Revue du CEP numéro 52

Table des matières masquer
1 D’où vient l’anti-créationnisme ? Dominique Tassot

 

 

D’où vient l’anti-créationnisme ?
Dominique Tassot

 

Présentation : Il se mène aujourd’hui, en Europe comme aux États-Unis, une lutte coordonnée contre les “créationnistes”, dont témoigne notamment l’ouvrage récent Les créationnismes.Une menace pour la société française? Une conférence donnée à Reims par l’un des coauteurs, Olivier Brosseau, fut l’occasion de décrypter la nature et les motivations de cet étrange “anticréationnismes.” Le plus étonnant, au premier abord, est de constater que, sous ce même vocable de « créationnismes » (au pluriel), d’authentiques défenseurs du concept biblique de création, donc anti-évolutionnistes, se retrouvent amalgamés avec des évolutionnistes invétérés comme le sont les teilhardiens. Cette réunion artificielle de positions contradictoires peut s’expliquer en termes de tactique militaire : la déception, art de tromper l’ennemi, comporte en effet deux branches, le camouflage et la simulation. De fait, le « créationnisme au sens élargi » est un leurre, une baudruche qu’on agite afin de focaliser l’attention sur les motivations religieuses de ceux qui récusent Darwin. Ce faisant, on vise à camoufler le point faible vital : l’absence de preuves scientifiques de la prétendue macro-évolution.

C’est donc sur le terrain de la science que le combat sera gagné, et tous les efforts des darwiniens pour empêcher un véritable débat scientifique sur l’évolution ne font que nous confirmer que là réside bien le point faible de l’adversaire.

N’en déplaise aux mânes du Grand Timonier de la Révolution chinoise, la pensée collective n’existe pas !

Toute pensée nouvelle naît dans une tête[1] identifiable, celle qui met le concept en formule et choisit les mots pour bien l’exprimer. Alors seulement cette pensée pourra intéresser d’autres esprits qui l’accueilleront et s’en persuaderont.

L’endoctrinement collectif cher à Mao Tse Toung, l’apprentissage “par cœur”[2] d’une formule et sa répétition, peuvent bien susciter des réflexes conditionnés, mais n’ont que l’apparence d’une véritable pensée.

On peut donc se demander qui a inventé de mettre au pluriel le mot “créationnisme” afin de donner une apparence d’existence et d’unité à un ensemble, taillé sur mesure, de courants intellectuels disparates. On peut surtout s’interroger utilement sur l’intention qui guide cette opération diffusée dans le grand public français grâce au petit ouvrage, rédigé par Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau, intitulé : Les Créationnismes. Une menace pour la société française? 3.

Il se trouve qu’O. Brosseau vint donner une conférence privée au siège des Services académiques de Reims, le 9 avril dernier, conférence à laquelle un ami nous permit d’assister. Se présentant comme docteur en biologie, mais « pas chercheur professionnel » puisque « travaillant dans la communication », l’orateur introduisit son exposé en appelant à une « vigilance citoyenne » contre un nouvel ennemi, ou plus exactement de nouveaux ennemis, puisque son titre emploie le pluriel pour les désigner: Les créationnismes. Ce procédé est d’autant plus intriguant que tout substantif abstrait a déjà pour fonction de regrouper sous un seul terme un collectif, parfois très vaste, d’êtres ou de pensées : le libéralisme, l’arianisme, le platonisme, etc.

Certes, nous pourrions évoquer les libéralismes afin d’y distinguer, par exemple, le libéralisme économique, le libéralisme moral, etc. Mais du moins tous ceux qui sont ici visés revendiquent la même idée de liberté, fût-ce pour l’appliquer à des domaines bien distincts.

 

Pour Brosseau, comme pour le dominicain Jacques Arnould4, ce pluriel remplit une fonction bien particulière : amalgamer, sous

 

pas l’origine de la nouvelle qu’il transmet. La somatisation de la pensée semble nous demeurer largement terra incognita.

  1. Paris, Éd. Syllepse, 2008; se reporter à l’article du P. Raphaël Morey d’Allytis, in Le Cep n° 45, octobre 2008, p. 47, ainsi qu’à l’éditorial du n° 42, La menace créationniste, janvier 2008.
  2. J. Arnould, Dieu versus Darwin. Les créationnistes vont-ils triompher de la science ?, Paris, Albin Michel, 2007; le 1er chap. s’intitule : Petite typologie des créationnismes.

la même étiquette jugée infâmante, ceux qui la revendiquent avec d’autres qui la dénigrent ou la récusent.

Pour y parvenir, l’auteur distingue un « créationnisme au sens étroit » (attaché au sens littéral de la Bible) et un « créationnisme au sens large » (acceptant l’évolution, mais la voulant « guidée par une transcendance »)[3]. En clair, il s’agit de donner au terme créationnisme une acception tellement large, car plurielle!, que l’Intelligent Design[4] et les divers courants teilhardiens tels que l’IUP puissent tous s’y trouver indistinctement inclus[5].

Certes ces courants, et Brosseau ne manque pas de le leur reprocher, s’opposent à l’avortement et à l’homosexualité (en tant que « péchés » non voulus par le Créateur). Certes, les évolutionnismes « guidés par une transcendance », en récusant quand même l’élimination des plus faibles et l’ahurissante prétention que des formes puissent naître et se perfectionner ”par hasard”, retiennent quelques bribes de cette vision chrétienne du cosmos qui effraye tant Brosseau et consorts.

Mais là n’est pas la cause efficiente de cet “anti-créationnisme” qui depuis une vingtaine d’année fait publier des livres comme celui de Baudouin & Brosseau, finit par obtenir un vote du Conseil de l’Europe contre Les dangers de Créationnisme dans l’éducation (4 octobre 2007), obtient la démission du ministre de la Culture en

Serbie, Ljiljana Čolić (2004), ou monte à Dover (Pennsylvanie) un procès artificiel afin que l’Intelligent Design, parce qu’il contreviendrait à la séparation entre l’Église et l’État, soit exclu des manuels scolaires.

En méditant sur les effets, on peut remonter vers les causes. S’agissant d’un combat pour instiller des idées, pour occuper le terrain, envahir le mental, il est tout naturel de s’inspirer pour cela de la pensée militaire. La technique du camouflage est utilisée par tous, même par le Caméléon[6] ! On sait moins qu’il s’agit seulement de l’une des branches d’une approche plus générale : la déception. Pour induire l’ennemi en erreur, deux manœuvres complémentaires se proposent: le camouflage et la simulation.

D’une part se cacher aux regards de l’adversaire, lui dissimuler points forts et points faibles; d’autre part le divertir par de fausses alertes et mettre sous ses yeux des simulacres. Des hélicoptères en baudruche et quelques tentes vides dans une clairière donneront l’illusion d’un poste de commandement, etc.

Le conglomérat des “créationnismes” à la mode Brosseau est si manifestement artificiel et hétéroclite qu’il entre à coup sûr dans la catégorie de la simulation : c’est un leurre, un épouvantail qu’on agite pour produire un effet, mais composé de courants trop contraires (et parfois mêmes contradictoires) pour se retrouver jamais unis dans un même combat mené sous une unique bannière. C’est la fausse menace, mais mise en relief, à dessein, pour accaparer l’attention générale.

À cette belle opération internationale de simulation, doit sans doute correspondre quelque part une manœuvre de camouflage, afin de cacher méthodiquement un non-dit, un point-faible, de sorte qu’il échappe aux yeux de tous.

Comment le découvrir? Par la méthode des contraires, par une sorte de raisonnement a contrario, en comprenant que le chiffon rouge agité en l’air est là pour attirer l’attention sur un combat sans portée véritable, contribuant ainsi à masquer le point stratégique, l’enjeu critique dont la découverte ferait perdre la bataille.

 

 

 

L’idée directrice de Brosseau et consorts, la voici : tous ceux qui s’opposent à Darwin, qu’il s’agisse de “littéralistes” antiscientifiques intellectuellement limités (créationnistes stricto sensu) ou encore d’évolutionnistes, donc plus éclairés mais encore prisonniers de leur préjugés métaphysiques (créationnistes « au sens large » acceptant les acquis de la science, tout en en faussant l’interprétation par leur croyance spiritualiste), tous le font sous l’emprise de la religion : explicitement pour ceux qui se disent “créationnistes” (ICR, Haroun Yahia, CSM, etc.), subrepticement pour les tenants de l’Intelligent Design qui, avec leur finalisme, introduisent dans la science l’idée d’un grand Architecte et imposent ainsi des bornes factices à la liberté humaine, notamment dans le domaine moral. Le spiritualisme, voilà donc l’ennemi désigné!

Renan ne disait-il pas, pour barrer aux “cléricaux” les allées de la science : « Le croyant a un préjugé : c’est son dogme! »[7]

Dans l’intimité de sa conscience, le savant pourra penser ce qu’il veut (liberté de pensées oblige !), mais il ne sera pas libre de penser sa science ou de la pratiquer dans le cadre d’une vision chrétienne du monde. Il devra faire une profession de foi matérialiste, naturaliste, comme l’y invite d’ailleurs le n°7 des Documents Épiscopat (publiés sous l’égide des évêques de France) où l’on peut lire: « La science est nécessairement matérialiste »10!

À l’école, on pourra parler du créationnisme dans les cours de religion, comme d’une singularité dans l’histoire religieuse, mais les arguments “créationnistes” (car finalistes) n’ont pas leur place dans les cours de science.

Telle fut du moins la conclusion du Rapport Brasseur voté par le Conseil de l’Europe, ainsi que celle du procès de Dover.

 

En réalité cette position est incohérente. Le Dr Hans-Joachim Zillmer, un des trois experts entendu, en octobre 2006, par le Parlement européen sur l’enseignement de l’Évolution, est un juif athée, comme le fut Arthur Koestler ou Emmanuel Vélikovsky. Quel préjugé religieux va-t-on lui reprocher ? Son livre Darwins Irrtum (l’Erreur de Darwin, 1998), traduit en dix langues, ne comporte qu’une accumulation de faits et de raisonnements scientifiques.

À l’inverse, le député européen qui prit l’initiative de l’audition, le Pr Maciej Giertych, membre de l’Académie des Sciences de Pologne, est un catholique convaincu (dont le frère est aujourd’hui le théologien de la Maison pontificale) : il était déjà croyant lorsque, comme tout le monde ou presque en Europe, il pensait vraie l’évolution. Il le reste aujourd’hui ne varietur malgré qu’il apprît un jour que les prétendues “preuves” de l’évolution n’étaient pas dans les fossiles (comme il le pensait depuis le lycée), mais dans sa propre spécialité, la génétique des populations. Or ces preuves s’avèrent inconsistantes.

On voit sur ces deux exemples extrêmes comment le débat scientifique sur l’évolution représente bien un enjeu intellectuel majeur, puisque nombre de savants venant d’horizons divers, mais ayant à titre personnel mené l’enquête jusqu’à son terme, ont fini par rejeter carrément cette évolution aveugle[8].

Le débat, s’il avait lieu actuellement au sein de l’Université, en respectant les règles d’ouverture et d’objectivité propres à la démarche scientifique, serait perdu d’avance par les darwiniens. Il leur faut donc impérativement l’éviter. Tel est le point névralgique à dissimuler.

En 1953, lorsque le Pr William R. Thomson rédigea une introduction à la réédition de L’origine des espèces, en vue du centenaire de l’ouvrage, il exposa calmement comment la théorie darwinienne lui semblait sans preuves et nuisible pour la science[9].

Un demi-siècle plus tard, un nombre considérable d’arguments, non seulement anti-darwiniens mais anti-évolutionnistes, ont été formulés et restent toujours sans réponse.

Toute la stratégie d’évitement suivie par les anti-créationnistes vise à camoufler cette faiblesse cruciale. Elle nous incite à penser que la question de l’anti-évolutionnisme relève d’un réflexe purement religieux. En incluant, à leur corps défendant, les évolutionnistes théistes ou les tenants de l’Intelligent Design dans ce grand fourre-tout nommé “créationnismes”, les évolutionnistes veulent donner l’impression que l’aspect scientifique de la question n’est plus en cause, que le débat proprement scientifique aurait déjà été définitivement réglé par ailleurs.

Ainsi croient-ils faire d’une pierre (biface!) deux coups. Avec leur tactique de simulation “anti-créationnismes“, ils ont pu marginaliser l’Intelligent Design par amalgame avec le créationnisme stricto sensu, à motivations religieuses. Par leur tactique de camouflage, ils ont pu dissimuler la vraie faiblesse de l’évolutionnisme : l’absence radicale de preuves scientifiques de la prétendue macro-évolution. Et cette double manœuvre de “déception” semble réussir à merveille en Europe.

D’une part le grand public reste dans l’ignorance complète du sujet, n’imaginant pas un seul instant qu’une théorie enseignée dans les manuels scolaires[10] puisse être fausse. D’autre part les milieux scientifiques eux-mêmes peuvent vérifier qu’aucune publication savante ne vient contester le dogme darwinien : ils n’ont donc aucune raison d’approfondir une question jamais soulevée.

Ce qui a le plus frappé Maciej Giertych lorsqu’il assista en novembre 2008 à la session de l’Académie Pontificale des Sciences, ce fut l’ignorance des quarante académiciens présents quant aux arguments scientifiques contre l’évolution. Ces honorables savants n’en soupçonnaient strictement rien. Tout le débat entre eux se résuma à décider si Dieu pouvait avoir encore quelque rôle dans la question, et les athées, largement majoritaires au sein de l’Académie, l’emportaient haut la main.[11]

Est-ce à dire que les anti-créationnistes ont gagné la partie ? Rien n’est moins sûr. La roche Tarpéienne, on s’en souvient, est proche du Capitole! Surtout, notons-le au passage, tout est faux dans cette histoire. Parler des “créationnismes” au pluriel est faux, puisque cela fait mine d’amalgamer des courants sans points communs, notamment évolutionnistes avec anti-évolutionnistes (et c’est ainsi que la manœuvre simulatrice se trahit).

Prétendre que le débat est de nature religieuse est faux. Il y a certes un enjeu religieux (il y en a un dans toutes les dimensions intellectuelles, morales et sociales de la vie!), mais il est ici inessentiel: la question de l’évolution est une question de nature scientifique : une lignée peut-elle ou non acquérir au cours du temps des organes dont elle était dépourvue à l’origine?

Mais si le débat se tranchera bien un jour sur le terrain de la science, les motivations des anti-créationnistes, elles, quoiqu’en disent ces derniers, sont de nature idéologique et religieuse.

C’est bien pour cela que l’évolution trouve toujours des défenseurs, même après deux siècles d’affirmations sans preuve : l’évolutionnisme est une croyance justifiant l’athéisme et, pour la défendre, toutes les anomalies de pensée sont jugées acceptables.[12]

L’aveu en échappe parfois, dans un accès de franchise (ou d’orgueil ?) aux chefs successifs du courant évolutionniste.

Après Gould, Provine ou Dawkins, Michael Ruse, philosophe des sciences et ardent athée darwinien, nous le redit encore : « l’Évolution est promue par ses fidèles (practitioners) comme bien plus qu’une simple science.

L’Évolution est promulguée comme une idéologie, une religion laïque (secular religion) – une alternative pleine et entière au christianisme, comportant sens et morale…

L’Évolution est une religion. Cela était vrai de l’évolution à ses débuts ; ça l’est encore aujourd’hui. » 16

Pour les grands-prêtres de cette religion naturaliste et panthéiste, la science n’est qu’un outil : la caution dont leur croyance se prévaut pour s’emparer des esprits.

C’est pourquoi le respect des règles scientifiques en matière de preuves, de raisonnement ou de méthode leur importe peu. Mais c’est aussi pourquoi ce non-respect doit rester caché : la croyance serait pulvérisée du jour au lendemain si l’on découvrait que la théorie censée la fonder ne tient pas. De là cette gesticulation calculée contre un ennemi inventé de toutes pièces dans le même temps où, fait qui serait anormal s’il était ici question de rechercher la vérité, il n’est jamais donné à l’adversaire véritable l’occasion d’exposer ses idées ou même, tout simplement, d’en débattre.

Que conclure de tout cela ? Cette stratégie d’évitement pour éviter une bataille sur le terrain proprement scientifique, démontre que les évolutionnistes ont d’avance perdu le combat. Ils ne pourront qu’en retarder l’issue. Sous la persécution par les ariens, saint Athanase écrivait : « Ils tiennent les églises ; nous avons la foi. » Par paraphrase on pourrait dire : « Ils tiennent l’Université, la presse, les budgets de recherche; nous avons, avec la stabilité des espèces, l’idée vraie, celle qui correspond aux faits. » Or, dans un combat d’idée, rien ne peut être durablement substitué à la vérité.

 

****************************

 

Accéder au Cep sur la toile, c’est possible: les 42 premiers numéros sont téléchargeables!

Désormais on peut aussi payer en ligne sa cotisation et son abonnement!

Rendez-vous sur le site du CEP: le-cep.org .

De toutes façons vous ne regretterez pas la visite car le moteur de recherche vous permettra de retrouver par un seul mot vos articles favoris ou ceux dont vous avez oublié le titre et la date!

SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère pour se précipiter dans l’incohérence » (Bossuet)

 

Nouvelle Introduction provocatrice

A L’Origine des espèces de Darwin.[13]

 

Pr William R. Thompson

 

Résumé: En 1956, trois ans avant le centenaire du fameux livre de Darwin, les éditeurs de la version usuelle voulurent en actualiser la présentation. Ils s’adressèrent donc à un spécialiste qualifié, biologiste-en-chef du Commonwealth, William R. Thompson, lequel écrivit une Introduction remarquable, traduite ici en français pour la première fois. Y était présentée une critique méthodique et radicale des principales affirmations de Darwin, celles précisément qui sont répandues dans le grand public et ont provoqué – on peut le dire – l’évanescence de la vison chrétienne du monde. La sélection naturelle, présentée par Darwin comme une cause de l’évolution, fut admise car elle semble plausible; mais ce mérite, décisif pour convaincre le public, ne constitue pas une preuve scientifique. De même, l’idée d’une évolution progressive n’a pas été confirmée par l’étude des mutations héréditaires. De même encore, la classification bien ordonnée des êtres vivants ne prouve nullement leur filiation. Sa persistance sur de longues durées contredit même le caractère aléatoire de la variation darwinienne. La paléontologie, contrairement au sentiment commun, vient plutôt réfuter Darwin en confirmant l’absence des formes intermédiaires indispensables à la théorie.

Il faut donc considérer que les spéculations invérifiables du darwinisme ont fait perdre plus de 50 années à la biologie, au moment même où elles provoquèrent le déclin du christianisme, en écartant l’idée d’une maîtrise divine sur l’univers. Voilà ce qui méritait effectivement d’être dit pour le centenaire d’un tel livre!

Lorsque les éditeurs de cette réédition de L’Origine des espèces me demandèrent d’écrire une nouvelle Introduction pour remplacer celle du distingué darwinien, sir Arthur Keith, écrite il y a un quart de siècle, j’hésitai beaucoup à accepter l’invitation.

J’admire, comme le doit tout biologiste, les immenses travaux scientifiques de Charles Darwin et sa dévotion brûlante, durant toute sa vie, à sa théorie de l’évolution. J’admets, comme il l’admettait luimême bien qu’il n’ait inventé ni la doctrine de l’évolution organique, ni même l’idée de la sélection naturelle, que ses arguments et spécialement les arguments de L’Origine des espèces, convainquirent le monde qu’il avait découvert la véritable explication de la diversité biologique et montré comment les adaptations complexes des êtres vivants se produisaient suivant un simple processus inéluctable que peuvent comprendre même les plus simples d’esprit et les illettrés. Mais je ne suis pas convaincu que Darwin ait prouvé sa thèse ni que son influence sur la pensée scientifique et celle du public en général ait été bénéfique.

Je me sentis donc obligé d’expliquer aux éditeurs de l’Everyman Library que mon Introduction serait très différente de celle de sir Arthur Keith et que je ne pourrais pas me contenter de simples variations sur l’hymne à Darwin et au darwinisme qui sert d’introduction à tant de manuels sur la biologie et l’évolution, et que l’on pourrait attendre dans une réédition de L’Origine. Les éditeurs ne soulevèrent pas d’objection et ma principale difficulté disparut. Je suis évidemment bien conscient que mes idées seront considérées comme hérétiques et réactionnaires par beaucoup de biologistes. Toutefois, il se trouve que je crois qu’en science l’hérésie est une vertu et la réaction souvent une nécessité et que, dans aucun domaine scientifique, l’hérésie et la réaction ne sont plus souhaitables que dans la théorie de l’évolution. J’ai écrit ce que je pensais devoir être écrit; mais la responsabilité des éditeurs n’est pas en cause.

J’ai dit que ce fut surtout L’Origine des espèces qui avait converti la majorité des gens à la doctrine de l’évolution. Sir Arthur Keith était tout à fait d’accord. « Aucun livre, dit-il, n’a paru pour le remplacer; L‘Origine des espèces est toujours le livre contenant la démonstration la plus complète que la loi de l’évolution est vraie. » Mais plus on insiste sur ce point, plus il est nécessaire d’examiner minutieusement les preuves données dans L’Origine.

Naturellement, on peut être amené à accepter une proposition vraie par des acquiescements fallacieux ou inadaptés. Pourtant, personne ne maintiendra sérieusement qu’il est bon de faire une chose même juste pour de mauvaises raisons.

Si les arguments ne résistent pas à l’analyse, l’assentiment doit être refusé, et une conversion générale due à un mauvais argument doit être tenue pour déplorable.

Pour sir Arthur Keith, Darwin est un auteur pouvant être classé parmi « le petit groupe fermé des grands Anglais, où figure Shakespeare. » Les critiques littéraires ne sont apparemment pas d’accord avec lui. Bien qu’il ait été souvent considéré comme un auteur obscur, Darwin s’exprime habituellement de façon assez claire. Il ne s’intéressait pas aux considérations philosophiques ni à la définition exacte des termes qu’il employait.

Dans le chapitre final de la première édition de L’Origine, où Darwin récapitule ses arguments, le mot évolution n’est même pas mentionné; pourtant, la proposition qu’il défend peut facilement être définie. Celle-ci stipule que tous les organismes qui existent ou ont existé se sont développés à partir de quelques formes extrêmement simples, voire d’une seule, par un processus de descendance avec modifications. Le mécanisme de ces transformations, bien qu’infiniment complexe dans son fonctionnement, est très simple dans son principe. Pour des raisons encore en partie incomprises, les organismes ont tendance à varier légèrement dans leurs divers caractères. Ces variations doivent être dites aléatoires en ce sens qu’elles n’ont pas de relation prédestinée avec le bien-être de l’organisme. Néanmoins, puisqu’elles se produisent continuellement dans beaucoup de directions, l’individu dans lequel une variation particulière s’est produite aura un léger avantage sur ses concurrents dans un environnement particulier. Les avantages seront transmis à sa progéniture dans laquelle, à cause de la variation, ils se manifesteront à des degrés différents et ainsi, de génération en génération, se produira une adaptation progressive à l’environnement dans lequel les concurrents mal équipés disparaîtront soit par extinction, soit par adaptation à un environnement différent.

Nous devons, dit Darwin, admettre la vérité des propositions suivantes[14]: « que les gradations dans la perfection de n’importe quel organe ou instinct existent maintenant ou peuvent avoir existé, chacune bonne dans son genre; que tous les organes et instincts sont, même au plus léger degré, variables; et finalement qu’il existe une lutte pour la vie aboutissant à la préservation de chaque déviation profitable de la structure ou de l’instinct. » Ces vérités admises, la théorie de la descendance avec modifications par sélection naturelle doit être admise.

