Revue du CEP numéro 40

Dix ans déjà ! Dominique Tassot

Présentation : On trouve en couverture de chaque exemplaire du Cep cette exhortation de l’Apôtre : « tout reconsidérer dans le Christ ». Il ne s’agit pas seulement d’un devoir de piété filiale envers l’Auteur de nos vies ; il s’agit aussi d’une exigence intellectuelle. Le Verbe, par qui tout a été fait, détient ipso facto les clefs de la science des choses terrestres. Comprendre une créature, c’est – de quelque manière – rejoindre la Pensée qui l’a conçue. Newton, dans la Scholie générale qui accompagnait la seconde édition des Principia, insiste sur la « seigneurie » de Dieu gouvernant l’univers. L’athéisme « épistémologique », cette idée moderne selon laquelle il faut exclure de la science toute intuition ou tout présupposé issu d’un dogme ou d’un verset biblique, est donc profondément injurieux envers le

Créateur ; il est aussi stérilisant.

L’homme en train de bricoler sa petite science dans son coin, dédaignant l’éclairage divin, se prive inévitablement des grandes intuitions divinatrices qui ont ouvert les voies à la science occidentale.

Avec ce numéro 40, Le Cep achève sa dixième année de publication. Si le nombre dix est un repère commode dans les civilisations qui comptent sur la base des doigts de la main, on ne lui reconnaît généralement pas une claire valeur symbolique comme on le fait pour 3, 7, 12 ou 50. C’est pourtant un nombre chargé du sens le plus ténu et le plus profond à la fois. Dès le début de sa vie publique dans le « sermon sur la montagne », Jésus-Christ énonce une de ses phrases les plus radicalement opposées à l’esprit de notre époque : « En vérité je vous le dis[1], jusqu’à ce que passent le ciel et la terre, pas un iota ou un menu trait de lettre[2] ne passera de la Loi que tout ne soit accompli. » (Mt 5,18)

Ce « iota » de nos traductions dut être un iod, la plus petite des lettres de l’alphabet hébreu, comme le point sur notre « i », et que les scribes de Babylone formaient en n’enfonçant dans la tablette d’argile que le coin anguleux du stylet à section triangulaire leur servant à composer les écritures « cunéiformes ».

Or le iod, dixième lettre hébraïque,[3] est la première des lettres du Tétragramme Y H W H (le Nom propre de Dieu), symbolisant traditionnellement Dieu le Père, le Créateur, et ainsi la Pensée créatrice.

Il convenait donc de marquer cette dixième année par un regard rétrospectif sur les raisons de l’apparition du Cep.

Il n’est de prospective en effet que guidée par l’étude du passé ; et chaque revue, à l’instar de chaque être, se caractérise par sa différence spécifique : ces traits ou ces orientations particulières qui lui permettent d’ajouter sa petite pierre à l’édifice inauguré par Gutenberg.

L’être vivant se conserve en réagissant aux influences de l’environnement. Portés par la même rivière, le chien crevé s’abandonne au courant qui l’emporte au fil de l’eau; le chien vivant, lui, nage pour atteindre sa proie ou regagner la rive. Au milieu du courant de laïcisation qui entraîne les intelligences depuis plusieurs siècles, la pensée chrétienne s’est trop souvent « adaptée » dans le mauvais sens du terme, se transformant au risque de perdre son essence et abandonnant le terrain de la science à l’athéisme triomphant. Le teilhardisme a donné un bel exemple de cette capitulation sans combat, sacrifiant un par un tous les dogmes au mythe évolutionniste, pour reconstruire dans les nuées un leurre de mots ronflants. C’était choisir l’état provisoire d’une science mal fondée, contre ces phrases bibliques si riches de sens et inspirées, dont nous savons qu’elles ne « passent » pas. C’était inverser l’absolu et le relatif, attribuer aux productions de la raison humaine une qualité de certitude réservée à la seule mathématique.

Cette dernière en effet est une science commune à l’homme et à Dieu puisqu’Il « a tout réglé avec mesure, nombre et poids » (Sagesse 11,20) et que l’être mathématique, comme tout être de raison, s’épuise dans la définition qu’on en donne.

Mais dès qu’il s’agit de connaître le réel avec toute sa richesse, la finitude humaine apporte son lot d’incertitudes, d’erreurs d’appréciation, de présupposés inadéquats, ce qui paradoxalement permet à la science moderne d’être en perpétuel progrès. Car le progrès marque l’imperfection ; en revanche cette capacité à progresser signale chez l’homme la tension vers un ailleurs promis.

Devant le vaste panorama des civilisations qu’il avait étudiées, Oswald

Spengler notait : « Toute science naturelle dépend d’une religion déterminée. » Le scientisme, l’athéisme ou le Nouvel Âge, qui imposent aujourd’hui leur marque à notre environnement intellectuel, sont en réalité des religions, des visions exclusives englobant tous les aspects de l’existence et, de ce fait, incompatibles avec la vie chrétienne en général et la pensée chrétienne en particulier.

Qu’on veuille bien remonter à la source de ce dépérissement de la chrétienté : on l’apercevra dans l’abandon du concept central de la vision biblique de l’univers et de l’homme, celui de Création. Si la science a fait perdre au monde où nous vivons tant de son charme, de sa poésie et de sa spontanéité[4], si nos sociétés avancent à grands pas vers un Meilleur des Mondes impersonnel, c’est bien que nous avons cessé de considérer chaque être comme une « créature » voulue et aimée par Dieu.

Car le dieu impersonnel « des philosophes et des savants », selon le mot de Pascal, n’a servi qu’à introduire cette Nature définitivement anonyme dont les lois nécessaires et les hasards contingents suffisent, croient savoir nos contemporains, à expliquer l’apparition des choses et même des êtres vivants.

Or la Nature, fût-elle divinisée par sa majuscule initiale, n’est qu’un mot fourre-tout dont l’usage incessant marque une régression de la pensée et des sentiments.

Newton, dont le déiste Voltaire a cru pouvoir se couvrir, comprenait bien qu’on ne peut expliquer l’origine des choses par leurs seules règles de fonctionnement : c’est le contraire qui s’avère vrai !

Il écrit à ce sujet : « Les planètes et les comètes persévéreront en leurs orbes par les lois de la gravitation mais elles ne pourront nullement acquérir primitivement la position régulière de leurs orbes par ces lois. (…) Or cet arrangement aussi extraordinaire du Soleil, des planètes et des comètes n’a pu avoir pour source que le dessein et la seigneurie d’un être intelligent et puissant. (…) Cet Être gouverne tout, non en tant que (simple) âme du monde, mais en tant que seigneur de tout ce qui est. (…) La divinité est la seigneurie qu’a un Dieu, non pas sur la matière à proprement parler, comme le pensent ceux pour qui Dieu est l’âme du monde, mais sur des serviteurs.

(…)Et il suit de la seigneurie véritable, que le vrai Dieu est vivant, intelligent et puissant ; des autres perfections, il suit qu’il est très-haut ou souverainement parfait. Il est éternel et infini, tout-puissant et omniscient, c’est-à-dire qu’il dure éternellement de toute éternité ; et il est présent infiniment dans l’infini : il régit tout ; il connaît tout ce qui se fait ou peut se faire. Il n’est pas l’éternité ou l’infinité, mais il est éternel et infini ; il n’est pas la durée ni l’espace, mais il dure et est présent. Il dure toujours et est présent partout, et, en existant toujours et partout, il constitue la durée et l’espace. (…) Nous (connaissons cet Être) par ses propriétés et attributs et par les structures très sages et excellentes des choses et par les causes finales et nous l’admirons à cause de ses perfections.

Mais nous le vénérons et l’honorons comme serviteurs, et un Dieu sans seigneurie, sans providence et sans causes finales n’est rien d’autre que destin et nature.[5] »

Cette « seigneurie » de Dieu sur tous les êtres, l’idée si riche de Création suffit à nous la rendre présente ; tandis que le mot si ambigu de Nature la masque et nous la fait perdre de vue.

Ce basculement fut une régression de la pensée et, contrairement aux apparences[6], la science ne s’en est pas remise ; plus encore, ce fut une régression de l’art et de la vision poétique de l’univers. Poïésis, en grec, signifie création. En transfigurant les choses, l’intuition de l’artiste inspiré nous les restitue dans leur être véritable, tel qu’il aurait été au matin du Monde. Tandis que l’artiste qui se prend pour un créateur défigure tout ce qu’il touche en y projetant la ténèbre de sa déchéance originelle, sa pensée tortueuse et sa révolte prétentieuse.

Comment comprendre le monde en taisant son Auteur, en niant Sa providence et en récusant les causes finales qui traduisent Ses intentions ? La science aveugle qui naît de cet oubli ne peut être que profondément fausse derrière ses convergences toutes superficielles, fussent-elles mathématisées, avec l’objet de son étude.

En s’imaginant que les choses ont pu surgir spontanément, ou par l’effet du hasard, comme le pensent les darwiniens, on n’incite pas à la curiosité[7][8]; on affirme – au fond – qu’il n’y a rien à comprendre et, en tuant la curiosité, on dissuade bien des vocations de chercheurs. Ne nous étonnons pas si la gravitation reste aussi mystérieuse aujourd’hui qu’elle l’était aux yeux de Newton ! Grâce aux causes finales les phénomènes physiologiques nous deviennent compréhensibles, même si leur explication peut s’avérer d’une grande complexité, ainsi la production des enzymes d’assimilation lorsque – et seulement lorsque – se présentent les aliments qui leur correspondent[9]. Dans la perspective de la Création, tout s’éclaire, tout sollicite notre intelligence, tout évoque la Cause des causes.

Ainsi il revient à Dieu seul de révéler ses secrets.

Pourquoi devrait-Il donner les clefs de Sa maison à ceux qui ne reconnaissent pas Sa propriété (Sa « seigneurie », disait Newton). Le chemin des grandes découvertes n’a rien de mécanique : en science ou en technique, comme en art ou en littérature, il y faut l’inspiration.

Les inventions résultent peut-être, selon le mot d’Edison, de 2% d’inspiration et de 98 % de transpiration, mais ces 2% sont la clef qui ouvre la porte à l’innovation. Or l’Esprit souffle où il veut. Ce n’est pas par hasard si une écrasante majorité des grandes inventions qui ont atténué la pénibilité du travail servile, apporté les facilités de vie que nous connaissons[10] et rendu l’esclavage inutile, sont issues d’une Europe aux racines chrétiennes : il n’eut pas convenu que le Christ rachetât le Péché originel sans au moins en atténuer les effets pratiques, la « sueur » imposée à notre front au sortir de l’Éden. Mais cette rédemption est signée, et l’histoire des techniques dévoile clairement le Nom auquel adresser notre reconnaissance.

Le Verbe qui était au commencement, par qui et pour qui tout a existé, demande à voir reconnaître Sa seigneurie « au ciel, sur terre et dans les enfers », donc dès ici-bas. Plus exactement, « il n’y a pas d’autre Nom par qui nous puissions être sauvés » et notre science à la dérive ne pourra échapper à cette loi universelle.

L’idée, pour reprendre l’image de Victor Hugo, que le savant doit accrocher sa foi au vestiaire lorsqu’il entre dans son laboratoire, cette idée est injurieuse pour le Donateur des merveilles de la nature ; mais elle est aussi profondément erronée – l’histoire des découvertes le montre – car les chemins de la science ne font que retracer les pensées d’où le Concepteur a tiré les plans de Sa Création.

C’est pourquoi figure en couverture de chaque numéro du Cep cet appel de l’Apôtre : « réunir toutes choses dans le Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre. ». Réunir ou plutôt « récapituler[11] » (Eph. 1,10), faire monter toutes choses vers le Chef divin comme les fibres nerveuses reliant chaque organe au cerveau qui le dirige. Le verbe grec original est ici anaképhalaïosasthaï : on y reconnaît le préfixe d’une remontée, ana, et le verbe kephalaïόô (résumer, retenir les choses principales) lui-même tiré du mot kephalaïov qui désigne la tête, le sommet, le principe.

Toutes choses doivent remonter vers ce Chef qui en est à la fois le principe recteur (l’Alpha) et la cause finale (l’Oméga).11

Toutes choses !… La science y comprise, la science surtout, puisque c’est en se coupant du Créateur, en croyant à une fictive indépendance[12] de la raison humaine, qu’elle a lancé nos sociétés sur la pente qui en accélère chaque jour la décadence culturelle autant que morale.

Rien de plus logique et de plus simple, donc, que ce programme : remettre à sa juste place dans nos intelligences l’unique Seigneur de l’univers. Toute autre ambition serait dérisoire, quand bien même chacun de nos efforts ne produirait jamais qu’un infime geste, à la mesure de nos moyens. L’important est de le faire dans la bonne direction ; pour le reste, la Providence pourvoira.

Si cinq pains et deux poissons ont pu nourrir une foule, deux ou trois idées justes, la grâce aidant, peuvent suffire à restaurer, dans tous les sens du terme, nos intelligences.

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SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence » (Bossuet)

La Science éparpillée[13] Ernest Hello

Présentation : Pages publiées en 1872 par un penseur chrétien trop peu connu, situé comme à mi-chemin entre Newton et nous, mais déjà conscient des coups dont la pensée moderne, rationaliste et matérialiste, allait mutiler la science (entendue comme la connaissance vraie du monde réel, et non comme une collection de savoirs disparates mais faciles à enseigner, d’où leur nom de « disciplines »). Pour Ernest Hello, c’est dès le seizième siècle que la révolte s’introduisit dans la science, avec cette idée : « Il est vrai que Dieu existe, mais, pour être savant, l’homme doit faire comme s’il n’existait pas. » Or, en s’écartant de la vérité centrale, qui est Dieu, les sciences, tels les rayons d’une roue, s’écartent aussi les unes des autres et rendent impossible les intuitions synthétiques dont se nourrit la connaissance véritable.

L’immense édifice de la science moderne commença bien plus tôt qu’on ne le supposait il y a cinquante ans.

Je me garderai bien de dire que le moyen âge ait tout fait. Mais il faut rendre justice aux siècles comme aux hommes. Le moyen âge a travaillé immensément : il a pénétré très avant dans la nature des choses. Enfin, et voici sa gloire : il n’a jamais regardé la création comme une chose à part, isolée du Créateur.

Ce fut précisément cette alliance des sciences et de la Science qui lui a valu le mépris des trois derniers siècles. On s’est moqué du moyen âge, parce qu’il parlait de Dieu à propos de tout, et de tout à propos de Dieu. On s’est moqué du moyen âge, parce qu’on a voulu regarder la nature, dans l’oubli de son auteur, la regarder détachée, isolée, la scruter avec des instruments matériels, l’examiner comme un objet, sans respect pour elle, et sans souvenir pour son principe.

On a cru que la Science serait plus précise, plus clairvoyante, plus incisive, plus maîtresse, si son regard, détaché du ciel, fouillait la terre, bien loin de Dieu.

On a cru qu’elle aurait la réalité, si elle perdait l’idéal : on a cru qu’elle gagnerait en profondeur tout ce qu’elle perdrait en hauteur.

La science, il y a trois cents ans, descendit de la montagne où elle avait grandi et où elle allait fleurir sous les rayons de la croix et arriva, il y a cent ans, à ce ravin où, ne levant plus les yeux, elle prit le ciel pour un rêve. C’est qu’elle était descendue si bas qu’elle commençait à mépriser. Quum in profondum venerit, contemnit.

Pour mesurer l’horreur de ce second adultère, il faut jeter un coup d’œil sur l’admirable union des sciences et de la Science, union qui était commencée et qui allait éclater dans la lumière, quand Descartes et Bacon ont paru.

La tendance du moyen âge fut de sentir partout la vie, de ne rien isoler, et d’assister au travail intérieur de la création.

L’antiquité avait été singulièrement privée du sens intime de la vie. L’élément, ou les éléments, dont elle supposait le monde formé ressemblaient au ressort d’une montre qui joue mécaniquement. Pour Thalès, c’était l’eau ; pour Xénophane, la terre ; pour Phérécide, l’air ; pour Héraclite, le feu. Empédocle les avait réunis tous les quatre. Mais ces hypothèses se promenaient autour de la création, comme des profanes autour d’un temple, et ne pénétraient pas dans le sanctuaire. Elles se tenaient à distance de la vie, comme si elles eussent eu peur d’approcher, et peut-être, en effet, avaient-elles peur d’approcher.

La Science du moyen âge arrive et dit :

Les êtres en général ont deux constitutifs métaphysiques, la Puissance et l’Acte.

Les composés en général et les corps en particulier ont deux éléments physiques, la matière et la forme.

La matière et la forme sont dans l’être physique ce que la puissance et l’acte sont dans l’être métaphysique.

Voici un grain de café. Vous pouvez le détruire, mais, après l’avoir détruit, essayez de le refaire ou essayez d’en faire un autre.

Analysez toutes les substances qui le composent, ensuite procurezvous une à une toutes ces substances et essayez de faire un grain de café. Pourquoi l’entreprise est-elle impossible ?

C’est que le grain de café possédait, outre les substances dont il était composé, quelque chose que vous avez pu lui ôter, et que vous n’avez pu lui rendre ; ce quelque chose est absolument distinct des substances séparées que le corps décomposé vous a présentées une à une. Or, ce quelque chose, c’est la forme.

Par la vertu de la forme, le grain de café était du café et non du cacao. La forme le déterminait dans un genre de substance et lui donnait l’être du café. Chose admirable ! Pour avoir la science de la matière, il faut d’abord avoir la science de la forme, vertu invisible qui la substantifie, la spécifie et l’individualise. En d’autres termes, le matérialisme est la négation absolue de la Science des corps.

Le pain que l’homme mange devient chair et sang de l’homme. Le pain change donc de substance en changeant de forme. (Il est bien entendu que je

prends ici le mot forme dans son acception philosophique.)

La transsubstantiation naturelle est donc la loi de la vie.

Par la corruption, la matière passe d’une forme supérieure à une forme inférieure ; par la nutrition, la matière passe d’une forme inférieure à une forme supérieure.

La substance qui va germer perd d’abord sa forme substantielle et commence par se corrompre autour du germe, point immortel, qui se nourrit de la substance du grain en décomposition, et est le symbole de la résurrection.

Et quand le Fils de Dieu a dit : Nisi granum frumenti, cadens in terram, mortuum fuerit, ipsum solum manet ; si autem mortuum fuerit, multum fructum affert.

Il a posé la loi de la création, la transmission de la vie et de la mort.

Si nous nous servons de cette loi pour nous élever à la loi dont elle est le reflet, le grain de froment va tourner nos regards vers Celui qu’il symbolise : nous allons voir la vie et la mort se rencontrer sur le Calvaire, et la Science va s’asseoir, à sa place, près de la croix, sur son trône.

En effet, quelle est son œuvre ?

Cherchant partout l’image ou le vestige de Celui qui est, elle recherche et constate comment il a donné aux créatures d’être sans être, comme lui, par elles-mêmes, et de donner l’être, puisqu’elles se transmettent la forme les unes aux autres, sans être, comme lui, créatrices. Plena est omnis terra gloria ejus ! Ce n’est pas une phrase sonore, c’est une réalité.

La science est chargée de découvrir à quel point les mondes sont imbibés de la miséricorde éternelle.

Nous avons jeté un coup d’œil sur la Science dans l’antiquité et sur la Science dans le moyen âge. En effet, le dix-neuvième siècle jette tous les fleuves dans la mer. Il faut, pour le comprendre, suivre sur la carte la route que les fleuves ont tracée, pendant leur cours, dans la campagne.

Or, à partir de Descartes, la Science eut la pensée de se séparer de Dieu, pensée étrange, dont l’habitude seule nous empêche de nous étonner dans la mesure où elle est étonnante. Etonner veut dire foudroyer, et le foudroiement est la seule action naturelle qui ressemble à ce que devrait éprouver l’homme, quand il voit que les hommes ont entrepris de faire une science sans Dieu. Le seizième siècle, qui fit la révolte de la Science, éveille dans l’esprit le souvenir de la catastrophe paradisiaque. Chose remarquable ! Il ne songea pas à nier Dieu, mais il songea à se passer de lui dans la Science. Il admettait Dieu, mais désirait l’éloigner, et l’Arche sainte où il le plaçait avec un respect ennemi était un moyen de l’oublier.

Il est vrai que Dieu existe, disait le seizième siècle, mais, pour être savant, l’homme doit faire comme s’il n’existait pas. Puisque Dieu existe, il est nécessairement la vérité. Essayons donc, aurait dit le seizième siècle, s’il eût été franc, essayons de nous passer de la vérité en nous occupant de la science. Créons une science en dehors du Dieu qui est vérité, séparons la Science de la vérité.

Il ne l’a pas dit avec cette franchise, mais il l’a fait avec cette brutalité. L’idée de l’indépendance s’est encore présentée à l’esprit humain, et il en est résulté des hallucinations.

L’homme a pensé qu’il était honteux pour lui d’être soumis, dans la Science, aux affirmations de la vérité, et qu’il serait plus glorieux quand il ne relèverait que de ses propres études.

Et la Science a accepté le rôle qui lui était donné. Oubliant que sa vie est la connaissance de la vérité, elle a consenti à se décapiter, à se suicider, en se séparant du principe et de la fin pour laquelle elle existe. Elle a consenti à être la connaissance du faux, car, en dehors du vrai, il n’y a que le faux.

Ayant consenti à être la connaissance du faux, elle s’est admirée ellemême, elle s’est complue dans sa force et son indépendance, car l’amour-propre grandit toujours avec la honte.

