Papillons et teignes conçus de façon raffinée

Par R. Cambridge

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Papillons et teignes conçus de façon raffinée1

Regard sur la création

Car, depuis la création du monde, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil nu quand on Le considère dans ses ouvrages.” (Romains, 1 : 20)

Résumé : Les métamorphoses des lépidoptères sont bien connues : de l’œuf à la chenille, puis à la chrysalide et au papillon. A chaque stade le corps manifeste un plan tout différent, préadapté à un mode et vie et à un environnement précis. Ainsi la larve a des mandibules, dont le papillon serait encombré. Et la chrysalide, à l’abri dans son cocon, n’a d’autre fonction que de se liquéfier pour se réorganiser en papillon. Or le cycle vital doit être opérationnel dans son entier dès la première génération, les gènes comportant donc dès l’origine toutes les instructions nécessaires aux différentes phases. Il y a là une objection majeure contre une évolution graduelle.

Les lépidoptères -les papillons et les teignes- composent l’un des ordres le plus varié d’organismes vivants sur cette planète. Environ 165 000 espèces ont déjà été dénombrées2 et il en reste peut-être autant à identifier. On les trouve sur tous les continents, du niveau de la mer jusqu’aux hautes montagnes, et dans des climats allant du froid glacial des steppes sibériennes à la chaleur humide des forêts tropicales.

La plupart des espèces sont terrestres, mais certaines sont en grande partie aquatiques, les larves se nourrissant d’élodées, et dans au moins un cas, la femelle adulte vit sous l’eau3. Ce n’est que dans les milieux vraiment marins que les lépidoptères sont virtuellement absents.

À cause des dessins magnifiques et raffinés de leurs ailes, les lépidoptères sont peut-être les plus familiers de tous les insectes et le cycle de leur vie est bien connu. Les œufs sont généralement déposés sur une plante que la chenille juste éclose utilisera comme nourriture. Après une croissance ponctuée de plusieurs mues, la larve se change en chrysalide. Elle se repose alors pendant que son corps se réorganise. Le papillon, ou la teigne, adulte émerge de l’enveloppe nymphale, étire ses ailes molles et fripées et après qu’elles aient séché et durci, prend l’air pour chercher un partenaire et recommencer le cycle.

Les changements sont nécessairement programmés :

La larve est ainsi le stade du cycle vital consacré à l’alimentation et à la croissance, alors que l’adulte est le stade consacré à la dispersion et à la reproduction. Pour servir à des fonctions si éloignées, le plan du corps est extrêmement différent à chacun des deux stades. La chrysalide est remarquable en ce qu’elle “comble l’intervalle” entre eux.

La larve a typiquement une tête en forme de capsule avec une forte mâchoire, trois paires de véritables pattes et plusieurs pseudo-pattes, elle peut être camouflée par divers dessins et formes colorés ou couverte de touffes de poils protecteurs. Tout cela est perdu lorsque la larve se change en une fragile chrysalide sédentaire, habituellement enfermée dans un cocon, où ses tissus internes sont largement liquéfiés puis reformés. Cette étonnante transformation soulève la question : comment aurait-elle pu évoluer ? L’évolution est censée se produire par de petites mutations cumulatives sur de très longues durées.

Mais pour que la larve se transforme avec succès en adulte, il faut un nombre énorme de changements soigneusement contrôlés, programmés dans ses gênes et activés au bon moment, tout cela en une seule génération.

Quel avantage aurait une larve à acquérir par évolution la possibilité de se transformer en chrysalide puis d’en rester là ? Ou pour la chrysalide de pouvoir réduire son corps à une “soupe”, sans avoir les gènes pour diriger la formation de l’adulte ?

Et comment l’évolution aurait-elle pu obtenir par pur hasard une telle extraordinaire différence de plan avec celui du corps adulte ? Non, cet ensemble extrêmement complexe de changements, et l’information génétique qui le dirige, signalent un projet délibéré.