Cette explication a une valeur universelle. Elle nous permet aussi de comprendre que chaque puissance, chaque capacité mentale fut une acquisition graduelle mais nécessaire, rendant ainsi scientifiquement compréhensible l’origine et l’histoire de l’homme. Et tel fut le passé, tel sera l’avenir. Nous pouvons, dit Darwin, envisager avec une certaine confiance « un avenir tranquille d’une durée également incalculable. Et puisque la sélection naturelle ne travaille que par et pour le bien de chaque être, toutes les dotations corporelles et mentales progresseront vers la perfection. »

L’idée que la sélection naturelle, aboutissant à la survie du plus apte dans des populations d’individus ayant des caractéristiques différentes et rivalisant entre eux, a produit au cours des temps géologiques des transformations graduelles parties d’un organisme primitif simple pour aboutir aux formes les plus hautes de la vie, sans aucune intervention d’organisation ou de force directrice; telle est l’essence de la position darwinienne. L’évolution sans but ni direction, dit J.S. Huxley, a finalement réalisé, avec l’homme, un être capable de vouloir et de diriger le changement évolutionniste. Ceci demeure, me semble-t-il, la conception des darwiniens modernes les plus représentatifs. Il est vrai que Darwin lui-même admettait un élément lamarckien, les effets de l’usage et de la désuétude, et sir Arthur Keith le défendit contre ceux qui l’accusaient de ne compter que sur la sélection naturelle. Mais ce serait plutôt, dans la vision moderne, une vertu de la théorie darwinienne puisque l’hérédité des caractères acquis est maintenant généralement rejetée par les biologistes.

Il nous faut maintenant examiner les arguments « démontrant que la loi de l’évolution est vraie. »

Le premier argument de Darwin, auquel il consacra beaucoup de travail, est qu’il existe de grandes variations parmi les individus de nombreuses espèces.[15] Cette réalité des variations est particulièrement évidente chez les animaux et plantes domestiques. De ces faits indéniables Darwin tira plusieurs conclusions.

L’une d’elles fut que les espèces ne sont pas strictement immuables, ce que prétendaient habituellement les biologistes. Entre les divers types d’espèces domestiques, les différences sont souvent bien plus grandes que celles qui existent entre les espèces sauvages, et même chez celles-ci il est souvent très difficile de décider si une forme particulière est une espèce ou une variété. La grande différence existant entre les formes des espèces domestiquées montre que la variation peut être stimulée par des conditions particulières et que la sélection artificielle opérée par les éleveurs a produit des formes avec des caractères extrêmement distinctifs. Les différences entre les diverses espèces de violettes ou entre les espèces d’hyménoptères du genre Mesoleius, par exemple, sont clairement beaucoup moins frappantes que les différences entre un pékinois et un setter irlandais, ou qu’entre une pomme des neiges et une reinette grise.

Darwin souligne que dans certaines conditions des individus anormaux sont produits; et il soutient qu’il est impossible de tracer une ligne entre ces monstruosités et les individus considérés comme normaux.[16] Ces arguments convergents montrent que ce que nous appelons une espèce n’est qu’une étape transitoire dans une succession généalogique qui ne peut, à aucun moment, être tenue pour avoir une essence ou nature permanente définissable. Il n’existe donc aucun obstacle intrinsèque à une évolution illimitée et les conditions extrinsèques pour cela existent.

Que la sélection naturelle dirige le cours de l’évolution, Darwin ne pouvait le prouver en se référant aux faits.

Cependant, il était convaincu que tous les organismes tendent à se multiplier dans une proportion géométrique, que chacun vit par une lutte pour ses besoins à une certaine période de sa vie et que, parmi les individus différant entre eux, fût-ce à un léger degré, le plus apte doit survivre et transmettre ses caractères à ses rejetons et, puisque ceux-ci vont continuer à varier, la sélection naturelle va progressivement améliorer les adaptations et la dotation de chaque espèce.5« Ce qui arrête la tendance naturelle de chaque espèce à augmenter en nombre, dit Darwin, est très obscur… Nous ne savons pas exactement quels sont les freins, pas même pour un seul cas. »

Il pouvait montrer par des exemples qu’il y a une grande destruction d’individus dans la nature et indiquer quelques unes des causes de cette destruction; mais il n’avait à offrir que peu de preuves détaillées concernant l’action de la sélection naturelle.

Que la sélection naturelle ait produit ou non la diversité actuelle et passée des formes organiques, cette diversité existe, non seulement dans l’espace mais aussi dans le temps. Des faits tels que la présence de différentes espèces appartenant au même genre dans différentes îles de la même région s’accordent avec l’idée de descendance avec modification à partir d’un ancêtre commun, comme l’est l’absence dans des îles isolées d’organismes sans pouvoirs actifs de migration, et la présence d’autres, comme chauve-souris et oiseaux, ayant un lien taxonomique avec ceux des continents.

D’autres arguments étaient avancés par Darwin: le lent changement et l’apparente progression des formes organiques dans les couches géologiques[17], preuve de l’existence dans le passé d’une grande diversité d’organismes maintenant éteints; la similitude entre les stades embryonnaires d’organismes très différents à l’âge adulte[18]; l’existence d’organes rudimentaires; et le fait qu’une classification naturelle des organismes est possible, puisque cela indique une réelle consanguinité et est donc, en un sens, un miroir du système généalogique par lequel ils ont vu le jour.

J’ai essayé d’inclure dans un résumé nécessairement bref les points les plus importants de l’argumentation de Darwin sans chercher à en affaiblir la présentation. Si Darwin a convaincu le monde que les espèces sont apparues par l’évolution et la sélection naturelle ce fut, je le pense, avec les arguments que j’ai mentionnés. Mais dans une affaire de ce genre beaucoup dépend de la manière avec laquelle les arguments sont présentés. Darwin considérait que la doctrine de l’origine des formes vivantes par descendance avec modifications, même si elle était bien établie, ne serait pas satisfaisante tant que les causes n’en seraient pas correctement identifiées. Ainsi, sa théorie des modifications par sélection naturelle était pour lui d’importance majeure absolue.

 

 

Puisqu’il ne disposait, à l’époque de la publication de L’Origine, d’aucun corps de preuves expérimentales pour soutenir sa théorie, il eut recours à des arguments spéculatifs. L’argumentation des évolutionnistes, dit Quatrefages, rend extrêmement difficile la discussion de leurs idées. Des convictions personnelles, de simples possibilités sont présentées comme des preuves, ou du moins des arguments valides en faveur de la théorie.[19] Comme exemple, Quatrefages citait l’explication de Darwin de la manière dont la mésange pouvait être transformée en oiseau casse-noix par l’accumulation de petits changements de structure et d’instinct dus à la sélection naturelle; puis il entreprenait de montrer qu’il est tout aussi facile de transformer le casse-noix en mésange. La démonstration peut être modifiée sans difficulté pour s’adapter à n’importe quel cas. Elle est sans valeur scientifique puisqu’elle est invérifiable; mais puisque l’imagination est sans frein, il est facile de donner l’impression qu’on a donné un exemple concret de véritable transmutation. [20]

C’est très convainquant à cause de l’extrême simplicité fondamentale de l’explication darwinienne. Le lecteur peut tout ignorer des processus biologiques, il a pourtant le sentiment de comprendre vraiment et, en un sens, de maîtriser le mécanisme par lequel la merveilleuse variété des formes vivantes a été produite. Ce fut là certainement une raison majeure du succès de L’Origine. Une autre est le caractère insaisissable de l’argument darwinien.

Chaque caractéristique des organismes demeure en existence parce qu’elle a une valeur de survie. Mais cette valeur se réfère à la lutte pour la vie. Nous ne sommes donc pas obligés de prendre position sur la signification des différences entre individus ou espèces puisque le possesseur d’une modification donnée peut, dans la course pour la vie, monter ou descendre. D’un autre côté, nous pouvons prendre position si nous le souhaitons, puisqu’il est impossible de réfuter notre affirmation. La plausibilité de l’argument élimine le besoin de preuve et sa nature même donne une sorte d’immunité contre la réfutation. Dans L’Origine, Darwin n’a pas montré que les espèces étaient nées par sélection naturelle; il a simplement montré, sur la base de certains faits et présupposés, comment cela aurait pu se produire, et comme il s’était convaincu lui-même, il fut capable de convaincre les autres.

Mais les faits et interprétations sur lesquels Darwin s’appuyait ont maintenant cessé de convaincre. Les recherches persistantes sur l’hérédité et les variations ont ébranlé la position darwinienne. Nous savons maintenant que les variations causées par les changements d’environnement – les différences individuelles considérées par Darwin comme la matière sur laquelle agit la sélection naturelle – ne sont pas héréditaires.

Nous pouvons, par sélection, séparer dans une population naturelle un nombre de lignées pures ou génotypes, chacune possédant pour un caractère donné sa courbe spéciale de variabilité; mais nous ne pouvons pas changer cette courbe par sélection à l’intérieur du génotype. Par exemple, dans une certaine lignée pure de mouches, celles qui ont les ailes les plus longues peuvent, en théorie, avoir un avantage – bien que je ne vois pas comment démontrer cela. Mais nous ne pouvons pas, en choisissant et accouplant ces mouches aux longues ailes, produire un accroissement progressif de la proportion de mouches aux longues ailes, ni une augmentation progressive de la longueur des ailes.

Il est vrai que certaines variations sont héréditaires. On les nomme mutations; mais elles ne se développent pas graduellement, apparaissent soudainement et gardent leur nature.

Les variétés de plantes et animaux domestiques sont le résultat de mutations.[21] Mais ces formes doivent être éliminées dans la nature, sinon celle-ci offrirait un spectacle complètement différent de la réalité. Ceci est en partie dû au fait que les mutations ne sont pas de nature adaptative.

Si nous disons que c’est seulement par hasard qu’elles sont utiles, nous faisons preuve de trop d’indulgence. En général elles sont inutiles, nuisibles ou mortelles. Darwin lui-même ne pensait pas que les races d’animaux domestiques pourraient survivre dans la nature, mais les darwiniens modernes sont obligés d’expliquer l’évolution par les mutations. Si nous minimisons ou au moins limitons la valeur de survie des caractères en général, nous pouvons admettre que certaines dispositions morphologiques caractéristiques peuvent bien être le résultat de mutations. Mais les néo-darwiniens s’accrochent fermement à la croyance que tout caractère spécifique a valeur de survie. À mon avis, ceci les met dans une position très embarrassante.

Pour comprendre combien leur position est peu convaincante, nous n’avons qu’à regarder le fait de la corrélation organique.

Curieusement, bien que Darwin connût évidemment l’œuvre de Cuvier, il ne tint pratiquement aucun compte, dans L’Origine, du principe de corrélation adaptative énoncé par Cuvier. Pour Darwin la corrélation est seulement une coïncidence de caractères tels que « la relation entre les yeux bleus et la surdité chez le chat, la couleur de la carapace de la tortue et le sexe femelle, le feutre emplumé et la peau entre les doigts extérieurs des pigeons, la présence de plus ou moins de duvet sur les jeunes oiseaux juste éclos avec la couleur future de leur plumage; ou encore, entre le poil et les dents chez le chien turc nu… » En réalité, les remarques de Darwin suggèrent qu’il voit la corrélation comme une connexion matérielle entre des malformations plutôt que comme une adaptation. Ses disciples modernes en général ignorent tout simplement le problème de la corrélation. Cependant il est plus facile de l’ignorer que de le résoudre.[22]

Comme l’a dit Émile Guyénot, les mutations sont impuissantes à expliquer l’adaptation générale qui est la base de l’organisation. « Il est impossible de produire le monde vivant où la note dominante est l’organisation fonctionnelle, la variation corrélée et le progrès, à partir d’une série d’événements aléatoires. »

La situation est donc que si les darwiniens modernes ont bien conservé l’essentiel de la mécanique évolutionniste de Darwin, à savoir la sélection naturelle agissant sur des variations héréditaires aléatoires, leur explication, plausible du temps de Darwin, ne l’est plus aujourd’hui.

On a dit que la substitution de gemmules (particulate)[23] pour le mélange des hérédités faisait disparaître une sérieuse difficulté pour la position de Darwin. Or la conclusion que l’évolution progressive résultait du mélange des hérédités était déjà certainement une faiblesse dans l’argumentation de L’Origine[24] mais la notion de gemmule introduit d’autres difficultés.

Un point important de la doctrine de Darwin, tel qu’exposée dans L’Origine, était la conviction que l’évolution est un processus progressif. « Nous pouvons compter, dit-il, sur un avenir sûr d’une durée incalculable. Et puisque la sélection naturelle ne travaille que par et pour le bien de chaque être, chaque acquis corporel ou mental tendra à progresser vers la perfection. » Les contemporains de la reine Victoria acceptèrent cette idée avec enthousiasme.

 

 

Je dois seulement dire que, sur ce point, Darwin était incohérent puisque, d’après lui, la sélection naturelle agit non seulement par la survivance du plus apte, mais aussi par l’extermination des moins aptes, et qu’elle peut produire aussi bien une détérioration anatomique qu’une amélioration.

En raison de l’existence de différents génotypes à l’intérieur d’une espèce et de leurs différents caractères adaptatifs, des échantillons d’une population très importante prélevés à différents endroits peuvent apparaître différents à plusieurs égards.

De même, qu’une population de ce genre se déployant à partir d’un centre (comme dans le cas de l’introduction d’un insecte) puisse développer des variétés locales suffisamment marquées pour être tenues pour des espèces par un taxonomiste, cela peut être admis volontiers. En outre, si nous considérons le développement d’un organisme complexe à partir de la cellule germinale structurellement simple, nous devons reconnaître que, dans ce domaine au moins, l’évolution au sens classique est un fait accessible à l’observation directe[25]. Mais ces faits sont très loin des spéculations de L’Origine et du concept victorien d’évolution.

Il n’est guère nécessaire de s’étendre sur tous les arguments mineurs avancés par Darwin. Ils consistent essentiellement en traductions de certains faits en termes de théorie évolutionniste, ou en d’autres mots, de leur histoire. Si un organisme possède une structure sans fonction reconnue mais ressemblant à la réduction d’une structure fonctionnelle existant dans quelque autre forme, elle sera considérée comme un “rudiment” dont l’existence ne s’explique que comme un vestige graduellement dévalué venant d’un ancêtre lointain où ce vestige était bien développé et fonctionnel.

Il est clair que cette supposition n’a aucune valeur démonstrative. Elle a besoin elle-même d’une démonstration.

 

 

À moins d’adopter le postulat darwinien que tous les traits ont une valeur de survie, il n’est pas nécessaire de supposer qu’ils ont, ou ont jamais eu, des fonctions définies. Quelques prétendus rudiments, tels que les homologues des glandes mammaires chez l’homme mâle, ne peuvent pas, au seul vu des faits plausibles disponibles, avoir été hérités d’un ancêtre chez lequel ils étaient fonctionnels. D’autres, que l’on croyait inutiles, ont des fonctions définies.

L’existence chez les baleines de dents transitoires et de petits os enfouis dans la chair, mais correspondant au pelvis, au fémur et au tibia, est généralement regardée comme preuve de leur descendance à partir d’ancêtres du type tétrapode avec dents fonctionnelles.[26] Mais, d’abord, certains anatomistes considèrent que ces structures jouent un rôle important dans le développement; deuxièmement, nous n’avons pas de preuve de descente d’ancêtres chez lesquels ces structures étaient plus fortement développées; troisièmement, il est clair que si elles existent maintenant ce n’est pas d’abord parce qu’elles existaient dans le passé, mais parce que des causes présentes agissent pour les produire. Ce que de tels cas, comme ceux de “convergence” anatomique et d’homologie, démontrent en fait est qu’il y a un grand nombre d’organismes qui diffèrent considérablement dans les détails de structure tout en étant construits selon le même plan fondamental. Mais cela n’est pas une preuve de leur descendance à partir d’un ancêtre ayant ce type anatomique. Il faudrait le prouver. On peut dire qu’à moins d’admettre cela, on doit faire la supposition encore plus difficile que de nombreux types complexes sont apparus de façon indépendante. C’est un point, on s’en souvient, que Darwin souleva contre Lamarck. Mais, pour ma part, je ne me sens pas obligé d’exprimer mon opinion sur ce sujet. Darwin lui-même considérait que l’idée d’évolution était insatisfaisante tant que son mécanisme demeurait inexpliqué. Je suis d’accord, et puisque personne ne m’a expliqué de façon satisfaisante comment l’évolution pouvait se produire, je ne me sens pas contraint de dire qu’elle s’est produite. Je préfère dire que sur ce sujet notre information est inadéquate.

 

Darwin a suggéré dans L’Origine que le développement de l’embryon fournit la preuve de l’évolution. Il a postulé que les caractères apparaissent dans l’embryon au stade auquel ils se développèrent chez l’ancêtre, si bien que les nouveaux développements peuvent être cloués, pour ainsi dire, à une phase du développement ancestral, puisque Darwin soutenait aussi que les petites variations, dont, à son avis, dépendait l’évolution

«… n’apparaissent généralement pas au tout début de la vie. »

Cette idée – élaborée par d’autres chercheurs – devint finalement, dans les mains de Haeckel, la « grande loi biogénétique »[27] selon laquelle l’ontogenèse récapitule la phylogenèse, ou encore, comme l’ont dit ses propagandistes : l’animal au cours de son développement « remonte son arbre généalogique. » Une loi naturelle ne peut être établie que comme une induction à partir des faits. Haeckel était naturellement incapable de le faire. Ce qu’il fit fut d’arranger les formes de la vie animale en une série allant du simple au complexe, en intercalant des entités imaginaires lorsqu’il y avait discontinuité, puis en donnant aux phases embryonnaires les noms correspondant aux stades de la prétendue série évolutive. Les cas pour lesquels ce parallélisme n’existait pas étaient traités par le simple expédient de dire que le développement embryonnaire avait été falsifié. Lorsque la “convergence” des embryons n’était pas tout à fait satisfaisante,[28] Haeckel modifiait les illustrations pour les adapter à sa théorie. Les falsifications étaient légères mais significatives. La “loi biogénétique” comme preuve de l’évolution est donc sans valeur.

Un argument plus important aux yeux de Darwin lui-même, était la possibilité de classer les organismes. Toute vraie classification, disait-il, est généalogique. La descendance commune « …est le lien caché que les naturalistes ont cherché inconsciemment. » L’arrangement des groupes dans chaque classe, « respectueux de la subordination et relation aux autres groupes, doit être strictement généalogique pour être naturel. »

 

Et encore, « …le système naturel est généalogique dans son agencement, comme un pedigree; mais les degrés de modifications que les différents groupes ont subis doivent s’exprimer en les rangeant dans des genres, sous-familles, sections, ordres et classes différents. » Ce que nous appelons le système naturel de classification est une preuve de l’évolution puisqu’il ne peut s’expliquer que par l’évolution.

La plausibilité de l’argument est évidente. Pourtant elle n’est pas aussi convaincante qu’il apparaît à première vue. Pour la théorie darwinienne, l’évolution est essentiellement non dirigée, elle n’est que le résultat de la sélection naturelle agissant sur de petites variations fortuites.

L’argument implique expressément que rien n’est exempt de ce processus évolutif. Par conséquent, la dernière chose que nous devrions attendre, sur la base des principes darwiniens, est la persistance de quelques plans structurels communs fondamentaux. C’est pourtant ce que nous trouvons. Le monde animal, par exemple, peut être divisé en quelque dix grands groupes ou phyla, qui ne sont pas tous morphologiquement aussi cohérents et nettement définis que nous le souhaiterions pour leur classification, mais qui sont néanmoins des entités stables et définissables du point de vue taxonomique. Tout animal identifiable ayant jamais existé peut être rangé parmi ces groupes. En général, les groupes subordonnés sont eux-aussi bien définis. On peut dire au premier coup d’œil à quel Ordre ou Famille un insecte donné appartient. Comme je l’ai déjà noté, il y a souvent controverse et incertitude sur les définitions des genres, espèces et variétés; mais l’ensemble du système taxonomique apparaît comme un arrangement ordonné d’entités nettement distinctes, qui sont telles parce qu’elles sont séparées par des intervalles. Darwin expliquait ces intervalles avec l’hypothèse que les intermédiaires sont constamment éliminés par la sélection naturelle. Je ne pense pas que l’on puisse nous demander d’accepter cette supposition non prouvée comme un argument en faveur du darwinisme. Dans tous les cas, elle n’a aucun rapport avec la persistance, tout au long des temps géologiques, et malgré les variations fortuites et la sélection naturelle, des plans anatomiques fondamentaux présentés par les grands groupes. Darwin a répété à plusieurs reprises que les caractères hérités depuis longtemps devenaient stables, et peut-être considérait-il que la persistance de types morphologiques pouvait s’expliquer ainsi.

Mais sans introduire des considérations tout à fait étrangères à son système, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi le type anatomique de l’Échinoderme ou de l’Insecte a continué d’être hérité. Comme tous les organismes que nous connaissons sont engendrés par d’autres organismes, il est naturel d’interpréter la classification biologique en termes de généalogie. Cependant toutes les choses qui peuvent être classées ne sont pas forcément liées par la génération. L’arrangement des éléments chimiques et de leurs composés est une véritable classification, de même que celui des formes géométriques, et pourtant aucune considération de généalogie n’est impliquée.

Vu sous cet angle, on voit facilement qu’en réalité le système de classification des êtres vivants est simplement basé sur les caractéristiques des organismes telles qu’elles se présentent ici et maintenant. Le fondement de ces caractéristiques actuelles est leur constitution physico-chimique. Si nous voulons bâtir une classification généalogique, nous ne pouvons pas le faire avec une collection d’abstractions tirée de notre répartition des organismes existants; nous devons découvrir par quelles formes les organismes actuels sont réellement passés. Si de tels faits historiques ne peuvent pas être attestés, alors il est inutile de chercher des substituts, et du seul fait qu’une classification est possible nous ne pouvons certainement pas en déduire qu’elle est généalogique et qu’elle constitue une preuve quelconque de l’évolution.

L’évolution, si elle s’est produite, peut dans un sens large être qualifiée de processus historique; par conséquent pour montrer qu’elle s’est bien produite la preuve historique est nécessaire. L’Histoire, au sens strict, dépend du témoignage humain. Puisque cela n’est pas disponible à propos du développement du monde de la vie, nous devons nous contenter de quelque chose de moins satisfaisant. La seule preuve disponible est celle des fossiles. Il a été souligné à la fois par les partisans et les adversaires de la doctrine évolutionniste, que même si nous pouvons démontrer la succession chronologique de certains organismes, ce n’est pas une preuve de descendance. Ceci peut paraître ressembler à une finasserie. Si nous mettons dans une cage une paire de mouches et la laissons se reproduire, nous ne doutons pas que les mouches vivantes que nous trouverons dans un mois seront les descendants de la paire initiale.

De même, si dans une formation géologique apparemment non perturbée nous trouvons à un niveau supérieur des coquilles d’escargots très semblables à celles d’un niveau inférieur, nous pouvons raisonnablement conclure qu’il existe une connexion généalogique entre les deux groupes, même si nous ne pouvons pas suivre la descendance d’individu à individu, comme requise dans un véritable arbre de famille.

Par conséquent, si nous trouvions dans les strates géologiques une série de fossiles montrant une transition graduelle de formes simples à des formes complexes et si nous étions certains qu’elle correspond à une véritable séquence chronologique, alors nous serions enclins à penser que l’évolution darwinienne a eu lieu, même si son mécanisme demeure inconnu.[29] Cela est certainement ce que Darwin aurait aimé écrire, mais évidemment il était incapable de le faire. Ce que les données disponibles montraient était la remarquable absence des nombreuses formes intermédiaires que réclamait sa théorie, l’absence des types primitifs qui auraient dû se trouver dans les strates considérées comme les plus anciennes, et l’apparition soudaine des principaux groupes taxonomiques.

Face à ces difficultés, Darwin ne put que regretter l’imperfection des documents géologiques, et suggérer que si ceux-ci avaient été parfaits, ils auraient apporté la preuve de ses vues. Il est donc clair que les preuves paléontologiques à sa disposition, puisqu’elles n’avaient pas conduit les naturalistes compétents à croire en l’évolution, ne pouvaient justifier qu’une suspension du jugement. Bien sûr, l’état des fossiles est insatisfaisant, puisque les tissus mous ont généralement disparu, ne laissant que la structure du squelette, souvent très déformée. Les insectes fossiles du groupe qui m’est le plus familier ne peuvent pas être identifiés avec précision, même au genre près. Il est évident que beaucoup d’organismes maintenant éteints ont existé dans le passé, mais nous ne pourrons jamais les connaître comme nous connaissons les formes vivantes.

