Revue du Cep numéro 76

Sommaire de la revue du CEP N° 76 3ème Trimestre 2016

 

Table des matières

De la non-discrimination Dominique Tassot 2

SCIENCE ET TECHNIQUE 11

L’innocence du carbone ou comment implanter une idée (1ère partie) Christian Duchesne 11

« Examen par les pairs » (peer review) : déontologie et fraudes chez les chercheurs scientifiques Jo Moreau 37

HISTOIRE 45

« Lumières » sur la théologie allemande David Penot 45

Les tissus mous de dinosaures 58

SOCIÉTÉ 65

Il existe une nature humaine Dr Jean-Pierre Dickès 65

BIBLE 69

Saint Sidoine, apôtre de la Lumière divine Dr Laurent Rebeillard 69

REGARD SUR LA CRÉATION 89

« Les aveugles voient » (Mt 11, 5) Marie-Christine Ceruti-Cendrier 89

COURRIER DES LECTEURS 95

POÈME 97

Hyménophobie, ou Mariage pour personne … Michel Vienne 97

De la non-discrimination

Dominique Tassot

Présentation : Il est souvent question, tant dans les directives européennes que dans les textes de lois et les ritournelles médiatiques, d’éviter toutes les discriminations. Certes, le sage est celui qui ne fait pas acception des personnes et l’on cite souvent cette réplique d’Ambroise Paré à Charles IX lui rappelant que ce n’était pas un gueux qu’il allait soigner : « Impossible, sire : je soigne déjà le dernier des gueux comme un roi ! »

Mais la discrimination, comme l’étymologie en fait foi, est aussi et surtout l’acte majeur de notre intelligence, synonyme de juger, comparer, choisir, trier, cribler, filtrer, soit autant d’activités constitutives de l’homme en tant qu’image de Dieu. C’est parce que notre intellect est de quelque manière semblable à celui de Dieu que nous pouvons Le comprendre et comprendre l’univers créé par l’Intelligence divine. De là cette remarque du psychologue Ribot : la discrimination est le fondement de notre intelligence. On peut se demander également si cette insistance actuelle, constante et universelle à lutter contre les discriminations ne relève pas d’une fausse morale étatique, conjoncturelle, aux « vertus » arbitraires, par-delà le bien et le mal, dont l’effet pratique sera d’écarter la morale révélée et de débarrasser ainsi les Créon des futures Antigone.

Lors de la venue du Fils de Dieu sur terre, le message transmis par les anges fut celui-ci : « Paix aux hommes de bonne volonté ! » Ce message est un clair appel à la discrimination. Il nous signifie en effet que les hommes se répartissent en deux catégories ; à l’une est promise ce qui sera refusée à l’autre : la paix.

Certes, si le latin classique comportait les mots discriminatio et discriminare, le substantif « discrimination » est récent en français, introduit par Ribot[1] en 1870 dans son traité sur La Psychologie anglaise contemporaine. Nous lisons à ce propos dans le Littré : « Discrimination : faculté de discerner, de distinguer. “Ce changement d’état [par lequel on passe d’une modification à une autre], c’est la discrimination et c’est le fondement de notre intelligence” (Ribot, p. 258). » Cette remarque du célèbre psychologue nous mène droit au cœur de la question.

L’intelligence, l’étymologie latine interligare nous l’indique, établit des liens entre les choses ; elle apprécie leurs ressemblances et leurs différences ; elle en tire un jugement ; elle en éclaire nos actions. Avec la faculté de discriminer, nous nous trouvons au centre de la forteresse intérieure qui est le propre de l’homme, le différenciant de l’animal ou de la machine : la faculté d’arbitrer, de décider librement. Pour le latin discrimen, le Gaffiot donne : « différence, distinction, moment où il s’agit de décider, décision, détermination, position critique. » Et pour le verbe grec correspondant diakrinô, le Bailly avance : « séparer, distinguer, discerner, juger, trancher. »

Si donc le mot « discrimination » (1870) et surtout le verbe « discriminer » (1948) sont récents dans l’usage de la langue française, la chose était bien présente depuis l’origine du langage. Ribot donnait la discrimination comme « fondement » de notre intelligence. On pourrait aller plus loin et parler d’activité constitutive, car il s’agit d’un acte et non d’une simple condition préalable. Nous ne savons si les chantres de la « non-discrimination » ont bien perçu tout l’enjeu de leur démarche. Mais, qu’ils l’aient voulu ou non, il demeure qu’en s’attaquant à la discrimination, ils ont bel et bien sapé, voire paralysé, la façon dont nous réagissons intelligemment aux circonstances.

L’État est aussi impropre à penser qu’à moraliser. Il n’existe pas de pensée collective, ce mythe maoïste ! C’est toujours l’individu qui pense et, selon l’adage, « si tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense ! ». En retirant à la conscience individuelle la responsabilité du jugement moral (ce qui se passe quand l’État prétend dicter les comportements), on ne fait pas que saper « le fondement de notre intelligence » – selon la formule de Ribot reproduite par Littré –, on induit en réalité une sorte de folie mentale.

Il existe un dispositif de psychologie expérimentale appelé « boîte de Skinner » (du nom de son inventeur) et destiné à l’apprentissage d’un comportement.

Le rat (ou le pigeon) occupe une cage dans laquelle il commence par apprendre, par expérience, que le bouton poussoir provoque l’arrivée de nourriture dans la mangeoire. Puis son comportement va être conditionné par un stimulus positif ou négatif (visuel ou sonore).

Fig. 1 : Boîte de Skinner

 

Plancher

électrifiable

Ainsi, en présence d’une lampe verte, le bouton poussoir délivre bien de la nourriture (ce qui renforce le comportement appris), mais en présence d’une lampe rouge le bouton poussoir provoque une décharge électrique sur le plancher (ce qui dissuade). Si, une fois réalisé cet apprentissage, on remplace la réponse systématique par une réponse arbitraire (l’effet peut être la récompense ou la punition, sans pouvoir l’anticiper), l’animal devient fou.

Aujourd’hui, nos « ingénieurs sociaux » ont créé une situation analogue en dissociant l’éthique et la morale, ce qui retire à la raison personnelle son rôle d’arbitre et de guide. La morale se réfère au bien et au mal, conçus comme absolus et donc stables et intelligibles. L’éthique sociale actuelle utilise encore le mot « vertueux », mais en lui donnant une valeur contingente. Ce qui est vertueux un jour (le chauffage au bois, ressource renouvelable) est déclaré nocif le lendemain (polluant l’air parisien avec la poussière des fumées et producteur de gaz carbonique). Mais ce fameux ennemi CO2, coupable de favoriser l’effet de serre, pourra demain se faire l’ami sauvant l’humanité (le CO2 induisant une augmentation des rendements agricoles).

La non-discrimination est un de ces impératifs sociétaux dont le caractère irrationnel n’a pas échappé à ses propres concepteurs. Ils introduisirent donc une vertueuse « discrimination positive » : tenir compte des différences, dans un premier temps, mais seulement pour compenser activement ces différences dans un second temps. Or comment saura-t-on ce qui est « positif » ? C’est donc encore la pression sociale et non la raison qui prétend s’imposer à la conscience individuelle ; dès lors l’irrationalité demeure.

La discrimination, choix libre éclairé par l’intelligence, est une activité constitutive de la grandeur humaine. Agir intelligemment, en effet, c’est agir en vue d’une fin : écarter ce qui en éloigne, saisir ce qui en approche. Il en va ainsi dans tous les domaines, des plus modestes aux plus nobles, des plus utiles aux plus nuisibles. L’éleveur améliore son troupeau par un choix avisé des reproducteurs : il sélectionne ses sujets, comme le fera le chef d’une équipe sportive ou le jardinier choisissant ses plants. L’homme politique doit avant tout identifier ses alliés et ses adversaires pour ensuite bâtir dans la durée. Devant l’étranger qui s’approche du village, la question que se pose le chef de la tribu est : ami ou ennemi ? Première réaction réflexe, à partir de laquelle l’observation va fournir à l’intelligence les éléments permettant peu à peu de trancher.

Il s’agit bien d’une loi générale inscrite au cœur de la Création. Toute cellule vivante comporte une membrane destinée à filtrer les échanges avec le milieu ambiant. Cette fonction vitale s’arrête avec la mort, qu’elle signe. Le système immunitaire a été nommé « cerveau liquide » : son rôle est en effet d’identifier les substances, organites ou microorganismes présents dans le corps, afin de détecter les indésirables et déclencher la réaction permettant de circonscrire, de neutraliser ou d’éliminer ces derniers. Il reconnaît le « soi », le distingue du « non-soi » et agit en conséquence : bel exemple de discrimination !

Car tout, dans la Création, est différencié. La différence est constitutive de la forme de chaque sorte d’être comme de chaque individu, et permet de les reconnaître. Il n’existe pas deux feuilles d’arbre rigoureusement identiques et, à l’échelon supérieur de l’espèce, c’est par ses « différences spécifiques » que chaque être – un animal, par exemple – sera identifié et nommé.

En tenant compte des différences se réalise l’ordre, par lequel chaque chose ou chaque être se trouve à sa place : celle que lui destine la Providence. Alors seulement la paix, tranquillité dans l’ordre, devient possible.

Ainsi choisir, identifier, filtrer, trier, calibrer, hiérarchiser, sélectionner, différencier sont autant de synonymes du verbe « discriminer ». C’est dire à quel point la discrimination est au cœur de notre monde, qu’elle régit et ordonne en vue de sa fin. Il n’est d’harmonie que par la diversité (ainsi en musique, par la pluralité de notes bien distinctes), mais une diversité relative au sein d’un ensemble homogène. Ni mélodie, ni harmonie possible avec une note unique, tout comme une pluralité désordonnée de notes conduit à la cacophonie. La diversité est bien une condition nécessaire de l’harmonie, mais une diversité ordonnée, contrôlée, régulée, donc conduite selon toute une chaîne d’actes discriminants. On croit souvent, en microéconomie, que le prix du marché permet seul d’atteindre un optimum. Mais il est une autre manière de parvenir à l’efficacité maximale : le monopole « discriminant ».

Dans cette situation (aussi théorique que l’autre), le vendeur détient un monopole (par exemple l’unique producteur d’électricité sur un territoire). Toutefois il ne profite pas de sa situation de monopole pour maximiser son prix, mais pour vendre à un prix différent à chaque consommateur, de manière à parvenir à l’utilisation optimale de la production : en vendant très cher à ceux qui peuvent en supporter le coût, il pourra satisfaire aussi des besoins pour lesquels le prix d’équilibre du marché aurait été trop élevé. Ainsi l’ensemble des besoins sera-t-il mieux couvert, de par un prix moyen minimisé permettant un maximum de production et de consommation. La discrimination consiste ici à établir un prix « à la tête du client », non selon l’arbitraire d’un marchandage mais selon une règle microéconomique intelligente.

Nous pouvons donc nous demander pourquoi la « non-discrimination » devient si à la mode. Pourquoi cette lutte généralisée « contre toutes les discriminations » – au point d’en faire un nouvel impératif catégorique –, alors que la discrimination est constitutive de l’univers vivant et condition intrinsèque d’un monde en ordre et en paix ? On rétorquera, bien sûr, qu’il ne s’agit ici que de s’opposer aux mauvaises discriminations, celles qui vont contre l’égalité entre les hommes.

Mais comment fera-t-on pour discriminer entre les bonnes et les mauvaises discriminations, si l’intelligence est comme paralysée par un impératif supérieur qui s’impose à son libre agir ?

Dans le fonctionnement ordinaire de la vie morale, le choix entre le bien et le mal relève de la conscience éclairée. C’est une voix intérieure qui oriente nos choix et cette voix parle en tout homme, car il existe une loi naturelle « gravée dans le cœur », selon la formule de saint Paul aux Romains[2].

Aussi les mots d’ordre lancés par la propagande d’État (ou assimilée) perturbent-ils la vie morale en introduisant dans le jeu de la conscience une double logique, une considération extérieure aux notions intuitives du bien et du mal, un faux bien et un faux mal qui ne relèvent plus des lumières données à l’âme par Dieu dès sa création, mais d’autorités autoproclamées qui croient savoir mieux que nous, disciples du Christ, quels sont les comportements vertueux et ceux qui ne le sont pas.

Dans un élan de générosité mal placée, voulant libérer les Français de la superstition, les révolutionnaires de 1789 abolirent les vœux religieux : comment permettre en effet qu’un homme choisisse un état de vie contraire à la nature (contraire, du moins, à une certaine idée de la nature humaine)[3] ? Il est vraisemblable que certains députés furent mus par les idées « humanistes » de l’époque ; il est non moins vraisemblable que d’autres en faisaient l’un des volets d’une politique sectaire visant, sinon à « écraser l’infâme » – comme l’avaient réclamé Voltaire et D’Alembert –, du moins à le priver de ses troupes.

Un problème ou plutôt une signature dans les « campagnes de haine »[4] contre ceci ou contre cela, est que s’y présentent toujours un motif et un mobile divergents. « Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais », précisément ce que Jésus-Christ reprochait aux pharisiens de son temps (Mt 23, 3), avec cette différence que les chefs d’alors étaient « assis dans la chaire de Moïse », donc tenus à une certaine cohérence avec la doctrine divine, tandis que les autorités pseudo-morales qui encombrent aujourd’hui les tribunes médiatiques nous soumettent à des impératifs ponctuels déconnectés des vrais principes moraux.

Rétablir la liberté de discrimination comporte, certes, un risque : celui de choix erronés, malveillants voire peccamineux. C’est bien le risque lié à tout ce qui vient de l’homme. Mais choisir consiste à exercer une de nos facultés les plus hautes, cette intelligence qui fait de chacun de nous autant d’images de Dieu. La propagande menée aujourd’hui contre toutes les discriminations est donc une action directement dirigée contre le plan de Dieu sur l’humanité, quels qu’en soient les motifs apparents. Certes le mauvais choix d’Adam eut des conséquences tragiques, mais si l’homme n’avait pas été libre en vue de faire le bien, s’il avait été condamné à ne faire que suivre une nature alors intègre, il n’aurait plus été qu’un animal, incapable de mériter le ciel, et donc d’y entrer. De toute éternité, Dieu a voulu aimer et être aimé librement, et donc que l’homme pût faire des choix, à ses risques et périls, pût enfreindre son commandement ou le suivre (1 Jn 2, 3), pût garder sa parole ou la délaisser (Jn 14, 23).

S’il n’est plus possible de choisir librement le bien, ce dernier disparaît en tant que tel. Que les lèvres du muet ne puissent servir à mentir n’est pas un vrai bien, et l’Église n’a jamais pris au sens littéral matériel cette exhortation de l’évangile : « Si ton œil droit te scandalise, arrache-le et jette-le loin de toi ! » (Mt 3, 29).

Indépendamment de ses mobiles politiques souvent faciles à discerner, la pseudo-morale antidiscriminatoire nous fait faire un pas de plus vers une société déshumanisée, ce qui trahit son Inspirateur : le démon. La question n’est pas seulement qu’une logeuse âgée puisse partager son appartement avec une étudiante chrétienne plutôt qu’une animiste avec ses gris-gris. Il y a ici beaucoup plus : une entrave à l’exercice de l’intelligence. Or, nous savons que l’organe qui n’est plus sollicité s’atrophie.

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Rappel : Colloque du CEP à Orsay

les 12 et 13 novembre

“ Pertinence de la Vision chrétienne du monde ”

Conférences de :

François Vallançon (Pourquoi Urbi et Orbi ?),

Claude Polin (Pertinence politique de la vision chrétienne

du monde),

Anne Bernet (Saint Ambroise : la fusion harmonieuse de la Cité et du christianisme),

Guy Berthault (Revenir aux faits ou l’avenir de la science)

Alain Pascal (L’origine occulte de la science moderne),

Benoît Neiss (Le langage moderne au miroir de la Vérité),

David Penot ( Le sacrilège dévastateur (Mt 24, 15) est-il àVienne ? ou ce que recèle une œuvre d’art moderne),

Jean-François Froger (Les implications logiques du récit de la Création et le rôle du Shabbat),

Dominique Tassot (La pertinence scientifique de l’Écriture), Pierre Perrier (Sur les limites de la science).

En option avec inscription séparée, le vendredi 11 novembre après-midi : Formation condensée à l’homéopathie donnée par le Dr Jean-Maurice Clercq.

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SCIENCE ET TECHNIQUE

« Les rationalistes fuient le mystère

pour se précipiter dans l’incohérence. »

(Bossuet)

L’innocence du carbone[5] ou comment implanter une idée[6] (1ère partie)

Christian Duchesne

La “carbonophobie” : un rejet de notre humanité

Le Soleil est responsable à plus de 95 % du climat terrestre[7]

Résumé : Un acteur célèbre, Leonardo DiCaprio, s’est fait le propagandiste de la lutte contre le gaz carbonique, considéré comme responsable des risques que le réchauffement climatique ferait courir à l’humanité. Or les scientifiques sont pour le moins partagés sur cette question. Tout se passe donc comme s’il y avait des enjeux politiques et financiers considérables, au profit desquels on embrigade acteurs et chercheurs pour exercer des pressions étonnantes sur les esprits, chaque catastrophe ou incident climatique devenant prétexte à un lavage de cerveau éhonté. Une ancienne ministre de l’écologie est allée jusqu’à déclarer : « Il faut ficher les climatosceptiques ! » Or les ouragans, les sécheresses, les tsunamis, etc. n’ont pas attendu l’ère industrielle pour ravager notre globe. Il importe donc de bien discerner l’actuelle manœuvre « d’inception » (c’est le mot retenu par C. Duchesne en référence à un film) servant à inculquer dans nos esprits un réflexe de répulsion pour le 6e élément de la classification de Mendeleïev, élément pourtant vital puisque le cycle du carbone est l’assise de toute vie végétale et, par-là, de tous les vivants.

« Le système d’évaluation par les pairs est le plus grand désastre rencontré par la communauté scientifique en ce siècle. »

(Luis W. Alvarez, physicien et Prix Nobel)

« Ni la contradiction n’est marque de fausseté, ni l’incontradiction n’est marque de vérité. » (Blaise Pascal)

« La science est la croyance en l’ignorance des experts. »

(Richard Feynman, Prix Nobel de physique)

Lors du tournage dans l’Ouest canadien du film Le Revenant, l’acteur carbonophobe et très politisé Leonardo DiCaprio avait remarqué les grandes quantités de neige accumulées durant le rude hiver 2014-2015. Or, il se produisit un fait très surprenant qui frappa l’imaginaire de notre acteur : en quelques heures seulement, cette impressionnante quantité de neige disparut, comme par enchantement ! Il n’en fallait pas plus pour que l’acteur établît un lien de cause à effet entre cet événement « catastrophique » auquel il avait assisté et le réchauffement supposé : « J’ai vu, de mes yeux vus, les effets dramatiques du changement climatique » a-t-il dit. « Il y avait 8 pieds [2,44 mètres] de neige et, tout d’un coup, un vent d’air chaud est arrivé, faisant disparaître la neige. C’est terrifiant[8]. »

Ce que l’acteur ne savait pas et que son obnubilation a travesti, c’est qu’il se produit tous les ans, dans cette splendide région de l’Ouest canadien, un phénomène connu chez les autochtones sous le nom de Chinook, le « mangeur de neige ». Le Chinook est un vent très chaud, qui a la particularité de faire disparaître rapidement la neige d’une manière frappante… que l’on pourrait qualifier de catastrophique. Cette anecdote montre bien comment, à partir d’un fait réel observé mais mal interprété, il est facile de greffer une croyance bien ancrée, sans le moindre rapport avec ce fait. Il est dommage que l’acteur charismatique prenne ses lubies pour la réalité !

Qu’on n’aille pas croire, pourtant, que ce genre de dérives n’arrive qu’aux profanes ou aux amateurs, car il semble, au contraire, bien plus fréquent chez les scientifiques ! En science, on fait des observations, des hypothèses, des théories, puis on établit des lois. Mais dans les arcanes de la secte carbonophobe, comme dans bien d’autres sphères autrefois respectables, on n’hésite pas à conférer à de vagues hypothèses toute la solidité de faits éprouvés, testés et reconnus !

On ne se prive pas non plus, en sens inverse, de faire planer les plus grands doutes, voire de les ridiculiser, sur des faits établis, avérés et dûment vérifiés…

Suite à cette déclaration publique, le beau Leo fut copieusement ridiculisé par les médias canadiens[9]. Mais l’Hollywoodien n’en resta pas là (tant qu’à se mettre un pied dans la bouche, pourquoi pas deux ?) : en effet, le « comédien », pour faire un clin d’œil à l’autre incontournable livre La comédie du climat  d’Olivier Postel-Vinay[10], en a malheureusement rajouté lors de la soirée des Oscars, sa statuette dorée à la main : « Le réchauffement climatique est la plus lourde menace qui pèse sur toutes les espèces vivantes […]. Il faut vraiment tout faire pour lutter contre ce danger pressant ! »

« Tout faire », Leonardo ? Il semblerait bien que de nombreux adeptes de la carbonophobie, comme tant de défenseurs des grandes causes hypocrites à la pointe de la mode « politiquement correcte », appliquent le vieux principe immoral et tordu : la fin justifie les moyens. Nous reviendrons plus loin sur l’énorme portée de ces deux petits mots, « tout faire ».

Si encore il s’était agi de quelques « incidents », spontanés, ponctuels, il eût été facile de passer l’éponge. Mais il y a pire, bien pire : Leonardo DiCaprio a été qualifié de bel hypocrite[11] par maints internautes, qui ont appris, sous le sceau de la confidence, qu’en 2014 le présomptueux acteur avait exigé d’un studio américain qu’il lui fournît le transport en jet privé à six reprises, en l’espace d’un mois et demi.[12] Drôle de prêche par l’exemple !

Cette grandiloquence et cette logique fumeuse ne font pas exception chez les carbonophobes. D’un côté, les anthropo-réchauffistes prédisent une alarmante montée du niveau des mers à brève échéance, tandis que de l’autre, le kid kodak Al Gore, gourou confirmé de l’anthropophobie carbonique, après avoir brandi dans le film de Guggenheim l’une de ces noires « prophéties » (5 m d’élévation hydrique à court terme), s’est offert récemment une 4e résidence somptueuse[13] de 10 millions de dollars à Montecito, tout au bord de la mer et donc à un endroit qui devrait être bientôt submergé. « Ne croirait-il plus lui-même aux prédictions alarmistes de ses propres conférences et se moquerait-il de sa propre « empreinte carbone » ? se demande à juste titre le physicien François Gervais.

Pour expliquer comment les arts de la fraude ont fait de tels progrès, avec des leurres aussi déconcertants de malhonnêteté intellectuelle, doublés d’une manie d’encenser des pirates[14], on peut légitiment invoquer « le déclin de l’honnêteté scientifique » depuis le succès du célèbre De l’Origine des espèces de Darwin, en 1859, comme l’affirmait le Pr William. R. Thompson, membre de la Royal Society, dans sa Préface à la réédition pour le centenaire du livre[15].

