait-il se contenter, pour expliquer l’existence de la montre, de l’assertion que cette montre est un produit du hasard ? que le corps trouvé dans ce lieu devait être distingué par une configuration intérieure quelconque, et que cette configuration a pu être celle d’une montre, comme toute autre ?

Quelqu’un pourrait-il être satisfait, pour expliquer l’existence de la machine, de l’assertion qu’il y a naturellement dans les choses un principe d’ordre, et que ce principe d’ordre a donné à toutes les parties de la montre leur forme et leur situation relative ? Peut-on se faire une idée nette de ce que c’est qu’un principe d’ordre qui crée une machine telle qu’une montre, indépendamment d’un ouvrier intelligent ?

Quel est l’homme raisonnable qui ne serait pas surpris d’entendre dire que le mécanisme de la montre n’est point une preuve d’invention, mais que ce mécanisme est le résultat nécessaire des lois de la nature métallique. C’est un abus des mots que d’assigner une loi quelconque comme la cause efficiente d’un résultat. Une loi suppose nécessairement un agent, puisqu’elle n’est que le mode selon lequel l’agent procède. Elle suppose une puissance, puisqu’elle n’est que l’ordre selon lequel cette puissance agit. Sans cet agent, sans cette puissance (qui l’un et l’autre sont distincts de la loi) la loi ne peut rien, et même elle n’est rien.

L’expression que je viens d’employer, de nature métallique peut paraître bizarre ; mais le philosophe qui la condamne en emploie lui-même qui ne sont pas plus claires : les lois de la nature animale, les lois de la nature végétale, ou même les lois de la nature (en supposant l’exclusion d’un agent et d’une puissance) sont des expressions tout aussi vagues et inintelligibles.

Enfin, l’observateur qui a trouvé la montre, et qui raisonne d’après les faits, ne sera point ébranlé dans sa croyance qu’il a existé un ouvrier fabricateur de cette machine, lorsqu’on lui objectera qu’il ne peut pas le savoir. Il en sait assez pour raisonner comme il le fait. Il sait que cette machine a été faite dans un certain but utile. Il sait que les moyens sont adaptés à l’effet. Cela lui suffit pour fonder son raisonnement. Son ignorance et ses doutes sur certains détails n’empêchent point qu’il ne soit parfaitement sûr que cette montre soit l’ouvrage d’un ouvrier intelligent. Il sent bien qu’il ne comprend pas tout, mais il n’a aucun doute sur le point essentiel.

Supposons maintenant que celui qui a trouvé le montre découvre, qu’en outre de toutes les propriétés qu’il a observées dans cette machine, elle possède la faculté singulière de reproduire une autre montre toute semblable. Supposons qu’il découvre que la montre renferme tout un appareil dans lequel se travaillent les instruments destinés à créer d’autres montres, par le seul effet spontané du mouvement existant. Quelle influence cette découverte aura-t-elle sur son jugement ?

Il admirera probablement de plus en plus la beauté de l’invention et l’art de l’inventeur.

Soit qu’il considère le but, soit qu’il arrête sont attention sur les moyens, qu’il examine l’action et la réaction des diverses parties dont il est capable de saisir le mécanisme, il trouve de nouvelles raisons de rapporter cet ouvrage à un art merveilleux, et à une singulière intelligence.

L’observateur distinguera aisément que si la montre qu’il a sous les yeux a la faculté de faire des montres semblables à elle, cette faculté est très différente de l’art d’un ouvrier qui invente et exécute. La montre qui en crée une autre n’a aucune part à l’ordonnance et à l’arrangement des diverses parties qui constituent celle-ci.

On pourrait dire dans un certain sens que l’eau d’un ruisseau moud le grain ; mais il serait absurde de dire que l’eau du ruisseau a construit le moulin : nous ne pourrions jamais former cette conjecture lors même que nous ne saurions comment nous rendre compte de l’origine de cette construction. Quelle est la part du courant d’eau dans la mouture du grain ? une impulsion sans intelligence, dirigée sur un mécanisme ordonné et exécuté avec intelligence, produit un certain effet qui est la mouture du grain. Mais l’effet résulte de l’arrangement des parties. On ne peut pas dire que le ruisseau soit l’auteur de l’effet produit, encore moins de l’arrangement des parties de cet ensemble. Il est clair qu’il a fallu une intelligence, un plan pour inventer, ordonner et exécuter le moulin, quoique l’impulsion aveugle du courant d’eau, soit nécessaire pour lui faire remplir l’objet auquel il a été destiné, tout comme le mouvement machinal de la montre est nécessaire pour la création d’une nouvelle montre.

Si donc il est peu probable que la montre trouvée par notre observateur soit sortie elle-même des mains de l’ouvrier, il n’en est pas moins évident que la première montre qui a donné naissance aux autres, a été l’ouvrage d’un ouvrier intelligent : quant au dessein, le raisonnement subsiste dans toute sa force. Nous avons mille questions à faire sur les causes des rapports qui existent entre les diverses parties de la montre ; et on ne répond à aucune de ces questions en disant que cette machine procède d’une autre machine semblable.

Il n’y a point de plan sans intelligence, point d’invention sans inventeur, point d’ordre qui ne demande un choix, point de dépendance de diverses parties vers un certain ensemble de résultats, qui ne suppose une intention éclairée. Personne donc ne peut raisonnablement admettre que la véritable cause de ce mécanisme admirable de la montre, soit un mouvement aveugle. Chacun voit avec évidence qu’un simple mouvement machinal ne peut pas disposer les différentes parties, leur assigner leurs fonctions, faire concourir celles-ci vers un but, et rendre le résultat utile à d’autres êtres. Il n’y a rien d’expliqué encore, quant à l’origine première, lorsqu’on a découvert qu’une montre fait une montre.