 

La succession chronologique des fossiles fait aussi l’objet d’un doute, car il semble que, généralement, l’âge des roches n’est pas déterminé par leurs caractères intrinsèques mais par les fossiles qu’elles contiennent, tandis que la succession des fossiles est déterminée par la succession des strates. On pensait aussi que les fossiles devaient apparaître dans un certain ordre, correspondant en gros aux étapes du développement embryologique. En fait, les strates, et donc les fossiles qu’elles contiennent, ne se présentent pas toujours dans l’ordre attendu. Dans certaines parties du monde, par exemple, le Cambrien, considéré comme la formation fossilifère la plus ancienne, repose sur le Crétacé, considéré comme relativement récent; dans d’autres parties du monde, le Crétacé où les lits tertiaires apparaissent en lieu et place du Cambrien, directement sur le granite. Parfois la nature des dépôts tend à faire croire qu’ils sont chronologiquement continus puisqu’ils ne se distinguent que par les fossiles qu’ils contiennent. Diverses hypothèses ont été émises pour expliquer ces entorses à la théorie, et bien qu’elles soient souvent le sujet de controverse entre géologues, je ne suggère pas que les problèmes auxquels elles se réfèrent soient insolubles.

D’un autre côté, il me semble d’abord que Darwin, dans L’Origine, ne fut pas capable d’avancer une preuve paléontologique suffisante pour étayer ses vues et que la preuve qu’il donna leur était contraire; et je puis dire que la situation n’est pas très différente aujourd’hui. Les paléontologues darwiniens modernes sont obligés, comme leurs prédécesseurs et comme Darwin, d’édulcorer les faits avec des hypothèses subsidiaires qui, même plausibles, sont par leur nature même invérifiables.

On a dit que, bien que nous ne trouvions pas dans les dépôts géologiques les intermédiaires requis par la théorie darwinienne, quelques intermédiaires très frappants ont été exhumés, dont l’exemple classique souvent cité, est l’Archéoptéryx. [30]Pour moi, cependant, il me semble que puisque les strates géologiques représentent probablement des conditions d’environnement très différentes de celles d’aujourd’hui, les prélèvements qui y sont faits peuvent être tenus pour correspondant à ceux qui sont faits en Europe continentale ou sous les Tropiques par rapport à la flore et la faune des îles Britanniques.

Avec l’extension de la gamme de nos collectes, nous enrichissons inévitablement notre représentation de divers groupes, entraînant nécessairement et fatalement l’apparition d’intermédiaires entre les formes prélevées dans la région limitée de notre point de départ. Reconnaître ce fait, relativement aux collectes d’organismes existant ici et maintenant, ne nous contraint pas nécessairement à une opinion quelconque sur l’origine des espèces; et la même chose est vraie des collectes de fossiles.

De l’Origine des espèces a converti la majorité de ses lecteurs à une foi en l’évolution darwinienne. Nous devons maintenant nous demander si cela fut un bienfait sans mélange pour la biologie et pour l’humanité. Sir Arthur Keith, comme nous l’avons vu, n’avait aucun doute à ce sujet. Certains des propagandistes darwiniens étaient même plus positifs encore.

Parlant dans son Anthropogenie de la controverse évolutionniste, Haeckel affirma que dans cette bataille intellectuelle qui passionnait toutes les parties pensantes de l’humanité et préparait pour l’avenir une société vraiment humaine, nous voyions d’un côté, sous la splendide bannière de la science, la libération de l’esprit, la vérité, la raison, la civilisation, le développement et le progrès. Dans l’autre camp, sous la bannière de la hiérarchie, la servitude intellectuelle, l’erreur, l’irrationalité, les modes de vie barbares, la superstition et la décadence. Très récemment, un propagandiste de l’évolution a dit que sans la doctrine de l’évolution, la biologie, sauf dans certains domaines restreints, devenait inintelligible. [31]

Je me trouve incapable d’accepter ces idées. Je ne conteste pas le fait que l’avènement de l’idée évolutionniste, dû principalement à L’Origine, stimula grandement la recherche biologique. Mais il m’apparaît que, justement à cause de la nature du stimulus, une grande partie de ce travail fut orientée dans des directions stériles ou consacrée à la poursuite de feux follets. Je ne suis pas le seul biologiste de cet avis. La conviction darwinienne que l’évolution résulte de la sélection naturelle agissant sur de petites variations fortuites devait retarder d’un demi-siècle, dit Guyénot, le progrès des recherches sur l’évolution.

Les recherches vraiment fructueuses sur l’hérédité n’ont pas commencé avant la redécouverte en 1900 de l’œuvre fondamentale de Mendel, publiée en 1865 et qui ne devait rien à l’œuvre de Darwin.

Dans son grand ouvrage Growth and Form,[32] D’Arcy Thompson nota l’effet débilitant de la théorie darwinienne.

« Aussi longtemps que les ”variations fortuites” et la ”survivance du plus apte” demeurent enracinées comme hypothèses fondamentales et satisfaisantes dans la philosophie de la biologie, aussi longtemps ces ”causes spécieuses et satisfaisantes” retarderont ”l’enquête sérieuse et minutieuse” au grand préjudice des découvertes futures. » Beaucoup de temps fut perdu à produire des arbres généalogiques invérifiables. Par exemple, avec des arguments plausibles mais peu convaincants, les zoologistes ont “démontré” la descendance des vertébrés à partir de presque chaque groupe des invertébrés. Durant les trente années de 1870 à 1900, il y eut une immense concentration d’efforts en embryologie, inspirés par la “loi biogénétique”. Ici encore l’objectif principal était le dépistage des ancêtres. L’essai d’expliquer le développement d’après ses causes physiques réelles fut rejeté avec mépris par des auteurs comme Haeckel. « …Nous avons mieux à faire en embryologie, dit l’un d’eux, que de discuter les tensions des couches embryonnaires et autres questions semblables puisque, nécessairement, toutes les explications doivent être de nature phylogénétique. » Peu à peu on comprit que cet objectif était hors d’atteinte. L’embryologie alors cessa d’être à la mode. Les taxonomistes aussi suivirent le mouvement, en construisant d’hypothétiques ancêtres pour leurs groupes et en expliquant la dérivation des formes actuelles à partir de ces entités imaginaires.

Je ne nie évidemment pas qu’une grande quantité d’informations précieuses fut acquise par ces études, mais je crois qu’elle aurait pu être obtenue plus efficacement sur une base purement objective. Mon impression est aussi que, bien que cela restât improductif d’un point de vue darwinien, ceci ne fut généralement pas reconnu. Les lacunes des données étaient rapiécées avec des hypothèses, et le lecteur en garde l’impression que, si les faits ne soutiennent pas la théorie, ils devraient vraiment le faire.

Un effet durable et regrettable du succès de L’Origine fut l’accoutumance des biologistes à la spéculation invérifiable. Des “explications” sur l’origine des structures, des instincts et aptitudes mentales de toutes sortes, en termes de principes darwiniens, marqués de la plausibilité darwinienne mais désespérément invérifiables, sortirent à flots de chaque centre de recherche.

Les spéculations sur l’origine et la signification des ressemblances entre animaux, ou entre les animaux et leur environnement et la signification des motifs de couleur frappants qu’ils montrent souvent, en constituent un des exemples les mieux connus. Dans l’article sur le Mimétisme de la 14ème édition de l’Encyclopaædia Britannica, nous trouvons une remarquable explication de la forme des insectes tropicaux appartenant au groupe des “porte-lanterne”. La tête de ces insectes, qui n’est pas très grande, ressemble, en miniature, à la tête d’un alligator prolongée par un museau à la base duquel se trouve une protubérance ressemblant à un œil tandis que, le long du côté, des formations ressemblent à de minuscules dents. Aussi curieuse que soit la ressemblance, il s’agit manifestement d’une pure coïncidence. L’insecte dans son ensemble ne ressemble pas du tout à un alligator. Cependant, pour l’auteur darwinien de l’article, nous tenons ici un exemple de développement d’une ressemblance protectrice par la sélection naturelle. La similitude entre la tête de l’insecte et celle de l’alligator est une protection contre les singes. Le singe ne confond pas vraiment l’insecte avec l’alligator, mais la vue de sa tête lui rappelle le jour où un alligator faillit l’attraper alors qu’il s’abreuvait dans un ruisseau. Voici l’effet des fantasmes darwiniens sur la pensée biologique!

Le succès du darwinisme fut accompagné par un déclin de l’honnêteté scientifique. Ce fut déjà évident avec les affirmations téméraires de Haeckel[33] et l’argumentation changeante, tortueuse et théâtrale de Thomas H. Huxley. Un exemple frappant, découvert seulement récemment, est celui de la modification du crâne mis au jour à Piltdown afin de pouvoir l’utiliser comme preuve de la descendance de l’homme du singe.[34]

Mais même avant cela, un cas semblable de tripatouillage de preuve fut finalement révélé par l’inventeur du Pithécanthrope24, qui admit, de nombreuses années après son rapport sensationnel, qu’il avait trouvé dans la même fouille des os incontestablement humains. Bien que ces faits soient maintenant bien connus, un ouvrage publié en 1943 accepte encore le diagnostic du Pithécanthrope donné par Dubois comme étant une créature avec un fémur de forme humaine permettant la posture érigée.

 

 

 

Il y a peu (1947), une exposition à Londres, destinée à l’éducation du public, présentait le développement de l’homme de telle sorte qu’il insinuait la vérité de la “loi biogénétique”; et dans la même

 

Des reconstitutions entières de l’homme primitif, basées sur la plus petite découverte invérifiée, sont souvent présentées imprudemment dans la littérature destinée au public profane. Lorsqu’ensuite la reconstitution est démontrée fausse, aucune réparation appropriée n’est offerte pour éclaircir tout malentendu. Aucun étudiant de l’évolution ne devrait se priver du plaisir de consulter The Illustrated London News du 24 juin 1922, pp. 942, 943 & 944. L’entière double page de ce magazine luxueux est consacrée à l’Hesperopithecus, Homme Singe du monde occidental, page écrite par nul autre que la sommité de l’époque qu’était alors sir Grafton Elliot Smith, F.R.S., professeur d’anatomie à l’Université de Londres.

Les Hesperopithecus (mâle et femelle) y sont montrés folâtrant, entourés par le cheval primitif Pliohippus, les antilopes Ilingoceras et le rhinocéros sans corne. La reconstitution de l’Hesperopithecus repose sur l’unique découverte, faite par Harold J. Cook géologue conseil, d’une molaire dans le Pliocène des couches de Snake Crack en Nebraska occidental. Le Pr Henry Fairfield Osborn salua cette dent comme appartenant à un nouveau genre et espèce: l’Hesperopithecus haroldcookii. Ultérieurement fut montré par le Dr W.K. Gregory que la fameuse dent était celle d’un pécari éteint, le Prosthennops serus.

Voyez American Museum Novitates, 25 avril 1922 et 6 janvier 1923; Science, vol. 66, 1927.

24 Quant aux faits relatifs au Pithécanthrope, cf. la brochure 75 d’ E.P.M. Pithecanthropus (Ape-Man): the Facts, de A.G. Tilney; voir aussi la brochure 94 Four Weak Links de Francis Vere, édit. E.P.M. 1958 (B.M. WP 12598).

 

exposition se trouvaient des reconstitutions problématiques montrant la descendance de l’homme en y incluant l’homme de Piltdown.

Comme nous le savons, il demeure de grandes divergences d’opinion entre biologistes, non seulement sur les causes de l’évolution mais même sur son processus réel. Ces divergences existent parce que la preuve n’est pas satisfaisante et ne permet aucune conclusion certaine.

Il est donc juste et approprié d’attirer l’attention du public non scientifique sur les désaccords à propos de l’évolution. Mais quelques remarques récentes d’évolutionnistes montrent qu’ils trouvent cela déraisonnable. Cette situation où des scientifiques prennent la défense d’une doctrine qu’ils sont incapables de définir scientifiquement et encore moins de démontrer avec rigueur scientifique, essayant de maintenir son crédit dans le public par la suppression des critiques et l’élimination des difficultés, est une situation anormale et indésirable en science.

Il est difficile d’évaluer l’impact de L’Origine sur la mentalité publique. Il doit être considéré en union avec l’ouvrage ultérieur de Darwin, L’Ascendance de l’Homme, et avec les écrits de ses partisans dans plusieurs pays. Cependant, sir Arthur Keith a dit que Darwin luimême avait fait plus que quiconque pour lever « le voile de la superstition » dans l’humanité et, en un autre endroit, que le darwinisme est « une doctrine fondamentale de la liturgie rationaliste. » Ces remarques laissent entendre qu’à son avis le déclin de la foi dans le surnaturel, et probablement le déclin du christianisme, sont largement dus à l’influence de Darwin. Je crois qu’il y a beaucoup à dire en faveur de cette opinion. Il est vrai que dans L’Origine Darwin parle de la vie comme « ayant été donnée initialement à quelques formes ou à une seule»; et il fait référence à un Créateur[35]. D’autre part, il s’élevait contre la génération spontanée, soutenue par Lamarck. Mais je crois que cette objection s’adressait surtout à une idée qui aurait limité l’extension explicative de sa propre théorie.

Bien que l’ouvrage de Darwin ne contienne aucune attaque directe contre la vision chrétienne du monde, il lui est opposé sur de nombreux points cruciaux. Le récit biblique de la création des êtres vivants peut être interprété, et l’a souvent été, d’une manière plus ou moins compatible avec la doctrine de l’évolution. Des propagandistes tels que T. H. Huxley, ont pourtant fait tous leurs efforts pour freiner cette possibilité et prouver que l’orthodoxie chrétienne implique une interprétation littérale de la Genèse, irréconciliable avec l’évolutionnisme. Darwin lui-même, malgré qu’il eût au commencement quelques idées vaguement chrétiennes, les abandonna bien vite et cessa de croire en la révélation chrétienne.

La doctrine de l’évolution par sélection naturelle, telle que formulée par Darwin et telle que ses disciples l’expliquent encore, a un fort parfum antireligieux. C’est dû au fait que les adaptations complexes et les coordinations que nous voyons chez les êtres vivants, en évoquant naturellement l’idée de finalité et de dessein, et donc d’une Providence intelligente, sont expliquées, selon ce qui semble un argument rigoureux, comme résultant du hasard. On peut dire, et les théologiens les plus orthodoxes le soutiennent, que Dieu contrôle et dirige aussi les événements dus au hasard; mais les darwiniens rejettent catégoriquement cette affirmation et il est clair que dans le livre de Darwin l’évolution est présentée comme un processus essentiellement non dirigé.

Pour la majorité de ses lecteurs donc, De l’Origine a bel et bien fait s’évanouir la preuve d’un contrôle providentiel sur l’univers. On pourra dire que c’est par leur propre faute. Néanmoins l’échec de Darwin et de ses successeurs à tenter une évaluation équitable des questions religieuses en jeu, révèle une stupidité regrettable et un manque de responsabilité. En outre, sur un plan purement philosophique, la doctrine darwinienne de l’évolution comporte quelques difficultés que Darwin et Huxley étaient incapables d’apprécier.

Entre les organismes simplement vivants, ceux qui vivent et éprouvent des sensations et ceux qui vivent, ont des sensations et une raison, il existe, de l’avis de respectables philosophes, de brusques transitions correspondant à une ascension dans l’échelle des êtres, et ils pensent que les forces du monde matériel ne peuvent pas produire de telles transitions.

Je n’essaierai pas de discuter ici cette difficile question. Néanmoins, il est clair que cette conception a toujours été celle de l’humanité en général. Que les plantes, les animaux et l’homme puissent être distingués parce qu’ils sont radicalement différents, est une conviction de bon sens, ou l’était du moins jusqu’à l’époque de Darwin. Les biologistes sont encore d’accord pour une séparation entre les plantes et les animaux, mais l’idée que la différence entre l’homme et l’animal soit seulement de degré est maintenant si répandue chez eux que même les psychologues ne cherchent plus à utiliser de mots comme “raison” ou “intelligence” selon leur sens exact.

Cette tendance générale à éliminer, au moyen de spéculations invérifiables, les limites des catégories que nous offre la Nature, est l’héritage légué à la biologie par L’Origine des espèces. Pour établir la continuité que demande la théorie, on invoque des arguments historiques bien que la preuve historique fasse défaut. Ainsi sont construites ces fragiles tours d’hypothèses empilées les unes sur les autres, où réalité et fiction s’entremêlent dans une inextricable confusion. Que ces constructions répondent à un appétit naturel, cela ne fait aucun doute. Il est également certain que dans son livre Darwin a créé ce que l’on peut appeler la méthode classique pour satisfaire cet appétit. Nous commençons à réaliser que la méthode est douteuse et la satisfaction illusoire. Mais pour comprendre notre propre pensée, pour voir quelles erreurs nous devons éradiquer afin d’établir la biologie sur une base scientifique, nous pouvons encore revenir avec profit au livre-source qu’est De l’Origine des espèces.

 

*

 

 

 

* *

 

 

 

La datation Potassium/Argon est-elle fiable?[36]

 

Jean de Pontcharra

 

Résumé: Trois articles parus dans les premiers numéros du Cep[37] ont bien montré les problèmes liés à la datation des fossiles et, plus généralement, à celle des ères géologiques. Le n°20 (août 2002) donna trois articles[38] sur les anomalies constatées dans la datation de roches éruptives provenant du Mont St-Helens aux États-Unis (1980). Des dates très anciennes (de 0,34 à 2,8 millions d’années) avaient été trouvées pour ces échantillons, pourtant contemporains. Nous allons proposer une explication simple remettant en cause les hypothèses qui sous-tendent la méthode Potassium/Argon (K/Ar). Sachant que cette méthode de datation est utilisée massivement dans la chronologie des fossiles d’hominidés depuis des décennies, ses failles jettent dès lors un doute sérieux sur sa validité comme “chronomètre” et remettent en cause toute la chronologie de la Préhistoire.

 

Introduction.

 

Les méthodes de radiodatation sont utilisées massivement dans un large éventail d’applications, allant de la géochronologie à la paléontologie, de la climatologie à la santé publique.

Après une courte digression sur la méthode expérimentale et son éventuelle application à des événements passés, nous aborderons une des méthodes les plus populaires, la datation par potassium/argon (K/Ar). Nous verrons que les hypothèses de « système fermé » et de « remise à zéro de l’horloge» lors d’une éruption volcanique ne sont pas vérifiées.

En effet la géochimie dans les profondeurs de la terre, très mal connue, s’est avérée très complexe et les hypothèses simplificatrices fondant la méthode ne sont pas vérifiées dans la pratique.

 

La méthode expérimentale et son application aux événements passés.

La méthode expérimentale peut aider à résoudre des questions qui se posent sur les phénomènes physiques observables. À l’aide d’instruments d’observation et d’appareils de mesure, le chercheur fera des expériences destinées à expliquer et modéliser des événements qu’il peut provoquer et observer. Les résultats, couplés aux connaissances antérieures et aux discussions avec d’autres scientifiques, aideront à l’interprétation des données et à l’élaboration de théories explicatives des phénomènes observés. Les résultats doivent être confirmés par d’autres expérimentateurs ou laboratoires et s’avérer reproductibles. Les résultats ne sont pas des « faits » irréfutables comme il est souvent dit de façon erronée, mais sont l’objet d’interprétations qui peuvent être différentes voire même opposées selon les équipes et laboratoires. L’application de la méthode est autrement délicate lorsqu’il s’agit d’événements passés. En effet nous n’avons pas accès direct à ces événements et nous ignorons les conditions dans lesquelles ils se sont produits. Nous n’avons accès qu’aux conséquences ou traces qu’ils ont laissées, seules observables aujourd’hui. Mais ces traces peuvent aussi résulter d’événements distincts et successifs, chaque événement postérieur modifiant l’aspect laissé par l’événement précédent à des dates inconnues.

Il ne reste plus au chercheur qu’à imaginer des hypothèses sur la succession, l’intensité et la date des événements passés. Des expériences actuelles peuvent l’aider à retrouver ou reproduire les traces qu’il voit aujourd’hui, mais sans aucune garantie que cela corresponde avec certitude à ce qui s’est réellement passé. Contrairement à la légende véhiculée par les scientifiques euxmêmes, il n’y a pas de méthode « absolue » de mesure du temps. Pour cette raison, la confrontation de différentes interprétations et l’échange d’arguments et de mesures expérimentales sont absolument nécessaires entre chercheurs, pour établir un scénario plausible des événements passés. Les expériences en faveur d’une hypothèse doivent être examinées, mais également les contre-expériences qui pourraient la contredire.

 

 

Aucune certitude ne pourra être tirée d’une unique interprétation humaine; seul un faisceau de faits concordants pourra favoriser l’une ou l’autre hypothèse. L’histoire des sciences montre que des consensus paraissant solides se sont avérés erronés par la suite.

 

Aspect historique et théorique

 

La découverte de la radioactivité naturelle et artificielle ouvrit un large champ d’applications. Ainsi la datation par mesure de la radioactivité fut proposée dès le début du XXe siècle. Mais l’ignorance des séries radioactives naturelles, de l’existence d’isotopes et le simplisme des modèles atomiques, la faible précision des comptages Geiger ou par spectrométrie de masse, donnèrent des résultats très dispersés et disparates. Rutherford, de 1904 à 1906, sur des échantillons d’une même roche, trouva 40 Ma (million d’années), puis 140 Ma, puis 500 Ma, en modifiant les hypothèses de départ. Nier en 1935 trouva 2570 Ma pour l’âge de la terre par la méthode Pb/Pb, alors que l’univers était “daté” de 1800 Ma par la « constante » de Hubble.

Mais le pire, les méthodes de radio-datation furent calibrées en se basant sur l’échelle stratigraphique en usage chez les paléontologues. Les hypothèses de base et les données à l’origine furent choisies en conséquence. La propagande scientiste présenta ces résultats comme une confirmation scientifique et indépendante des chronologies basées sur la stratigraphie.

Ces hypothèses simplistes sont :

  1. Les conditions qui ont formé ou affecté l’échantillon dans le passé sont les mêmes que celles observables aujourd’hui.
  2. Les phénomènes radioactifs ne sont pas affectés par les conditions externes : température, pression, champs électromagnétiques, plasmas, conditions hydrothermales, etc.
  3. L’échantillon est un « système fermé », c’est-à-dire qu’il ne subit pas d’échange ni d’interaction (physique ou chimique) avec l’environnement tout au long de son histoire.
  4. À l’origine, l’échantillon radioactif ne contenait pas d’élément(s) “fils”, mais uniquement l’élément radioactif “père”.

 

La méthode Potassium/Argon

 

Cette méthode, comme les méthodes dérivées, est basée sur la mesure de la quantité d’argon 40 (Ar40) provenant de la décroissance radioactive du potassium 40 (K40) contenu dans les roches. Pour pouvoir être utilisée comme chronomètre, il est indispensable qu’il n’y ait pas encore d’argon au moment de la cristallisation de la roche à dater. C’est pour cette raison que la méthode n’est appliquée qu’aux roches éruptives, supposées avoir perdu tout leur argon lors de l’éruption. Si cette condition est réalisée (nous discuterons plus loin de sa validité), il est possible de calculer un « âge » en fonction des quantités de potassium et d’argon présentes dans le cristal et de la période de décroissance radioactive du potassium (fig. 1). Fig. 1

Potassium/Argon dating. Standard assumptions

 

La méthode est dite cumulative, c’est-à-dire que le taux d’argon varie de zéro (échantillon contemporain) à une quantité donnée en fonction du temps écoulé. L’âge minimal dépend de la quantité minimale d’argon et de potassium qui peut être mesurée actuellement avec nos appareils.

Pour une roche pauvre en potassium on ne pourra pas descendre en dessous de 0,2 Ma (millions d’années). Pour une roche très riche en potassium on pourra descendre à environ 0,01 Ma.

La condition de « système fermé » s’avère essentielle, car une perte d’argon ou un gain en potassium rajeunira l’échantillon, et une perte en potassium ou un gain en argon le vieillira (fig. 2). Mais, paradoxalement, nous verrons par la suite que les roches qui gardent bien l’argon, comme l’olivine, donnent les dates les plus fausses, car elles contiennent aussi de l’argon qui n’a pas dégazé lors de l’éruption (les spécialistes l’appellent « argon en excès »).