Le jour où le crime fut accompli, la Science tomba foudroyée ; car elle ne se priva pas seulement des lumières surnaturelles que seize siècles avaient allumées devant elles : elle se sépara intérieurement, par l’esprit de révolte qui entra en elle, de l’ordre naturel. L’union nécessaire, évidente, de la Science et de la vérité commence dans l’ordre naturel et se consomme dans l’ordre surnaturel. L’esprit de révolte qui s’insinua dans la Science rompit avec l’un et avec l’autre, sous prétexte d’étudier le premier, sous prétexte de respecter le second.

Voici une loi générale :

L’esprit de révolte est hostile à toute science, parce que la Science suppose l’adhésion de l’intelligence à la nature des choses ; aussi, quand il est entré, l’esprit de révolte ne s’arrête pas aux négations logiques qu’entraîne sa première négation. Il va devant lui, dans la négation, niant pour le plaisir de nier, et s’enfonçant dans les ténèbres parce qu’il les aime. Hegel est fils de Descartes, non par la logique de la raison, mais par la logique du cœur. Les raisonnements de Descartes n’appellent pas forcément ceux d’Hegel ; mais l’Esprit qui a fait Descartes a éveillé l’esprit qui a fait Hegel.

L’ordre naturel s’est couvert aussi d’un voile, parce que l’œil qui avait voulu l’étudier n’était pas pur, et l’homme a fini par nier Dieu, parce qu’il avait regardé la création avec les yeux d’un révolté.

Alors les nations virent un spectacle extraordinaire, mais non pas inouï: les sciences se détachèrent de Dieu, et, par une justice qu’elles n’évitèrent pas, se détachèrent les unes des autres. Leur adhérence réciproque fut détruite quand elles cessèrent d’adhérer à l’unité de Dieu. Ne tenant plus à lui, elles ne tinrent plus entre elles.

Les sciences se livrèrent néanmoins à une multitude de recherches, elles possédèrent des connaissances nombreuses. Elles étudièrent, avec un soin minutieux et un travail infatigable, les manières d’être des choses, mais elles perdirent l’unité qui constitue la Science et qui est le nom de sa gloire.

Elles crurent même (il faut parler d’elles au pluriel) que la science philosophique pouvait gêner les connaissances de détail qui étaient devenues l’objet de leur ambition, que l’Etre était un rêve dont la préoccupation pouvait gêner ceux qui avaient le microscope à la main pour regarder les êtres. Elles ne descendirent pas d’un seul bond à ce degré : elles mirent deux siècles à faire cette chute qui dura du seizième au dix-huitième siècle, de Descartes à l’Encyclopédie. L’Encyclopédie représente l’état des sciences détachées de Dieu, détachées de la science, penchées sur les animalcules microscopiques, niant tout ce qu’elles ne voient pas, ne comprenant rien aux petites choses qu’elles voient, parce qu’elles ont perdu la clef des êtres, mais cherchant à découvrir les détails de la création ; heureuses et fières quand, à force d’aveuglement, elles croyaient trouver dans un fait qu’elles voyaient mal, l’occasion de railler une vérité qu’elles ne voyaient pas.

La Science doit proclamer l’harmonie des faits qu’elle observe avec les vérités qui les contiennent, les embrassent et les dominent.

Les sciences au dix-huitième siècle oublièrent les vérités de la création, dénaturèrent les faits de la création et mirent leur bonheur à proclamer la contradiction de ces faits dénaturés et de ces vérités oubliées. Ces deux ignorances venant au secours de la mauvaise volonté, le dix-huitième siècle jeta sur la nature un regard trouble et impur, et l’Encyclopédie parut.

L’esprit du dix-huitième siècle fut un souffle empoisonné qui semblait avoir la propriété de s’infiltrer à travers les pores dans le sang et de faire tomber en pourriture la substance qu’il pénétrait. Ce souffle toucha la Science : elle disparut pour faire place aux sciences.

Ce souffle toucha l’Art : il disparut pour faire place aux arts. L’élément spirituel, qui garde l’unité, s’envola et, la substance des êtres, abandonnée de l’esprit, s’en alla en poussière. Florian représenta la littérature, Boucher et Fragonard représentèrent la peinture, Voltaire représenta la philosophie, les Encyclopédistes représentèrent la Science. C’était la poussière qui régnait.

Ainsi se montra la loi des rayons du cercle. Plus ils s’éloignent du centre, plus ils s’éloignent les uns des autres.

« S’ils s’en éloignent davantage, dit saint Denys, ils continuent à se séparer dans la même proportion ; en un mot, plus ils sont proches ou distants du point central, plus aussi s’augmente leur proximité ou leur distance respective. »

Ainsi plus les branches de la Science et de l’Art, qui sont les rayons d’un cercle, s’écartent de la vérité, plus elles s’écartent les unes des autres, et quand elles ont tout à fait perdu de vue la vérité, elles se perdent de vue les unes des autres.

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Si vous souhaitez entendre (ou réentendre) les conférences de la Journée Régionale d’Ile de France (samedi 31 mars 2007)

Dieu a-t-il voulu l’Evolution ?

Les CD sont disponibles :

CD 0107 Les impossibilités du transformisme Pr Pierre Rabischong

CD 0207 Les leçons de l’Intelligent Design Claude Eon

CD 0307 La théologie après Darwin P. André Boulet

CD 0407 La fausse solution teilhardienne Dominique Tassot

Le CD 7,50 € Franco ; le CD MP3 des quatre conférences 18 € A commander auprès du Secrétariat du CEP.

La relativité d’Einstein Jean de Pontcharra

Résumé : Protégée contre toute preuve de fausseté par les arcanes d’une mathématique complexe, la théorie de la Relativité a fait de son auteur, dans l’imagination de nos contemporains, une sorte de demi-dieu.

Aujourd’hui un siècle a passé, mais le consensus ne s’est toujours pas fait autour de la fameuse théorie. Le Cep n° 36 avait signalé l’opposition en France de Maurice Allais, Prix Nobel d’Économie, mais depuis toujours passionné de physique. En Allemagne, un collectif de chercheurs placé sous le pseudonyme de G.O. Müller tire la sonnette d’alarme à partir d’une compilation de 3700 livres et articles anti-relativistes publiés de 1908 à 2005 ! Pour nous aider à comprendre cette situation anormale, Jean de Pontcharra retrace en quelques pages l’histoire de la physique des rayons lumineux et commente les expériences de Michelson (1881) et de Miller (1924-1925) dont l’interprétation ne fait toujours pas l’unanimité. Il conclut en montrant l’enjeu idéologique qui fausse le débat : la vieille querelle sur le véritable « système du monde ».

Introduction.

L’étude historique de l’apparent triomphe sans discussion de la théorie de la relativité en physique nous réserve quelques surprises ! Le prétendu consensus en faveur de cette théorie n’est qu’un mythe : au contraire, dès la première moitié du XXe siècle, une très forte résistance des physiciens aux hypothèses fondatrices attribuées à Einstein (1879-1955) se manifesta. Elle n’a pas cessé depuis. Nous devons à un groupe de scientifiques allemands, connus sous le pseudonyme G. O. Müller, une compilation de plus de 3700 articles et livres anti-relativistes [1], sur une période allant de 1908 à 2005 et publiés par des physiciens du monde entier. Le but de ce groupe est de faire prendre conscience aux scientifiques, aux médias et au public de l’incroyable manipulation qui permit d’imposer une nouvelle physique mathématisée à outrance. Cette physique théorique signait l’abandon de la véritable physique expérimentale. Le groupe de chercheurs demande le retour à la liberté de pensée en matière scientifique.

L’année 2005, décrétée « année Einstein » ou « année mondiale de la physique », connut moins de faste que prévu en Europe. En France, le colloque anti-relativiste du 10 mai 2006 organisé par Maurice Allais, mathématicien, physicien et économiste, prix Nobel d’Économie 1988, remettant en cause les hypothèses fondatrices de la relativité, a suscité de l’intérêt (cf. Le Cep n°36)[14].

Faisons une rapide rétrospective des problèmes et questions qui se posaient aux physiciens à la fin du XIXe et au début du XXe siècles et essayons de comprendre pourquoi la théorie de la relativité a été imposée en remplacement d’autres hypothèses et contre les interprétations expérimentales classiques.

Historique.

La modélisation mathématique du mode de propagation des ondes électromagnétiques par les équations de Maxwell (1831-1879) impliquait un milieu ayant les propriétés mécaniques d’un fluide, l’éther, considéré comme fixe et donc utilisable comme repère absolu dans le calcul des vitesses des corps supposés s’y mouvoir. Après la constatation en 1676 par l’astronome danois Ole Röemer (1644-1710) que la vitesse de la lumière était finie, Huygens avait postulé en 1690 la nature ondulatoire de celle-ci (ce qui implique une vitesse de la lumière plus faible dans les milieux denses), contrairement à Newton (1642-1727) qui avait construit une théorie corpusculaire (qui implique une vitesse de la lumière plus élevée dans les milieux denses, hypothèse soutenue aussi par Laplace (1749-1827). Mais la théorie ondulatoire s’imposa après une série impressionnante de résultats expérimentaux :

  • Résultats de diffraction de la lumière par des fentes de Young (17731829),
  • Mesures de 1806 à 1810 d’Arago (1786-1853), ne montrant aucune différence de vitesse de la lumière émise par les étoiles avec une terre supposée s’en rapprocher ou s’en éloigner à la vitesse calculée de 30 km/s dans une hypothèse héliocentriste. Ces mesures étaient clairement favorables au géocentrisme.
  • Fresnel (1788-1827) qui postulait un éther partiellement entraîné par les milieux denses pour expliquer le résultat d’Arago et rester dans « l’orthodoxie » copernicienne.

Il développa une théorie ondulatoire complète rendant compte de la diffraction et des interférences.

  • Fizeau (1819-1896), qui effectue la première mesure terrestre de c en 1949 à 315 300 km/s par visée directe et qui réalisa sa fameuse expérience d’interférence de faisceaux passant dans des tubes d’eau en mouvement en 1851, montrant ce qui fut interprété comme un entraînement de l’éther par des fluides denses et semblant confirmer la théorie de Fresnel.
  • Foucault (1819-1868) sur une idée d’Arago, qui mesura la vitesse de la lumière c en 1850 à 298 000 km/s avec les miroirs tournants inventés par Wheatstone (1802-1875), et qui avait prouvé en 1850 que la lumière se propageait plus vite dans l’air que dans l’eau.
  • Cornu (1841-1902), élève de Fizeau, reprit en 1871 puis 1874 les mesures de c, trouvant 298 500 et 300 400 km/s.

Cette théorie ondulatoire impliquait nécessairement un milieu de propagation, l’éther, doué de certaines des propriétés mécaniques d’un fluide pour pouvoir expliquer les résultats expérimentaux. Mais les physiciens n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur les propriétés exactes de ce milieu mystérieux. Est-ce que l’éther était immobile ou non, affecté ou non par la matière, ou alors totalement ou partiellement entraîné par cette matière en mouvement ? Se comportait-il de façon différente avec des corps transparents ou des corps opaques, des corps denses ou des corps légers ?

Etait-il directement détectable par l’expérience ou seulement par ses effets (propagation de la lumière, champs gravitationnels, etc.) ?

La physique de Maxwell ne faisait plus appel à des notions de mécanique classique, mais à celle de champs électrique et magnétique. L’essence ou la réalité de ces concepts de « champ » échappait aux physiciens théoriciens. Mais l’éther demeurait indispensable aux physiciens dans le cadre de la théorie ondulatoire de la lumière et aucun d’entre eux n’aurait imaginé pouvoir s’en passer. Michelson reprit et perfectionna les expériences de Fizeau avec des interféromètres plus précis.

Sa mesure de la vitesse de la lumière c dans l’air en 1926, 299796 km/s est très proche de la valeur acceptée aujourd’hui, 299 792 km/s. Il entreprit de vérifier les résultats de Fizeau et s’attaqua à la détermination de la vitesse de la terre sur son orbite.

Que s’est-il passé en réalité ?

Il était évident pour les physiciens tenant de la théorie ondulatoire et habitués à raisonner en référence à l’espace absolu de Newton, que la vitesse de la lumière pouvait se composer avec la vitesse des corps se déplaçant par rapport à l’éther, et qu’une expérience terrestre pouvait déterminer un mouvement absolu dans cet éther, considéré comme un repère immobile et absolu. Et par conséquent, le mouvement de la terre sur son orbite devait être détectable par des instruments de grande précision. C’est à ce problème que s’attaqua Michelson en 1881, puis en 1887 avec son interféromètre à source unique et à deux faisceaux séparés empruntant des trajets perpendiculaires. Au lieu de la vitesse attendue de 30 km/s (si l’éther avait été sans friction et non entraîné par la terre), il trouva autour de 8 km/s. Ce résultat surprenant fut d’abord expliqué par un entraînement partiel de l’éther par la terre[15]. Michelson parla de « résultat négatif »3.

Plus tard, les relativistes transformèrent ces termes en «résultat nul », c’est à dire qu’ils firent courir le bruit que le résultat était 0 km/s et l’expliquèrent par la contraction des longueurs proposée par FitzgeraldLorentz-Poincaré. Mais pour Lorentz, un éther ayant des propriétés mécaniques demeurait indispensable.

Il en résulta une confusion générale, les géocentristes voyant dans ce résultat « nul » une confirmation de l’immobilité de la terre, et les relativistes une preuve de la validité de la transformation de Fitzgerald-Lorentz-Poincaré.

Après les expériences de Miller en 1924/25 confirmant Michelson, la tactique des relativistes changea et consista à attribuer ces résultats non niables à des effets parasites dus à la température[16]. Einstein, lui-même, avait admis que les résultats de Miller étaient incompatibles avec sa théorie. Cela ne l’empêcha pas de proposer des hypothèses incohérentes :

  • l’éther n’existe pas, il n’y a que du vide dans l’espace,
  • la vitesse de la lumière est une constante universelle qui ne se compose pas avec la vitesse propre de la source lumineuse. Pourquoi alors les relativistes éprouvèrent-ils le besoin de faire intervenir la transformation de Lorentz de contraction de longueurs pour expliquer le résultat «nul»? Il en résulte incohérence et confusion. Plus de mouvement absolu repéré dans l’éther, plus de possibilité qu’une expérience terrestre donne des informations sur le déplacement (ou non déplacement) de la terre.
  • la lumière est composée de particules sans masse, les photons se déplaçant dans le vide (s’ils n’ont pas de masse, ils véhiculent pourtant de l’énergie, contredisant ainsi la formule E=mc2).

Comme les résultats de Michelson, Morley, Gale, Sagnac, Miller ne peuvent plus être niés, la contraction des longueurs de Lorentz est fausse, donc la dilatation des «temps» qui lui est associée.

Maurice Allais interprète les résultats de Michelson comme une anisotropie de l’espace (la lumière aurait une vitesse différente selon sa direction). C’est une objection sérieuse à la théorie de la relativité.

Miller attribuait ses résultats à une composition de la vitesse de la terre sur son orbite avec une vitesse globale de tout le système solaire et sa galaxie valant 200 km/s. Peu d’astronomes ont osé mettre en doute l’hypothèse héliocentrique de Copernic et Miller n’échappe pas à la règle.

Pour éviter des recherches plus poussées dans cette direction, le « génie » Einstein proposa sa théorie : voilà des hypothèses et des interprétations qui arrivaient fort à propos et qui arrangeaient bien les ennemis de l’Église. La seule constatation que les deux modèles géocentrique et héliocentrique sont symétriques et géométriquement interchangeables (par exemple, la parallaxe des étoiles est parfaitement symétrique dans les systèmes héliocentrique et géocentrique[17]), était inconcevable dans leur esprit.

Aucun des deux modèles n’a été prouvé scientifiquement de manière irréfutable et cette idée d’équivalence des deux systèmes aurait dû aller de soi, même pour des scientifiques matérialistes. En effet, la méthode scientifique exigerait que les deux hypothèses soient étudiées avec les mêmes moyens, les mêmes crédits et sans a-priori, dans une atmosphère détendue de saine émulation.

L’explication relativiste de l’expérience d’Airy en 1871 (l’aberration mesurée pour une étoile donne des valeurs identiques, que l’observation soit faite avec un télescope rempli d’air ou d’eau) ne sera plus valable car les expériences de Miller, comme le montre Maurice Allais, contredisent la théorie de la relativité. D’où la formidable campagne pour dénigrer les mesures de Miller après sa mort.

La grande complexité des expériences, leurs interprétations multiples ont considérablement augmenté la confusion parmi les physiciens. Cette confusion, mêlée à des interprétations orientées, sert le camp des héliocentristes pour proposer leurs hypothèses comme vraies et éviter les interprétations gênantes des résultats d’Arago, Airy, Michelson, Sagnac et Miller. Ainsi que la répétition des expériences avec des moyens modernes plus précis.

Cette confusion est telle que l’on trouve :

-des relativistes purs qui prétendent que les résultats de Michelson et Miller ont été nuls, qui tiennent pour vraies les hypothèses d’Einstein, minimisent les contradictions et cachent les résultats contraires.

-des relativistes mitigés qui critiquent une partie des hypothèses d’Einstein, ne cachent pas les expériences gênantes et qui réintroduisent l’éther de Lorentz.

-des anti-relativistes qui pensent aussi que les résultats de Michelson et Miller ont été nuls et à l’origine de la théorie de la relativité, mais qui relèvent les incohérences d’Einstein.

-des anti-relativistes qui pensent que les expériences de Miller sont significatives, mais restent héliocentristes (la terre se déplace à 30 km/s autour du soleil dans un éther partiellement entraîné, ce qui donne une résultante autour de 8 km/s), ou encore, comme Miller, pensent que le résultat est dû à une composition de vitesses avec un mouvement d’ensemble de toute la galaxie.

-des anti-relativistes géocentristes qui croient que les expériences de Michelson ont donné un résultat nul, confirmant leurs hypothèses.

-des anti-relativistes géocentristes qui pensent que les expériences de Miller sont significatives (l’éther se déplace à la vitesse de 8 km/s par rapport à la terre immobile) et que la théorie de la relativité a été proposée pour masquer les objections à l’héliocentrisme et « neutraliser » les résultats d’Arago, Airy, Michelson, Sagnac et Miller.

Remarquons cette particularité intéressante: la science russe n’accepta officiellement la théorie de la relativité qu’en 1955. Cela explique pourquoi les Soviétiques étaient en avance sur les études de machines énergétiques utilisant l’énergie de l’éther ou les champs de gravitation. Ces études entreprises sous le secret défense furent abandonnées peu après.

Conclusion

La physique moderne est dans une confusion extrême. Ce malheur vient de la mathématisation à outrance des théories et modèles et de l’interprétation partisane des résultats expérimentaux. Depuis le siècle des Lumières, la recherche de la Vérité n’est plus le but, puisqu’il n’y a plus que des vérités, au gré des lubies et caprices d’un chacun. Nous en avons un exemple typique avec la théorie de la relativité. La physique a pris 100 ans de retard dans la compréhension du monde complexe qui nous entoure. Les « dogmes » matérialistes sont imposés avec une obstination proprement diabolique. Tout débat d’idées est exclu et les « non-orthodoxes » soumis à une censure sans faille, preuve qu’une « science » neutre n’existe pas. Les mêmes rationalistes qui reprochent à l’Église le maintien de dogmes, professent sans vergogne des idées dogmatiques de type totalitaire qu’ils imposent par de méthodes dignes de Machiavel.

Imposer l’héliocentrisme comme seule « vérité » constituait une victoire décisive contre l’Église et préparait l’avènement des théories de l’Évolution et la cosmologie athée. Le discrédit porté contre l’Église en matière scientifique joua un rôle décisif dans l’offensive ultérieure contre la doctrine. Pourtant, l’héliocentrisme n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, qui ne peut prétendre à aucune supériorité sur les autres.

La théorie de la relativité, truffée de contradictions, a servi à enterrer la question de fond : quelles sont les expériences et les observations qui soutiennent et qui contredisent l’héliocentrisme de Copernic ? Pourquoi les physiciens et astronomes proposant des explications aux divergences observées sont discrédités et tournés en ridicule, sans aucune discussion scientifique sur leurs hypothèses [18]? Cette attitude totalitaire de la science « officielle », comme si elle craignait la libre controverse, suffit à la discréditer à jamais.

À l’heure actuelle, les scientifiques n’ont pas de preuve décisive

imposant un système ou un autre. Ils devraient donc montrer de l’objectivité et admettre l’interprétation des uns et des autres. D’ailleurs, le principal reproche du cardinal Bellarmin à Galilée, en restant dans le domaine scientifique, était de prétendre imposer son hypothèse comme une vérité sans en avoir présenté de preuve valable. Galilée, de son vivant, n’a jamais apporté cette preuve. Ses successeurs, pas davantage. Les scientifiques n’ayant pas de réponse satisfaisante et absolue, il est temps pour les théologiens de perdre leur complexe d’infériorité vis-à-vis d’eux et d’affirmer le « point de vue de Dieu », c’est-à-dire, les connaissances reçues par la Révélation. Ces connaissances constitueront une base solide à une science débarrassée de ses utopies idéologiques.

Le lecteur intéressé pourra consulter l’ouvrage récent de Bennett et Sungenis qui fait le tour de la question en plus de mille pages [4].

La tâche est ardue, semblable à une enquête criminelle, pour remonter aux sources, au milieu des rideaux de fumée de la désinformation.