On ne fait que reculer la difficulté en disant que le mécanisme de la montre trouvée procède d’une mécanisme semblable ; celui-ci d’un précédent, et ainsi en remontant indéfiniment. On est toujours également embarrassé à expliquer l’invention, et l’inventeur. Si la difficulté s’affaiblissait un peu en remontant de montres en montres, on finirait par la surmonter, à force de multiplier les suppositions de remplacement : il n’y a aucune différence quelconque, quant à la solution du problème, soit qu’on suppose une succession finie, ou une succession infinie. Une chaîne composée d’un nombre infini de chaînons ne peut pas mieux se soutenir par elle-même qu’une chaîne composée d’un nombre fini de chaînons Quoique nous n’ayons jamais fait cette expérience, nous en avons la parfaite certitude, parce que nous sentons très bien qu’en décuplant ou en centuplant le nombre des chaînons, nous ne faisons point un seul pas vers la solution de la difficulté. Tel est le cas dont il s’agit. La machine que nous avons sous les yeux, démontre par sa construction une invention et un dessein. L’invention suppose un inventeur, et le dessein un être intelligent, soit que le mécanisme procède immédiatement ou non, d’un autre mécanisme semblable.

La question n’est pas seulement de savoir pourquoi et comment la montre existe : le point à éclaircir, la difficulté à laquelle nous ne pouvons pas échapper, c’est l’invention et le dessein de cette machine : comme que nous fassions, il faut toujours remonter à un agent doué d’intelligence.

Notre observateur réfléchira que l’agent créateur de la première montre a réellement fait toutes celles qui sont procédées de cette première ; car fabriquer une seconde et une troisième montre par les instruments nécessaires à cet ouvrage, ou bien faire en sorte que le mécanisme produise une nouvelle montre, c’est une seule et même chose, quant à l’intelligence, à cela près qu’il y a un art bien plus admirable dans cette faculté de reproduction indéfinie communiquée par l’inventeur. Il semble donc que l’admiration de l’observateur ne peut que s’accroître par cette découverte. Que dirait-on si, au lieu de s’étonner et d’admirer davantage, cet observateur concluait de sa découverte nouvelle, qu’il n’y a ni art ni invention dans la montre ? C’est pourtant là précisément le raisonnement des athées.

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La machine d’Antikythera,

ou le mystère d’un ordinateur vieux de 2000 ans1

Présentation : Cette fois ce n’est pas une simple horloge trouvée sur le sable par un passant, mais une machine astronomique très complexe, enchâssée dans une roche marine et découverte en 1901 sur une épave de plus de 2000 ans au large de l’île grecque d’Antikythera. Dans ce cas comme dans celui de l’horloge de Paley, nul ne songe un instant à invoquer une « bizarrerie de la nature» ; tous les scientifiques réunis en congrès à Athènes le mois dernier s’accordent pour y voir une machine antique fabriquée par l’homme. Alors, où est le problème ? C’est que cette horloge astronomique comporte 37 engrenages destinés à suivre les mouvements du soleil et de la lune, et peut-être de quelques planètes, et à prédire les éclipses. On y trouve aussi un engrenage différentiel, dispositif qui n’est réapparu qu’au 17ème siècle. C’est donc toute la science antique qui doit être réévaluée à la lumière de cette machine. Et il va devenir de plus en plus difficile de prétendre que nos ancêtres, moins « évolués », auraient été moins intelligents que nous…

Des savants ont découvert le secret d’un vieil appareil récupéré dans une épave romaine, et disent que ce mécanisme complexe était utilisé pour suivre le mouvement des étoiles et de la lune.

La machine, estimée avoir 2000 ans, fut découverte en 1901 sur une épave au large de la côte de l’île grecque d’Antikythera, enchâssée dans la

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CBC News, 30 Novembre 2006

Scientists unlock mystery of 2,000-years-old computer

roche. L’étrange engin en forme de roue avec des engrenages complexes déconcertait les chercheurs essayant de comprendre son utilité.

Mais une récente étude dans la revue Nature révélait que l’appareil, connu sous le nom de « Mécanisme d’Antikythera », était en fait un système complexe pour suivre les mouvements des corps célestes utilisés en navigation.

Une équipe de chercheurs, dirigée par Mike Edmunds et Tony

Freeth de l’Université de Cardiff (Pays de Galles), utilisa les rayons-X pour traverser les dépôts recouvrant l’appareil, afin de découvrir les inscriptions anciennes et les indices de fonctionnement du mécanisme.

« Cet appareil est vraiment extraordinaire, le seul de son espèce » déclara Edmunds en annonçant les résultats. « La conception est magnifique, l’astronomie est parfaitement exacte. La façon dont les mécanismes sont conçus vous laisse bouche bée. Quiconque a réalisé cela l’a fait extrêmement bien. »

Les chercheurs ont fait connaître l’ensemble de leurs découvertes sur ce qu’ils considèrent être un ordinateur vieux de 2000 ans lors d’une conférence internationale de deux jours à Athènes, les 7 et 8 décembre 2006.

Fabriqué entre 150 et 100 ans avant Jésus-Christ, le mécanisme comprend 37 roues dentées dans un coffre de bois et de bronze ayant la forme d’une horloge. Ces engrenages étaient destinés à suivre les mouvements du soleil et de la lune et même les éclipses ainsi que l’orbite irrégulière de la lune. L’appareil semble aussi avoir été capable de suivre quelques planètes.

Non moins étonnante est l’utilisation d’un engrenage différentiel, système connu pour avoir été utilisé au 17ème siècle, mais soupçonné avoir été inventé bien des années auparavant. Ce système est un ajustement d’engrenages permettant la rotation de deux arbres à des vitesses différentes. Son usage moderne est associé à l’automobile qui utilise un différentiel sur l’essieu arrière pour permettre des taux de rotation différents des roues dans les virages. La complexité du système est également comparable à celle des horloges du 18ème siècle.