Comment la vérité pourrait-elle respirer dans une telle ambiance, lorsque des acteurs-rois si bien téléguidés se croient et se comportent comme des dieux vivants toujours acclamés au plus haut du pavé médiatique ? Comment peut-elle survivre dans l’esprit d’un public aussi bassement trompé, lorsque des empereurs non-élus triturent les faits en toute impunité, s’appuyant de surcroît sur les grandes déficiences, qui font de l’enseignement des masses trompées une chose plus désolante que l’aspect d’une grande ville au lendemain d’un séisme de 9,5 sur l’échelle de Richter ? Jusqu’à quand l’humanité nagera-t-elle dans ce grand bain d’ordures pseudo-scientifiques ?

En attendant de le savoir, passons à un plus haut niveau de réflexion. Penchons-nous un moment sur l’observation locale et limitée émise en Alberta par Leonardo DiCaprio, et rapprochons-la d’un événement beaucoup plus vaste et rare.

Quelque part… sur la planète Terre

« Un ouragan puissant, surgi dans l’Atlantique, s’est dirigé rapidement vers l’Ouest pour atteindre la côte Est américaine[16]. À son paroxysme, le 20 septembre X, soit à l’Est des Bahamas, il s’était transformé en un gros ouragan de catégorie 5 avant de se diriger vers le Nord. Il évita ainsi les Bahamas, la Floride et les États du sud-est des États-Unis. Des vents de 260 km/h ont été enregistrés. L’ouragan a ravagé la région sud de la Nouvelle-Angleterre ainsi que Long Island et le Nord des Treize Colonies. La tempête a frappé fort les 19 et 20 septembre avec des pointes de 320 km/h sur un diamètre de plus de 1 000 km.

L’ouragan a tué 682 personnes. On dénombre plus de 10 500 blessés. Il a fortement endommagé ou détruit 147 060 maisons et 353 000 véhicules, rendu impraticable des centaines de routes et autant de bâtiments publics. Presque tous les ponts, petits et moyens, ont été emportés par la force des eaux. Le réseau électrique aérien est au tapis à 85 %. Des millions d’arbres ont été cassés ou déracinés et plus d’un milliard d’autres gravement endommagés. On évalue sommairement les dégâts à 150 milliards de dollars et la reconstruction complète s’étendra jusqu’en 2021. »

Vous venez de le comprendre, ce scénario est fictif. Il se déroule dans un futur hypothétique proche… peut-être en 2017, qui sait ? !

Retournement de situation : bien que j’aie situé ce scénario imaginaire dans un futur proche, il n’en est rien. Cet événement terrible n’est pas fictif, il s’est produit réellement. L’ouragan en question a bien eu lieu, mais en septembre 1938… Il porte le nom de « Cyclone de la Nouvelle-Angleterre ».

Tous les chiffres donnés sont exacts, sauf pour les destructions et pertes de vies, dont les nombres ont été simplement augmentés en utilisant un facteur multiplicatif, afin de prendre en compte l’augmentation de la population depuis 1938[17].

 

Essayons maintenant, en gardant à l’esprit l’émotivité de Leonardo, d’imaginer comment un tel événement pourrait être exploité, s’il survenait vraiment dans l’actuel contexte du lavage de cerveau carbonophobe. Point n’est besoin d’être supérieurement imaginatif pour deviner qu’un tel scénario d’ouragan en Nouvelle-Angleterre serait une aubaine inespérée, un outil de propagande rêvé pour notre génération climato-anthropo-catastrophiste. On conçoit facilement, en effet, qu’une catastrophe comme celle de 1938[18] survenant dans nos temps ferait, pendant des mois, voire des années, les manchettes de tous les médias de la planète.

Il ne faut pas être grand clerc pour comprendre, dans l’ambiance actuelle de promotion de « l’effet de serre anthropique », que la couverture médiatique d’un pareil événement atteindrait rapidement les sommets du délire ! L’amalgame entre un tel ouragan dévastateur et le « réchauffement climatique » se ferait tout seul, simplement, presque naturellement, et deviendrait la norme suivant laquelle tout serait examiné sous la loupe d’une émotivité exponentielle. Il n’y aurait pas de fin aux harangues agressives ni aux tirades haineuses contre les gens qui s’obstinent à penser que le CO2 est le gaz essentiel à toute vie végétale.

On imaginera sans peine que les carbonophobes sombreraient avec joie dans une hostilité fanatique avec des slogans du type : « Aucune intelligence aujourd’hui ne remettrait en cause le réchauffement », ou encore « Les climato-sceptiques ont sciemment menti », voire même « Sans les climato-sceptiques, les pertes humaines et matérielles auraient été moins grandes »…

Nous pouvons conjecturer les résultats possibles d’un pareil scénario, puisque les carbonophobes, qui – rappelons-le – tiennent le haut du pavé dans tous les médias, n’ont pas hésité à désigner les climato-sceptiques sous le vocable haineux de « négationnistes », pour mieux les déconsidérer aux yeux du grand public.

Si le mot « négationniste » ne suffit pas à convaincre qu’il se prépare, dans des coulisses actives, des choses monumentales, immenses et fort peu rassurantes, que l’esprit scrutateur stimule ses cellules grises pour bien examiner les mesures proposées par plusieurs anthropo-réchauffistes (après le licenciement de Philippe Verdier qui n’était qu’un hors d’œuvre…). Ces mesures, on le constatera vite, sont dignes de celles du parti national-socialiste de 1933 (loi de réintégration du corps des fonctionnaires du 7 avril 1933) contre les juifs et les fonctionnaires allemands qui ne pensaient pas comme le régime. Plus près de nous, elles réveilleront l’écho de certains commentaires passés à la Radio des Milles Collines, en avril 1994, au Rwanda… Soulignons, dans ce qui suit, l’énorme progression :

« Faut-il débattre avec les climato-sceptiques ? » Thierry Libaert et Dominique Bourg, 2013[19].

« Les négateurs du réchauffement doivent-ils être poursuivis[20] ? »

« Il faut ficher les climatosceptiques. » Corinne Lepage[21].

« Il faut réduire au silence les négationnistes du climat[22]. »

« Les négationnistes du climat doivent être arrêtés pour crime contre l’humanité [23]. »

(Photo Internet[24])

« Ces négationnistes doivent faire face à la prison. Ils doivent faire face à des amendes. Ils doivent faire face à des poursuites […]. Ces négationnistes doivent être punis et arrêtés. » Adam Weinstein[25] .

 

« Tuer les négationnistes du climat[26]. »

Reconnaissons, avec quelques frissons, que le « nous devons tout faire… » de Leonardo DiCaprio prend ici d’étranges résonances…

Voilà donc où nous entraîne inexorablement la peur irrationnelle du CO2. Il ne s’agit plus maintenant de simples doléances, mais d’un avertissement carré et bien frappé. Les déclarations sanguinaires précitées sont à rapprocher du ton d’un blogue athée dont les membres souhaitaient, lors des JMJ de Rio, qu’un « immense tsunami tue tous ces fachos de catholiques avec leur Pape ! » On aimerait croire que ce genre de vœux génocidaires, chaque jour alimentés, gonflés, exacerbés jusqu’au point d’éclatement, n’aboutiront jamais aux massacres tragiques du Rwanda en 1994, avec des médias ennemis de la vérité matraquant sans relâche des esprits survoltés et déjà habités par la peur (et, dans ce cas, par des haines séculaires).

Ces manipulations sont devenues aujourd’hui du grand art, et bien candide qui croit pouvoir y échapper sans une lutte acharnée.

Confronté à une telle menace évidente, devant les moyens colossaux déployés par la junte banco-médiatique, je me demande à propos de Laudato si’, si elle n’est pas une soumission à cette menace ?! Le pape François aurait-il charitablement « succombé » – comme Jésus l’a fait en attribuant à Judas la gestion des dons qu’il recevait, donc de la bourse – à l’argument de la redistribution des richesses invoqué par les parrains carbonophobes depuis plusieurs années, par ce moyen peu orthodoxe d’une bourse du carbone !?

Ainsi, selon les carbonophobes du GIEC, le 6e élément deviendrait la source du tant attendu salut social-économique ! Ou alors, le Pape est-il simplement victime d’une implantation d’idée par le biais de ceux qui contrôlent l’Académie pontificale des sciences ?

Dans la secte carbonophobe, tout est interprété à la « lumière » éteinte de ces dérives anti-scientifiques, y compris les derniers attentats terroristes, masquant par le fait même la crise alimentaire provoquée par la peur du CO2. Imaginez ! Même le désastre en Syrie aurait pour cause l’effet de serre dû au CO2 [27]. C’est en vain qu’on leur dit qu’il n’y avait pas de voitures productrices de CO2 pour expliquer le soudain réchauffement qui a suivi la congélation instantanée de 6 millions de mammouths en Sibérie, il y a des millénaires ; ou qu’on leur parle du Groenland (en danois, Terre verte) de l’an mil cent, où l’orge et le blé y poussaient, où le bétail paissait et où le réchauffement solaire permit l’éclosion de colonies prospères pendant l’optimum médiéval ; ou encore de toutes les planètes du système solaire qui se sont réchauffées entre les années 1980 et 1998. On a même entendu l’un des chantres carbonophobes, porte-parole du GIEC il y a quelques années, affirmer que si la planète Jupiter s’était réchauffée trois fois plus que la Terre, c’était que la planète jovienne était plus près du Soleil… Évidemment, la couverture médiatique de cette fantastique inculture scientifique a été minimisée, voire occultée. Si une telle inculture s’était produite dans le camp adverse, un déluge de vociférations se serait abattu sur pro-carbone libre.

En vain leur montrons-nous les rapports sur Katrina, l’horrible catastrophe principalement causée par une série d’erreurs humaines. « Comme tout le monde le sait ou est censé le savoir aujourd’hui – lit-on dans La Comédie du Climat –, le gros des dégâts provoqués par Katrina est essentiellement dû à l’accumulation d’erreurs humaines. Un fait sanctionné en 2009 par le juge fédéral Stanwood Duval, qui incrimina la “négligence monumentale” des ingénieurs de l’armée de terre américaine[28] . » À la Nouvelle-Orléans, les ouragans Betsy en 1965, George en 1947 ainsi que les ouragans de 1776 et 1781 furent bien plus puissants que Katrina.

À cause de la peur tous les faits, démontrant que le grand réchauffement survenu dans la tranche 1989-1997 était de moyenne amplitude comparé à celui des années 950 à 1200, ne changeront rien, hélas ! à ce que croient les gens bassement décervelés par les réformateurs… Car la peur du carbone – et donc la peur de soi, puisque notre corps est fait de carbone ! – est l’insidieux virus inoculé aux peuples et aux gouvernements du monde par des techniques modernes d‘implantation d’idées. Ces techniques simples s’appuient sur trois stratégies claires : la terreur répandue par mille et un moyens, les mesures, souvent pipées, publiées sous le sceau de l’autorité[29], et la répétition, autrement appelée matraquage (technique de marketing publicitaire).

Comme l’affirme le rédacteur Joel Pollack : « La plupart des gens acceptent facilement n’importe qui parlant de réchauffement en y a accolant le mot “ science ”. En fait, l’utilisation de ce mot produit un effet déclencheur dans l’esprit des gens, identique à celui d’une transe hypnotique[30]. »

C’est le cas de le dire,  l’ « Inception » devient une déception !

Il est important de comprendre que cet amalgame antiscientifique, dû au lessivage médiatique et gouvernemental qui associe de banals événements météo au pseudo réchauffement, et qui, inversement, attribue le moindre refroidissement aux variations accoutumées de température, est le résultat de l’implantation d’une idée fausse : accuser sans preuve le gaz carbonique, molécule fondamentale pour toute vie, comme étant un gaz à effet de serre meurtrier. C’est une idée reçue implantée par des organisations qui disposent de formidables moyens financiers. Il est maintenant notoire que presque tous, en entendant prononcer le mot CO2, sont persuadés que ce gaz provoque un effet de serre catastrophique, voire mortel, et, comble de l’inculture, beaucoup, dont des enseignants, confondent le CO2 (gaz carbonique) et le CO (monoxyde de carbone, toxique) ; c’est devenu un lieu commun, une sorte de mantra collectif.

Or, le physicien François Gervais démontre dans son livre L’innocence du carbone, qu’il n’est guère scientifique d’associer CO2 et augmentation de la température. L’auteur, il faut le dire, est expert mandaté par le GIEC comme rapporteur critique des textes produits par le GIEC… Il conclut que ce que nous nommons « effet de serre » est en réalité un effet de densité de l’atmosphère et que celle-ci, indépendamment de la quantité de CO2, est pratiquement saturée. Un exemple donné par le physicien concerne les mesures des sondes russes[31] des années 80 dans l’atmosphère de Vénus. Il affirme : « Par ailleurs, pourquoi fait-il plus froid à haute altitude, comme on l’expérimente en avion ou en haute montagne ? Pour partie en raison de la loi dite “ des gaz parfaits ”. À volume constant, plus la pression est faible, plus il fait froid. Ce mécanisme est couramment exploité dans un réfrigérateur, un climatiseur ou une pompe à chaleur. À l’inverse, plus la pression est élevée, plus la température le devient. Cette loi contribue largement à expliquer la température très élevée de notre voisine la planète Vénus, de l’ordre de 460oC au sol. La pression qui y règne est en effet quatre-vingt-dix fois plus élevée que sur Terre au niveau de la mer.

En revanche, à une altitude de 50 km dans l’atmosphère vénusienne où la pression est voisine de celle de la terre au niveau de la mer, les températures sont similaires. »

Citons F. Gervais (pages 179-180) :

« Un des experts du GIEC, Richard Courtney, s’exprimait ainsi en mars 2009. Sa réfutation de l’origine anthropique du changement climatique tient en quelques points :

« II n’y a pas de corrélation entre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre et la température de la Terre. »

  • « Les changements de concentration du CO2 dans l’atmosphère suivent les changements de température à toutes les échelles de temps. »
  • « Le récent changement climatique n’a pas été induit par la croissance du taux de CO2. Les températures ont chuté de 1940 à 1970, augmenté de 1975 à 1998, diminué depuis. Cela représente quarante ans de refroidis­sement pour vingt-huit ans de réchauffement. La température actuelle est proche de celle de 1940. Dans la même période, le taux de CO2 s’est accru à un rythme constant. »
  • « La signature du réchauffement atmosphérique prédit par l’hypothèse de l’effet de serre des émissions anthropiques est absente. Elle est attendue en altitude sous les Tropiques. Les mesures des radiosondes embarquées dans les ballons-sondes détectent un échauffement trop faible. »
  • « Cette liste constitue une réfutation complète de l’hypothèse du GIEC. Aucun aspect de la théorie n’est vérifié par l’expérience. C’est le contraire qui est observé, ajoute-t-il. Politiciens et avocats adhèrent à l’hypothèse. Ils ont une palette de motivations (gains financiers personnels, protection de leur carrière, opportunisme politique), mais en aucun cas des motivations scientifiques, car la science récuse cette hypothèse. Ses avocats ne sont pas des scientifiques, même s’ils prétendent l’être. »

« Richard Courtney n’est pas le seul « hérétique ». Au fil des années, plusieurs spécialistes du climat qui ont travaillé pour le GIEC comme R. S. Lindzen, C. Landsea, R. A. Pielke ou P. Rieter, de l’Institut Pasteur, spécialiste des insectes et maladies infectieuses, ont jeté l’éponge, laissant la main à des botanistes, sociologues, économistes, certes aptes à estimer les conséquences possibles d’un éventuel réchauffement, mais que leur spécialité ne prédestine pas à en établir la cause. »

Le physicien François Gervais dénonce le fait que la courbe croissante attendue dans les prédictions du protocole de Kyoto n’est pas observée. Au contraire, on ne constate pas le moindre réchauffement depuis 1997, « dans une période durant laquelle a pourtant été envoyé dans l’atmosphère presque un tiers de tout le gaz carbonique émis depuis le début de l’ère industrielle… », il y a plus de cent ans. 

F. Gervais dénonce aussi la manière partiale du GIEC d’occulter des faits pertinents, suite à la publication d’un article de N. Scadetta (2009) qui contredisait le GIEC, en les taxant de « choix sélectifs », de « picorage » (cherry picking, expression anglo-saxonne consacrée), pour montrer du doigt une corruption intellectuelle qui consiste à liquider médiatiquement les données qui ne correspondent pas à la théorie (p. 11-12).

François Gervais affirme : « D’ailleurs, on ne peut raisonnablement parler d’effet de serre concernant Vénus puisque son atmosphère est opaque dans la partie visible du spectre électromagnétique. Sa surface ne peut donc recevoir de rayonnement direct du Soleil, invalidant le principe même de l’effet de serre » (p. 147). Autrement dit, le CO2, qu’il soit concentré à 400 ppm ou à 10 000 ppm, n’a plus la capacité de modifier de manière significative les températures du globe ou de quelque région que ce soit, car il n’y a rien dans l’atmosphère terrestre qui empêche les infrarouges (la chaleur) de retourner dans l’espace.

Étrange convergence

Depuis les grandes fusions médiatiques mondiales[32] de l’an 2000, les phobies planétaires sont en hausse vertigineuse (grippe A H1N1 par exemple). D’ailleurs, nous avons bien senti la fébrilité dans les médias lorsque, le 15 janvier 2016, l’ouragan Alex s’est manifesté dans une région où il n’y avait pas eu d’ouragan, comme par hasard, depuis 1938[33].

Et, suite à cette fébrilité bien sentie dans l’article, le dégonflement de l’ouragan aura eu le même effet sur cette fébrilité, qui comportait, il faut le dire, une dose de sadisme à peine masqué. L’article ci-dessous du Journal de Québec (15 janvier 2016, p. 33) montre bien l’idée.

Après vérification dans une vingtaine de grands quotidiens sur l’ensemble du monde occidental, on retrouvait le même texte, comme si tous les médias s’étaient abreuvés à une même source, voire comme s’ils étaient téléguidés par une main « invisible »…

Osons un rapprochement entre ces changements de mentalité, trop rapides pour être naturels, et la déchristianisation tranquille actuelle. Certaines académies du haut savoir nous répètent ad nauseam que les aborigènes d’Australie ont conservé leurs traditions intactes depuis 50 000 ans, et on voudrait nous faire croire, par ailleurs, qu’une civilisation francophone moderne[34] s’est déchristianisée, par hasard, principalement depuis mai 68 ! C’est carrément prendre les gens pour des imbéciles.

Un tel changement n’est explicable que s’il a été voulu et organisé. Il en va de même pour la peur du carbone : elle est le résultat d’une vaste campagne de désinformation.

(Suite et fin au prochain numéro)

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ANNEXE : Une Histoire du climat (et de la météo) qui n’est pas de tout repos

Maintenant, sortons du présent et étudions le passé. Nier le « d’où nous venons climatique » conduira inévitablement à nous diriger dans la mauvaise direction.

Il est donc pertinent de regarder s’il n’a pas existé des événements climatiques (mais en réalité trop souvent météorologiques) qui, s’ils survenaient aujourd’hui, seraient plus que les bienvenus pour une presse résolument carbonophobe. Par le fait même, il va de soi qu’ils doivent être soigneusement dissimulés aux masses, puisque leur avènement a eu lieu dans un passé exempt de voitures. Voici donc quelques faits notables qui méritent d’être rappelés. Observons surtout combien il est facile de tromper la population, les politiciens et même des scientifiques, en utilisant des statistiques biaisées (car les chiffres du GIEC omettent toujours de telles données, tout particulièrement celles liées aux cycles solaires).

Le paradigme actuel du réchauffement anthropogénique semble universellement reconnu comme une méta-doctrine qui cherche à dépasser toutes les autres croyances, y compris les faits scientifiques déjà reconnus (déforestation, pesticides, herbicides, contaminants œstrogéniques, nucléaire, micro-ondes, OGM, etc.). Cette doctrine occulte ainsi tous les autres polluants représentant des menaces prouvées. La portée politique des croyances de la secte carbonophobe étend ses tentacules dans toutes les sphères de la civilisation.

Quelques étrangetés « climatiques » passées :

Il y aurait environ 10 000 ans, 6 millions de mammouths ont péri gelés instantanément en Sibérie et, selon les calculs, à des températures de 150 degrés sous zéro. La congélation fut si rapide que certains de ces pachydermes ont été retrouvés avec de la nourriture fraîche dans la bouche. Dans leur estomac, on a même trouvé des plantes non encore digérées par les puissants acides digestifs[35]. Cette région de la Sibérie était l’un des plus importants gisements d’ivoire au monde. « Ces animaux ont été gelés si rapidement que des steaks de mammouth furent expédiés à la Royal Society où ils y furent dégustés. »

Pourtant, la datation au carbone 14 donna environ dix mille ans ![36] L’événement qui aurait produit cette congélation n’est jamais mentionné par la science officielle, car il met à mal bien des idéologies. D’un autre côté, si une telle glaciation a eu lieu (il y en aurait même eu 4), il est difficile d’expliquer comment un tel effet d’albédo [pouvoir réfléchissant d’une surface] aurait pu être inversé.

En effet, une couverture glaciale des deux hémisphères jusqu’à leurs moitiés respectives aurait un effet d’emballement permanent vers le froid s’il n’était pas stoppé par une augmentation spectaculaire de l’activité solaire. Innombrables sont de tels cadavres dans les placards de la science !

Explorons l’Histoire…

– L’épisode des 7 vaches grasses et des 7 vaches maigres à l’époque de Joseph (Genèse 41, 1-36) nous permet de constater que les caprices de « dame nature » existaient bien avant que l’homme ne possédât des voitures.

– L’Exode, au chapitre 9, signale une grêle mortelle, mêlée d’éclairs (7e plaie d’Égypte). De tels phénomènes atmosphériques sont catastrophiques et, à cette époque, ne peuvent guère être attribuables à l’humain.

– Des historiens tels Procope, Marcellinus et Théophane décrivent des pluies de poussière noire en l’an 472 avant Jésus-Christ. Pendant ces « pluies», ils disent que le ciel paraissait en feu.

– Sous le règne de Charlemagne (768-814) un gigantesque bloc de glace de près de 30 mètres cubes est tombé du ciel. (C. Flammarion, L’atmosphère, p. 398).

– En France, en 1794, à Lalain, un déluge s’abattit sur la région, il fut si violent que 150 militaires durent se réfugier sur des hauteurs afin de ne pas périr noyés (Monthly Weather review, mai 1917 ; et Le grand livre du mystérieux, Éd. Reader’s digest, 1992, p. 189).

– En 1814, L’Institut de France reçut le rapport suivant : en août 1814, à Frémontiers, près d’Amiens, après plusieurs jours de sécheresses, une tempête d’une violence inouïe ébranla l’église locale et déversa des torrents d’eau et de grenouilles. (Monthly Weather review, mai 1917 ; et Le grand livre du mystérieux, p. 189).