Bibliographie sommaire

  1. G.O. Mueller, http://www.ekkehard-friebe.de
  2. L’énigme Einstein. Science et Foi n°44, 1997 (sur la facette ambiguë, du personnage, hors aspects scientifiques).
  3. Recension : « L’anisotropie de l’espace » par Maurice Allais, Le CEP n°3,

1998

  1. R.A. Sungenis, R.J. Bennett: www.galileowaswrong.com

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Nos membres publient

La luxure régnait sur la ville et la ville était bleue

par Michel de Poncins

Nous connaissions les fines analyses économiques (et sociales) données par l’infatigable animateur des « Catholiques pour les libertés économiques » (CLE), également fondateur de Radio-Silence. Avec ce roman d’anticipation, nous découvrons un auteur attentif aux profondeurs de l’âme, lesquelles font paraître dérisoires les plus belles réussites économiques. C’est précisément ce que découvre le héros de cette histoire d’amour qui se passe en 2052….

Une lecture facile mais éclairante ; une critique indirecte de nos mœurs et de nos sociétés ; ce nouveau livre aide bien, à sa manière, à « tout reconsidérer dans le Christ ».

(Paris, Éd. F-X. de Guibert, 2007, 170 p. 18 €)

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Réflexions sur la macroévolution

Dean H. Kenyon[19]

Présentation : Le Pape Benoît XVI semble un des rares théologiens à distinguer les mutations accidentelles à l’intérieur de l’espèce et le passage trans-spécifique (macroévolution). Dans le dernier ouvrage publié par celui qui était encore le cardinal Ratzinger (Foi, Vérité, Tolérance), il signalait même, en citant deux universitaires américains, qu’il n’y avait pas de preuves empiriques pour ces transitions. Trois spécialistes ont donc préparé chacun un bref article à ce sujet, remis à Benoît XVI par l’un d’entre eux, le Pr Maciej Giertych. On trouvera ici le texte rédigé par le biologiste Dean H. Kenyon, expliquant comment et pourquoi lui, qui enseignait précisément la théorie de l’évolution à l’Université, a cessé d’y croire. Et pendant plusieurs années il mit ses étudiants au défi de trouver une seule référence scientifique montrant la formation d’une nouvelle espèce. Aucune ne fut découverte.

Il est important désormais que change le climat intellectuel qui fait barrage à l’idée de Création, et le Vatican pourrait y contribuer.

Introduction

La théorie de la macroévolution est encore la doctrine régnante dans le monde universitaire et chez les intellectuels en général.[20] Pour une grande majorité de scientifiques catholiques et non catholiques, c’est la seule vue admissible des origines. Cependant, au cours des cinquante dernières années, les signes d’une formidable contestation de la macroévolution n’ont pas cessé de croître.

Le nombre de savants en désaccord avec le néo-darwinisme[21] aux USA, en Europe, en Australie et dans le monde croît constamment et plusieurs centaines d’entre eux ont rendu public leur désaccord.[22] Pourquoi cela ? En partie parce que les progrès scientifiques récents en matière de biologie moléculaire, génétique, sédimentologie, théorie de l’information et autres ont jeté le doute sur certains des principes majeurs du darwinisme. Une autre raison est que les affirmations démesurées des macro- évolutionnistes ont dépassé de beaucoup les preuves authentiques. Leurs extrapolations vastes et injustifiées (par ex. dans le saut de la microévolution à la macroévolution) les rendent exceptionnels parmi les naturalistes. La rigueur intellectuelle qui tend à réduire les extrapolations injustifiées à partir des données empiriques, demeure intacte dans la plupart des autres disciplines scientifiques.

L’emprise universelle de la macroévolution sur la pensée scientifique moderne, et tout particulièrement sur celle des biologistes universitaires, a eu le malheureux effet d’étouffer toute discussion franche et ouverte des problèmes de la théorie de l’évolution, notamment dans la littérature spécialisée. Comme ma propre expérience et celle de nombreux autres le démontrent, il existe de puissantes censures dans le monde universitaire qui limitent fortement l’expression des doutes et désaccords sur l’évolution.

Cela va d’une nouvelle affectation d’enseignement malgré la compétence technique et l’expérience, au déni de financement de la recherche et d’accès au laboratoire, au refus de congés sabbatiques, à dissuader les étudiants de travailler avec l’insoumis, à l’ostracisme, au déni de titularisation voire à la perte de l’emploi. Dans un climat aussi étouffant il n’est pas surprenant que beaucoup de professeurs qui ont des doutes privés sur l’évolution choisissent de ne pas rendre publics ces doutes.

Pour un biologiste universitaire imbibé de darwinisme, un passage de l’évolution vers une vision non évolutionniste des origines cosmiques et biologiques, implique souvent un grand effort intellectuel et une rude épreuve. Le processus peut prendre des années de combats intenses avec de nombreuses sortes d’arguments techniques et de preuves empiriques. Dans mon cas, le processus a commencé par la découverte de la littérature créationniste, lors de ma huitième année d’enseignement de l’évolution dans le département de Biologie de l’Université d’État de San Francisco, après avoir rejoint le corps enseignant comme darwinien convaincu et chimiste évolutionniste.

Les munitions me furent gracieusement données par mon étudiant, Solomon Darwin. Elles comprenaient un livre intitulé The Creation of Life: A Cybernetic Approach to Evolution [La création de la vie: une approche cybernétique de l’Évolution] par A.E. Wilder-Smith[23]. Dans ce livre le professeur Wilder-Smith donnait une longue réfutation de la thèse de Biochemical Predestination[24][25], une monographie sur l’origine de la vie dont j’étais le co-auteur avec le Dr Gary Steinman. J’ai dit à Solomon Darwin que je lirais et réfuterais les arguments de Wilder-Smith pendant les vacances d’été et que j’en discuterais avec lui à la rentrée d’automne. En fait, je découvris que je ne pouvais pas répondre aux arguments du professeur Wilder-Smith contre la théorie de l’évolution chimique.

Comme il le démontrait si clairement, le point crucial du problème de l’origine de la vie était et demeure l’origine spontanée (naturelle) de l’information génétique. Aucune explication naturelle convaincante de l’origine de la première information génétique n’a jamais été donnée, pas plus que pour l’origine de l’information génétique nouvelle, indispensable à la formation macroévolutioniste prétendue de nouveaux types d’organismes[26].

Microévolution et Macroévolution.

« Microévolution » désigne des changements génétiques à l’intérieur d’une espèce ; elle peut s’étendre à la formation de quelque nouvelle espèce à l’intérieur d’un genre. « Macroévolution » désigne l’apparition de nouvelles espèces, de nouveaux genres ou de catégories taxinomiques plus complexes. Les journaux de biologie évolutionniste, tels que Evolution, Journal of Evolutionary Biology et Evol.Ecol., contiennent beaucoup d’articles sur des processus observés de microévolution. Mais dans ces journaux il n’y a pratiquement aucun article décrivant une observation directe de changement macroévolutionniste, bien que le journal Evolution ait été créé « …dans le but de réparer la division » [entre micro et macro- évolution]8.

La littérature paléontologique, de son côté, contient d’abondantes discussions de changements évolutionnistes à grande échelle tels qu’on les croit montrés par les fossiles. Cependant, dans ce cas on doit soigneusement distinguer entre la description des fossiles (et des roches dans lesquelles ces fossiles et ceux qui leur ressemblent morphologiquement sont trouvés) et les conclusions sur les filiations hypothétiques de la macroévolution.

Cette question dépasse l’objet de cet article, mais elle a été largement analysée à la fois par les partisans de la macro- évolution9 et par leurs critiques.

Il n’y a pas de contestation sérieuse sur la réalité des processus de microévolution. Ceux-ci sont abondamment confirmés et acceptés par les non-évolutionnistes, mais les manuels universitaires donnent à leurs lecteurs l’impression que tant la micro que la macro évolution ont été démontrées par des preuves empiriques et que les deux échelles d’évolution forment un vêtement sans couture. Dans les manuels, des exemples de populations réelles connaissant des changements microévolutifs, sont décrits en détail et sont généralement référencés dans la littérature spécialisée. Mais l’étudiant tombe rapidement sur des diagrammes d’arbres phylogénétiques montrant, par exemple, la prétendue origine de tous les ordres de mammifères à partir d’un ancêtre commun hypothétique. L’impression créée par de tels diagrammes, avec leurs traits continus en gras reliant l’espèce ancestrale commune aux premiers représentants des ordres des mammifères, est que de nombreux fossiles confirment toutes ces lignées. Or en réalité, les fossiles de transition comblant les vides entre les

8

S.M. Stanley 1979, Macroevolution: Pattern and Process, W.H. Freeman, San

Francisco, p. 2.

9 S.J. Gould 1977, Evolution’s Erratic Pace, Nat. Hist. 86(5), 12-16

grands types d’organismes sont systématiquement absents des couches fossilifères, malgré l’existence de quelques fossiles fascinants tels que l’Archaeopteryx, le Basilosaurus isis, ou les reptiles ressemblant à des mammifères. Cette absence de séries de transition est sans doute plus évidente aujourd’hui qu’elle ne l’était du temps de Darwin[27].

Je suis devenu conscient pour la première fois de cette disparité entre les affirmations des manuels sur les processus macro évolutionnistes (par ex. la spéciation animale) et la situation réelle des preuves, lorsque j’essayai de fournir à mes étudiants des références crédibles dans la littérature spécialisée. Pendant les années de mon enseignement du principal cours de notre Département sur l’évolution, je ne parvins pas à trouver une seule référence probante montrant la formation d’une nouvelle espèce d’animal, soit en laboratoire, soit dans la nature. C’était un fait étonnant puisqu’une bonne centaine d’années s’étaient écoulées depuis la publication de l’Origine des Espèces de Darwin. Pensant que mes élèves pourraient aider à localiser les références manquantes, pendant plusieurs années je mis au défi chaque classe de m’apporter une référence montrant la formation d’une nouvelle espèce animale. Les étudiants n’apportèrent jamais aucune référence, mais le défi devint connu de mes collègues et, de temps en temps, (environ une fois tous les 2-3 ans), un papier prétendant démontrer un cas de spéciation animale observé directement (par ex. la formation d’une nouvelle espèce de Drosophilia dans une expérience de population en cage) faisait son apparition dans ma boîte aux lettres, parfois signé et parfois anonyme. Dans tous les cas ces quelques articles, après examen attentif, ne démontraient pas ce que leur titre promettait avec assurance. Il y avait toujours un problème, par exemple le manque de preuve que l’isolement reproductif entre deux sous-populations était stable durant les multiples générations dans les conditions de l’expérience.

Pour les raisons évoquées ci-dessus, mes doutes sur la réalité de la macroévolution continuèrent à se développer avec l’aide d’une autre considération. La formation par évolution de nouveaux genres et de taxons plus complexes aurait requis l’addition naturelle de quantités substantielles de l’exact genre de nouvelle information génétique aux génomes de l’organisme évoluant, pour que les nouveaux traits structurels et les mécanismes physiologiques se développent.

Un tel processus évolutionniste aurait supposé l’accumulation peut-être de centaines de mutations favorables et coordonnées dans la même lignée. Mais l’immense majorité des mutations confirmées sont soit délétères pour l’organisme dans lequel elles surviennent, soit au mieux sélectivement neutres[28]. Je devins progressivement convaincu qu’on ne trouverait pas de processus naturel d’augmentation de l’information. On ne trouvait absolument pas dans la littérature de processus spontané convaincant pour générer la nouvelle information génétique requise par la macroévolution, malgré des suggestions telles que la duplication des gènes suivie de différentes séries de mutations dans les gènes originaux et dupliqués[29].

Il y avait encore une autre considération: le mécanisme darwinien soutenant l’évolution met en œuvre des variations génétiques parmi les individus d’une population d’organismes sur les phénotypes desquels la sélection naturelle agit. La source de l’évolution (à long terme) est les mutations dans le matériel génétique. Ces mutations sont dites « aléatoires » en ce sens qu’elles surviennent d’une manière sans corrélation avec les besoins d’adaptation des organismes à leur environnement. Dans ce sens les mutations qui contribuent positivement au bien-être global des organismes (c’est-à-dire en améliorant leur avantage compétitif) se produisent fortuitement. Mais remarquez qu’il est présumé ici que les mutations couvriront en fait un champ assez large pour garantir que parmi elles il y en aura toujours certaines qui contribueront à la formation de nouveaux traits d’adaptation[30].

Mais les génomes des organismes possèdent, inscrites en eux, de puissantes limitations à leur capacité au changement. Et les macroévolutionnistes eux-mêmes fournissent la preuve que les « paysages d’adaptation » restreignent ce que la sélection naturelle peut effectuer dans l’évolution des populations[31].

La convergence de toutes ces difficultés fit apparaître comme de moins en moins probable que la macroévolution se soit jamais produite. La situation intellectuelle dans mon propre domaine de recherche, l’origine de la première vie, augmenta mes doutes sur la macroévolution et, en fait, les poussa jusqu’à la rupture.

Conclusion

À tout le moins nous pouvons conclure que le darwinisme n’est plus la citadelle imprenable qu’il parut être pour tant de scientifiques et autres intellectuels pendant si longtemps. Le nombre de rebelles scientifiques continue de croître, et ce remarquable mouvement va probablement s’accélérer lorsque le problème de l’origine de l’information génétique sera carrément posé dans de plus nombreux domaines de la communauté scientifique. Le mouvement se produit dans beaucoup de pays différents, parmi les protestants, les catholiques et les orthodoxes, les juifs et les musulmans, aussi bien que chez des agnostiques. Mais une grande majorité d’universitaires demeure apparemment convaincue de la justesse fondamentale de l’explication évolutionniste des origines biologiques. Pour les non biologistes d’entre eux, et même pour beaucoup de biologistes spécialisés dans d’autres domaines que l’évolution, cette foi est fondée plus souvent sur la confiance que sur la familiarité avec les détails du dossier empirique de l’évolution.

Ensuite il y a ceux qui ont des doutes sur tel ou tel aspect du darwinisme, ou de la macroévolution, mais qui, pour des raisons personnelles, ne veulent pas faire ouvertement dissidence.

C’est ma très forte conviction que nous avons désormais suffisamment de preuves empiriques et d’arguments scientifiques solides pour soutenir une vigoureuse réaffirmation de la doctrine catholique de la Création, telle que comprise par les Pères et les Docteurs de l’Église. Les nombreux problèmes scientifiques du darwinisme devraient être largement débattus, tant à l’intérieur qu’au-delà de l’Université. De telles discussions au sein de la science académique et dans les cultures nationales en général devraient être largement encouragées. S’ils étaient soutenus par le Saint-Siège, beaucoup d’universitaires se mêleraient à la discussion, alors qu’ils hésitent encore. Le climat intellectuel mondial pourrait connaître rapidement un grand changement suite à un tel soutien manifestant la bienveillance et la magnanimité du Vatican.

(Traduction Claude Éon)

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HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. »

(Marcel François)

Le rapport de la Montagne de Fer, clef de la politique américaine et de la guerre en Irak (2ème partie) Claude Timmerman

Présentation : Dans une première partie (cf. Le Cep n° 39) le rapport dit « de la Montagne de Fer » (1967) analyse les différentes fonctions de la guerre. Il s’agit, dans cette seconde partie, d’examiner chacune de ces fonctions pour décider enfin si nos sociétés sont capables de vivre dans une paix globale.

De nombreux substituts partiels se présentent : la recherche spatiale dans la fonction du gaspillage économique ; une menace extraterrestre pour assurer la cohésion politique de tous les hommes, ou encore la lutte contre la pollution du globe. L’embrigadement des individus asociaux s’avère plus difficile, à moins de rétablir « une forme subtile d’esclavage ». Pour la cohésion sociale, de nouvelles religions pourraient y pourvoir. Quant à l’impact démographique, avec la contraception d’une part et les vaccins (complétés en substances abortives) d’autre part, la substitution est facile. Malgré tout, la conclusion du rapport reste négative : les auteurs ne voient pas encore de substituts valables à l’ensemble des effets actuels induits par la possibilité d’une guerre.

III – Les substituts aux fonctions de la guerre

Le rapport en évalue toute une série se rapportant aux cinq principales fonctions précédemment diagnostiquées.

a) Substituts aux fonctions économiques

Le groupe d’étude spéciale chiffre à 10% du PNB (p.131) la quantité de richesses à détruire chaque année pour équilibrer la stabilité de l’expansion économique liée au « gaspillage » de la guerre.

Il imagine alors un programme de recherche de bien-être social lié à la réalisation onéreuse de nombreux investissements et aménagements (hôpitaux, cliniques, écoles, bibliothèques, logements, transports en commun, amélioration de l’environnement et dépollution de l’eau, enfin lutte généralisée contre la pauvreté).

Mais force est de constater qu’un tel programme connaîtra un terme au bout duquel seuls resteront nécessaires « des crédits de fonctionnement, annuels, modestes en comparaison et cela dans le cadre même de l’économie générale.» (p.135)

Il envisage ensuite la recherche spatiale qui offre l’avantage d’être indéfinie dans l’espace et dans le temps, d’être infiniment dispendieuse, onéreuse.

Par ailleurs, cette recherche est en soit indissociable de la recherche à des fins militaires:

« À l’exception d’une fraction restreinte, tout le budget de recherches spatiales, si on l’estime en vertu de critères appliqués à des objectifs scientifiques comparables, doit être imputé de facto à l’économie militaire. Les recherches spatiales futures, prévues en temps que substitut à la guerre réduiraient les justifications « scientifiques » de leur budget à un pourcentage absolument minuscule. » (p. 137)

D’où l’intérêt de la recherche spatiale en temps que substitut économique au gaspillage de la guerre!

Dernier point : envisager un programme de désarmement universel qui, même s’il ne représente pas de dépenses considérables, devra être mis en place lors de la phase de transition nécessaire au passage à la paix.

b) Substituts au rôle politique

« Le système fondé sur la guerre rend possible la stabilité des gouvernements. Il y parvient essentiellement en fournissant à la société la nécessité permanente d’accepter une autorité politique. » (p. 140)

Pour ce faire on peut envisager l’accroissement du poids et des missions des Institutions internationales, l’instauration d’un tribunal mondial, etc.

En l’absence de conflit il faut trouver une menace suffisamment importante pour amener les sociétés à accepter leur sujétion au gouvernement. On peut envisager, mais le groupe d’étude spéciale reste sceptique, de lancer l’idée d’une menace interplanétaire.

« On a affirmé avec chaleur qu’une telle menace donnerait « le dernier et le meilleur espoir de paix, en unissant l’humanité tout entière contre le danger de sa destruction par des « créatures » venues d’autres planètes ou de l’espace.» (p.143)

Mais on peut également créer artificiellement des menaces terrestres « naturelles »:

« …pour être efficace, un substitut politique à la guerre devrait nécessiter des « ennemis de remplacement » dont certains risqueraient de paraître un tant soit peu « tirés par les cheveux » dans le contexte de l’actuel système fondé sur la guerre.

Il pourrait consister en ceci, par exemple, que la pollution totale du milieu pourrait remplacer la possibilité de destruction en masse par des engins nucléaires, en tant que principale menace apparente exercée contre la survie de l’espèce.

L’empoisonnement de l’air ainsi que des ressources principales de nourriture et d’eau est déjà en bonne voie et, à première vue, pourrait apparaître comme prometteur, vu sous cet angle; cet empoisonnement constitue une menace contre laquelle on ne peut se défendre qu’en utilisant à fond l’organisation sociale et le pouvoir politique.

Mais selon ce que l’on sait aujourd’hui, il faudra encore attendre la vie d’une génération ou d’une génération et demie avant que la pollution du milieu ambiant, si grave qu’elle soit déjà, devienne suffisamment menaçante, à l’échelle mondiale, pour pouvoir offrir une base possible à une solution de ce genre (p.143)

[Rappelons ici encore que ce texte a été écrit il y a quarante ans!!!]

D’une façon générale on est contraint, aux yeux des rédacteurs, par la logique de ce système:

« Si invraisemblables que puissent paraître les ennemis de remplacement dont nous venons de parler, il nous faut insister sur le fait qu’il faudra bien en trouver un, d’une ampleur et d’une crédibilité suffisante, si l’on veut que la transition vers la paix aboutisse un jour sans désintégration sociale. Il est plus que probable, selon nous, qu’une telle menace devra être imaginée plutôt que créée, à partir de situations inconnues(p. 145)

c) réflexion sociologique

Comme ce fut déjà souligné, il importe de pouvoir remédier à la capacité de nuisance sociale des délinquants, révoltés, asociaux, récidivistes, etc.

Dans cette hypothèse le groupe spécial ne prévoit aucune solution originale autre qu’une certaine « forme d’embrigadement », ce que l’on a pu observer à diverses époques, des ateliers nationaux aux chantiers de jeunesse.

Dans la ligne de McNamara (qui venait d’exposer ce problème avant de lancer le groupe d’étude spéciale, nous le rappelons), les rédacteurs du rapport imaginent une extension du Peace Corps, ce « Corps de la Paix » susceptible d’encadrer les éléments les plus durs et les moins fiables de la société vers des activités de type humanitaire « en faveur du progrès« !

Par ailleurs, on songe sérieusement à réintroduire l’esclavage sous une forme insidieuse, telle qu’elle a pu être imaginée dans certains romans d’anticipation, dont bien entendu le fameux Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley.