 

Fig. 2

Potassium/Argon dating Principle. Standard assumptions

Radioactive potassium 40 disintegrates in calcium 40 (89% probability, half-life 2 billions years)

and in argon 40 (11 % probability, half-life 17 billions years).

Supposing total argon outgassing during the eruption, and no potassium and argon exchange until to present, the age of the crystal is deduced from the present argon 40 and potassium 40 content

Crystallization at t= t0 N0 potassium (K) atoms

measurement at t=present

N0 –NCa– NA : K atoms NA : Ar atoms

Zero argon (Ar) atoms

40

Ar Loss

40

K loss

40

K Gain

40

Ar Gain

40

Ca loss

40

Ca Gain

crystal

ASSUMING: TOTAL Ar OUTGASSING and CLOSED SYSTEM K40/Ca40 is not used because of the mobility of Ca ions

 

L’argon en excès.

Comment les physiciens se sont-ils aperçus du problème posé par dégazage incomplet des roches lors des éruptions ? Tout simplement en mesurant l’argon dans des roches issues de laves récentes ou contemporaines, dans un but de calibration de la méthode K/Ar. Ils pensaient mesurer zéro argon.

Or les quantités d’argon en excès varient d’une éruption à l’autre, d’une roche à l’autre et d’un cristal à l’autre dans une même roche. Un nombre considérable de publications, ces dernières années, signalent des dates aberrantes pour des roches éruptives actuelles ou simplement bien datées historiquement [1] [2].

 

Fig. 3

 

En réalité, ni les roches cristallisées ni les réservoirs de magma d’où elles sont issues ne sont des systèmes fermés. Observons les résultats des mesures obtenues sur la dacite contemporaine collectée en 1986 sur le dôme d’extrusion du Mont St-Helens (État de Washington, É-U) durant les éruptions de 19801985. La datation de la roche totale donne 0,35 Ma. La datation sur des cristaux séparés de la roche varie de 0,34 Ma pour le feldspath à 2,8 Ma pour le pyroxène.

Des résultats comparables sont obtenus pour des coulées d’andésite du Mont Ngauruhoe (Nouvelle Zélande), qui se sont produites en 1954. Le tableau fig. 4 présente les résultats sur différents échantillons qui donnent des âges entre 0,27 et 3,5 Ma.

 

Fig. 4

Potassium/Argon Dating

Problems

A.A. Snelling, 1998

Andesite1954 flows

Mt Ngauruhoe, New Zealand

G Berthault, S Austin

Dacite extrusion 1986

Mt St Helens, USA

1.3 ±0.3

0.000075

0.000087

0.977

A#2

whole

rock

3.5 ±0.2

< 0.27

2.8 ±0.3

0.9 ±0.2

0.35 ±

0.05

Model Age

(

)

Ma

0.000202

<0.000016

0.000096

0.000053

0.000022

Ar

 

40

/ K

40

0.000112

<0.000002

0.0000540

0.0000370

0.0000225

Ar

40

ppm

0.944

1.074

0.466

0.581

0.924

K

2

O

)

(

% weight

B#1

whole

rock

A#1

whole

rock

Dome

M

1

pyroxene

Dome

H

1

amphibole

Dome

1

whole

rock

Sample

element

 

 

Il n’y qu’une explication à ces résultats erronés: l’argon 40 mesuré dans ces échantillons ne provient pas de la décroissance radioactive du potassium 40. Il y a de l’argon 40 déjà présent dans les roches et qui s’y trouve piégé au moment de leur cristallisation dans le réservoir de magma profond. La géochimie qui se produit dans les réservoirs de magma de la croûte et/ou du manteau terrestre est d’une grande complexité. La température et la pression variant avec la profondeur, les conditions hydrothermales qui régissent l’état du magma et sa composition varient dans une large gamme. En particulier, les gaz dissous dans le magma liquide peuvent être piégés dans la maille cristalline lors de la cristallisation fractionnée de certaines roches.

L’argon total mesuré après l’éruption additionne alors quatre contributions :

 

Ar(total) = Ar(primordial) + Ar(radiogénique dans le magma) + Ar(radiogénique après éruption) + Ar (venant de l’atmosphère après éruption).

 

Seul le 3e terme est lié au temps écoulé depuis l’éruption. La présence des 3 autres contributions fausse totalement la datation.

Le 4e terme pourrait être soustrait par mesure du rapport isotopique Ar40/Ar36, mais les deux premiers termes ne peuvent absolument pas être corrigés. L’hypothèse du complet dégazage de l’argon lors de l’éruption n’est pas vérifiée, ce qui invalide radicalement la méthode.

 

Physico-chimie des magmas

 

Pour creuser un peu la question, penchons-nous sur les possibles phénomènes se produisant en profondeur. Notre connaissance de la composition de la terre est très limitée, les forages les plus profonds s’arrêtant à 12 km. Les chercheurs se contentent de méthodes indirectes: propagation d’ondes sismiques, ou analyse des roches remontant à la surface. La méthode expérimentale rencontre les mêmes limitations que pour les événements passés : elle n’a qu’un accès indirect à l’objet de son étude, inaccessible géographiquement. Les hypothèses et les modèles sont légion, ils sont simplistes dans leurs hypothèses de départ, très compliqués dans leur formulation et fourmillent de contradictions et de paradoxes. Bibliographie dans [3].

L’examen des roches éruptives dans le monde entier montre une extrême variation dans la composition des réservoirs de magma et la notion de système fermé en devient inacceptable [4] [5].

La fig. 5, schématise un possible scénario des phénomènes se produisant sous la surface terrestre.

La composition des magmas dépend des conditions hydrothermales aux profondeurs considérées : pression, température, quantité d’eau présente et forme de cette eau, composition des roches formant les parois du réservoir, vitesse de déplacement ascendant, effet de la pesanteur, flux de convection thermique, alimentation par d’autres réservoirs situés à d’autres profondeurs, etc.

 

 

 

 

 

 

 

Fig. 5

 

 

Une quantité considérable d’éléments peut être incorporée dans le magma liquide, par fusion des roches adjacentes (roches plutoniques, métamorphiques ou même sédimentaires). En particulier, de l’argon primordial et de l’argon radiogénique provient du potassium contenu dans ces roches (fig. 6).

Cet argon peut être dissous dans le magma liquide, mais aussi piégé dans des cristaux qui se forment par cristallisation fractionnée. Des expériences de laboratoire avec des enclumes à diamant à très haute pression et température (jusqu’à 200 GPa et 4000°K) ont montré la solidification des silicates et l’incorporation d’argon dans la maille cristalline et/ou dans les défauts cristallins [6]. L’état supercritique de l’eau et de l’oxyde de carbone dans les magmas modifie les solubilités des gaz nobles et leur incorporation dans les cristaux.

 

 

 

Fig. 6

 

 

 

Ces cristaux présents dans le magma en fusion ne se dissolvent pas lors de l’éruption, et l’argon piégé dans la maille cristalline n’est pas dégazé comme le serait l’argon dissous dans le magma liquide, par détente lors de la remontée vers la surface. Cela peut être illustré par un sablier qui ne serait pas remis à zéro (fig. 7). En effet, l’horloge radioactive K/Ar n’est pas remise à zéro. L’échantillon sera vieilli selon la quantité d’argon piégé. C’est l’explication des âges anciens trouvés pour les roches éruptives contemporaines. La quantité d’argon présente étant très variable d’un lieu à l’autre, d’une éruption à l’autre, les âges déterminés par la méthode sont erratiques. On rend compte ainsi des différences d’âge trouvées sur les cristaux différents d’une même roche, qui piègent plus ou moins d’argon selon leur structure cristalline.

 

 

 

 

 

Fig. 7

K/Ar Model AGE versus reality Date of crystallization

Time

K0K0

Model AGEIn Reality

Ar0=0Ar0≠0

KtKt

Measurement at present

Art Art +Ar0

 

 

À gauche, le modèle théorique; à droite, la réalité. K0 et Ar0 sont les quantités de potassium et d’argon au moment de la cristallisation. Kt et Art, au moment de la mesure au temps t.

 

 

Application en paléontologie.

Il est évident que ce problème d’argon en excès, dont la quantité n’est même pas évaluable, remet en question les datations de fossiles publiées depuis les débuts d’utilisation de la méthode. Les laboratoires balayent l’objection en prétendant que leurs mesures sont cohérentes avec l’échelle stratigraphique. Mais cette échelle est elle-même remise en question par les travaux de sédimentation en eau courante lancés par G. Berthault [7], [8]. Il y a donc ici un problème de fond qui ne pourra être résolu que par une collaboration entre différentes équipes de recherche, faisant table rase des préjugés de la science officielle et remettant au goût du jour la discussion et la confrontation de différentes hypothèses.

 

Recherche future.

Les fossiles polystrates sont un sujet de recherche fascinant qui pourrait être mis à profit pour répondre à quelques interrogations.

Considérons la fig. 8 ci-après qui nous montre un tronc fossile vertical incrusté dans les strates horizontales d’un site sédimentaire. Pour l’échelle stratigraphique officielle, ces fossiles polystrates posent un problème insoluble, car le bas du fossile aurait plusieurs millions d’années de plus que le haut. La datation du tronc à différentes profondeurs, couplée à la datation dans les strates adjacentes par toutes les méthodes applicables à ce cas d’espèce (en particulier le carbone 14) pourrait donner des résultats surprenants, confirmant les chronologies courtes. Et pourrait conforter les résultats obtenus par des équipes américaines sur des os de dinosaures supposés éteints il y a des dizaines de millions d’années, mais qui ont donné, par le carbone 14, des âges de quelques dizaines de milliers d’années.

 

Conclusion

Il est démontré que les postulats fondateurs des méthodes de datation par radioactivité ne sont pas vérifiés en pratique. Les chercheurs feignent de considérer qu’il ne s’agit que d’exceptions. Comme les âges souhaités doivent concorder avec l’échelle stratigraphique, s’ils sont trouvés plus jeunes on prétendra que la roche a été lessivée et a perdu son argon; s’ils sont trop vieux, alors et alors seulement on admettra qu’il y avait un excès d’argon au moment de la cristallisation. Mais l’excès d’argon est tellement variable, que l’on trouve toujours une date qui « colle » avec la date stratigraphique. Les autres dates seront passées sous silence.

Les résultats de sédimentation de G. Berthault ne peuvent plus être ignorés et suscitent un intérêt croissant, en particulier en Russie. Ils vont dans le sens d’une chronologie courte pour l’histoire de la Terre.

Dans le cas du K/Ar, la présence d’argon en excès invalide tous les âges obtenus avec la méthode. Pour les autres méthodes par radio-éléments, l’hypothèse de système demeurant « fermé » durant des centaines de millions d’années (en supposant que ces durées immenses aient une réalité…), ne tient pas la critique. De plus, les travaux très récents de physiciens nucléaires [9] [10] montrent que le taux de décroissance radioactive n’est pas constant dans un environnement métallique (le noyau de la terre est supposé ferrique).

 

 

Cette découverte fondamentale est peu ébruitée dans les milieux scientifiques car elle aurait des conséquences dramatiques pour la datation (alors qu’elle pourrait être très bénéfique pour le traitement des déchets nucléaires).

Les expériences proposées ci-après sont de nature à résoudre beaucoup de questions en suspens. Il est souhaitable qu’elles puissent être menées à bien et qu’elles obtiennent un financement.

 

Fig. 8

 

 

Bibliographie

 

  1. G.B. Dalrymple, 40Ar/36Ar Analysis of Historic Lava flows Earth and Planetary Science letters, 1969, vol. 6, pp. 47-55.
  2. G.B. Dalrymple, J. G. Moore, Argon-40: Excess in Submarine Pillow Basalts from Kilauea Volcano, Hawaï, Science 13 septembre 1968, vol. 161, n° 3846, pp. 1132 -1135.
  3. F.J. Spera, W.A. Bohrson, Energy-Constrained Open-System Magmatic Processes I: General Model and Energy-Constrained Assimilation and Fractional Crystallization (EC-AFC) Formulation Journal of Petrology, vol. 42, n° 5, pp. 999-1018 & 2001.
  4. J. E. Gardner, S. Carey, H. Sigurdsson and M. J. Rutherford,

Influence of magma composition on the eruptive activity of Mount StHelens, Washington

Geology,1995; 23: 523-526.

  1. D.L. Anderson, A model to explain the various paradoxes associated with mantle noble gas geochemistry, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, vol. 95, août 1998, pp. 9087-9092.
  2. R. Boehler, High-pressure experiments and the phase diagram of lower mantel and core materials, Reviews of Geophysics, 38, 2 mai 2000, pp. 241-245.
  3. G. Berthault, Analysis of the Main Principles of Stratigraphy on the Basis of Experimental Data, J. of Russian Academy of Science “Lithology and Mineral Resources”, vol.37, n°5, 2002, pp. 442 – 446.
  4. G. Berthault, A. Lalomov, Determination of Actual Time of Sedimentation of Cambrian-Ordovician Sandstones of North-West Russian Platform, General Assembly of European Geoscience Union, Vienne, 16 avril 2007, session SSP-1.
  5. C. Rolfs, Electron screening in metallic environments: a plasma of the poor man, Publication della Societa Astronomica Italiana, vol.77, 2006, p. 907.
  6. F. Raiola et al., Electron screening in d(d, p)t for deuterated metals and the periodic table, vol. 547, Issues 3-4, 7 nov 2002, pp. 193199.

 

*

* *

HISTOIRE

« Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. »

(Marcel François)

 

La dette d’Hitler envers Darwin[39].

 

Anthony Nevard[40]

 

Résumé: Les programmes d’histoire au Royaume-Uni s’assurent que les lycéens soient bien informés des atrocités du régime nazi. Cependant on n’y signale pas que les idées politiques d’Hitler prennent leur source dans l’œuvre du naturaliste anglais Charles Darwin. Pourtant l’élimination des “races inférieures” n’est que la transposition à la société humaine de l’élimination des moins aptes par la sélection naturelle. De même le combat (Kampf) pour l’espace “vital” n’est que la forme politique de la “lutte pour la vie” darwinienne.

 

« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes, contre les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais répandus dans les airs » (Éph. 6, 12)

 

Les programmes actuels aux examens d’histoire dans les écoles secondaires anglaises attachent une grande importance à l’étude de l’Allemagne sous le IIIème Reich. Les élèves qui optent pour l’épreuve d’histoire au baccalauréat vont étudier deux fois à fond la période nazie sur quatre ans. Si les élèves sont à juste titre incités à détester les politiques racistes d’Hitler, ils paraissent bien peu informés sur leur lien avec une source très influente de telles idées: celles du naturaliste anglais Charles Darwin.

 

 

La relation entre nazisme et darwinisme a été soulignée par plusieurs auteurs créationnistes mais semble être sous-estimée par l’histoire séculière. L’Anglais Malcolm Bowden a exposé les racines évolutionnistes des extrêmes droite et gauche du spectre politique:

 

Le substrat évolutionniste de la théorie du “surhomme” de Nietzsche et l’utilisation qu’en a faite Hitler avec sa “Race Supérieure” sont bien connus. L’effrayante conséquence de la théorie de l’Évolution poussée à sa conclusion logique : l’élimination des races “inférieures”, apparaît dans l’horreur des camps de concentration de Belsen, d’Auschwitz, etc. Le remarquable est que si les historiens renseignent soigneusement sur les atrocités du régime d’Hitler, aucun d’entre eux ne souligne le fait que ce régime reposait sur une philosophie évolutionniste. La théorie est vraiment sacro-sainte et préservée de toute critique, d’où qu’elle vienne.[41]

 

Le scientifique américain Henry Morris confirme:

 

En fait, alors que tout élève d’école publique est maintenant bien informé des maux d’Hitler et de son ”national-socialisme”, on ne lui enseigne presque jamais qu’il était entièrement fondé sur l’évolutionnisme. C’est une surprenante dissimulation, et même une réécriture de l’Histoire. Les évolutionnistes modernes réagissent avec colère lorsqu’on leur rappelle que l’Évolution a fourni sa logique au nazisme, mais cela est vrai malgré tout.[42]

 

Morris cite sir Arthur Keith, éminent anthropologue évolutionniste anglais, écrivant juste après la Seconde Guerre mondiale:

 

 

Pour voir des mesures évolutionnistes et une moralité tribale appliquées rigoureusement aux affaires d’une grande nation moderne, nous devons nous tourner vers l’Allemagne de 1942. Nous voyons Hitler religieusement convaincu que l’évolution donne la seule base réaliste de la politique nationale.[43]

Le Führer de l’Allemagne, comme je l’ai toujours maintenu, était un évolutionniste; il a consciencieusement cherché à rendre les réalisations de l’Allemagne conformes à la théorie de l’Évolution.[44]

 

L’influente Ligue Moniste, fondée par Ernst Haeckel (1834-1919) convertit beaucoup de savants allemands et autres intellectuels au matérialisme, au racisme, au nationalisme et à l’impérialisme. Ce que confirme le géologue Kenneth Hsu:

 

Le darwinisme de Haeckel a trouvé son expression terroriste dans le national-socialisme. Pour Hitler, l’évolution était la marque de la science moderne et ses « vues en histoire, politique, religion, christianisme, nature, eugénisme, science, art et évolution…coïncident pour la plupart avec celles de Haeckel. »[45] Dans la théorie biologique de Darwin, Hitler a trouvé son arme la plus puissante contre les valeurs traditionnelles.8

 

On peut trouver la preuve de ces affirmations dans le célèbre livre d’Adolf Hitler Mein Kampf, dont le titre signifie Mon combat, concept reflétant l’accent mis sur « la lutte pour la vie » et « la survie du plus apte » de Darwin. Ce que confirme Robert Clark:

 

L’esprit d’Adolf Hitler fut captivé par la pensée évolutionniste – probablement depuis l’enfance.

 

Les idées évolutionnistes sont – sans nul déguisement – à la base de tout ce qu’il y a de pire dans Mein Kampf.

Quelques citations, prises au hasard, montreront comment Hitler raisonnait… « Celui qui veut vivre doit se battre, celui qui ne veut pas se battre en ce monde où la lutte permanente est la loi de la vie, n’a pas le droit d’exister. »[46]

 

Bien que le Dr Morris consacre plusieurs pages au nazisme, c’est ici sa seule citation des propres paroles d’Hitler. Curieux de connaître la place de l’Évolution dans Mein Kampf j’empruntai l’année dernière un exemplaire à la bibliothèque locale.

Dans son introduction, D.C. Watt soutient que les théories d’Hitler sur le peuple allemand et sa politique étrangère étaient moins fondées sur l’économie que « très étroitement liées à toute son interprétation biologique de l’Histoire, à son idéalisation romantique du paysan avec son “droit de cultiver sa terre avec ses propres mains”, à ses théories de la race et de l’État. »[47] Ces idées comportaient le principe du regroupement racial, la nécessité d’interdire les mariages avec des individus déficients et la supériorité des Aryens, tout spécialement du peuple allemand (Volk) et l’hostilité envers les Juifs. Les idées d’Hitler provenaient de nombreuses autres personnes, y compris du compositeur Richard Wagner. Sa biologie est indiscutablement darwinienne, exposée surtout dans son chapitre sur le peuple et la race (où il n’utilise jamais le mot évolution11, pas plus qu’il ne mentionne Darwin ou Haeckel). Il attribue la sélection naturelle à l’activité de « la Nature » et en tire les conclusions logiques pour l’humanité. La raison, privée des principes chrétiens, conduit à de graves erreurs. Hitler prétend, par exemple, que prendre soin du faible est contraire à la Nature:

 

 

 

[lorsque] à la place de la lutte naturelle pour la vie, qui ne laisse subsister que les plus forts et les plus sains, se trouve instaurée cette manie de “sauver” à tout prix les plus malingres, les plus maladifs; noyau d’une descendance qui sera de plus en plus pitoyable, tant que la volonté de la nature sera ainsi bafouée.

L’aboutissement, c’est qu’un jour l’existence sur cette terre sera ravie à un tel peuple…Une race plus forte chassera les races faibles…[48]

L’humanité a grandi dans la lutte perpétuelle, la paix éternelle la conduirait au tombeau.[49]

 

Hitler souligne le fait biologique que les êtres vivants ne se reproduisent qu’au sein de leur propre espèce et que les rares exceptions sont généralement stériles. Il en tire alors abusivement argument contre l’accouplement entre races humaines différentes. Sa conception évolutionniste de l’histoire humaine apparaît ici de nouveau.

 

Si [la Nature] ne souhaite pas que les individus faibles s’accouplent avec les forts, elle veut encore moins qu’une race supérieure se mélange avec une inférieure, car, dans ce cas, la tâche qu’elle a entreprise depuis des milliers de siècles pour faire progresser l’humanité serait rendue vaine d’un seul coup…

En tentant de se révolter contre la logique inflexible de la nature, l’homme entre en conflit avec les principes auxquels il doit d’exister en tant qu’homme.[50]

 

Hitler rejette clairement le récit biblique de la Création ainsi que la réalité de l’âme surnaturelle, ne voyant dans l’humanité que des êtres matériels.

 

 

 

 

…Notre planète a déjà parcouru l’éther pendant des millions d’années sans qu’il y eût des hommes et il se peut qu’elle poursuive sa course dans les mêmes conditions, si les hommes oublient qu’ils arriveront à un niveau supérieur d’existence non pas en écoutant ce que professent quelques idéologues atteints de démence, mais en apprenant à connaître et en observant rigoureusement les lois d’airain de la nature.[51]

 

Les principes d’eugénisme, fondés sur le darwinisme[52] et plus tard mis en application, l’emportent sur les droits fondamentaux de l’individu, et le fondement du mariage chrétien est diaboliquement perverti.

 

Non, l’homme n’a qu’un droit sacré et ce droit est en même temps le plus saint des devoirs, c’est de veiller à ce que son sang reste pur, pour que la conservation de ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité rende possible un développement plus parfait de ces êtres privilégiés.

Un État raciste doit donc, avant tout, faire sortir le mariage de l’abaissement où l’a plongé une continuelle adultération de la race et lui rendre la sainteté d’une institution, destinée à créer des êtres à l’image du Seigneur et non des monstres qui tiennent le milieu entre l’homme et le singe.[53]

[L’État raciste] devra faire de la race le centre de la vie de la communauté…il devra prendre soin que, seul, l’individu sain procrée des enfants…

 

 

 

L’État doit intervenir comme ayant le dépôt d’un avenir de milliers d’années au prix duquel les désirs et l’égoïsme de l’individu sont tenus pour rien et devant lequel ils doivent s’incliner; il doit utiliser les ressources de la médecine la plus moderne pour éclairer sa religion; il doit déclarer que tout individu notoirement malade ou atteint de tares héréditaires, donc transmissibles à ses rejetons, n’a pas le droit de se reproduire et il doit lui en enlever matériellement la faculté.[54]

 

Le but d’Hitler était « …de mettre enfin un terme au vrai péché originel, aux conséquences si durables, et à donner au Créateur tout puissant des êtres tels que lui-même les a d’abord créés. »19

Mein Kampf devint l’un des livres les plus lus dans l’histoire de l’Allemagne; plus de 11 millions d’exemplaires avaient été vendus en 1944. Tous les dirigeants nazis et la plupart des scientifiques croyaient à l’évolution et au racisme, y compris Himmler, le chef de la Gestapo et Mengele “l’ange de la mort” d’Auschwitz. Hitler haïssait le christianisme à cause de son opposition à l’enseignement de l’évolution. Pourquoi ceux qui prétendent aujourd’hui haïr le nazisme et le racisme ne s’opposentils pas aussi aux doctrines de Darwin sur lesquelles Hitler fonda sans aucun doute possible son régime malfaisant ?

 

*

 

 

 

 

* *

 

 

 

 

SOCIÉTÉ

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes qu’en les aimant. » (P. Le Prévost)

 

Rebondissement dans l’affaire Wakefield[55]

 

Sylvie Simon

 

Présentation: Dans Le Cep n°20 (août 2002), Sylvie Simon avait déjà signalé le lien entre l’autisme, de plus en plus répandu (près d’un enfant sur cent dix), et le vaccin mixte contre rougeole, oreillons et rubéole (ROR). De scientifique et médicale, l’affaire devient maintenant juridique avec la mise en accusation du Dr Wakefield, un chercheur et chirurgien anglais qui était intervenu sur la BBC et la chaîne Canal 4 pour dénoncer l’incidence du vaccin, avec pour conséquence une baisse de cette vaccination de 91% à 79% (et même 50% dans certains quartiers de Londres).