– Pendant plus de 10 jours parfaitement ensoleillés, un déluge de pluie presque incessant s’abattit sur une petite zone dans le comté de Chesterfield en Caroline du Sud (The Sun de New York, 24 octobre 1886 ; et Le grand livre du mystérieux, p. 198).

– Un matin de 1758, au Connecticut, un étrange brouillard se leva et obscurcit le soleil à 95 %, tout en générant une chaleur qui permettait à peine de respirer (environ 140 degrés Fahrenheit). (Sources : Annual Register 1758 ; et Le grand livre du mystérieux, p. 237-238).

– Le 25 octobre 1768, un ouragan détruisit la presque totalité de la ville de La Havane, avec 96 édifices publics pour la plupart en pierres et 4 048 maisons. Il y eut 1 000 morts.

– En 1791, le 21 juin, à la chute du jour, il commença à pleuvoir dans la région de La Havane, et l’orage dura jusqu’à 14 h le lendemain, avec une telle intensité qu’il en résulta la plus grande inondation qui fût jamais vue dans cette île ; toutes les récoltes, des villages entiers, leurs moulins et les ponts furent emportés par les eaux. Il y eut 3 000 décès humains et 11 700 têtes de bétail perdues[37].

– Le 10 novembre 1819, en Nouvelle-Angleterre et jusqu’à Montréal, une pluie épaisse s’abattit sur de vastes régions ainsi que de gros nuages sombres, allant de couleurs verdoyantes à un noir de suie. Le soleil, que l’on entrevoyait par moments, paraissait d’un brun sombre, puis orange et rouge… Le jour devint presque aussi obscur que la nuit. À midi, on dut allumer les lampes puis, vers 15 h, l’obscurité devint aussi forte que par une nuit sans lune, et les éclairs et le tonnerre épouvantèrent les gens.

(Publié dans Scientific American, mai 1881 ; et Le grand livre du mystérieux, p. 240).

– L’ouragan de Galveston de 1900. Au moment où il frappa Galveston, les 5 et 6 septembre, il avait atteint la catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson. Entre 8 000 et 12 000 personnes perdirent la vie, et les pertes aujourd’hui, au passage d’un tel ouragan, seraient estimées à 78 milliards de dollars US. Cette estimation ne tient pas compte de la densification de la population.

– Le Grand ouragan de Miami, de catégorie 3, a causé, le 18 septembre 1926, des dégâts qui aujourd’hui atteindraient 157 milliards de dollars[38].

– Le cyclone Bhola, qui a touché l’Inde et le Bangladesh en 1970, est considéré comme l’un des plus meurtriers de l’histoire. Il a tué entre 300 000 et 500 000 personnes[39].

– Le cyclone du fleuve Hooghly, en 1737 au Bangladesh, combiné à un séisme, fit plus de 350 000 morts

– Le cyclone de Bakerganj au Bangladesh, en 1584 : le bilan fut de 200 000 victimes.

– L’autre grand cyclone au Bangladesh, du 29 octobre au 1er novembre 1876.

La côte du Backerganj fut à nouveau frappée par un cyclone d’une intensité terrible, tuant environ 200 000 personnes, dont la moitié fut noyée par l’onde de tempête qui a suivi et la famine qui en a résulté.

– Le cyclone de Chittagong, encore au Bangladesh, en 1897.

http://.meteocity.com/magazine/phenomenes-meteo/top-10-des-cyclones-les-plus-meurtriers-de-lhistoire_67/

Cyclone-Chittagong

Photo Internet : cyclone Chittagong

Il provoqua la mort de plus de 175 000 personnes dans le premier port et la plus grande ville du pays. On peut constater, sur cette photo, l’ampleur de la catastrophe de 1897 qui dépasse, et de loin, les pires événements attribués (à tort) au pseudo-réchauffement depuis l’année 1989.

– Le typhon d’Haiphong, dans le nord du Vietnam, tua près de 300 000 personnes.

– Le cyclone Corringa (Inde), en 1839, tua plus de 300 000 personnes.

– En septembre 1928, l’ouragan Okeechobee atteignit une force de 5 et causa des dégâts inégalés. On estime que si cet ouragan était survenu en 2012, c’aurait été le plus coûteux de l’histoire de la Floride.

La vague de chaleur la plus meurtrière de l’histoire du Canada est survenue du 5 au 17 juillet 1936 et a coûté la vie à 1 180 personnes.[40]

– L’ouragan Cuba-Floride de 1944, s’il était survenu aujourd’hui, aurait causé des dégâts de plus de 40 milliards de dollars.

– Le 6 juillet 1949, une monstrueuse bouffée de chaleur balaya la ville de Figueira da Foz (près de Coimbra) au Portugal. Elle dura quelques minutes seulement, mais fut si puissante que la température atteignit 158 degrés Fahrenheit (70 Celsius). La plupart des animaux de basse-cour périrent et la rivière Mondega s’assécha en beaucoup d’endroits. Source : Vincent Gaddis, Mysterious Fires and Lights, p. 74 ; et Le grand livre du mystérieux, p. 255).

– Dans la vallée de la mort en Californie, des températures de 49 degrés furent enregistrées pendant 43 jours consécutifs du 6 juillet au 17 août 1917.

– Vers 1955, quelques étés particulièrement chauds firent fondre une partie du glacier qui couvrait le mont Ararat en Turquie et au Kurdistan.

– Une tempête de neige frappa Tucson en Arizona le 3 mars 1964, accompagnée de décharges électriques d’orage silencieuses. L’Arizona est pourtant une zone désertique très chaude et où les températures peuvent atteindre facilement 45 degrés C. l’été (Weather, septembre 1964 par J. B. Matthews et D. O. Staley météorologues ; cf. Le grand livre du mystérieux, p. 257).

– En 1972, le Pakistan connut des inondations catastrophiques qui causèrent la mort de 15 000 personnes[41].

– Le 22 juin 1947, 304,8 mm de pluie tombèrent en 42 minutes à Holt, au Montana[42].

 

– Record de chute de neige en un an de 31,10 mètres au Mont Rainier aux Étas-Unis en 1971.

– Record de chute de neige de 193 cm en 24 heures à Silver Lake au Colorado le 14 avril 1921. Et près de 33 heures plus tard, la chute de neige totale atteignait 241 cm[43].

– Record de vitesse de vent de 372 km/h en avril 1934 sur le mont Washington aux É-U.

– Record mondial de pluie de 31,2 mm en une minute le 4 juillet 1956 à Unionville aux É-U.

– La région d’Iquique au Chili ne reçut pas de pluie pendant 14 années consécutives, jusqu’en 1968.

– Dans les années 1949 à 1956, durant les étés, on enregistra des moyennes de température très élevées pour l’Antarctique, puis en janvier 1974, un phénomène étrange, une température de 13,6 degrés C fut notée. Puis le record de 14,4 C à Esperanza sur la côte de ce continent.

– Record mondial de pluie en Roumanie le 7 juillet 1889 à Curtea de Arqes : 205,7 mm de pluie en 20 minutes !

– En 1870, à Seringapatam, aux Indes, des grêlons de la taille d’un éléphant tombèrent sur la région causant des dégâts immenses[44].

– En Inde à Cherrapunji, en juillet 1861, 9 300 mm de pluie tombèrent. Dans la même région, , 26 461 mm (plus de 26 mètres, ou 86 pieds) de pluie tombèrent entre août 1860 et juillet 1861.

– En 1972-1973, en Angleterre, on a enregistré les averses les plus faibles depuis le début du XIXe siècle.

– En Floride, en 1983, « des oranges givrées sur l’arbre ! On n’avait jamais vu ça de mémoire de gentleman farmer » (Science & Vie 797, févr. 1984, p. 14) ; provoquant une hausse vertigineuse des coûts des agrumes pour deux ans. Perturbations attribuées à El Nino et à l’explosion du mont St-Helens.

– Selon Science & Vie, d’avril 1975, une baisse de 1,5 C est enregistrée en 35 ans… « Chiffre apparemment modeste, mais qui devient inquiétant quand on sait qu’une différence de 4 degrés seulement nous sépare d’un nouvel âge glaciaire » (p. 41).

– Le désert d’Atacama au Chili a connu la sécheresse la plus longue, soit de près de 400 ans, jusqu’en 1971.

– Le climatologiste canadien Kenneth Hare, de l’université de Toronto, affirmait, en 1975 : « Je ne pense pas que la population actuelle du globe pourrait survivre à plus de trois années consécutives semblables à 1972 » (Science et Vie, avril 1975, cit. p. 44). Notez ici qu’il ne s’agissait pas de hausse de température, mais bien de baisse.

– De 1920 à 1950, la Terre a connu la plus forte moyenne de température depuis plus de 1 000 ans ! » (Science et Vie, avril 1975, cit. p. 45).

-Dans les étés 1757 et 1760, la température monta à plus de 37,7 à Paris. En 1773, 39,4 est enregistré. Puis, en 1765, la capitale française enregistre un record de 40 degrés. On note aussi une canicule tueuse lors de l’été et de l’automne 1779 (200 000 morts supplémentaires dans l’Hexagone). Enfin, il y eut une canicule terrible en 1911, durant laquelle 40 000 personnes perdirent la vie[45].

Les nombreuses canicules de Paris et de France tuèrent dans les siècles passés beaucoup plus de monde que celle de 2003 (17 000 morts). Évidemment, l’air climatisé y est pour quelque chose, mais il faut aussi considérer que la population est beaucoup plus importante aujourd’hui.

*

* *

 

« Examen par les pairs » (peer review) : déontologie et fraudes chez les chercheurs scientifiques[46]

Jo Moreau

Présentation : Pour qu’une publication scientifique fasse autorité, et donc que les chercheurs ambitionnent d’y être publiés, la garantie offerte aujourd’hui est que les articles soient lus et approuvés par plusieurs savants réputés dans la spécialité concernée. C’est le principe dit de l’ « examen par les pairs », en anglais peer review. Les « pairs » (en anglais  peer ) chargés de revoir les articles restent anonymes. Ce système donne confiance au public. Malheureusement, la nature humaine restant ce qu’elle est, même chez les scientifiques, de nombreux « effets secondaires » se produisent, si bien que le système est de plus en plus contesté, y compris par des chercheurs de grande notoriété (qui n’ont donc aucun besoin de l’approbation de ces comités de « pairs » pour publier et donc pour obtenir des fonds publics ou privés pour leurs recherches).

Quatre Évangiles sont reconnus et retenus parmi les textes du Nouveau Testament : ceux de Matthieu, Marc, Luc et Jean. La Bible est donc le résultat d’une sélection de textes, retenus comme écrits de référence par les communautés chrétiennes, tandis que d‘autres ont été rejetés, notamment l’Évangile de Pierre ou encore l’Évangile de Thomas. Le principe de l’ « examen par les pairs » (peer reviewed) avait vu le jour…

Quel est le principe de fonctionnement de cet « examen par les pairs » ?

Nous avons déjà pu apprécier à quel point la publication d’un article dans une revue scientifique pratiquant ce genre d’examen constitue, pour certains esprits, le sommet et même la condition absolue pour se voir accorder l’autorisation d’émettre un avis sur un sujet donné (dans notre cas : le réchauffement, pardon ! les changements climatiques).

Mais, attention,  il ne s’agit pas de n’importe quelle publication pratiquant l’examen susnommé ! Pour nos sourcilleux censeurs de la pensée scientifique, encore faut-il que cette revue réponde à certains critères.

Voici comment cela fonctionne. Le scientifique (ou le groupe de scientifiques) soumet son étude à l’éditeur de la revue qu‘il aura choisie. Cet éditeur transmet alors le texte à des évaluateurs, experts dans la matière traitée, qui font partie de son comité de relecture : ce sont les fameux « pairs ». Le nombre de relecteurs et les critères qu’ils doivent respecter varient selon les revues. Cela va de deux experts, départagés par un troisième si leurs avis sont divergents, à l’ensemble des chercheurs de la branche concernée pour certaines autres revues.

Ceux-ci ont pour mission de juger la qualité scientifique de l’article et la validité méthodologique de la démonstration exposée. En fonction de leur avis, l’article sera alors accepté ou rejeté, quoique l‘éditeur conserve la décision définitive. Il restera à l’heureux auteur élu à régler la participation financière réclamée par la revue pour la publication de son étude, et à attendre patiemment celle-ci. Car le processus peut prendre de trois mois à plusieurs années.

Alors, tout serait-il pour le mieux dans le meilleur des mondes scientifiques ?

Eh bien, beaucoup de scientifiques et non des moindres ne sont pas de cet avis. Un des plus récents n’est autre que Randy W. Schekman, prix Nobel de Médecine 2013.

Fig. 1. Randy Schekman (au centre) lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel à Stockholm. (Photo : The Guardian)

Randy Schekman

Il déclare que son équipe n’enverra plus de document de recherche à Nature, Science ou Cell dans la mesure où ces revues à comité de relecture faussent le processus scientifique et constituent une tyrannie qui doit être brisée[47].

Il accuse ces revues de sélectionner les études qu’elles publient, par exemple en fonction du fait que ces articles « représentent la bonne science, ou parce qu’ils sont provocateurs ». D’autres chercheurs de son laboratoire émettent un avis semblable, mais reconnaissent que, sans ces articles, ils auraient des problèmes pour ouvrir les bonnes portes dans leur carrière future, ou pour l’obtention de crédits de recherche.

Pierre Marage, vice-recteur à l’Université Libre de Bruxelles et Vincent Yzerbyt, son équivalent à l’Université Catholique de Louvain, ainsi que Nicolas Tajjedine également de l’ICL, ne disent pas autre chose quant à leur importance.

« Publier ? C’est ça qui assure les carrières scientifiques. Et à tous les niveaux d’ailleurs. Pour un jeune, publier est essentiel parce que cela lui permet d’enrichir son CV, de poursuivre une carrière, d’être reconnu par ses pairs. Pour quelqu’un de plus expérimenté, c’est le principal critère pour obtenir des financements et faire prospérer son laboratoire. […] À partir du moment où vous travaillez dans une institution publique, c’est de l’argent de la collectivité dont il est question. Il est donc légitime qu’à un moment donné, les pouvoirs financeurs puissent contrôler ce qui se fait et attendre des résultats. On peut difficilement donner à des chercheurs des masses d’argent gigantesques sans attendre un retour sur investissement[48]. »

On mesure immédiatement la pression qui pèse sur les épaules des chercheurs, et le pouvoir écrasant qui se trouve dans les mains d’un éditeur de revue scientifique.

En fait, qui sont ces « pairs » ?

Dans le Journal of the Royal Society of Medecine, Richard Smith tente d’apporter une réponse et celle-ci est édifiante. J’en extrais le paragraphe suivant :

« Ce peut être quelqu’un qui fait exactement le même type de recherche que l‘auteur, et est dans ce cas un concurrent direct. Un expert issu de la même discipline ? Un expert sur la méthodologie ? Ou alors un expert consciencieux, qui vous demandera les données brutes, qui refera les analyses et vérifiera les références pour vous suggérer éventuellement des améliorations sur votre texte ? Inutile de préciser qu’une expertise semblable est extrêmement rare… Nous avons peu de données quant à l’efficacité réelle du processus, mais nous avons la preuve de ses défauts. En plus d’être peu efficace pour la détection de défauts graves et presque inutile pour la détection des fraudes, il est lent, coûteux, distrait le chercheur de son laboratoire, est très subjectif, tient de la loterie et peut facilement abuser. Vous soumettez une étude pour un journal. Elle entre dans un système qui est en fait une boîte noire, puis une réponse plus ou moins justifiée sort à l’autre extrémité. La boîte noire est comme la roulette, et les profits et pertes peuvent être grands. Pour un universitaire, une publication dans un journal important comme Nature ou Cell équivaut à toucher le “  gros lot ” (jackpot)[49]. »

Richard Horton, rédacteur en chef de la revue britannique The Lancet, a déclaré de son côté que « les éditeurs et les scientifiques insistent sur l’importance cruciale de l’évaluation par les pairs. Nous la dépeignons au public comme si c’était un processus quasi-sacré, qui aide à faire de la science notre accès le plus objectif à la vérité. Mais nous savons que le système d’évaluation par les pairs est biaisé, injuste, non fiable, incomplet, facilement truqué, souvent insultant, souvent ignare, parfois bête et souvent erroné. »

Fichtre !

L’« examen par les pairs » (peer review) n’est pas une garantie contre la manipulation ou la fraude.

Je ne reviendrai pas sur le récent cas « Seralini », dont l’étude sur la toxicité des OGM vient d’être retirée de la revue Food and Chemical Toxicology[50].

La controverse qui l’accompagne démontre à suffisance toute l’influence idéologique et politique qui transparaît dans la discussion scientifique et risque de la polluer, de quelque bord qu’elle provienne d’ailleurs.

De nombreux cas de fraudes ont été, eux, clairement établis, et je ne citerai que celle commise par Diederick Stapel, chercheur et professeur à l’université de Tilburg, lequel, pendant une dizaine d’années, a publié plus de 137 articles dans des revues à relecture, dont 55 au minimum contiennent des données inventées ou falsifiées[51].

Dans le domaine climatique, que nous a appris le « Climategate » ?

En 1999, la divulgation de courriels échangés entre des chercheurs du Climatic Research Unit (CRU), grand pourvoyeur de données au GIEC, a brièvement secoué le monde scientifique avant d’être enfoui dans un silence confortable. Les chercheurs incriminés furent ensuite blanchis par une commission du Parlement britannique.

Voici quelques phrases relevées dans certains de ces courriels :

« Je ne veux voir aucun de ces papiers repris dans le prochain rapport du GIEC. Kevin et moi les écarterons, même si nous devons redéfinir ce qu’est la littérature peer-review[52]. »

« C’est le danger de toujours reprocher aux sceptiques de ne pas publier dans la littérature examinée par des pairs (peer reviewed). De toute évidence, ils ont trouvé une solution à cela : infiltrer un journal. Alors, que faisons-nous à ce sujet ? Je pense que nous devons cesser de considérer Climate Research comme une revue à prendre en référence.

Nous devrions peut-être encourager nos collègues dans le milieu de la recherche climatique à ne plus prendre cette revue en considération. Nous devrions aussi attirer l’attention de nos collègues plus raisonnables qui actuellement siègent au comité de rédaction[53]… »

« Hans von Storch est en partie à blâmer (pour la publication d’articles sceptiques dans Climate Research). Cela encourage la publication d’inepties scientifiques. Nous devrions prendre contact avec les éditeurs et leur montrer que leur journal est perçu comme faisant de la désinformation. J’emploie le terme ’perçu’, que cela soit vrai ou non c‘est la perception à l’extérieur qui compte. Nous devrions pouvoir rassembler un groupe d’environ 50 scientifiques pour signer une telle lettre[54] . »

Dans une autre suite de courriels, les scientifiques du CRU réagissent à la parution d’un article de McIntyre dans Geophysical Research Letters, où ils expriment leurs préoccupations au vu des relations du rédacteur en chef du journal, James Saiers, avec l’université de Virginia (et probablement Pat Michaels). « Si Saiers est un sceptique, alors il doit être éjecté via les canaux officiels du Journal. » (Saiers a effectivement été évincé)[55].

Voilà qui doit permettre à chacun de se faire sa propre idée sur les pressions auxquelles sont soumis les éditeurs de journaux à comité de relecture. Et accessoirement sur la déontologie des champions de la Vraie Science du CRU. Et enfin sur l’opportunité de blanchir ces personnages comme l’a fait le Parlement britannique, qui – notons-le – avait à juger ses propres compatriotes agissant au sein de la prestigieuse université East Anglia.

D’autres anomalies…

Paul Brookes, professeur agrégé à l’université de Rochester-Medical Center, a prononcé l’évaluation la plus accablante, concentrant ses flèches sur Nature Publishing Group (NPG) :

« Vous pouvez avoir tous les poids lourds (scientifiques) de votre côté, mais si vous contestez quelque chose qui a paru dans un Journal du NPG, vous aurez d’abord à vous battre pour entr’ouvrir la porte, puis à livrer une bataille rangée pour obtenir que quelque chose soit publié.

NPG n’aime pas quand vous trouvez des erreurs qui auraient échappé à l’examen par les pairs[56]. »

Le professeur Brookes avait, sous pseudonyme, créé un site sur la Toile : science-fraud.org, qui avait pour but de dénoncer des documents suspects dans la littérature scientifique. En six mois, il avait répertorié environ 500 articles, et son site comptait plusieurs milliers de visiteurs quotidiens. Lorsque sa véritable identité fut découverte, des courriels furent envoyés aux scientifiques concernés pour les inciter à déposer plainte pour diffamation, qualifiant son site comme étant « un site de haine et constituant une menace pour la communauté scientifique (!) ». Cette dénonciation fut également envoyée à ses supérieurs académiques, aux éditeurs qui l’avaient publié ainsi qu’à ses collègues qui auraient aussi pu faire partie des « pairs examinateurs » (peers reviewers). Son site fut fermé à la suite de cette cabale.

Les relecteurs des revues scientifiques ont souvent encouragé des pratiques irrégulières ainsi qu’« une incitation à passer sous silence les résultats n’allant pas dans le bon sens ou les expériences n’ayant pas mis en évidence l’effet escompté, comme si cette absence de résultat n’était pas un résultat en soi !

Il n’était pas rare que les revues plaidassent fortement en faveur de sujets intéressants, élégants, concis et irrésistibles, sans doute aux dépens de la rigueur scientifique[57] ».

Conclusion

Alors, toutes les revues scientifiques sont-elles à mettre à la poubelle, et tous les relecteurs sont-ils pourris ? Évidemment non, et je m’en voudrais de suivre le même cheminement intellectuel qu’affectionnent les partisans du GIEC à l‘encontre de leurs contradicteurs. J’ai simplement voulu montrer les failles d’un système en définitive très humain, soumis à des pressions en tous genres, intellectuelles ou financières, auxquelles il est parfois difficile de résister.

Comme aurait pu dire Winston Churchill, c’est un mauvais système mais c’est le moins mauvais de tous. Il appartient aux scientifiques eux-mêmes d’apprécier la manière dont ils pourraient l’améliorer.

Je voulais aussi souligner le fait que publier dans une revue à comité de relecture ne constitue nullement une garantie de qualité ou de bien-fondé de la théorie présentée – combien de ces articles ne se sont-ils pas révélés obsolètes après un temps plus ou moins long – et, a contrario, que les arguments présentés en dehors de ce système ne sont certainement pas à rejeter sans plus de considération.

*

* *

HISTOIRE « Si l’homme est libre de choisir ses idées,

il n’est pas libre d’échapper aux conséquences des idées qu’il a choisies. »

(Marcel François)

« Lumières » sur la théologie allemande

David Penot

Présentation : L’écrivain B. Gorissen est un franc-maçon allemand 32e degré qui s’est converti au catholicisme. Dans son livre Ich war Freimaurer, il décrit une conférence donnée en loge en 1997 par un théologien allemand réputé, le P. Herbert Vorgrimler (1929-2014), élève, puis collaborateur, successeur et biographe du trop célèbre théologien jésuite Karl Rahner. Il fut doyen de la Faculté de théologie de Münster et membre d’un dicastère romain, le Secrétariat pour les non-croyants, alors présidé par le cardinal König, archevêque de Vienne. Cette conférence donnée en loge à Cologne méritait bien les notes prises par B. Gorissen : nous y trouvons toute une vision prospective des rapports entre l’Église et la maçonnerie.