Dernier cri en astronomie.

« Je suis très surpris de trouver une représentation mécanique de l’astronomie » dit à Nature Alexander Jones, historien de l’astronomie travaillant à l’Université de Toronto. Jones prédit que ce mécanisme aura un profond impact sur notre vue de l’histoire de la science. « Ceci était absolument le dernier cri en astronomie à l’époque. »

Une grande question laisse perplexe les scientifiques : Comment un appareil aussi utile a-t-il pu disparaître complètement des traces archéologiques, au point qu’il faille attendre encore 1000 ans avant de trouver quelque chose d’aussi complexe. Une explication serait que le recyclage du bronze dans l’ancien temps fit fondre les anciens exemplaires, faisant disparaître toute trace archéologique.

Mais, comme le conservateur du Musée des Sciences de Londres, Michael Wright, l’écrit dans un article ultérieur de Nature, le plus probable est que l’appareil ou ses plans émigrèrent vers le monde musulman, après la chute de Rome, avant de réapparaître des années plus tard en Europe. « Je trouve qu’il est aussi facile de croire que cette technologie survécut sans laisser de trace, que de croire qu’elle fut réinventée sous une forme aussi semblable », déclare Wright.

Edmunds et Freeth travaillèrent avec des chercheurs des universités d’Athènes et de Thessalonique et avec le Musée Archéologique National d’Athènes, où les 80 pièces et plus du mécanisme sont conservées dans des conditions contrôlées avec précision.

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In Memoriam: Yves Dutheil (1924-2006)

Le Docteur Yves Dutheil nous a quittés le 28 octobre. Médecin en Touraine durant la guerre de 1939-45, il était devenu Médecin Conseil à la Caisse de Sécurité Sociale de Châlons-sur-Saône en 1947. Très lié au monastère de Sainte-Marie de la Garde (Clairac), sa vie fut tout au long marquée par une vie spirituelle intense dont il tirait à la fois sa grande force psychique et une manière toujours discrète de faire le bien. A sa retraite, il peignit des tableaux puis, s’aidant d’une loupe, des figurines miniatures en étain qu’il offrait autour de lui et qu’il donnait au Monastère pour y être vendues. Homme passionné, d’une foi inébranlable, il s’était tout naturellement retrouvé dans le combat mené par le CEP et plusieurs articles de la revue lui sont redevables d’informations signalées à l’occasion de ses lectures.

Que Madame Janine Dutheil, son épouse, ainsi que ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants trouvent ici le témoignage de notre reconnaissance. A notre tour de répondre par nos prières à l’aide spirituelle qu’il nous à dispensée de son vivant.

La mémoire du juste vivra éternellement (Ps 112,6)

Le requin[33]

Jean-François Froger, Jean-Pierre Durand

Résumé : Le requin nous fait peur, alors qu’il n’attaque l’homme que très rarement : sur 350 espèces, 12 seulement le font régulièrement. Mais cet animal est admirable, quant aux organes de ses huit sens. Muni d’une troisième paupière, la nictitante, il peut voir la nuit en l’escamotant.

L’eau étant incompressible, il entend sa proie à plusieurs kilomètres et commence à la sentir à l’odorat à plusieurs centaines de mètres. Les flasques de Lorenzini, sous le nez, détectent les battements du cœur à distance. Ces processus admirables concernent un animal donné par les évolutionnistes comme le plus « primitif » de nos ancêtres ! Comment donc expliquer qu’il ait des organes des sens plus développés que les animaux « plus évolués » qui viendront après lui ? N’est-ce pas une preuve de plus que la théorie évolutionniste est fausse ?

Le plus “ grand “ de tous les poissons est, sans aucune contestation possible, le requin. C’était vrai jadis, car dans les dépôts fossilifères du monde entier, on trouve des restes de requins dont la bouche aurait pu servir de hangar à une petite voiture, comme le requin de Khouribga, au Maroc ; c’est encore vrai aujourd’hui, car le requin-baleine (qui mérite bien son nom) peut mesurer quinze mètres! Ce requin est d’ailleurs doublement comparable à la baleine puisqu’il ne se nourrit que de plancton, cette bouillie d’animalcules (zooplancton) et de micro-végétaux (phytoplancton) en suspension dans les eaux.

(…)Actuellement, dans cette famille d’environ trois cent cinquante membres, il y a un nain qui ne mesure que quinze centimètres, soit cent fois moins que le requin-baleine. Toute la famille a mauvaise réputation. Trentedeux espèces ont attaqué l’homme au moins une fois et douze le font régulièrement.

Les plaies provoquées sont très mutilantes car le requin est un “emporte-pièce “dont les mâchoires développent une force spécifique de plus ou moins quatre tonnes au centimètre carré !

Une amusante rumeur, souvent reprise par les ouvrages les plus sérieux, veut que cette « poubelle de la mer », cet « éboueur des océans » tire son nom de requiem : quand un homme tombe dans une mer à requins, il ne reste plus qu’à chanter le requiem. Suggestif et inexact!

Requin est un mot que les Vikings nous ont laissé quand, de Nordman, ils sont devenus Normands : harequin. Ha : «le chien », requin : «qui mord ». Dans les ports de la mer du Nord, on part toujours pêcher le « ha »[34]. Dans les autres ports, on a gardé plutôt « requin », à la suite de la coupure classique du mot.

Les requins sont élasmobranches, c’est-à-dire que leurs branchies sont en plaques : ils n’ont pas les ouïes des autres poissons. L’expiration se fait par les fentes branchiales qu’ils ont de chaque côté de la tête. Ils font partie des chondrichtyens, ce qui signifie que ce sont des poissons dont le squelette est en cartilage et qu’ils n’ont pas l’os des poissons osseux (les ostéichtyens). Ces deux mots, franchement techniques, sont surtout employés pour désigner l’ordre auquel appartiennent les requins et qui englobe les raies et les chimères.