Forcé à démissionner du Royal Free Hospital (où il avait conduit une étude de gastro-entérologie publiée, avec douze cosignataires, dans le Lancet en 1998), le Dr Wakefield fut condamné en 2009 par le General Medical Council (Conseil de l’Ordre des médecins, en Angleterre) puis rayé de l’Ordre en mai 2010. Des pressions furent aussi exercées sur les familles des enfants autistes, afin de les dissuader de poursuivre le gouvernement (qui incite à la vaccination). Mais la collusion d’intérêts personnels entre les laboratoires, la presse et le gouvernement est si évidente ici qu’il est difficile de ne pas comprendre la vraie raison de cette lutte administrative contre un médecin dont le désintéressement personnel n’a pu être mis en doute.

 

 

La guillotine n’existe plus, mais on sait encore très bien couper les têtes qui émergent de la masse, comme celles des médecins conscients des dérives actuelles de la médecine.

C’est ce qui vient d’arriver au Dr Andrew Wakefield, dont nous avons souvent parlé dans nos articles, car il a osé défier la mafia médicale britannique, aidé en cela par des centaines de parents d’autistes.

 

En effet, en 1998, ce médecin et son groupe de recherche au Royal Free Hospital de Londres ont publié, dans le Lancet du 27 février, une étude sur huit enfants qui furent atteints de graves affections intestinales, puis devinrent autistes, aussitôt après la vaccination ROR. Après cette publication, l’équipe du Royal Free Hospital a pu étudier des centaines d’autres cas de cette nouvelle forme de maladie des intestins qui conduit à l’autisme, ainsi que d’autres formes de maladies neurologiques qui ne s’étaient pas manifestées avant la vaccination ROR.

Depuis 1991, donc bien avant cette annonce, environ deux mille familles avaient déjà porté plainte contre les laboratoires et le gouvernement au sujet de ce vaccin et, pour mille d’entre elles, les avocats du cabinet Alexander Harris estimaient avoir réussi à prouver le lien entre le ROR et les dommages cérébraux dont souffraient leurs enfants, en particulier l’autisme. Sur les conseils de leurs pédiatres, certains de ces parents contactèrent le Dr Wakefield pour les symptômes gastro-intestinaux des enfants, alors que des publications abondaient dans le même sens, venant des États-Unis, d’Italie et du Venezuela, mais sans aucun impact officiel.

La médiatisation de cette affaire provoqua la baisse de la triple vaccination et, en décembre 2001, sous l’impulsion du gouvernement britannique, le Dr Wakefield fut prié de donner sa démission à cause de ses travaux sur l’autisme et le ROR. En 2003, le pourcentage de vaccinations avec le ROR était passé de 91 % à 79 %, et n’atteignait même que 50 % dans certains quartiers de Londres.

En février 2004, six ans après la parution de l’étude dans le Lancet, Richard Horton, l’éditeur du journal, déclara que le Dr Wakefield et son équipe n’avaient pas respecté l’éthique à l’occasion de cette étude, car le Royal Free Hospital, dans lequel travaillait le gastro-entérologue, avait reçu des fonds pour cette recherche. Il ajouta tout de même que son journal ne retirerait pas l’étude car la fraude “n’était pas évidente”. Or, les fonds donnés par le Legal Aid Board n’ont jamais été utilisés pour l’étude parue en 1998, et les 55 000 livres incriminées n’ont profité qu’au Royal Free Hospital.

Le Dr Wakefield n’en a pas touché un centime et, de surcroît, ces fonds étaient destinés à une étude entièrement indépendante de celle qui avait été publiée par le Lancet. Néanmoins, 10 des 13 signataires de l’étude se sont alors rétractés, sous le prétexte qu’ils ne voulaient pas “ajouter d’huile sur le feu”. Il est manifeste qu’ils ont été menacés, sinon comment expliquer que des médecins, qui participent à une étude et la publient, changent d’avis des années plus tard, tous au même moment, quand des pressions s’exercent de toutes parts pour occulter une vérité gênante pour bien des pouvoirs, politiques et scientifiques!

D’autant qu’à l’époque le Premier ministre, Tony Blair – qui a toujours refusé de dire si son fils avait été vacciné avec le ROR – faisait une honteuse promotion du vaccin et déclarait qu’il n’existait aucune preuve d’un lien quelconque entre l’autisme et ce vaccin.

Un tel événement ne s’était encore jamais produit, mais l’explication est arrivée peu après. Le Lancet, fondé en 1823, appartient maintenant au groupe médical Reed Elsevier, ayant quasi le monopole des publications scientifiques. Or, en juillet 2003, Crispin Davis, grand patron du groupe propriétaire du Lancet, devint directeur non exécutif de GlaxoSmithKline, le fabricant du vaccin. Un an plus tard, il était anobli par le gouvernement de Tony Blair.

 

Des collusions de toutes parts

 

À la même époque, et après bien des péripéties rocambolesques, la date du procès des victimes fut d’abord fixée au mois d’octobre 2003 devant la Haute Cour de justice de Londres, puis reportée au début de 2004. Mais, après quatre ans et demi d’enquête et quelques mois avant le procès, le 27 février 2004, sous la présidence du juge Nigel Anthony Lamert Davis, la commission d’attribution d’assistance judiciaire aux familles des victimes du vaccin annonce sa décision de supprimer sa contribution aux 2 000 victimes, sous le prétexte que la recherche médicale n’avait pas encore prouvé un lien effectif et que ce n’était pas son rôle de financer la recherche. D’aucuns ont pensé qu’il ne s’agissait que d’une malheureuse “coïncidence”.

Cependant, au cours des différentes auditions publiques, Marion Wickens, parent d’une victime, témoigna qu’un officiel avait admis que l’aide avait été retirée sous pression du gouvernement. Cette déclaration fut confirmée en 2007, lorsque nous avons appris que le juge Davis s’était bien gardé de signaler qu’il était le frère de sir Crispin Davis, propriétaire du Lancet et directeur non exécutif de la firme qui fabriquait le vaccin impliqué dans le procès.

Commentaire du journal Evening Standard, le 9 mai 2007:

« Vous pourriez penser que le juge chargé de juger s’il existe un lien entre le vaccin ROR et l’autisme allait déclarer que son frère était un des directeurs de GSK, le fabricant du vaccin. Mais vous vous seriez trompé. »

En 2007, les parents furieux ont déposé une plainte contre le juge Davis. « La possibilité d’un quelconque conflit d’intérêt causé par la position de son frère ne l’a pas effleuré », a déclaré Peter Farr, porte-parole du juge. Comment pourrait-on le croire lorsqu’on analyse minutieusement le déroulement des faits ?

Pour en revenir à mai 2004, une lettre du cabinet d’avocats Lovells, défenseur du laboratoire Merck, avait averti les familles plaignantes que, si elles persistaient à poursuivre le laboratoire, elles seraient redevables de tous les coûts de ces procès qui seraient “considérables”. Était joint à cette lettre un formulaire de “renoncement”, rédigé en termes juridiques. Les avocats leur donnaient deux semaines pour remplir la formule.

Évidemment, les familles se sont toutes rétractées, sauf dix d’entre elles qui ont constitué une association appelée les “MMR 10” (en anglais le triple vaccin ROR s’appelle MMR) et qui persistent désespérément à se battre pour leurs enfants autistes.

Jennifer Horne-Roberts fait partie de ces dix mères. En juillet 2006, elle a averti la Cour que l’affaire était depuis lors entre les mains de la Cour européenne des droits de l’homme (ECHR). « L’action qui est entre les mains de la Cour européenne est dirigée contre le Royaume-Uni. Nous estimons que le rôle du gouvernement britannique dans l’affaire du ROR est parfaitement inacceptable. C’est l’un des plus grands, sinon le plus grand scandale de l’histoire médicale; il affecte des dizaines de milliers d’enfants dans ce pays.

D’après la dernière estimation, plus d’un enfant sur cent est à présent autiste. Il doit y en avoir des millions à travers le monde. »

Durant toutes ces années, Andrew Wakefield a été traîné dans la boue par la BBC et le Sunday Times, tandis que le 22 février 2004, le Daily Mail titrait: “Assassins!“ et précisait: « La “diabolisation” du Dr Wakefield, qui a commencé bien avant ces récentes péripéties, doit nous rappeler d’autres accidents infligés par les escadrons de la mort du gouvernement. » Après avoir cité quelques autres cas semblables, le journaliste, Stephen Glover, conseillait : « Surveillez le Dr Wakefield.

Je soupçonne que sa longue déstructuration, orchestrée par le ministère de la Santé, ne fait que commencer. Le gouvernement va demander l’aide de ses amis de la presse. Ce gouvernement ne peut supporter celui qui désapprouve ouvertement ses décisions. Lorsqu’il rencontre un homme comme le Dr Wakefield, il cherche bien trop souvent à le détruire. » La suite lui a donné raison.

Il est évident que ce médecin, défenseur des malades et qui n’a pas su courber l’échine devant la dictature médicale, était depuis fort longtemps une épine dans le pied du gouvernement travailliste.

On ne peut être surpris par l’acharnement du Sunday Times à décrier le Dr Wakefield lorsqu’on considère que James Murdoch, fils du multimilliardaire Rupert Murdoch qui possède un véritable empire médiatique d’ampleur mondiale dont le Sunday Times, a été engagé par sir Crispin Davis pour rejoindre le groupe GlaxoSmithKline, comme l’a annoncé le Financial Times du 2 février 2009. Décidément, les Anglais ont l’esprit de famille ! Cet exemple est très typique de l’enchaînement des faits graves constatés dans la controverse sur l’autisme et les vaccins.

Toutes ces turpitudes prouvent bien la crainte des pouvoirs publics et des associations qui soutiennent les mensonges et les exactions des lobbies pharmaceutiques. Nous espérions que toutes ces collusions seraient prises en compte par un tribunal qui permettrait enfin à ces nombreuses familles de faire valoir leurs droits et de mettre sur la place publique un scandale rigoureusement occulté jusqu’à présent.

 

 

 

Le Conseil de l’ordre des médecins britanniques

Les trois seuls médecins qui ont apporté un peu d’espoir aux familles des victimes et n’ont pas renié leur travail, le Dr Andrew Wakefield, le Pr John Walker-Smith et le Pr Simon Murch, dont il faut saluer le courage, ont dû comparaître devant le GMC (General Medical Council), l’équivalent de notre Conseil de l’Ordre des médecins, qui réglemente la pratique médicale au Royaume-Uni et a le pouvoir d’interdire à un médecin d’exercer.

L’audition de ces trois médecins, tous coauteurs de la parution dans le Lancet, programmée pour le 9 juillet 2007 et qui devait durer quatre mois environ, vient d’aboutir à leur condamnation, deux ans et demi plus tard.

Le principal prétexte retenu fut d’avoir pris ces enfants comme cobayes en leur faisant subir des examens inutiles et sans en avoir averti les parents, alors que l’accusation n’a pu fournir la moindre plainte des familles, bien au contraire. Il est certain que le gouvernement britannique qui a tellement prôné cette vaccination, l’industrie pharmaceutique et le Sunday Times « ne pouvaient pas » perdre leur procès devant le GMC, d’autant que cette affaire, qui a pris une importance internationale, a été utilisée par les défenseurs du vaccin pour en prouver l’innocuité.

Néanmoins, ces complices doivent savoir qu’après cette décision les parents ne resteront pas silencieux, que leurs voix se feront entendre davantage et que le scandale concernant environ deux mille victimes au Royaume-Uni et des dizaines de milliers d’autres à travers le monde sera révélé tôt ou tard.

Cependant, on a déjà pu lire dans la presse internationale que le vaccin sortait blanchi de cette affaire. Or, bien d’autres chercheurs ont pu établir un lien entre le ROR et l’autisme. Ainsi, une étude qui date de mai 2006, conduite par le Dr Arthur Krigsman, gastroentérologue de l’École de médecine de l’université de New York, et impliquant 275 enfants, a démontré de graves inflammations intestinales chez les enfants autistes, identiques à celles décrites par le Dr Wakefield et ses collègues, il y a huit ans. La biopsie du tissu intestinal de 82 de ces enfants a révélé que 70 d’entre eux (85 %) avaient le virus de la rougeole dans leurs intestins. Tous les résultats obtenus montrent qu’il s’agit d’un virus vaccinal et non du virus sauvage de la rougeole.

Et à l’heure actuelle, les travaux du Dr Wakefield ont aussi été confirmés par l’université d’Harvard. De nombreux chercheurs indépendants, au Japon, en Irlande et dans d’autres pays, ont mis en évidence les liens entre ce vaccin et les accidents qui lui ont succédé.

En 2008, le gouvernement américain a admis que ce furent les neuf vaccins reçus le même jour qui ont exacerbé un désordre mitochondrial sous-jacent chez Hannah Poling, diagnostiquée comme autiste en 2001. Ce cas a fait grand bruit aux États-Unis, tous les journaux et chaînes de télévision l’ont signalé à la “une”, mais le silence est resté total en Grande-Bretagne comme en France bien évidemment.

Toutefois, le cas de Hannah est loin d’être un cas isolé et son dysfonctionnement mitochondrial n’est pas si rare car d’autres cas ont été signalés.

En juin 2007, la Cour fédérale des États-Unis avait accordé 810.000 dollars de dommages intérêts à la famille de Bailey Banks, un enfant de dix ans, plus une somme qui pourra varier de 30 à 40.000 dollars pour ses soins. Le jugement stipule que c’est bien le ROR qui est responsable de son état.

Le 24 février 2009, l’avocat Robert E. Kennedy Jr révélait dans le Huffington Post qu’une importante enquête menée par CBS News avait mis au jour 1 322 cas d’effets neurologiques graves engendrés par ce vaccin, dont l’autisme, et qui avaient déjà été dédommagés par les tribunaux américains depuis 1988, pour des sommes dépassant parfois le million de dollars.

Nous retrouvons ici le même comportement des instances officielles qui, comme en France pour les dégâts causés par le vaccin contre l’hépatite B, indemnisent en silence des victimes, tout en persistant à nier qu’un problème existe.

Le journaliste américain David Kirby a remarqué que les tribunaux accordaient plus facilement ces compensations si les avocats appelaient l’autisme d’un autre nom, comme l’Adem (Acute Disseminated Encephalomyelitis) qui est un désordre neurologique caractérisé par l’inflammation du cerveau et qui peut mener à la PDD (Pervasive Developmental Disorders), c’est-à-dire un retard comportemental.

Cette appellation permet de répéter que le ROR n’est pas relié à l’autisme. Et David Kirby demande quelle est l’importance de savoir si le diagnostic est l’autisme ou le désordre cérébral, pour ceux dont l’enfant ne sera peut-être plus jamais normal à cause du vaccin.

Robert Kennedy Jr rappelle que, pendant soixante ans, l‘industrie du tabac a défendu un produit qui tuait un consommateur sur cinq, tout au long de milliers de procès intentés par les victimes et leurs familles. Leur défense, identique à celle des laboratoires, prétendait qu’aucun lien n’avait jamais pu être établi entre le tabac et le cancer des poumons, faisant fi de toutes les recherches scientifiques indépendantes. Il ajoute que, si l’on considère tous ces cas où l’autisme est appelé autrement, il faut réévaluer le chiffre d’un enfant sur 110, actuellement admis.

Une étude biaisée

Mais le lobby vaccinal persiste à répéter que des études ont totalement innocenté le vaccin, affirmation qui s’appuie sur une « grande étude finlandaise où des millions de personnes ont été vaccinées et suivies pendant quatorze ans. »

Il est vrai qu’en 1998, après la publication des travaux du Pr Andrew Wakefield, le Pr Heikki Peltola, du service pédiatrique de l’Université d’Helsinki, prit bruyamment la défense du vaccin. En mai 1998, il publia à son tour un article dans le Lancet, affirmant que sur 1,8 million d’individus suivis pendant quatorze ans en Finlande, on n’avait trouvé que 12 cas d’autisme. Aussi, le ROR ne pouvait en être responsable. Il réitéra ces affirmations dans le Pediatric Infectious Disease Journal de décembre 2000. Il est clair qu’une étude basée sur une cohorte si nombreuse d’individus aurait pu être significative.

Mais la réalité est bien différente. En vérité, négligeant le 1,8 million de vaccinés, cette étude a été limitée à 200 personnes, suivies pendant trois semaines seulement, alors que ce genre de complication se manifeste souvent des mois et même des années après l’injection. Et le 13 janvier 2001, Peltola avouait que l’étude n’avait pas été menée pour rechercher les deux complications, en cause, c’est-à-dire l’autisme et l’IBD (Inflammatory Bowel Disease), maladie inflammatoire des intestins.

Néanmoins, depuis cette publication, toutes les instances vaccinales à travers le monde prennent cette étude comme référence et personne ne mentionne que, à la fin de l’année 2001, le Medical Research Council a dû admettre que cette étude « n’a pas examiné la relation entre le ROR et les désordres attribués à l’autisme et ne fournit donc aucune évidence à ce sujet. » Pas plus qu’on ne prend en compte l’augmentation de ces maladies en Finlande après cette campagne, ni l’incroyable recrudescence d’autres maladies. En outre, personne ne mentionne jamais que Merck, autre fabricant du triple vaccin, a financé toutes les études menées par Peltola et ses collaborateurs. La condamnation d’Andrew Wakefield représente une victoire pour

GlaxoSmithKline et les laboratoires pharmaceutiques, au moment même où ils sont sur la sellette à cause du scandale de la grippe porcine et de leur pression sur l’OMS et les gouvernements mondiaux. N’oublions pas que GSK est aussi l’un des fabricants du vaccin H1N1.

Or, ce laboratoire est loin d’être un modèle d’intégrité. Il a été condamné à payer 220 millions de livres pour avoir frauduleusement obtenu un brevet afin de bloquer la sortie d’une pilule concurrente pour l’arthrite; il a payé sans trop de mal deux millions et demi de dollars pour arrêter un procès intenté par l’État de New York qui l’accusait d’avoir caché que l’antidépresseur Seroxat pouvait rendre malades les enfants, sans pour autant leur apporter un quelconque effet bénéfique. Et, surtout, en 1994, à l’époque où il s’appelait SmithKline Beecham, et au moment de la folie vaccinale contre l’hépatite B, qui lui a valu 4 milliards de francs de chiffre d’affaires pour la seule année 1994, il se vantait d’avoir « décroché le marché de la vaccination en milieu scolaire ». Ensuite, il a imposé le vaccin par la peur, n’hésitant pas à affirmer: « L’hépatite B tue plus de personnes en un jour que le sida en un an. » En outre, le président de cette firme a avoué à l’époque avoir donné au ministre italien de la Santé 600 millions de lires quelques mois avant que ce dernier rende la vaccination obligatoire dans son pays. Le ministre a été inculpé et condamné à plusieurs années de prison ferme. Évidemment, le laboratoire en est sorti indemne, mais le Giornale per la protezione della salute (n° 6, mars 1998) a qualifié ces pratiques de “mafieuses”.

Ce verdict de l’Ordre britannique des médecins a donc plébiscité un menteur effronté pour lequel tout moyen de pression est bon, même le plus malhonnête, au détriment de milliers de familles d’enfants autistes qui se battent depuis des années, avec de très faibles moyens, contre Big Pharma, cette industrie souvent criminelle qui s’en tire toujours grâce à de monstrueux moyens financiers. Il nous reste à espérer que la gifle qu’ont ainsi reçue ces familles ne les découragera pas et qu’elles trouveront encore des défenseurs, telle la Cour européenne des droits de l’homme, pour condamner ces “pratiques mafieuses”.

 

 

*****************************************

 

 

Colloque du CEP à Orsay (La Clarté-Dieu) les 25 et 26 septembre 2010:

 

Les limites de la science

Conférences de:

 

Jean-François Moreel : Les limites de la génétique

Michel Fromaget : “Corps, âme, esprit” selon l’anthropologie

chrétienne

Guy Berthault : Que penser des “lois” scientifiques?

Dr François Plantey : Peut-on guérir la médecine?

Claude Timmerman : La science: illusion anthropomorphique ou anthropocentrique?

P. Alessandro M. Apollonio, FFI : La dignité de la personne humaine, conquête de l’anthropologie chrétienne, et ses falsifications Dominique Tassot : Errance de la science et inerrance de la Bible

Benoît Neiss : Lettres et arts: connaissance et vérité sur l’homme

 

En soirée, le samedi 25, sera donné: Henri ou les Derniers temps

(drame en 3 actes d’Adrien Didier)

 

 

BIBLE

 

La vision chrétienne de la famille[56]

 

Jean-Marc Berthoud

 

Présentation: Prédicateur dans l’Église réformée, l’auteur anime depuis 30 ans l’Association vaudoise des Parents chrétiens. C’est dire qu’il a longtemps réfléchi sur la vision chrétienne de la famille, première cellule politique, mais aussi cadre intemporel fixé par Dieu pour la naissance, la première éducation, la vie affective, économique et sociale et l’acheminement de tous vers une fin supraterrestre. À ce titre, la tentative moderne de faire de la famille une convention arbitraire et modulable au gré des hommes, constitue un rejet de la Création divine, donc une révolte insensée contre les sages mais inaltérables prescriptions des Saintes Écritures, c’est-à-dire de l’Ancien (le Tanak) et du Nouveau Testament (le Témoignage apostolique).

 

Introduction

Quelques remarques préliminaires sont nécessaires avant d’entrer au cœur du sujet ; ces remarques, allusion au deuxième terme de notre titre, concernent le christianisme.

Qu’entendons-nous par « christianisme »? Il s’agit de bien distinguer entre ce qu’on peut appeler le «christianisme historique» et ce qu’on appelle, à défaut d’une meilleure expression, le «christianisme moderne». Tout ce qui va être dit ici au sujet du rôle de la famille dans le christianisme le sera en relation avec la foi chrétienne historique et non avec sa contrefaçon moderne qui de nos jours se fait, hélas, trop souvent passer pour l’original. La distinction sur laquelle nous attirons votre attention ne porte pas sur la différentiation verticale (ou confessionnelle) entre les diverses branches de l’Église (orthodoxe, catholique romaine, protestante ou évangélique), mais elle est une démarcation horizontale qui coupe tous ces segments de la foi chrétienne.

Vous trouverez au sein de toute dénomination chrétienne aussi bien des partisans de la foi chrétienne historique, que des adeptes de sa version travestie « moderne ». Je vais parler de la véritable foi chrétienne, non de son travestissement, de son apostasie.

Comment distinguer l’original de la version travestie? Nous donnerons ici quatre réponses.

  • La première a pour objet l’attitude du « croyant » face à la Bible. La Bible – le Tanak hébreu (l’Ancien Testament) et le Témoignage apostolique (le Nouveau Testament) – est-elle la Parole inspirée de Dieu, et en tant que telle, l’autorité finale pour l’enseignement de la foi chrétienne? Ou la Bible juive et chrétienne n’est-elle qu’une parole humaine, certes utile et qui nous inspire, mais forcément faillible, comme toute entreprise humaine, et en aucun cas normative pour tous les hommes, en tous lieux et en tout temps ? La question de l’autorité finale est au cœur de toute foi religieuse. Cette autorité n’est-elle qu’humaine, comme dans la version « moderne » frauduleuse de la foi chrétienne ? Est-elle uniquement rationnelle, scientifique, expérimentale, bref « critique » à l’égard de la révélation divine?

Ou l’autorité du Tanak et du Témoignage apostolique est-elle pleinement divine, comme l’affirme la foi chrétienne historique pour laquelle l’autorité finale est inscrite dans la texture verbale même des Saintes Écritures ? La foi historique de l’Orthodoxie d’Orient (saint Jean Chrysostome et le P. Justin Popovitch, par exemple), du catholicisme romain (saint Thomas d’Aquin et le pape saint Pie X, par exemple), du protestantisme (Jean Calvin et Cornelius Van Tu, par exemple) et du mouvement évangélique (John Bunyan et Louis Gaussen, par exemple), à la suite du témoignage même des Écritures, tient fermement à l’infaillible autorité divine de la Bible.