À Sa Sainteté le pape émérite Benoît XVI,
pour l’aider à ne pas reculer devant les loups.

En 2009, la même année en laquelle Maurice Caillet publiait son récit autobiographique J’étais franc-maçon[58], un autre livre, au titre et sujet analogue, parut en Allemagne : Ich war Freimaurer de Burkhardt Gorissen[59]. Les deux auteurs ont été membres de la franc-maçonnerie avant de se convertir au catholicisme et de quitter la confrérie. Tous deux racontent leur parcours, leurs expériences au sein de la Loge, leur départ semé d’embûches. Avec quelques différences, bien entendu. Maurice Caillet est médecin chirurgien-gynécologue, Burkhardt Gorissen écrivain et homme de scène. Si Maurice Caillet était membre du Grand Orient de France, « Vénérable » du 18e degré des Rose-Croix AMORC, Gorissen était « Grand orateur », membre du 32e degré des Grandes Loges des anciens maçons libres et acceptés d’Allemagne.

Au vu de leurs différents degrés d’initiation, certains pourraient se dire que l’auteur allemand connaît mieux la Loge que son confrère français, que ses descriptions risquent d’être plus « croustillantes ». Or, il n’en est rien. Burkhardt Gorissen met l’accent sur le vide béant de l’idéologie maçonnique, où règnent surtout la prétention, le narcissisme, les intrigues et mesquineries entre frères. Rien pour satisfaire une curiosité portée vers les théories du complot mondial ; au contraire. Sur ce point, Gorissen est volontairement désenchanteur.

Pourtant, l’auteur allemand n’est pas sans faire quelques révélations intéressantes. Si Maurice Caillet, de son côté, affirme qu’au moment du vote de la loi Veil sur l’avortement « […] les politiques étaient bien encadrés par nos “Frères Trois Points”[60]… », Burkhardt Gorissen jette certaines lumières sur le clergé et la théologie en Allemagne.

Deux passages du livre de l’Allemand sont particulièrement significatifs. Dans le premier, il est question d’une conférence pro-maçonnique donnée en 1997 par le théologien Herbert Vorgrimler, à laquelle l’auteur a assisté. Dans le second, c’est la remise du prix Kulturpreis der deutschen Freimaurer (« Prix culturel des francs-maçons allemands ») à Hans Küng, en mai 2007, dont Gorissen fut l’un des organisateurs.

Nous ne parlerons ici que du premier : la conférence de M. Herbert Vorgrimler.

Sans doute, la plupart des lecteurs du Cep ne connaissent pas cet éminent théologien. Conséquence du fossé culturel qui sépare la France et l’Allemagne et dont les effets, à mon sens, ont toujours été dramatiques, pour l’une comme pour l’autre.

Herbert Vorgrimler est un des grands spécialistes allemands de la dogmatique de la seconde moitié du xxe siècle. Son nom est intimement lié à celui de Karl Rahner, dont il fut l’élève et l’un des plus importants commentateurs. En 1963, il publie la première biographie de Karl Rahner[61].

De 1995 jusqu’à sa mort, en 2014, Vorgrimler codirige l’édition monumentale des « Œuvres complètes » de Karl Rahner, en collaboration avec Mgr Karl Lehmann, Johann Baptist Metz et Andreas R. Batlogg s.j[62].

Vorgrimler est né le 4 janvier 1929 à Fribourg-en-Brisgau. Il fait ses études à Fribourg, puis à Innsbruck en Autriche auprès de Karl Rahner. Il est ordonné prêtre en 1953.

Après avoir passé son doctorat en 1958 sous la direction de Karl Rahner, Vorgrimler devient durant 11 ans son plus proche collaborateur. Ainsi contribue-t-il largement à la réédition du grand dictionnaire de théologie dénommé Lexikon für Theologie und Kirche, en 14 tomes publiés entre 1957 et 1968 sous la responsabilité de Karl Rahner[63].

Le Kleines theologisches Wörterbuch, coécrit par Karl Rahner et Herbert Vorgrimler, publié en 1961, est un petit dictionnaire destiné initialement aux Pères du Concile de langue allemande. Jusqu’en 1988 parurent 16 éditions. En 1970, la traduction française fut accueillie avec chaleur[64].

Autre production commune, leur manuel du concile Vatican II, Kleines Konzilskompendium (« Petit condensé du Concile »), est encore aujourd’hui une référence obligée pour tout étudiant en théologie[65].

Par l’entremise de Hans Urs von Balthasar et de Karl Rahner, Vorgrimler devient en 1968 professeur de dogmatique à la Faculté théologique de Lucerne (Suisse). En 1972, il accède à la chaire de Karl Rahner à l’université de Münster, Rahner l’imposant comme son successeur. Doyen de la Faculté de théologie catholique, Vorgrimler réorganise entièrement l’institution.

En 1968, le cardinal-archevêque de Vienne, Franz König, appelle Herbert Vorgrimler à intégrer le Secrétariat pour le dialogue avec les non-croyants, dicastère romain créé en 1965 et présidé par le Cardinal. Dans ce cadre, Vorgrimler dirige, toujours en collaboration avec Karl Rahner, la revue Internationale Dialog-Zeitschrift (« Revue internationale pour le dialogue »).

Après son éméritat, en 1994, Vorgrimler devient aumônier de la clinique universitaire Clemenshospital à Münster, où il officie comme recteur des sœurs clémentines. À sa mort, le 12 septembre 2014, la Faculté de théologie de Münster et la prestigieuse revue théologique Stimmen der Zeit[66] (éditée chez Herder) lui rendent un hommage appuyé. Selon ses dernières volontés, Vorgrimler fut inhumé auprès de son ancienne secrétaire, décédée vingt ans plus tôt[67].

Le 3 mars 1997, Burkhardt Gorissen, jeune « Apprenti » récemment initié, est invité par ses Frères à écouter une conférence donnée par Herbert Vorgrimler à la loge « Ver Sacrum » de Cologne sur le sujet « Franc-maçonnerie et Église catholique ». L’événement est annoncé la veille dans le quotidien local de Cologne, sans mentionner le nom du conférencier.

Pour le récit qu’il en fait dans son livre, Gorissen se base sur ses notes personnelles ainsi que sur un compte rendu publié par une revue catholique[68]. Nous en donnons ici la première traduction française, légèrement adaptée[69].

Les contes de Vorgrimler

Avec un geste frôlant le mépris, le professeur sortit de sa veste quelques feuilles de papier qu’il déplia bruyamment. Il commença sa conférence sur le ton de la conversation. Rien de particulièrement théâtral. Son regard fit sans cesse le tour de l’assistance, un brin de moquerie dans ses yeux bleu pâle. La différence fondamentale, dit-il, entre la franc-maçonnerie et le catholicisme était la question de la toute-puissance de Dieu ; et, ajouta-t-il non sans complaisance, l’Église n’a pas été instituée par le Christ, mais elle est, elle aussi, un produit de l’évolution. Lui-même utilisait dans ce contexte le terme de « devenir-Église[70] ».

Puis il fit une brève excursion dans l’histoire de la franc-maçonnerie, inutile pour les personnes présentes en raison de leur niveau de connaissances, mais qui fut appréciée par tous ; car, comme me le glissa à l’oreille mon ami Peter, le professeur catholique « en connaît tout un rayon sur nous ». C’était pour valoriser l’association dont il faisait partie, qui, grâce au « devenir-franc-maçonnerie » du monde, n’était pas peu de chose.

Il était d’une logique presque implacable, expliquait Vorgrimler, que l’Église catholique fût le seul ennemi important, car les autres confessions n’avaient pas de clergé au sens propre. Pendant un moment, il regarda la ronde de ses auditeurs et, avec un savant sous-entendu, affirma que les loges finiraient par entrer en conflit avec tous les « régimes absolutistes » parce qu’elles propageaient l’esprit des Lumières. Les assertions suivantes étaient très souvent elliptiques et ne manquaient pas, du point de vue de la logique, d’une certaine ambiance de bistrot, ce qui donnait aux assistants le sentiment d’être comme en famille. Ainsi, estima le professeur émérite de dogmatique, le pape Clément XII, qui condamna la franc-maçonnerie le 7 mars 1738 dans sa bulle In eminenti apostulatus specula, était depuis 1732 aveugle, et depuis 1737 amnésique.

Réjouissance générale, trépignements dans la salle.

D’après Vorgrimler, c’était là un conflit politique : l’entourage du Pape ayant à cœur de remplacer la maison royale anglaise de Hanovre, au pouvoir à cette époque, par la maison catholique des Stuart.

— C’est ça ! De la politique, du pouvoir ! Enfin quelqu’un pour le dire ! Excellent ! Excellent ! s’écria mon voisin d’en face avec un fort accent de Cologne ; puis il noya sa dernière ovation dans sa chope de bière.

Mais l’encyclique n’avait eu qu’un effet modeste, notamment dans la péninsule ibérique et dans les États pontificaux, sachant que dans la péninsule ibérique on persécuta des gens, alors que dans les États pontificaux on se contenta de brûler des écrits maçonniques.

Puis, presque 150 ans plus tard, en 1884, le pape Léon XIII – « sinon, un pape plutôt raisonnable » selon Vorgrimler – condamna à nouveau sévèrement la franc-maçonnerie dans son encyclique Humanum genus […].

D’après Vorgrimler, le dialogue de l’Église catholique avec la franc-maçonnerie débuta en 1928, d’abord avec les loges théistes. Depuis 1961, avec le Grand Orient de France également, lequel se dit résolument athée.

Vorgrimler loua hautement le concile Vatican II pour la raison qu’il redéfinissait la question des droits de l’homme et de la liberté religieuse. Il le souligna expressément. En 1969 avait eu lieu un accord entre l’Église catholique et la Grande Loge d’Italie. Chacun faisait état de sa volonté de coopération dans le domaine des droits de l’homme, de la liberté religieuse et de la tolérance mutuelle. La même année, l’Église instituait officiellement une commission pour le dialogue, composée de quatre membres. Il en cita deux : le cardinal König de Vienne et lui-même. Cette commission publia ses conclusions dans la ville autrichienne de Lichtenau[71], d’où le nom du document : Déclaration de Lichtenau. Dans ce document, la commission catholique s’était montrée ouverte à l’égard des francs-maçons.

La salle devint silencieuse. On n’entendait pas une mouche voler, sauf le gargouillement de l’eau minérale que je me versais.

— Globalement on peut retenir que notre cause commune a très bien évolué au début des années 1970, reprit le professeur. Puis, au bout d’un moment, il se mit en colère. La nomination de Mgr Stimpfle[72] comme président de cette commission le vexait encore profondément, même 27 ans plus tard. Car, à rebours de la Déclaration de Lichtenau, cette commission était parvenue à la conclusion que l’adhésion de fidèles catholiques à la franc-maçonnerie demeurait incompatible avec l’identité chrétienne. Raison pour laquelle, lui, Vorgrimler, furieux, démissionna de cette commission en 1974. Les discussions furent clôturées en 1980. Le 12 mai 1980, la Conférence des évêques d’Allemagne publia ses conclusions : « […] l’appartenance à l’Église catholique et à la franc-maçonnerie s’excluent mutuellement[73]. »

Mais ! dit-il avec un soupçon de triomphalisme dans la voix (ou était-ce de la moquerie ?), comme le nouveau Codex Iuris Canonici[74] ne mentionne plus la franc-maçonnerie, vous pouvez estimer en toute bonne conscience qu’il est possible d’être membre à la fois d’une loge et de l’Église catholique.

Des murmures s’élevèrent dans la salle. À chaque table, des têtes marquèrent leur approbation. Seuls se taisaient les célébrités dont les noms étaient inscrits sur la fresque du plafond.

Vorgrimler continua, loquace. Il était parfois nécessaire de savoir profiter des zones d’ombre. On ne fera jamais rien sans violer quelque peu le consensus. Pour l’avenir de la coopération entre l’Église et la franc-maçonnerie, Vorgrimler voyait comme une grande opportunité que l’Église catholique s’était réduite à l’état d’Églises locales : « L’Église catholique n’existe plus ! » Ce qui permettait de conclure que le dialogue ne devait plus se faire avec Rome, mais que chaque Église locale devait s’arranger avec la franc-maçonnerie.

— En temps de disette, le Diable bouffe des mouches[75], dit en riant le frère assis en face de moi. Il happa la mousse qui couronnait sa chope et s’essuya la bouche […].

Et de toute façon – poursuivit [Vorgrimler], la voix plus vigoureuse –, il serait bon que l’image du « Dieu au ciel » cède la place à une nouvelle idée. Grâce aux Lumières, dont personne ne conteste sérieusement les acquis, on sait que le bien et le mal ne sont que deux natures intrinsèques de l’homme, éternellement en lutte. Goethe avait fait cette belle réflexion dans Faust : « Deux cœurs, hélas, battent en ma poitrine ! » Il est d’autant plus important qu’au sein de la franc-maçonnerie toutes les représentations de Dieu se valent et que tous soient libres de choisir leur Dieu, car finalement l’important n’est pas ce en quoi nous croyons, mais que nous croyions. Comme le fait par exemple Hans Küng, on peut ne pas regarder le Christ comme Dieu, mais tout au plus comme une figure humaniste exemplaire. Il faut essayer de conduire les hommes vers une responsabilité morale personnelle. Pour Vorgrimler, l’idée que les hommes se répartissent en justes et en pécheurs était choquante.

Ce serait faire preuve d’une courte vue que de se réclamer uniquement d’une vision biblique de Jésus, excluant la vision humanitaire. Il était à remarquer que la foi chrétienne populaire contient des aspects inhumains. Le Nazaréen (le professeur disait « Nazaréen », comme le font certains membres de sectes obscures) n’avait pas parlé en termes abstraits, mais avait transmis son univers spirituel à l’aide d’images. La franc-maçonnerie allait dans le même sens, en ce qu’elle renonçait à la formulation concrète de ses mystères fondateurs et préférait le langage des images.

Une longue pause s’ensuivit. D’ailleurs, le professeur faisait souvent des pauses très professionnelles et employait toute sa science de conférencier. Aussi banal que ce soit de le dire, il avait donné jusque-là un show superbe. Mais cette fois, ce n’était pas une pause. Le président comprit : « Je vous remercie pour votre attention. »

Les poings frappaient longuement sur les tables. Les « Bravo » ne manquaient pas. Satisfait, le conférencier prit une gorgée de son verre et contempla ses auditeurs. Était-ce de l’eau ou du vin ? Le Maître de loge se leva.

— Cher Herr Professor Vorgrimler, merci, merci de tout cœur ! Comme vous pouvez l’entendre, tous ont été enthousiasmés par votre conférence. Que dis-je, passionnés, profondément émus ! Si vous permettez, nous allons maintenant passer aux questions.

La discussion

Quelques-uns claquèrent des doigts. Le président désigna un homme un peu enveloppé qui se leva aussitôt et s’épancha dans un long dithyrambe, jusqu’à ce que le président l’invite à poser sa question. La scène prit un charme particulier du fait que le gros monsieur, surpris par la remarque, fit tomber le verre devant lui. Heureusement, il n’y avait plus qu’une petite gorgée dedans, ce qui lui permit de passer outre et de formuler sa question :

— Mais pourquoi donc les officiels catholiques critiquent-ils la franc-maçonnerie ?

Le professeur émérite interrogé fit dodeliner sa tête ronde et y passa la main comme pour l’oindre. Puis il déclara qu’il fallait distinguer entre les uns et les autres.

L’histoire était de rechercher la faute chez l’autre. Même le côté officiel n’avait pas un son de cloche unique.

Questionné sur le culte maçonnique, le professeur répondit : Eh bon Dieu, cela s’appelle des célébrations coutumières ! Par ailleurs, il était d’avis que les catholiques qui critiquaient la franc-maçonnerie faisaient preuve d’une mentalité fasciste. « Les ennemis de la franc-maçonnerie sont des figures pathologiques », dit-il hautain, accusant nommément Johannes Rothkranz[76], Manfred Adler, qui avaient appelé les francs-maçons « les fils des ténèbres[77] », et le père Johannes Wild sj [78]. Le conflit avec le P. Wild durait depuis déjà un bon moment. Lui, Vorgrimler, avait rencontré le général des jésuites pour lui suggérer d’interdire au P. Wild de parler de la franc-maçonnerie. Mais le général avait refusé en disant qu’il ne pouvait pas interdire aux membres de son ordre de s’exprimer librement. « Il faudrait des journalistes qui débusquent ce Père et l’embrochent ! »

Oh, pensai-je, cela me rappelle la logique de ces clients de bistrots qui réclament un dictateur qui fasse table rase de tous ceux qui ne pensent pas comme eux. J’effaçai ma pensée, car la manière dont Vorgrimler faisait le pêcheur d’hommes me paraissait très intelligente, et je l’admirais beaucoup à ce moment-là.

Ces gens, à savoir ceux qui parlent et écrivent contre la franc-maçonnerie, il fallait les traîner devant la Justice pour calomnie et insulte. D’après Vorgrimler, ce n’étaient pas des frères dans la foi, même s’ils avaient le même Pape. Leur poursuite en justice serait « un acte d’hygiène publique ». Un éclair, bref et froid, passa dans ses yeux, plus parlant que mille livres, témoignant d’une haine sans limite. Je notai sur mon carnet : « Acte d’hygiène, souvenir d’un mauvais temps. »

D’ailleurs, ajouta-t-il, l’archevêque de Cologne, Mgr Meisner[79], n’était pas pour lui un interlocuteur en matière de franc-maçonnerie. Ici se sépare la paille du blé. « Je ne me sens pas représenté par Mgr Meisner. » Lui, Vorgrimler, défendait une « théologie d’après Auschwitz ». Mais il nous laissa dans l’incertitude quant au lien qu’il y avait entre le cardinal Meisner et une théologie d’avant Auschwitz.

Les réponses du professeur de dogmatique révélaient un trait foncier caractéristique : généreux dans la critique, qui était toujours dure et injustement polémique ; largement incapable de se remettre en cause, lui et sa pensée. Cette caractéristique s’accentuait quand il parlait des catholiques hostiles à ses vues politico-ecclésiales. Ainsi insistait-il sur le fait que le pape Jean-Paul II suralimentait le « typiquement catholique ». Pensez notamment à sa dévotion exagérée à la Vierge Marie ! À l’avenir, l’Église — il s’arrêta pour dire que son idée était relativement audacieuse — l’Église n’était plus concevable sans l’influence de la franc-maçonnerie.

Des étonnements fusent, bruyamment. Applaudissements effrénés.

Il ne fallait pas oublier que les membres d’autres croyances avaient également raison. « Tout est une possibilité. »

Murmures : « Tiens, tiens… »

Un autre frère prit la parole.

— Une question, M. le professeur : comment voyez-vous le rôle de l’Église ?

Premièrement, dans la reconnaissance que l’Église n’est pas l’unique grande référence, Vorgrimler constatait que l’enseignement de la religion à l’école n’était pas une question de foi. L’Église devait limiter son action à son propre terrain. Deuxièmement, c’était une ineptie de vouloir déposer un copyright sur Dieu.

Remarques amusées.

Un jour ou l’autre, l’Église dogmatique disparaîtra, ou bien s’adaptera. Ou, pour le dire en termes maçonniques, l’Église devait accepter que les diverses religions et confessions n’étaient que des prénoms différents pour un seul Grand Architecte.

Un autre frère, débordant de suffisance, commença alors une seconde conférence : Sigmund Freud avait décrit très précisément dans son ouvrage L’avenir d’une illusion ce qu’il en est des religions. Les représentants de Dieu sur terre n’étaient plus que des caricatures amusantes. On avait parfois l’impression qu’ils se parodiaient eux-mêmes. On ne pouvait plus prendre cette gent au sérieux. Qui aujourd’hui croit encore au Père Noël ? Le professeur haussa les épaules, comme pour excuser ceux qu’il appelait lui-même des « chrétiens dans l’erreur ». Dans une formule toute salomonienne il dit : — Tout le monde n’a pas le bon esprit !

Le « bon esprit », avait-il dit, pas le « saint ». Dans ses yeux bleu comme l’eau luisait une bonté condescendante.

Le président demanda : — Encore des questions ?

Les frères étaient repus. Le président se leva et boutonna sa veste.

— Cher, très cher Professeur, merci ! Merci infiniment pour votre discours extraordinaire. Comment dire… Vous avez semé, et la semence lèvera dans la franc-maçonnerie.

Les poings tambourinaient sur les tables. Des « Bravo », encore plus forts qu’avant. La salle était debout. Satisfait, le sourire de plus en plus large, le président serra la main du professeur. Son autre main reposait sur l’épaule très professorale. Sourires. Bravos. Sourires. Poignée de mains prolongée devant le public. Comme deux hommes d’État qui font durer leur accolade pour les caméras. Ici, il n’y avait pas de caméras. Mais une comédie de sa propre haute-importance. […]

Une question se pose : Herbert Vorgrimler était-il franc-maçon ? Certains pourraient être étonnés d’apprendre que non. Il ne l’était pas, comme ne l’est pas non plus Hans Küng, qui fut récompensé par la franc-maçonnerie pour l’ensemble de son œuvre[80]. D’après ce que l’on sait, d’après ce qu’ils disent eux-mêmes, ni Hans Küng[81] ni Herbert Vorgrimler[82] n’ont été initiés dans aucune loge. Encore faut-il le prouver. Un franc-maçon ne trahira jamais un important secret de Loge. Au fond, peu importe ! Au-delà de l’initiation « officielle » (rituel, rattachement à une loge, payement de la cotisation), il existe une affiliation spirituelle. Contrairement à la première, la seconde n’est pas soumise au secret. Elle est reconnue par les francs-maçons, elle est reconnaissable par tout un chacun — même un chrétien — à condition de savoir écouter un propos tenu.

Le témoignage de Burkhardt Gorissen montre clairement la position d’Herbert Vorgrimler : son adhésion totale et assumée aux idéaux de la franc-maçonnerie ; son mépris pour l’Église catholique et ses représentants ; son rejet de la foi, qu’il confesse et célèbre pourtant. Il montre en outre ce qu’un haut-représentant du Secrétariat pour le dialogue avec les non-croyants — dicastère romain — entend par « dialogue »[83]. Enfin, il jette le doute sur bon nombre de pasteurs qui continuent de cultiver la mémoire de ce genre de « théologiens »[84].Saint Pierre, quand te réveilleras-tu ?