Dans le vocabulaire relatif au requin, on trouve encore deux autres mots : sélacien, mot d’origine grecque, qui veut simplement dire « requin », et squale , qui a le même sens mais qui est d’origine latine. Ce terme, pourtant, est plus sélectif et subjectif et tend à désigner les requins ou sélaciens qui ont l’air de vouloir faire figurer l’homme à leur menu! Ne sont pas « squales » les petites roussettes et l’inoffensif requin-baleine.

La peau du requin servait jadis de papier de verre pour les ébénistes car elle est recouverte d’odontoïdes, véritables petites dents où il ne manque que la racine. On ne fait rien de mieux pour résister à l’usure et c’est l’idéal pour se glisser subrepticement dans l’eau, en amortissant les ondes, d’où l’envie d’en tapisser les toutes récentes mutations de nos monstres marins[35]. Jadis aussi, le foie du requin était un succédané de la morue, dont l’huile de foie faisait grimacer les enfants.

Aujourd’hui, pour les biochimistes, ce foie est une source inépuisable de matières premières pour fabriquer cosmétiques, lubrifiants, anticoagulants, anticholestérol, etc.

Le cerveau du requin est susceptible de mémoriser mais, surtout, il gère au mieux la coordination d’une sensorialité développée au plus haut point : les requins sont les animaux qui ont le plus de sens (huit en tout) et ces sens sont très performants.

À plusieurs kilomètres, le requin commence à entendre sa proie: son audition des basses fréquences lui permet, par exemple, de percevoir de très loin un bateau de plaisance jeter l’ancre.

À plusieurs centaines de mètres, l’odorat prend le relais. Supérieur à celui du chien, il est sensible à une concentration au un dix milliardième ! On n’a même pas l’idée de ce que cela peut représenter. De plus, le nez du requin est dédoublé et permet à celui-ci de renifler à droite et à gauche, d’où cette nage comparable au trajet d’un chien de chasse en quête de gibier.

À deux cents mètres, la ligne latérale entre en action: il s’agit d’un organe des sens propre aux poissons. On peut l’imaginer comme un organe intermédiaire entre l’audition et le toucher, une sorte de « toucher à distance ». Cette ligne latérale perçoit les ondes de l’eau, mécaniquement, celle-ci étant incompressible.

Un peu dans le même genre d’organe, le requin dispose aussi de cryptes sensorielles, surnommées les « papilles gustatives à distance » et qui sont situées sur le dos.

À vingt mètres, la vue intervient et le requin nous aperçoit alors que nous ne soupçonnons même pas sa présence, aussi à l’aise dans l’eau sombre que dans l’eau claire. Comme le chat, il a le tapetum lucidum, ces miroirs escamotables post-rétiniens qui permettent à la cellule photosensible d’être deux fois (aller-retour) sollicitée par l’excitation lumineuse. De l’œil du chat, le requin a aussi la troisième paupière, la nictitante[36].

À dix centimètres (pour un petit poisson), le requin fait un véritable électrocardiogramme de sa proie, grâce à des organes uniques dans le monde animal, les flasques de Lorenzini qui, situées sous le nez, peuvent détecter les battements de cœur d’une sole ensablée! Pour nous, c’est à plus d’un mètre que le requin perçoit les palpitations que déclenche sa vue. Enfin, pour clore la liste, le requin a un goût et un toucher comme tout le monde. On peut se demander pourquoi ce poisson, considéré par les évolutionnistes comme le plus « primitif » des vertébrés, est pourtant, sensoriellement, le plus perfectionné. C’est exactement, le contraire de la théorie d’une évolution progressive !

(…) Ce magnifique « poisson de proie » ne ferait de nous qu’une bouchée…Pourtant, nous ne sommes pas de la nourriture ordinaire pour lui. La preuve?

L’énorme majorité des attaques se bornent à une seule morsure, qui succède à une parade « d’avertissement », indécelable pour un nageur ordinaire, mais parfaitement connue des plongeurs — comportement qui a été comparé à celui du chien de garde…

Par ailleurs, nous sommes, pour un requin, plutôt indigestes! Un exemple entre cent : en 1950 en Australie, on a repêché le corps d’un homme qui avait une balle dans la tête et une main en moins. Combien de temps avait-il déjà séjourné dans l’eau? Huit jours plus tard, on a retrouvé sa main, intacte, dans 1’estomac d’un requin !

L’œil tourné vers les limites de notre Galaxie, on croit peut-être tout connaître de notre planète…et pourtant ! En 1976, on a sorti de l’océan un poisson non inventorié : un requin de sept cent vingt-six kilos, qui laissa les savants incrédules. Un deuxième spécimen fut pêché par la suite, en 1984, et un troisième en 1990… Il faut se rendre à l’évidence il existe encore des grands poissons “ inconnus. Celui-ci vient tout juste de recevoir son étiquette: megachasmus (la grande gueule!). Assez grande pour…? Avaler, c’est facile, mais qui a bien pu « vomir Jonas sur le rivage », comme le commanda Dieu (Jon 2, 11), après un séjour de trois jours et trois nuits dans le ventre de la bête ?

Rendons-nous maintenant dans un petit village du sud du Royaume-

Uni, village très banal pourtant visité par les touristes. Pourquoi?

Parce qu’au cœur du cimetière se trouve une tombe où on peut lire l’épitaphe : Ci-gît le véritable Jonas. Renseignements pris, on apprend que l’homme, pêcheur de cachalot tombé à la mer au cours d’une action mouvementée et porté disparu, a été retrouvé le lendemain en travers du gosier du cachalot manqué la veille (les harpons faisant foi), cataleptique, comateux, mais vivant !