« Il est parfaitement possible que la création d’une forme subtile d’esclavage soit une condition préalable absolue à la direction d’une société appartenant à un monde sans guerres. En pratique, la transformation des codes de discipline militaire en une forme d’esclavage, appelée par euphémisme d’un autre nom, ne réclamerait, de façon surprenante, qu’une révision de faible importance…» (p. 150)

Par ailleurs l’ennemi de remplacement doit apparaître suffisamment menaçant pour justifier d’exiger la nécessité « de payer le prix du sang » dans de très larges domaines des affaires humaines. (p. 151)

« Les modèles fictifs doivent présenter une force de conviction extraordinaire à laquelle doit s’ajouter une possibilité notable de sacrifices de vies humaines; la construction d’une structure mythologique ou religieuse « à la page », à cette fin, présenterait à notre époque des difficultés, mais mérite d’être prise en considération (p. 151)

Enfin dans le but de canaliser les déviances de certains asociaux, les rédacteurs n’hésitent pas à envisager la mise à l’honneur de « jeux sanglants » en vue de garder un contrôle effectif sur les pulsions agressives des individus. » (p. 151)

On ne peut oublier de nos jours les multiples scénarii des jeux de rôle, des jeux informatiques, des films qui correspondent à cette idée.

On se rappellera au moins « Les chasses du comte Zarov » qui est aujourd’hui un morceau d’anthologie.

Les auteurs imaginent même faire d’une pierre deux coups:

« …il serait possible de faire des individus asociaux, dont il faut garder en main le contrôle au moyen d’une institution quelconque, « l’ennemi de remplacement » nécessaire à la cohésion de la société. L’impossibilité accrue, inévitable et irréversible pour certains, d’être employés, et l’extension parallèle d’une aliénation généralisée par rapport aux valeurs normalement admises, pourrait obliger à envisager de telles mesures, et pourrait faire qu’elles deviennent nécessaires, même en tant que complément au système fondé sur la guerre (p.152/ 153)

Le tout est évidemment de savoir ce que l’on appelle les « valeurs normalement admises » dans un monde qui ne prend en compte que des critères de survie des plus forts, indépendamment de toute valeur éthique ou morale!

d) rôle écologique des substituts

Il s’agit de lutter d’abord contre l’effet anti-eugénique de la guerre:

« La guerre n’a jamais été un facteur de progrès génétique. Mais en tant que système de contrôle brut de la population, utilisé en vue de préserver l’existence même de l’espèce, rien ne peut lui être reproché….

Il est évident que l’obligation de limiter la procréation aux seuls produits d’une insémination artificielle fournirait un contrôle des niveaux de population parfaitement adapté à son rôle de substitut de la guerre.

Un tel système de reproduction aurait, bien entendu, l’avantage supplémentaire de pouvoir être directement l’objet d’une administration eugénique. Ses développements futurs, tels qu’on peut les prévoir – la conception et la croissance embryonnaire se produisant en totalité en laboratoire – permettraient d’étendre le contrôle jusqu’à ses conclusions logiques.

Dans de telles conditions la fonction écologique de la guerre ne serait pas seulement remplacée, mais surpassée dans le domaine de l’efficacité.

La première étape – contrôle total de la conception grâce à une variante des « pilules » susceptible d’être répandue partout, par l’eau ou par l’intermédiaire de certains aliments essentiels, compensée par un « antidote » également contrôlé – est en train de se réaliser.

Il ne semble pas qu’il soit nécessaire, dans un avenir prévisible, d’en revenir à aucune des pratiques démodées dont il a été question au chapitre précédent (telles que l’infanticide, etc.) comme cela aurait été le cas si la possibilité de passer à un état de paix était survenu il y a deux générations.»

(p. 154 / 155) Sic!

Or, conclut le groupe, une telle politique eugéniste ne peut être mise en place tant que le système fondé sur la guerre est encore pratiqué. Car :

« Un excès de population, c’est du matériel de guerre.

Tant qu’une société quelconque devra tenir compte d’une possibilité de guerre, si éloignée soit-elle, elle doit maintenir le maximum supportable de population, même si, en agissant ainsi, elle aggrave de façon sérieuse sa situation économique.» (p. 156) e) Culture et sciences

La dynamique créée par la guerre en matière de recherche scientifique et culturelle ira s’amenuisant durant encore deux générations en bénéficiant de l’effet actuel d’entraînement.

Cependant, les recherches nécessaires à la mise en place des programmes d’eugénisme et les technologies à améliorer pour réaliser le programme de bien-être social devraient nécessiter la participation de très nombreux centres de recherche.

Hormis ces branches, aucun substitut aux effets de la guerre sur la recherche scientifique ne semble avoir été trouvé.

« …Par définition, nous sommes incapables de concevoir les questions scientifiques qui pourraient se poser une fois que celles que nous sommes capables de comprendre aujourd’hui auront trouvé leur réponse. » (p. 162)

IV – Conclusions du rapport et implications

Partant du principe que la guerre est « la base même de l’organisation sur laquelle toutes les sociétés modernes sont construites» (p.165), les auteurs du rapport concluent à la nécessité d’avoir recours aux substituts précédemment envisagés afin « de se préparer très soigneusement à l’éventualité de la paix, non que nous pensions que la fin des guerres soit nécessairement souhaitable, si même elle est possible, mais parce qu’elle pourrait nous prendre par surprise, sous une forme à laquelle nous pourrions ne pas être préparés.» (p.188)

En particulier, pour les cinq fonctions fondamentales de la guerre, le rapport recommande une série de mesures dont nous voyons chaque jour un peu plus, depuis quarante ans, la réalisation prendre forme dans les orientations techniques de la recherche scientifique, l’amélioration des techniques et les transformations de notre vie quotidienne. a) En matière économique

Nécessité de mettre en place un système de consommation de richesses « à des fins totalement non productives. » (p.170)

  • Programme de bien-être social pour l’amélioration maximale des conditions de vie

Ce sera la mise en place de la société de consommation de biens non plus durables mais jetables et éternellement renouvelables, ainsi que la quête indéfinie des revendications matérialistes dans nos sociétés occidentales « modernes ».

  • Programme spatial sans fin « dirigé vers des cibles impossibles à atteindre »

(p.172)

C’est bien ce qui a été mis en place par la Nasa.

  • Système d’inspection de désarmement « ultra subtil, ritualisé». Le show médiatique hors du commun auquel nous venons d’assister avec l’affaire de l’Iraq en est la parfaite illustration….et se passe de commentaires!

b) En matière politique

Création d’une force de police internationale omniprésente.

C’est ce qui est réalisé à travers le renforcement des structures des Nations Unies, la création du Tribunal Pénal International, au pouvoir discrétionnaire, puisque les ressortissants israéliens et américains sont exclus de sa juridiction.

En matière de surveillance on soulignera la mise en place du réseau « Échelon » et l’ensemble des systèmes d’écoutes satellitaires mis en place depuis vingt ans, par les États Unis.

Il est symptomatique de constater que deux pays y jouent un rôle déterminant dans la mise en place des structures au sol nécessaires: le Royaume Uni et l’Australie.

Ce seront, comme par hasard, les seuls pays aux côtés des USA lors de l’invasion de l’Iraq.

– Accréditer l’existence d’une menace extra-terrestre

Depuis la fin de la guerre toute suggestion d’une vie extra-terrestre avait été systématiquement rejetée par les « savants ». L’invention du spectrophotomètre prouvait pourtant, par analyse de la lumière reçue des étoiles, l’universalité de la structure atomique et du tableau périodique des éléments de Mendeléieff.

Ces faits à eux seuls pouvaient suggérer que l’existence de la vie sans être certaine était probable, ailleurs, dans l’espace et dans le temps.

Depuis une vingtaine d’années, la tendance s’est inversée sur le plan scientifique et surtout sur le plan médiatique. On assiste en effet à un foisonnement d’émissions télévisées sur les OVNI, à une multiplication de séries télévisées sur les extra-terrestres, etc.

Nous citerons parmi les plus connues actuellement : « Les envahisseurs », « X-files », « Stargate ».

On peut y remarquer que de plus en plus « les créatures de l’au-delà » apparaissent dangereuses et impitoyables pour l’espèce humaine.

Même chose au cinéma où le gentil E.T. comme les sympathiques « aliens » de Spielberg dans Rencontre du 3ème type sont mués en envahisseurs destructeurs impitoyables dans Mars Attack ou Independance Day.

Tout est fait aujourd’hui pour accréditer dans l’esprit du grand public que l’extraterrestre existe nécessairement et sera forcément destructeur s’il parvenait sur terre.

– Menace sur les sociétés par pollution massive du milieu ambiant

Les exemples sont légion…On citera au hasard:

. Les positions anti écologiques du Président George W. Bush ; l’action pour le moins équivoque de grandes associations comme Green Peace dont les liens avec le lobby pétrolier ne sont plus à démontrer et qui œuvre contre le nucléaire pour le maintien de l’emploi superfétatoire d’énergies fossiles polluantes (effet de serre, pollution aérienne, etc.).

. L’offensive récente anti-écologique de la nouvelle doctrine du « développement durable » qui prône qu’il n’y a pas « d’état de nature naturel » puisque la Nature est en perpétuelle évolution et que son état, à un moment donné, est fonction des activités humaines que la Nature ne saurait entraver.

. La pollution massive du sol et des nappes phréatiques par des pratiques agricoles sciemment orientées vers l’emploi de plus en plus massif de substances dangereuses et pratiquement non biodégradables (engrais, pesticides, herbicides).

. L’emploi de substances à risque dans l’industrie (mercure, amiante, etc., dont les effets cancérigènes sont connus).

. L’existence d’accidents répétés comme la pollution marine par des tankers ou cargos « poubelles » toujours autorisés.

. La mise au point d’un ensemble « d’instruments biologiques destructeurs » dont nous reparlerons au paragraphe suivant.

– La création d’ennemis fictifs « même tirés par les cheveux » (sic)

À l’heure de l’invasion de l’Iraq sans aucun motif autre que d’avoir été désigné comme « l’ennemi des États-Unis », et pourquoi pas du genre humain, tout commentaire est superflu!

On pourra aussi, et c’est lié, évoquer la curieuse affaire des tours du 11 septembre 2001 et la désignation de « l’islamisme » comme cause de tous les maux….

c) En matière sociologique

  • Encadrement de la population et des entreprises

Si le rapport propose « pour faire plaisir » à monsieur McNamara, qui est à l’origine de l’étude, une extension des fonctions du « Peace Corps » – Le Corps de la Paix – force est de constater qu’avec les progrès de l’informatique et la généralisation des connections multimedia, les entreprises comme les individus sont pris dans un faisceau d’éléments de surveillance de plus en plus performants.

  • Création d’une forme moderne de l’esclavage

Sans parler d’une exploitation non institutionnalisée des immigrés dans certains contextes, on songera aux effets de la délocalisation et aux conditions de travail dans le Tiers Monde.

On songera aussi à la paupérisation croissante de ces régions, liées à la volonté d’institutions internationales comme la Banque Mondiale ou le F.M.I. qui obligent par exemple au démantèlement des caisses de stabilisation qui assuraient un revenu décent aux producteurs de produits agricoles de rente comme le café ou le cacao, qui ont pesé de tout leur poids pour la dévaluation de 100% du franc C.F.A., etc.

On se rappellera aussi qu’il existe à Bruxelles un bureau des délocalisations pour la C.E.E.

  • Pollution ambiante intensifiée

Voir au paragraphe « politique », les deux sujets politique et sociologie étant effectivement intimement liés.

  • Nouvelles religions et mythologies

On peut songer à l’émergence soudaine et politiquement favorisée de l’Islam en pays traditionnellement chrétiens.

On peut se rappeler le rôle des États-Unis dans la guerre du Kosovo, qui ne visait qu’à l’instauration d’une République musulmane stable dans une zone balkanisée suite à la chute du mur de Berlin.

On pensera aux nouvelles mythologies nées aux États-Unis, comme le mouvement du New Age.

Sur le plan purement religieux on évoquera le foisonnement des sectes aux U.S.A., qui prolifèrent sous le regard souvent bienveillant des membres de la Haute Administration..dont certains des acteurs les plus influents sont euxmêmes liés à plusieurs sectes!

On peut aussi évoquer les mouvements charismatiques ou œcuménistes.

Nous mentionnerons enfin la multinationale « Universal », nouvelle « Église » née au Brésil où elle compte plus de six millions d’adeptes et qui prend pied aujourd’hui en Europe par le Portugal. Sa doctrine fumeuse s’apparente à un syncrétisme chrétien amalgamé avec les mythes de la musique rock. Des séries télévisées d’origine américaine sont consacrées aux sorciers, à Satan, aux vampires, etc.

Les sites web sur ces mêmes sujets se multiplient sans soulever la moindre réprobation politique…

On peut aussi penser aux mythologies païennes remises à l’honneur depuis quelques années comme le druidisme et les cultes solaires favorisés par certaines sectes comme le Temple Solaire, ou certains films comme « le Seigneur des anneaux » qui popularisent des mythologies oubliées du grand public.

– Jeux « sanglants » d’utilité sociale

Sans que nous en soyons encore à la réalisation pratique de « Roller Ball », nous devons admettre que l’exaltation de la violence est omniprésente dans le monde médiatique.

C’est une banalité que de dire que la violence est partout à la télévision.

Depuis Orange mécanique, de tels films sont légion.

Les jeux vidéo sont tous axés sur la destruction d’ennemis.

Des films comme Les chasses du comte Zarov mettent en scène des chasses à l’homme.

Des jeux télévisés de plus en plus nombreux sont conçus autour de l’idée d’élimination de concurrents à travers des épreuves physiques.

Le concept de « jeu de rôle » a fait une percée.

Il s’agit de poursuivre la mise en scène de scénarii souvent sanglants entre des partenaires fictifs…

Dans les prochaines années la vulgarisation probable de la technique des hologrammes donnera à cette discipline un nouvel essor et un plus grand « réalisme ».

La déification des sportifs atteint son paroxysme et la violence sur les stades de football est courante.

Les mentalités sont donc conduites à admettre une banalisation de la violence et à rechercher des « sensations » de plus en plus « fortes » qui pourraient bien déboucher effectivement sur l’instauration de spectacles effectivement sanglants, auprès desquels certains combats de boxe taï sembleraient dignes des patronages.

Certaines enquêtes sérieuses dans le monde pornographique laissent même entendre que des scènes de viols avec meurtres, surtout en Amérique latine, n’ont pas été simulées…

d) Écologie

Les recommandations sont orientées vers deux directions : la limitation de la population et l’eugénisme, d’une part, la pollution du milieu ambiant utilisée comme menace sur la société pour en maintenir la cohésion, de l’autre. Nous avons déjà évoqué aux paragraphes « sociologie » et « politique » un ensemble d’effets polluants d’origine physico-chimiques.

Nous n’évoquerons donc ici que les éléments d’origine biologique qui viennent en complément des précédents et / ou œuvrent dans la même direction. Tout un ensemble de méthodes et de recherches concourt à cet effet, combinant à la fois des possibilités étendues de limitation de la population et de pollution du milieu biologique.

Nous citerons ici, dans l’état actuel de nos connaissances, les réalisations mises en place à ce jour :

– Les campagnes de vaccination

Mises en place à l’initiative d’organismes internationaux comme l’OMS, ces campagnes préconisées, voire imposées de force dans certains pays du Tiers Monde par suite d’accords avec la Banque Mondiale ou le FMI, sont faites beaucoup plus dans un but abortif ou contraceptif que dans un but prophylactique.

Il est d’ailleurs symptomatique de voir que la vaccination contre la variole, maladie nullement éradiquée – (comme si on pouvait éradiquer un virus de la planète!) – a été arrêtée.

Les campagnes de vaccination actuelle visent essentiellement les femmes.

Le but, à travers le vaccin, est l’incorporation de substances abortives, contraceptives ou stérilisantes.

Ces compléments aux toxines vaccinales sont de deux ordres: des substances allogènes contraceptives à forte concentration ou des hormones capables de déclencher des réactions anti fœtales par auto-immunité.

Le détail de ces techniques ferait à lui seul l’objet d’une conférence et ne saurait être détaillé ici.

D’autres substances, ainsi injectables, sont susceptibles de favoriser des cancers sous l’influence de facteurs déclenchants, c’est notamment ce que l’on observe avec le cancer du cerveau induit potentiellement par l’abus des téléphones portables.

Cela n’est pas de la science fiction : l’analyse fine par des laboratoires fiables indépendants à montré l’existence de telles substances de façon indubitable dans les doses distribuées par certains laboratoires dans le Tiers Monde.

– L’accès à l’eau potable

L’eau potable, par les traitements qu’elle subit, son universalité et son caractère indispensable, est un vecteur de choix pour véhiculer des produits abortifs et contraceptifs.

Rappelons que la conférence de Durban, où personne ne fut d’accord sur rien, se termina par un document prônant l’accession immédiate à l’eau potable pour un milliard sept cent millions d’hommes. Ce n’est pas un hasard!

Les campagnes des ONG, du Peace Corps, etc., visent toutes à favoriser l’accès à l’eau potable par des puits forés par leurs soins ou par des adductions et des stations d’épuration édifiées à leur initiative.

Dans tous les cas, cet accès à l’eau est assorti du déversement dans les puits et les conduites de substances dont les effets contribuent de manière non sélective à limiter la population.

– L’épidémiologie

Les épidémies sont l’occasion de campagnes de vaccination qui ramènent aux cas précédemment évoqués. Certaines sont naturelles, mais d’autres sont provoquées.

De nombreux travaux actuels montrent que le S.I.D.A., ou certaines formes de choléra ou de pneumonie ne sont pas d’origine naturelle.

À l’heure où ces lignes étaient écrites l’O.M.S. venait de faire un grand battage médiatique, en plein milieu de l’invasion de l’Iraq, à propos d’une forme de pneumopathie particulièrement virulente issue du sud-est asiatique…qui aurait fait quinze morts!

Il est clair que ce battage n’est qu’un prétexte à lancer de nouvelles campagnes de vaccination dont les effets seront de la nature décrite plus haut.

  • Les épizooties

Nous ne citerons pour mémoire que le scandale de la fièvre aphteuse dont les causes aujourd’hui connues paraissent bien liées au produit de traitement de la parasitose du vairon – ce que curieusement nient les organismes vétérinaires, les organisations professionnelles agricoles et les laboratoires pharmacologiques concernés.

Un bon nombre de « maladies » animales sont causées par des produits de traitement qui sont maintenus en usage.

Ces produits contribuent à entretenir une menace écologique certaine sur le cheptel et par voix de conséquence sur la production alimentaire.

  • Les O.G.M.

Les organismes génétiquement modifiés, créés soi-disant à des fins thérapeutiques, l’ont été surtout pour assurer la maîtrise des productions au profit des semenciers (grâce aux gènes « Killer » ou « Terminator »), eux-mêmes intégrés aux groupes industriels de l’agrochimie (fabricants d’engrais et de pesticides)…car contrairement aux dires de certains, ces plantes sont beaucoup plus exigeantes et fragiles que les variétés « classiques ».

Ces O.G.M., qui sont en passe d’envahir le monde entier, sous couvert de l’aide humanitaire, vont conduire le Tiers Monde à se trouver à la merci d’un chantage à la famine de la part de fournisseurs de semences qui se trouvent être tous des multinationales à capitaux américains.

(Nous soulignons que l’essentiel des travaux brevetés a porté jusqu’ici sur les céréales d’alimentation de fond du Tiers Monde : maïs, sorgho et riz.)

Par ailleurs, rappelons que nous ne disposons d’aucun recul pour juger durablement des effets sur l’organisme des protéines modifiées ou de leurs effets secondaires sur les organismes tant humains qu’animaux.

Enfin la multiplication des essais de plein champ va conduire à une dissémination généralisée de ces organismes, par la diffusion aérienne des pollens.

Il est clair que la fameuse limitation à 0,9% de semences contaminées suffira à assurer la conversion totale des espèces concernées d’ici dix ans en espèces artificielles, donc aux mains des multinationales.

– « La guerre climatique »

Nous nous devons, pour être complet, de mentionner ici le projet « Haarp » qui permet à partir de modifications du champ électromagnétique par des champs d’antennes émettant à très basses fréquences, dont les plus importantes sont installées en Alaska, d’induire des modifications spectaculaires et durables du régime pluviométriques à des milliers de kilomètres.

Sans que les alternances de sècheresses et d’inondations soient encore bien ciblées, un certain nombre de perturbations climatiques, comme les spectaculaires inondations allemandes de l’été 2002, ne sont pas d’origine naturelle, ce que le chancelier Schroeder avait alors publiquement souligné.

Pour ne citer que cela!

Au total, il existe aujourd’hui tout un arsenal conduisant à faire peser sur les populations et sur le milieu la menace durable et intense, à la discrétion des États-Unis, souhaitée par le rapport!

e) Sciences et culture

Aucune recommandation n’est faite dans ces domaines, nous l’avons souligné.

Il est cependant clair que l’ensemble des travaux à mener pour parachever ce qui a été évoqué précédemment dans les domaines de la physique, de la chimie, de l’informatique et de la biologie constituent à eux seuls des moteurs puissants pour inciter à la recherche!

Conclusion

Loin de la fiction du « Meilleur des Mondes » dont on pourrait croire qu’il a servi de modèle aux membres du groupe d’étude spéciale, nous constatons que le rapport dit de « la Montagne de Fer » a servi de trame à la politique américaine mise en place depuis l’administration Johnson.

La guerre d’invasion de l’Iraq n’en est qu’une manifestation plus spectaculaire que d’autres.

Elle aurait pour effet d’achever la mainmise des États Unis sur les réserves énergétiques du monde, face à l’Europe et à la Chine qui en sont cruellement dépourvues, pour le plus grand bénéfice de certaines multinationales.