LES DESSOUS DE LA PRÉHISTOIRE

Les tissus mous de dinosaures[85]

Hugh Owen[86]

Résumé : Dans Le Cep n°63 (avril 2013), Claude Eon avait montré comment des examens récents montraient la présence de tissus mous analysables sur des os de dinosaures et comment le collagène présent dans ces os avait permis une datation par le carbone 14 (ce qui leur donnait un âge de l’ordre de 10 000 ans, alors que les dinosaures sont supposés avoir disparu il y a 60 millions d’années). Dans ce même numéro, le chimiste Hugh Miller et Hugh Owen faisaient état de mesure de C14 présentée au Congrès international de Géophysique à Singapour en 2012. Dans le présent article, H. Owen fait état des résultats obtenus depuis 2013 confirmant la conclusion inévitable des études antérieures : les dinosaures ont disparu il y a des milliers (et non des millions) d’années. Mais la réaction des scientifiques, pris entre le dogme évolutionniste et les datations récentes d’os de dinosaures, est souvent irrationnelle (pour ne pas dire psychopathique) : on préfère écarter les faits sans chercher à donner une autre interprétation scientifiquement plausible du résultat des mesures de carbone 14 . De là quelques citations caractéristiques tirées d’un livre du Dr Kevin Anderson : Echoes of the Jurassic. Elles consistent à affirmer sans preuves que des tissus organiques ont pu se conserver durant des millions d’années, alors que les roches fossilifères sont exposées à l’infiltration par les eaux, aux changements de température et au métabolisme des micro-organismes présents dans toutes les boues. Où donc est la vraie science ?

À notre époque, des savants ont découvert des preuves séduisantes de la coexistence des dinosaures et de l’homme, telles que des tissus mous, des molécules organiques et du C14 dans les os des dinosaures. En 2010, des paléontologues ont trouvé un mosasaure fossile contenant du cartilage ; en 2011, un groupe de chercheurs suédois annonça la découverte de tissus mous dans les os d’un autre mosasaure, prétendument vieux de 70 millions d’années. En 2014, un autre groupe de chercheurs trouva des protéines intactes et souples au sein d’enveloppes de vers enterrés dans des roches prétendûment âgées de 551 millions d’années. La découverte de tant de parcelles de tissus organiques, dans un état de conservation remarquable, à tous les étages de la colonne géologique atteste de l’ensevelissement rapide et récent de ces plantes et animaux dans les dépôts sédimentaires lors d’un cataclysme universel.

Dans les dernières décennies, des quantités significatives de C14 ont été trouvées dans du charbon, dans ce qu’on appelle les combustibles fossiles et dans des os de dinosaures, ce qui renforce le scepticisme quant à l’âge en dizaines de millions d’années que leur attribue l’échelle géologique conventionnelle. Une étude récente du géophysicien John Baumgardner et de ses collègues rapporte que des échantillons de charbon, provenant de dépôts censés datés de 30 à 320 millions d’années, contenaient à peu près la même quantité de C14, bien au-delà de la limite de validité de la datation, laissant à penser que les plantes qui ont formé ces dépôts de charbon furent déposées rapidement il y a seulement quelques milliers et non des millions d’années.

À la réunion du Western Pacific Geophysics à Singapour en août 2012, une autre équipe de chercheurs, dirigée par le physicien Thomas Seiler, a présenté les résultats de tests au C14 sur 20 fragments différents d’os de dinosaures provenant du Texas et de l’Alaska, montrant que tous les os contenaient du C14 dans les mêmes quantités que des os de loups, de mammouths et d’autres créatures connues pour avoir vécu avec l’homme il y a moins de 10 000 ans.

Prises ensemble, toutes ces découvertes mettent sérieusement en question l’échelle géologique des temps admise et confirment la chronologie biblique de l’histoire de la terre, telle que défendue par les Pères et les Docteurs de l’Église.

Mis en face de la preuve que du C14 avait été régulièrement trouvé dans des os de dinosaures par des laboratoires de niveau international utilisant la spectrométrie de masse par accélérateur (AMS), l’un des plus célèbres évolutionnistes athées, P. Z. Myers, a fait preuve de sa merveilleuse foi dans le dogme évolutionniste et de ses millions et milliards d’années. Couvrant de mépris les résultats obtenus par AMS, il déclara à ses étudiants :

L’âge du spécimen [l’os de dinosaure] n’est pas en question, et même s’il l’était, la datation au carbone est tellement absurdement impropre et inutile que seul un clown ignorant voudrait la faire[87]

Ainsi, plutôt que de louer d’autres savants de faire de la vraie science empirique pour tester les hypothèses non prouvées du dogme de l’évolution – ou encore de proposer de faire refaire le test par un laboratoire de son choix –, Myers a trouvé plus facile de les traiter de « clowns ignorants » pour avoir eu l’audace de tester son dogme évolutionniste. Il poursuivit :

Peu importe le nombre venant de la mesure, il serait fallacieux, hors de propos et impossible à interpréter… sauf que le C14 ayant une limite supérieure de 50 000 ans, tout nombre publié serait inférieur à ce plafond, ce qui est exactement ce que les créationnistes espèrent. Ils aimeraient brandir cette mesure faite pour un objet long d’un kilomètre et annoncer triomphalement qu’il ne mesure que 36 centimètres[88].

Sans être intimidé, un microbiologiste, le Dr Kevin Anderson, montre le sophisme évident des remarques de Myers :

Le raisonnement de Myers est très révélateur et extrêmement vicieux. Pourquoi l’analyse au C14 serait-elle « absurdement impropre » ? Elle n’est inappropriée que parce qu’elle ne s’accorde pas avec ses présupposés. Puisque Myers sait que les dinosaures sont âgés de millions d’années, il prétend qu’on ne peut pas utiliser le C14 pour dater ces fossiles : ils sont trop vieux. S’ils sont trop vieux ils ne peuvent pas contenir de carbone (« carbon dead »).

Pourtant, ils contiennent bien du carbone. Pourquoi ? Myers balaie simplement la question comme absurde. Mais en quoi est-elle absurde ? Il ne s’agit pas de mesurer un kilomètre avec un mètre ; c’est une fausse analogie. Si le kilomètre tient dans le mètre, alors soit la longueur n’est pas vraiment d’un kilomètre, soit ce n’est pas vraiment un mètre !

Or, il doit bien y avoir une raison à la présence de C14 dans ces dinosaures.

Que la raison soit une contamination, une erreur d’échantillon ou du C14 originel, Myers devrait expliquer la source de ce C14. Ce qu’il ne fait pas. Il lui est beaucoup plus facile d’ignorer que d’expliquer le fait qu’il reste du C14 dans ces fossiles[89].

Le Dr Anderson explique ensuite pourquoi toutes les explications à la présence de C14 dans les os de dinosaures – autres que la simple conclusion qu’il s’agit de C14 originel – ne résistent pas à l’examen. Mais la foi de P. Z. Myers dans le dogme de l’évolution est si illimitée qu’il ne daigne même pas donner à ses étudiants une quelconque explication de cette preuve empirique.

On pourrait croire que les évolutionnistes théistes et les créationnistes progressistes, qui disent croire en Notre Seigneur Jésus-Christ et en l’Écriture sainte, seraient mieux disposés à examiner honnêtement la nouvelle preuve accablante de coexistence des hommes et des dinosaures et d’un déluge universel. Hélas, ce n’est pas le cas. L’un des principaux sites créationnistes fut presqu’aussi méprisant envers la nouvelle preuve de coexistence des dinosaures et des humains que l’athée P. Z. Myers.

Devant la découverte de collagène et de protéines intactes dans des os de dinosaures prétendument âgés de 68 millions d’années, Fuzz Rana et Hugh Ross, de Reasons to Believe, écrivirent ce qui suit à propos de la découverte de tissus mous dans la corne d’un Triceratops :

Le collagène (ou au moins des fragments) pourrait survivre 68 millions d’années dans un environnement dépourvu d’eau, d’oxygène et de microbes en raison de sa structure[90]. Si un échantillon est à l’abri de toute exposition aux bactéries et à l’oxygène, alors les tissus mous peuvent être facilement préservés pendant plus de cent millions d’années. Les tissus de l’intérieur d’une dent ou d’une corne, lorsque la dent ou la corne est rapidement enterrée dans la boue ou des cendres volcaniques, seront réellement à l’abri des bactéries et de l’oxygène[91].

Comme le dit le Dr Kevin Anderson dans son Echoes of the Jurassic : ceci est une vue simpliste, qui ne donne aucune réponse probante [à la question de savoir comment des tissus mous pourraient être préservés pendant 68 millions d’années]. En outre, la corne en question fut découverte à 30 centimètres seulement sous la surface de la roche. À cette faible profondeur la corne était exposée aux extrêmes fluctuations de température du Montana.

De tels changements de température accélèrent (ne ralentissent pas) la dégradation des tissus.

Puisque toutes les roches sont plus ou moins poreuses, les fossiles sont potentiellement exposés à l’infiltration des eaux de pluie et de la nappe phréatique. Des microbes et de l’oxygène dissous peuvent pénétrer les fossiles grâce à cette eau. Lorsque nous avons extrait la corne du Triceratops, la moitié inférieure avait été rendu humide par une flaque d’eau de pluie accumulée en cet endroit.

La base de la corne était également partiellement exposée, permettant de fréquentes et faciles pénétrations par les eaux pluviales et par de la boue.

En fait, après avoir exhumé la corne, j’ai remarqué que certaines des plus grandes parties étaient plutôt humides et boueuses. Je me tournai vers mon collègue Mark Armitage[92] et lui demandai s’il y avait la moindre chance que du tissu fût encore présent (et je ne pensais même pas que la corne pût avoir des millions d’années). Cependant, la corne possédait bien des quantités importantes de tissus mous et malléables.

Je ne puis concevoir qu’une corne dans un état aussi mauvais puisse encore avoir des tissus et des cellules d’os aussi bien conservées… depuis quelques milliers d’années au mieux, sans parler de 65 millions d’années[93].

Le Dr Anderson poursuit en dénonçant l’absurdité du rejet dédaigneux par Rana et Ross de l’interprétation la plus simple, puisqu’à l’évidence cette corne était âgée, au mieux, de quelques milliers et non pas de millions d’années :

Je ne sache pas qu’il existe de la boue stérile et encore moins de l’eau de pluie stérile. La plupart des fossiles, et certainement la corne du Triceratops, n’étaient pas « à l’abri des bactéries » .

En fait, les bactéries et autres micro-organismes pénètrent profondément dans les formations rocheuses et on les trouve en activité de métabolisme à des profondeurs de milliers de mètres. Ainsi, la corne du Triceratops et les autres fossiles contenant des tissus n’étaient pas enterrés dans un environnement stérile, sans bactéries.

En réalité, ils furent exposés à de nombreux genres de micro-organismes. Ce n’est pas exactement un environnement propice à la conservation prolongée des tissus…

Même l’absence d’oxygène ne garantit pas l’absence d’activité microbienne. Comme on l’a déjà dit, de nombreux micro-organismes anaérobies peuvent dégrader des molécules biologiques complexes, telles que protéines, lipides et polysaccharides. Les tissus contiennent de grandes quantités de ces biomolécules, ce qui les rend très vulnérables à la dégradation par des bactéries et d’autres microbes… Quelle recherche justifie la conclusion méprisante de Reasons to Believe ? Il n’y a aucun fondement pour affirmer que la conservation pendant 100 millions d’années est « facile » .

Il n’y en a pas davantage pour affirmer que tous les fossiles contenant des tissus étaient dans des environnements secs et stériles. Cette réponse est littéralement du bourrage de crâne[94].

J’ai longuement cité le nouveau livre du Dr Anderson car je pense, comme le Dr Tim Clarey, un géologue, que Echoes of the Jurassic est, à ce jour, le meilleur livre sur les découvertes de tissus mous dans les dinosaures. J’encourage tous les lecteurs à se procurer ce petit document très lisible, à en retenir le contenu et à l’utiliser pour défendre l’histoire sacrée de la Genèse et pour réfuter les millions d’années de la mythologie évolutionniste.

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SOCIÉTÉ

« Il a plu à Dieu qu’on ne pût faire aucun bien aux hommes

qu’en les aimant. » (P. Le Prévost)

Il existe une nature humaine[95]

Dr Jean-Pierre Dickès

Présentation : Saint Paul, s’adressant aux Romains, n’hésite pas à conclure que ceux qui commettent le péché dit “ contre nature ” « reçoivent en eux-mêmes le juste salaire de leur égarement » (Rm 1, 27). Cet exercice de la justice immanente, étant lié à la nature humaine, ne pouvait manquer de se produire, aujourd’hui comme sous l’Antiquité : les statistiques médicales recueillies par le Dr Dickès suffisent à l’établir. On jugera d’autant mieux la responsabilité des hommes politiques qui, en légalisant le péché, ont favorisé sa diffusion. Ne serait-pas ici le lieu de faire intervenir le soi-disant « principe » de précaution ?

Nous apprenons que cette année 3 % des « mariages » en France ont concerné des duos homosexuels. Paris atteint le record avec 1 331 unions homosexuelles soit 13 % de la totalité des mariages. Dans le quartier du Marais, ce chiffre passe à 32 % ! Compte tenu des données qui viennent d’Amérique, nous pouvons vraiment leur souhaiter du bonheur, car ils vont en avoir besoin.

Nous avons cru devoir détailler les références de nos affirmations en nous basant sur des recherches scientifiques ; ceci non pas pour allonger le texte mais afin de ne pas pouvoir être accusés d’homophobie. Ces références ont été laissées en langue américaine afin de faciliter d’éventuelles recherches à nos lecteurs. Les titres des articles concernés se suffisent souvent à eux-mêmes.

Nous pensons réellement rendre service aux homosexuels en leur exposant ces faits établis par des travaux scientifiques.

  1. Une étude a suivi 156 couples de même sexe. Seulement sept d’entre eux pratiquaient la fidélité dans leurs relations sexuelles. Il est noté que cette situation favorisait la diffusion des maladies vénériennes et les états de détresse psychologiques. (McWhirter, D. and Mattison, A., The Male Couple : How Relationships Develop (Upper Saddle River, NJ : Prentice Hall).
  2. Les couples de lesbiennes sont statistiquement très instables par rapport aux couples hétérosexuels. (“Comparative Relationship Stability of Lesbian Mother and Heterosexual Mother Families : a Review of Evidence”, Marriage and Family Review 46 : 499-509).
  3. Une étude danoise parue en 2011 concerne les douze premières années de légalisation du partenariat homosexuel (les Danois n’ont pas osé qualifier ce type d’union de « mariage »). Le risque de suicide chez les hommes est multiplié par huit. (Mathy, R. et al., 2011. “The Association between Relationship Markers of Sexual Orientation and Suicide : Denmark, 1990-2001”, Social Psychiatry and Psychiatric Epidemiology, 46 : 111-117).
  4. En 2010, l’U.S. National Longitudinal Lesbian Family Study a établi que 40 % des couples de lesbiennes ayant conçu un enfant par PMA s’étaient séparés. (Gartrell, N. & Bos, H. 2010. “U.S. National Longitudinal Lesbian Family Study : Psychological Adjustment of 17-year-old Adolescents,” Pediatrics, 126 (1) : 28-36).
  5. Une étude effectuée en Afrique sub-saharienne établit que 7 % des hommes avaient été les victimes d’abus sexuels par d’autres hommes au cours de leur vie. Ce chiffre passait à 39 % parmi les homosexuels. (Greenwood, G. et al., 2002. “Battering victimization among a probability-based sample of men who have sex with men”, American Journal of Public Health, 92 : 1964–69).
  6. Une importante étude de la revue Cancer publiée en mai 2001 établissait que les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes avaient deux fois plus de risques de faire un cancer que les hétérosexuels. Cette maladie apparaissait à un âge moyen de 41 ans, alors que pour le reste de la population masculine elle émergeait à 51 ans. (Boehmer, U. et al., 2011, “Cancer Survivorship and Sexual Orientation”, Cancer, 117 : 3 796–3 804).
  7. The Wall Street Journal du 12 novembre 2014 publiait un article pour avertir que le nombre de cancers de la gorge causés par le Papilloma virus (contre lequel on pousse abusivement les petites filles à se faire vacciner par le Gardasil) avait augmenté de 72 % entre 2000 et 2004. Ce cancer touchait électivement les hommes ayant multiplié leurs partenaires masculins.
  8. En 2012, Finneran et Stephenson ont passé en revue 28 études concernant les violences chez les homosexuels de sexe masculin. Leur conclusion était la suivante : La violence intime entre partenaires (IPV) qu’elle soit psychologique, physique ou sexuelle, a atteint chez les partenaires masculins de même sexe des taux alarmants. (Voir p. 180 in P. Finneran, C. & Stephenson, R. 2012. “Intimate Partner Violence Among Men Who Have Sex With Men : a Systematic Review”, Trauma, Violence and Abuse, 14 : 168-185).
  9. En 2007, une étude diligentée par la New York Academy of Medicine établit que plus de 32 % des homosexuels actifs avaient souffert d’ « abus » par un ou plusieurs partenaires au cours de leur vie. Le tout ayant entraîné des dépressions nerveuses et l’usage de stupéfiants. (Houston, E. & McKiman, D. J., 2007, “Intimate Partner Abuse Among Gay and Bisexual Men : Risk Correlates and Health Outcomes”, Journal of Urban Health 84 : 681-690).
  10. En 2014, la synthèse de 19 études venant de l’Afrique sub-saharienne a établi que la violence intime entre partenaires de même sexe (IPV) était de 48 % (Buller, A. et al., 2014. “Associations between Intimate Partner Violence and Health among Men Who Have Sex with Men : a Systematic Review and Meta-Analysis”, PLOS Medicine, 11(3) e1001609. Doi:10.1371/journal.pmed.1001609).
  11. Une recherche effectuée à Amsterdam établit que 86 % des nouveaux cas de sida concernait les couples homosexuels instables. (Xiridou, M. et al., “The contribution of steady and casual partnerships to the incidence of HIV infection among homosexual men in Amsterdam,” AIDS 17 : 1 029-38).

Sans commentaires…

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BIBLE

« Le ciel et la terre passeront ; mes paroles ne passeront pas » (Mt 24, 35).

Saint Sidoine, apôtre de la Lumière divine

Dr Laurent Rebeillard

Présentation : La guérison de l’aveugle-né (Jn 9, 1-38) est un des miracles les plus éclatants de la vie publique du Sauveur : il s’agit en effet de bien plus qu’une « guérison », puisque les yeux de cet aveugle n’avaient jamais vu. De là le casus belli avec les pharisiens. On sait moins que l’aveugle devenu voyant fut l’un des 72 disciples de Jésus et accompagna Lazare et ses sœurs dans leur périple involontaire vers la Provence. Il y est connu sous le nom de saint Sidoine (Celidonius) et succéda à saint Maxime comme évêque d’Aix. Or le crâne de saint Sidoine, déjà caché à la Révolution, puis de nouveau en 1905, avait disparu. En 2014, en rangeant minutieusement la sacristie de sa basilique de la Sainte-Beaume, le P. Florian Racine redécouvrit la précieuse relique dans une boîte en zinc. Ce sera ici l’occasion de méditer (avec Mgr Gaume) sur le sens de cette guérison miraculeuse puis (avec Ludolphe le Chartreux) sur le message de haute spiritualité qu’il nous livre.

Célidonius ou l’aveugle-né

« Si la vérité en face de la terreur, le courage en face du danger, la simplicité en face de la ruse, la tranquillité en face des emportements de la haine, forment le même contraste que dans un tableau les ombres et la lumière ; si ce contraste est un des meilleurs éléments de la poésie, on peut défier tous les auteurs païens d’offrir un récit comparable à celui qu’on va lire », écrit Mgr Jean-Joseph Gaume[96].

« Comme Jésus passait, écrit saint Jean au chapitre IX, versets 1 à 38, il vit un homme aveugle de naissance. Et ses disciples l’interrogèrent : “Maître, qui a péché, celui-ci, son père ou sa mère, pour qu’il soit né aveugle ?”

Jésus répondit : “Ni celui-ci, ni son père, ni sa mère, n’ont péché, mais c’est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui : il faut que je fasse les œuvres de Celui qui m’a envoyé, tandis qu’il est jour ; la nuit vient où personne ne peut agir. Tandis que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde”… Après qu’il eut ainsi parlé, il cracha en terre, fit de la boue avec sa salive, et frotta de cette boue les yeux de l’aveugle. Et il lui dit : “Allez-vous-en, et lavez-vous dans la piscine de Siloë” (mot qui signifie Envoyé). Il y alla donc, et se lava, et revint ayant recouvré la vue.

Or, les voisins, et ceux qui l’avaient vu auparavant demander l’aumône, disaient : “N’est-ce pas celui-ci qui était assis et qui mendiait ?” Les uns disaient : “C’est lui”. Les autres disaient : “Non, c’en est un qui lui ressemble”. Mais lui disait : “C’est bien moi”. Ils lui demandèrent donc : “Comment vos yeux ont-ils été ouverts ?” Il répondit : “Cet homme qu’on appelle Jésus a pris de la boue et a frotté mes yeux, en me disant : Allez à la piscine de Siloë, et lavez-vous. J’y suis allé, je me suis lavé et je vois”. Et ils lui dirent : “ Où est-il ?” II dit : “Je ne sais pas”.

Alors ils amenèrent aux pharisiens celui qui avait été aveugle. Or, c’était le jour du sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. Les pharisiens donc lui demandèrent aussi comment il avait recouvré la vue, et il leur dit : “Il a mis de la boue sur mes yeux, et je me suis lavé et je vois”. Quelques-uns des pharisiens disaient : “Donc cet homme n’est point de Dieu, car il ne garde point le sabbat”. Les autres disaient : “Comment un pécheur peut- il faire de tels prodiges ?” Et il y avait division entre eux. Ils dirent de nouveau à l’aveugle : “Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ?” Il répondit : “C’est un prophète”.

Mais les Juifs ne crurent point de lui qu’il eût été aveugle, et qu’il eût recouvré la vue, jusqu’à ce qu’ils eussent fait venir son père et sa mère. Et ils les interrogèrent disant : “Est-ce là votre fils que vous dites être né aveugle ? Comment donc voit-il maintenant ?” Le père et la mère leur répondirent : “Nous savons que c’est là notre fils et qu’il est né aveugle.

Mais comment voit-il maintenant, ou qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Il a de l’âge, interrogez-le ; qu’il réponde pour lui-même”. Son père et sa mère parlaient ainsi, parce qu’ils craignaient les Juifs ; car les Juifs étaient déjà convenus que si quelqu’un confessait que Jésus était le Christ, il serait chassé de la synagogue ; c’est pourquoi son père et sa mère disaient : “il a de l’âge, interrogez-le”.

Ils appelèrent donc pour la seconde fois l’homme qui avait été aveugle, et lui dirent : “Rends gloire à Dieu ; nous savons que cet homme est un pécheur !” Il répondit : “S’il est pécheur, je n’en sais rien ; je sais seulement que j’étais aveugle et que maintenant je vois”. Ils lui dirent de nouveau : “Que t’a-t-il fait ? Comment a-t-il ouvert tes yeux ?” Il leur répondit : “Je vous l’ai déjà dit, et vous l’avez entendu ; pourquoi voulez-vous encore l’entendre ? Voulez-vous aussi devenir ses disciples ?” Ils le maudirent donc, et lui dirent : “Sois son disciple, toi ; pour nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-ci nous ne savons d’où il est.”