Un jour de l’an 1937, en Australie cette fois, un pêcheur de perles plonge directement… dans la gueule d’un « grand blanc » qui lui avale la tête mais recrache le tout, l’homme s’étant débattu. Bilan: deux cents points de suture et une dent du monstre oubliée dans le cou. Le nom du pêcheur ? Jonas, Jonas Asaï.

On le voit bien : être avalé, c’est (presque) banal ; survivre, cela peut arriver mais, pour être « vomi » intact, sur le rivage, après avoir séjourné trois jours et trois nuits dans les entrailles d’un « grand poisson », il faut avoir avec Dieu des relations privilégiées!

Comme, par exemple, être prophète[37]!

*

* *

Rien n’est aussi beau….[38]

Charles Péguy

Rien n’est beau comme un enfant qui s’endort en faisant sa prière, dit Dieu. Je vous le dis, rien n’est aussi beau dans le monde. Je n’ai jamais rien vu d’aussi beau dans le monde. Et pourtant j’en ai vu des beautés dans le monde. Et je m’y connais. Ma création regorge de beautés. Ma création regorge de merveilles. Il y en a tant qu’on ne sait pas où les mettre. J’ai vu des millions et des millions d’astres rouler sous mes pieds comme les sables de la mer.

J’ai vu des journées ardentes comme des flammes. Des jours d’été de juin, de juillet et d’août. J’ai vu des soirs d’hiver posés comme un manteau. J’ai vu des soirs d’été calmes et doux comme une tombée de paradis. Tout constellés d’étoiles…

J’ai vu des cœurs dévorés d’amour. Pendant des vies entières. Perdus de charité. Brûlant comme des flammes. J’ai vu des martyrs si animés de foi tenir comme un roc sur le chevalet sous les dents de fer….J’ai vu des martyrs flamber comme des torches se préparant ainsi les palmes toujours vertes. Et j’ai vu perler sous les griffes de fer des gouttes de sang qui resplendissaient comme des diamants. Et j’ai vu perler des larmes d’amour qui dureront plus longtemps que les étoiles du ciel. Et j’ai vu des regards de prière, des regards de tendresse, perdus de charité qui brilleront éternellement dans les nuits et les nuits. Et j’ai vu des vies tout entières de la naissance à la mort, du baptême au viatique, se dérouler comme un bel écheveau de laine.

Or je le dis, dit Dieu, je ne connais rien d’aussi beau dans tout le monde qu’un petit enfant qui s’endort en faisant sa prière.

Sous l’aile de son ange gardien et qui rit aux anges en commençant de s’endormir. Et qui déjà mêle tout ça ensemble et n’y comprend plus rien et qui fourre les paroles du Notre Père à tort et à travers pêle-mêle dans les paroles du Je vous salue Marie pendant qu’un voile déjà descend sur ses paupières, le voile de la nuit sur son regard et sur sa voix.

COURRIER DES LECTEURS

De Monsieur J.L (Belgique)

En la fête de sainte Thérèse d’Avila

Il me faut ici vous remercier de m’avoir invité ce mercredi 11 à la conférence organisée au Parlement Européen par le député polonais Giertych sur l’Évolution, à qui je vous prie de bien vouloir présenter toutes mes félicitations. Ce colloque du plus haut intérêt a été mené de main de maître. Arrivé hélas en retard par suite de difficultés à l’admission dans le bâtiment du Parlement, je n’ai pu entendre que les deux dernières conférences, et apprécier leur grande pertinence et abondance d’éléments de preuves factuelles contre le mythe évolutionniste. Ces exposés étaient remarquablement complémentaires de celui du Pr J. Mastropaolo, plus épistémologique mais tout aussi factuellement étayé.

Or l’homme étant par essence l’être pensant, il ne peut échapper à l’épistémologie, qui est bien présente chez les évolutionnistes par leur apriori anti-Dieu créateur et Anti-Christ ! L’homme ne peut échapper à la question religieuse qui est la principale question, le pivot de toute existence humaine. Et il est vain, c’est un leurre ou une imposture, de prétendre que la science doit s’interdire toute opinion religieuse pour garder la nécessaire objectivité devant les faits, comme prétendait mon professeur de philo il y a soixante ans, en vrai sophiste ! L’univers et la Vérité ne font qu’un, sans pour autant que Dieu ne soit qu’un dieu immanent. C’est pourquoi ceux qui refusent librement la Révélation en la connaissant ne peuvent plus être de vrais scientifiques. Leur péché contre l’Esprit les rend esclaves de leur mensonge et entraîne de fausses constructions intellectuelles sous l’emprise de Satan.

Le combat que mène le CEP avec des intellectuels droits et conscients des enjeux comme le député Giertych doit être mené et amplifié, car tout se tient dans ce combat pour Dieu et pour l’homme, pour la Vérité. Les évolutionnistes sont immanquablement des eugénistes, comme en a apporté la preuve Mme Deirdre Manifold (dans son Marx vrai ou faux prophète et dans The men behind Hitler) qui montre qu’avant comme après 1945 apparaît la même axiomatique dans les pays anglo-saxons et ailleurs, avec la Fédération Mondiale d’Hygiène Mentale et ses sections nationales, avec les groupes de pression qui ont imposé la légalisation et la promotion de la limitation des naissances et la stérilisation des femmes et des hommes, puis ont promu la fécondation in vitro et assistée (dans le but de la rendre un jour obligatoire comme Robert McNamara l’a annoncé être un progrès nécessaire pour l’humanité), l’avortement et bientôt, sinon déjà, l’euthanasie, l’utilisation « expérimentale » et demain marchande des embryons humains surnuméraires, tout cela menant au totalitarisme le plus épouvantable.