Mais comme le souligne le rapport:

« Il est bien établi que certains groupes privés et certaines classes capitalistes ont intérêt à maintenir le système fondé sur la guerre. » (p. 180 / 181)

De ce point de vue, cette intervention est risquée d’autant que les motivations officielles de cette guerre sont suffisamment légères pour avoir soulevé la réprobation du monde entier. Pourtant le rapport affirme:

« …toute situation de paix authentique et totale, si perfectionnée soit-elle, sera un facteur de déséquilibre jusqu’à preuve du contraire. » (p. 183)

Mais les auteurs restent conscients des risques qu’une telle politique belliciste pose:

« Il est possible que l’une des plus grandes puissances se trouve un jour, par l’effet d’un gouvernement maladroit, dans une position où la classe administrative dirigeante aurait perdu le contrôle de l’opinion publique ou ne se trouverait plus en mesure de justifier une guerre nécessaire.

Il n’est pas impossible d’imaginer, dans de telles circonstances, que surgisse une situation où un tel gouvernement serait obligé d’entreprendre de sérieuses négociations en vue d’un désarmement à grande échelle…et que de telles négociations conduiraient en fait à la destruction des installations militaires. Comme notre rapport l’a montré, une telle situation pourrait se révéler catastrophique. » (p. 184 / 185)

On ne saurait mieux dire!

______________________

Annexe : Liste des membres du « groupe d’étude spéciale »

Meneur de jeu: Arthus Able

( historien, politologue, attaché au Département d’État) Membres:

Bernard Baker professeur de droit international Charles Cox économiste et sociologue John Doe professeur de sociologie,

(celui par qui le scandale est arrivé !)

Edward Ellis sociologue

Frank Fox anthropologue

George Green psychologue, inventeur des tests individualisés Harold Hill psychiatre

John Jones humaniste, critique littéraire

Martin Miller chimiste (prix Nobel ?)

Paul Peters biochimiste, spécialiste de la reproduction

Richard Roe mathématicien

Samuel Smith physicien, astronome, spécialiste des communications, (relation de Galbraith)

Thomas Taylor stratège, théoricien militaire

William White industriel, membre du Bilderberg group

Tous ces noms sont bien entendu des pseudonymes.

Cette liste est fournie à titre indicatif pour donner au lecteur un aperçu de l’éventail des disciplines couvertes par les membres du « groupe d’étude spéciale » qui a rédigé le rapport sur l’utilité des guerres dit « Rapport de la Montagne de Fer ».

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LES DESSOUS DE LA PRÉHISTOIRE

Les hommes vont-ils

perdre leurs dents?

Dr Pierre-Florent Hauvilliers

Présentation : La réduction du nombre des dents est présentée comme un trait de l’évolution humaine : notre alimentation ne nécessiterait plus autant de dents qu’auparavant ; la mâchoire humaine diminuerait irréversiblement ; l’absence (agénésie) de dents de sagesse donnerait donc un avantage adaptatif qui se diffuserait dans la population.

L’auteur réfute un à un ces arguments qui, au demeurant, ne concernent une fois de plus qu’une variation intra-spécifique (portant sur le nombre d’organes existants). Or une preuve de l’évolution trans-spécifique doit porter sur l’apparition (et non la disparition) d’un organe nouveau (absent chez les ascendants).

Dans un précédent article (cf Le Cep n° 40), nous avons vu

l’argument de la réduction du nombre de dents – en particulier des dents de sagesse (troisième molaire) – comme preuve de l’évolution, réfuté par une équipe de chercheurs dentistes tout acquise aux thèses évolutionnistes.

Notre réfutation se trouve basée sur un certain nombre d’arguments

évolutionnistes qui pèchent par leur faiblesse.

Ce fait révèle, d’une part, la grande fragilité d’argumentation de

cette soi-disant « preuve », et d’autre part le manque de hauteur d’analyse de leurs auteurs du fait qu’ils adhèrent à la thèse erronée de l’Évolutionnisme.

C’est pour cela que nous jugeons nécessaire de reprendre

l’argumentaire réfutant l’évolution des dents, point par point, en le corrigeant et en le complétant par l’observation clinique.

A- Argumentaire évolutionniste

Les évolutionnistes qui affirment que la réduction du nombre de

dents chez l’homme est une confirmation de la thèse de l’Évolution, s’appuient sur l’affirmation des points suivants :

1.Nous nous acheminons vers une réduction du nombre de dents

parce que notre alimentation est plus molle : les dents étant moins utiles, leurs dimensions se réduisent jusqu’à provoquer la disparition de certaines. Les études montrent que depuis l’australopithèque le nombre de nos dents se serait réduit de 50%.

2.La taille de la mandibule a beaucoup diminué au cours de notre

évolution : à cause de l’alimentation plus molle, notre engrènement incisif, de « bout à bout » (considéré comme un caractère acquis et irréversible depuis des centaines de milliers d’années), est passé sur un mode de recouvrement. L’espace osseux de la mandibule, s’étant réduit, ne laisse plus assez de place à la dent de sagesse dont la morphogenèse peut alors échouer.

3.Les agénésies, en particuliers celles des dents de sagesse, sont un

avantage adaptatif, car lorsqu’elles sortent mal par manque de place, elles peuvent provoquer des infections parfois mortelles ; « la sélection naturelle aurait alors retenu davantage les individus présentant de telles agénésies ».

B- Nos commentaires sur cet argumentaire

La réduction de la taille des dents n’est pas un fait avéré.

Dans le n° 5 du Cep, nous avions écrit un résumé concernant nos

propres recherches concernant ce sujet[32]. Elles avaient été menées dans le but de vérifier la thèse[33] de Patrick Semal présentée à l’Université Libre de Bruxelles en 1987 qui consistait en une « démonstration » de la réduction de la taille des dents dans le cadre de l’évolution humaine. Nos vérifications portant sur la thèse de P. Semal avaient révélées des fautes de procédures sur des bases de recherches – qui plus est – erronées, ce qui avait permis de réfuter aisément ses conclusions sur la base d’un argumentaire sérieux.

Les évolutionnistes avancent que les dents se sont réduites en taille

de 5O% depuis l’australopithèque. L’ennui, c’est que l’australopithèque (qui, aussi, avait été incorporé dans l’étude de P. Semal) est un singe que l’on avait cherché à nous attribuer comme ancêtre… thèse aujourd’hui réfutée par les évolutionnistes ! Il ne reste plus alors qu’à se rabattre sur l’homme de Neandertal. Le seul problème, c’est qu’il n’existe pas de statistique sur la taille moyenne des dents néandertaliennes, par manque de matériaux dentaires suffisant.

Dans nos propres vérifications sur les statistiques publiées (ainsi

que celles utilisées par P. Semal) concernant la taille actuelle des dents humaines, nous avons trouvé tout et n’importe quoi : les statistiques, plutôt fantaisistes, n’étaient pas fiables. Pour les mêmes groupes humains, les moyennes variaient d’une manière très importante d’un auteur à l’autre. On ne pouvait donc pas s’appuyer sur ces mesures statistiques pour réaliser un travail sérieux. C’était pourtant ce qu’avait fait P. Semal qui ne les avait pas vérifiées.

Cela m’avait amené à mesurer la taille de milliers de dents

présentes sur les centaines de moulages que je garde dans mes archives depuis plus de deux décennies.

J’y ai alors découvert que la variabilité de tailles des dents

humaines, selon le type de dent (pour ce qui concerne mon groupe de population étudié) se situait dans une fourchette de 20% à 43,33 % et de 13% à 27% au sein d’une même famille (frères et sœurs, parents et enfants) !

Autrement dit, l’amplitude importante de la variation de tailles

des dents interdit de s’appuyer sur des moyennes statistiques (en l’absence d’un très grand nombre de dents et d’une méthode plus appropriée reflétant la distribution des mesures). Toute conclusion dans un sens de réduction ou d’augmentation de la taille des dents humaines au cours des âges se trouve obligatoirement erronée. Il faut avoir le courage de le dire.

2.1 La réduction de la taille de la mandibule est un fait avéré mais qui s’inscrit mal dans le cadre évolutionniste

C’est un fait avéré : depuis que l’homme se civilise et cuit son alimentation, les malpositions dentaires existent. Le seul problème est l’augmentation contemporaine très importante de la fréquence des malpositions par encombrement. De nulle qu’elle était chez nos plus vieux « ancêtres » (homme de Neandertal), elle se retrouvait accidentellement chez notre ancêtre préhistorique récent, le Cro-Magnon et pas très fréquemment jusqu’à la fin du XXIème siècle. De nos jours, environ 30% des enfants suivent un traitement correctif d’alignement dentaire[34] alors que dans les années 1970, ce chiffre se montait à 10%. Le nombre des encombrements dentaires (par manque de place) devient impressionnant, de sorte que les enseignements de l’orthodontie privilégient les extractions des 4 premières prémolaires, suivies plus tard par celle des dents de sagesse que l’on accusait de vouloir défaire les alignements dentaires péniblement acquis lorsqu’elles avaient la mauvaise idée de vouloir sortir dès l’âge de 18 ans.

La formule dentaire régressait alors artificiellement de 32 à 24,

défigurant les enfants dont les visages s’aplatissaient[35], réduisant d’autant les fosses nasales.

Actuellement nous constatons que la tendance extractive des dents de

sagesse marque le pas. En effet, les extractions préventives des dents de sagesse aux USA comme au Royaume Uni ne sont plus remboursées, à défaut d’être interdites[36]. En France, les « recommandations de bonne pratique professionnelle » ne conseillent pas les extractions préventives, mais ne les interdisent pas non plus dans le cadre d’un traitement de redressement des dents. On constate, semble-t-il, une certaine marche-arrière, discrète.

Mais revenons aux manques de place dans les mâchoires : elles se constatent essentiellement chez les Occidentaux et chez ceux qui vivent à l’occidentale. Ainsi, des Africains ou des Asiatiques13 dont les parents présentaient un alignement impeccable des dents voient leurs enfants, élevés à la mode occidentale, commencer à présenter des problèmes d’éruption des dents de sagesse, puis, se rajouter à leurs petits enfants des problèmes d’alignement dentaire avec la nécessité d’extraire les dents de sagesse. Cela montre que ces malpositions sont la conséquence d’un mode alimentaire désordonné[37]. Cette notion n’est plus contestée dans le milieu dentaire, mais on n’envisage pas pour autant de proposer les mesures correctrices. Les malpositions dentaires touchent de plus en plus de jeunes : ceux de la génération Mac Donald, du non allaitement maternel, du biberon – bouillie puis du fast-food, de la purée-viande hachée, chips et pain de mie, du grignotage permanent.

Ce phénomène de réduction de taille des mâchoires n’est donc pas un

phénomène adaptatif mais le résultat d’un hypo- développement des mâchoires par manque de sollicitation musculaire, ce qui n’a rien d’irréversible. Cela se corrige par une simple rééducation.

2- 2 La fermeture de l’occlusion incisive est un fait avéré, mais ne s’inscrivant pas dans un cadre évolutionniste

On peut, en effet, constater que les incisives supérieures et

inférieures se croisent de plus en plus souvent, ce qui serait le signe d’une réduction de la taille de la mâchoire, alors que chez l’homme préhistorique, le croisement était quasiment nul (en labidodontie ou bout à bout incisif- fig.1)[38].

Fig.1

Fig.2

Homme moderne

(en psalidodontie)

Homme préhistorique (en labidodontie)

Ce constat devient une preuve, pour l’évolutionniste, de la

réduction irréversible de la taille de nos mâchoires. Ce recouvrement des incisives inférieures par les incisives supérieures (ou psalidodontie, considéré comme normal par les orthodontistes lorsqu’il est de 2 mm, avec un surplomb de 2mm – fig.2) se trouve, en fait, être la cause d’un hypo-développement antérieur de la mandibule en poussant les incisives inférieures vers l’intérieur de la mandibule, ce qui occasionne une réduction de place pour leur rangement : elles se mettent alors très fréquemment en malposition[39].

Avec le traitement orthopédique rééduquant tout le système

manducateur, nous avons la surprise de constater que la norme du recouvrement incisive et du surplomb de 2 mm est fausse : les incisives, spontanément, se mettent presque bout à bout, comme chez le Cro-Magnon.

Le recouvrement et le surplomb se réduisent à ½ mm ! En fait, c’est

aussi ce positionnement que j’ai pu constater chez des Asiatiques et des Africains de culture traditionnelle. Le fait de ne pas se servir suffisamment de ses incisives pour couper (les jeunes ne s’en servent plus), induit une croissance plus en longueur des dents antérieures, croissance qui ne s’arrête qu’au contact de la dent d’en face. Ce phénomène touche aussi toutes les dents. Cet allongement (égression) de la dent se remarque particulièrement lors d’une extraction : la dent opposée va régresser jusqu’à toucher parfois la gencive située à l’emplacement de la dent extraite.

Pour couper les aliments, le pain en particulier, nous avançons notre

mandibule afin de mettre les incisives en bout à bout (c’est ce que font spontanément les couturières pour couper le fil). Les incisives ne fonctionnent pas exactement à la manière d’une paire de ciseau.

Leur cinétique tient plus des mors d’une tenaille. Lorsque l’on

utilise couramment ses incisives pendant la croissance des maxillaires, leur morphogenèse s’harmonise et les dents se positionnent de manière correcte… Il y a encore une norme à revoir. Avec le traitement de rééducation évoqué précédemment, l’organisme repositionne les dents selon ce que le Créateur avait prévu, avec ses propres particularités (angulation des dents selon la morphologie des mâchoires, de l’articulation temporal-mandibulaire[40], de l’angulation des vertèbres cervicales, de la stature générale, etc. La taille des dents n’est pas un facteur prépondérant puisque l’organisme arrive toujours à lui trouver de la place !

Évidemment un recouvrement incisif trop important sera un facteur

de malposition dentaire mais aussi d’un déchaussement précoce des dents antérieures.

Il faudrait ajouter d’autres problèmes qui seront induits par une

usure presque nulle des incisives alors que les molaires (servant encore chez les jeunes, car ils n’avalent pas encore tout sans mastiquer) finissent toujours par s’user plus ou moins, ce qui va entraîner des malocclusions aux conséquences fâcheuses[41].

2-3 L’espace osseux de la mandibule se réduit, ne laissant plus de place à la dent de sagesse

La fermeture de l’occlusion incisive amène en effet un recul, mais

seulement partiel, des incisives inférieures et non pas de toute la mandibule.

Les incisives, disposant alors d’une place réduite, vont montrer une

fâcheuse tendance à se placer en malposition, ce qui fait dire aux écoles d’orthodontie américaines que les malpositions incisives inférieures qui touchent de très nombreuses personnes sont une caractéristique de l’espèce humaine ! Le déplacement vers l’intérieur des incisives inférieures seules et non pas de la mandibule se vérifie d’une manière très simple: le rapport molaire (engrènement des premières molaires entre elles) utilisé comme référence d’un engrenage dentaire correct ne varie jamais. Il est le même tant chez l’homme préhistorique que chez le moderne. Si la mandibule reculait, on devrait constater un recul des molaires inférieures par rapport aux molaires supérieures, ce qui n’est pas le cas.

On en conclut que seule la partie antérieure de la mandibule se

réduit par le croisement des dents.

3- Les agénésies de dents de sagesse constituent un avantage adaptatif : affirmation théorique sans aucun fondement

La réalité de la clinique dentaire nous permet d’affirmer, d’une part,

que les agénésies des dents de sagesse sont peu fréquentes, et d’autre part que ceux qui souffrent de leurs dents de sagesse, au point de devoir les faire extraire, sont loin de constituer une majorité ! Ce sont des problèmes que nous rencontrons peu dans notre activité professionnelle. On pourrait schématiser en disant que nous rencontrons peut-être autant d’agénésies de dents de sagesse que d’accidents d’évolution de ces dents !

Dans l’histoire de la dentisterie, il y a eu bien plus de mort par des

infections dentaires consécutives à des caries non traitées que par des infections provoquées par des dents de sagesse. Aussi affirmer que les agénésies de dents de sagesse présentent un avantage adaptatif est une affirmation tout à fait gratuite, théorique, et sans aucun fondement.

Le problème des dents de sagesse se trouve être un problème récent (milieu du XXième siècle) qui ne concerne que notre société occidentale.

Les enfants qui ont suivi correctement le traitement orthopédique

évoqué dans les lignes précédentes n’ont que très rarement présenté des difficultés d’éruption pour leurs dents de sagesse, ce qui prouve qu’il s’agit bien d’un phénomène réversible et adaptif et non d’une transformation génétique comme les évolutionnistes le sous-entendent.

Sur ce dernier point, comme pour les autres, on est effaré de

constater à quel point la réalité clinique de la thérapeutique professionnelle se trouve éloignée et décalée par rapport aux déductions hypothétiques issues de la théorie évolutionniste.

Aussi, lorsque les évolutionnistes et les spécialistes de la profession

dentaire parlent de la diminution de la taille de nos mâchoires et de la réduction future de notre formule dentaire comme d’un phénomène adaptif lié à l’évolution de l’espèce humaine (ce qui influence l’enseignement universitaire quant à la nature des traitements orthodontiques), on serait tenté finalement de leur décerner un bonnet d’âne tant leur analyse est faussée et coupée de la réalité clinique.

Mais l’ironie de la situation réside surtout dans le fait qu’une

équipe de chercheurs dentistes favorables à la théorie de l’Évolution en arrive quand même à rejeter cette déduction des paléontologistes évolutionnistes, même à l’aide d’arguments incomplets et boiteux interprétés sous l’angle de la même vision évolutionniste… ce qui révèle encore plus la faiblesse de cette théorie sur ce sujet.

Mais, fait d’autant plus grave, ce manque de hauteur d’analyse

constaté provient d’auteurs qui sont des dentistes responsables d’enseignement dans une Faculté prestigieuse, et c’est fort de leur notoriété qu’ils donnent ce point de vue. Ils semblent totalement coupés de la réalité clinique sur un sujet que visiblement ils ne maîtrisent pas. Peut-être devraient-ils actualiser leurs connaissances cliniques !

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SOCIÉTÉ

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes qu’en les aimant. »

(P. Le Prévost)

Guerre des civilisations en Europe (1ère partie)

Pr Maciej Giertych[42]

Présentation : Publiée par l’auteur sur les presses et sous la livrée du Parlement européen, la brochure Civilisations at war in Europe y suscita quelques remous. L’analyse des faits de civilisation par l’historien polonais Feliks Koneczny (1862-1949) établit en effet que plusieurs civilisations distinctes coexistent en Europe, ce qui exclut toute fusion paisible puisque les comportements et les valeurs, la famille, le droit, l’héritage, etc., obéissent à des règles différentes. Ce sont notamment les civilisations latine, juive, byzantine (prussienne) et touranienne (russe).Dans cette première partie, le Pr Giertych examine les critères sur lesquels se fondent (et se distinguent) les civilisations, notamment la source du droit, l’attitude envers l’éthique et l’attitude envers le temps.

L’humanité peut être classée selon la race, la religion, l’ethnie, la profession, le niveau d’éducation et autres critères. La civilisation est un caractère distinctif de la plus haute importance. Elle concerne les normes que les gens tiennent pour obligatoires pour le bon ordre de la vie commune.

La présentation que je vais faire maintenant est fondée sur l’enseignement de Feliks Koneczny, historien et philosophe polonais, qui déploya sa propre école de pensée sur les différences entre civilisations. Il vécut de 1862 à 1949. Jusqu’en 1929 il fut professeur d’histoire, mais c’est surtout pendant sa retraite qu’il produisit ses œuvres historico philosophiques les plus importantes.

Presque tous ses écrits sont en polonais et, jusqu’à présent, seul son « On the Plurality of Civilisations » (Polonica Publications: London, 1962) a été publié en anglais.

Ce livre contient une longue introduction du Professeur Anton Hilckman de l’Université de Mayence (Allemagne), qui explique la méthode scientifique de Koneczny duquel il fut l’élève. La préface est d’Arnold Toynbee. C’est à ce dernier et à Oswald Spengler qu’il convient de comparer Koneczny: il appartient à la même classe de penseurs. Toynbee et Spengler sont bien connus des spécialistes des civilisations. Koneczny ne l’est pas, et pourtant, c’est lui qui développa une approche vraiment nouvelle sur la méthode de classement des civilisations et il mérite pour cela une reconnaissance universelle.

Définitions

Pour comprendre ce que je vais exposer, quelques définitions préalables sont nécessaires. Avec Koneczny, j’utilise le mot « civilisation » pour désigner la division principale de l’humanité. Le mot « culture » est réservé aux distinctions à l’intérieur des civilisations. Ces deux mots sont souvent utilisés de façon interchangeable, mais ici ils sont hiérarchisés. Ainsi, au sein de la civilisation latine, il y a les cultures anglaise, espagnole, polonaise et autres. Dans la civilisation juive on trouve les cultures sépharade, hassidique, caraïte et autres. Il s’agit seulement d’une convention, utilisée ici pour les besoins de la cause.

La civilisation est un produit de l’esprit humain. Elle se définit par les normes de vie qu’une communauté donnée accepte comme appropriées à son fonctionnement. Ces normes sont souvent transgressées parce que nous avons une nature déchue, mais elles existent malgré tout et leur identification est l’objet de l’étude des civilisations. La civilisation concerne donc les normes d’organisation d’une société. Elle est le mode d’organisation de la vie commune. La culture est l’adaptation de ce mode à une communauté spécifique: dans celle-ci le professeur d’Université aussi bien que l’illettré appartiennent aux mêmes civilisation et culture.