Rien ne marche si tout ne marche pas :

Les lépidoptères montrent bien des exemples de concepts ingénieux. Prenons le cas de la Cerura vinula, la mite “minou”, ainsi appelée à cause de ses écailles blanches épaisses rappelant la fourrure d’un chat. Avant que la larve ne se change en chrysalide elle mâche des morceaux d’écorce qu’elle mélange avec de la soie pour former un cocon extrêmement dur, solide et bien camouflé. Mais elle fait une extrémité du cocon plus fine que l’autre. Lorsqu’elle devient chrysalide à l’intérieur du cocon, sa tête comporte une protulérance robuste en forme de quille. Lorsque la mite est prête à sortir de son enveloppe, cet appendice  est enfoncé dans la partie fine du cocon pour le briser. La mite émerge alors de l’enveloppe nymphale et crache un fluide qui amollit suffisamment  le cocon fragilisé et lui permet de s’échapper4. Les aptitudes de la larve, de la chrysalide et de l’adulte – chacune d’elles contrôlée par différents  jeux de gènes – travaillent ainsi à l’unisson pour obtenir un résultat essentiel à la poursuite du cycle vital. On ne peut attendre des millions d’années d’évolution supposée : la mite minou doit disposer de toutes ses facultés pleinement développées en une seule génération, afin de survivre.

Prouesses d’ingénierie :

Les larves de nombreuses espèces de lépidoptères ont la capacité étonnante de modifier leur environnement immédiat: elles roulent  une feuille de leur plante nourricière et en forment un tube dans lequel elles se nourrissent, bien cachées des prédateurs.

À l’intérieur du tube, le micro-climat est non seulement mieux approprié à la larve, mais la moindre luminosité empêche les cellules de la feuille de produire des substances qui lui sont désagréables5. Comment alors une petite larve peut-elle manipuler une feuille des centaines de fois plus grande qu’elle ? C’est comme si un homme manœuvrait un objet long de 30 mètres et pesant près de 11 tonnes ! La larve du Caloptilia serotinella, la mite rouleuse de la feuille du cerisier, y parvient en utilisant les propriétés spéciales de la soie qu’elle file. Commençant près de la pointe de la feuille de cerisier, elle pose des centaines de petits brins de soie tout en les étirant légèrement. Les propriétés élastiques de ces nombreux fils donnent une force combinée beaucoup plus grande que celle que la larve à elle seule pourrait développer. De plus, la larve grignote périodiquement une partie de la nervure centrale de la feuille, ce qui l’affaiblit et facilite l’enroulement.

 Le résultat obtenu par la larve dépend ainsi de l’action combinée de plusieurs facteurs: la soie doit avoir des propriétés élastiques particulières; le processus doit partir d’un point précis; les brins de soie doivent être posés de telle sorte qu’ils travaillent à l’unisson et non en compétition, et la feuille doit être affaiblie en des lieux précis pour faciliter le processus. Celui-ci porte la marque d’un dessein minutieux ayant en vue un résultat avantageux ; mais comment une larve sans intelligence aurait-elle pu le concevoir ou en comprendre le but final ?

Trésors mangés par les mites :

Toutes les larves de lépidoptères ne se nourrissent pas de plantes vertes. La famille des Tinéidés comprend ainsi les mites, telles que la  Tinea pellionella et la Tineola bisselliella. Ces espèces se distinguent en se nourrissant de substances souillées faites de kératine, telles que la laine, la fourrure, les poils, la peau et la corne.

Pour digérer ces substances, les larves possèdent des enzymes pouvant briser  les liaisons croisées des polypeptides de la kératine. Ces enzymesne se trouvent pas dans les larves des autres familles de lépidoptères. Alors comment se fait-il que les Tinéidés en possèdent, et comment ont-elles surgi ? L’enzyme est un exemple de complexité irréductible. Elle est très spécifique dans sa forme chimique et dans son action; une enzyme partielle ne fonctionnera pas et ne pourra donner aucun avantage à la larve. Pour que la larve se nourrisse avec succès de kératine, elle aurait dû  acquérir les gènes responsables de la fabrication d’une enzyme complexe et complète d’un seul coup.