L’aveugle répondit : “Certes, c’est une chose étrange que vous ne sachiez d’où il est, et il a ouvert mes yeux ! Or, nous savons que Dieu n’exauce pas les pécheurs ; mais si quelqu’un sert Dieu et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais on n’a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si celui-ci n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien”. Ils répondirent : “Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes !” et ils le chassèrent.

Jésus ayant appris qu’ils l’avaient chassé, et l’ayant rencontré, lui dit : “Croyez-vous au Fils de Dieu ?” Et il répondit : “Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ?” Jésus lui dit : “Vous l’avez vu, et c’est celui qui vous parle”. Alors il reprit : “Je crois, Seigneur”; et se prosternant il l’adora. »

Tous les miracles de Notre-Seigneur sont des miracles d’amour et de miséricorde. Sans exception, tous ont pour but de prouver sa divinité, dont la croyance peut seule sauver le genre humain. Afin de la faire briller dans tout son éclat, il donne la vue à un aveugle-né : chose que ne firent jamais, depuis le commencement du monde, ni les Patriarches ni les prophètes.

Il choisit le jour du sabbat pour opérer le miracle, afin de montrer qu’il était au-dessus de la Loi. Il l’opère en mettant de la boue sur les yeux de l’aveugle : ce qui était plus propre à le rendre encore plus aveugle, si cela eût été possible.

Jésus guérissant l’aveugle-né

Si la puissance de Notre-Seigneur est digne de toute notre admiration, la docilité de l’aveugle n’est guère moins admirable. Il ne dit pas, il ne pense pas même à dire : au lieu d’ouvrir mes yeux, la boue va plutôt me les fermer ; je me suis souvent lavé à la piscine de Siloë, et je n’ai pas été guéri. Pourquoi donc m’y envoie-t-il ? S’il avait le pouvoir de me donner la vue, pourquoi ne le fait-il pas maintenant que je suis en sa présence ?

Rien de tout cela : il obéit sans mot dire, et s’en va montrant à tout le peuple la boue qu’il avait sur les yeux. Étrange spectacle, qui devait rendre le miracle plus éclatant.

Qu’était-ce que la piscine ou fontaine de Siloë ? Saint Jérôme nous l’apprend. « Siloë, dit-il, est une source située au pied du mont Sion, qui ne coule pas toujours, mais seulement certains jours et à certaines heures, et qui sort avec un grand bruit à travers des cavités souterraines et des grottes formées par les rochers les plus durs. Nous le savons pertinemment, nous qui habitons ce pays. »

L’origine de cette source est due à la prière du prophète Isaïe qui, avant de mourir, la demanda au Seigneur pour les besoins des habitants de Jérusalem. Afin de recevoir les eaux de cette précieuse source, le roi Ézéchias fit creuser un vaste réservoir et plusieurs piscines, où se lavaient généralement ceux qui avaient contracté quelque souillure légale. La piscine est en grande partie comblée aujourd’hui. On y voit quelques arbres et quelques plantes. Elle a cinquante-trois pieds de long sur dix-huit de large et dix-neuf de profondeur. On trouve, auprès, des débris de murs et de colonnes, restes de son ancienne splendeur. Il y avait même une église, dédiée au Sauveur illuminateur, sans doute en mémoire de la guérison de l’aveugle-né.

L’Évangile a soin de nous apprendre que l’aveugle-né était un mendiant. Pourquoi ce détail ? Il est facile de le comprendre. Le divin Rédempteur est le Dieu des pauvres. Pauvre lui-même, pour eux il a toujours montré de la préférence. Par cette conduite, où sa bonté et sa sagesse brillent du même éclat, il voulait réhabiliter la pauvreté et rendre respectables les pauvres et les petits, objets de mépris dans le monde païen. C’est toute une révolution morale qu’il opérait.

Il fallait être pharisien, c’est-à-dire hypocrite et orgueilleux, pour lui faire un crime du miracle qu’il venait d’accomplir : cracher à terre, et faire un peu de boue avec un peu de terre détrempée dans la salive, n’était pas une violation du repos commandé par le sabbat. Il était ridicule de le prétendre ; mais ces mêmes pharisiens qui s’arrêtèrent à ces minuties ne reculaient ni devant les plus noires calomnies, ni devant les persécutions et les complots sanguinaires, pour perdre celui dont la puissante parole démasquait leur hypocrisie. N’y a-t-il plus aujourd’hui de pharisiens ?

La haine des pharisiens ne tarda pas à se manifester. Mis à bout par les réponses de l’aveugle, ils ne trouvèrent d’autre moyen de se venger qu’en le maudissant et en l’excommuniant. Notre-Seigneur l’ayant appris récompensa avec sa magnificence ordinaire celui qui l’avait si courageusement confessé. Il lui fit le don inestimable de la foi.

“Croyez-vous, lui dit-il, que je suis le Fils de Dieu ?” À ces mots l’aveugle, guéri de la double cécité du corps et de l’âme, se prosterne et prononce ce Credo qui, accompagné de contrition et d’amour, le sanctifie en un instant.

La semence divine était tombée en bonne terre. L’heureux aveugle devint un saint et un apôtre. Voici ce que l’histoire nous apprend de sa vie et de son apostolat. Dans son Catalogue des saints, le savant évêque d’Equilium, Pierre de Natalibus, s’exprime ainsi :

« Cédonius, ou Célidonius, fut cet aveugle de naissance, que Notre-Seigneur guérit, en mettant sur ses yeux de la boue faite avec sa salive. Plusieurs croient qu’il fut un des soixante-douze disciples du Sauveur. Quoi qu’il en soit, il est certain, d’après les anciens monuments et les Actes des Apôtres, qu’il fut disciple du divin Maître.

« Baptisé par les Apôtres, après l’ascension du Seigneur, il s’attacha particulièrement à saint Maximin. Jeté avec lui, ainsi qu’avec Lazare et ses sœurs, sur une barque sans pilote, sans gouvernail et sans voile, il fut expulsé de la Judée. Dieu lui-même gouverna la fragile nacelle et la fit aborder aux côtes de Provence. Le pays converti, le bienheureux Lazare devint évêque de Marseille, et le bienheureux Maximin, d’Aix. Célidonius partagea le ministère du bienheureux Maximin, et fut son coadjuteur dans la prédication de l’évangile. Enfin, après une longue carrière il mourut paisiblement à Aix et fut enterré auprès de son maître. »

Redécouverte du crâne de saint Sidoine, en 2014

« Selon les archives connues, saint Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus dans l’Évangile de saint Jean au chapitre IX, faisait partie du bateau qui est arrivé au premier siècle de notre ère aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec Marie-Madeleine, Marthe, Maximin et les autres amis de Jésus, écrit de même le père Florian Racine, curé de la paroisse de Saint-Maximin.

Le diocèse d’Aix a vénéré saint Maximin comme son premier évêque et saint Sidoine comme son deuxième évêque. Ce dernier a été inhumé dans la crypte de la basilique de Saint-Maximin vers l’an 80. Le sarcophage à droite en entrant est connu comme celui de saint Sidoine. Après la paix de Constantin, les restes de saint Sidoine ont été exhumés, puis placés dans ce beau sarcophage qui avait été réalisé à Rome et qui présente un bas-relief de la scène où Jésus guérit l’aveugle de naissance.

Ensuite, selon la tradition, comme l’indique le document de 710, devant l’arrivée des Sarrasins en Provence pillant et profanant les églises chrétiennes, les restes de Marie-Madeleine et de saint Sidoine ont été intervertis pour mieux protéger ceux de Marie-Madeleine en les plaçant dans le sarcophage plus sobre de Sidoine. Lorsque Charles II d’Anjou découvre en 1279 les sarcophages, il trouve toutes ces reliques. Celles de Marie-Madeleine seront mises à l’honneur dans la future basilique qu’il fera construire, tandis que le chef de saint Sidoine sera placé dans un grand reliquaire en argent déposé dans le placard des reliques de la basilique. Le 23 août, fête de saint Sidoine, le reliquaire était exposé sur un autel pour être vénéré solennellement.

Pendant les ravages de la Révolution, tous les reliquaires disparurent. Mais le sacristain Bastide sauva les reliques de Marie-Madeleine, de Sidoine et d’autres encore. Des bustes en bois seront ensuite sculptés pour remettre en valeur les reliques de saint Sidoine, saint Laurent, saint Maximin, saint Dominique.

Devant les incertitudes politiques et religieuses qui menaçaient le trésor de la basilique en 1905, les prêtres mirent ces reliques dans une boîte en zinc. Les bustes dorés restèrent dans la sacristie, mais sans les reliques qu’ils contenaient.

Un fichier Histoire des reliques de saint Sidoine détaille tout cela à partir des documents historiques.

Dans le cadre d’un rangement minutieux de la sacristie de la basilique Sainte-Marie-Madeleine à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, je tombai sur une boîte en zinc entièrement scellée.

Après l’avoir ouverte, à ma stupéfaction, j’y découvris des reliques de plusieurs saints, qui y avaient été placées en 1905 par les prêtres de la basilique.

La boîte contient une relique importante de saint Laurent, diacre et martyr, une relique de saint Dominique dans un médaillon, une relique de saint Maximin et surtout le chef de saint Sidoine, sans la mâchoire inférieure. Selon les archives connues, saint Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus dans l’Évangile de saint Jean au chapitre IX, faisait partie du bateau qui est arrivé au premier siècle de notre ère aux Saintes-Maries-de-la-Mer avec Marie-Madeleine, Marthe, Maximin et les autres amis de Jésus. »

Nous pouvons voir, ci-dessous, toutes ces précieuses reliques et le reliquaire de saint Sidoine, exposé désormais dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin.

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Redécouverte de quatre reliques cachées depuis 1905

Relique de saint Laurent

Relique de saint Maximin

Relique de saint Dominique

Le crâne de saint Sidoine

Reliquaire de saint Sidoine

dans la basilique Sainte-Marie-Madeleine

Saint Sidoine, apôtre de la Lumière divine

Cette remise à l’honneur providentielle de saint Sidoine nous donne l’occasion de méditer à nouveau sur le récit évangélique de sa guérison miraculeuse, qui a fait de lui un apôtre de la Lumière divine. Nous allons voir combien ce thème est d’actualité.

Le récit de saint Jean (9, 1-40) commenté par Ludolphe le Chartreux :

« Jésus vit en passant un homme aveugle de naissance et ses disciples lui demandèrent :

“Maître, qui a péché, lui ou ses parents pour qu’il soit né aveugle ?”

Jésus leur répondit : “ Ce n’est point son péché ou celui de ses parents qui est cause de sa cécité, mais à ce sujet la gloire de Dieu sera manifestée en lui. Tant qu’il fait jour, il faut que je fasse les œuvres de celui qui m’a envoyé ; la nuit viendra dans laquelle nul ne pourra travailler. Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. ”

Ayant dit cela, il cracha à terre, fit de la boue avec sa salive et en oignit les yeux de l’aveugle ; puis il lui dit : “Va te laver à la piscine de Siloë, ce qui signifie envoyé”. L’aveugle y alla, se lava et revint ayant recouvré la vue. »

Chassé du temple par l’obstination et la méchanceté des Juifs, le Seigneur passe aux nations païennes, représentées par cet aveugle qui, assis au seuil de la maison de Dieu, n’y entrait pas. Aveugle de naissance, il figure les peuples idolâtres privés des lumières de la révélation ; car la cause de l’ignorance, c’est le péché originel, héritage laissé par le premier homme à sa triste postérité que le Christ seul peut éclairer sur le Calvaire. Jésus voit en passant le malheureux qui ne le voit ni ne l’implore. Le regard de Jésus, c’est la grâce prévenante par laquelle il visite ceux qui, assis dans l’ombre de la mort, ne savent pas même tourner vers le soleil levant leurs prunelles sans rayons ; car, puisque la foi est l’illumination véritable, nul ne peut voir avant que le Christ, l’objet de la foi, lui soit présenté. Mais il est écrit de lui qu’il voit tous les fils des hommes, videns omnes filios hominum, c’est-à-dire qu’il les prévient tous, s’offrant à eux avant qu’ils songent à aller à lui. Et comment les voit-il ? Il les voit en passant : Præteriens vidit ; en passant du ciel à la terre, en suivant la voie de notre mortalité, en passant des Juifs qui le rejettent aux gentils qui le reçoivent : Præteriens vidit.

Il faut que je fasse, dit Jésus, les œuvres de celui qui m’a envoyé. Ces œuvres, c’est la guérison et l’illumination du genre humain. Il faut que je les fasse, tandis qu’il est jour. Quel est ce jour, si ce n’est la vie du Seigneur, puisqu’il ajoute : Tant que je suis dans ce monde, je suis la lumière du monde. Mais la nuit régnera-t-elle donc, dès que le Sauveur sera remonté dans le ciel par sa glorieuse ascension ?

Non, sans doute, car il nous a dit de consolantes paroles : Je suis avec vous jusqu’à la fin des siècles. Le jour matériel que le soleil nous mesure n’a qu’un petit nombre d’heures ; le jour spirituel qu’éclaire le Christ s’étend jusqu’à la consommation des siècles. Jusqu’alors Jésus sera avec nous par l’assistance de sa grâce ; mais après le jour viendra la nuit, durant laquelle nul ne pourra travailler à l’œuvre que Dieu demande de nous, qui est la foi, suivant ce que dit Jésus : l’œuvre de Dieu est que vous croyiez, hoc est opus Dei ut credatis. Quand les temps seront achevés, la foi ne sera plus, elle sera absorbée dans la vision. Il n’y aura plus de travail pour l’élu, plus de pénitence pour le réprouvé, plus de foi ni pour l’un ni pour l’autre ; l’évidence remplacera la foi. Faisons donc les œuvres de Dieu tandis que brille la lumière du monde, le Christ, sous le voile de la chair, le Christ, sous le voile des sacrements. Croyons, tandis que la foi est méritoire. La nuit viendra bientôt, en laquelle on ne travaillera plus, mais où chacun recevra selon ses œuvres.

Jésus cracha à terre, fit de la boue et en frotta les yeux de l’aveugle. Ô action pleine d’enseignements ! Celui qui a formé le corps de l’homme d’un peu de boue, répare l’homme avec un peu de boue ; c’est le même Dieu qui agit comme créateur et comme rédempteur. Ici cependant un mystère plus profond encore est caché. Cette salive que Jésus mêle à la terre, c’est l’emblème du Verbe, de la sagesse qui est sortie de la bouche du Très-Haut. La terre, c’est l’humanité, c’est l’homme fait de terre. La salive, c’est la rosée céleste qu’appelaient les prophètes ; la terre, c’est la chair très pure de Marie. Les yeux de notre âme ont été illuminés par cette salive et cette terre par le Christ, Dieu et homme à la fois, dont l’Incarnation est, suivant l’expression de saint Augustin, le baume sacré qui rend le jour à nos paupières.

Va, dit Jésus, et lave-toi dans la piscine de Siloë. Avec la simple obéissance qu’inspire la foi, l’aveugle alla, se lava et vit. La piscine de Siloë est située au pied de la montagne de Sion ; ses eaux ne coulent pas sans interruption, mais à de certains intervalles que la prescience de Dieu connaît seule. Douces au goût, douces dans leur épanchement, Isaïe les nommes des eaux silencieuses : Iste aquas Siloe, quæ vadunt cum silentio (Is 8, 6).

Juste figure des eaux de la grâce que l’homme peut recueillir dans la piscine de son cœur, mais qu’il n’appartient qu’à Dieu de faire couler aux moments qu’il a choisis. Siloë signifie le Messie ou l’envoyé, parce que les eaux de la grâce sont transmises par Jésus.

« Or, les voisins de l’aveugle et ceux qui l’avaient vu mendier disaient : “N’est-ce pas celui qui se tenait assis et qui demandait l’aumône ?” Les uns disaient : “ C’est lui ” ; les autres disaient : ” Ce n’est pas lui, c’est quelqu’un qui lui ressemble “. Pour lui, il disait : ” C’est moi-même “. »

C’était le même, en effet, et cependant autant différent de ce qu’il avait été, que la lumière diffère des ténèbres et l’innocence du péché.

Et lui, devenu tout à coup le courageux prédicateur de la vérité, attestant hautement le prodige dont il a été l’heureux objet, leur répondit :

« Celui qu’on appelle Jésus a fait de la boue, m’en a frotté les yeux et m’a dit : “ Va-t’en au bain de Siloë et lave-toi ”. J’y suis allé, je me suis lavé et je vois. “ Où est cet homme ? ” lui demandèrent-ils. Il répondit : Je ne sais pas. »

Ludolphe le Chartreux cite ensuite le récit de son interrogatoire par les pharisiens, auxquels il répond avec courage et fermeté, puis de sa rencontre avec Jésus :

« Jésus, l’ayant rencontré, lui dit : “ Crois-tu au Fils de l’Homme ?” L’aveugle répondit : “Quel est-il, Seigneur ? Afin que je croie en lui.” »

Parole d’une âme de désir qui ne demande l’intelligence que pour obtenir la foi. Admirable préparation du cœur qu’exauce Jésus !

« Tu l’as vu, dit Jésus, c’est celui-là même qui parle avec toi. Je crois ! dit alors l’aveugle et, se jetant à ses pieds, il l’adora. »

Tous ceux qui, comme l’aveugle, disent avec bonne volonté : Quel est-il afin que je croie ? reçoivent aussi comme lui cette réponse consolante : C’est celui-là même qui parle avec toi. Qu’ils tombent donc à genoux devant la vérité qui se révèle et qu’ils adorent celui qu’ils ont cherché.

«  Jésus dit : Je suis venu en ce monde pour exercer un jugement afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. Quelques-uns des pharisiens qui étaient venus avec lui l’entendirent et lui dirent : Sommes-nous aussi aveugles ? Si vous étiez aveugles, dit Jésus, vous seriez sans péché ; mais à présent que vous dites : nous voyons, votre péché demeure » (Jn 9, 39-41).

Tout est donc symbolique dans cette rencontre entre le Christ, rejeté par le peuple élu qui refuse de le reconnaître pour son Dieu parce qu’il opère des guérisons les jours de sabbat, et cet aveugle de naissance qui figure tous les païens – d’hier et d’aujourd’hui – qui n’ont pas encore reçu la révélation divine. Jésus, le Verbe de Dieu, « vrai Dieu né du vrai Dieu, lumière née de la lumière », comme le proclame le Credo, se présente à l’aveugle comme « la lumière du monde », une lumière divine, et « le jour spirituel qu’éclaire le Christ s’étend jusqu’à la consommation des siècles », écrit Ludolphe le Chartreux, qui souligne aussi que « Celui qui a formé le corps de l’homme d’un peu de boue, répare l’homme avec un peu de boue », agissant tout à la fois comme Créateur et comme Rédempteur.

 

La Lumière éternelle :

Cet épisode de la guérison de l’aveugle de naissance, qui distingue bien la lumière spirituelle, éternelle, de la lumière matérielle, et dans lequel Jésus confirme qu’il a bien créé l’homme à partir de la terre, fertilisée par sa semence divine, nous ramène donc à la Genèse, aux récits de la Création divine de la terre et des hommes.

« Au commencement était le Verbe, écrit saint Jean dans le prologue de son Évangile, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement avec Dieu. Tout fut par lui et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point saisie » (1, 1-5).

Avant d’être « la lumière du monde », depuis son Incarnation, Jésus, le Verbe de Dieu, est d’abord la Lumière éternelle, le principe de toute vie.

La première « mise au monde » – source de toutes les vies qui suivront – est l’engendrement du Fils par le Père, de toute éternité et pour l’éternité. Dans cet acte originel d’engendrement, dans cet éternel reflet du Père dans le Fils, son Image parfaite, se trouve le principe de toute création, de toute vie, de toute paternité, de toute reproduction. Jésus est le Verbe du Père, sa Parole créatrice, la Lumière vivifiante sortie de sa bouche.

Ludolphe le Chartreux reproduit ces réflexions de saint Augustin sur le Verbe divin qui était « au commencement », image vivante du Père éternel :

« C’est un grand mystère que la coéternité d’existence et d’égalité de substance du Verbe avec son Père. C’est un mystère cependant dont quelques similitudes prises parmi les créatures peuvent nous aider à nous rendre compte. La sagesse elle-même ouvre la voie, lorsqu’elle nomme le Fils : splendeur de la lumière éternelle, candor lucis æternæ (Sg 7, 26).

Considérons le feu qui est à notre usage : il n’est jamais sans clarté et au moment même où il s’allume, naît et brille sa lumière. Autre est le feu, autre est la clarté : le feu est la cause de la clarté, mais il n’est point sans elle, ni elle après lui. Ainsi le Père n’est pas sans le Fils, ni le Fils après le Père, et nous avons trouvé parmi les choses créées une juste figure de la simultanéité d’existence que la foi nous enseigne à confesser en Dieu.

La génération humaine peut à son tour nous faire entendre l’égalité de substance. L’homme en effet a reçu de son Créateur le privilège d’engendrer un être en tout son semblable ; et si la fécondité humaine diffère de la fécondité divine, en ce que l’une se produit de manière successive, tandis que l’autre a ses effets dans l’éternité, elles ont cependant cela de commun que, par l’une et par l’autre, le fils est d’une même nature avec son père. N’hésitons donc pas à adorer en Dieu ce que nous voyons exister dans l’homme et sachons par la connaissance des créatures nous élever sinon à une compréhension parfaite, du moins à un faible aperçu des mystères divins. »

Autre image de ce grand mystère à l’échelle cellulaire : la duplication de séquences d’ADN, porteur de l’information nécessaire à la vie, permettant aux cellules de se multiplier en restant identiques.

Il y a là, à l’échelle la plus élémentaire, le principe d’un essor vital illimité mais en même temps organisé et stable, reflétant une volonté divine.

« Dieu dit : que la lumière soit (“fiat lux”) et la lumière fut. » Dans ce récit de la Genèse, au Jour Un de la Création, cette phrase inaugurale désigne l’engendrement éternel du Verbe – la lumière divine – par le Père. Jésus, qui est à notre échelle, « la lumière du monde », est d’abord la Lumière incréée qui éclaire pour l’éternité l’univers tout entier, comprenant toutes les créatures, « visibles et invisibles ». Dans l’œuvre des « six jours » de la Création, le jour un est donc un Jour éternel, un éternel présent, celui de l’engendrement du Verbe, de la Lumière divine du Fils qui manifeste et révèle le Père de toute vie, et qui fait apparaître, par contrecoup, les ténèbres de la nuit éternelle, de l’éternelle privation de Dieu – de même que le mal n’est que la privation du Bien. Remarquons au passage que les trois premiers jours de la Création se déroulent hors du temps matériel et terrestre, le soleil et la lune n’ayant pas encore été créés pour marquer le déroulement du temps, et que l’Univers se développe d’abord dans la dimension transcendante d’un éternel présent.

« Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne, et il sépara la lumière des ténèbres. Et il appela la lumière Jour, et les ténèbres Nuit : et d’un soir et d’un matin se fit un jour unique » (Gn 1, 3-5). Un Jour unique, éternel, tel est le Jour du Seigneur par lequel se manifeste au monde le Père éternel. Saint Jean conclut ainsi le prologue de son Évangile :

« Personne n’a vu Dieu. Le Fils qui est dans le sein du Père nous a révélé ces choses. »

« Par ce dernier verset, commente Ludolphe le Chartreux, saint Jean rappelle l’inaccessible lumière du Père, l’éternelle génération du Fils et son incarnation. Personne n’a vu Dieu, ni les hommes, ni les saints, ni les anges, Jésus-Christ seul le manifeste ou le révèle à l’Église de la terre et à l’Église du Ciel : car dans le Ciel même il est la Lumière à laquelle nous verrons la Lumière du Père : In lumine tuo videbimus lumen (Ps 35, 10), et ce n’est que par lui que les anges, avec nous, connaissent et adorent le Père puisqu’il est à la fois le flambeau et le temple de la céleste Jérusalem : Quia lucerna ejus ipse est agnus et templum illius est agnus (Ap 21, 23).

Par le fait même qu’il engendre le Fils, Dieu le Père se révèle comme Dieu créateur, cet engendrement éternel étant la source de la création du monde et des hommes, créés à l’image du Dieu-Homme, le Christ. Dès l’origine, dans la « duplication-réplication » Père-Fils se trouvent contenues toutes les vies à venir. Saint Jean écrit bien que « toutes choses ont été faites par le Verbe ; rien n’a été fait sans lui : ce qui a été fait était vie en lui. »

« De même que dans l’esprit de l’artiste vit le plan de son œuvre avant qu’elle ne soit exécutée, écrit saint Augustin, de même dans le Verbe vivait toute la création avant que d’être manifestée au-dehors ; et elle continue d’y vivre comme le type de l’œuvre reste dans l’intelligence de l’ouvrier après que l’œuvre est achevée. Ce que nous voyons au-dehors, le soleil, les astres, toute la nature, sont des corps inertes et sans vie. Leurs types vivent dans le Verbe. Au-dehors, ils sont sujets à la corruption. Dans le Verbe, ils sont éternels et incorruptibles. »

Alors commence la création : du ciel – le firmament – au deuxième jour, et de la terre, avec les mers et les végétaux « ayant chacun de la semence selon son espèce », au troisième jour. « Que ces jours ne soient pas de vingt-quatre heures, on le déduit du fait que le soleil fut créé au quatrième jour », lit-on en note de la Sainte Bible selon la Vulgate. Le ciel et la terre ont bien été créés, ils ont un commencement, mais hors du temps humain ; et sur la terre apparaît déjà une vie minérale et végétale, terrestre et aquatique, éclairée par la seule lumière du Verbe. C’est sans doute durant cette mise en place du firmament et de la terre que furent créés les anges, et que furent chassés du ciel les mauvais anges, en révolte contre Dieu, à la suite de Lucifer.

La lumière du monde :

Au quatrième jour seulement la création rentre dans le temps, sur l’ordre de Dieu :

« Qu’il soit fait des luminaires dans le firmament du ciel, et qu’ils séparent le jour et la nuit, et qu’ils servent de signes pour marquer et les temps et les jours et les années ; qu’ils luisent dans le firmament du ciel et qu’ils éclairent la terre », et c’est ainsi que le soleil présida au jour, et la lune à la nuit.

La séparation foncière jour-nuit qui préside dès lors à la vie humaine procède de la séparation foncière lumière-ténèbres du Jour un, et des différenciations matérielles (ciel-terre) et morales (bien-mal) des deux jours suivants.

Avant même l’apparition de l’homme sur la terre, la création est partagée entre les forces célestes du bien et de la vérité, régies par la Lumière divine, et les forces ténébreuses du mal, qui s’opposent à elles, dirigées par les fausses lumières de Lucifer. Mais le monde terrestre est encore dans son innocence première, tandis que sont créés les poissons de la mer et les volatiles du ciel au cinquième jour, puis les espèces animales, au sixième jour.

Alors seulement l’homme est créé, à l’image et à la ressemblance de Dieu :

« C’est à l’image de Dieu qu’il le créa ; il les créa mâle et femelle. Dieu les bénit et leur dit : “Croissez et multipliez-vous ; remplissez la terre, et assujettissez-la, et dominez sur les poissons de la mer, sur les volatiles du ciel et sur tous les animaux qui se meuvent sur la terre”. Dieu dit encore : “Voici que je vous donne toute herbe portant de la semence sur la terre, et toutes les plantes ayant en elles-mêmes la semence de leur espèce, pour être votre nourriture ; et à tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre et en qui est une âme vivante, pour qu’ils aient à manger”. Et il fut fait ainsi. Et Dieu vit toutes les choses qu’il avait faites, et elles étaient très bonnes. Et d’un soir et d’un matin se fit le sixième jour » (Gn 1, 27-31).

La Lumière éternelle dans la vie des chrétiens :

Le Credo nous enseigne que Jésus-Christ est « vrai Dieu né du vrai Dieu », « Lumière née de la Lumière », et par Lui « tout a été fait » : il est d’abord le Créateur du monde, dont nous venons de voir l’œuvre des six jours. Il est ensuite notre Rédempteur : voyant le genre humain plongé dans les ténèbres, livré aux forces du mal, depuis la chute originelle d’Adam et Ève, il s’est immergé dans le monde créé, par son Incarnation, afin d’affronter dans son humanité ces forces du mal, pour les vaincre finalement par son Sacrifice sur la Croix, qui a marqué le début d’une nouvelle recréation du monde.

Désormais, pour les chrétiens, le monde reste éclairé par cette lumière divine qu’invoque l’auteur anonyme de  l’Imitation de Jésus-Christ[97]  :

« Les sages de ce monde, qui n’ont de goût que pour les voluptés de la chair, s’évanouissent dans leur sagesse, car on ne trouve là qu’un vide immense, que la mort.

Mais ceux qui, pour vous suivre, méprisent le monde et mortifient la chair, se montrent vraiment sages, car ils quittent le mensonge pour la vérité, et la chair pour l’esprit. Ceux-là savent goûter Dieu ; et tout ce qu’ils trouvent de bon dans les créatures, ils le rapportent à la louange du Créateur. Rien pourtant ne se ressemble moins que le goût du Créateur et celui de la créature, du temps et de l’éternité, de la lumière incréée et de celle qui n’en est qu’un faible reflet.

Ô lumière éternelle ! Infiniment élevée au-dessus de toute lumière créée, qu’un de vos rayons, tel que la foudre, parte d’en haut et pénètre jusqu’au fond le plus intime de mon cœur. Purifiez, dilatez, éclairez, vivifiez mon âme et toutes ses puissances, pour qu’elle s’unisse à vous dans des transports de joie. Oh ! Quand viendra cette heure heureuse, cette heure désirable où vous me rassasierez de votre présence, où vous me serez tout en toutes choses ? Jusque-là je n’aurai pas de joie parfaite. »

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REGARD SUR LA CRÉATION

« Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu,

sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu

quand on Le considère dans ses ouvrages » (Rm 1, 20).

« Les aveugles voient » (Mt 11, 5)

Marie-Christine Ceruti-Cendrier

Résumé : Nous ne savons pas ce que furent les yeux de saint Sidoine après sa guérison : nous pouvons simplement penser qu’ils ressemblaient à tous les autres yeux. Mais il existe aujourd’hui un cas aussi admirable, celui d’une Italienne, Gemma Di Giorgi. Aveugle-née, ses yeux vitreux n’avaient pas de pupilles : il était donc matériellement impossible qu’elle vît. Mais la famille se jeta dans la prière et une tante religieuse la recommanda au Padre Pio. La petite a déjà 7 ans, à la sortie de la guerre, quand elle fait le voyage jusqu’à Pietrelcina où le miracle se produit. Désormais elle voit, mais toujours sans pupilles ! Tel est bien un « signe » pour nos fiers savants incroyants, signe confirmé par plusieurs ophtalmologistes : il n’existe pas d’autre explication que le miracle, et un miracle permanent. La fonction de la vue est rétablie, mais sans l’organe correspondant !

Cette parole de l’évangile est à prendre à la lettre. Aujourd’hui. Combien de sceptiques, ou de mécréants, ont mis en doute les miracles de Jésus, traitant leurs bénéficiaires d’hystériques suggestionnés, leurs récits d’inventions des chrétiens de la troisième génération pour mieux convertir le monde ou, comme Hermann Paulus dans le cas justement des aveugles, de guérisons dues à des collyres spéciaux ou à des poudres dont Jésus connaissait l’efficacité. De toute façon, les miracles dont on n’est pas témoin n’existent pas, ne peuvent pas exister et les petits sourires narquois ne manquent pas de fleurir sur les lèvres de nos contemporains trop intelligents pour croire à ces superstitions.

Oui ! Mais si le miracle était constatable aujourd’hui par n’importe qui, ou plutôt par ceux qui ont l’objectivité et le courage de se déplacer pour examiner les faits ? Ce qui est le cas pour l’escalier de Santa Fe aux États-Unis, la Vierge de Guadalupe au Mexique, le Linceul de Turin, le miracle de Lanciano en Italie, le cœur de sainte Thérèse d’Avila en Espagne, les hosties de Sienne, le corps de Sainte Bernadette à Nevers et, à dates précises, l’épine d’Andria en Italie (qui a encore saigné cette année 2016) ou le Miracle de saint Janvier à Naples ?

Un de ces miracles permanents a touché Gemma Di Giorgi quand elle avait sept ans. Elle est née à Ribera en Sicile, le jour de Noël 1939, et ses parents se sont vite aperçus que ses yeux ne brillaient pas comme ceux des autres enfants. C’est pourquoi ils l’ont amenée d’abord chez un médecin de sa ville natale, puis chez deux grands ophtalmologistes, le Docteur Cucco et le Docteur Contino, pour s’entendre dire et répéter que leur fille n’avait pas de pupilles, qu’elle était par conséquent aveugle et qu’il n’existait aucun espoir de guérison.

Atterrée par cette nouvelle, cette famille très chrétienne se jette dans la prière pour obtenir la grâce d’une guérison, que sa grand-mère avouera avoir imaginée comme la restitution des pupilles qui manquaient à l’enfant. C’est une tante religieuse qui, sept ans plus tard, écrira à Padre Pio de Pietrelcina, le saint stigmatisé que tout le monde connaît, et qui en obtiendra une réponse accompagnée de phénomènes exceptionnels, habituels dans la vie de cet homme de Dieu. Déjà pendant le voyage que Gemma entreprend avec sa grand-mère pour se rendre à Pietrelcina, la fillette (âgée de 7 ans en ce mois de juin 1947) commence à voir. Et c’est le miracle : arrivée à destination, Padre Pio la reconnaît – lui qui ne l’avait jamais vue – et l’appelle par son nom. Il trace une croix sur chacun de ses yeux. Et elle voit.

Mais le plus extraordinaire, le plus inexplicable n’apparaîtra qu’ensuite. Amenée de nouveau chez un oculiste, ce dernier la déclare toujours sans pupilles, et par conséquent aveugle, mais reconnaît pourtant qu’elle voit et qu’il s’agit d’un miracle.

Bien d’autres oculistes ont examiné Gemma par la suite, venus de toute l’Italie, et tous ont reconnu qu’elle était aveugle (ce que porte en toutes lettres son dossier médical) et que, pourtant, elle voyait. Ses yeux sont ceux d’une aveugle, « cireux et sans éclat » ont attesté des témoins. Et cependant elle lit, elle coud, elle reconnaît…

Cet été 1947, le miracle provoqua un intérêt énorme dans la presse italienne. Mais toute sa vie Madame Di Giorgi a voyagé en bien des endroits de la terre pour porter témoignage de ce que Dieu avait fait pour elle. « Le miracle est permanent. Je ne suis pas guérie. Mes yeux sont sans pupilles mais je vois », a-t-elle confié le 23 septembre 2013 à Marta Mariconi sur Intelligo. Et en effet ce sont bien les paroles du Christ qui s’accomplissent ici : elle n’est pas une aveugle guérie, elle est une aveugle qui voit.

Fig. 1. Photo contemporaine de Gemma Di Giorgi.

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Vous pouvez aller la rencontrer, elle est toujours vivante. Le miracle n’est pas une invention de chrétiens de la troisième génération.

Quant à savoir pourquoi ce miracle est encore plus prodigieux que toutes les guérisons d’aveugle, saint Padre Pio l’a dit à Gemma chaque fois qu’elle a voulu le remercier :

« Va dire ‘’merci’’ à la Vierge ! »

Fig. 2. Gemma Di Giorgi, enfant : l’œil vitreux sans pupille.

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Source : http://www.intelligonews.it/articoli/23-settembre-2013/12302/esclusivo-san-pio-parla-la-donna-che-vede-senza-pupille-per-la-scienza-sono-cieca

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RECENSION :

La Planète privilégiée

Notre planète bleue n’est-elle qu’un vulgaire astre parmi tant d’autres ? Y aurait-il d’autres lieux où il ferait bon vivre, et même mieux vivre, dans cet univers ? Ou bien notre maison commune serait-elle dotée de caractères remarquables, qui la distinguerait nettement d’autres planètes ?

C’est à cette interrogation que le documentaire La Planète[98] privilégiée répond. D’une durée de 55 minutes, traduit en français par l’équipe de « Défi Culturel », et initialement paru outre-Atlantique, ceci suite à un ouvrage publié en 2014 sous le même titre (The Privileged Planet) de Guillermo Gonzales[99] (astrophysicien, tenant de l’Intelligent Design), et de Jay Richards (philosophe « analytique » et tenant également de l’Intelligent Design). Madame Ceruti-Cendrier, que les lecteurs du Cep connaissent bien, fut à l’origine de cette réalisation. Un documentaire est souvent vulgarisateur, et la lecture du livre nous en apprendrait sans doute beaucoup plus, en attendant sa traduction, pour les moins anglophones. Car cette « mise en bouche » met effectivement en appétit ! La Planète privilégiée nous apprend, par exemple, qu’une vingtaine de facteurs seraient déterminants pour l’établissement et le maintien de la vie.

Ce sont notamment : être à la bonne distance du Soleil pour permettre la rotation relative de la Terre (trop près, elle s’arrête et devient brûlante, trop éloignée, elle serait de glace), être au bon endroit dans la galaxie, être protégée des comètes par des planètes géantes, profiter d’un astre lumineux dont le spectre est favorable à la vie, posséder un grand satellite, notre Lune (qui permet les marées, la stabilité et l’inclinaison de l’axe de rotation de la Terre), ou encore un globe doté de plaques tectoniques, qui possède assez de chaleur interne, ceci pour engendrer un champ magnétique afin de le protéger de certains rayons nocifs issus de son astre…

Peut-il s’agir de simples coïncidences ? Il semblerait statistiquement peu probable, même en tenant compte du grand nombre d’étoiles dans le cosmos, de retrouver ce cas de figure quelque part ailleurs dans l’univers. Ce qui est peut-être moins connu – et c’est une particularité saisissante – est que nous habiterions une « maison » terrestre particulièrement adaptée aux découvertes scientifiques : la planète la plus favorable à la vie serait aussi la plus favorable à l’observation scientifique ! Simple hasard ? Que notre satellite, lors d’une éclipse totale, recouvre presqu’exactement notre soleil, nous permettant ainsi d’observer comme jamais l’atmosphère solaire, serait déjà un fait étonnant… s’il était le seul ! Dieu, à n’en pas douter, a fait de l’homme un « animal scientifique » ! (Bastien Guillou).

[DVD en vente sur le site http://laplaneteprivilegiee.com/ ou auprès de Défi culturel, 6 Square du Vexin, 78 200 Mantes-la-Jolie : 16,15 € franco].

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COURRIER DES LECTEURS

Du P. Yannik Bonnet[100]

Quant à l’impossibilité de passer de molécules organiques à un « simple » acide aminé, c’est exactement les conclusions qui me paraissaient évidentes quand je « ramais » pour arriver à synthétiser en n étapes, nécessitant un énorme travail pour optimiser les paramètres du milieu réactionnel, des molécules infiniment moins complexes que celles indispensables à la vie ! La théorie de l’évolution, pour moi, c’est de l’ordre des contes de fée ! Et il n’y a qu’en France où on arrive à faire croire que le monde scientifique est unanime à y croire ! Au passage, pour ce qui concerne les causes du réchauffement climatique, qui semble lui bien réel, je suis plus que sceptique sur les affirmations du GIEC et sur la prétendue unanimité du monde scientifique à leur égard !

Tous mes compliments pour vos études sur la théorie de l’évolution, précieuses pour les sceptiques dans mon genre !

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De M. X. C. (Saône-et-Loire)

Merci pour ce travail formidable que vous faites en vue de l’instruction des générations futures (quand elles voudront bien s’instruire). Retraité depuis peu de l’Armée de l’Air, je suis en quête de vérités et vous êtes une des voix qui sortent du mensonge ambiant. (Mt 23 résume et désigne les responsables de ce complot contre Dieu).

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De M. A. C. (Bourgogne)

Du point de vue du vrai, l’homme manque du plus élémentaire bon sens (ce qui est malheureusement courant aujourd’hui, même et notamment chez des prétendues sommités scientifiques) quand il ne trouve rien d’illogique au dogme humaniste quasiment omniprésent de l’existence d’un être humain fruit du hasard ayant suivi l’explosion inexplicable d’une masse informe extraordinairement dense (cf. Rm 1, 20).

Du point de vue du bien, bon nombre de chrétiens d’aujourd’hui, en fustigeant les chrétiens d’hier qui auraient cru en un Dieu impitoyable, se contredisent et manquent du plus élémentaire sens moral quand ils ne trouvent rien d’immoral chez un Dieu qui aurait créé un monde où l’homme innocent serait sorti progressivement de l’animalité en subissant la souffrance liée à sa nature en ébauche (on peut penser notamment à celui qui a tant favorisé cette croyance, Teilhard de Chardin, pour qui la pensée émergea graduellement du sein de la matière, les corpuscules élémentaires ayant déjà une étincelle d’esprit).

Seul le dogme du péché originel (mais non travesti par des exégèses fantaisistes) met en accord foi, raison et morale ou, autrement dit, le vrai et le bien.

Le regretté Éric Brucker, dans le numéro 75 de la revue du CEP écrit fort justement : « Ainsi  la théorie évolutionniste a pour principale conséquence pratique (dans sa variante théiste) de reléguer le Créateur au rang d’un artiste tâtonnant laborieusement pour améliorer des espèces toujours imparfaites. On peut donc légitimement s’interroger sur Sa propre perfection en tant que Dieu et sur Sa responsabilité à l’égard du mal et de la souffrance, conçus comme des conséquences de cette imperfection. »  

Je crois utile que le CEP publie un article bien argumenté sur l’incompatibilité entre un Dieu bon et un homme sorti progressivement d’une intelligence rudimentaire et enténébrée.

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Les mokifaches, poème-décret n°5

POÈME –

Hyménophobie, ou Mariage pour personne …

Michel Vienne

Le gouvernement, en suite du vote positif :

quasi unanime ! des députés et sénateurs,

décrète l’abrogation du ci-devant mariage.

Les maires sont déchargés de cette formalité.

Les avancées en sciences sociétales conduisent

à bannir cette union coercitive d’un autre âge.

La liberté totale des sexes réalisée

enfin, comble l’attente de nos chers concitoyens.

La notion de couple n’a plus d’existence légale,

famille, concubinage, pacs, polygamie sont

des notions obsolètes, désormais vides de sens.

Enfin, le divorce n’a plus de raison d’exister !

L’éducation nationale a reçu des instructions

pour bannir tous les ouvrages faisant l’apologie

du ci-devant mariage ou de la fidélité

en général. Et ce, dès les classes préparatoires.

Une taxe est à l’étude, que devront supporter

Les couples durables – leur attitude constitue

comme une insulte à la diversité – taxe au profit

d’un fonds pour la promotion de cette diversité.

Dans un souci généreux de respect des traditions

et de sauvegarde des retombées économiques,

les coutumes festives des mariages privés

sont tolérées, à condition de bien rester discrètes.

République du Mokifach

Le Premier ministre

Le Garde des Sceaux

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  1. Théodule Ribot (1839-1916) a enseigné la psychologie expérimentale à la Sorbonne, puis au Collège de France.

  2. « Lors donc que des païens, qui n’ont pas de loi, accomplissent naturellement les prescriptions de la Loi, ces hommes-là, sans avoir de loi, se tiennent à eux-mêmes lieu de loi ; ne montrent-ils pas en effet, gravée dans leur cœur, la réalité de la Loi, tandis que leur conscience y ajoute son témoignage, ainsi que leurs pensées qui tour à tour les accusent ou les disculpent » (Rm 2, 14-15).

  3. J.-J. Rousseau avait déjà conscience de ce cas paradoxal et il concluait : « Quiconque refusera d’obéir à la volonté générale y sera contraint par tout le corps [social] : ce qui ne signifie autre chose sinon qu’on le forcera d’être libre » (Du contrat social, Lib. I, ch. 7).

  4. Allusion au livre d’Orwell : 1984. On sait que cet ouvrage fut achevé en 1948. Mais comment donc fut choisi le titre ? Simple calcul prospectif ? Notons toutefois que 48  4+8 = 8+4  84 : alors il ne s’agirait pas d’un roman futuriste, pas même d’une anticipation.