Les innovations techniques, l’automobile, le téléphone, l’ordinateur n’ont rien à voir avec la civilisation au sens que nous utilisons ici.

Pour qu’un mode de vie commune soit considéré comme une civilisation il faut qu’il ait fonctionné pendant plusieurs générations. Les diverses expériences d’organisation de la vie commune qui n’ont pas survécu à leur fondateur ne méritent pas la qualification de nouvelle civilisation. En d’autres termes, une civilisation doit être historique.

La réalité se rattache à cinq catégories:

Vérité -Beauté-Prospérité- Bonté-Santé

La recherche de la vérité requiert la raison. La bonté est une qualité de la volonté. Ces deux catégories sont spirituelles. Prospérité et santé sont des objectifs matériels. Le besoin de beauté est à la fois matériel et spirituel. Tout acte humain se rattache à au moins une de ces catégories.

L’attitude envers ces catégories est ce qui détermine la différence entre les civilisations.

Approche inductive

L’approche de Koneczny est inductive, il n’y a pas de notion a priori. Chaque affirmation provient de l’observation, des preuves et non pas d’idées préconçues. Par exemple, Koneczny rejette l’approche biologique des civilisations de Spengler et Toynbee. L’idée que les civilisations naissent, se développent, croissent, déclinent et meurent n’est pas confirmée par les faits. C’est vrai de quelques unes, mais pas des autres. Ainsi, nous ne savons rien de l’origine de la civilisation chinoise pas plus que nous n’observons aucun signe de son déclin. Elle existe et nous pouvons étudier en quoi elle diffère des autres sans faire d’hypothèse sur le stade de développement qu’elle a atteint. Lorsqu’il étudiait les civilisations, Koneczny cherchait les lois de l’histoire. Il en proposa quelques unes entièrement fondées sur des observations documentées.

En voici quelques exemples:

L’inégalité est une réalité de la vie. L’effort pour rattraper et dépasser les plus riches, les plus sages, les plus vertueux stimule le développement matériel, intellectuel et spirituel. L’égalitarisme l’entrave.

Les civilisations diffèrent tellement qu’il n’est pas possible d’être civilisé de deux façons différentes; chacun appartient à une civilisation mais jamais à deux ou davantage. Quelqu’un peut avoir un père juif et une mère chinoise, mais en termes de civilisation il appartiendra à l’une ou à l’autre, voire à une autre différente, mais il ne peut pas être civilisé de deux manières. Les civilisations, de par leur nature même, doivent être en guerre entre elles. Cette guerre n’a rien à voir avec la force ou l’activité militaire. C’est une guerre d’idées. C’est la question de savoir qui éduque les enfants de qui. Seront-ils élevés dans la civilisation des parents ou ceux-ci permettront-ils qu’ils soient élevés dans une autre civilisation.

Lorsqu’une civilisation cesse de lutter pour défendre sa propre identité, lorsqu’elle considère que les autres civilisations ont la même valeur, la plus « basse », c’est-à-dire la moins exigeante, l’emporte.

Les mélanges de civilisations ne peuvent être que mécaniques, jamais organiques, et ils périssent rapidement car ils sont sans consistance. Il n’y a pas d’exemple historique de mélange de civilisations ayant survécu sur une période de quelque longueur.

Organisation de la vie commune

Dans son analyse de l’histoire du monde, Koneczny parvint à la conclusion que pour la pensée et l’action humaines certaines paires de notions abstraites sont mutuellement exclusives, comme création et émanation, autour desquelles certains groupements d’idées se forment. Huit de ces paires concernent l’organisation de la vie commune et donc le thème des civilisations:

Tableau 1

Personnalisme

Collectivisme

Émancipation de la famille

Famille non émancipée du clan

Induction (à partir d’observations)

Déduction (de notions a priori)

Conscience historique

Négation du passé

Unité dans la diversité, différences bienvenues

Uniformité exigée

Approche organique des problèmes

Approche mécanique des problèmes

Dualisme légal (droit public et privé)

Monisme légal (droit public ou privé)

Autonomie

Totalitarisme

La vie commune peut être organisée soit pour la personne humaine, soit pour la société. L’émancipation de la famille, du clan, est un élément essentiel d’une organisation personnaliste. Les solutions peuvent être cherchées dans l’expérience, par induction, ou par l’adoption a priori de quelque théorie. Prendre l’expérience en considération requiert la connaissance du passé et son respect. Ceux qui prennent les décisions a priori ne s’intéressent pas aux faits et ils exigent l’uniformité. Le respect pour l’expérience du passé conduit à la tolérance pour la diversité. L’unité fondée sur la diversité produit un organisme capable de se réparer lui-même par des corrections venant d’en bas. L’uniformité, imposée par des notions a priori, conduit à un mécanisme et à une vie dirigés d’en haut, ne pouvant être corrigés que par en haut. Les organismes se forment par induction, historiquement, à partir du développement naturel des relations. Ils créent des lois publiques et privées. Les organisations planifiées ne peuvent créer que des mécanismes, fondés sur un seul type de lois, public ou privé, mais pas sur les deux. Cela conduit au totalitarisme, alors que le gouvernement autonome découle de la tolérance de la diversité.

La civilisation latine, à partir de laquelle Koneczny commence ses analyses et tire toutes ses affirmations, appartient en totalité à la première catégorie de notions. Toutes les solutions dérivées de la seconde catégorie lui sont étrangères et la corrompent.

Liste des civilisations

Avec pareille approche la liste des civilisations est courte. Tellement courte que l’on peut en donner la liste ici. L’ordre suivi essaie d’être chronologique, mais ne l’est pas nécessairement, car de nouvelles preuves peuvent en changer l’ordre:

Chinoise*

Égéenne

Égyptienne

Numide*

Brahmane*

Touranienne*

Juive*

Spartiate

Babylonienne

Athénienne

Iranienne

Hellénique

Syrienne

Romaine

Tibétaine*

Byzantine*

Punique

Latine*

Sumérienne

Arabe*

Incas

Aztèque

Les deux dernières sont difficiles à classer chronologiquement, c’est pourquoi elles sont mises à part. On pourrait prétendre qu’il en existe quelques autres, ou que certaines ne seraient que des cultures d’autres civilisations. Koneczny était conscient que d’autres études modifieront certainement la liste, comme l’effort scientifique le fait toujours. Mais en tout cas, la liste est courte. L’astérisque indique les civilisations qui existent encore; les autres ont disparu et nous ne les connaissons que par des documents historiques. Des neuf qui existent encore, la touranienne, la byzantine, la latine et l’arabe sont nées à des époques historiques que nous pouvons plus ou moins définir. Les autres datent d’un temps très lointain, elles paraissent sans âge. Ces neuf civilisations peuvent être étudiées à partir de communautés existantes. Koneczny a examiné en profondeur les civilisations latine, juive, byzantine et touranienne, puisqu’elles existent en Pologne ou près d’elle.

Dans ce qui suit, je me concentrerai sur ces quatre là, mais j’essaierai aussi de rassembler les quelques mots que Koneczny a écrits sur la civilisation arabe, à cause de son intérêt particulier pour l’Europe occidentale aujourd’hui.

Critères de classification des civilisations

Dans l’étude des civilisations des critères ont souvent été employés qui n’ont aucune pertinence pour identifier ces civilisations selon nos définitions. D’autres critères ont été complètement ignorés qui ont cependant une grande importance pour notre sujet.

Race

Je commencerai par la race, très fréquemment invoquée dans le débat sur la civilisation, non seulement du temps de Koneczny, mais aujourd’hui encore. La race n’a cependant rien à voir avec la définition d’une civilisation. La race est un caractère somatique; elle est un aspect de la zoologie humaine. Les différences physiques entre les races peuvent se traduire par des capacités différentes, que l’on voit bien dans le domaine du sport, peut-être aussi dans le potentiel intellectuel, bien que ceci est encore un sujet discutable, mais elles n’ont rien à voir avec les normes tenues pour appropriées à la vie d’une communauté donnée. Ainsi qu’on l’a définie, la civilisation est un produit de l’esprit humain.

Un enfant adopté élevé dans une famille de race complètement différente deviendra normalement une personne conformée à la civilisation des parents adoptifs. En dehors de cette évidence, il y a beaucoup d’exemples de grandes communautés de races différentes dans la même civilisation, ou de gens de la même race dans des civilisations différentes. Les Blancs, racialement indistincts les uns des autres, constituent la majorité des gens appartenant aux civilisations latine, byzantine, touranienne et juive. Dans la civilisation touranienne, cependant, il y a des gens de race blanche (russes), han (chinois) et turkmène (Turquie). La race ne définit pas la civilisation.

La civilisation comporte pourtant un aspect biologique. Elle constitue une barrière très forte par le mariage. Les gens cherchent normalement un conjoint dans la même civilisation qu’eux-mêmes: ils espèrent partager avec lui les normes de leur société. C’est ainsi que la barrière de la civilisation devient biologique. En biologie, le développement des races, tant animales qu’humaines, est une conséquence de leur isolement.

Une communauté isolée développera des caractères biologiques dus à la perte accidentelle de certains gènes (la « dérive génétique ») et également dus à l’adaptation aux conditions spécifiques de l’environnement. Cette dernière cause demande à la vie de s’adapter à un climat différent ou à quelque autre élément des conditions de vie. Dans tous les cas, une communauté isolée développera des traits biologiques qui la distingueront des autres, pourvu que l’isolement soit maintenu. Nous savons bien, en effet, par l’élevage animal que l’isolement est la première condition du maintien d’une race spécifique. Dans les sociétés humaines, les mariages entre gens de civilisation différente se produisent occasionnellement, mais c’est un phénomène rare et moins il se produit plus les différences biologiques entre les civilisations se développeront. Ce n’est pas la race qui fait la civilisation, c’est la civilisation qui fait la race.

Langue

Quelques chercheurs ont suggéré que la langue, ou le groupe linguistique, dans une certaine mesure, définissent la civilisation. Il n’en est pas ainsi. À l’intérieur de la civilisation latine on trouve des langues de groupes très différents: indo-européen, finno-ougrien, celtique et basque. D’autre part, non seulement l’indo-européen, mais aussi le slave sont utilisés dans au moins trois civilisations: latine, byzantine et touranienne.

Le degré de développement d’une civilisation peut cependant dépendre de la langue qu’elle utilise, car c’est un outil important de développement. Si l’instrument est de faible efficacité, le développement peut être lent et la stagnation de la civilisation peut en résulter.

Les gens qui utilisent l’écriture picturale par exemple, et non l’écriture phonétique, peuvent éprouver des difficultés pour écrire les mots abstraits et les transmettre aux générations suivantes. Ainsi la civilisation chinoise est faible dans les humanités car elles requièrent l’introduction constante de nouveaux termes abstraits qu’il est difficile d’exprimer sous forme picturale. L’écriture arabe offre l’avantage de pouvoir s’écrire très rapidement, un peu comme notre sténographie.

L’écriture hébraïque, qui n’enregistre pas les voyelles, favorise les ambiguïtés selon les voyelles supposées manquantes. C’est donc le mode d’écriture qui influence le développement de la civilisation plutôt que la langue elle-même. Les langues changent, pas nécessairement pour un progrès, mais parfois en perdant leur efficacité en tant qu’outil. La tendance actuelle de réduire le nombre des formes grammaticales peut se traduire par une perte de précision.

Religion

C’est une question qui a égaré plusieurs spécialistes des civilisations, y compris Spengler lui-même. La proximité confessionnelle n’entraîne pas nécessairement la proximité de civilisation.

Deux des civilisations actuelles, la juive et la brahmane, sont franchement de nature sacrale; l’arabe est à moitié sacrale. Koneczny n’en était pas sûr au sujet de la civilisation tibétaine, car il ne la connaissait pas suffisamment pour décider si elle était sacrale, semi-sacrale ou autre chose. Les autres civilisations existantes ne sont pas sacrales car pour elles la religion ne détermine pas toutes les catégories de la vie: vérité, bonté, prospérité, santé, beauté.

Le bouddhisme varie selon la civilisation dans laquelle il vit. Le catholicisme essaie de modifier la civilisation dans laquelle il entre, travaillant avec patience sur plusieurs générations. Il essaie de sanctifier tout ce qui, dans la culture locale, est adaptable au christianisme (inculturation), mais il ne cédera jamais sur l’essentiel. L’Islam a très peu de théologie et l’autorité du Coran limite la liberté de certains dirigeants alors que d’autres prendront sur eux-mêmes de se faire les interprètes du Coran.

Loi

L’attitude envers les questions juridiques est un déterminant important d’une civilisation. Dans la loi il y a trois domaines fondamentaux: la famille, la propriété et l’héritage. De nombreuses questions juridiques font la différence entre civilisations.

La façon d’acquérir une femme (payer pour elle ou en attendre une dot), la monogamie, la polygamie ou la polyandrie, les droits ou privilèges de la femme dans la maison du mari, autant d’éléments de la loi familiale ayant des conséquences sur la civilisation. Il est impossible d’avoir une société à la fois monogame et polygame, où il faut payer pour une femme et en attendre une dot, donnant des privilèges à la femme et reconnaissant ses droits. Koneczny affirme que toutes les sociétés sont patriarcales et qu’il ne connaît aucune société actuelle ou passée, fondée sur un système matriarcal. Il est prêt à changer d’avis s’il a la preuve du contraire, mais pour le moment, la question du matriarcat ne concerne pas la discussion sur les civilisations.

La hiérarchie dans la famille, entre les générations, dans le clan et entre les clans, autant d’éléments de la loi de la famille très importants pour la civilisation.

La propriété peut être communale, familiale, privée ou une combinaison de celles-ci.

La véritable propriété privée n’est possible que dans un système monogame, mais la monogamie n’implique pas automatiquement l’existence de la propriété privée. La femme et les enfants peuvent être considérés comme propriété du mari et père ou comme dotés de leurs propres droits de propriété. La loi peut être privée, publique, ou les deux ensemble. La loi privée se déploie dans la famille, dans la famille étendue, dans le clan et dans la nation. La loi publique se déploie dans la ville ou dans l’État, où elle organise la vie entre habitants sans relations entre eux.

La manière selon laquelle la propriété, le droit ou titre est hérité, est une autre question importante différenciant les civilisations. C’est de là que sort le système des castes. Même une femme peut être reçue en héritage (lévirat).

Source du droit

La source du droit est encore plus importante pour définir les civilisations.

Pour ceux qui ont été élevés dans la civilisation latine, il est évident que l’éthique est la source du droit.

Nous pensons que la loi écrite est toujours imparfaite et nous essayons sans cesse de l’améliorer, c’est-à-dire de la mettre en accord avec ce que nous considérons comme juste et moral. Toute question doit d’abord être examinée sur sa conformité avec les normes éthiques et, seulement ensuite, nous l’inscrivons dans la loi. Dans cette discussion la société en général joue un rôle et c’est de là que provient la démocratie.

Cependant, il existe des civilisations dans lesquelles ce n’est pas l’éthique, mais l’intérêt de l’État qui décide de ce qui est écrit dans la loi. Selon cette conception l’État doit être efficace et non pas moral.

Il est aussi possible que la loi trouve son origine dans la volonté du gouvernant. Les Romains qui avaient observé cela en Orient disaient de ce système: « Quod principi placuit, legis habet vigorem » soit: ce qui plaît au prince a valeur de loi. Dans un tel système le gouvernant est affranchi des contraintes morales.

Il peut être un homme bon et moral, une bénédiction pour ses sujets, mais il peut aussi être malfaisant et sans pitié, un fléau pour tous. Dans l’un et l’autre cas, le système légal est très simple et efficient.

Enfin, la Révélation peut être la source du droit. Il en va ainsi dans les sociétés sacrales. Pour les juifs ce sera la Torah, le Pentateuque de Moïse; pour les brahmanes ce sera le livre des Veda. La Révélation ne peut pas être changée, elle ne peut qu’être interprétée mais la lettre de la loi est importante.

Nous disons qu’une personne droite n’a pas besoin de connaître la loi pour vivre en accord avec elle. Cela cependant n’est vrai que pour les civilisations dans lesquelles l’éthique est la source du droit.

Attitude envers l’éthique

L’attitude envers l’éthique est une autre source de différence entre civilisations. Tout doit-il être jugé d’après l’éthique, ou bien existe-t-il des sujets affranchis des contraintes morales ? La politique doit-elle être soumise à la morale ? Qu’en est-il de la guerre ? Et de la guerre au crime ? L’État doit-il être jugé selon les normes morales ? Et le gouvernant ? Les réponses à ces questions déterminent la civilisation.

Devons- nous considérer la lettre de la loi ou l’intention du législateur ? Là encore il y a une importante différence entre civilisations. Avons-nous une éthique valable en toutes circonstances, ou avons-nous une éthique de situation qui varie selon où et avec qui nous traitons? Là encore c’est une source importante de différence.

Le Temps

C’est une découverte propre de Koneczny que l’attitude envers le temps est une différence importante entre civilisations.

Certains peuples primitifs n’ont aucun sens du temps. La capacité à mesurer le temps est un important progrès. Ensuite, naît l’idée du calendrier, prenant habituellement pour point de départ quelque événement historique significatif. Certaines civilisations ont des cycles dans lesquels le temps revient, ce qui permet de penser en termes de périodes plus courtes.

Pour la même raison on adopta les ères. Souvent les gens mesurent le temps à partir de la dernière guerre ou d’une autre catastrophe tels qu’un grand incendie de forêt ou une inondation.

L’étape suivante dans la relation de l’homme avec le temps est son contrôle. Cela est lié au souci de respecter une échéance spécifique, au concept de temps et de date précis, à la ponctualité.

C’est l’échange qui souligna l’importance de définir le lieu et le temps de la rencontre entre le vendeur et l’acheteur. Le producteur peut vendre ses marchandises à l’acheteur soit sur le lieu de production si l’acheteur veut bien y venir, soit sur un marché où le producteur apporte sa marchandise. Il a besoin de savoir où et quand le marché fonctionne, mais, en général, il dispose d’une certaine flexibilité sur le moment précis de son offre. Cependant, lorsqu’il confie sa marchandise à un intermédiaire, à un commerçant, la ponctualité devient essentielle. Ceux qui sont incapables de livrer à temps perdent la capacité de commercer: ainsi le commerce provoque la ponctualité.

Le stade suivant est de considérer le temps comme une marchandise, un bien avec lequel on travaille, pour l’utiliser ou le gaspiller.

L’organisation de la vie, la répartition du temps entre l’étude, le travail, le repos et le loisir, la fidélité à ce partage, la possibilité reconnue de perdre son temps, le pouvoir d’empêcher les autres de faire perdre son temps, autant de modalités du travail sur le facteur temps.

Finalement la notion de responsabilité pour le passé et pour l’avenir apparaît. C’est la conscience historique, le sentiment d’orgueil ou de honte à l’égard du comportement de nos ancêtres. C’est aussi la conscience de la responsabilité envers le comportement futur de nos descendants. Cela demande une réflexion sur une période bien plus longue que la durée de sa propre vie; et fournit un motif aux efforts qui profiteront aux générations futures.

La différence d’attitude des civilisations à l’égard du temps peut ainsi servir pour essayer de les classer.

(À suivre : la descriptions des différentes civilisations européennes sera l’objet d’une seconde partie)

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BIBLE

L’homme, cet aveugle ! Yves Germain

Au commencement du monde, Dieu mit sur la poitrine de la première femme, l’enfant, ….la Vie, ….

Des millénaires plus tard, l’homme « évolué » y mettra la mitraillette,

…la mort…

Satan doit bien rire …mais pour combien de temps ?

Dieu n’a-t-il pas dit :

« Je te garderai de l’heure de l’épreuve qui va venir sur le monde entier. »

(Ap 3,10 – 6ème Église).

Et ensuite :

« Les nations marcheront à sa Lumière . » (Ap 21, 24).

L’Évangile est confirmé :

Mt 24, 12-14 « Et à cause des progrès croissants de l’iniquité, la charité d’un grand nombre se refroidira. Mais qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé. Et cet Évangile du Royaume sera proclamé dans le monde entier, en témoignage pour toutes les nations. »

*

* *

La Prière signée du Nom

Jean-Marie Mathieu

Présentation : La plus parfaite des prières, le Notre Père, est d’une richesse inépuisable puisqu’elle provient directement du Seigneur. Deux approches relativement récentes permettent d’en approfondir encore davantage le sens. Avec le P. Marcel Jousse (1886-1961) nous pouvons lire cette prière comme un récitatif correspondant aux règles d’exposition et d’enseignement utilisées dans les civilisations orales. Grâce au P. Roland Meynet nous découvrons une « rhétorique biblique » avec l’organisation « concentrique » des 5 demandes en saint Luc (comme des 7 demandes en saint Matthieu). Or ces 5, ou 7, demandes se superposent parfaitement aux 5 lettres du Nom de Jésus glorifié. On découvre alors, en cette prière adressée au Père, l’esprit filial du Christ en Ses deux natures. Ainsi le Pater est-il signé du Nom même du Seigneur qui l’a composé…

Saint Thomas d’Aquin pensait que le Pater, l’oraison dominicale, le Notre Père, était la plus parfaite des prières.