Car en faisant de l’homme un être maître de sa destinée sans autre référence que sa volonté propre, la porte est ouverte à toutes les dérives criminelles. Le Pr américain avait donc parfaitement raison d’associer les évolutionnistes aux criminels satanistes que furent Lénine, Staline, Hitler, Mao….sans oublier Pol Pot et autres chefs d’État mis en place par les mondialistes en Afrique, ainsi que leurs vrais maîtres et sponsors un peu moins visibles, les financiers déclencheurs des révolutions sanglantes du XXème siècle et des guerres mondiales, du mondialisme et de toutes ces campagnes d’opinion pro-eugénistes et évolutionnistes.

Car les idées ont une fécondité intrinsèque qu’il n’est pas possible d’amoindrir ni de stériliser à ceux qui les adoptent même sans en apercevoir toutes les conséquences, et les idées fausses portent leur fruit de mort jusqu’au terme, parce que le monde est la création de Dieu et que le monde et la Vérité divine sont un ».

____________________________________

Du Pr H. Mac C. (Brunei)

Il nous faut écarter une fois pour toute cette funeste théorie de l’évolution, puisqu’elle sert d’incubateur au mépris actuel pour la vie humaine.

Elle a couvé le fascisme, le communisme et les pires tyrans, théoriciens ou médecins qui ont paru sur la terre. Le monde occidental a maintenant toute une génération nourrie de ce régime biaisé et niant Dieu. Comment dès lors s’étonner d’avoir des centres-villes où les gens ordinaires ont peur de mettre les pieds, vu les activités malhonnêtes que l’on y trouve. Comment s’étonner si tant de jeunes gens cherchent refuge et satisfaction dans l’alcool et dans les euphorisants artificiels. Nous devons enseigner la vérité à nos enfants : qu’il existe une suprême autorité divine devant laquelle nous aurons à répondre un jour pour les comportements immoraux et criminels. La théorie de l’évolution a trahi les impératifs moraux nécessaires au processus de socialisation. Le plus honteux aspect de ce « conte » scientifique, est l’absence complète de preuves scientifiques à l’appui de ses axiomes. Les arguments présentés s’avèrent enveloppés de malhonnêteté calculée, de subjectivité anti-scientifique ou de présomption pseudo savante.

Poursuivez donc votre travail si fructueux et si opportun !

_______________________________

De Monsieur P.M. (Paris)

Je voudrais ajouter un complément à votre article sur le RU 486 concernant l’inventeur de la pilule, qui s’était inscrit en faculté de médecine après la guerre sous son nom dans la résistance communiste (cf. L’Express du 13/04/2000).

On peut lire dans Faits et Documents, du 1/12/98 :

« Les associations pro-vie ont découvert que l’inventeur de la pilule abortive RU 486, le professeur Étienne Baulieu (de son vrai nom Étienne Félix Aron Blum) était un ancien militant stalinien. Membre du Parti communiste jusqu’en 1956, il a notamment cosigné, avec une trentaine de collègues, le 30 mars 1953 un hommage pour la mort de Joseph Staline, envoyé à l’Académie des Sciences de l’Union soviétique : « L’immense douleur que vous avez ressentie lors de la mort du camarade Staline, nous l’avons partagée.

Il était et il restera dans notre mémoire l’homme au monde le plus aimé de nous (…) Chacun de nous a mieux mesuré encore combien l’étude de cet ouvrage (de Staline) enrichissait sa propre science (…) Chacune de nous a pris l’engagement de s’inspirer, tant dans la lutte idéologique que dans la lutte politique, des enseignements de celui qui restera à jamais l’un des plus grands génies scientifiques de l’histoire, de l’immortel Staline (…) Nous partons à la conquête de larges couches d’intellectuels (…), la pensée tournée vers le radieux pays de nos éducateurs, le pays de Lénine et de Staline, l’Union des républiques socialistes soviétiques. »

Cette envolée lyrique ne fut pas suicidaire puisqu’elle n’empêcha pas le Pr Baulieu de recevoir pour sa pilule le prix Lasker, l’équivalent américain du Prix Nobel de médecine !

_____________________________

De Monsieur J.M.G (Alsace)

Vous avez évoqué une « science évolutionniste ». Or il ne peut exister de science d’une chose qui n’existe pas, l’homme ne pouvant pas faire le constat (la perception) d’une chose inexistante. J’aurais mis le mot « hypothèse » à la place de votre mort « science ».

Quant à l’idée que la science permet de prévoir, seul Dieu a toute puissance de modifier, d’accomplir, de supprimer, de créer, et la Vérité relève de Dieu seul. C’est ce que j’ai écrit dans la conclusion suivante : « Lorsque l’homme proclame la science comme Grand Livre de la Sagesse et des Prédictions régissant le comportement qu’il croit devoir obligatoirement subir, auquel il est génétiquement soumis, et qu’il se pense autorisé, au nom de la raison, à prophétiser toute chose, cette science est à la fois :

Hérésie de prédestination et hérésie de gnose !

Lorsque la Science est source de méditation, contemplation, des divers « savoirs », constats que l’homme a faits en s’intégrant, corps et esprit, dans le Monde de la Création, cette Science est : Prière de l’homme à Dieu Créateur de toutes choses. »

Le programme en quelques siècles[39]

Armand Robin[40]

On supprimera la Foi

On supprimera le sublime

Au nom de la Lumière,

Au nom de l’Art

Puis on supprimera la lumière.

Puis on supprimera l’art.

On supprimera l’Ame

On supprimera les Ecrits

Au nom de la Raison,

Au nom des commentaires,

Puis on supprimera la raison

Puis on supprimera

les commentaires.

On supprimera la Charité

On supprimera le Saint

Au nom de la Justice

Au nom du Génie,

Puis on supprimera Puis on supprimera la justice. le génie.

On supprimera l’Amour On supprimera le Prophète

Au nom de la Fraternité, Au nom du Poète, Puis on supprimera Puis on supprimera la fraternité. le poète.