Ainsi, dans la perspective de la foi chrétienne historique, le critère absolu pour définir le rôle de la famille sera l’enseignement de la Bible, tel qu’on le trouve dans le Tanak et dans le Témoignage apostolique. Cette vérité normative ne peut se trouver ni dans l’expérience indépendante de l’Église ni dans l’expérience autonome de l’homme; elle ne se rencontre ni dans les leçons de l’histoire ni dans la sociologie.

Je m’empresse d’ajouter ici qu’il n’est absolument pas question de négliger toute information utile servant à faciliter notre lecture du texte sacré que l’on peut, à la lumière de ces mêmes Écritures Saintes seules normatives, glaner dans ces différents domaines de la recherche humaine.

 

  • Deuxièmement, la Foi chrétienne a un caractère proprement historique. Je veux dire par là que, dès le début de l’histoire, la confrontation entre la Foi chrétienne historique et les erreurs qui n’ont cessé de l’attaquer, ont conduit à une meilleure compréhension, tant de ses affirmations fondamentales, que des erreurs qui ont constamment cherché à la détruire. La Foi chrétienne historique confesse donc d’une seule voix la confession de foi fondamentale de l’Église primitive: le Symbole des Apôtres, la Confession de Nicée, les définitions du Concile de Chalcédoine, qui sont tous restés fidèles à leur fondement scripturaire. Dans notre entreprise de définition du rôle assigné à la famille par le christianisme, nous tiendrons compte de l’accumulation, à travers l’histoire, de cette sagesse doctrinale soigneusement formulée. Les attaques dirigées contre la famille, par exemple, celles d’hier comme celles d’aujourd’hui, nous ont permis, en nous obligeant d’y répondre, à mieux comprendre la nature, le caractère et la fonction de la famille.
  • Troisièmement, la foi chrétienne historique tient à une épistémologie réaliste. Ce qui veut dire que le contenu intellectuel de la Foi peut être déterminé par la formulation de concepts soigneusement définis. Donc, si ces concepts sont vrais dogmatiquement, les affirmations de leurs contraires sont nécessairement fausses. En ce qui concerne la famille, il est donc possible, du point de vue de la foi chrétienne historique, non seulement de définir avec précision l’origine, le caractère, le rôle, les obligations et la finalité religieuse de la famille, mais il est aussi possible de réfuter les déformations qui l’ont attaquée à travers les siècles et qui aujourd’hui cherchent désespérément à la détruire.
  • Et enfin, quatrièmement, la foi chrétienne historique n’est pas simplement une doctrine, une théorie, mais la vie, une façon de vivre, une obéissance éthique, sociale et personnelle, reçue comme un cadeau de Dieu.

 

Elle cherche donc à se conformer à la Volonté révélée de Dieu, à sa Loi, contenue dans les Écritures entières, le Tanak et le Témoignage apostolique. Ceci veut dire que dans le contexte de la foi chrétienne historique, le rôle de la famille doit être représenté dans l’histoire et qu’il doit faire preuve de sa vérité en se manifestant concrètement dans la vie de tous les jours de la société. Il est clair que la restauration des structures et des fonctions créationnelles de la famille passeront par la destruction de leurs imitations et contrefaçons qui réapparaissent régulièrement au cours de l’histoire.

Ces quelques remarques préliminaires étant faites, nous allons pouvoir aborder notre thème : Le rôle de la famille dans le christianisme. Le rôle que la foi chrétienne historique assigne à la famille ne peut être correctement appréhendé sans une bonne compréhension de son origine et de son caractère (son rôle et ses fonctions), de ses obligations et de sa finalité. Voyons brièvement chacun de ces aspects.

 

I. L’origine de la famille

Les Écritures, le Tanak et le Témoignage apostolique, nous enseignent que la famille, comme l’homme lui-même, la terre et la mer et tout ce qu’elles contiennent, est une créature, c’est-à-dire une forme sociale créée directement par Dieu, et que ses membres – chacun d’entre nous, sans exception – sont en fin de compte redevables à Dieu de la façon dont ils traitent cette institution. La famille a donc le caractère d’une forme substantielle permanente (comme les espèces biologiques ou les éléments chimiques) et par conséquent, comme pour toutes les formes créées, elle ne pourra jamais être détruite par l’homme. Et nous pouvons en tirer les conclusions suivantes : la famille créée est constitutive de la race humaine et, même si elle est aujourd’hui durement attaquée, elle ne peut disparaître ; tout être humain, de par sa nature même, appartient à la famille; tous les humains, sans tenir compte de leurs croyances religieuses (ou irréligieuses) ne peuvent pas plus échapper à ce cadre divinement établi qu’ils ne peuvent s’arrêter de respirer, ou refuser d’utiliser leur système digestif, ou encore se passer de leur circulation sanguine.

Cette permanence de la famille, à laquelle on ne peut échapper, est la raison de notre rencontre ici à Genève (en des temps plus anciens – et meilleurs – une citadelle exemplaire de la foi chrétienne historique), car ce qui nous a rassemblés aujourd’hui, c’est notre conviction commune du caractère de fondement social de la famille, laquelle, en tant qu’institution créationnelle, nous inclut tous sous l’égide de son autorité. Ce qui nous console dans la bataille que nous livrons tous pour la défense de la famille créée, c’est son caractère indestructible, aussi indestructible que l’ordre universel lui-même.

Comme ils sont vains et futiles, les efforts de ceux qui cherchent à la détruire! La nature même que Dieu leur a donnée les force, de génération en génération, à ré-établir la famille.[57]

Nous ferons bien de commencer nos considérations sur le rôle de la famille dans le christianisme par l’écoute du témoignage de la Torah, telle qu’il est consigné dans le Livre de la Genèse, puis par celle du témoignage du Messie Lui-même, tel qu’il est rapporté par le Témoignage apostolique de Marc, sur l’origine divine et le caractère créationnel de la famille.

YHWH Dieu dit. Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide qui sera son vis-à-vis. (…) Et l’homme dit : Cette fois c’est l’os de mes os, la chair de ma chair. C’est elle qu’on appellera femme, car elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. (Gn 2, 18 et 23-24)

Dieu créa l’homme à son image: il le créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa.

Dieu les bénit et Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui rampe sur la terre. (Gn 1, 27-28)

Voilà pour la Torah, voyons maintenant le Témoignage apostolique.

Les pharisiens abordèrent [Jésus-Christ] et, pour l’éprouver, lui demandèrent s’il est permis à un homme de répudier sa femme. Il leur répondit : Que vous a commandé Moise? Moïse, dirent-ils, a permis d’écrire un acte de divorce et de répudier sa femme. Et Jésus leur dit : C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse a écrit pour vous ce commandement. Mais au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme ; c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux [époux] deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l’homme ne sépare donc pas ce que

Dieu a uni. (Mc 10, 2-9).[58]

Nous voyons donc que la Torah et le Témoignage apostolique, tant Moïse que Jésus-Christ, témoignent de la divine origine de la famille créationnelle, de son unité fondamentale, de sa permanence et de son caractère strictement exclusif et monogame. Car la famille, création de Dieu, est une forme substantielle bien réelle, «une seule chair», qu’aucun « homme » (y compris bien sûr le Population Council de New York et les lobbies homosexuels du monde entier !) ne doit s’aviser de « séparer », c’est-à-dire de détruire. Les deux aspects de la famille ressortent du texte de la Genèse:

  1. la communion et l’aide mutuelle entre mari et femme, si merveilleusement et si délicatement décrites dans le Cantique des cantiques, dans le dernier chapitre des Proverbes et au chapitre cinq de l’Épître de Paul aux Éphésiens ; et
  2. la consommation naturelle du mariage dans la procréation de nombreux enfants, la fécondité étant toujours considérée dans la Bible comme une bénédiction divine[59].

Les écrits du Témoignage apostolique, le Nouveau Testament, font abondamment écho à ces enseignements du Tanak.

 

II. le caractère (ou la structure) de la famille

 

L’idée que l’on se fait aujourd’hui du modèle de la famille chrétienne, c’est-à-dire de la famille occidentale moderne constituée par l’union temporaire de deux partenaires fonctionnellement interchangeables, accompagnés de un, ou tout au plus, de deux enfants dont la conception a été explicitement désirée et «planifiée», est une idée très éloignée de la norme biblique de la famille. La famille chrétienne biblique a un caractère bien différent. C’est surtout une Institution hautement complexe et organisée. Par certains aspects, on peut dire qu’elle est monarchique, par d’autres, aristocratique, et par certains côtés on peut même considérer qu’elle a un caractère démocratique. Elle a ainsi un caractère éminemment politique.

Elle est tout d’abord monarchique. Mari et femme sont tous deux créés à l’image de Dieu. À cause de la chute, ils sont tous deux également pécheurs et les objets du jugement de Dieu comme de sa grâce. À cet égard, il n’y a pas de différence spirituelle fondamentale entre homme et femme[60], ce qui n’exclut pas qu’il y ait une hiérarchie dans la structure de la famille. L’institution de la famille est en fait strictement monarchique dans le sens que le mari, loin d’être l’« égal » mathématique de son épouse, est assurément son supérieur institutionnel. Tant le Tanak que le Témoignage apostolique sont clairs sur ce point : l’homme est légalement le chef de la femme.

 

 

 

 

L’explication de cette hiérarchie conjugale est de nature fondamentalement religieuse : le Tanak et le Témoignage apostolique nous enseignent tous les deux que la relation entre le mari et sa femme constitue une image de la relation entre Dieu et sa création, entre le Seigneur Dieu et son peuple allianciel, Israël, mais également entre Jésus-Christ – la deuxième personne de la Trinité – et le peuple de sa nouvelle Alliance, l’Église chrétienne. Cette dernière est constituée d’hommes et de femmes de toutes nations, qui, par leur foi au Messie, sont devenus héritiers des promesses faites à Abraham.

Le rétablissement de la structure biblique de la famille doit donc s’accompagner d’un rejet total de l’égalitarisme pseudomathématique professé par la société contemporaine, en particulier en ce qui concerne la relation entre mari et femme. Il nous faut absolument revenir à la structure hiérarchique de la famille biblique. Mais comme il ressort clairement de l’enseignement tout entier de la Bible, cette hiérarchie structurelle et institutionnelle ne tolère en aucun cas la domination tyrannique du mari sur sa femme. Elle ne tolère pas non plus la domination féministe de l’homme par la femme, telle qu’on la connaît aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Mais ce qui est encore pire, c’est une famille (ou une société) menée par les caprices des enfants[61]. Ce dont il est question ici, c’est de la structure des institutions dont est constituée la société : dans ce cas, la famille. Il ne s’agit pas ici de l’infériorité ou de la supériorité intrinsèque d’êtres humains différents. La lecture du dernier chapitre du Livre des Proverbes et un examen attentif du rôle vital joué par les femmes dans le ministère de Jésus-Christ et dans celui de l’apôtre Paul devraient amplement suffire à nous éclairer sur ce point[62].

Mais il faut ajouter que la famille biblique est structurée également d’une manière hiérarchique, aristocratique. Si le père est, comme nous l’avons vu, le Roi de la famille, son épouse en est la Reine. C’est la raison pour laquelle en Europe occidentale la cérémonie du mariage chrétien a été pendant si longtemps célébrée comme un couronnement (ainsi dans les Flandres, par exemple, jusqu’au temps de Breughel l’Ancien au XVIe siècle). C’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui dans la tradition orthodoxe.

Ensemble, mari et femme forment le gouvernement de la famille. La famille chrétienne n’est donc pas gouvernée par la seule autorité monolithique (moniste) du père et mari, mais par une sorte de système de gouvernement à deux chambres. L’autorité de l’épouse fait ainsi contrepoids à celle du mari, tout en lui restant subordonnée. C’est pour cela que le Témoignage apostolique parle du péché originel non pas comme étant d’abord celui d’Ève (malgré le fait que c’est elle qui le commit en premier), mais comme le péché d’Adam, parce que, en tant qu’époux, c’était lui qui, en dernier lieu, était tenu pour responsable par Dieu de tout ce qui se passait sous son autorité. La raison théologique de cette forme de double gouvernement – une garantie contre l’absolutisme arbitraire masculin – se trouve dans le fait que si d’une part l’homme et la femme sont personnellement créés à l’image de Dieu, de l’autre, la famille est, elle, créée à l’image de la Famille céleste, de la Trinité, Père, Fils et Saint Esprit, trois Personnes divines, Un seul Dieu[63].

Enfin, dans la perspective chrétienne, la famille a, jusqu’à un certain point, un caractère démocratique. Non pas que dans la famille ce soit la majorité des voix qui établisse la loi ou manifeste la vérité, comme c’est le cas partout aujourd’hui en Occident, où est pratiquée une forme pervertie de la démocratie qui en fait n’est rien d’autre qu’une divinisation de l’Homme et du Nombre.

Mais dans les familles chrétiennes (familles au sens large), tous les membres, enfants et parents, domestiques et employés[64] – étant tous créés à l’image de Dieu – ont droit, selon leur âge et leur condition, à s’exprimer sur les affaires de la famille. Ceci naturellement sous la direction des parents et de l’autorité finale du père. Là aussi nous observons les effets bénéfiques du modèle divin de la famille, la Trinité. Car dans la structure de la famille biblique, ces deux éléments aussi ressortent: ceux de l’unité et de la diversité. L’apport des enfants à la gestion de la famille ira en grandissant avec l’âge jusqu’au moment où « … l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme; et ils deviendront une seule chair. » (Gn 2, 24) La femme passera de l’autorité de son père à celle de son mari. C’est ce que l’on voit encore aujourd’hui dans la cérémonie du mariage où, selon la coutume, la fiancée entre dans l’Église au bras de son père et la quitte à celui de son mari. Le couple ainsi uni établira une nouvelle famille sur la base du modèle qu’ils ont reçu de leurs parents.

Cette nouvelle branche de la famille, par le fait qu’elle peut (et doit) se détacher du tronc patriarcal, s’ouvre à l’innovation, ce qui lui permet de lutter contre la sclérose qui risquerait de menacer l’institution familiale si elle restait fermée sur elle-même. Mais, par ailleurs, son attachement au modèle de base lui assure la continuité, luttant ainsi contre cet autre danger, la rupture d’avec la tradition et l’héritage familial. Cette structuration complexe et cette diversité au sein du modèle biblique de la famille produisent une institution extraordinairement dynamique et flexible, capable d’agir en commun (les ordres doivent être suivis!) et dotée de la force nécessaire pour résister aux prétentions totalitaires des institutions plus larges de la société, qu’elles soient de nature politique ou religieuse[65].

 

 

 

III. Les rôles et les fonctions de la famille

 

Nous avons examiné les origines de la famille, son caractère profond et sa structure; voyons maintenant quel en est le rôle fondamental, ou plutôt quels sont les nombreux rôles qu’elle est appelée à jouer. Il nous faut remarquer tout d’abord que la famille a, dans nos sociétés occidentales actuelles, une fonction extrêmement limitée. Et ce modèle de famille, de par la domination politique, économique et culturelle de l’Occident, a un grand pouvoir d’attraction sur toutes les familles du monde. Mais ce modèle occidental, lorsqu’on le compare au modèle biblique (et au modèle très largement répandu parmi les nations, même non chrétiennes, au cours de l’histoire), représente en fait une image profondément déformée de la vraie famille telle que Dieu l’a voulue.

En fait la famille nucléaire, typique de l’Occident post-chrétien, ne reflète ni le vrai caractère de la famille, ni les tâches que cette institution est appelée à accomplir. Le modèle occidental actuel de la famille – un regroupement temporaire, fragile et non structuré d’individus égaux et interchangeables – n’a en fait plus grandchose à voir avec la famille telle qu’elle est révélée dans l’enseignement des Écritures. Cette vision occidentale réductionniste de la famille est une anomalie11 sociologique et historique, une aberration philosophique[66], et du point de vue de la foi chrétienne historique, elle est, sur le plan théologique, indiscutablement hérétique. C’est un modèle à rejeter résolument si nous voulons nous attaquer aux nombreux problèmes que son adoption vient d’apporter à notre civilisation.

 

 

a) La famille en tant qu’élément fondateur de la société

 

Comme en témoigne clairement la Torah, la famille possède une priorité temporelle sur toute autre institution sociale. Dieu a d’abord créé Adam, puis d’Adam il a tiré Ève et ensemble ils ont mis au monde des enfants. Toutes les institutions sociales – religieuses, politiques, économiques, culturelles et autres – ont leurs racines en cette famille originelle. La famille naturelle est l’élément fondateur de la société.

Mais il nous faut dire encore beaucoup de choses. Avec la diversification de la société, les fonctions qui par le passé étaient tenues exclusivement par la famille dans les domaines de la religion, de la politique, de l’économie et de la culture, se sont vues déléguées à des institutions extérieures à la famille, jugées plus aptes à les accomplir, telles l’État, l’Église, les organisations commerciales, les écoles, les crèches, etc. il n’en reste pas moins que ces fonctions, même si elles sont aujourd’hui tombées en désuétude, font néanmoins toujours partie de la vocation fondamentale de la famille.

Une chose est de déléguer les responsabilités de la famille à d’autres organisations. Tout autre chose est d’abandonner le principe même de l’exercice des fonctions politiques économiques, éducatrices et religieuses de la famille à l’État, à l’Église, aux organisations commerciales ou aux écoles. Une telle démission constitue un détournement illicite de la vocation de la famille à l’exercice de ses vraies fonctions. La famille occidentale a en fait renoncé à pratiquement toutes les fonctions que Dieu lui avait attribuées en abandonnant leur exercice à l’État devenu véritable providence terrestre. Elle n’a dès lors été qu’une coquille vide, un assemblage temporaire et socialement insignifiant d’individus, menacé à tout moment d’être dispersé. Malgré leurs prétentions à la liberté et l’autonomie, ces individus déracinés de leurs structures familiales ancestrales sont devenus en fait totalement dépendants des bons offices du nouveau Léviathan, l’État bureaucratique moderne.

Comme nous nous sommes aujourd’hui éloignés de cette réalité sociale qu’exprime si bien le proverbe anglais: Every man’s home is his castle, le foyer de chaque homme est pour lui un château.

Nous allons maintenant examiner en quoi consiste cette vision biblique de la famille.

 

b) La famille en tant qu’ordre politique miniature

Dans la perspective biblique, le mot, gouvernement ne s’applique pas en premier lieu au gouvernement de l’État. Les hommes et les femmes doivent d’abord savoir se gouverner euxmêmes avant de vouloir gouverner les autres. Une fois acquise cette maîtrise de soi, mari et femme peuvent alors s’efforcer de gouverner leur maisonnée. Puis vient le gouvernement d’organisations plus larges, telles que l’Église, les entreprises commerciales, et toutes sortes d’associations volontaires. Et c’est seulement après que l’on parle de gouvernement en tant que gouvernement de la société au sens large: commune, canton, province, et enfin, la nation. On ferait bien de se rappeler qu’au début (c’est-à-dire à la création du monde), la famille biblique constitua la première organisation d’ordre politique. De par sa nature même, cette famille représente une société politique ayant sa propre indépendance. Elle détient une autorité à caractère présidentiel en la personne du père; un gouvernement de type différencié sous la forme d’une direction commune de la famille par les parents. Soumis comme ils le sont à l’autorité suprême de la Loi de Dieu, les parents, véritables gouverneurs de la famille, disposent du pouvoir de légiférer, c’est-à-dire d’établir les règles par lesquelles l’institution familiale fonctionne; la famille exerce donc une fonction à proprement parler législative. Par ailleurs, au sein de la famille les parents constituent une véritable autorité judiciaire qui, de son propre chef, peut juger les actes de ses membres qui enfreignent les lois familiales. Enfin, la famille exerce, dans une certaine mesure, des fonctions policières évidentes puisqu’elle possède l’autorité biblique lui permettant de punir les actes contraires aux lois de son modeste État. Parmi ces mesures punitives se trouve la fessée traditionnelle si contestée aujourd’hui.

Ajoutons ici que, si l’on prive ce petit État familial de la capacité de sévir contre les infractions à ses propres règles, on en assure à court terme la dissolution.

Voilà les privilèges et devoirs qui, dans une perspective biblique, font de chaque famille un ordre politique indépendant. Bien sûr, ce microcosme politique ne vit pas dans un vide social et juridique. Il n’est pas indépendant d’un ordre politique plus large, celui de l’État, placé lui aussi sous l’autorité dernière de la Loi de Dieu. Par ailleurs, cette institution familiale doit, pour son bon fonctionnement, être attentive à la signification exacte des enseignements de la Parole de Dieu la concernant. Cet enseignement est donné par le magistère normal de l’Église fidèle.

L’État est obligé, chaque fois que cela s’avère nécessaire, de punir tout crime perpétré au sein du microcosme politique qu’est la famille. Mais l’intervention d’une telle autorité externe doit se limiter strictement aux véritables crimes sanctionnés par le Droit et doit être entreprise avec prudence. Car c’est aussi une des fonctions de l’État, tel que la Bible les comprend, que de veiller au maintien de l’indépendance des ordres politiques intermédiaires (c’est-à-dire placés entre l’individu et l’État) dont la famille n’est pas le moindre. Ce que nous observons de nos jours en Occident, c’est l’action persistante de l’État sécularisé (c’est-à-dire fonctionnant sans la moindre référence au Créateur et à ses Lois), qui cherche par tous les moyens à usurper les fonctions politiques légitimes de la famille et donc à les réduire à néant.

Pour prendre un exemple: dans mon pays, la Suisse, l’autorité spécifiquement paternelle a été légalement abolie au nom d’une égalité (et même d’une interchangeabilité) fonctionnelle entre mari et femme.

Les noms même d’ « époux » et d’ « épouse » n’apparaissent plus dans la loi matrimoniale fédérale où ils ont été remplacés par celui de « partenaire ». Dans certains pays européens, les punitions corporelles que la Bible ordonne aux parents d’appliquer à leurs enfants peuvent aujourd’hui aisément conduire les parents qui les appliquent devant les tribunaux, et même jusqu’en prison! Et nous nous enfonçons aujourd’hui toujours plus loin dans la dévaluation de la famille biblique.

C’est ce dont témoigne la dernière lubie de nos autorités: projet de donner un statut légal aux soi-disant « couples homosexuels », ce qui les rapprocherait de la situation légale des couples mariés.

Cette aberration, tant par rapport à l’ordre de la nature qu’à l’ordre moral, a récemment été introduite dans le droit français, droit qui suit ainsi l’exemple dévoyé des Pays-Bas, du Danemark, de la Suède, de la Norvège et de l’Islande. Il est évident aujourd’hui que la plupart de nos nations « post-chrétiennes » ont perdu tout sens de ce qu’est l’ordre de la nature et même de la finalité qui devrait être celle de toute famille. Bien des nations nonchrétiennes n’ont pas encore atteint un stade aussi avancé de corruption intellectuelle, morale et sociale. Entre autres normes immuables, elles conservent encore – mais pour combien de temps? – un sens de la signification créationnelle de la famille.

 

c) La famille en tant qu’ordre économique miniature

 

La vision biblique de la famille implique également un haut degré d’autonomie sur le plan économique. La famille est essentiellement conçue comme un organisme économique indépendant. Donc, d’un point de vue chrétien, l’élément économique de base de la société est la famille. En ce sens, tous les membres de la famille ont à jouer un rôle décisif, mais différencié, dans l’économie familiale. Le père porte la responsabilité fondamentale de pourvoir à l’essentiel des besoins matériels de la famille. En cela, il est secondé par les activités très variées de son épouse – dont le travail touche principalement à la construction du foyer – ainsi que par celles des enfants qui, en grandissant, deviennent des aides de plus en plus utiles au bon fonctionnement du « ménage ».

Les domestiques, et dans certaines sociétés les esclaves, sont, du point de vue biblique, à considérer comme faisant partie de la maisonnée et doivent dès lors être traités, en quelque sorte, comme des membres de la famille. Bien sûr, en se mariant, les enfants quittent leurs parents pour constituer à leur tour un nouveau foyer indépendant. Mais les liens latéraux unissant les familles parentes restent forts.