Depuis le début de l’Église, cette prière – la seule enseignée par Jésus à ses Apôtres – a fait l’objet de nombreux commentaires exégétiques, spirituels, mystiques destinés à approfondir le sens des mots employés dans les évangiles de Matthieu ( Mt 6, 9 à 13 ) et de Luc ( Lc 11, 2 à 4 ) afin de nourrir la vie intérieure des croyants. Au cours des deux derniers siècles se sont développés de nouveaux types d’analyse littéraire s’ajoutant aux anciens, preuve, s’il en était encore besoin, qu’aucune ‘méthode’ exégétique (ensemble de procédés scientifiques mis en œuvre pour expliquer un texte), qu’aucune ‘approche’ ( recherche orientée selon un point de vue particulier ) pour l’étude de la Parole de Dieu n’est réellement en mesure d’épuiser toute la richesse des textes bibliques, et notamment des deux versions du Notre Père.

Pour aujourd’hui, tenons-nous en aux travaux de deux auteurs – Jousse et Meynet – qui méritent considération.

Le P. Marcel Jousse (1886-1961), jésuite français, professeur à l’École d’anthropologie et directeur du Laboratoire de rythmo-pédagogie de Paris, mit à la base de sa doctrine l’étude du geste et du mimisme humains, ce qui l’amena à découvrir l’originalité des cultures de style oral.

Ses recherches en milieu ethnique palestinien, ses trouvailles concernant l’enseignement rythmique, mélodique du « rabbi Iéshoua de Nazareth », contribuèrent à remettre en question nombre de thèses exégétiques et ouvrirent des voies nouvelles à l’époque. Son élève et sa collaboratrice, Gabrielle Baron, publia en 1982 une Introduction au style oral de l’évangile d’après les travaux de Marcel Jousse (Paris, le Centurion) où elle donne, page 51, le texte du Notre Père tel qu’il était « rythmo-mélodié »[43] au Laboratoire à chacune des leçons:

Récitatif 1

Notre Père des Cieux

Sanctifié soit ton Nom

Que vienne ton Royaume

Que soit fait ton Vouloir Ainsi que dans les Cieux De même sur la terre.

Récitatif 2

Notre pain à venir

Donne-nous aujourd’hui

Remets-nous nos dettes

Comme nous les remettons à nos débiteurs Ne nous fais pas venir en épreuve Mais délivre-nous du Mal (in).

On peut remarquer la forte mise en relief des trois premières

« demandes » = Récitatif 1, et des quatre « dernières » = Récitatif 2, suivant le traditionnel symbolisme du Trois céleste en Haut et du Quatre terrestre en bas. En effet, le nombre 3 peut être ‘lu’ comme un triangle inscriptible dans un cercle, le cercle des Cieux, et le nombre 4 comme un carré délimitant notre aire d’ici-bas. L’abbé Jean Carmignac, de son côté, voyait dans le Notre Père un « poème composé d’après des lois de l’art poétique que l’on trouve aussi dans les manuscrits de Qumrân »: il est disposé en deux strophes (correspondant aux Récitatifs 1 et 2), chaque strophe comprenant cinq stiques bâtis très harmonieusement. (cf. Les Nouvelles de l’Association Jean Carmignac, n° 30, mai 2006, p. 3). Quant à Pierre Perrier, il signale que le Pater araméen peut se lire trinitairement:

Père / Notre Père… ainsi que dans les cieux

Fils / Notre pain… à nos débiteurs Esprit / Ne nous fais pas venir… Mal (in).

Le jésuite français Roland Meynet, qui fut l’élève de Paul Beauchamp et de Georges Mounin, professa durant vingt ans à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth et à l’Institut biblique de Jérusalem. Depuis 1992, le voilà professeur de théologie biblique à l’université grégorienne de Rome. Voyant en Robert Lowth (1710-1787), théologien anglais, professeur de poésie à Oxford, l' »ancêtre » de ce qui est devenu l’analyse rhétorique, Roland Meynet réalisa que « quand on est décontenancé, quand on ne comprend pas (un passage de la Parole de Dieu), il vaut sans doute mieux se remettre en cause soi-même plutôt que d’accuser l’auteur d’avoir mal composé. » Et de se demander « si les textes bibliques obéissaient à une logique différente de celle dans laquelle ont été formés les lecteurs modernes? « Anomalies », « incohérences », « ruptures dans l’enchaînement normal des pensées », tous ces jugements négatifs ne seraient-ils pas formulés en fonction de notre logique occidentale? «  (cf. son ouvrage intitulé L’Évangile de Luc, Paris, Lethielleux, 2005, p.13).

Le savant jésuite en vint alors à vérifier qu’existe bel et bien une rhétorique biblique, ou rhétorique sémitique comme on voudra, dont les canons sont différents de ceux de la rhétorique moderne, héritière de la Grèce et de la Rome antiques. Notre rhétorique classique, gréco-latine, n’est pas la seule manière au monde de penser, de s’exprimer, de composer! Méfions-nous de l’ethnocentrisme occidental qui peut être culturellement limité…

Grâce à l’approche rhétorique, Roland Meynet a mis en lumière la composition précise, et admirable, de l’évangile de Luc, – que d’aucuns pensaient être une simple compilation de morceaux disparates, disposés sans ordre précis – faisant surgir des effets de sens insoupçonnables dans les lectures traditionnelles. Son analyse met au jour l’organisation concentrique[44] du Pater lucanien en cinq demandes :

+que soit sanctifié

le NOM

de toi,

-que vienne

le RÈGNE

de toi ;

le PAIN

de nous quotidien

« Père

DONNE

à nous chaque jour

+remets-nous

les PÉCHÉS

de nous

:car nous-mêmes remettons

à tous les débiteurs

de nous,

-et ne nous fais pas entrer

en TENTATION. »

Mais le père jésuite n’a garde d’oublier la prière du Seigneur selon le premier évangile; d’une construction beaucoup plus régulière et plus complète, les sept demandes en Matthieu s’organisent en un concentrisme éloquent, autour de la demande centrale du pain (comme chez Luc, notons-le ) :

Notre que soit sanctifié le NOM de toi Père vienne le RÈGNE de toi soit faite la volonté de toi comme au ciel ainsi sur la terre;

qui LE PAIN de nous quotidien es DONNE à nous aujourd’hui pardonne à nous les dettes de nous comme nous pardonnons aux débiteurs de nous aux et ne fais pas entrer nous en TENTATION, cieux, mais délivre – nous du MAL.

Roland Meynet fait alors remarquer que les trois dernières demandes visent la libération de choses mauvaises, les « offenses », « la tentation », le « mal » ( ou « le Mauvais » ); inversement, « le pain » de la quatrième demande n’est pas une chose mauvaise, mais une bonne chose, comme celles des trois premières demandes, à savoir « le nom » (de Dieu), son « règne », sa « volonté ». On voit bien que, du point de vue morphologique, la quatrième demande se rattache aux trois dernières (en « nous »), mais que du point de vue sémantique, elle se rattache aux trois premières (les bonnes choses).

Par ailleurs, la troisième demande et la cinquième sont les seules qui s’achèvent par une expansion qui, en grec, commence par le même « comme »: « comme au ciel ainsi sur la terre » et « comme nous remettons… ». Ce qui fait un bel encadrement pour la quatrième demande, c’est-à-dire la demande centrale.

littéraire de l’Épître aux Hébreux, Paris, DDB, 1963 ; sur bien des points, grâce à l’étude éblouissante de l’auteur, l’exégèse de l’épître en sort renouvelée.

Mais ce n’est pas tout: la quatrième demande se distingue de toutes les autres par le fait que ses deux membres sont strictement parallèles: « Le pain de nous quotidien donne à nous aujourd’hui »

Au début, les deux termes principaux de la phrase (le complément d’objet direct et le verbe), suivis des compléments « de nous » et « à nous », puis des synonymes « quotidien » et « aujourd’hui ».

Enfin, et ce n’est pas la moindre chose, la demande du pain quotidien est celle qui s’accorde le mieux avec le nom de celui à qui est adressée la prière.

En effet, s’il fallait faire précéder chacune des trois premières et des trois dernières demandes par le nom divin qui lui conviendrait le mieux, ce serait « le Saint » pour la première, « Notre Roi » pour la deuxième, « Notre Seigneur » pour la troisième, « le miséricordieux » pour la cinquième, « notre libérateur » pour les deux dernières. À strictement parler, seule la demande centrale requiert le nom de Père: l’expérience commune de tous les enfants – au moins à l’époque – est que c’est le père qui fournit le pain quotidien.

À tenir compte de la convergence de tous ces indices, ce n’est plus une division bipartite, mais une organisation concentrique qui s’impose. On pourra alors méditer, sans doute avec plus de fruit, en particulier sur les rapports que peuvent entretenir les demandes qui se correspondent, en miroir, de chaque côté de la demande centrale: par exemple, entre le « saint » Nom de Dieu au début et celui du « Mauvais » à la fin, sur le « règne » de Dieu et la « tentation » (du « Mauvais ») qui sont, dans l’évangile, deux réalités dans lesquelles on « entre » ou on n’entre pas; et, en relevant le parallélisme des deux demandes qui encadrent le centre, on pourra se demander en quoi consiste essentiellement « la volonté » de Dieu!  » (cf. op. cit. pp. 516-517)

Grâce aux études des deux jésuites, Marcel Jousse et Roland Meynet, notre compréhension du « Notre Père » s’est approfondie, s’est enrichie, voilà qui est indéniable.

Mais je voudrais en venir maintenant à une autre approche qui me paraît faire la synthèse de tous ces acquis antérieurs, en leur donnant, me semble-t-il, le sceau final qui manquait à leur beauté.

Le philosophe René Descartes, au terme de son analyse complexe et passionnante de l’idée d’un être infini en ses Méditations métaphysiques ( Méditation III ) – idée qui ne peut pas avoir été produite par un esprit humain fini et imparfait, donc idée mise dans notre esprit par Dieu lui-même – ajoute que cette idée unique d’un Dieu unique est en l’homme comme « la marque de l’ouvrier empreinte sur son ouvrage » (ut esset tanquam nota artificis operi suo impressa). Comprenons: l’ouvrage est par lui-même la marque de son Créateur; l’homme serait ainsi la preuve vivante de Dieu!

Eh bien, il en est analogiquement de même avec la prière du Notre Père. Trop parfaite, trop ‘divine’ pour avoir été ‘inventée’ par un cerveau humain. Elle apparaît comme la signature du Dieu fait homme. Mieux, elle est ‘signée’ du Nom divin.

Je m’explique. Lorsqu’un chrétien se signe « Au Nom du Père, du Fils et du Saint Esprit », sur le front, sur le nombril et sur les deux épaules, il reproduit sur lui le Nom divin révélé à Moïse au Buisson ardent: Y H W H, Nom qui peut se lire ainsi, trinitairement:

Y = lettre symbolisant le Père

H = lettre symbolisant l’Esprit du Père W = lettre symbolisant le Fils

H = lettre symbolisant l’Esprit du Fils.

Donnons-en le schéma suivant:

Y

H Sh H

W

Au centre de la Croix, de la croisée, se place la lettre shin, Sh, symbolisant la nature humaine que le Fils, conçu du Saint Esprit, né de la Vierge Marie, a revêtue en s’incarnant. On obtient ainsi Y H Sh W H, le « Nom nouveau » de Jésus ressuscité annoncé par Jean dans l’Apocalype (3, 12). Mon essai sur Le Nom de gloire (Éd. DésIris, 1992) développe cette approche exégétique.

Résumons succinctement les deux versions du Notre Père :

Matthieu Luc

Y = Nom à sanctifier Nom à sanctifier

H = Règne Règne

Volonté

Sh = Pain de ce Jour Pain quotidien

W = Remise des dettes Remise des péchés

H = Tentation Tentation Mal.

Les cinq demandes du Pater lucanien se superposent parfaitement aux cinq lettres de Y H Sh W H, le Nom nouveau. Concernant les sept demandes, en Matthieu, toute la différence se concentre dans les formules se rapportant au duel spirituel H + H de l’Esprit du Père et du Fils. Là où Luc a deux demandes, Matthieu en a quatre, comme si ce dernier dédoublait chacun des deux HH, symboles de la spiration duelle de l’Esprit Saint. Le premier H, qui chez les deux évangélistes concerne la venue du Règne divin, s’enrichit chez Matthieu d’une autre demande: « Que ta Volonté soit faite… » Et, de même, le second H, relatif à la Tentation, reçoit chez lui une addition symétrique: « Mais délivrenous du Mal. »

Essayons à présent de rendre compte de la signature du Nom structurant la Prière parfaite. Et commençons par repérer le bipôle du Père et du Fils symbolisé par les lettres Y + W, bipôle commun avec Luc d’ailleurs : Nom à sanctifier et Remise des dettes (péchés en Luc).

Le lien entre le Nom divin et le pardon n’apparaît pas de prime abord. Mais réfléchissons à ceci: le Nom que Dieu désire ardemment glorifier à travers l’histoire humaine, c’est Son propre Nom révélé: Y H W H.

Or ce Nom ne sera pleinement sanctifié que lorsque l’humanité coopérera de tout son cœur, et en toute liberté, à la manifestation de Sa gloire à la suite de Jésus ressuscité. En attendant reconnaissons que tout péché, toute faute est une offense qui blesse le Cœur de notre Sauveur et qui appelle réparation, afin que la gloire du Nom, un moment obscurcie, rayonne à nouveau de tout l’éclat de la miséricorde. De plus, rappelons-nous que lors de la fête juive du Yom Kippour, ou jour des Expiations, le grand prêtre, au Temple de Jérusalem, devait prononcer dix fois le Nom Y H W H. Comment mieux établir le lien entre le Nom et le pardon ? Injustement condamné pour avoir, selon Caïphe et les membres du grand sanhédrin, blasphémé le Nom en se prétendant l’égal de Dieu, voilà que le Fils incarné, du haut du gibet où il pend sanguinolent, glorifie le Nom divin. Émouvant paradoxe, bien dans le style de notre Dieu!

Jésus nous a lavés, purifiés en son propre sang, et, nous donnant l’exemple du pardon – « Père, pardonne-leur… » – a fait briller à tous les yeux la sainteté divine. Oui en vérité, le Buisson ardent, c’est la croix !

La lettre shin, la nature humaine assumée par Jésus né à Bethléem – nom qui peut se traduire ‘Maison du Pain’- marque le milieu de la prière; en Matthieu comme en Luc. La demande du pain, besoin de notre corps, peut donc à bon droit être mise en rapport avec cette lettre shin. Benoît XVI, Joseph cardinal Ratzinger, dans son livre récent sur Jésus de Nazareth (Paris, Flammarion, 2007) écrit page 174 que « la quatrième demande du Notre Père nous apparaît comme la plus ‘humaine’ de toutes ».

Mais l’homme ne vit pas seulement du pain de la terre; il a besoin aussi de se nourrir du Logos, de la Parole qui sort de la bouche de Dieu, et depuis deux mille ans les disciples du Christ sont invités à manger le Pain de vie descendu des cieux. Le lien Sh + W des deux natures du Fils incarné réunit les deux nécessités de toute vie communautaire, le don et le pardon. C’est tous les jours que les croyants doivent se sentir dépendants de leur Père du ciel pour les aliments du corps et de l’âme. Et c’est tous les jours également qu’il leur faut se demander mutuellement pardon pour tous leurs manquements à la loi d’amour. Le juste lui-même ne tombe-t-il pas sept fois en une seule journée?

Dans l’évangile de Matthieu, Jésus, après avoir enseigné la prière, reviendra sur l’importance du pardon en résumant le bipôle Y + W : le Fils est miséricordieux comme son Père, soyons donc miséricordieux nous aussi, à son exemple, et le Père nous fera miséricorde. Chez Luc, au contraire, le Notre Père est suivi immédiatement par la parabole de l’ami importun venu en pleine nuit demander trois pains. C’est une éloquente allusion au shin (ש), cette vingt-etunième lettre hébraïque dessinant trois hampes caractéristiques.

Le duel H + H regroupe les demandes doubles qui paraissent en affinité avec l’Esprit duel procédant du Père et du Fils. Tout y est tourné vers les temps eschatologiques, la fin du monde. Le premier H, en effet, implore la victoire, le Règne de Dieu, c’est-à-dire le temps où l’Église se répandra sous le souffle sanctifiant de l’Amour; tandis que le second H invite les fidèles à espérer l’intervention céleste lors des derniers jours, à tenir ferme au temps de l’apostasie sous les assauts du Tentateur, du Mauvais, l’esprit du Mal, qui redoublera de virulence. L’unité du Saint-Esprit est suggérée dans cette prière, car le Règne de l’Amour divin s’instaurera sur terre avec la défaite du Mal, et la Volonté du Père sera alors préférée à notre propre volonté créée. Nous aurons un esprit filial totalement accordé à l’Amour infini; c’en sera fini de toute tentation.

La structure des sept demandes du Notre Père déroule donc les cinq lettres du Nom de Jésus glorifié aux deux HH dédoublés: Y H Sh W H. La prière des prières contient le Christ lui-même en son état de victime en appartenance absolue au Père. En invoquant le Père, nous invoquons le Fils dans l’Esprit, et cette invocation est signée du Nom nouveau Y H Sh W H. Saint Thomas d’Aquin n’avait peut-être pas aperçu tout cela, mais il disait vrai:

l’oraison dominicale est la plus parfaite des prières.

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REGARD SUR LA CRÉATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages. » (Romains 1, 20)

Les neurones et l’influx nerveux[45]

Pr Pierre Rabischong

Résumé : Le rôle de « chef d’orchestre » du cerveau est bien connu : de lui partent les influx nerveux qui provoquent la contraction de nos quelque 600 muscles et c’est à lui qu’aboutissent les informations données par les multiples capteurs sensoriels, permettant la coordination des mouvements.

Mais les circuits électriques de nos machines ne donnent qu’une faible idée du système nerveux. Ainsi l’axone qui prolonge nos neurones (cellules nerveuses) est composé d’une gaine de myéline de quelques microns de diamètre, dans laquelle circule un semiliquide, milieu conducteur de l’influx. À la différence des autres cellules du corps, les neurones ne se renouvellent pas, et c’est sans doute une nécessité pour maintenir le caractère et la personnalité uniques de chacun de nous.

Des synapses, à l’échelle du micron, assurent l’interconnexion des neurones, telles des portes biochimiques s’ouvrant ou se fermant en fonction des opérations de notre pensée. Le système nerveux, décrypté, par le microscope électronique, s’avère d’une complexité qui force l’admiration.

Les composants

Ils sont de deux types : les neurones et les cellules gliales. En d’autres termes, les éléments nobles et les serviteurs. Chaque neurone constitue un corps cellulaire, avec tous les organites que nous connaissons dans les cellules : appareil de Golgi, reticulum endoplasmique, mitochondries, ribosomes, plus des structures spécifiques: microtubules et neurofilaments.

Une loi de polarisation détermine un sens dans la circulation de l’influx qui se fait des dendrites vers l’axone.

Les dendrites sont des prolongements très fins, de la taille d’un cheveu, et très ramifiés pouvant prendre des connexions avec d’autres cellules. À titre d’exemple, une cellule de Purkinje du cervelet peut avoir jusqu’à 200 000 connexions. L’axone est un prolongement, qui peut avoir une longueur de plus de 1 mètre, comme c’est le cas pour les fibres nerveuses du nerf sciatique. Se pose alors le problème technique de la résistance mécanique d’un filament d’un diamètre compris entre 25 et 3 µ sur 1 m de longueur, tout en ayant la consistance du blanc d’œuf.

En effet, le contenu axonal est semi–liquide et comporte un flux lent de 1 mm/j du corps cellulaire à la périphérie et un flux rapide de 400 mm/j au centre. La solution est dans la constitution d’une gaine dite de myéline, faite de phospholipides et produite par une cellule particulière, le neurolemnocyte ou cellule de Schwann. Il se forme une gaine par enroulement autour de la fibre nerveuse d’une lamelle phospholipidique. Il existe des discontinuités dans cette gaine formant les nœuds de Ranvier, où s’opèrent des échanges ioniques, expliquant la conduction saltatoire de l’influx. Dans le système nerveux central, les gaines sont fabriquées par une cellule gliale particulière, l’oligodendrocyte. Cette gaine fixe un calibre et donne ainsi la vitesse de conduction, qui, au maximum, est de 120 m/s pour les fibres de 25 µ. On est loin de la vitesse de la lumière utilisée dans les ordinateurs, mais cette vitesse, relativement lente, est largement suffisante pour les connexions à multiples étages. La classification des fibres nerveuses en A, B, C est ainsi fonction de leur diamètre et de leur vitesse de conduction.

Les neurones sont servis par les cellules gliales, qui assurent toute la maintenance. Elles font les liaisons avec le sang pour la trophicité des neurones, grâce aux astrocytes qui, par l’intermédiaire de pieds posés sur les vaisseaux, assurent les intermédiaires métaboliques nécessaires. Elles assurent l’épuration des déchets et même la défense immunitaire par la microglie. Cela explique, d’ailleurs, la relative facilité d’une greffe de neurones sans problème de rejet.

Le revêtement des cavités ventriculaires est fait d’une névroglie, dite épithéliale, avec des épendymocytes, qui peuvent avoir des spécifications sécrétoires, permettant la production permanente du liquide céphalorachidien. De très nombreuses tumeurs se développent à partir du tissu glial, devenu un thème de recherche important pour l’avenir.

Une des caractéristiques importantes des neurones est qu’ils ne se reproduisent pas de la naissance à la fin de la vie. Nous avons à la naissance un stock de neurones, qui ne changera pas. On pensait et on écrivait que nous perdons des neurones tous les jours, mais cette hypothèse de Soemmering n’a jamais été vérifiée et, au contraire, les neurones sont très bien gardés par les cellules gliales et peuvent survivre, sauf pathologie dégénérative, jusqu’à un âge très avancé.