On supprimera l’Esprit de Vérité

On supprimera l’Esprit

Au nom de l’esprit critique,

Au nom de la Matière,

Puis on supprimera l’esprit critique.

Puis on supprimera

la matière.

On supprimera le Sens du Mot

Au nom de rien on

Au nom du Sens des mots,

supprimera l’Homme,

Puis on supprimera

On supprimera le nom

le sens des mots.

de l’Homme.

Il n’y aura plus de nom,

Nous y sommes.

**************************

Index des articles parus

MERVEILLES DE LA CRÉATION

002 :

Cervelle de moineau

GITT Werner

003 : 053

Un renard qui pond des œufs ?

GITT Werner

004 : 064

Les 150 000 et moi

GITT Werner

005 : 063

Ce que nous disent les abeilles

BOULET André, sm

006 : 070

Un problème de carburant quasiment insoluble

GITT Werner

007 : 077

Un moteur électrique…vivant

!

GITT Werner

007 : 081

Le flagelle bactérien

BEHE Michael J.

008 : 078

En concurrence avec…Osram

!

GITT Werner

009 : 080

L’œil et la vision

DESTAING Claude

010 : 065

Le tilleul et ses hélicoptères

DESTAING Claude

011 : 077

L’œil de la langouste

DENTON Michael

012 : 077

Le fourmi-lion

PONTCHARRA

Jean de

013 : 086

Un coléoptère explosif

GISH Duane T.

014 : 083

L’architecture des cristaux

LAPPARENT

Albert de

015 : 074

Jets d’eau en guise d’empreintes digitales (I)

GITT Werner

016 : 084

Jets d’eau en guise

GITT Werner

d’empreintes digitales (II)

017 : 084

Petits cohabitants que Dieu nous envoie

GITT Werner

018 : 076

L’oiseau réfute les théories transformistes

FOUCHER Jacques

019 : 082

La moule révèle ses secrets

XXX

020 : 079

Les merveilles de la nature

RACINE Louis

021 : 084

La plume: merveille de la Création

FILMER W.E.

022 : 080

Le Pin longévif des Montagnes Rocheuses

VILLENEUVE

Pierre

022 : 085

Des idées toutes « bêtes »

VAN BOEXTAELE

Roland

023 : 077

La merveille du vol des oiseaux…et autres objets identifiés

Mc INTOSH Andy

Dr.

024 : 069

Le monde des papillons

GRANTHAM-HILL

Brian W.

024 : 077

L’harmonie de la Création

CLERCQ JeanMaurice Dr.

025 : 076

La chimie du koala et la Création

SHERWIN Frank

025 : 078

Le moustique

RABISCHONG

Pierre Pr.

026 : 078

Sarbacane à répétition

PONTCHARRA

Jean de

027 : 079

Papillons et teignes conçus de façon raffinée

CAMBRIDGE R.

029 : 079

Les libellules, merveilleux acrobates aériens

GITT Werner

031 : 085

Des baleines climatisées

SHERWIN Frank

032 : 076

De la disposition mécanique des os du corps humain

PALEY William

033 : 078

034 : 087

035 : 080

036 : 085

Des muscles et des tendons

L’empreinte de Dieu dans un

Box-fish

L’appareil digestif dynamique

L’extraordinaire appareil

PALEY William

BUTT Kyle

GILLEN;SHERWI

N;KNOWLES

GILLEN;SHERWI

037 : 081

urinaire N;KNOWLES

L’étonnant « biocircus » des RABISCHONG êtres vivants Pierre Pr.

MYTHOLOGIE

029 : 045

Athéna et Eden (I)

EON Claude

030 : 028

Athéna et Eden (II)

EON Claude

031 : 022

La frise du Parthénon déchiffrée

PALÉONTOLOGIE

EON Claude

003 : 020

« Le skull 1470. Rectification »

OOSTERWYCKGASTUCHE

Marie-C

008 : 023

Trop…c’est trop !…ou le billet d’humeur de Caïn

HAUTVILLIERS

Pierre-Florent Dr.

020 : 035

Quelles méthodes de datation pour les australopithèques ?

BERTHAULT

Guy

022 : 050

Lucy, l’australopithèque: Mythe ou réalité ?

HAUTVILLIERS

Pierre-Florent Dr.

023 : 044

Lucy, l’australopithèque: Mythe ou réalité ? (II)

HAUTVILLIERS

Pierre-Florent Dr.

028 : 042

Un site paléontologique qui dérange: les rives de la Paluxy au Texas

HAUTVILLIERS

Pierre-Florent Dr.

032 : 049

L’Homo sapiens vieillit de 35

000 ans …selon le

PHILOSOPHIE

NEW YORK

TIMES

008 : 054

Un ancien message à un esprit postmoderne

ZACHARIAS Ravi

011 : 008

La science vraie ne peut se passer de Dieu

BRUNNER Fernand

017 : 045

Nous revoici au temps des sophistes

TRESMONTANT

Claude

PHYSIQUE

015 : 011 Le nombre sept dans la structure de BOUCHER Jean

la matière

036 : 015 La domination intolérante des ALLAIS

relativistes Maurice

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  1. Qu’il a tenu à rencontrer le 9 novembre dernier.

  2. Dans une lettre au socialiste allemand Lassalle, du 16 Janvier 1861, Marx écrit : «Le livre de Darwin est très important et me sert à fonder par les sciences naturelles la lutte des classes dans l’histoire. » En clair, le marxisme se qualifiera désormais de

    « socialisme scientifique » parce qu’il transpose à la société des hommes cette « lutte pour l’existence » que Darwin aurait repérée dans les groupes animaux. Hitler refera cette analyse, à ceci près qu’il changera de catégorie sociale devant disparaître.

  3. Sur ces thèmes se reporter aux articles publiés dans Le Cep N° 1, 2 et 3 par M.C. van Oosterwyck, puis dans Le Cep n° 20, 28 et 29 par K. Skripko, E. Kolesnikov et J. Henry.