Ces essaimages de la famille originelle forment ainsi de nouveaux organismes politiques et économiques familiaux, fonctionnant indépendamment des parents, mais restant néanmoins attentifs à leurs responsabilités à l’égard de ceux-ci.

La relative autarcie économique de la ferme familiale a été, jusqu’à un passé assez récent, un phénomène très commun en Europe. Un autre exemple d’indépendance économique de la famille était la petite échoppe artisanale[67]. En tant que famille, nous avons nous-mêmes fait l’expérience de l’efficacité et du pouvoir d’un tel organisme familial, surtout dans la bataille que nous livrons depuis quelque vingt-cinq ans pour la défense de la famille traditionnelle en Suisse Romande. Sans l’aide constante de mon épouse et de mes enfants, qui ont tous collaboré de bon cœur à cette œuvre dans le cadre de notre Association vaudoise de parents chrétiens, notre action n’aurait jamais pu connaître une pareille envergure[68].

Mais ce n’est pas tout. Une vision aussi hautement fonctionnelle de la famille implique une attitude positive à l’égard de la naissance des enfants. Dans la perspective biblique, la naissance d’un enfant est toujours perçue comme une grande bénédiction et la croissance de la famille est considérée comme un accroissement de pouvoir. En effet, une famille bien organisée, hiérarchique et disciplinée, est une organisation particulièrement efficace et puissante. Et c’est bien pour cela que l’État moderne athée s’acharne à la détruire.

Car une telle famille est non seulement une institution très productive, mais constitue en plus un élément fondamental et très efficace dans l’exercice de l’assistance sociale.

Dans une famille ainsi structurée les parents âgés ne sont pas privés de toute fonction économique et sociale par l’obligation, souvent cruelle, de prendre leur retraite à un âge arbitraire, lorsqu’ils pourraient encore être utiles à leur entourage. Mais, leurs forces diminuant, ils peuvent progressivement réduire leurs activités. Leurs vieux jours sont assurés, non par les plans de retraite fragiles et impersonnels de l’État, mais par le soutien personnel qui leur est apporté par leur nombreuse progéniture, pour qui honorer son père et sa mère garde toute sa signification. Au sein d’une structure aussi forte et flexible, il est également aisé d’intégrer les membres non mariés de la famille ainsi que ceux qui ont de la peine à entrer dans le circuit économique normal. Ainsi, tous – jeunes et vieux, mariés et célibataires, forts et faibles – jouent un rôle important dans les multiples facettes de la vie de la famille. Le ressort remarquable d’une telle famille en fait un organisme capable de soutenir ses membres en situation de crise, en cas de maladie, par exemple, de deuil ou de perte d’emploi. Une institution aussi forte et flexible est un véritable rempart contre les assauts totalitaires de l’État bureaucratique moderne.

 

d) La famille en tant qu’organisme culturel et éducationnel

 

En Occident, il est considéré comme normal que la famille ne soit pas directement impliquée dans l’instruction scolaire des enfants. En général, cette tâche est déléguée au système éducationnel de l’État. Mais l’enseignement biblique est à ce sujet très clair: cette tâche est un devoir qui incombe aux parents, qui sont eux responsables devant Dieu de l’éducation religieuse, morale, intellectuelle et pratique donnée à leurs enfants[69]. Les parents peuvent décider de déléguer cette autorité qui leur est propre à des organisations externes à la famille, à des écoles privées par exemple, qui enseignent leurs enfants dans un cadre qu’ils approuvent. Ces parents n’en demeurent pas moins personnellement responsables de l’éducation donnée à leurs enfants.

Le mouvement Christian Home School (École chrétienne à la maison) qui a pris tant d’ampleur depuis sa création aux États-Unis il y a à peu près vingt ans et qui aujourd’hui prend racine dans de nombreux autres pays, a beaucoup contribué à la restauration de cette fonction éducationnelle vitale pour la famille[70]. Les résultats académiques et éducationnels en ont été remarquables. Mais ce n’est pas tout; la restauration de cette fonction parentale entraîne aussi des effets exceptionnels sur la vie même, la structure et la cohésion des familles impliquées.

Le retour des parents à cet aspect de leur obéissance active aux conditions de l’alliance biblique amène avec lui de grandes bénédictions. Non seulement, les enfants sont élevés dans la foi chrétienne de leurs parents, mais les parents eux-mêmes redécouvrent les richesses immenses et inattendues de l’institution que Dieu leur a confiée. Ce chemin mène à la restauration de la famille en tant qu’institution fondatrice de la société et au détrônement des prétentions religieuses – dans ce cas culturelles et éducationnelles – de l’État et de sa domination arrogante et contrenature sur les institutions de la société. Le retour à ce chemin d’obéissance à Dieu ne peut que mener à la construction de structures sociales saines dans nos pays.

 

e) La famille en tant qu’institution religieuse

 

II n’est évidemment pas possible de parler du rôle de la famille dans le christianisme sans mentionner son rôle religieux. Comme nous l’avons déjà fait remarquer, la famille est indestructible, car en tant qu’institution créationnelle, elle porte l’image de la Famille céleste, la Sainte Trinité, Un Dieu en Trois Personnes divines: Père, Fils et Saint Esprit. Nous avons vu aussi que la relation entre l’autorité pleine de bonté du mari et la soumission consentie et confiante de l’épouse, constitue une image vivante de la relation qui unit Jésus-Christ à son Église, l’Église représentant ici les prémices de la nouvelle création.

Dans la perspective du Christianisme historique, qu’il s’agisse de l’orthodoxie orientale, du catholicisme romain, de l’évangélisme ou des confessions réformées, la famille est partout considérée comme une institution à caractère allianciel.

La famille est donc vue comme une institution placée sous la protection spéciale de Dieu. Depuis la fin du XVIIe siècle, ce caractère allianciel de la famille a été remplacé en Occident par la notion sécularisée selon laquelle la famille ne serait qu’une institution contractuelle, et en tant que telle, dissoluble à volonté. La vision de la famille en tant que forme créée stable (catégorie substantielle permanente semblable aux espèces en biologie, ou aux éléments en chimie) a bel et bien été abandonnée à la faveur d’une notion purement individuelle (un nominalisme privé de toute catégorie substantielle stable) selon laquelle les individus (comme les atomes isolés de la physique newtonienne gouvernés seulement par les lois mathématiques) peuvent « faire » (ou « défaire ») la famille à volonté.

L’Occident a donc abandonné toute perception du caractère sacré de la famille[71]. Cette sécularisation de la famille est le fruit de la perte de finalité et de sens de la pensée occidentale. Il s’agit de priver la réalité sociale et politique de l’ordre que lui a donné le Créateur. Cette “athéisation” des structures mêmes de la société ne peut que conduire à la perte de tout discernement et au chaos social qui en est, en droite ligne, le résultat. Aujourd’hui, avec la reconnaissance légale des soi-disant ” mariages homosexuels ” nous avons franchi un seuil de plus. Nous n’arrivons même plus à reconnaître la normativité et le caractère naturel de la famille normale. L’état de perdition biblique n’est-il pas – entre autres – une perte de tous repères? C’est le retour au chaos.

En tant qu’institution religieuse, la famille a la priorité temporelle et pratique (sinon spirituelle) sur l’Église. Au commencement, et en la personne de nos premiers parents, Adam et Ève, la famille-type représentait déjà l’Église. Il est intéressant de faire remarquer que les premiers sacrifices, ceux de Caïn et d’Abel, furent offerts dans le cadre de la famille.

 

Cela vaut aussi pour Noé au temps du Déluge, ainsi que pour les sacrifices offerts par Abraham, Isaac et Jacob. Cet état de choses changea quelque peu avec l’instauration des cérémonies cultuelles publiques définies par la Loi mosaïque et, plus tard, également avec la forme ecclésiastique d’adoration de Dieu instituée par l’Église apostolique. Dans l’Église apostolique des premiers temps, la maisonnée biblique servait souvent de noyau d’où partait l’implantation de nouvelles Églises locales. Aujourd’hui encore le père garde une autorité spirituelle qui fait de lui non seulement le chef politique, judiciaire et économique de son microcosme social, mais également le chef religieux du groupe familial.

Nous avons vu que, dans la perspective chrétienne, le gouvernement a d’abord un caractère personnel; puis le gouvernement est celui de la famille par les parents; enfin, nous arrivons au gouvernement politique de la cité. De manière analogue, la relation du chrétien avec Dieu est tout d’abord intimement personnelle; puis elle s’exprime dans le contexte plus large du culte familial; pour finir elle prend une forme ecclésiastique. Nous avons montré à quel point, dans la perspective chrétienne, la famille naturelle représente l’élément social fondamental. Nous voyons maintenant que cela est vrai aussi dans la sphère religieuse. Car si la famille est spirituellement déboussolée, la communauté religieuse souffrira des mêmes troubles. Et à leur tour, de tels désordres religieux auront des conséquences très fâcheuses sur la société tout entière.

 

Conclusion

 

Il est temps de conclure notre rapide survol du rôle que joue la famille dans la vision chrétienne de la réalité. Ce que j’ai brièvement tenté d’évoquer n’est manifestement pas la description sociologique de la condition actuelle de la famille dans ce qu’il nous reste aujourd’hui d’une chrétienté autrefois florissante, dynamique et généreuse. L’image que j’ai tenté de peindre devant vous est bien plutôt celle d’un modèle à imiter, modèle dont tous ceux qui souhaitent la restauration de la famille doivent s’inspirer.

Ce but à atteindre n’est rien moins que l’actualisation du modèle original de la famille établi par Dieu pour tous les hommes. Ce modèle est certes déformé par notre péché. Ce péché n’est autre que notre désobéissance aux exigences de la Loi de Dieu telles qu’elles sont révélées dans la Torah, dans tous les commandements contenus dans le Tanak ainsi que dans le Témoignage apostolique, cette Nouvelle Alliance qui, en Jésus-Christ, n’est rien d’autre que le couronnement de l’Ancienne. Mais malgré nos défaillances nous devons persévérer dans la mise en application du modèle divin de la famille que nous révèle la Bible.

Aujourd’hui les pouvoirs omniprésents de l’utopie athéiste (et panthéiste), du globalisme s’acharnent à faire disparaître de la surface de la terre le peu qui, dans nos nations, perdure de ce modèle d’origine divine. Mais l’assaut que livrent ces forces contre la famille – il s’agit d’une véritable guerre politique, économique, culturelle et spirituelle – doit être compris comme un signe tangible du mécontentement terrible du Dieu Saint envers la complaisance actuelle de l’humanité à l’égard de son péché. En conséquence de la montée formidable du mal dans notre monde, le Dieu véritable, fidèle à sa Parole, déploie contre nous les jugements consignés dans son traité d’Alliance avec les hommes. Il paraît évident, à ceux qui ont des yeux pour voir, que Dieu aujourd’hui retire sa main protectrice des familles et des nations de la terre. Il nous faut confesser que ce jugement divin sur les familles du monde frappe d’abord, avant tout et le plus fort, nos nations dites chrétiennes – les nations d’une chrétienté impie, immorale et apostate. Il reste toujours possible de détourner le courroux de Dieu, mais cela ne peut se faire autrement que par des actions qui manifestent une repentance véritable et sincère : par l’abandon de nos mauvaises voies et notre retour à l’adoration du seul vrai Dieu et à l’obéissance à ses commandements. Le chemin de cette délivrance est clairement révélé dans les Écritures saintes, divinement inspirées, du Tanak et du Témoignage apostolique, et manifesté publiquement dans l’Incarnation, la mort sur la croix au Golgotha et la Résurrection du Fils unique de Dieu, le seul Messie d’Israël, notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ.

 

L’Alliance établie au commencement par Dieu avec nos premiers parents, Adam et Ève, fut brisée par leur désobéissance. Mais Dieu, dans sa grâce et sa patience infinies a, à travers l’histoire des patriarches avant le déluge et plus tard avec les descendants d’Abraham, œuvré dans l’histoire au rétablissement de son Alliance avec les hommes. Une des fonctions de la famille chrétienne est de témoigner clairement de cette œuvre de rédemption, celle-ci impliquant pour cette famille la délivrance de tous ses ennemis. L’Alliance établie avec Adam, renouvelée avec Noé et Abraham, Moïse et David, a été finalement, complètement et définitivement établie par l’Incarnation, la mort et la Résurrection du Seigneur Jésus-Christ. Ce n’est que par l’adhésion humble et confiante au témoignage vivant de cette Alliance immémoriale que nous pourrons espérer voir de nos yeux la défaite définitive de ces pouvoirs maléfiques. Dieu brisera ainsi l’ambition perverse de ces hommes sans foi ni loi d’usurper le trône de Dieu, manifestant leur haine de la famille divine par leurs efforts acharnés pour détruire son image, la famille humaine. En ces temps dangereux, nous tirons notre consolation et notre espoir des paroles du prophète Ésaïe, paroles fidèlement consignées pour nous tous dans le Tanak d’Israël:

Il rendra à chacun la rétribution qu’il mérite : la fureur à ses adversaires, à ses ennemis ce qu’ils méritent, aux îles la rétribution qu’elles méritent. On craindra le Nom de YHWH depuis le couchant et sa gloire depuis le soleil levant; quand l’adversaire viendra comme un fleuve, l’Esprit de l’Éternel le mettra en fuite. Un rédempteur vient pour Sion, pour ceux de Jacob qui se détournent de leur crime – Oracle de l’Éternel. Quant à moi, voici mon Alliance avec eux, dit l’Éternel: Mon Esprit, qui repose sur toi, et mes paroles, que j’ai mises dans ta bouche, ne se retireront pas de ta bouche, ni de la bouche de tes enfants, ni de la bouche des enfants de tes enfants, dit l’Éternel, dès maintenant et à toujours. (Is 59, 18-21).

 

******************************

REGARD SUR LA CRÉATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages. » (Rm 1, 20)

 

Gent ailée d’Alsace (et d’ailleurs)

 

François Thouvenin

 

Présentation: Le Créateur a voulu que les airs fussent habités, et nous nous sommes si bien habitués à cet état de choses que nous mesurons mal les performances étonnantes des tout petits oiseaux qui nous environnent. Le martinet noir et la mésange charbonnière, bien que menus, n’en sont pas moins admirables que la célèbre cigogne alsacienne. L’un se signale par sa vitesse en piqué, qui en fait un redoutable chasseur d’insectes; l’autre par son intelligence, qui peut nous laisser pantois. Mais tous deux font bien partie de cette gent ailée familière dont le Christ s’est plusieurs fois servi pour nous instruire dans ses paraboles.

 

La Formule 1 du ciel

 

Ce cinglé qui enchaîne piqués et chandelles, comme s’il n’avait jamais entendu parler des lois de la gravitation, c’est l’oiseau absolu, c’est le martinet noir. Arc et flèche à la fois, pirate de l’air urbain, piailleur et cascadeur, grégaire et solitaire, raseur d’antennes et de balcons, il décime joyeusement les bancs de moucherons qui dérivent dans la torpeur des soirs de canicule. Quand le soleil couché forme avec l’horizon un angle que l’espèce juge convenable, des gangs se forment, qui chassent de moins en moins, mais qui pépient toujours, et l’on monte ensemble avec l’air chaud exhalé par la tuile, l’ardoise et l’asphalte recuits.

Si vous entendez encore crier tout là-haut sans plus rien voir, prenez une paire de jumelles : des centaines de points tourrnent par petits paquets, de plus en plus haut, et les jumelles, à leur tour, doivent abandonner la partie…

 

 

Car il « couche en l’air », ce phénomène ! Il sommeille en planant très au-dessus des résultats du loto, à deux mille mètres d’altitude, pour redescendre au petit matin et nous rejouer ses sarabandes insecticides.

Trente grammes « tout mouillé », soit un gramme par centimètre d’envergure, deux cents kilomètres à l’heure en piqué de chasse, jusqu’à sept cents kilomètres par jour quand il migre, des mœurs exclusivement aériennes du premier battement d’ailes au dernier souffle (sauf, évidemment, lorsqu’il s’agit de pondre et d’élever des petits, dans un nid ultra-sommaire situé au plus haut de l’édifice le plus élevé possible)… Si, muni de telles données, vous considérez toujours l’aigle royal comme le seigneur des oiseaux, c’est que vous êtes irrémédiablement plus porté sur Rolls Royce que sur Ferrari ! Mais d’une manière générale, comment ne pas être tous d’accord pour admirer sans cesse l’œuvre sublime du Créateur dans chacune de Ses créatures, à commencer par celles – infiniment diverses – qu’Il a bien voulu doter de l’enviable faculté de voler ?…

Le martinet noir nous revient d’Afrique noire entre la troisième et la quatrième semaine d’avril (en Alsace, du moins : généralement autour du 23). Sans la moindre carte de séjour, ce parfait clandestin sème alors la terreur dans nos populations nationales d’insectes volants, et malheur à tout ce qui est plus petit qu’un mâle d’abeille – dénué de dard, comme chacun sait : pas fou, le martinet ! Il écume nos cieux sans vergogne jusqu’au tout début du mois d’août, qui le voit redescendre vers ses latitudes hivernales, où la provende continue d’abonder.

Un beau matin, on ressent une sorte de manque bizarre dont l’origine se révèle tout à coup : plus de zigzags en trois dimensions, plus de pépiements surexcités, plus d’acrobaties aériennes… Le ciel est vide, silencieux, immobile, et ce ne sont pas nos braves moineaux, merles et pigeons sédentaires qui peuvent nous offrir un spectacle aussi haletant ! Il va falloir patienter huit à neuf longs mois avant d’apercevoir un beau matin les premiers éclaireurs du plus grand chapiteau du monde : le ciel urbain du martinet noir.

Dix-huit grammes de malice

 

Elle vole, elle est craquante et masquée, elle est douée d’une agilité remarquable. Qui est-ce ?

Ceux qui ont dit « la fille d’Arsène Lupin » ont tout faux. Il fallait répondre « la mésange charbonnière ». C’est une monte-en-l’air, certes, mais avant tout un oiseau.

Dans la campagne lorraine, on l’appelait jadis « chiesu’l’feu », et ce pour deux raisons : le son de ces mots rappelle l’un de ses nombreux chants; et elle commence à chanter ainsi dès la fin de l’hiver, tandis que les autres passereaux se calfeutrent encore. On ne prend jamais trop tôt possession de son territoire ! Cette rigolote est délicieuse à voir et à entendre. À manger, on ne sait pas. Il faudrait demander à ses très nombreux prédateurs…Acrobate née, elle se suspend à n’importe quoi la tête en bas et, ridiculisant les varappeurs à main nue, s’accroche facilement aux murs les plus lisses en apparence. Ces aptitudes enviables assurent à toutes les mésanges la jouissance majoritaire des boules de graisse truffées de friandises que des mains amies mettent à leur disposition par les grands froids et à la saison des nids. Seuls les verdiers et quelques moineaux hardis parviennent à s’y percher aussi, mais qu’ils ont l’air gauche à côté de ces championnes du trapèze !

Si, aux mois de mars et d’avril, vous êtes assourdis par des « tulîîî tulîîî tulîîî » ultra-rapides ou des « titipûûû titipûûû titipûûû » surexcités, il n’y a pas de doute possible : c’est la charbonnière mâle qui semble claironner sa joie de vivre dans l’attente des vrais beaux jours, mais qui est surtout occupée à charmer une belle et à défendre âprement son lopin de verdure avec ou sans conifères. Au spectacle du chanteur, vous serez sidérés d’entendre de tels sons sortir d’un corps si menu. La voix de la charbonnière se singularise par sa pureté et sa puissance. Le chant, lui, est extrêmement varié. Cette miniature de clown ne vat-elle pas jusqu’à imiter parfois les chants d’autres espèces ? Sans doute est-ce pour cette inlassable espièglerie que les Italiens l’appellent « cinciallegra » (mésange joyeuse).

 

Les Anglais, eux, la nomment « great tit », car du haut de ses quatorze centimètres de la pointe du bec à celle de la queue, elle est la plus grande des mésanges, et les Espagnols « carbonero común », en raison de son abondance.

Approchons-nous d’une bande de mésanges en train de picorer dans une mangeoire de jardin. La charbonnière doit son nom et se reconnaît à la bande noire qui barre son ventre jaunevert (plus largement chez le mâle que chez la femelle) et se prolonge par une sorte de cagoule noire laissant deux larges dessous d’œil blancs.

Son extraordinaire vivacité lui fait dépenser une énergie considérable, ce qui l’oblige à absorber chaque jour son poids d’aliments. Comme toutes les mésanges, elle possède un bec dur et pointu lui permettant de percer une noisette en quelques secondes. En omnivore accomplie, elle apprécie pêle-mêle les chenilles, pucerons, sauterelles, petits papillons et autres insectes. Quant la belle saison fait place à l’automne, elle apprend à se contenter de baies et de graines et fait honneur à tout ce qu’on veut bien lui abandonner. Essayez donc de laisser des miettes de gâteau ou un reste de pain de margarine sur votre balcon, et vous verrez si elle est la dernière à se jeter dessus !

Cet éclectisme alimentaire, grâce auquel une mésange peut passer toute sa vie sur trois ou quatre hectares seulement, n’est qu’un signe de plus d’un intellect étonnamment développé chez cet être minuscule. Comme sa cousine la mésange bleue, elle peut venir à bout de tous les obstacles quand il s’agit de satisfaire son appétit, voire sa gourmandise. En Angleterre, où le « milkman » déposait autrefois les bouteilles de lait devant la porte de ses clients, on s’était aperçu que ces friponnes s’intéressaient uniquement aux bouteilles à capsule argentée. Pourquoi ? Parce que les capsules dorées étaient le signe distinctif du lait écrémé, pardi !… Et que le lait non écrémé est bien plus nourrissant, cette blague !… Comment résister à la tentation de crever prestement la capsule en aluminium et de se goinfrer de crème, queue en l’air ?…

 

 

 

D’autre part, des expériences ont montré que toutes les deux étaient capables, non seulement d’effectuer dans l’ordre requis une douzaine d’opérations différentes pour débloquer un mécanisme complexe et se procurer la cacahuète convoitée, mais aussi d’enseigner après coup la marche à suivre à leurs petits ! Et elle a beaucoup de petits à nourrir, la charbonnière ! Une bonne douzaine d’affamés qui se bousculent dans un douillet nid de mousse, de duvet, de poils et de morceaux de laine occupant une cavité d’arbre, un creux de mur, un nichoir ou un segment de tuyau, entre autres logements possibles.

Examinez un nid fraîchement déserté par ses jeunes occupants. C’est en vain que vous chercherez dedans et autour la moindre trace de fiente ou de coquille d’œuf. Pourquoi une telle propreté ? Parce que la charbonnière est l’un de ces oiseaux inscrits à leur demande sur la « liste rouge des nids », c’est-à-dire soucieux d’éviter que les prédateurs et autres casse-pattes ne repèrent trop facilement l’endroit où ils élèvent leur progéniture. Les individus d’autres espèces, au contraire, cherchent à impressionner l’ennemi éventuel en salissant le plus possible leur nid et ses environs immédiats. À chacun sa psychologie… et sa stratégie.

Comment la charbonnière s’y prend-elle pour évacuer facilement les déjections de sa nombreuse famille ? Elle procède par « prélèvement à la source ». Quant un petit veut se soulager, il le signale en soulevant son derrière. Le père ou la mère saisit alors du bec le sac blanc bleuté sortant du cloaque et va le larguer au loin. Autrement dit, la charbonnière est l’inventeuse d’une véritable couche-culotte interne, et celle-ci ne fuit vraiment pas. (Pampers tente d’ailleurs de racheter le brevet à prix d’or).

L’intelligence des mésanges peut atteindre des sommets enviables par n’importe quelle espèce. L’une d’elles, blessée, avait été soignée par une brave dame. Or, celle-ci eut quelque temps après la surprise d’entendre toquer à sa fenêtre. L’ex-éclopée se tenait sur le rebord en compagnie d’une congénère blessée, qu’elle amenait à son aimable rebouteuse !…

On l’aura compris : la mésange charbonnière est dotée de toutes les qualités ou presque : costume impeccable, organe de stentor, drôlerie, agilité, adresse, ingéniosité, adaptabilité, etc.