Ce dogme de la non-reproductibilité des neurones a été quelque peu ébranlé, par l’identification des cellules souches (stem cells), qui sont des cellules polyvalentes à maturation tardive. On sait déjà que le système nerveux, chez l’homme, poursuit sa maturation plusieurs années après la naissance, à l’opposé des petits d’animaux, qui, dès la naissance, doivent se tenir sur leurs pattes et assurer leur alimentation par eux-mêmes, en allant aux mamelles de leur mère. Les cellules souches n’existent pas dans tout le système nerveux central, mais seulement dans des zones à forte activité, nécessitant un renouvellement de composants cellulaires, par une maturation tardive de cellules polyvalentes. C’est le cas du bulbe olfactif et du corps godronné placé dans le complexe hippocampique.

On doit faire deux remarques à ce propos. La première est que la nonreproductibilité des neurones, en particulier du cortex, semble être la condition indispensable pour maintenir, chez un individu, le même caractère et la même personnalité. Tous les humains sont véritablement des individus en ce sens, que, statistiquement, il n’est pas possible de retrouver, dans tous les accouplements des géniteurs, la même configuration de gamètes. Il y a en principe 200 millions de spermatozoïdes tous différents, dans une éjaculation, et un seul pénètre l’ovule, ou exceptionnement deux, pour faire un nouvel individu.

Changer périodiquement l’instrument par une reproduction possible des neurones serait changer la musique cérébrale. La constance du cerveau dans le temps garantit donc le maintien des caractéristiques psychiques d’un individu, tout au long de son existence. Bien entendu, le fonds culturel, dépendant principalement de l’environnement, peut changer avec le temps et l’expérience de la vie, avec ses caprices et ses vicissitudes, et peut amener un changement de réactions comportementales face à une situation donnée, mais l’instrument cérébral, lui, ne change pas. Les caractéristiques de cet instrument sont, malgré ce que pensent certains, fortement dépendantes du plan génétique hérité des parents. Chacun sait qu’un violon ne permet pas de jouer du violoncelle. Par contre, il y a une infinité de possibilités différentes de jouer du violon.

La seconde remarque est qu’en cas de destruction des neurones deux cas peuvent se présenter. S’il s’agit de la lésion d’une fibre nerveuse, par exemple par section, le corps cellulaire, par le flux axoplasmique, crée une régénération du bout proximal de la fibre, qui peut croître à raison de 1 mm par jour. La section d’un nerf périphérique, qui ne contient que des fibres nerveuses, peut être réparée par une suture des deux morceaux du nerf et, dans ce cas, les fibres en régénération peuvent pousser dans des tubes myéliniques déshabités mais vivants, puisque fabriqués par une autre cellule que le neurone. Nous savons encore peu de choses sur les phénomènes éventuels de neurotropisme qui susciteraient une attraction des fibres motrices vers les tubes myéliniques d’axones moteurs et des fibres sensitives vers les tubes sensitifs. Néanmoins, on peut espérer, dans les sutures nerveuses, une récupération de la fonction, utilisable quoique jamais complète. Pour les fibres sensitives, cette récupération peut se faire même très longtemps après la section nerveuse, du fait de la survie longue des récepteurs.

À l’origine, chez le fœtus, les cellules neurales sont des neuroblastes, qui sont groupées en amas tout autour de la cavité ventriculaire primitive. Il y a donc une migration obligatoire des neuroblastes, d’une position circumventriculaire à une position périphérique pour construire le cortex.

Or, cette migration s’effectue à partir de cellules gliales qui établissent un pont du ventricule jusqu’au futur cortex, en tendant une corde radiaire, le long de laquelle les neuroblastes ascensionnent, à la façon d’un alpiniste grimpeur, pour occuper la place qui leur est dévolue dans la matrice corticale. Imaginer ce processus sur une grande surface pour des milliards de neurones avec une mise en place de la couche la plus superficielle en dernier, obligeant les neurones à traverser toutes les autres couches, relève du prodige technique. Et pourtant cela se fait d’une façon très fiable, avec peu d’erreurs, sauf en cas de malformation due à une anomalie dans le plan de construction. Le fait que ce processus migratoire complexe s’opère depuis des milliers d’années sur des millions et des millions d’individus force à penser que la construction du cerveau n’est pas improvisée, ni „bricolée“, mais bien programmée et agencée selon un plan très précis.

En effet, les neurones sont interconnectés au moyen de jonctions, représentant de véritables portes biochimiques. Ces synapses peuvent être neurochimiques ou électriques. Cette dernière modalité rapide de connexion interneuronale se rencontre surtout chez les invertébrés et quelques vertébrés. L’appareil synaptique, dans son extrême miniaturisation, montre une organisation très précise, que le microscope électronique a permis de décrypter. Il y a trois niveaux: la membrane présynaptique, la fente synaptique et la membrane postsynaptique. Des systèmes microfilamentauex et des microtubules, avec de nombreuses mitochondries, entourent l’élément réactif du système: les vésicules synaptiques. Celles-ci sont de taille variable en fonction de la nature de leur contenu en neuro-transmetteur: acétylcholine, noradrénaline, neuropeptides en particulier. Des récepteurs spécifiques de ces neurotransmetteurs se trouvent dans la membrane postsynatique et, de ce fait, le passage transsynaptique nécessite la bonne „clé“ neurochimique, qui peut soit activer, soit inhiber le passage de l’information.

La biologie moléculaire a permis d’aller très loin dans la compréhension du microcosme synaptique. En effet, dans la fente synaptique, dont le diamètre est de 1 à 3 µ, s’opèrent des mécanismes ioniques et enzymatiques complexes, mais bien réglés.

Sans entrer dans le fin détail, qu’on peut lire dans l’ouvrage de Julien Barry (1995), les ions calcium, grâce aux courants de dépolarisation, entrent par les canaux calciques présynaptiques, ce qui active le système calmodulinedépendant et favorise l’association de synapsine I avec les microvésicules. Les potentiels postsynaptiques, d’amplitude faible, de l’ordre de 100 µV à 10 mV, sont soit hypopolarisants et excitateurs, soit hyperpolarisants et inhibiteurs. La réponse finale du neurone postsynaptique dépend de la mise en jeu de canaux ioniques chimiodépendants, primaires et secondaires, correspondant à des récepteurs spécifiques. Ce bref aperçu de la complexité synaptique a pour but de montrer l’existence d’une organisation rigoureuse et reproductible de mécanismes de transfert d’information opérant à des niveaux moléculaires.

La conséquence finale est le potentiel d’action des neurones, d’une amplitude de l’ordre de 100 mV, apparaissant en tout ou rien, à la suite d’une sommation temporelle et spatiale de microactions synaptiques avec un seuil de déclenchement. Les synapses peuvent se faire d’un axone à une dendrite ou à un corps cellulaire, par des boutons synaptiques, ou encore entre dendrites de différents neurones. Toutes ces variétés de synapses permettent toutes les interconnexions possibles. Quand on transpose la discontinuité synaptique des réseaux neuronaux à l’échelle du cerveau tout entier, on comprend quelle machinerie impressionnante préside à tous les phénomènes de pensée, avec le jeu subtil des activations et des inhibitions neuronales, permettant des interconnexions extrêmement variées. Nous voyons ainsi qu’il n’y a pas, comme le croyaient les anciens, un chef d’orchestre mental, placé dans un système particulier identifiable du cerveau, mais plutôt une masse critique de colonnes neuronales actives.

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COURRIER DES LECTEURS

De Monsieur M.V. (Canada)

À tous les ouvriers du CEP, merci de votre bon travail pour défendre la vérité quoiqu’en disent nos contemporains désorientés. Christus imperat.

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De Monsieur G.G. (Vendée)

Je n’ai pas renouvelé mon abonnement, car mes 86 ans m’obligent à supprimer des revues. Continuez sur votre travail de la VÉRITÉ. Je vous reste uni dans la prière.

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Nos membres publient

Les grandes reliques du Christ par le Dr Jean-Maurice Clercq

Connu par ses études sur le Linceul de Turin et par son livre La Passion de Jésus, de Gethsémani au sépulcre (Paris, Éd. F-X de Guibert, 2004), Jean-Maurice Clercq nous donne cette fois une synthèse attendue entre les trois reliques majeures de la chrétienté.

La Tunique d’Argenteuil (France) : linge de corps porté par le Christ durant sa Passion, c’est la tunique sans couture qui a été tirée au sort par les soldats au pied de la croix. Elle porte des traces de sang provenant de la sueur de sang à Gethsémani, de la flagellation et du portement de la croix.

-Le Suaire d’Oviedo (Espagne) : linge de la taille d’une serviette qui a été posé sur la tête de Jésus encore en croix aussitôt après le coup de lance, pour n’être retiré que lors de la mise au tombeau. Il porte des traces d’écoulements ensanglantés importants provenant des poumons, traces traumatiques issues de la flagellation et de la crucifixion : ces écoulements confirment la mort du Christ.

-Le Linceul de Turin (Italie) : linge funéraire qui enveloppa le corps de Jésus pendant trente-six heures. À lui seul, il récapitule « en images » la Passion (agonie, flagellation, couronnement d’épines, portement de la croix, crucifixion), la mort (coup de lance porté au cœur ) et, ce qui est plus important, la Résurrection, par le mystère du corps supplicié « imprimé » en négatif sur la toile.

Cette étude comparative montre la cohérence des données scientifiques apportées par l’étude de ces trois reliques mais aussi leur concordance avec le récit des Évangiles

Il était donc important d’interroger ainsi ces trois témoins muets mais éloquents à qui sait méditer ce qu’ils suggèrent.

Ce ne sont pas des tableaux imaginant la Passion ou la Crucifixion, mais des faits véritables d’autant plus émouvants qu’il fallut attendre notre époque pour mesurer toute la cruauté de ces supplices.

À noter un intéressant chapitre : Le seuil de crédibilité archéologique, fondé sur deux expertises récentes : le crâne de Mozart et les restes d’Agnès Sorel.

(Paris, Éd. F-X. de Guibert, 2007, 160 p., 18 €)

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* *

Baptême

Carl Christaki

Je suis un homme dans le monde, Mais non plus du monde, et sauvé ! Car le baptême m’a lavé De la tache du mal immonde.

En me plongeant en un peu d’onde,

Jésus noya le réprouvé ;

Et, renaissant, j’ai retrouvé La Vie et l’Amour qui la fonde.

L’intelligence, à ce mystère,

Toute seule ne comprend rien ; Or le Fils le révèle aux siens.

En Le voyant, ils voient le Père Et s’ils aiment selon Sa loi, Ils ressuscitent par la croix.

Seigneur, délivre-nous du moi !

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  1. Il s’agit ici de la première occurrence, dans les Évangiles, de cette formule hiératique qui annonce une attestation solennelle en soulignant l’importance des paroles qui vont suivre.

  2. Le mot keraïa, en grec, désigne les traits élémentaires composant une lettre. En hébreu on le réservait aux jambages qui, selon leur longueur, distinguent des lettres semblables comme le he et le het.

  3. Les rabbins se servent des lettres, prises selon leur rang alphabétique, pour écrire les nombres de 1 à 10 : aleph vaut 1, beth vaut 2, etc. Il en allait de même en Grèce, avant l’adoption des chiffres arabes. C’est pourquoi tous les mots pouvaient se voir associer un nombre : celui obtenu en faisant la somme de ses lettres-nombres.

  4. En particulier avec cette volonté peut être plus luciférienne que simplement démiurgique avec laquelle nous tentons de contrôler tous les aspects du futur, de les programmer et d’en exclure tout imprévu. N’est-ce pas une négation pratique de la Providence divine, comme si les hommes savaient mieux que Dieu ce qui est bon pour eux ?

  5. Isaac Newton. Philosophiæ naturalis principia mathematica (1687), Scholium Generale, trad. nouvelle par Marie-Françoise Biarnais (Éd. Christian Bourgois, 1985, pp. 113-116).

  6. On verra plus loin, dans le texte d’Ernest Hello, comment, en perdant son unité, la science a perdu son être : en se dispersant hors d’une véritable philosophie de la nature, elle réduit inéluctablement son intelligence des choses.

  7. Cf. Pr Joseph Mastropaolo, L’enseignement des sciences ruiné par l’Évolution, Le Cep n°

  8. , p.36

  9. Cf. Pr Hubert Saget, L’induction et la régression des enzymes, Le Cep n° 28, p.7

  10. Même si par ailleurs, dans notre Occident post-chrétien, le joug de l’Autre les compense par des affres psychiques plus difficiles à supporter que l’effort physique ; d’où le taux plus élevé des suicides.

  11. Si pour traduire recapitulare nous avons choisi en couverture de la revue le mot « reconsidérer » (qui n’est pas le sens premier), c’est pour manifester le rôle spécifiquement intellectuel du CEP. Il ne s’agit pas de « mettre Dieu partout » : comme le notait Newton, Il y est déjà ! Il s’agit de Le remettre à Sa juste place dans nos esprits, là d’où nous L’avons chassé. 11 Toute l’hérésie teilhardienne tient dans l’oubli de cet Alpha primordial, si bien que son « point Oméga » n’est plus qu’un artificiel effet de perspective.

  12. On a confondu la légitime autonomie de la démarche scientifique avec son impossible indépendance à l’égard de tout présupposé philosophique ou religieux.

  13. Extrait du chef d’œuvre d’Ernest Hello : L’Homme – La vie – La science – L’art (1872), Rééd. Perrin, Paris, 1921, pp 184-192.

  14. Le Président de la République, Jacques Chirac, dans son allocution de remise de la croix de Grand Officier de la Légion d’Honneur à M. Allais disait le 14 mars 2005 : « Maurice Allais est aussi, en quelque sorte, une intelligence universelle. Ce prix Nobel d’Économie aurait pu aussi bien devenir prix Nobel de Physique : son violon d’Ingres, la physique, et sa passion pour la recherche l’ont conduit à faire trois découvertes fondamentales qui remettent en cause la théorie de la relativité. »

  15. Mais dans ce cas, des mesures en altitude auraient dû donner des valeurs supérieures. Miller construisit une « cabane » en altitude au Mt Wilson à 1700 m et trouva la même valeur. De plus, Miller mit en évidence une périodicité de cette mesure en fonction du jour sidéral et de la saison. 3 C’est à dire non conforme aux hypothèses de départ : terre se déplaçant à 30km/s sur une orbite autour du soleil dans un éther immobile.

  16. Un ancien élève de Miller, Robert Shankland, admirateur d’Einstein, fut la cheville ouvrière de cette nouvelle désinformation, initiée après la mort de Miller. Celui-ci, trop bon physicien, avait toujours répondu aux objections en vérifiant et répétant ses mesures avec beaucoup de soin.

  17. A condition de considérer le néo-géocentrisme qui postule une terre fixe, un mouvement du soleil autour de la terre et un mouvement des planètes et des étoiles autour du soleil. Dans ce cas, la mesure de parallaxe est strictement identique à celle de l’héliocentrisme. Le modèle géocentrique de l’astronome danois Tycho-Brahé (1546-1601) considérait que le mouvement de révolution des étoiles était centré sur la terre : dans ce cas, il n’y a pas de parallaxe. En effet, Tycho-Brahé avait choisi cette hypothèse, non au hasard, mais parce que le phénomène de parallaxe n’avait pas été observé à son époque. Cette absence de parallaxe était une de ses objections au système de Copernic. La découverte de la parallaxe des étoiles fut considérée comme un triomphe par les coperniciens. (Ndlr : La parallaxe d’une étoile est le demi-angle au sommet d’un triangle dont le sommet est l’étoile et la base le segment séparant les deux positions d’un observateur terrestre prises à 6 mois d’intervalle).

  18. Il est amusant de constater que Werner von Braun, ainsi que les spécialistes de la NASA, ont toujours utilisé un système géocentrique pour calculer la trajectoire de leurs engins (confinée au système solaire uniquement). En effet, les équations sont infiniment plus simples. Les Européens de l’ESA aussi, mais eux sont plus discrets sur la question.

  19. Professeur émérite de Biologie (San Francisco State University)

  20. « Macroévolution » signifie l’évolution de nouvelles espèces bien distinctes allant jusqu’au genre et aux catégories taxinomiques plus complexes.

  21. Néo-darwinisme (ou simplement darwinisme) exprime l’idée que la diversité des organismes vivants est le résultat d’un processus naturel matérialiste et non programmé ayant commencé avec les premières cellules vivantes. Le mécanisme darwinien du changement évolutionniste suppose une variation génétique aléatoire parmi les individus d’une population et une sélection naturelle des variations les mieux adaptées aboutissant à la formation de nouvelles espèces à partir des espèces ancestrales. De cette façon tous les microbes fossiles et vivants, les plantes et les animaux ont évolué pendant des milliards d’années.

  22. Cf. par exemple Dissent from Darwinism à:

    http://www.discovery.org/csc/

  23. 1970, Harold Shaw Publ., Wheaton, IL

  24. , McGraw-Hill, New York

  25. S.G. Meyer 2004, The Origin of Biological Information and the Higher Taxonomic Categories. Proc. Biol. Soc. Washington 117(2): 213-239.

  26. D. Raup 1979, Conflicts Between Darwin and Paleontology, Field Mus.Nat. Hist. Bull. 50:22

  27. J.C. Sanford 2005, The Mystery of the Genome, Ivan Press, Lima, N.Y., Chap. 9.

  28. M.J. Behe & D.W. Snoke 2004, Simulating Evolution by Gene Duplication of Protein Features That Require Multiple Amino Acid Residues, Protein Sci. 13:2651-2664.

  29. Pour une considération analogue appliquée à l’origine des premières cellules vivantes, cf. D.H. Kenyon 1974, Prefigured Ordering and Protoselection in the Origin of Life, dans The Origin of Life and Evolutionary Biochemistry, Festschrift Volume for Prof. A.I. Oparin (K Dose, S.W. Fox, G.A. Deborin & T.E. Pavlovskaya, Eds) Plenum Press, New York, pp. 207-220.

  30. S.P. Miller, M. Lunzer & A.M. Dean 2006, Direct Demonstration of an Adaptive Constraint, Science 314: 458-461.

  31. « Diminution de la taille des dents au cours de l’évolution de l’homo sapiens ? »,CEP N°5, pp 42-48.

  32. « Évolution et variabilité des dimensions dentaires des Homo sapiens Neanderthalensis »

  33. En fait, ce sont 70% des enfants actuels qui présentent des malpositions dentaires qui, bien sûr, ne sont pas toutes à corriger parce que le trouble demeure mineur.

  34. J’ai vu des jeunes filles faire des dépressions et reprocher à leurs parents pendant des années ces traitements mutilants qu’elles avaient subis.

  35. Voir le N° 13 du Cep : « Dents de sagesse : encore un coup dur pour les évolutionnistes », pp 15-22. 13 Nous pourrions rajouter les Portugais etc. et aussi nos vieilles populations paysannes.

  36. Ce sujet a été partiellement traité dans Le Cep n°1 : De la coupe aux lèvres, pp 24-33.

  37. Cette labidodontie se constate encore régulièrement chez nos patients qui se servent régulièrement de leurs dents.

  38. Les incisives devant se ranger dans une position plus rentrée vers l’intérieur de la bouche vont se positionner sur un arc de cercle plus petit. Trouvant alors une place réduite et insuffisante, elles se mettent en malposition. Ce phénomène progressif s’accentue vers l’âge de 18 ans et des malpositions tardives des incisives apparaissent alors; elles sont cependant attribuées à tort aux dents de sagesse qui commencent souvent à sortir à cet âge. Ce phénomène existe, même quand il y a eu des extractions préventives de prémolaires et de dents de sagesse.

  39. L’usage intensif des maxillaires comme on peut le retrouver chez des populations primitives, ainsi que chez les hommes préhistoriques, va modifier l’angulation arrière de la mandibule qui de 130° (chez nos mastico-déficients modernes adeptes du fast-food) va tendre vers 90°, angulation idéale pour avoir une puissance maxillaire maximum, ce que l’on retrouve aussi chez les singes.

  40. Outre le déchaussement précoce avec une gingivite, il s’induit très souvent un disfonctionnement douloureux de l’articulation temporo-mandibulaire à la mastication car l’articulation et l’engrènement des dents se sont déstabilisés. Ces problèmes sont, eux aussi, en constante augmentation.

  41. Député polonais au Parlement européen, le Pr Maciej Giertych est déjà connu des lecteurs du Cep par son article « L’information en biologie va vers le déclin (Le Cep n° 32).

  42. Rythmo-mélodie : technique de civilisation orale où l’on mémorise contes, légendes, enseignements, etc. en balançant son corps d’avant en arrière et de gauche à droite tout en rythmant et mélodiant les phrases afin de les retenir par cœur. Cf. Marcel Jousse :Rythmomélodisme et rythmo-typographisme pour le style oral palestinien, Paris, Geuthner, 1952.

  43. La rhétorique sémitique a un goût prononcé pour les compositions symétriquesconcentriques : par exemple A, B, C—C’, B’, A’. Pour ceux qui voudraient en apprécier l’apport exégétique, il faut lire, de Sœur Jeanne d’Arc : Les pèlerins d’Emmaüs, Paris, le Cerf, 1977, notamment son tableau intitulé ‘le grand emboîtement’ en fin d’ouvrage. Lire également, du jésuite français Albert Vanhoye – récemment créé cardinal : La structure

  44. Repris du Programme Homme, P.U.F., 2003 ; pp 99-107


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