Chenilles tueuses :

La larve du papillon australien Liphyra brassolis adopte aussi un régime spécial: elle se nourrit des larves de la fourmi verte arboricole Oecophylla smaragdina. C’est donc un envahisseur extrêmement importun dans le nid de ces féroces fourmis et, pour y survivre en complétant son cycle vital, elle doit posséder des défenses extraordinaires à leur encontre. La larve est très plate et blindée par une carapace extérieure ovale, dure et solide67. À la différence de la plupart des lépidoptères, lorsque la larve devient chrysalide elle ne se débarrasse pas de sa peau larvaire, mais s’y transforme pour en conserver la protection.

Lorsque le papillon émerge, il est couvert d’une épaisse couche d’écailles blanches non fixées qui le protègent contre les fourmis pendant qu’il sort du nid. Les écailles restantes sont perdues pendant le vol. Il est clair que ces protections doivent toutes être en place, complètement formées, pour que le papillon survive.

Emblème de la théorie de l’Évolution :

Dans le passé, les évolutionnistes ont essayé d’utiliser la Phalène du bouleau, Biston betularia, comme exemple d’évolution en action. Ce papillon est typiquement blanc avec quelques lignes sombres et un saupoudrage de taches noires, mais on trouve parfois des individus partiellement ou totalement noirs. Le type noir devint beaucoup plus fréquent pendant une période et dans certains endroits du Royaume Uni où la pollution noircissait les troncs des arbres. On prétendit que les papillons se reposent sur le tronc des arbres, où les oiseaux pouvaient facilement repérer leur couleur typique contre l’arrière-plan sombre, alors que les individus noirs avaient un avantage sélectif. Au contraire, sur les troncs non pollués, la couleur typique donnait un bon camouflage sur les lichens clairs alors que les individus noirs étaient très visibles. Des études récentes ont montré que tout ceci n’est qu’une charmante fable. Tout d’abord, la Phalène du bouleau ne se repose pas normalement sur les arbres. Ensuite, aux USA, un changement dans la fréquence des différents types de ce papillon s’est produit en l’absence de changement perceptible des lichens locaux8. Le changement de fréquence des types du papillon semble plutôt corrélé avec les changements de concentration de dioxyde de soufre de l’atmosphère. Jusqu’à ce jour la Phalène du bouleau reste la Phalène du bouleau, capable d’un degré de variation pour s’adapter à différents environnements, mais toujours la même espèce, Biston betularia9

Trésors à l’abri des mites :

Il en surprendra peut-être certains d’apprendre que les lépidoptères sont mentionnés dans la Bible. Jésus Christ, le Fils de Dieu, a enseigné à ses disciples: “Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et la rouille rongent, où les voleurs percent les murs et dérobent. Mais amassez vous des trésors dans le ciel, où ni les mites ni la rouille ne rongent, et où les voleurs ne percent pas les murs ni ne dérobent.”( Matt.6: 19-21)

Le cycle de l’œuf à la chenille, à la chrysalide, au papillon, puis à l’œuf, avec les complexités irréductibles de ses bio-molécules, ne pouvait pas évoluer graduellement. Tout à son sujet, depuis les gênes  et changements de gènes, jusqu’aux formes et au comportement, crie au dessein divin.


1 Traduit du Pamphlet 348 (Creation Science Movement, PO Box 888, Portsmouth P062YD, UK), par Claude Eon.

2 Robinson, G.S. et div., 1994, Smaller Moths of South-East Asia, pp.1-309. the Natural History Museum, London.

3 Acentria ephemerella, le crambe d’eau. Histoire de sa vie, résumée dans Goater, B. 1986, British Pyralid Moths – A Guide to their Identification, pp.1-175, Harley Books, Colchester, England.

4 South, R., 1972 (new ed.), The Moths of the British Isles, ser. I, pp 1-427. F. Warne & Co., London.

5 Fitzgerald, T.D., 1995, Caterpillars Roll their Own, Natural History 4 : 30-37.

6 D’Abrera, B. ,1990, Butterflies of the Australian Region, pp. 1-416. Hill House, Melbourne & London.

7 Murawski, D.A., 2003, Killer Caterpillars, National Geographic, June 2003: 100-111.

8 Grant, B.S., Owen, D.F. & Clarke, C.A., 1996, Parallel Rise and Fall  of Melanic Peppered Moths in America and Britain, Journal of Heredity  87: 351-357.

9 Ndlr. Il faut ajouter que les oiseaux attrapent les papillons en vol, et non au repos.

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