Elle n’a qu’un gros défaut : elle est presque aussi teigneuse que sa cousine bleue… Mais après tout, existe-t-il une seule espèce d’oiseau qui ne soit pas volontiers agressive ?… Vous, la « Colombe de la Paix », on ne vous a pas sonnée ! Vous n’êtes qu’une pure invention humaine à la Walt Disney, et le rôle de potiche dans lequel on vous cantonne depuis toujours fait de vous la complice passive d’une grande hypocrisie, doublée d’une hérésie ornithologique.

On n’en éprouve pas moins la tentation de se demander si Dieu n’aurait pas conçu ces vivantes merveilles que sont les oiseaux – tous les oiseaux – pour nous donner envie d’imaginer

Ses anges…

 

*********************************

 

NOS MEMBRES PUBLIENT

 

Ce que je crois, par Pierre Dequènes

 

Pierre Dequènes, qui nous avait donné au colloque de 2004 à Paris une conférence sur Les interventions de Dieu dans la Grande Guerre, vient de publier son “testament littéraire”. Comme ses précédents ouvrages, celui-ci est documenté et apporte nombre d’informations ainsi que ses solutions, parfois assez personnelles, aux questions que se posent nos contemporains. On y retrouve ses sujets favoris : le conflit entre Science et Foi, avec des monographies sur Galilée, Newton et Einstein ; la Passion de l’Eglise et le rôle de la Vierge Marie dans l’histoire, spécialement à notre époque. On y découvre aussi des vues originales sur Nikola Tesla, Isaac Shamir, la maçonnerie vue par Philippe Ploncard d’Assac, l’intérieur de la Terre, le réchauffement climatique. En notre temps si perturbé, on trouvera dans ces lignes un cri d’espérance analogue au message de Fatima annonçant le triomphe du Cœur Immaculé de Marie. (Y.N.) (L’ouvrage est à commander chez l’auteur à l’adresse suivante : La Grange, rue Ernest Roller, 83200 Toulon. 16 € franco)

 

Courrier des lecteurs

 

Du Docteur J.-M. C. (Vendée)

 

Nous venons de fêter les 20 ans du “groupe d’Adoration” de notre paroisse. Il y a 100 adorateurs inscrits pour tenir des permanences horaires, et bien d’autres qui viennent. Beaucoup de grâces reçues. Depuis: des vocations (au moins quatre), un revirement de la paroisse après bien des années désastreuses; depuis deux ans les Laudes sont récitées chaque jour à l’église par une quinzaines de personnes; chaque année, deux soirées d’adoration méditées pour toute la paroisse; en carême, reprise du chemin de croix toutes les semaines; de nombreux laïcs (1.200 bénévoles sur un secteur paroissial de quatre églises peuplé de 16.000 personnes!) s’engagent au service de l’Église et de nos prêtres débordés: 5 à 7 équipes de fleuristes et une équipe de nettoyage par église; églises nettoyées à fond tous les mois avec les bancs cirés 2 fois par an, 5 équipes liturgiques qui méditent sur les textes pour préparer la messe (animateur, lecteurs, etc., 5 organistes, des groupes de prières, une chorale par église, des groupes des brancardiers de Lourdes et accompagnateurs de malades, catéchismes, visiteurs de malades, 3 sacristains pour l’église principale, etc. L’engagement des paroissiens pour la restauration de l’orgue, en 2004, a largement dépassé financièrement ce que les autorités (mairie et conseil départemental de la Vendée) avaient exigé pour prendre en charge le reste de la restauration complète (intérieure et extérieure) de l’église principale romano-gothique des XIIe et XIIIe siècles. L’église se remplit à nouveau et beaucoup reviennent à une pratique religieuse plus profonde: on les revoit à toutes les cérémonies et même parfois à l’adoration du SaintSacrement et aux chemins de croix du Carême.

 

 

En quoi ceci vous concerne-t-il? Depuis sa création, le groupe d’Adoration présente au Seigneur, lors des adorations eucharistiques, les intentions de tous, en particulier pour la mission du CEP et pour ses membres. Voilà qui devait être dit!

 

De Mademoiselle M-P. M (Hautes-Alpes)

 

Bravo également pour cet article déboulonnant l’idole: Napoléon, lui aussi un « avant-coureur de l’Antéchrist ». En le lisant, j’ai pensé au Sonnet que l’abbé Grumel avait écrit à son sujet et que je vous livre. Il mériterait une publication.

 

Napoléon

 

Napoléon, ce nain au chapeau ridicule,

Lignage dégradé de la Révolution,

A poussé ses grognards et ses noirs bataillons

Des frontières de France au bord de la Vistule.

 

L’Europe a cru trembler devant ce somnambule

Qui ne voulait pour Dieu que sa seule ambition : Tout lui serait soumis : le Pape, les Nations, Aplatis, asservis, liés sous sa férule.

 

Un flot de sang humain coulait pour ses victoires, La clameur du canon affermissait ses gloires…

Mais, Waterloo tissa son brouillard enfumé…

 

Qui dira les horreurs de la guerre d’Espagne ?

Au retour de Moscou, la sinistre campagne ?

Sur l’Océan muet, l’Aigle fut déplumé.

 

******************************

 

 

 

POÈME

La Sagesse de l’Écho. L’Écho, une Parole de Dieu Christophe Mulliez (d’après Théodore Botrel)

Dans la forêt du grand mystère, J’ai crié, le cœur très las :

« La vie est bien triste ici-bas ! »

L’Écho m’a répondu : « Bah ! »

 

Puis d’une voix si touchante :

« Écho, la vie est méchante ! »

L’Écho m’a répondu : « Chante ! »

 

« Ah, Écho, tu me réponds !

Alors que répondre à leurs moqueries ?»

L’Écho aussitôt reprit : « Ris ! »

 

« Écho, Écho des grands bois !

Lourde, trop lourde est ma croix ! »

L’Écho m’a répondu : « Crois ! »

 

« La haine en moi va germer, Dois-je rire ou blasphémer ? »

Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »

 

« Écho, tu connais les mystères,

Que faire pour que Dieu pardonne ? »

Et j’ai entendu : « Donne! »

 

En silence je cherchais ensuite

Ce que j’aurais pu dire pour qu’Il réponde:

« Sers, Aide, Loue, Vis! »

 

Finalement, « Écho, tu es si sage,

Envoie moi donc ton Esprit. »

Je me suis tu et entendis : « Prie! »

 

Comme l’Écho des grands bois

M’a conseillé de le faire,

J’aime, je chante, je prie et je crois…Et je suis heureux sur terre !

 

————————————————————————————–

 

 

Bulletin d’Adhésion et d’Abonnement

 

A retourner au CEP, 4 rue de Beauvais,

91410 Saint Cyr sous Dourdan (France)

Tél. 01 60 81 27 24

Courriel : s.cep@wanadoo.fr

 

 

Nom : _________________________ Prénom : ______________________

 

Adresse : _____________________________________________________

 

 

Code Postal : ____________ Ville/Pays : ___________________________

 

Adresse courriel (i-mel) : _______________________________________

 

Verse sa cotisation annuelle : S’abonne à la revue Le Cep :

 

 Membre actif : 30 €

 Abonnement France : 30 €

 Membre sympathisant : 5 €

 Autres Pays : 35 €

 

 Abonnement de soutien : 45 €

 

 Etudiant, chômeur, etc. : 20 €

 

Fait un don de : Euros

  • Reçu fiscal demandé

 

Soit au total la somme de Euros

 

Règlement par :

 

  • Chèque en Euros tiré sur une banque établie en France ou sur CCP  Virement postal sur le CCP du CEP (n°4 719 68 J, Centre : Châlons

en précisant l’objet du versement)

  • Mandat postal international

_____________________________________________________

 

 

  1. Du moins aux yeux d’une certaine tradition occidentale tardive. Car les Hébreux faisaient plutôt du cœur le siège des pensées, tout comme les Chinois, qui incorporent souvent l’idéogramme du cœur lorsqu’ils composent les caractères signifiant les opérations intellectuelles.

  2. Par le cœur donc, et non par le cerveau, alors qu’il ne s’agit pas d’émotions ou d’affections, communément rattachées au “cœur”. Les encéphalogrammes, il est vrai, montrent bien comment des synapses cérébrales s’ouvrent et se ferment à chaque opération mentale, mais la course d’un messager n’explique

  3. Le P. Arnould va jusqu’à y inclure les raëliens, secte fondée par l’athée Claude Vorilhon (alias Raël); selon ce dernier, des extra-terrestres auraient créé les êtres vivants et l’homme, grâce à des procédés de biotechnologie. Par le simple rejet d’une origine animale de l’humanité, les raëliens deviendraient ipso facto des “créationnistes”! cf. op. cit., pp. 132-133.

  4. Sur l’ID, se reporter aux articles de Claude Eon dans Le Cep n° 35 et n° 37.

  5. Sur le film télévisé Homo Sapiens, voir Le Cep n°35, pp. 3-4.

  6. Comment ne pas y voir un magnifique exemple de finalité dans la nature ?

    Et comment croire que cette faculté adaptative ait pu surgir par hasard ?

  7. E. Renan, Vie de Jésus (1863), rééd., Paris, le Seuil, 1952, p.12. Voici la citation exacte et complète de Renan, dont on pourra goûter le charme suranné: « Il est une chose qu’un théologien ne saurait être, je veux dire historien. L’histoire est essentiellement désintéressée. L’historien n’a qu’un souci, l’art et la vérité (deux choses inséparables, l’art gardant le secret des lois les plus intimes du vrai). Le théologien a un intérêt, c’est son dogme. » 10Documents Épiscopat n°7, 2007, p.10; cf. Le Cep n°45, pp. 1-6.

  8. Se reporter notamment à l’itinéraire personnel de Dean H. Kenyon qui, darwinien convaincu, enseignait la biologie évolutionniste à l’université d’État de San Francisco; cf. Le Cep n° 40, pp. 25-33.

  9. On pourra lire intégralement cette préface plus loin dans ce numéro.

  10. À l’exception de l’Italie.

  11. Cf. Le Cep n° 46, pp. 33-44.

  12. Parmi ces anomalies, une des plus marquantes est l’emploi du même mot “évolution” pour désigner deux phénomènes rigoureusement distincts :

    a/ la variabilité à l’intérieur de l’espèce (= la “micro-évolution” bien attestée, encore qu’il vaudrait mieux éviter ici l’emploi du mot ‘évolution’, selon la sage recommandation du Pr Rabischong); b/ le saut trans-spécifique (= la mythique et prétendue “macro-évolution”). 16 Michael Ruse, “Saving Darwinism from the Darwinians”, National Post, 13 mai 2000, p. B-3.

  13. Everyman’s Library Edition of the Origin of Species (n° 811), Londres, J.M. Dent & Sons, Ltd., 1956. Les passages soulignés l’ont été par nous.

    Traduit par Claude Eon.

  14. De l’Origine, ch. 15.

  15. Op. cit., ch. 1,2 et 5.

  16. Ibid. ch. 2. 5 Ibid. ch. 3.

  17. Ibid. ch. 10 et 11.

  18. Ibid. ch. 14.

  19. Armand de Quatrefages, Charles Darwin et ses précurseurs français. Étude sur le transformisme, Paris, G. Baillière, 1870, pp.154-159. Voir aussi Darwin, Life and Letters, vol. 3, pp.117-118.

  20. Ce point est marqué de façon frappante par le Pr Nilsson dans son important ouvrage Synthetische Artbildung: « Un examen serré découvre l’impossibilité empirique inhérente à l’idée d’évolution. Si nous disons que Homo a évolué depuis Amæba durant des millions d’années, nous ne trouvons pas cela impossible parce que les différences entre les espèces n’offrent pas de points de comparaison et que la distance entre les espèces est biologiquement incompréhensible. Mais si, comme lien dans la chaîne nous choisissons des animaux quelque peu plus semblables à l’homme, l’acceptation ne vient pas aussi facilement à notre esprit. L’affirmation que l’homme a été successivement morue, grenouille, crocodile, ornithorynque et gorille, fait regimber la pensée parce que de tels changements sont étrangers à notre compréhension empirique; ils sont dans leur élément dans Alice au pays des merveilles. »

  21. Ce point est exposé plus en détail et avec compétence par le Pr R. Good dans son article “Natural Selection Re-examined”, The Listener, 7 mai 1959, pp. 797-799.

  22. Émile Guyénot (1885-1963), enseigna à l’Université de Genève. Cf. son Les Sciences de la vie aux 17ème et 18ème siècles; l’idée d’évolution, BM. 9010 a 1.

  23. Ndlr. Comme Darwin croyait à l’hérédité des caractères acquis, la simplicité de la génétique mendélienne (par ailleurs incompatible avec sa théorie) ne pouvait que lui échapper. Sa notion de “gemmule” visait à rendre compatible la transmission de traits héréditaires et de variations acquises. Ce fut sans doute une des causes de “l’oubli” des travaux de Mendel durant 50 ans: le temps nécessaire pour que la théorie des mutations vînt donner le sentiment que des mutations (héréditaires) pourraient expliquer l’évolution. Malheureusement pour les évolutionnistes, les mutations n’ont jamais fait apparaître le moindre organe nouveau.

  24. Note de Jean-François Moreel: en fait, ce n’est pas dans De l’Origine des espèces que ce point est développé, mais dans La Variation des animaux et des plantes domestiques (Londres, John Murray, 1868), ouvrage dont les darwiniens ne parlent jamais, tellement ils en ont honte pour Darwin.

  25. Ndlr. On parle alors de “spéciation”, mais cette subdivision d’une espèce taxonomique ne voit jamais apparaître d’organes nouveaux; il ne s’agit donc pas d’évolution au sens propre (la prétendue macro-évolution). Les différentes formes de becs entre les pinsons des Galapagos résultent de ce phénomène, et les naturalistes discutent encore entre eux pour savoir s’il s’agissait de variétés au sein d’une espèce ou d’espèces distinctes.

  26. Voir par exemple: The Evolution Theory in its Relation to tooth Replacement, F. Gordon Cawston, E.P.M. Brochure n° 29. (BM, WP 12598)

  27. E. Haeckel, The Evolution of Man, 1905, vol. II, Histoire de la tige humaine ou phylogénie, pp.413-414 (B.M. 7001 r 4).

  28. Cf. Haeckel’s Frauds and Forgeries, par J. Assmuth & E.R. Hull, 1915 (B.M. 7006 aaa 51).

  29. De l’Origine, ch. 10. Il est pertinent de noter que l’éminent historien et philosophe Oswald Spengler, dans son Déclin de l’Occident (1918), remarquait: « Il n’y a pas de réfutation plus concluante du darwinisme que celle fournie par la paléontologie. »

  30. Cf. Archæopteryx– Not a Link, de C.E.A. Turner, E.P.M. Brochure n° 76 (B.M. WP 12598).

  31. Il s’agit de Theodosius Dobzhansky (1900-1975), dans son essai Nothing in Biology Makes Sense Except in the Light of Evolution, 1973 [NdT].

  32. La liste complète des écrits de D’Arcy Wentworth Thompson se trouve dans Essays on Growth and Form offerts à D’Arcy W. Thompson, 1942 (B.M. 7008 b 22).

  33. Cf. Haeckel’s Fallacies de R. Blake, 1908 (B.M. 4018 h31).

  34. The Piltdown Forgery, Dr Weiner. The Solution of the Piltdown Problem. J.S. Weiner, K.P. Oakley and W.E. Le Gros Clark. B.M. (NH) Geology, vol. 2, n° 3, 1953. Avant que le lecteur ne tire une conclusion, il ne devrait pas manquer de consulter Lessons of Piltdown de Francis Vere, édit. E.P.M. 1959. Le savant professeur est trop généreux. Toute l’approche de l’origine de l’homme dans les grands musées du monde est basée sur des reconstitutions, dont la validité est sujette à sérieuse critique.

  35. Ndlr. Il s’agit d’une simple phrase dans la conclusion, sans doute ajoutée pour prévenir les inévitables objections des “bigots”.

  36. Version remaniée et abrégée en français de l’exposé “Are Radioactivedating methods reliable ?” Université La Sapienza, Rome, Italie, 3 novembre 2008. Les textes des figures sont en anglais.

  37. Le Cep n° 1 nov 1997, n°2 fév 1998 et n°3 mai 1998, sous la plume de Marie-Claire van Oosterwyck.

  38. Articles de G. Berthault, de K. Scripko et d’ E. Kolesnikov.

  39. Repris de Daylight, n° 29, automne / hiver 1999 (19 Francis av., St Albans, AL3 6BL, G.B.); aimablement traduit par Claude Eon.

  40. Anthony Nevard, enseignant, correspondant britannique du CEP, est le rédacteur et l’éditeur de la revue Daylight.

  41. Bowden, M. The Rise of the Evolution Fraud. Sovereign Publications. 1982, p. 81.

  42. Morris, H. The Long War Against God. Baker Book House, 1989, p. 76.

  43. Keith, A. Evolution and Ethics, New York, Putnam, 1947, p. 28.

  44. Ibid., p. 230.

  45. Gasman, The scientific Origins of National Socialism, 1971, p. 161. 8 Hsu, K.J. “Sedimentary Petrology and Biologic Evolution” Journal of Sedimentary Petrology 56, sept. 1986: 730.

  46. Clark, R.E.D., Darwin: Before and After, London, Paternoster Press, 1948, p. 115.

  47. Hitler, A., Mein Kampf (1933), tr. R. Mannheim, Hutchinson, 1969, xxxvi. 11 Ndlr. Comme Haeckel, le traducteur de Darwin en allemand, Hitler utilise généralement le mot Entwicklung (développement).

  48. Hitler, A., Mon Combat, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 1934, p.135.

  49. Ibid., p. 138.

  50. Ibid., pp. 285-286.

  51. Ibid., p. 287.

  52. Ndlr. Sir Francis Galton (1822-1911), l’inventeur de l’eugénisme, était cousin germain de Darwin, et le Major Leonard Darwin (1850-1943), fils du naturaliste, fut longtemps Président de l‘Eugenic Education Society.

  53. Ibid., p. 400.

  54. Ibid., p. 402. 19 Ibid., p. 404.

  55. Repris de Votre Santé n°125, mars 2010, pp. 8-10.

  56. Repris de Création, Bible et Science, Lausanne, l’Âge d’Homme, 2008, pp. 139-154. Il s’agit ici d’une conférence donnée à Lausanne le dimanche 2 juin 2002, jour de l’acceptation par une écrasante majorité du peuple suisse de la “solution des délais”, autorisation légale accordée à tout un chacun d’assassiner librement ses propres enfants de moins de douze semaines.

  57. Sur le thème du fondement biblique de la famille, je vous recommande la lecture de deux brillantes dissertations, très détaillées, sur l’application concrète des Dix Commandements: Pierre Viret, L’Instruction chrétienne en la Loi et l’Évangile, qui pour la première fois depuis sa première parution en 1564 est en voie de réédition aux Éd. de l’Âge d’Homme, à Lausanne; et : Rousas John Rushdoony, The Institutes of Biblical Law, vol. I, Presbyterian and Reformed, Philadelphia, 1973, vol. II, Law and Society, 1982 and vol. III, The Intent of the Law, 1999, les deux derniers publiés par Ross House Books (P. O. Box 67, Vallecito, California 95251), volumes qui sont pour notre génération ce que les œuvres de saint Jean Chrysostorne et de Pierre Viret furent pour les leurs.

  58. Voir aussi les versets suivants : Mt 19, 3-9 ; 1 Co 6, 16 ; Ép 6, 31.

  59. Voir entre autres les Ps 127 et 128.

  60. Cette égalité « spirituelle» s’applique aussi à d’autres catégories sociales. Mais elle n’abolit pourtant pas les distinctions et hiérarchies créationnelles sociales telles que celles qui existent entre esclaves et hommes libres, Grecs et Juifs, Chinois et Africains, soldats et officiers, enfants et parents, anciens d’Églises et paroissiens, etc. Voir Ga 3, 28 et Col 3, 11.

  61. Sur ce sujet vital, voyez l’enseignement du prophète Ésaïe et notre étude : Jean-Marc Berthoud «L’Humanisme: la confiance en l’homme, ruine des nations. Ésaïe chapitre 3 », dans Résister et Construire, n° 41-42, 1998 (Case postale 468, 1001 Lausanne, Suisse).

  62. Sur ces questions capitales voyez : Stephen B. Clark, Man and Woman in Christ. An Examination of the Roles of Men and Women in Light of Scripture and the Social Sciences, Servant Books, Ann Arbor, 1980; John Piper and Wayne Gruden (Editors), Recovering Biblical Manhood and Womanhood. A Response to Evangelical Feminism, Crossway Books, Wheaton (Illinois), 1991; Évelyne Sullerot, Le fait féminin. Qu’est-ce qu’une femme?, Paris, Fayard 1978; Quels pères, quels fils ?, Paris, Fayard, 1992; J. David Pawson, L’autorité une affaire d’homme, Librairie chrétienne Carrefour, Nyon (Suisse), 1992 ; enfin, l’ouvrage capital de Leon J. Podles, The Church Impotent. The Feminization of Christiany, Spence, Dallas, 1999.

  63. Voyez entre autres textes: Ép 3, 14-15.

  64. Dans la société biblique, et à diverses époques de la chrétienté, les esclaves (ou les serviteurs) faisaient partie intégrante de la famille élargie, de ce que l’on appelait le « ménage ».

  65. Frédéric Le Play, L’organisation de la famille selon le vrai modèle signalé par l’histoire de toutes les races et de tous les temps, Tours, Mame, 1875. 11 J. D. Unwin, Sex and Culture, Oxford University Press, Oxford, 1934; Hopousia or the Sexual and Economic Foundations of a New Society George Allen and Unwin, London, 1940.

  66. Une aberration philosophique: dans son rejet nominaliste des universaux (catégories stables correspondant à un aspect particulier de l’ordre stable de la création); ici la catégorie créationnelle niée est celle de la famille. Voyez l’étude de Georgette Papacostoula, Les conceptions d’Aristote sur la famille et l’éducation morale, Athènes, 1956.

  67. Sur la nature de la famille européenne au XIXe siècle et son indépendance économique, voir les travaux de Frédéric Le Play: Les ouvriers européens, Tours, Alfred Mame, (6 vol.), 1878 (1855); L’organisation du travail selon la coutume des ateliers et la loi du Décalogue, Tours, Alfred Mame, 1870; La réforme sociale en France déduite de l’observation des peuples européens, Tours, Alfred Mame, 1874 (3 vol.); La constitution de l’Angleterre considérée dans ses rapports avec la loi de Dieu et les coutumes de la paix sociale, Tours, Alfred Mame, 1875 (2 vol.) ; etc.

  68. Le roman épique Le cheval rouge (Milan, 1983, l’Âge d’Homme, 1996), du romancier italien catholique romain Eugenio Corti, fournit un récit détaillé de la façon dont a fonctionné une telle famille en Europe pendant la période précédant et suivant de près la Seconde Guerre mondiale. Ce livre, qui en est déjà à sa dix-huitième réimpression en Italie (et ceci malgré une totale ignorance de la part de la presse séculière !) a été traduit et publié en français, en anglais, en japonais et en espagnol.

  69. Voyez par ex. Dt 6, 4-9, et le Livre des Proverbes qui abonde en conseils en directives sur la responsabilité essentielle de la famille dans l’éducation de ses enfants.

  70. Voir Samuel Blumenfeld, Homeschooling. A Parents Guide to teaching children, Citadel Press (Carol Publishing Group, 120 Enterprise Avenue, Secaucus NJ. 07094), 1997.

  71. Voir Alfred Dufour, Droits de l’Homme, droit naturel et histoire, P.U.F., 1991; Mariage et société moderne, Fribourg, Éd. Universitaires, 1997.


PRÉFÉRENCE DE CONFIDENTIALITÉ

Le CEP utilise des cookies  dont le dépôt est soumis à votre consentement sur ce site afin de mesurer l’audience du site (Google Analytics) et des traceurs tiers vous permettant de visionner des vidéos et de partager du contenu sur les réseaux sociaux ou plateformes présents sur le site (Facebook et YouTube).