  5. Titre du livre du physicien François GERVAIS, (L’innocence du carbone, L’effet de serre remis en question, Paris, Albin Michel, 2013), une œuvre monumentale, incontournable et destinée à tous… Toute personne qui se prononce dans le dossier du climat, sans avoir préalablement lu ce livre, est obligatoirement dans l’erreur, et tous ceux qui refusent de le lire à cause des médisances et des calomnies habituelles déversées par la propagande gouvernementale et médiatique, sont complices de l’imposture. Soulignons d’entrée de jeu que le carbone est le 6e élément du tableau périodique de classification de Mendeleïev, qu’il comporte 6 protons, 6 neutrons et 6 électrons… De plus, le carbone a été considéré comme un absorbeur parfait (alors que Pierre-Marie Robitaille a prouvé le contraire en 1997) dans la discutable théorie du Corps noir (black body radiation) élaborée par Gustave Kirchhoff en 1859 et brevetée en 1861. Or il faut savoir que l’intégralité de l’édifice cosmologique repose sur cette théorie.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Gustav_Kirchhoff

    Quelques liens pour ceux qui aiment lire entre les lignes :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_des_quanta

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_photo%C3%A9lectrique

    .amessi.org/IMG/ppt/Le_rayonnement_du_corps_noir.ppt

  6. Paraphrase du thème du film Inception où l’acteur Leonardo DiCaprio, l’un des grands noms de la carbonophobie téléguidée, tient le premier rôle… On nage dans l’ironie ! Pour ceux qui ne l’ont pas vu, ce film fiction montre comment on peut implanter des idées chez une personne, à partir d’une technique de manipulation psychologique (qui est bien réelle). Dans ce cas, Inception utilise le concept fictif de l’intrusion dans les rêves afin de masquer une réalité qui est abondamment utilisée par des gens qui « veulent votre bien » [sic]…

  7. Les 5 % qui restent sont les océans, les volcans, et fort probablement les micro-ondes humaines que je considère gravement sous-estimées. Les puissances micro-ondes colossales, émises dans l’atmosphère par la prolifération des antennes de 200 mW [milliwatts] à plusieurs MW [mégawatts] de puissance, qui dépassent les 2 milliards dans le monde et sont massivement concentrées dans l’hémisphère Nord… La différence de potentiel électrique entre le Nord et le Sud commence à entraîner une sorte d’effet transistor géant. De plus, la négligence de cette source d’énergie, dont la fréquence est souvent ajustée aux fréquences de résonance de l’eau (et donc de la neige et de la glace) par les autorités et les scientifiques, est fort étrange. De même, « l’écoute » des micro-ondes solaires et cosmiques, qui sont les plus puissantes, est mystérieusement filtrée par l’Establishment (cf. Le Cep n° 71, p. 20).

  8. http://.journaldemontreal.com/2016/03/02/leonardo-dicaprio-et-le-mangeur-de-neige

    http://.therebel.media/leonardo_dicaprio_thinks_a_chinook_is_global_warming

    http://.cbc.ca/news/canada/calgary/leonardo-dicaprio-chinooks-climate-change-1.3358972

    etc.

  9. Sauf au Québec à part le Journal de Québec ; 2 mars 2016, p. 42. Cité par Sophie Durocher. http://.breitbart.com/big-hollywood/2015/12/10/leo-dicaprio-now-officially-joke-canada-confuses-chinook-wind-climate-change/

    http://.calgarysun.com/2016/01/31/hollywood-big-shot-leonardo-dicaprio-takes-foolhardy-beef-about-alberta-chinooks-to-a-higher-power

  10. La comédie du climat. Comment se fâcher en famille sur le réchauffement climatique, Paris, Éd. J.-C. Lattès, 2015.

  11. Source : blogue cité par le Journal de Québec, 1er mars 2016, page M3.

  12. Ibid.

  13. Avec 9 salles de bains et six cheminées (cf. Le carbone est innocent, p. 106-107).

  14. Voir la suite dans la Conclusion.

  15. Cf. la traduction de cette Préface remarquable dans Le Cep n° 52, juillet 2010, p. 10-34.

  16. En sachant que les vents dominants contraires auraient dû stopper cet ouragan ; on voit à nouveau ici que les ouragans sont aussi des phénomènes électriques. Idem pour  l’ « Ouragan » de la grande tache rouge sur Jupiter et qui perdure depuis des siècles. Il s’agit aussi, manifestement, d’un phénomène d’origine électromagnétique.

  17. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouragan_de_Nouvelle-Angleterre_(1938) Fait notable, en 1951on voyait encore des traces de cet ouragan de 1938.

  18. Et pourtant, cet événement de 1938 survint à une époque où le CO2 (selon le très politique GIEC) était à des niveaux considérés comme normaux.

  19. http://.lemonde.fr/sciences/article/2013/10/21/faut-il-debattre-avec-les-climato-sceptiques_3500408_1650684.html

  20. http://.newsweek.com/should-climate-change-deniers-be-prosecuted-378652

    http://dailycaller.com/2015/09/17/scientists-ask-obama-to-prosecute-global-warming-skeptics/

  21. https://.contrepoints.org/2015/11/11/228718-corinne-lepage-detendue-du-fascisme-vert et cela, alors que les climato-sceptiques ne polluent pas plus que les anthropo-réchauffistes et qu’ils n’ont, comme le Pr Gervais, aucune volonté de polluer… C’est le principe de la guerre préventive, cher à George W. Bush Jr, que les climato-catastrophistes utilisent ici de manière belliqueuse.

  22. http://.akdart.com/warming5.html (Site de références).

  23. Ibidem.

  24. https://.contrepoints.org/2015/11/11/228718-corinne-lepage-detendue-du-fascisme-vert

  25. http://gawker.com/arrest-climate-change-deniers-1553719888

    http://.climatedepot.com/2015/09/17/twenty-climate-scientists-including-top-un-scientist-call-for-rico-investigation-of-climate-skeptics-in-a-letter-to-obama-argue-skeptics-guilty-of-disinformation-like-tobacco-companies/

    https://.technocracy.news/index.php/2016/04/12/inquisition-professor-calls-climate-change-deniers-punished/

    https://.technocracy.news/index.php/2016/04/19/shock-state-attorney-generals-colluded-green-groups-punish-climate-deniers/ etc., etc.

  26. http://joannenova.com.au/2016/04/kill-the-deniers-govt-funded-fantasy-play-where-guns-solve-climate-issues/?utm_source=akdart Tuer les négationnistes : pièce de théâtre financée à hauteur de 18 000 $ où les armes à feu nous débarrassent du « problème » des climato-sceptiques.

    http://.killclimatedeniers.com/

    http://.americanthinker.com/articles/2012/12/professor_calls_for_death_penalty_for_climate_change_deniers.html

    Bien que ces idées meurtrières soient limitées à quelques illuminés du réchauffement anthropocentrique, il ne faut jamais oublier que c’est le même type d’illumination par la peur qui avait préalablement atteint les  cathares, Lénine, Staline, Hitler, Mao et Pol Pot de ce bas monde…

    http://dailysignal.com/2016/03/14/the-left-is-embracing-orwellian-policies-to-go-after-climate-deniers/?utm_source=akdart

  27. https://.technocracy.news/index.php/2015/11/16/claims-climate-change-contributes-to-islamic-acts-of-terror/

    https://.technocracy.news/index.php/2015/10/14/susan-rice-says-climate-change-to-blame-for-syria/

  28. Lire le chap. 5 en entier de « La comédie du climat » (p. 83 à 98 et plus spécifiquement la page 85).

  29. Les recherches de Stanley MILGRAM ont montré que les gens peuvent agir contre leur propre conscience lorsque des autorités leur demandent de poser des gestes, mêmes si ceux-ci sont répréhensibles.

  30. https://.technocracy.news/index.php/2016/06/22/obama-falsely-links-california-fires-climate-change-yosemite/

  31. Le seul pays à avoir posé un engin fonctionnel sur cette planète pourtant proche… Il est d’ailleurs étonnant que les Américains aient, d’une certaine manière, « boycotté » cette planète « sœur » de la Terre.

  32. Tous les Journaux ont montré la même nouvelle, comme si elle avait été fabriquée sur mesure pour tous les médias du monde :

    http://.lexpress.fr/actualite/sciences/pourquoi-l-ouragan-alex-forme-dans-l-atlantique-en-janvier-a-de-quoi-etonner_1753923.html

  33. http://.leparisien.fr/environnement/nature/rarissime-la-tempete-alex-se-tranforme-en-ouragan-dans-l-atlantique-14-01-2016-5450911.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.com%2F

    Notez qu’en 1978 il y eut un début d’ouragan dans l’Atlantique, mais il a été déclassé rapidement. Notez aussi que l’ouragan Pali a récemment défié les forces de Coriolis dans le Pacifique, amenant à nouveau de l’eau au moulin des partisans de l’Univers électrique.

  34. France, Belgique et Québec.

  35. « L’énigme des mammouths frigorifiés », in Ivan T. SANDERSON & aliiLa Terre, cette inconnue, Éd. Reader’s digest, 1975, p. 34 à 37.

  36. The extinction of the woolly mammoth: was it a quick freeze ? http://.answersingenesis.org/tj/v14/i3/mammoth.asp

    How did the mammoths die ?

    http://.exn.ca/mammoth/Extinction.cfm

    Mammoth Extinction

    http://.sciencenetlinks.com/lessons.cfm?BenchmarkID=5&DocID=328

    H U N T E D  T O  E X T I N C T I O N ?

    http://.dallasdino.org/exhibits/elephants/hunted_extinction.asp

    Humans cleared of killing off woolly mammoths

    http://.cbc.ca/story/science/national/2006/05/10/mammoth-extinct.html

    Supernova Explosion May Have Caused Mammoth Extinction

    http://.physorg.com/news6734.html

    Mammoth Extinction Caused by Trees, Study Suggests

    http://news.nationalgeographic.com/news/2006/05/ice-age.html

    the WOOLLY MAMMOTH and the SABERTOOTH CAT

    http://.bagheera.com/inthewild/ext_woollym.htm

  37. Le site suivant : http://.zananas-martinique.com/meteo/1-histoire-cyclones-martinique.html dresse une liste des ouragans ayant frappé la Martinique et la Guadeloupe. L’ouragan de 1766 a entièrement détruit l’île. En observant les données de ce site, on constate que les ouragans violents étaient très nombreux dans le passé. Il est évident que les petits ouragans n’ont pas été notés. Ce qui n’est pas le cas aujourd’hui où le moindre dégât est rapporté pratiquement à la une des médias et toujours avec des commentaires reliant l’événement au réchauffement.

  38. http://nancyroc.com/les-10-ouragans-les-plus-devastateurs

  39. https://fr.wikipedia.org/wiki/Cyclone_de_Bhola

    http://.rtl.fr/actu/sciences-environnement/ouragan-typhon-tornade-quel-phenomene-est-le-plus-dangereux-7779886270

    http://.meteocity.com/magazine/phenomenes-meteo/top-10-des-cyclones-les-plus-meurtriers-de-lhistoire_67/

    Autre source :

    http://.cyclonextreme.com/cyclonenewsphenomenesaison05.htm

    Ouragan Carol : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ouragan_Carol

  40. Source : MétéoMédias le 5 juin 2016.

  41. Science & Vie avril 1975. « Le climat devient fou parce qu’il tend vers le froid », p. 40 à 49 et 158. Cit. page 40. Il est curieux de constater qu’à cette époque, on redoutait plutôt un refroidissement planétaire !!!

  42. Id. p. 44 et 45. De plus, on apprend à la page 158 de cette même revue que le Pentagone dépensait 2 millions de dollars par an pour la conception d’armes météorologiques… Et cela en 1975 ! Pensons maintenant, avec les moyens techniques et financiers actuels, comment les choses peuvent avoir atteint des niveaux presque inimaginables. Pour l’exemple, un ingénieur franco-québécois, Gérald Ollivier, que j’ai rencontré personnellement, a réussi à fabriquer des « canons » soniques anti-grêles par ses propres moyens financiers fort limités.

    http://patent.ipexl.com/US/05411209.html

  43. https://.currentresults.com/Weather-Extremes/US/snowiest.php

  44. H. Elmo et T. Gergely, « Questions et réponses » aux Éd. OZ, trad. de l’anglais, p. 44.

  45. http://la.climatologie.free.fr/intemperies/tableau3.htm

    http://.asmp.fr/travaux/communications/2011_06_20_ladurie.htm

  46. Contrepoints, rubrique « sciences » du 2/02/2014)

  47. /theguardian.com/science/2013/dec09

  48. /lalibre.be/actu/belgique/les-dessous-de-la-fraude-scientifique-51b8fb1ee4b0de6db9ca2120

  49. JR Soc Med 2006 Apr ; 99(4) : 178-182

  50. Ndlr. Le Pr Séralini enseigne la biologie moléculaire à l’université de Caen. En septembre 2012, ses études avaient montré l’effet cancérogène sur des rats, au bout de 2 ans, du maïs OGM NK 603 et du Roundup (Food Chem Toxicol 2012, 50:4221–4231), ce qui ne pouvait rester sans réactions. Notons que, lors de deux procès, le TGI de Paris a considéré les attaques contre Gilles-Éric Séralini comme de la diffamation.

  51. /passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/12/09/le-scandale-stapel-ou-comment-un-homme-seul-a-dupe-le-systeme-scientifique/

  52. /consume.free.fr/climategate/1089318616.html

  53. /consume.free.fr/climategate/1047388489.html

  54. /consume.free.fr/climategate/1051190249.html

  55. /consume.free.fr/climategate/1106322460.html

  56. /timeshighereducation.com/search/features feature lets review peer review process 2003180 article

  57. /passeurdesciences.blog.lemonde.fr/2012/12/09/le-scandale-stapel-ou-comment-un-homme-seul-a-dupe-le-systeme-scientifique/

  58. Maurice Caillet, J’étais franc-maçon, Paris, Salvator, 2009, est la version française d’une première édition en espagnol, parue l’année précédente à Madrid, Libros libres, 2008.

  59. Burkhardt Gorissen, Ich war Freimaurer, Augsbourg : Sankt-Ulrich Verlag, 2009.

  60. M. CAILLET, op. cit., p. 44.

  61. Herbert Vorgrimler, Karl Rahner. Leben, Denken, Werke, Munich, G. J. Manz, 1963.

  62. Karl Rahner, « Sämtliche Werke », Herbert Vorgrimler, Karl Lehmann, Johann Baptist Metz, Karl-Heinz Neufeld s.j., Albert Raffelt, Andreas R. Batlogg s.j. (éds), 32 vol., Herder, 1995-2016. Voir aussi note 27.

  63. 1re édit. : Lexikon für Theolgie und Kirche, par Michael BUCHBERGER, Karl RAHNER et alii, 10 vol., Fribourg en Br., Herder Verlag, 1930-1938. 2e édit., celle dont nous parlons : Lexikon für Theologie und Kirche, Josef Höfer, Karl Rahner (éd.), Herder, 1957-1968. Une 3e édit., en 11 vol., Herder, 1993-2001, a été réalisée sous la direction de Mgr Walter Kasper.

  64. Karl Rahner & Herbert Vorgrimler, Petit dictionnaire de théologie catholique, Paris, Éd. du Seuil, 22e édit., 1970-1989. Jean-Dominique Robert fait ce compte rendu : « […] il ne nous reste qu’à louer les auteurs de leur travail. Le seul nom de Karl Rahner est d’ailleurs une suffisante recommandation. » (Laval théologique et philosophique, vol. 27/2, 1971, p. 201). Par contre, Adolphe Gesché est nettement plus réservé (Revue théologique de Louvain, 1re année, fasc. 3, 1970, p. 349).

  65. Kleines Konzilskompendium, K. Rahner, H. Vorgrimler (éd.), Herder, 35 éds, 1966-2013. Le philosophe Robert Spaemann, membre du “Ratzinger schülerkreis” et de l’Académie pontificale pour la vie, déplore : « …le “Petit condensé du Concile” de Karl Rahner et Herbert Vorgrimler, taille à volonté dans les textes du Concile quand ceux-ci ne correspondent pas à leurs idées théologiques. » (Die Tagespost, 28 avril 2009 ; http://kath.net/news/22748.)

  66. Andreas R. Batlogg s.j., « Ein leidenschaftlicher Botschafter der Theologie Karl Rahners. Zum Tod von Herbert Vorgrimler », Stimmen der Zeit, exclusivité internet.

    (http://stimmen-der-zeit.de/zeitschrift/ausgabe/zeitschrift/online _exklusiv/details_html?k_beitrag=4213952).

  67. Sigrid Loersch (1936-1995) était bien plus qu’une simple secrétaire. Leur concubinat n’avait rien de secret, au point que l’évêque de Münster, Mgr Reinhard Lettmann, présente le couple Vorgrimler-Loersch au nonce apostolique Mgr Lajos Kada, en présence du Grand Séminaire rassemblé. Vorgrimler raconta lui-même la chose dans son autobiographie (Herbert Vorgrimler, Theologie ist Biographie, Münster, Aschendorff, 2006 (p. 305-306). À sa sortie, le livre fit scandale : 400 pages de règlements de compte et de révélations puériles et indécentes…

    À la rentrée universitaire 1989, l’évêque de Fulda Mgr Johannes Dyba († 2000) déplora, dans le journal du diocèse, les « conditions “hollandaises” » des facultés de théologie allemandes « …où un professeur sur deux ou sur trois attaque le Saint-Père et où le concubinat n’est plus une exception depuis longtemps ». Mgr Karl Lehmann, président de la Conférence des évêques, déclare alors à l’agence de presse catholique KNA qu’il regrette les propos de Mgr Dyba, qui « … ne correspondent pas à ce que font la plupart de nos professeurs pour l’enseignement et pour la science ». Dans un autre communiqué, Vorgrimler « remercie Mgr Lehmann pour avoir regretté les propos de Mgr Dyba et pris ses distances avec eux ». Dans son autobiographie, Vorgrimler se lâche : « Les ragots incontrôlés de Dyba concernant des professeurs de théologie en “concubinat” étaient particulièrement infâmes… » (cf. H. Vorgrimler, Theologie ist…, op. cit., p. 284-288.)

  68. Einsicht, vol. XXVII/6, févr. 1998, p. 179-180 (en libre téléchargement sur http://.einsicht-online.de/).

  69. B. Gorissen, Ich war…, op. cit., p. 86-95.

  70. « Kirchenwerdung », néologisme technique, typiquement allemand, difficile à traduire. « Émergence progressive de l’Église » serait plus proche du sens original.

  71. Le 5 juillet 1970.

  72. Mgr Josef Stimple (1916-1996), évêque titulaire d’Augsbourg de 1963 à 1992.

  73. Cf. La Documentation catholique, Bayard-Presse, n° 9/1981 (3 mai), vol. LXXVIII, n° 1 807, p. 444-448.

  74. Promulgué le 25 janvier 1983.

  75. Dicton allemand.

  76. Johannes Rothkranz, auteur sédévacantiste allemand.

  77. Manfred Adler m.s.j. (1928-2005), Die Söhne der Finsternis, 3 vol., Jestetten, Miriam Verlag, 1975-1976.

  78. Johannes Wild s.j., 1930-2011, cofondateur de l’« Amicale Maria Goretti », association luttant contre les cours de sexualité à l’école (http://.freundeskreis-maria-goretti.de/).

  79. Mgr Joachim Meisner (1933), cardinal-archevêque de Cologne de 1989 à 2014.

  80. Le 18 mai 2007, Hans Küng recevait à la fois le « Prix culturel des francs-maçons d’Allemagne » et l’« Anneau de Lessing ». La combinaison des deux distinctions est très rare

    (http://freimaurer-wiki.de /index.php/Auszeichnungen).

  81. http://.freimaurerei.de/rede-von-hans-kueng.html.

  82. Rolf Appel, Herbert Vorgrimler, Kirche und Freimaurerei im Dialog, Francfort-sur-le-Main, 1975.

  83. En 1993, suite aux réformes de la Curie entamées par Jean Paul II en 1988, le Secrétariat pour le dialogue avec les non-croyants disparut au profit du Secrétariat pour la culture. Celui-ci est aujourd’hui dirigé par le très ambigu Mgr Gianfranco Ravasi, organisateur du « Parvis de François : humanité, dialogue entre croyants et non croyants », fin septembre 2015 à Assise (https://fr.zenit.org/articles/le-parvis-de-francois-par-le-card-ravasi/ ). Récemment L’Homme Nouveau a publié une lettre du cardinal Ravasi au Grand Orient d’Italie. L’unique passage à retenir est celui-ci : « Chers frères maçons… » (L’Homme Nouveau, n° 1 610, 16 mars 2016, p. 4-5). Deux pages plus loin, une réponse sans ambiguïté de Maurice Caillet (« Un ancien franc-maçon répond », id., p. 6).

  84. Pour les 80 ans d’Herbert Vorgrimler, fut édité un « liber amicorum » : Gotteswege, Paderborn, Schöningh Verlag, 2009, 293 p. On y trouve les hommages de Mgr Karl Lehmann (ex-président de la Conférence des évêques), Mgr Robert Zollitsch (président en titre), Mgr Reinhard Lettmann (évêque émérite de Münster), Mgr Heinrich Mussinghoff (évêque émérite d’Aix-la-Chapelle), ainsi que de Johann B. Metz, de K. H. Neufeld s.j., parmi une quinzaine d’autres signatures. À son 85e anniversaire, le 4 janvier 2014 à l’hôpital de Münster, on retrouva Mgr Mussinghoff, Andreas R. Batlogg s.j. (rédacteur-en-chef de la revue Stimmen der Zeit) et d’autres encore.(http://.clemenshospital.de/ch/artikel/charismatischer-seelsorger-mit-weitem-herzen-prof-herbert-vorgrimler-wird-85-jahre).

  85. Traduit pas Claude Eon à partir du Kolbe Report du 3 juin 2016.

  86. Directeur du Kolbe Center for the study of Creation. Nos abonnés anglophones consulteront avec intérêt le site http://kolbecenter.org et les publications du Centre Kolbe : The Kolbe Center, 952 Kelly Rd., Mount Jackson, VA 22 842 (USA).

  87. Cité par le Dr Kevin ANDERSON dans son livre Echoes of the Jurassic, Creation Research Society, 2016, p. 43.

  88. Ibidem.

  89. Idem, p. 43-44.

  90. F. RANA, article sur le site reasons.org, 10 août 2011.

  91. H. ROSS, art. sur le site reasons.org, 2 mars 2015. Cité par ANDERSON, op. cit., p. 29.

  92. Ndlr. Notons que Mark H. Armitage fut renvoyé par l’université de Californie (où il dirigeait le département de microscopie électronique) deux semaines seulement après avoir publié, dans la revue Acta Histochemica, un article faisant état de sa découverte de tissus mous de dinosaures (M. H. Armitage and K. L. Anderson Acta Histochem. 115, 603–608, 2013).

  93. Cité par ANDERSON, op. cit., p. 29.

  94. Id., p. 31-32.

  95. Repris de Média Presse Info, Bioéthique et santé, du 3 janvier 2015.

  96. Biographies évangéliques, Paris, Gaume & Cie, 1881, p. 294 sq.

  97. Au chapitre 34 de la troisième partie du livre.

  98. Ndlr. On pourrait regretter ici l’emploi du mot « planète » pour désigner notre globe, alors que la Bible distingue la Terre des cieux, et ne donne aux deux luminaires et aux autres corps célestes que des rôles subordonnés. Mais on comprend bien que les auteurs partent ici de la « vision du monde » que nos contemporains respirent dès l’école primaire. C’est même ce qui fait la valeur de leur démarche : montrer que du point de vue même de la science moderne, l’observation fine de la Terre démontre objectivement et quantitativement qu’il s’agit, comme le disait lord Kelvin (un des fondateurs de la thermodynamique) d’un « habitacle conçu pour la vie » et non d’une planète comme les autres. Le mot « planète » dévalorise notre terre, lui donne un statut ontologique inférieur à celui du soleil.

  99. Se reporter aussi à l’art. de G. GONZALES, « Personne ici, hormis nous les terrestres », dans Le Cep n° 5, p. 21-23.  

  100. Ancien directeur de l’École de Chimie de Lyon.


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