  4. Les laboratoires d’Hydraulique de Grenoble ou le Centre EDF de Chatou seraient parfaitement équipés pour étudier l’érosion.

  5. Traduit et adapté par Claude Éon de For the Glory of God. Cet article est d’autant plus significatif et objectif que son auteur n’est pas catholique.

  6. Colish, Marcia L. Medieval Foundations of the Western Intellectual Tradition, 4001400 ; Yale U.P. 1997, p.266.

  7. Schachner, Nathan, The Mediaeval Universities .New York Frederick A. Stokes, 1938, p. 3.

  8. Grant, Edward, The Foundations of Modern Science in the Middle Ages:Their Religious, Institutional, and Intellectual Contexts; Cambridge U.P. 1996; p. 23.

  9. Pernoud, Régine; Those Terrible Middle Ages! Debunking the Myths. Ignatius Press, San Francisco, 2000, p.24. On pourra aussi consulter, par Reynolds et Wilson, D’Homère à Érasme : la transmission des classiques grecs et latins. CNRS, 1974.

  10. Ibid. p. 21.

  11. Dans un chapitre précédent du livre de Rodney Stark. (NdT)

  12. Lindberg, David; The Beginnings of Western Science. Chicago U.P. 1992; p.230.

  13. Grant, op. cit. p. 205.

  14. White, Andrew Dickson: A History of the Warfare of Science with Theology in Christendom; 2 vol. Appleton and Company; New York, 1896; vol. 2d , p.50.

  15. Singer, Charles; « Historical Relations of Religion and Science » in: Science Religion and Reality; NY Kennicat Press [1925] 1970 p. 129.

  16. Grant; op.cit. p. 168.

  17. Whitehead, Alfred North; Science and the Modern World; The Free Press N.Y. [1925] 1967; p. 13.

  18. Ibid. p.12

  19. Ndlr. Autrement dit, ce qui ne vient pas de Dieu est « hors-Logos ». On pense aussi à cette formule : « Au fond, les saints sont les seuls à être vraiment intelligents !»

  20. Webster, Charles; « Puritanism, Separatism and Science » in God and Nature: Historical Essays on the Encounter between Christianity and Science, 1986 Univ. of California Press, p. 213.

  21. Repris de Pour la Science, n°329, mars 2006, p.8.

  22. Agrégé de mathématiques et professeur permanent à l’Institut des Hautes Études Scientifiques, Laurent Lafforgue reçut à 35 ans, en 2002, la Médaille Fields (équivalent, pour les mathématiques du Prix Nobel). Membre de l’Académie des Sciences de Paris depuis 2003. Nommé au Haut Conseil de l’Éducation début novembre 2005 et contraint de démissionner dès le lundi 21 novembre: les syndicats d’enseignants ne supportèrent pas les remarques de bon sens qu’il avait faites sur les moyens de régénérer l’école française. 3 Ndlr. Il faut quand même dire que le langage mathématique est universel, si bien que la barrière des langues, dans une démonstration écrite entièrement avec des symboles, n’offre pas le même obstacle que dans les autres disciplines.

  23. Ndlr. Il s’agit du Figaro, le 7 février 1951.

  24. C’est-à-dire en 1972.

  25. La révolte populaire écrasée par l’armée du “grand frère” soviétique en 1968.

  26. Robert I. Gannon S.J., The Cardinal SpellmannStory, Edition originale Doubleday and Cy, 1962,. Éd. de Poche: Pocket Books Inc., New York, 1963.

  27. Robert I.Gannon, op. cit.

  28. Le Pr Joseph Mastropaolo est professeur émérite de médecine à l’Université d’État de Californie. C’est un spécialiste en physiologie de l’homme dans l’espace.

  29. Repris de Votre santé n° 77, février 2006.

  30. Reproduction autorisée du Remnant , 15 Septembre 2006. Titre original: Evolution as Heresy ? Traduction Claude Eon.

  31. Ndlr. A ce sujet on se reportera aux Cep n° 33 et 35.

  32. William Paley, Théologie naturelle, trad. Charles Pictet, Imprimerie de la Bibliothèque Britannique, Genève, an 12 (1804), pp 1-11.

  33. Extrait du Bestiaire de la Bible, éd. DésIris, F-04 340 Méolans-Revel, 1994, pp. 85-88. J.-P. Durand est Docteur ès Sciences naturelles, et J.-F. Froger anthropologue et exégète.

  34. Ndlr : En Côtes d’Armor, on l’écrit « haa ».

  35. On s’en inspire pour la surface des coques sur les sous-marins d’attaque.

  36. Ndlr. La nictitante permet d’atténuer la lumière du jour. On la trouve aussi chez les oiseaux de nuit.

  37. Ndlr. On relira au besoin les articles sur Jonas dans Le Cep n° 14, 15, 16 (dom Jean de

    Monléon) et n° 17 (Ambrose J. Wilson). Lire aussi sur ce thème, de Jean-Marie Mathieu : Le Nom de Gloire,éd. DésIris 1992, pp.230-233. L’auteur y montre comment les quatre temps du périple de Jonas sont structurés par le tétragramme divin, YHWH.

  38. Mystère des Saints Innocents (dans l’édition de la Pléiade, Oeuvres poétiques complètes, Gallimard, 1957, p. 789-90 ).

  39. Écrit en 1945 et publié alors par la Fédération anarchiste.

  40. Poète breton d’origine paysanne, mort en 1961. En 1945, Robin venait d’être « épuré » par Aragon (toujours la vieille antipathie des communistes envers les anarchistes !). Mais à part la dernière strophe, marquée par le pessimisme d’une révolte désespérée, ce poème aurait pu être écrit par un chrétien lucide sur ce qu’allait devenir la culture et la littérature d’après-guerre.


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